‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 342 sur 534 · SALPÊTRE · texte numérisé non relu

SALPÊTRE

dans nos régions, la différence si marquée des saisons. Pour nous, au point de vue météorologique, l'année peut se diviser en quatre périodes ou saisons assez bien adaptées à la marche ordinaire de li température. Chaque période comprend trois mois pleins: l'hiver se compose de décembre, janvier, février, le printemps de mars, avril, mai, et ainsi de suite. Dans l'hémisphère austral, pour des latitudes correspondantes, les saisons météorologiques sont inverses des nôtres, puisque le solstice d'été a lieu le 21 décembre.

Ne perdons pas de vue que la classification des saisons météorologiques telle que nous l'avons éiablic pour les pays des zones tempérées cesse d'être applicable quand on s'éloigne de ces zones. Près du pôle il n'y a guère que deux saisons, l'une plus glacée que l'autre ; entre les tropiques, toutes les saisons sont chaudes, et c'est la fréquence des pluies pendant certaines périodes qui constitue les saisons locales.

Envisagées au point de vue météorologique local, les saisons exercent une influence évidente sur les plantes et sur les animaux. L'homme peut par son industrie et ses mœurs se dérober en partie à cette influence, mais il ne saurait s'y soustrairecomplètement. En France, les naissances atteignent leur maximum en janvier, décroissent graduellement jusqu'en juin et juillet, puis augmentent jusqu'à décembre. La mortalité des enfants varie régulièrement suivant les saisons; celle des adultes est plus forte en hiver et au printemps qu'en été et en automne.

On peut considérer que chez l'homme, la combustion plus ou moins considérable de carbone correspond à une plus ou moins grande activité vitale. Or on a démontré que cette quantité varie régulièrement, dans nos climats, suivant les saisons. Elle diminue de juin à septembre, puis augmente pendant trois mois pour rester stationnaire jusqu'à la fin de mars; le mouvement ascensionnel recommence en avril et mai pour cesser en juin. La plus grande différence observée est de OsMti d'acide carbonique par heure.

On travaille depuis quelques années à une statistique médicale qui permettra de reconnaître avec quelque exactitude l'influence des saisons sur les maladies. Les documents recueillis jusqu'à ce jour sont insuffisants pour qu'on en tire des conclusions pratiques. Tout en admettant l'influence saisonnière dans l'apparition et la recrudescence des maladies, il faut d'ailleurs reconnaître que les maladies saisonnières d'une année ne ressemblent pas toujours à celles que l'on constate d'ordinaire, et que les observations n'ont jamais qu'une valeur locale.

La saison froide est chez nous la plus dangereuse. Le froid n'est pas tonique, comme on le dit généralement : il produit indirectement la tonicité chez les sujets robustes et bien portants, en les obligeant à un exercice salutaire, mais il n'en est pas moins, par lui-même, un débilitant. Son action est funeste aux enfants, aux vieillards, aux convalescents, aux personnes affaiblies par les privations, les chagrins. Gardez-vous, si vous n'êtes pas très robuste, de braver le froid pour vous aguerrir, ce serait livrer combat à plus fort que vous. Craignez surtout, lorsque vous êtes obligé d'affronter les intempéries, de chercher dans l'alcool une source de chaleur ou de force. Après une excitation passagère, l'alcool vous laisse plus sensible et moins capable de réagir. Une alimentation abondante, riche en matières grasses, est le meilleur préservatif contre le froid.

Il est assez facile de se préserver des accidents causés par la chaleur. Si les ouvriers suspendent leurs travaux au soleil de midi à trois heures, ils n'ont pas à craindre l'insolation. Evitez de boire froid quand vous êtes en sueur, ne vous laissez

pas aller à l'indolence, mandez suffisamment. même si vous n'y êtes pas enclin, et roua n'aurez rien à redouter de la saison chaude. Quelle que soit la température, craignez les courants d'air •.

la fraîcheur agréable qu'ils produisent constitue un danger sérieux, et sur ce point on ne saurait pousser trop loin les précautions.

Au printemps et à l'automne portez des vêtements un peu trop chauds pour la saison ; manges un peu plus qu'en été, moins qu'an hiver ; prolongez, s'il se peut, votre sommeil; ne vous expo-/ pas volontairement à l'humidité, surtout la nuit ; après un refroidissement môme insignifiant en apparence, frottez-vous énergiquemeru tout le corps et couvrez-vous de flanelle : vous éviterez ainsi les maladies de la gorge et des poumons, les fièvres et les rhumatismes qui vous guettent pendant ces époques de transition. [D' Saffray.]

SALPÊTRE. — Chimie, XVI. — Salpêtre, qu. veut dire pierre de tel, est le nom ancien et commun du sel que les chimistes appellent, d'après sa composition, Azotate de potasse.Sa formule chimique est AzO'.KO. On lui donne aussi les noms de nitre, sel de /titre, nitrate de potasse. Le salpêtre ou azotate de potasse, comme sa formule le rappelle, est formé d'acide azotique et de potasse ; c'est un sel incolore ou blanc, cristallisé en prismes à six pans terminés par des pyramides également hexagonales. Ces cristaux ne contiennent point d'eau, et ne s'altèrent point à l'air; leur saveur est fraîche, légèrement piquante et amère. Le salpêtre se dissout dix fois plus dans l'eau bouillante que dans l'eau froide : c'est ce qui permet de le séparer facilement des matières étrangères qui l'accompagnent dans les salpêtres bruts.

Le salpêtre, comme tous les autres azotates, mais avec plus d'intensité, fuse quand on le projette sur des charbons incandescents, c'est-à-dire que, par son oxygène, il provoque une vive combustion qui fait entendre une espèce de sifflement caractéristique, en même temps qu'il produit une vive lumière, rendue un peu violacée par la présence des vapeurs d& potassium. Dans une leçon de chimie sur les sels, il est intéressant de répéter cette expérience facile et tout à fait inoffensive. On n'oubliera pas non plus de faire cristalliser du salpêtre par voie humide; l'opération est facile, elle réussit toujours, et onpeut pour ainsi dire assister, de visu, à la formation des cristaux. Pour cela on sature à chaud avec de l'azotate de potasse un demi-litre environ d'eau distillée, puis on laisse refroidir en regardant de temps en temps la liqueur.

Si on chauffe de l'azotate de potasse dans un creuset, il fond vers 350° ; il est alors liquide comme de l'eau et se prend en masse cristallisée compacte par refroidissement. Ce sel peut donc, comme beaucoup d'autres du reste, subir deux cristallisations : la cristallisation par voie sèche ou par fusion, et la cristallisation par voie humide ou par dissolution. Chauffé au-dessus de 350°, il se décompose en dégageant de l'oxygène et en laissant un résidu solide d'azotite de potasse, KO.AzO3. Enfin au rouge, ce dernier sel lui-même se décompose en perdant son azote et une partie de son oxygène, et en laissant un résidu solide de potasse et de peroxyde de potassium.

Mélangé au charbon pulvérisé et au soufre dans des proportions convenables, il forme des matières explosibles dont la principale est la powtre *.

Production naturelle du salpêtre. — Comme il a été dit à l'article Azote (p. 338), on rencontre 1csalpêtre à la surface du sol, sous forme d'efflorescence et mélangé à la terre, dans beaucoup de pays chauds.

Dans les climats tempérés on le rencontre à la surface des vieilles murailles habituellement humides, dans les vieilles écuries, les caves et les maisons abandonnées, puis à la surface des vieux.

plâtras : parle temps sec, il apparaît sous forme de poussière blanche efflorescente.

Ces formations naturelles du salpêtre ne sont point encore parfaitement expliquées aujourd'hui (V. Azote).

Ce qui est certain, c'est que les conditions les plus favorables à la formation du salpêtre à la surface des murailles ou du sol des écuries et des caves sont : la présence d'un sol calcaire et humide, puis de matières organiques en décomposition. Celles-ci sont-elles absolument indispensables? On ne peut pas l'affirmer, car un courant d'air passant à travers des pierres poreuses peut dans certains cas donner naissanc à de l'acide azotique i : Cloëz) ; il ne paraît donc pas indispensable de recourir à l'azote des matières organiques en décomposition pour expliquer la formation du salpêtre ; nous ajouterons néanmoins que leur présence la favorise singulièrement, comme on le voit dans le cas des nitrières artificielles.

Aujourd'hui en France on fabrique le salpêtre avec l'azotate de soude qui nous arrive abondamment du Chili, en traitant celui-ci par le chlorure de potassium. Par leur mélange dans l'eau bouillante, il se forme du chlorure de sodium ou sel marin et de l'azotate de potasse.

Par le refroidissement, la plus grande partie de l'azotate de potasse se déposera en cristallisant, parce que ce sel est beaucoup moins soluble à froid qu'à chaud. Le chlorure de sodium, dont la solubilité ne change pour ainsi dire point avec la température, restera en grande partie dans la dissolution.

Les usages du salpêtre ont été indiqués à l'article Azote (p. 338). [Alfred Jacquemart.]

SALUUUITÉ PUBLIQUE. — Hygiène, XVII. — Pour les individus réunis en sociétés, la liberté individuelle se trouve limitée par le droit que possède chaque citoyen de n'éprouver aucun préjudice de la part des autres. En outre l'Etat est intéressé à ce que chaque citoyen soit à même de rendre le plus de services possible et ne devienne pas, par sa faute, une charge pour la communauté.

Or, pour que l'homme soit apte à rendre le plus de services possible et ne devienne qu'accidentellement une charge pour la société, il faut, avant tout, comme l'a dit le philosophe américain Emerson, qu'il soit un « bon animal », c'est-à-dire qu'il jouisse d'une santé robuste et ne la compromette par aucune infraction grave aux lois de l'hygiène. L'Etat a le droit d'exiger cela tout aussi bien qu'il exige un impôt ou le service militaire. Un citoyen représente dans l'Etat une valeur dont profite la masse ; par conséquent, il importe de ne pas lui permettre de diminuer volontairement cette valeur. A l'Etat de trouver les moyens d'accomplir cette partie de sa tâche de manière à entraver le moins possible la liberté .des individus. L'éducation, en vulgarisant l'hygiène, la ferait entrer dans les moeurs et restreindrait, autant qu'on peut, le souhaiter, l'intervention officielle.

En Angleterre, en Italie, aux Etats-Unis, on agite la question de créer un ministère de la santé publique, un véritable ministère d'hygiène. En attendant, les attributions de ce ministère sont réparties, comme chez nous, entre diverses autorités chargées de veiller à la salubrité publique, à l'hygiène des populations.

Pour bien apprécier le rôle de l'Etat dans cette branche de l'administration, il faut considérer l'hygiène comme l'ensemble des connaissances et des mesures propres à améliorer l'homme au point de vue physique, intellectuel et moral, à le défendre contre les causes de maladie et de dégénérescence. Il est évident que l'hygiène considérée à ce point de vue implique l'intervention de l'autorité.

En France, les questions sanitaires rentrent, d'une part, dans les attributions de plusieurs départements de l'administration centrale ; de l'autre, dans celles des administrations départementale et communale.

C'est spécialement au ministère de l'agriculture et de commerce qu'est confiée la tutelle de la santé publique. Les affaires sanitaires y sont réparties de la manière suivante :

Direction du secrétariat général. — Division du personnel. — 1er bureau. —Nominations, promotions et mouvements. — Comité des arts et manufactures ; comité consultatif d'hygiène publique ; médecins et agents sanitaires; médecins inspecteurs des établissements d eaux minérales.

— Statistique générale de la France. — Mouvement annuel de la population ; commissions cantonales permanentes de statistique ; publication des documents destinés à la continuation de la statistique générale de France.

Direction de l'agriculture. — 1er bureau.

Enseignement agricole et vétérinaire. — Vacheries, bergeries, colonies et asiles agricoles ; écoles vétérinaires ; exercice de la médecine vétérinaire ; épizooties. — 2* bureau. — Encouragements à l'agriculture et secours. — Dessèchements et assainissements, drainage, irrigation ; police rurale ; mise en culture des landes, reboisement; secours pour pertes résultant d'épizooties, inondations ; etc. — 3e bureau. — Subsistances. — Législation relative aux subsistances ; recours en matière de règlements sur la boulangerie, les abattoirs et sur la vente des comestibles dans les foires et marchés.

Direction du commerce intérieur. — 2e bureau.

— Industrie. — Travail des enfants dans les manufactures. — 3° bureau. — Police sanitaire et industrielle. — Comité consultatif d'hygiène publique; commissions et agences sanitaires, lazarets, quarantaines, etc. ; correspondance relative à l'état de la santé publique, tant en France qu'à l'étranger ; épidémies ; rapports avec l'Académie de médecine ; encouragement et propagation de la vaccine ; règlement sur la police des professions médicales, remèdes secrets ; mesures générales relatives à la salubrité ; police et régime des établissements d'eaux minérales ; examen et approbation des règlements relatifs à ces établissements; subventions; établissements dangereux, insalubres et incommodes.

Direction des ponts et chaussées. — Division du service hydraulique. — Curage des cours d'eau; règlements pour l'établissement des usines ; études relatives aux irrigations ; dessèchement des marais et assainissement des terrains insalubres ; concession ou exécution des travaux de dessèchement et d'assainissement.

Direction des mines. — 1er bureau. — Mines. Eaux minérales. Appareils à vapeur. — Surveillance des mines, tourbières, carrières ; recherche, conservation et aménagement des sources mirales.

Les services suivants ressortissent au ministère de l'intérieur :

Division de l'administration, générale et départementale. — 4e bureau. Établissements généraux de bienfaisance. — Amélioration des logements d'ouvriers ; bains et lavoirs publics ; services de médecins gratuits.

Division de l'administration communale et hospitalière. — 4e bureau. — Hospices communaux.

— Bureaux de bienfaisance.

Direction des prisons et établissements pénitentiaires. — 1er bureau. — Administration générale des prisons. — État sanitaire ; service médical ; travaux statistiques; institutions de patronage.

Au ministère de la guerre est attaché le Con seil dt santé des armées.

Au ministère de la marine et des colonies est attache an inspecteur général du servie, de santé.

Dans les provinces, les questions relatives à la salubrité et à L'hygiène publiques sont confiées à l'autorité municipale et en même temps à l'autorité départementale. Le* conseils d'hygiène et de -a ubritè institués dans chaque arrondissement, les médecins des épidémies, les commissions cantonales doivent aider les autorités dans tout ce qui touche à l'administration de la santé publique. Les conseils municipaux sont aussi appelés à intervenir dans les affaires sanitaires, en ce qui concerne la recherche et la réforme des logements insalubres.

Pour Paris, la direction spéciale des services sanitaires est confiée aux administrations suivantes :

Préfecture de la Seine. — 2e division. — Administration DÉPARTEMENTALE ET COMMUNALE. — 1er bureau. — Académie de la Seine ; faculté de médecine ; visa des diplômes des médecins et des sages-femmes; listes des vétérinaires ; inspection de la vérification des décès; pompes funèbres, i imetières. — 3' bureau. — Abattoirs, halles et marchés. — 4e bureau. — Assistance publique. — ;;c Division. — Travaux publics. — 2* bureau. — Balayage ; enlèvement des boues, immondices, neiges et glaces; curage d'égouts,

des lumières de la science et de s'assurer le concours des hommes que leurs connais :

cialc-s renient seuls rapab'es de retondre les problèmes d'hygiène publique. C'est pour cela qu'un décret de i8j8 a organisé les conseils d'hj publique et de salubrité des départements, composés de médecins, de pharmaciens, de chimistes et de vétérinaires, assistés par des agriculteurs, des commerçants, des industriels, des ingénieurs, etc.

Les attributions de ces conseils sont divisées en douze paragraphes, savoir : 1* L'assainissement des localités ot des habitations ; — 2° Les mesures à prendre pour prévenir et combattre les maladies endémiques, épidémiques et transmissibles ;

— 3* Les épizooties et les maladies des animaux ;

— 4° La propagation de la vaccine; — 5° L'organisation et les distributions de secours médicaux aux malades indigents ; — 6" Les moyens d'améliorer les conditions sanitaires des population* industrielles et agricoles ; — 7° La salubrité '1 ateliers, écoles, hôpitaux, maisons d'aliénés, établissements de bienfaisance, casernes, arsenaux, prisons, dépôts de mendicité, asiles, etc. ; — 8° Les questions relatives aux enfants trouvés; — 9° La qualité des aliments, boissons, condiments et médicanvnts livrés au commerce; — 10° L'amélioration des établissements d'eaux minérales appar-

fosses d'aisances; éclairage public et privé. — tenant à l'État, aux départements, aux communes

et aux particuliers, et les moyens d'en rendre l'usage accessible aux malades pauvres; — 11° Les demandes d'autorisation, translation ou révocation des établissements dangereux, insalubres ou incommodes; — 12° Les grands travaux d'utilité publique, constructions d'édifices, écoles, prisons, casernes, ports, canaux, réservoirs, fontaines, haiies ; établissement des marchés, abattoirs, égouts, cimetières, voirie, etc., sous le rapport de l'hygiène publique.

Les conseils d'hygiène doivent, en outre, réunir et coordonner les documents relatifs à la mortalité et à ses causes, à la topographie et à la statistique de l'arrondissement, en ce qui touche la santé publique.

Le conseil qui réside au chef-lieu du département a pour mission spéciale de centraliser et coordonner les travaux des conseils d'arrondissement et d'adresser chaque année au préfet un rapport général qui est immédiatement transmis, avec les pièces à l'appui, au ministre de l'agriculture et du commerce.

Le département de la Seine possède, comme les autres, un conseil d'hygiène publique et de salubrité, mais en outre il a été établi dans chaque arrondissement de Paris une commission d'hygiène et de salubrité chargée de réunir toutes les informations qui peuvent intéresser la santé publique dans l'étendue de la circonscription, d'appeler l'attention du préfet de police sur les causes d'insalubrité, et de donner son avis sur les moyens de les faire disparaître.

Comité consultatif d'hygiène de France. — Pour compléter le système d'institutions que nous venons d'énumérer, on a établi, au siège de l'administration centrale, un comité auquel viennent aboutir les travaux des conseils locaux et qui a pour mission d'éclairer l'autorité sur les questions sanitaires.

Telles sont, chez nous, les principales divisions administratives auxquelles sont confiées les questions relatives à l'hygiène publique. Cette énumération suffit pour donner une idée de l'importance de i'hygiène publique. Il faudrait plusieurs volumes pour traiter les sujets principaux qui s'y rattachent. Faute d'espace, nous nous bornerons à des indications sommaires sur ceux qu'il importe le plus de connaître.

Assainissement. — L'assainissement consiste

4e bureau. — Logements insalubres.

Préfecture de police. — Le préfet de police est chargé d'assurer la salubrité de la ville : en prenant des mesures pour prévenir et arrêter les épidémies, les épizooties, les maladies contagieuses; en faisant observer les règlements de police sur les inhumations; en faisant enfouir les cadavres d'animaux morts, surveiller les fosses vétérinaires, la construction, l'entretien et la vidange des fosses d'aisances ; en faisant arrêter, visiter, les animaux suspects de mal contagieux et mettre à mort ceux qui en sont atteints ; en surveillant les échaudoirs, fondoirs, salles de dissection; en empêchant d'établir dans l'intérieur de Paris des ateliers, manufactures, laboratoires, etc., qui doivent être hors de l'enceinte des villes ; en empêchant qu'on ne jette ou dépose dans les rues aucune substance malsaine; en faisant saisir et détruire dans les halles, marchés et boutiques, chez les bouchers, boulangers, marchands de vins, brasseurs, limonadiers, épiciers, droguistes, apothicaires ou tous autres, les comestibles ou médicaments gâtés, corrompus ou nuisibles. Il est chargé de faire administrer des secours aux noyés, et détermine le placement des boîtes de secours, etc. — 2e division. — 2° bureau. — Carrières, vidanges, cabinets d'aisances et urinoirs publics. — 4e bureau. — Travaux du conseil d'hygiène et de salubrité et des commissaires d'hygiène du département de la Seine ; secours publics, établissements dangereux, et tout ce qui concerne la salubrité. — Une partie de ces dernières attributions est placée sous l'autorité du préfet de la Seine. — A la préfecture de police sont attachés un conseil de salu- ' bnté; des inspecteurs des établissements dangereux et insalubres, des inspecteurs des eaux minérales; une commission d'inspection du travail des enfants dans les manufactures ; des inspecteurs des maisons de santé, de sevrage tt de nourrices, etc. I

Administration générale de l'assistance publi- j QUB. — L'administration des hôpitaux, hospices et ' secours à domicile de Paris est concentrée en : une administration générale de l'assistance publique, placée sous l'autorité du préfet de la Seine.

Conseils d'hygiène publique et de salubrité. — Pour surveiller et protéger la santé publique, l'autorité administrative a besoin de s'entourer !

dans la recherche et l'exemple des moyens propres à faire disparaître les causes d'insalubrité qui existent dans une localité d'une manière fixe ou accidentelle : c'est donc la partie essentielle de l'hygiène publique. Les méthodes rationnelles d'assainissement tendent à puritier ou à maintenir dans un état convenable de pureté l'air, le sol et les eaux. Elles s'adressent aux conditions géographiques, géologiques et climatologiques de chaque lieu, et consistent d'abord en travaux de défrichement, de dessèchement, d'irrigation, de culture. Puis à un point de vue plus restreint, l'assainissement, consiste à faire disparaître les causes d'insalubrité à l'extérieur ou à l'intérieur des habitations, par l'établissement de drainages, d'égouts, de voiries, de conduites d'eau, de plantations, etc. ; à disposer les habitations de manière que chacun jouisse d'un air pur, d'une lumière abondante, et dispose d'une grande quantité d'eau pure.

Marais. — Au point de vue de l'hygiène, on doit comprendre sous le nom de marais toute portion du sol alternativement couverte et abandonnée par les eaux, et donnant lieu, sous l'influence du dessèchement et de la chaleur, à un dégagement de miasmes qui engendrent la fièvre. Les marais, étangs, lacs, fleuves débordés, plages découvertes, embouchures de rivières, canaux, défrichements, déboisements, mares, ruisseaux, réservoirs, peuvent donc devenir des foyers d'émanations miasmatiques. Les moyens de combattre l'influence des marais sont du ressort de l'administration. Elle seule est responsable des maux que leur présence engendre, encore aujourd'hui, dans un grand nombre de localités. Sans doute, il faut du temps et de grandes dépenses pour réaliser les améliorations urgentes ; mais on ne doit pas perdre de vue qu'en outre de la reconstitution des populations étiolées et décimées par les miasmes, des travaux d'assainissement donnent toujours aux terrains où ils sont exécutés une plus-value qui dépasse de beaucoup la première mise de fonds.

Egouts. — On appelle égouts les canaux souterrains destinés à recevoir, dans les villes, les eaux impures ou encombrantes, pour les déverser sur un sol cultivé, dans des puisards ou dans un cours d'eau. C'est de leur construction et de leur aménagement que dépend en grande partie la salubrité des villes. Leur construction et leur entretien nécessitent des connaissances spéciales. Quant à l'utilisation des eaux d'égout, divers systèmes sont en présence ; on exécute" des expériences sur une vaste échelle, et l'on peut espérer que dans un avenir prochain les cours d'eau ne seront plus empoisonnés et souillés par l'afflux de ces liquides infects, dont l'industrie peut retirer des matières fertilisantes, si on ne trouve pas plus avantageux de les purifier par une filtration lente à travers des terrains cultivés.

Eau. — On peut d'ordinaire apprécier la salubrité d'une ville par la quantité d'eau dont peut disposer chaque habitant, pourvu que le liquide qui a servi à l'entretien de la propreté des personnes et des habitations ait un écoulement facile et disposé suivant les règles de l'art. L'eau distribuée dans les villes doit avant tout être pure. Le repos et la filtration ne donnent pas à l'eau contaminée des grands fleuves les qualités requises par les hygiénistes. 11 faut, à tout prix, amener les eaux de rivières qui coulent dans des vallées peu habitées.

Voiries. — Au point de vue de l'hygiène publique, la question des voiries peut se ramener aux termes suivants : quels sont les moyens les moins insalubres et les plus pratiques pour évacuer hors des villes et utiliser les débris organiques et les résidus de toute sorte qui résultent

d'une grande agglomération humaine ? Ces débris et résidus peuvent être distribués en trois classes : immondices ; débris des halles et marchés, de l'économie domestique, boues, etc; — excréments tant des hommes que des animaux ; — cadavres, comprenant ceux des hommes et des animaux. D'où la division des voiries en 1* voiries d'immondices; 2° voiries de matières fécales; 3° voiries d'animaux morts. Les cadavres humains forment, bien entendu, un groupe séparé.

Habitations. — L'hygiène ne doit pas seulement s'occuper des habitations dans l'intérêt de ceux qui les habitent, pour les prémunir contre leur inexpérience, les protéger contre la rapacité ou l'ignorance d'un propriétaire, d'un logeur, etc. 'r la police sanitaire surveille la construction des maisons, leur élévation, la largeur des rues, oblige à assainir les logements insalubres, ou en interdit la location. Si le danger résulte de causes extérieures et permanentes, ou lorsque ces causes ne peuvent être détruites que par des travaux d'ensemble, la commune exproprie les immeubles et les revend lorsqu'elle a fait disparaître les causes d'insalubrité.

Fosses et cabinets d'aisances, — Malgré les perfectionnements apportes dans cette partie des habitations, les résultats obtenus ne sont pas satisfaisants. Les intérêts de l'agriculture et ceux de l'hygiène s'accordent pour réclamer qu'aucune partie des résidus humains ne soit perdue par l'écoulement direct dans les cours d'eau. D'autre part il importe que ces résidus ne s'accumulent pas longtemps dans les habitations et que l'on ne soit pas obligé d'en faire de vastes dépôts qui deviennent forcément des foyers d'infection. Tout ce qui concerne ces questions et celle des vidanges est l'objet d'études pratiques dont il faut attendre le résultat. Comme mesures provisoires, l'hygiène conseille et exige d'entretenir dans un état de propreté parfaite les cabinets publics et privés, de ventiler les fosses, et de munir les conduits de soupapes à joint hydraulique qui s'opposent à la sortie des gaz méphitiques.

Hôpitaux et hospices. — On désigne généralement sous le nom d'hôpitaux les établissements destinés au traitement gratuit des indigents atteints de maladies aiguës, tandis qu'on donne le nom d'hospices aux asiles où sont recueillis les enfants abandonnés, les vieillards, les incurables et les infirmes non domiciliés. Ces établissements ressortissent à l'assistance publique, pour la tutelle administrative, les soins médicaux et l'hygiène. A ce dernier point de vue, la question des hospices et des hôpitaux est depuis quelque temps l'objet de discussions et d'expériences qui semblent appelées à modifier profondément les vieilles coutumes. On tend à éloigner ces établissements des centres de population, à multiplier les corps de logis, à substituer aux constructions permanentes des chalets, des pavillons destinés à être détruits aux premiers indices d'infection. L'extension des secours à domicile permettra en outre de diminuer beaucoup la population des établissements hospitaliers, sans grever sensiblement ,1e budget, et pour le plus grand profit de l'hygiène.

Vérification des décès. — La législation relative aux décès prescrit : la déclaration à la mairie par deux témoins; la constatation à domicile par officier d'état civil. Malheureusement cette dernière formalité n'est pas accomplie comme l'exige la loi. Dans quelques grandes villes, les municipalités ont tenté de faire suppléer l'officier d'état civil par des médecins spéciaux, et des arrêtés, des circulaires préfectorales sont venus sanctionner en quelque sorte cette substitution qui n'est pas prévue par la loi. La vérification des décès est importante au point de vue de l'hygiène publique, pour reconnaître les cas de mort appa-

SALUHMTK PUHLIOUK — l'1*-

SAU'IMilTi; l'i liLlnn-;

rente et pour appeler l'attention dei autorité* mr les décès causés par des maladies contagieuses. ]>,/,, - L'hygiène publique s'occupe

ipécialemenl de ce qui concerne lea Inhumations, afin d'atténuer, autant que possible, lea Ini nienta ou les dangers dea émanations qui proviennent do la décomposition putride. Sans porter aucunement atteinte au respect religieux dont

nous aimons S entourer les morts, on pourrait adopter des systèmes d'inhumation bien différents

de celui d'aujourd'hui, qui assureraienl une rapide destruction des cadavres et s'opposeraient à la

production d'émanations infectes ou de miasmes dangereux. Depuis longtemps il n'esl plus permis d'inhumer dans les églises. On cherche s éloigner

le plus possible les cimetières des centres de population. L'ancienne coutume do la crémation revient timidement en faveur : peut-être est-ce le mode d'inhumation que l'hygiène fera prévaloir dans les grandes villes.

Etablissement» insalubres. — La plupart des grands établissements industriels sont incommodes ou insalubres pour leurs voisins, à cause du bruit, de la fumée, des odeurs, des vapeurs, des poussières.

Les établissements dangereux, insalubres ou incommodes ont été divises on trois classes, et l'on exige pour leur exploitation des autorisations spéciales. L'autorisation n'est accordée qu'après une enquête suivie d'un rapport du conseil de salubrité. Les établissements de premiéri ceux qui doivent être éloignés des habitations particulières, mais qu'il n'est pas nécessaire d'exclure de l'enceinte des villes. Les établissements de seconde classe sont ceux dont l'éloigncment des habitations n'est pas indispensable, mais dont il importe de ne permettre la formation qu'après avoir acquis la certitude que les opérations qu'on y pratique sont exécutées de manière à ne causer aucun dommage aux voisins. Les établissements de troisième classe sont ceux qui peuvent rester, sans inconvénient, auprès des habitations, mais qui doivent être soumis à la surveillance de la police.

Siiùiista?i<:es. — On comprend sous ce nom toutes les substances employées à l'alimentation des hommes. Ce sujet touche en même temps aux plus graves questions de l'économie politique et aux plus difficiles problèmes de l'hygiène. Le développement, la santé, la vie des hommes dépendent, avant tout, d'une alimentation suffisante, convenable et assurée. Les économistes et les hygiénistes ont reconnu l'influence constante qu'exercent sur les naissances et sur la mortalité l'équilibre des subsistances, la cherté des vivres, l'abondance ou la disette.

Les progrès des sciences agricoles, les facilités apportées à l'échange par la création et l'amélioration des moyens de transport, la vulgarisation du crédit, les traités de commerce, favoriseront de plus en plus les approvisionnements réguliers et à bon marché. En attendant il importe d'éclairer les populations ouvrières sur la valeur hygiénique des aliments et des boissons. La même somme bien ou mal dépensée, chaque jour, peut, en effet, procurer une nourriture suffisante ou produire graduellement l'inanition.

Le devoir de l'Etat et des autorités locales ne s'arrête pas aux mesures propres à rendre impossibles les disettes, les accaparements et même les cours trop élevés des aliments de première nécessité. La qualité des subsistances mises en vente doit être strictement surveillée pour éviter les dangers auxquels exposeraient la cupidité ou l'ignorance des vendeurs, la pauvreté ou l'inexpérience des acheteurs. Voilà pourquoi des règlements spéciaux régissent la vente des aliments et des boissons.

Ié»iics. — V. ce mot.

Travail des enfants, — C'est en 1841 que la loi s'est occupée pour la première fois, en i du sort tles enfants qui, malgré leur Joun étaient utilisés par l'industrie pour un travaux, bien souvent au-dessus de leui toujours pour un temps trop prolongé. I><pnis cette époque, l'initiative de quelques grands ma* nufacturiers et l'intervention de I I osidé-

rablement amélioré la condition des ei les villes manufacturi t il reste

encore beaucoup a faire pour donner satisfaction aux justes réclamations des hygiénistes. La loi actuelle laisse encore la porte ouverte :i beaucoup d'abus, et même dans son observation stri< V ne préserve pas l'enfance des causes d'étiolement et d'abâtardissement auxquelles l'expose le travail des ateliers.

ination. — Depuis la découverte de la vaccine le gouvernement s'est efforcé de la pi" par l'institution du Comité central <!•■ vaccine, de la Société centrale de va<-<.ine, puis par l'influence de Y Académie de médecine. 11 s'en faut de beaucoup toutefois que le service des vue inationt décennales soit assuré sur notre territoire I mit manque pour cela : le vaccin régulièrement cultivé, l'argent pour payer les vaccinateun, Iji m mesures Iscaleaet administratives suffiraient peutêtre pour rendre générale la pratique de la vaccination et des revaccinations, mais il faudrait beaucoup de temps. Aussi la majorité dis hygiénistes désirent voir voter une loi actuellement s l'étude, qui rendrait la vaccination obligatoire. A moins que l'on ne prouve, en effet, que la vaccination n'a pas diminue la mortalité, 1 État a le droit et le devoir d intervenir dans cette question comme dans tout ce qui concerne les maladies infectieuses et contagieuses, sans se préoccuper des opinions personnelles de ceux à qui il prescrit les mesures sanitaires en vue de la salubrité publique.

Statistique. — Pour asseoir la science de l'hygiène sur des bases positives, il faut appeler à son aide la statistique, qui seule peut fournir des données précises sur les questions de population, de subsistances, de climatologie, de maladies endémiques et épidémiques, les systèmes pénitenciaires et d'assistance publique, etc. Voilà pourquoi on a institué au chef-lieu de chaque canton une commision de statistique chargée de. tenir à jour des tableaux dressés par 1 administration centrale.

Population. — Les lois qui régissent les naissances et la mortalité intéressent l'hygiène autant que l'économie politique. Cependant il ne faut pas faire rentrer dans le cadre de l'hygiène publique les théories sur le principe de la population ou les calculs abstraits de probabilités. L'hygiène n'emprunte ses chiffres à la démographie que pour en faire une application pratique. A ce point de vue, elle est obligée de rechercher par les meilleures méthodes les causes qui influencent les mouvements de la population, afin de trouver un remède aux anomalies signalées par la statistique. Les travaux récents ont sous ce rapport une valeur bien plus grande que ceux qui ont été exécutés pendant la première moitié du siècle.

Cette énumération rapide et fort incomplète suffit pour donner une idée des questions qui sont du domaine de la salubrité publique.

Si l'on compare l'hygiène de nos jours à celle d'il y a cinquante ans, on est surpris des progrès accomplis et des résultats obtenus. Mais quand on considère ce qui reste à faire, on comprend qu'il faut être modeste pour le passé et ambitieux pour l'avenir. Au fond de toute question sociale on trouve un problème d'hygiène. Pour 1 résoudre ces problèmes, il faut le concours de

SANG

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tous les savoirs, de toutes les Donnes volontés, de toutes les autorités. De leur solution dépend, en grande partie, la grandeur et la prospérité de notre pays. [Dr Saffray.J

SANG. — Zoologie, XXXIV. — Le sang est le milieu intérieur aux dépens duquel se nourrissent les tissus.

Dans cette république dont les éléments anatomiques sont les innombrables citoyens, le sang a pour fonction de veiller au maintien de la nutrition de chaque individu, en lui apportant les matériaux nécessaires à son entretien, lf ; abulum vitse, et en se chargeant des produits devenus impropres à sa vie, qu'il rejettera aussitôt au dehors.

Nous parlerons ici surtout du sang rouge des animaux vertébrés, sans nous appesantir sur ce liquide transparent et plus ou moins incolore qui constitue le sang des animaux inférieurs et se rapproche davantage de la lymphe des animaux supérieurs.

Contenu dans des canaux ou vaisseaux à l'intérieur desquels il circule grâce au jeu de cette double pompe foulante qui est le cœur, le sang ne tarde pas à perdre sa fluidité au sortir des vaisseaux; quelques minutes après, il commence déjà à devenir ferme, il se coagule, devient sang mort. Celui-ci se compose d'une masse compacte, rouge, assez ferme, que l'on nomme caillot. Douze ou quatorze heures nprès, ce caillot se contracte, la partie liquide se trouve exprimée sous forme deseruir, liquide limpide ou un peu opalin dans lequel flotte le caillot, formé en majeure partie des éléments solides du sang, les globules.

Voilà ce qui se passe lorsqu'on abandonne le sang à lui-même; mais cette coagulation si rapide, que l'on voit se produire en moins d'une minute pour le sang du lapin, n'apparaît pas lorsqu'on procède à son battage au sortir du vaisseau. Si l'on vient à agiter le sang avec un balai ou une baguette pendant qu'il jaillit, il B'attaclie à l'instrument des filaments blanchâtres, et le B uig qui reste ne se coagule plus. C'est donc à cette substance filamenteuse, nommée fibrine, qu'est duc la coagulation du sang.

Considérons maint nant le sang comme un tissu ft substance intercellulaire liquide ; nous allons l'étudier au point de vue pour ainsi dire anato mique.

D'une densité variable qui oscille entre 1,045 ei 1,075, sa chaleur chez l'homme est comprise entre 3ti et 39 degrés centigrades ; sa réaction est alcaline. Il se compose de deux parties bien distinctes : le cruor, qui comprend la partie solide, les globules donnant au sang sa couleur rouge ; le liquor, qui comprend toute la partie liquide à l'état physiologique. Normalement ces deux parties sont en quantité sensiblement égale, et le sang peut être défini : une certaine masse de auor en suspension dans une tuasse égale de liquor. Mais on comprend que cette dernière partie puisse être sujette à de nombreuses causes de variation, et être influencée par exemple par l'état de diète ou de digestion, sans qu'il en résulte néanmoins un état pathologique, une maladie. Cela tient à la facilité avec laquelle peut se reproduire la masse liquide du sang; tout le monde connaît la sensation de soif intense qui suit une grande perte de sant:. une hémorrh'igie. Quant à la masse du cruor, elle ne se reforme que lentement, et la diminution considérable des globules constitue une maladie à laquelle les médecins ont donné le nom d'anémie. Telle est l'importance des globules, que dans une hémorrhagie, lorsque la perte de sang atteint une certaine proportion, la vie ne peut plus être entretenue dans l'organisme qui en est le siège, si on ne procède immédiatement à la transfusion, c'est-à-dire si on ne fait pénétrer dans la circu-

lation de l'individu anémié une certaine quantité de sang retiré à un animal de môme espèce.

Dans la partie solide du sang on ne trouve donc qu'une seule sorte d'éléments : les globules, que l'on distingue en globules rouges et globules blancs, auxquels nous ajouterons les granulations libres.

A. Globules rouges. Les globules rouges forment la plus grande partie des éléments solides du sang, puisqu'il y a en moyenne 300 globules rouges pour 1 globule blanc.

Après avoir fait une légère piqûre à l'extrémité du doigt, nous recueillons sur une lame de verre la guttule de sang qui s'échappe, et nous la recouvrons immédiatement d'une lamelle bien nettoyée qui l'étalé uniformément. C'est là une préparation microscopique de sang. Si nous plaçons maintenant sous le microscope cette préparation en nous servant d'un objectif grossissant à00 ou 000 fois, nous observerons en nombre immense des corpuscules colorés en jaune pâle, qui se présenteront sous différentes formes. Les uns, franchement circulaires offrent sur leur surface des

Fig. 1. — Les globules rougea et teo glouules blancs du sang, grossis 600 fois.

1, globule rouse. vu de face.

i'ulc rouge, vu de profd.

3, globule blanc.

différences de réfringence : si on rapproche l'objectif, le centre est brillant, le bord obscur; si on éloigne l'objectif, le contraire se produit, le bord devient brillant et le centre obscur, ce qui indique un renflement des bords. D'autres corpuscules paraissent plus ou moins ovales ; d'autres enfin, plus colorés, présentent deux renflements arrondis, ils ont une forme en bissac. Mais des courants viennent-ils à s'établir dans la préparation ? — et on peut facilement en faire naître en appuyant légèrement sur un point de la lamelle — on voit immédiatement qu'un même corpuscule, dans ses mouvements, présente les divers aspects que nous venons de signaler, et qui sont dus à ses cliangegements de position par rapport à l'œil de l'observateur. De ces trois aspects nous déduirons donc que le corpuscule est un disque renflé sur ses bords. Tel est le globule rouge du sang de l'homme et de la plupart des mammifères. Continuons à observer la préparation, nous remarquerons que les globules rouges paraissent s'attirer les uns les autres, viennent s'accoler par leurs faces, formant ainsi des piles semblables à des piles d'écus ;

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