IL
Multiplions par n3 tous les termes de cette double inégalité ; nous aurons ainsi :
x3<Xxn3<(x+l)3,
inégalité qui montre que le produit N X n3 est compris entre les cubes des deux nombres entiers consécutifs x et x + 1> ou en d'autres termes, que x est la racine cubique à une unité près du produit N x nz ; d'où la règle suivante :
Règle. — Pour avoir la racine cubique d'un nombre avec une approximation déterminée, on multiplie ce nombre par le cube du dénominateur de la fraction d'approximation ; pais on extrait à une unité près la racine cubique de ce produit, et on divise cette racine par le dénominateur de la fraction d'approximation.
9. — Dans le cas particulier où lafraction d'approximation est une fraction décimale, -^, ■^•■■■, la règle générale se simplifie et peut être alors énoncée ainsi :
Règle. — Pour obtenir avec une approximation décimale donnée la racine cubique d'un nombre quelconque, on réduit ce nombre en décimales en calculant trois fois autant de chiffres décimaux qu'on en demande à. la racine; jmis on extrait la racine cubique du nombre décimal ainsi obtenu comme s'il était entier, en ayant soin de mettre une virgule à la racine lorsqu'on abaisse la première tranche décimale du nombre. Môme démonstration que pour la racine carrée (V. Racine carrée, 9).
Remarque. — La racine cubique approchée, calculée par l'une des règles précédentes, est dite par défaut, parce que le cube do cette racine est inférieur au nombre donné. On pourrait avoir, comme on l'a fait pour la racine carrée, la racine cubique approchée par excès. Mais la question n'a pas ici la môme importance pratique et nous n'y insisterons pas.
Il faut remarquer d'ailleurs que l'on a toujours recours aux logarithmes, quand on veut obtenir une racine cubique approchée ; la méthode directe qui vient d'être exposée conduit, en effet, à des calculs extrêmement longs et fastidieux, si l'on a besoin de plus de deux ou trois chiffres exacts sur la gauche de la racine, tandis que l'empioi des tables de logarithmes permet d'obtenir presque sans calcul la racine cubique d'un nombre quelconque avec 5 ou 7 chiffres exacts sur la gauche (V. Logarithmes). [H. Bos.]
RAGE. — Hygiène, XVI. — La rage est une maladie contagieuse particulière aux animaux des genres chien et chat. Les symptômes les plus ordinaires sont: un sentiment de chaleur et do constriction à la gorge et à la poitrine, des accès de convulsions, des accès de fureur et enfin la paralysie qui se manifeste peu de temps avant la mort. Dans le plus grand nombre des cas, la constriction de la gorge empêche la déglutition des liquides, et la vue de ceux-ci, comme celle de tous les objets brillants, peut provoquer des crises; mais dans le commencement de la maladie^il n'y a point hyrlrophobie, c'est-à-dire horreur de l'eau, comme on le croit généralement.
La rage est spontanée chez le chien et le chat. Elle est transmissible par inoculation à l'homme et aux animaux.
La transmission de la rage par les animaux herbivores est assez rare, parce que leurs morsures n'entament pas facilement la peau. Mais il importe de constater que la contagion se produit toutes les
fois que le virus suffisamment actif se trouve en contact avec une partie excoriée ou blessée. Une égratignure imperceptible, un petit bouton à la peau suffisent pour laisser pénétrer le virus. Aussi l'on connaît un assez grand nombre de cas de rage chez l'homme causés par le seul contact de la salive d'animaux enragés.
On ignore quelles sont, pour les animaux des genres chien et chat, les causes de la rage spontanée. C'est une maladie très rare dans les pays intertropicaux et dans les régions polaires. Dans les climats tempérés, certaines régions semblent favorisées. La rage est rare en Espagne, presque inconnue en Portugal et à Constantinople où les chiens sont si nombreux. Elle était inconnue en Algérie au temps de l'occupation du pays par les Arabes, mais depuis l'occupation française cette maladie y est assez commune. Cela tient sans doute à deux causes: la race de chiens a été remplacée ou modifiée par des croisements; leur vie se trouve aujourd'hui entravée par les habitudes européennes. Il semble effet que la contrainte, la séquestration, soient pour beaucoup dans le développement spontané de la rage.
La saison chaude n'est pas, comme on le croit, et comme la police semble l'affirmer, le temps le plus propice pour le développement de cette maladie. Les jours caniculaires sont moins dangereux, sous ce rapport, que les mois de janvier, de mars et surtout d'avril.
Le sang des animaux enragés ne possède aucune propriété virulente. Leur chair peut être mangée sans inconvénient. Cependant il pourrait y avoir quelque danger à disséquer un animal ou un homme mort de la rage, si la peau des mains n'était pas parfaitement intacte. On croyait en effet, jusqu'à ces derniers temps, que le virus rabique n'existait que dans la salive. Il est prouvé aujourd'hui qu'il existe également dans le mucus des bronches, et il ressort d'une récente discussion à l'Académie de médecine (janvier 1881) que la substance des glandes salivaircs, celle des ganglions lymphatiques et môme la substance nerveuse peuvent contenir ce virus. En effet, des lapins inoculés avec ces substances, prises sur des sujets morts de la rage, n'ont pas tardé à succomber à une maladie toujours identique. M. Pasteur a découvert l'organisme microscopique qui sans doute constitue le virus de la rage ; il a réussi à le cultiver et à l'atténuer à volonté en l'inoculant à des lapins. La moelle épinière des lapins inoculés lui sert à inoculer le virus, d'une force déterminée, aux personnes mordues par des animaux enragés, et cette inoculation les préserve de la maladie lorsque le traitement est commencé peu de temps après l'accident. On peut se faire une idée de la valeur de cette découverte par les chiffres suivants: Sur 971 sujets inoculés après avoir été mordus par des chiens indiscutablement enragés, et traités trois ou quatre semaines, au plus, tard, après la morsure, il n'y a eu que 8 décès, tandis que, d'après les statistiques, il y aurait eu 153 décès si les personnes mordues n'avaient pas été inoculées. M. Pasteur compte d'ailleurs réduire de beaucoup cette proportion en employant désormais des virus plus actifs.
Il importe de remarquer que la salive d'un animal enragé ne contient pas dès le commencement de la maladie le virus spécial, ou du moins que ce virus ne s'y trouve pas toujours dans les conditions nécessaires à sa propagation. C'est co qui explique pourquoi les deux tiers des personnes mordues par des chiens enragés, ou supposés tels, ne contractent pas la maladie. Il peut arriver aussi que l'animal ayant infligé une morsure à travers des vêtements 'épais, ceux-ci aient essuyé les dents au passage, de sorte que la blessure est devenue inoffensive.
RAGE