RÉSINES
RESINES
maréchal Mac-Mahon; le Sénat fut élu lo 30 janvier 1876, la Chambre des députés le 20 février 1876. Le 16 mai 1877, le maréchal Mac-Mahon renvoya brusquement le ministère républicain que la Chambre lui avait imposé, et, d'accord avec le Sénat, prononça la dissolution de la Chambre. Mais les élections du 14 octobre 1877 confirmèrent le mandat des 36:5 députés de la majorité républicaine. Le maréchal Mac-Mahon donna sa démission quinze mois plus tard, et les deux Chambres réunies en congrès (30 janvier 1879) l'ont remplacé en appelant M. Jules Grévy aux fonctions de président de la République.
RÉSINES. — Chimie, XXIV. — Les huiles siccatives et les essences s'épaississent et se solidifient à l'air en absorbant de l'oxygène; il en résulte une matière résineuse tout à fait semblable aux résines naturelles. Il est fort probable que cellesci sont aussi le résultat de l'oxydation des huiles essentielles avec lesquelles elles sont mélangées dans les tissus végétaux. Elles sortent de ceux-ci naturellement ou par des incisions faites exprès. Ces sucs résineux, mélange d'huiles essentielles et de résines, se solidifient complètement à l'air.
On appelle résines sèches celles qui, contenant fort peu d'huiles essentielles, sont solides ; térébenthines, celles qui coulent facilement; gommesrésine', des mélanges naturels de gommes et de résines (V. Gommes), et baumes des substances résineuses riches en acide benzoïque.
Les résines naturelles ne sont point des substances homogènes, mais des mélanges en proportions variables de divers principes résineux auxquels on a donné les noms de : résine alpha, résine béta, résine gamma. Quand on en a extrait les huiles essentielles par la distillation, les résines sont solides, cassantes, sèches, fusibles à la chaleur rouge-sombre, d'une couleur jaunâtre, quelquefois brunâtre, insolubles dans l'eau, tandis que les gommes sont solubles dans l'alcool, l'éther, et le sulfure de carbone.
Les vernis à l'alcool ne sont autre chose que des dissolutions alcooliques de résines.
Les résines sont riches en carbone et en hydrogène, pauvres eu oxygène et complètement privées d'azote ; elles sont très inflammables et brûlent en donnant une flamme jaune fort éclairante, et en produisant une abondante fumée noire. Il est imprudent d'allumer du feu dans des forêts de bois résineux.
Chauffées avec une dissolution de carbonate alcalin (V. Alcali), les résines forment de véritables résinalet, qui moussent à l'eau et peuvent être employés comme savons communs. Les savons dits économiques sont des mélanges de savons de suif et de savons à la résine; on les a d'abord employés en Amérique, on en fait maintenant usage en France.
La distillation des résines donne de l'acide succinique, qui tire son nom du succin, résine fossile dont on l'a extrait d'abord. C'est là un caractère chimique distinctif des résines. La plupart proviennent des végétaux des familles des Légumineuses, des Amyridacées, des Liliacées, mais surtout de la famille des Conifères.
Nous citerons parmi les résines sèches : Le copal, la sandaraque, le mastic, la résine élémi, le sangdragon. Le copal est transparent ; on le rencontre dans le commerce en morceaux d'un jaune-clair; sa dissolution dans l'huile de lin donne le vernis au copal. La résine élémi est presque blanche, friable, et d'une odeur de térébenthine; on en extrait l'essence d'élémi en la distillant avec de l'eau. Le sang-dragon est d'un brun-rouge, sans odeur.
Un grand nombre de substances médicamenteuses contiennent des résines; tels sont les bois de gagne, de ja/ap, etc.
Parmi les gommes-résines, qui proviennent
principalement de l'évaporation à l'air de sucs laiteux d'un grand nombre d'Ombellifères, on distingue Vassa fœtido, la gomme ammoniaque, Yopoponax, l'encens ou oliban, la myrrhe, la gomme-gutte, l'euphorbe, etc. L'opoponax est en lames agglomérées de couleur rougeâtre, extérieurement, et jaune-marbré intérieurement; il est friable et possède une odeur aromatique qui le fait employer en parfumerie. Comme l'encens, il vient de l'Arabie. Ce dernier produit, appelé encore oliban, vient aussi de l'Inde ; on rencontre l'encens en lames jaunâtres, arrondies, qui au contact de charbons incandescents répandent une odeur aromatique fort agréable; on l'emploie à cause de cela dans les cérémonies religieuses ; dans l'antiquité l'encens servait déjà h cet usage ; sous ce rapport c'est une substance historique. L'euphorbe n'est autre chose que le suc épaissi de divers euphorbes qui croissent dans l'Afrique centrale. La gomme-gutte vient de Ceylan et du Malabar.
Parmi les baumes, nous ne citerons que le baume de copaku, fort employé en médecine ; il nous vient du Brésil ou de Cayenne ; puis le baume de Tolu, qui fond facilement; il est d'une couleur rouge, d'une saveur balsamique et d'une odeur suave ; et enfin le benjoin, qui croît à Java et à Sumatra. On le trouve dans le commerce en masses sèches, enveloppées d'une résine rougeâtre ; il a une odeur qui rappelle celle de la vanille.
Les térébenthines ont la consistance du miel ; elles proviennent des Conifères. Les principales sont : la térébenthine de Bordeaux, qui provient du pin maritime ; la térébenthine d'Alsace ou de Strasbourg; la térébenthine d'Amérique, la térébenthine de Chypre.
Les térébenthines proviennent des pins et des sapins; elles sont formées d'essence et de résines; on les emploie beaucoup en médecine; la térébenthine du sapin est très employée pour l'usage interne; elle agit surtout par son huile essentielle. Elle estlimpide,un peu amère,et son odeur rappelle celle du citron. La térébenthine de Bordeaux se récolte dans les Landes principalement; exposée à l'air pendant longtemps, elle perd son essence et donne le galipot, résine sèche de térébenthine ; la colophane est le résidu solide de la distillation de la térébenthine. — V. Conifères.
Le caoïdchouc est une résine élastique provenant d'un arbre vert qu'on cultive beaucoup aujourd'hui en France comme plante d'agrément; il s'écoule des incisions de l'arbre sous l'aspect d'un suc blanc laiteux qui s'épaissit, noircit, et devient élastique dès qu'on le triture à l'air. Les usages du caoutchouc sont aujourd'hui extrêmement nombreux et connus de tout le monde.
La poix est un produit résineux. La poix blanche ou poix de Bourgogne est un mélange de résine molle et de cire jaune; on l'emploie en pharmacie. La poix noire s'obtient par la distillation des copeaux qui proviennent des incisions faites aux sapins pour en obtenir la térébenthine.
Le castoréiwi, le musc, sont des espèces de résines aromatiques d'origine animale.
Résinas fossiles. - On appelle ambre ou succin une résine fossile qu'on rencontre principalement sur les côtes de la Prusse occidentale. L'ambre a une couleur jaune de nuance plus ou moins foncée. Il y a même du succin noir, considéré comme une espèce de jayet ou lignite. Le succin brûle en répandant une odeur aromatique. Sa densité, plus grande que celle de l'eau, ne dépasse pas 1,7; il est insoluble dans l'alcool, et donne par la distillation de l'acide succinique. On le rencontre en rognons ou grains à texture compacte, quelquefois feuilletée et à cassure conchoïde; il est parfois blanchâtre ou verdàtre ; presque toujours transparent, il est quelquefois
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laiteux, translucide ou opaque. Sa propriété la plus importante est de s'électriser par le frottement; c'est même là le seul fait d'électricité qui fût connu des anciens. Ils appelaient l'ambre électron: de là le nom d'électricité donné aux phénomènes d'attraction qui se produisent lorsqu'on approche des corps légers de l'ambre frotté. La plus grande masse d'ambre connue a été trouvée près de Kœnigsberg ; elle pesait 10 kilog. 1/2. On en a rencontré aussi en France, à Auteuil-Paris, puis dans le Gard et dans les lignites du département de l'Aisne. On s'accorde à penser que l'ambre est une résine fossile provenant d'un arbre de la famille des Conifères, assez rapproché de nos sanins ordinaires.
On rencontre quelquefois dans les grains de succin des insectes, des pétales de fleurs, emprisonnés et restés intacts au sein de la masse qui les a enveloppés; mais il paraît qu'on n'y a | jamais observé la moindre trace d'animal à sang i chaud ni de poisson.
L'ambre sert à fabriquer des pommes de canne, j des tuyaux de pipe, des porte-cigarette, des chapelets, etc. Autrefois on l'employait à l'état de sirop, comme antispasmodique, sous le nom de sirop fie karaté.
L'ambre gris est une résine qui se rencontre dans les sables des rivages des mers tropicales; elle est d'un gris noir quelquefois nuancé de jaune ; la chaleur de la main la ramollit. Sa densité ne dépasse pas 0,8. Elle sent le musc; on l'emploie en parfumerie, quelquefois encore en médecine comme antispasmodique. On la considère comme une concrétion formée dans les intestins d'une espèce de cachalot. D'après les chimistes Pelletier et Caventon, ce serait un calcul biliaire ; elle présente en effet une grande analogie avec la cholestérine, produit normal et constant du foie. [Alfred Jacquemart.]
RESPIRATION. — Zoologie, XXXV; Botanique, VIL — N'iture de la fonction respiratoire. — Tout ce qui vit respire. La respiration consiste en un échange de gaz au travers de membranes, en vertu des lois de l'osmose *. Elle s'accomplit chez les végétaux comme chez les animaux. Le mécanisme de la respiration est d'ailleurs très variable, comme nous allon3 le voir.
La vie des plantes et des animaux ne se maintient que grâce à des combustions lentes qui ont pour siège la substance même des tissus organisés. Cette combustion produit des résidus gazeux, dont les organismes ont besoin de se débarrasser en même temps qu'ils doivent recevoir continuellement de nouvelles doses du gaz comburant, l'oxygène, qu'ils empruntent à l'atmosphère.
Respiration dans le règne animal. — Les combustions intérieures qui s'effectuent dans les tissus des animaux, combustions dont le principal objet est l'entretien de la chaleur vitale, s'effectuent aux dépens du carbone et donnent pour résidu de l'acide carbonique, comme la combustion à l'air libre d'un fragment de charbon. A mesure qu'il se dégage, cet acide carbonique se dissout dans le sérum du sang veineux qui le charrie vers le côté droit du cœur. Si le cœur refoulait de nouveau ce sang dans les artères, toutes les fonctions seraient immédiatement troublées. Au lieu d'un excès d'oxygène, il ne porterait aux tissus, aux cellules, qu'un excès d'acide carbonique, impropre à entretenir les combustions vitales : le résultat serait Vasphyxie.
Ii faut donc que le sang veineux puisse se débarrasser au fur et à mesure de l'acide carbonique dont il est imprégné. La trame délicate des organes respiratoires lui en donne un moyen fort simple. Tout organe respiratoire est formé de minces membranes au travers desquelles Les gaz peuvent passer selon les lois de Y osmose. L'acide
carbonique s'échappe ainsi dans l'air, tandis qu'une nouvelle provision d'oxygène vient prendre sa place et se fixer sur les globules sanguins. Cet échange de gaz au travers des parois membraneuses d'un organe respiratoire constitue le phénomène physique de la respiration, qui est intimement lié au phénomène chimique des combustions organiques.
Respiration pulmonaire. — Uniforme en principe, la fonction respiratoire s'accomplit chez les animaux par l'intermédiaire d'organes divers adaptés aux conditions de leur milieu et aux exigences de leur vitalité.
Occupons-nous d'abord de la respiration aérienne pulmonaire, effectuée au moyen d'organes fort compliqués, propres aux espèces supérieures, que l'on nomme poumons. Le poumon proprement dit est propre aux animaux aériens de l'embranchement des animaux vertébrés. Il se compose essentiellement de deux parties : la trachée urV'-re, conduit plus ou moins rigide qui se divise et se ramifie en conduits plus étroits nommés bronches, et le parenchyme pulmonaire, constitué par les ramifications les plus déliées des bronches, les vésicules pulmonaires, les veines et les artères qui sillonnent leurs tissus.
Fig. 1. — Trachée-artère et sa ramification en brouches. — A, trachée-artère ; — B. bronche droite se divisant en bronchioles dans le parenchyme pulmonaire; — C, bronche gauche ; — D, D, ses principales divisions.
La trachée-artère des mammifères est formée de plusieurs couches superposées. La couche interne, en contact avec l'air, est garnie de délicates cellules d'épithélium vibratile, qui lui donne une apparence veloutée et renferme dans son épaisseur de petites glandes sécrétant un mucus destiné à lubrifier le tube et à le maintenir constamment humide. La trachée et les bronches sont rendues rigides et béantes par des anneaux incomplets de tissu cartilagineux.
Chez les mammifères, les poumons consistent en des sacs placés dans la cavité du thorax. Il y a deux poumons, l'un à droite, l'autre à gauche. Chez l'homme le poumon droit a trois lobes; le gauche n'en a que deux, afin de laisser au cœur la place nécessaire. Chez les cétacés, chaque poumon est formé d'un seul lobe.
Les dernières ramifications des tubes aériens,
RESPIRATION
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celles qui, sous le nom de bronchioles, font partie du parenchyme, se terminent par de petites vésicules aux parois très minces. Dans tout le parenchyme on trouve des veines, des artères, des vaisseaux lymphatiques, des nerfs et diverses sortes de tissus.
Chez les mammifères, la cavité thoracique est séparée de la cavité abdominale par une cloison libro-musculaire nommée le diaphragme. Celui-ci, excité par des nerfs spéciaux, en même temps que les muscles de la cage thoracique, exécute comme eux des mouvements involontaires qui augmentent et diminuent alternativement la capacité de la poitrine et déterminent ainsi la respiration etVexpiration, c'est-à-dire l'entrée de l'air dans les poumons et sa sortie.
La respiration des oiseaux est beaucoup plus active que celle des mammifères. La nature les a doués d'organes respiratoires additionnels qui contribuent à diminuer le poids du corps et constituent des réservoirs d'air. Chez eux les poumons sont en communication avec des sacs ou
Fig. 2. — Appareil respiratoire de la poule. — a, les côtes coupées; — b, tracliée-artère ; — c. bronches; — d, parenchyme pulmonaire ; — e, sac aérien de la région claviculaire ; — f, sacs aériens de l'épaule ; — g et h, grands sacs aériens de l'abdomen.
poches aériennes qui donnent accès à l'air jusqu'à l'intérieur des os. La surface des sacs aériens n'est d'ailleurs pas vasculairc, de sorte que ces organes ne peuvent être considérés que comme des réservoirs d'air et non comme des annexes des
poumons pour l'échange de gaz qui constitue la respiration. Chez quelques espèces, l'air pénètre aussi sous la peau par des appendices pulmonaires.
A l'exception de l'aptéryx, les oiseaux n'ont qu'un diaphragme incomplet ou rudimentaire.Les bronches traversent les poumons sous forme de tuyaux droits, sans ramifications, et les vésicules pulmonaires communiquent entre elles. Toutes ces dispositions favorisent singulièrement la libre et prompte circulation de l'air dans toutes les parties des organes respiratoires.
Chez les reptiles on constate deux systèmes de poumons. Ceux de la tortue et du crocodile consistent en sacs membraneux partagés en compartiments de manière à augmenter la surface respiratoire. Les poumons des sauriens sont comme gaufrés par la proéminence des vaisseaux sanguins.
Les serpents ont deux poumons très inégaux. Le droit, fort long, qui se prolonge jusque dans la cavité abdominale, n'est pourvu de vaisseaux que dans sa partie antérieure, le reste ne sert que de réservoir d'air comme les sacs des oiseaux. Quant au poumon gauche, il est si petit qu'on a souvent de la peine à le distinguer. Là disposition du poumon droit explique comment ces animaux peuvent rester longtemps privés d'air extérieur : celui qu'ils ont accumulé dans le sac pulmonaire droit fournit alors à la consommation très lente qui s'accomplit dans la partie antérieure de cet organe.
Fig. 3. — Poumon d'un reptile saurien : les bronches sont courtes et sans ramifications ; l'un des poumons, représenté ouvert, montre l'apparence gaufrée produite par les vaisseaux sanguins.
Quoique l'on regarde généralement les poissons comme dénués de poumons, on peut considérer comme un organe respiratoire, analogue aux poumons des serpents et de certains sauriens, la vessie natatoire dont sont pourvues un grand nombre d'espèces. Notons toutefois que si la vessie natatoire est dépourvue de réseau sanguin, comme dans la carpe, elle constitue simplement un appareil hydrostatique destiné à favoriser les mouvements de l'animal en modifiant, au gré de celuici, son poids spécifique.
Respiration branchiale. — On appelle branchies les organes de la respiration aquatique. Ce sont des expansions lamelleuses, en forme de peigne ou de panache, de houppes, pourvues d'un réseau circulatoire abondant, et disposées de manière à flotter dans l'eau pour y accomplir les échanges gazeux qui constituent la respiration. Les branchies prennent à l'eau l'oxygène qui s'y trouve dissous et y laissent échapper de l'acide carbonique.
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Les branchies sont insérées dans la cavité pharyngienne, et reçoivent par la bouche l'eau destinée à la respiration. L'eau introduite dans la bouche sort par les <>uïes en soulevant l'opercule qui les forme et qui protège le tissu délicat des branchies.
Fi?. 4. — Tête de carpe montrant les branchies après l'enlèvement de l'opercule.
Quelques espèces de poissons peuvent vivre assez longtemps dans i'air, parce que les opercules, très petits, s'opposent à la dessiccation des branchies ou parce qu"ils sont munis d'un petit réservoir d'eau qui maintient celles-ci humides.
Beaucoup d'animaux invertébrés aquatiques, comme les mollusques, vivent dans l'eau et respirent par des branchies. Mais chez eux ces organes ne dépendent point de la cavité buccale; ce sont des appendices de la peau.
Les articulés de la classe des crustacés possèdent de véritables branchies, même quand ils vivent à l'air comme les crabes terrestres. Ces branchies forment des houppes ordinairement protégées par la carapace. Quelquefois ce sont de simples appendices des pattes.
r '.. 5. — Partir antérieure du corps du Talémon, — a, rostre; — b. céphalothorax; — c, antennes; — d, premiers anneaui de l'abdomen ; — f, branchies rendue? visibles par l'enlèvement d'une partie de la carapace; — g, partie postérieure de la cavité branchiale; — h, son orifice autérieur ; — l, pieds-mâchoires.
Respiration trachéale. — Chez les insectes, les myriapodes et une partie des arachnides, la respiration s'opère au moyen de trachées. Ce sont des tubes analogues à ceux ainsi nommés chez les végétaux, et formés, comme eux. de deux membranes séparées par un fil spiral qui donne a l'ensemble la rigidité voulue. On peut les comparer à des bronches isolées. Elles s'ouvrent au dehors par des orifices ordinairement situés sur les parties latérales du corps, et qui sont maintenus ouverts par un bourrelet résistant nommé stigmate. Chaque trachée se ramifie dans l'intérieur du corps. Dans les i volantes, on trouve sur leur parcours des renflements qui cons-
tituent des *acs aériens analogues à ceux des oiseaux. Ces parties dilatées n'ont pas de li! spiral.
Fig. 6. — Stigmates et trachées des insectes : — A, stigmates du dytique, vus en place après l'enlèvement des ailes ; — B. un de ces stigmates grossi; — C, une trachée avec son fil déroulable.
Quelques insectes qui vivent dans l'eau respirent néanmoins par des trachées. Les uns viennent de temps en temps respirer à l'air, ou charger la surface de petits poils d'une couche d'air qu'ils utilisent ensuite ; d'autres sont muni» d'appendices analogues aux branchies, qui absorbent l'oxygène dissous dans l'eau et le font parvenir aux trachées.
Respiration cutanée. — Même chez les animaux munis des poumons les plus compliqués et chez lesquels la respiration semble exclusivement pulmonaire, la peau se charge d'une partie des échanges gazeux nécessaires à l'entretien de la vie. Cette respiration cutanée est indispensable, et .-i l'on couvre la peau d'un enduit imperméable, on cause l'asphyxie lente de l'animal bien que les poumons fonctionnent avec toute leur énergie.
La respiration cutanée des batraciens est si active qu'elle peut suppléer pendant assez longtemps à la respiration pulmonaire. Cne grenouille survit plus d'un jour à l'extirpation des poumons : après cette opération, les échanges gazeux se font par le réseau de la branche cutanée de l'artère pulmonaire.
Quelques crustacés inférieurs,comme les lernées, sont privés d'organes spéciaux pour la respiration : celle-ci est uniquement cutanée.
Un grand nombre de zoophytes, et surtout de ceux nommés protozoaires, ont aussi une respiration essentiellement cutanée.
Respiration dans le règne végétal. — La vie des plantes s'entretient par un échange de liquides et de gaz avec leur milieu terrestre et leur milieu aérien. L'échange de gaz qui s'effectue dans le milieu aérien est une véritable respiration, comparable à celle des animaux. Mais comme la plante est immobile, elle a besoin d'une très faible quantité de calorique pour maintenir sa vitalité, pour produire les oxydations de tissus nécessaires à l'entretien de toute vie. Dès que cette limite est atteinte, elle fonctionne non plus comme un appui cil à combustion, mais comme un appareil à réduction : elle s'empare de l'acide carbonique de l'air, le réduit, le décompose en oxygène et en carbone, et au lieu d'employer en combustions l'oxygène, le laisse s'échapper dans l'atmosphère, tandis qu'elle retient le carbone pour en faire des composés fort complexes qui passent par l'état de sucre, d'amidon et enfin de cellulose ou ligneux % matière constitutive du bois.
RESPONSABILITE
RESPONSABILITE
En botanique, on divise les organes des plantes, eu égard h leur couleur, en deux groupes : les organes verts, qui doivent leur couleur à la chlorophylle: les organes privés de chlorophylle ou dans lesquels sa couleur se trouve masquée par une ou plusieurs autres.
L'embryon en germination, ainsi que les plantes ou parties de plantes sans chlorophylle, les fleurs, les fruits mûrs, les bourgeons, les tiges ligneuses, les racines, absorbent de l'oxygène et exhalent de l'acide carbonique en tous temps, de jour et de nuit, à la lumière et dans l'obscurité. De même les parties vertes des plantes dans l'obscurité naturelle ou artificielle, ou exposées dans un lieu très peu éclairé, à l'air libre ou dans un appartement, se conduisent comme si elles ne contenaient pas de chlorophylle; ce sont des agents de combustion, des producteurs d'acide carbonique.
Pendant le jour, sous un ciel couvert, les par-
ties vertes des plantes absorbent de l'acide carbonique et exhalent de l'oxygène : elles agissent comme réducteurs, et emmagasinent du carbone. Daus les mêmes conditions, les parties colorées qui contiennent une certaine quantité de chlorophylle se conduisent à la fois comme agents de réduction et d'oxydation.
Sous l'influence de la lumière solaire, les organes verts exhalent une quantité d'oxygène plus grande que celle fournie par l'acide carbonique pris à l'atmosphère, ce qui fait supposer qu'une portion provient de l'acide carbonique puisé dans le sol par les racines.
La faculté respiratoire varie, pour chaque plante, avec son âge, la saison, l'exposition, la température, et le nombre des stomates des feuilles. Les stomates constituant pour le plus grand nombre des plantes les organes respiratoires par excellence, nous devons indiquer brièvement leur structure.
Fig. 7. — Fragment d'épidémie de feuille vil au microscope, montrant les stomates S,S.
Si l'on examine au microscope l'épidémie d'une feuille, on reconnaît que la surface lisse et presque imperméable est entrecoupée de nombreuses ouvertures, sorte de petites bouches, que l'on appelle stomates. L'ouverture de chaque stomate donne accès dans une lacune de parenchyme, nommée chambre respiratoire. C'est dans cette cavité que s'effectuent les échanges gazeux de la respiration.
Il reste beaucoup de points à élucider au sujet de la respiration des plantes, mais les faits que nous avons résumés suffisent pour donner une idée exacte des principaux phénomènes qui s'y rapportent. Chez les végétaux la respiration s'effectue par tous les organes superficiels ; mais pendant la période active de la végétation il fallait des organes spéciaux d'une puissance exceptionnelle : ce sont les chambres respiratoires, poumons rudimentaires et microscopiques qui criblent le tissu des feuilles. [Dr Saffray].
RESPONSABILITÉ. — Psychologie, XXVII. — Le mot de responsabilité résume à lui seul toutes les conditions de la vie morale et contient les principes et les conséquences de la morale tout entière. La responsabilité, en effet, peut être définie le caractère d'un être intelligent et libre, qui, sachant ce qu'il fait et pouvant agir autrement qu'il n'agit, doit répondre de ses actes.
La responsabilité suppose par conséquent plusieurs conditions : 1° l'existence d'une loi obligatoire que la conscience défend de violer; 2° la connaissance de cette loi ; 3° enfin la liberté, c'està-dire le pouvoir de se soumettre volontairement ou de se dérober aux commandements de la loi.
Qu'il existe une loi naturelle qui ordonne de faire le bien et d'éviter le mal, c'est ce que la plupart des philosophes s'accordent à reconnaître. On a beaucoup discuté sur la nature du bien et du mal, sur le principe de l'obligation, mais la diversité des doctrines morales n'empêche pas les
philosophes de s'entendre presque unanimement dans la croyance à une distinction réelle entre les actions bonnes et les actions mauvaises et à l'obligation de faire un choix entre elles. S'il en était autrement, toute responsabilité disparaîtrait. Si l'idée du bien, si l'idée du devoir n'étaient que des chimères, nos actes seraient indifférents ; ils ne pourraient être qualifiés moralement, nous n'aurions par conséquent aucun compte à rendre de notre conduite. Pour qu'on ait à répondre de sa vie, il faut de toute nécessité qu'il y ait une autorité, une loi devant laquelle nos volontés s'in clinent.
Mais il ne suffit pas que cette loi existe : ce qui est nécessaire encore, c'est que cette loi soit connue. Nous ne sommes pas responsables, quand nous violons des ordres que nous ignorons, qui ne nous ont pas été communiqués. Aussi tout code de lois impératives ou prohibitives a-t-il pour postulat une affirmation analogue à celle qui ouvre le recueil de nos lois ,: « Tout Français est censé connaître la loi. » La responsabilité suppose donc une éducation morale qui ait éclairé la conscience et développé l'idée du bien et du devoir. C'est une question intéressante de rechercher à quel âge l'enfant a assez de sens moral pour «'élever à la conception d'une loi obligatoire. Sans vouloir forcer les choses, il est permis d'avancer que de très bonne heure l'intelligence enfantine entrevoit vaguement la distinction du bien et du mal. Sans doute le bien n'est d'abord que ce qui est ordonné, le mal ce qui est défendu par les parents; mais l'enfant ne tarde pas à comprendre que les ordres paternels et maternels se doublent pour ainsi dire d'une autorité morale. L'enfant est capable de remords, quand il a mal fait : on sent dans sa confusion et sa honte autre chose que la crainte de la punition ; et s'il n'est jamais plus aimable qu'après une faute com-
RESPONSABILITÉ
1856 — RESPONSABILITÉ
mise, ce n'est pas seulement parce qu'il veut rentrer en grâce et obtenir son pardon. Des observateurs ont cité des enfants qui ne se trouvaient pas assez punis, et qui témoignaient d'un sentiment déjà vif de la justice. En général un peut dire que l'enfant ne serait pas aussi disposé qu'il l'est a se courber, malgré ses petites rebellions passagères, devant l'autorité paternelle, s'il ne soupçonnait pas déjà, par une sorte d'instinct secret, dans la volonté individuelle du père, la loi universelle du devoir. Quoi qu'il en soit, quand la raison est développée, quand la conscience est adulte, l'homme n'hésite plus à reconnaître la différence morale des actions, et il se sent responsable vis-à-vis d'une loi qu'il connaît, qu'il ne peut pas ne pas connaître, puisque cette loi n'est pas autre chose que sa conscience même.
Cette responsabilité n'existe pourtant qu'à une troisième condition : c'est que l'agent soit libre d'agir comme il le fait. Admettez un instant l'hypothèse d'un fatum absolu pesant sur les résolutions humaines et dominant les volontés : toute responsabilité s'efface. Aussi le premier mouvement des grands criminels est-il de s'écrier, pour excuser leurs fautes : « C'est la fatalité ! » La responsabilité a précisément la même étendue que la liberté. Nous sommes responsables dans la mesure où nous sommes libres. Un homme n'est pas coupable pour avoir commis une action mauvaise sous la pression d'une contrainte insurmontable. Le soldat soumis à l'obéissance passive n'est pas responsable de ce qu'il fait sur l'ordre de son chef. On ne peut légitimement imputer à un homme que la responsabilité des actions qui dépendent de sa volonté libre. Il ne dépend pas de nous que nos jambes soient longues ou courtes, mais il dépend de nous de les remuer plus ou moins vite quand nous marchons. Ce n'est pas notre faute si nous sommes moins intelligents que d'autres, mais c'est notre faute si nous sommes moins attentifs.
Si telles sont les conditions de la responsabilité, il est aisé de comprendre pourquoi la responsabilité a des degrés, pourquoi elle peut varier d'une personne aune autre, et chez le même individu d'un instant à un autre. Elle a pour causes essentielles la conscience morale, ce que Kant appelle la raison pratique, et la liberté : or rien n'est plus inégal d'homme à homme ou chez le même homme, suivant les circonstances, que la liberté et la raison. Voilà pourquoi il est si difficile et si délicat pour le magistrat, quand il apprécie les actions criminelles, et en général pour l'historien, quand il juge les hommes, de répartir équitablement les responsabilités.
Notre liberté n'est pas, tant s'en faut, illimitée, et nous avons dans nos actes un grand nombre de collaborateurs occultes qui nous influencent à notre insu. Dans quelle mesure, par exemple, sommes-nous libres d'avoir telle ou telle opinion, d'adhérer à telle ou telle croyance? N'est-il pas vrai que les circonstances extérieures de notre vie, le milieu où nous avons été placés par la naissance, contribuent pour une bonne part à déterminer nos opinions? L'effort libre de notre réflexion peut-il toujours lutter avec avantage contre ces mille influences qui nous enveloppent et qui nous assiègent? Serons-nous par conséquent absolument responsables des actes que nous aurons accomplis en conformité avec des croyances qu'il n'a pas dépendu de nous de défaire ou de modifier? Il suffit de réfléchir aux limites de notre liberté, pour apprendre à être indulgents envers les hommes, et à adoucir la sévérité des imputations dont nous chargi ons leur responsabilité.
D'autre part, la raison pratique ou la conscience morale n'est pas moins imparfaite chez l'homme
que la liberté n'est limitée. Il y a des états d<? 1 àmc où toute raison est abolie : l'ivresse, la folie. Là l'irresponsabilité est évideute : aussi les avocats, quand ils veulent essayer d'obtenir l'acquittement d'un client compromis, ne manquentils pas de plaider la folie. Mais il y a aussi des états intermédiaires entre la pleine raison d'un sage et la déraison d'un fou : un sauvage ignorant et borné ne saurait être responsable au même degré que l'Européen instruit et civilisé. La responsabilité, qui n'est qu'un effet, s'atténuera ou s'aggravera à proportion que s'affaibliront ou s'accroîtront les causes psychologiques qui la déterminent.
Nous avons défini la responsabilité morale, celle qui est commune à tous les hommes, à tous les agents raisonnables et libres. Avons-nous besoin de dire que cette responsabilité générale se complique de responsabilités particulières, selon la profession, l'état qu'on exerce dans la vie réelle. Chaque situation sociale attribue à l'homme un pouvoir spécial et une certaine portée d'action. En d'autres termes, chaque situation sociale fixe à notre liberté une sphère d'activité déterminée et modifie par suite notre responsabilité. Voilà pourquoi, comme l'ont déjà fait remarquer plusieurs moralistes, nous sommes en partie responsables des actions des autres, de ceux qui sont soumis à notre autorité : le père de ses enfants, le maître de ses serviteurs, le patron de ses ouvriers. Nous sommes responsables encore de tout ce que nous aurions pu empêcher; par exemple, si nous voyons uu homme près de se tuer et si, par paresse ou négligence, nous ne faisons aucun effort pour l'empêcher, nous ne sommes pas tout à fait innocents de sa mort. Plus un homme a de puissance, c'est-à-dire plus sa liberté d'action est grande, plus sa responsabilité s'étend.
Quelles sont maintenant les conséquences de la responsabilité? C'est lout ce que les moralistes appellent les sanctions de la morale, c'est-à-dire les punitions et les récompenses qui attendent les actions humaines. L'éloge ou le blâme, l'estime ou le mépris public, les distinctions sociales et le code pénal, voilà les manifestations extérieures du fait moral de la i-esponsabilité et de Yimputabilité. L'idée de la vie future elle-même, de ses joies et de ses peines, repose sur l'idée de la responsabilité individuelle.
.Mais la responsabilité a d'autres sanctions encore. Ce sont d'abord les joies et les peines intérieures de la conscience, la satisfaction du devoir accompli, et inversement le repentir et le remords. Ce sont en outre les biens ou les maux naturels qui résultent de l'accomplissement du devoir, la santé ou la maladie, les succès ou les revers de la vie pratique.
En définitive, l'idée de responsabilité, si elle ne prouve pas que la liberté existe, prouve au moins que nous croyons à la liberté. Croire à sa responsabilité, c'est protester contre toutes les formes du fatalisme. Au fatalisme un peu triste, fondé sur la faute originelle et qui a reparu si souvent dans les écoles théologiques sous le nom de prédestination, a succédé de notre temps un fatalisme plus optimiste qu'inspire l'idée de progrès nécessaire et l'attente d'une sorte d'âge d'or à venir. Il ne faut pas plus accepter l'un que l'autre. « L'histoire, disait M. Cousin, si elle n'a pas de lois nécessaires, est une fantasmagorie insignifiante. » C'est tout le contraire qui est le vrai; l'histoire, pourraiton répondre, si elle est soumise à des lois nécessaires, est un jeu cruel où nous usons nos forces sans responsabilité et sans profit. Sans nous exagérer la portée de nos actes, nous ne devons pas oublier que notre façon d'agir aura ses conséquences soit dans notre propre vie, soit dans celle des autres hommes.