‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 343 sur 534 · ANG · texte numérisé non relu

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nous assistons à ['arrangement en piles des globules. Si nous continuons l'observation, les glo bules, en se desséchant, se déformeront et apparaltronl crénelés sur leurs bords.

Envisagés au point de vue de leurs dimensions, les globules rouges ont, chez l'homme, uniformément une épaisseur de un millième de millimètre ;0'nm,()()18),et un diamètre de Mptmillièinea il" millimètre (0mm,0i)7), c'est-à-dire presque supérieur à celui des plus tins canaux de la circulation ou capilfoires du plus étroit calibre. On conçoit donc que pour cheminer dans leur intérieur, les globules doivent présenter une certaine élasticité, pour pouvoir changer momentanément de forme dans ces canaux étroits qui ne leur présentent pas une place suffisante; c'est au reste ce que l'on constate aisément dans le sang on circulation, sur la membrane interdigiiale des grenouilles.

Fig. 2. — Vaisseau capillaire de la membrane natatoire d'une grenouille, très grossi, montrant le coûtant central des globules routes, et sur les bords quelques globules blancs.

Fixons de nouveau notre préparation microscopique de sang; à côté des globules rouges proprement dits, des hématie*, nous observerons d'autres globules, en petite quantité, également ronges, mais sphériques, ne changeant ni de forme ni de coloration.

B. Globules hl >ncs. — En même temps que les globules colorés, nous remarquerons des corpuscules incolores, de dimension variable, les uns plus petits, les autres beaucoup plus gros que les globules rouges, présentant sous le verre du microscope une forme sphérique qui devient irrégulière lorsque les hématies commencent à se mettre en piles. Si l'on chauffe légèrement la platine du microscope, ces corpuscules changent de forme, non par altération, mais par mouvements propres ; ils s'allongent, rampent et se moulent sur les corps qui se trouvent sur leur passage. Ce sont les globule* blancs, cellules lymphatiques ou leucocytes, les seuls éléments figurés du sang des animaux inférieurs. Chez les vertébrés à sa7ig froid, ces mouvements propres, autrement nommés mouvements amiboides des globules blancs, apparaissent à la température ordinaire. Nous savons déjà que leur nombre est beaucoup moins considérable que celui des globules rouges : on trouve 1 globule blanc pour 300 rouges au moins.

On distingue à leur intérieur, au lieu d'une masse homogène, comme pour l'hématie, un noyau et des granulations brillantes.

C. Granulations libres. — Avec les globules blancs et les globules rouges, nous rencontrerons encore, dans la préparation, des granulations libres, en quantité considérable, que Zimmermann nommait vésicules élémentaires, et qui sont les hématoblastes (formateurs d'hématies) de M. Hayem. Ce dernier auteur fait jouer à ces corpuscules un rôle déterminant dans la coagulation du sang, la formation du réticulum fibrineux qui emprisonne les globules rouges dans le caillot. Ces mêmes vésicules, qui ne seraient autres que les leucocytes de Semmer et de M. Pouchet, devraient être considérées comme l'état jeune des hématies.

Nous avons dit au commencement que les seuls éléments figurés du sang sont les globules et les granulations libres ; cependant, dans la préparation que nous avons sous les yeux, outre ces éléments figurés, au bout de quelques minutes nous voyons apparaître des filaments s'étendaut en divers sens,

et qui ne sont autres que la fibrine dont nous avons déjà parlé on indiquant le moyen do l'extraire du sang par lo battage avec un balai ou une baguette. On est aujourd'hui généralement d'accord pour attribuer la cause de la solidification de la fibrine, la formation du réticulum Bbtinenx, à la déformation des granulations libres ou à un ferment sécrété par elles.

Composition CHUIQUI du sang. — On trouve dans le sang des substances provenant de trois sources différentes.

Cilles qui sont fournies par les aliments, et qui pénètrent dans le sang par deux voies, Us canaux lymphatiques et les canaux veineux;

Celles que lui cèdent les tissus par diffusion;

Celles qui naissent dans le sang lui-même en vertu d'actions ou processus chimiques intrinsèques.

Ajoutons-y l'eau qui constitue la plus grande partie de la masse sanguine ("70 pour 1000, et se trouve répartie entre le cruor et le tiquor.

Parmi les substances qui sont fournies par les aliments, en dehors des sels minéraux (sels de soude, de potasse, de chaux, phosphates, carbonates, fer, etc.), nous rencontrons les matières albuminoides {albumen, blanc d'oeuf), qui portent aussi le nom de matières plastiq* es, parce que ce sont elles surtout qui sont susceptibles de s'organiser et de constituer les parties vivantes de l'économie.

La fibrine, que nous avons vu jouer un rôle si important dans la coagulation du sang, appartient à ce groupe, où on la rencontre normalement non pas à l'état de fibrine proprement dite, mais décomposée en ses éléments constituants, le fibrinogène et le fibrino-plaUiqne, que les progrès de la physiologie, depuis Denis (de Commerry), ont pu nous montrer isolément, bien qu'ils soient confondus et dissous à la faveur de l'alcalinité du plasma dans le sang vivant.

A côté du fibrinogène et du fibrino plastique, nous rencontrerons la caséine du sérum, des pepiones que l'on peut isoler aujourd'hui, et qui ne sont que des matières plastiques ayant subi l'action des sucs digestifs, enfin de Y albumine proprement dite, sans parler de la matière colorante du sang dont nous nous occuperons plus loin.

Après les sels et les substances albuminoides, nous trouvons les matières grasses 'cholestér-ne, sels des acides gras, cérébrine), et une substance intermédiaire aux matières albuminoides et aux matières grasses, la lécithine ou graisse phosphorée et azotée, bien définie actuellement.

N'oublions pas les matières sucrées, découvertes par l'illustre Cl. Bernard, qui établit du même coup le rôle prépondérant que jouent ces matières dans le développement et la vie de l'organisme.

Les substances que les tissus cèdent au sang par diffusion ne semblent pas devoir être considérées comme en étant les matériaux essentiels. Ce sont des corps qui se mêlent au sang, le traversent en quelque sorte, et tendent à s'échapper au dehors.

Tels sont Yurée, qui résulte d'un travail chimique de la nutrition, et doit être considérée comme le dernier terme d'oxydation des matières albuminoides ; Yacide urique et ses sels {acide hippurique chez les herbivores), qui forment la base des engrais utilisés sous le nom de guano.

Toutes ces substances sortent du sang et sont éliminées par les rein*, à l'état de solution, en même temps que d'autres produits excrémentitiels du travail nutritif, comme la créatine, la créatinine, Yi/,osite, etc.

Des gaz même sont contenus en dissolution dans le sang. U acide carbonique et Y oxygène jouent un rôle des plus importants dans le travail

SANG

SANG

physiologique dont cette humeur est un des principaux agents, tandis que l'azote y reste sans emploi.

Xous avons à nous occuper en dernier lieu des substances qui naissent dans le sang lui-même en vertu d'actions ou processus chimiques intrinsèques.

Parmi ces dernières, peut-être pourrons-nous placer le fibrinogène et le fibrino-plastique que nous connaissons déjà.

Mais de toutes ces substances, la plus remarquable sans contredit est cette matière colorante que nous avons signalée dans les globules et dont la fonction physiologique est capitale : nous avons nommé Y hémoglobine.

Un physiologiste nommé Rollett a pu, par l'application d'un froid intense, séparer l'hémoglobine du stroma ou squelette du globule rouge, et a donné à ce stroma le nom de globulme. Ainsi

Fi°r. 3.

La matière colorante du sang de l'homme, cristallisée (hémoglobine).

a, Hémoglobine en rhombes allongés.

b, Hémoglobine en prismes à quatre pans.

isolée et obtenue en dissolution d'un beau rouge,

l'hémoglobine ne tarde pas à laisser déposer des

cristaux -le forme variable selon les espèces animales.

Au point de vue de sa constitution chimique,

l'hémoglobine est une substance albuminoîde qii se distingue par trois propriétés :

Sa proportion de fer (06r.42 p. 100);

Son aptitude à cristalliser;

Sa grande capacité d'oxydation.

En présence des alcalis, l'hémoglobine se dédouble en une substance albuminoîde et en hémâtine (colorée en rouge foncé ou bleu noir), qui entraîne avec elle le fer de l'hémoglobine, dont elle se distingue encore par ses caractères spectroicopiques.

L'hématine elle-même, combinée à l'acide chlorhydrique, donne des cristaux d'hémine, d'un brun noirâtre, faciles à obtenir et ayant pour cela une grande importance en médecine légale pour reconnaître les taches de sang.

Telle qu'on l'obtient au moyen d'agents quelconques, l'hémoglobine retient de l'oxygène, à l'état de faible combinaison, puisqu'il peut lui être enlevé par les agents réducteurs, qui modifient par cela même les caractères optiques de notre milieu intérieur.

C'est à une branche nouvelle de la science, la s/ ectroscopie, que nous devons la connaissance complète des propriétés optiques du sang, et l'influence de différents gaz ou de différents composés chimiques sur ces propriétés que nous allons maintenant étudier.

La spectroscopie du sang repose sur la propriété que possèdent les corps colorés d'absorber certaines parties du spectre *que l'on obtient par la décomposition et la dispersion de la lumière blanche au moyen du prisme. Un corps rouge, par exemple, interposé sur le trajet delà lumière soumise à la dispersion, absorbe tous les rayons colorés sauf les rouges, et c'est précisément pour cela qu'il nous paraît rouge. Lorsque le corps interposé ne présente pas une coloration simple, il arrête seulement quelques-uns des rayons colorés, et, en examinant avec une lunettele spectre reçu sur un écran, on y remarque les bandes obscures, non colorées, que l'on nomme bandes d'ab^ait

Plaçons entre le foyer lumineux et le prisme une solution de sang artériel ou d'hémoglobine oxy enée, et observons le spectre eu appliquant notre œil à l'oculaire du spectroscove : nous ne verrons pas le spectre lumineux ordinaire, mais un spectre présentant deux larges bandes obcures entre les raies D et E de fraunhofer. en même temps qu'une teinte sombre s'étend sur toute la partie droite du spectre à partir du bleu.

Fig. 4. — Spectres du sang artériel et du sang veineux.

A, Raies dites de Fraunholer.

B, Sang artériel oxygéné (deux bandes d'absorption entre les raies D et E de Fraunhofer, c est-a-dire dans i<jaune du spectre).

C San" veineux, sang réduit : raie de réduction près de la raie D de Fraunhofer.

C'est là le spectre du sang oxygéné, de Voxyhémoglobine, du sang artériel.

Dans la solution, faisons pénétrer un corps réducteur quelconque, du sulfhydrate d'ammoniaque, par exemple, ou un courant d'acide carboni- 2e Paiitie.

que; les deux raies obscures se fondent en une seule, dite bonde de réduction de St ,kes, du nom du savant qui l'a découvecte. ,

C'est là le spectre du sang désoxygéne, de 1 Mmoglobine réduite, du sang veineux.

SANG

Dans rotto solution d'hémoglobine ainsi réduite faisons passer un courant d'oxygène, et nous verrons apparaître de nouveau les deux bandes d'absorption de l'oxyhémogloblne.

Chose étonnante, si, comme l'a trouvé Cl. Bernard, on a fait passer dans la solution d'oxyhémoglobine un courant d'oxyde de carbone, gaz asphyxiant qui se dégage des corps en ignition, ce gaz a chassé l'oxygène sans apporter de grands changements aux deux bandes d'absorption que les agents réducteurs ne peuvent plus cependan tait ère r.

Il est facile de comprendre l'intérêt de cette découverte qui permet de reconnaître si un empoisonnement a ou pour cause les vapeurs de charbon ou un autre élément toxique.

Disons enfin que les caractères spectroscopiques du sang sont précieux en raison même de leur fixité, car le spectre du sang ne se confond avec aucun autre et peut être retrouvé avec du sang dessèche, putréfié.

Complétons ce résumé des propriétés et de la composition de l'hémoglobine en ajoutant qu'elle contient encore de Yozone ou oxygène modifié.

Sang artériel. Sang veineux. Gaz du sang. — TVous venons de nommer spectre du sang artériel te spectre de l'hémoglobine oxygénée, et spectre du sang veineux celui de l'hémoglobine réduite. C'est qu'en effet, le sang, au contact des éléments anatomiques, a laissé réduire son hémoglobine, dans l'économie, et ne se montre plus dans les •veines que comme sang noir, en partie désoxygéné.

Comment s'opère cette oxydation, cette réduction de l'hémoglobine ? Quel est son but ?

Considérons de nouveau un instant les éléments anatomiques comme les innombrables citoyens d'une république. Chaque individu, enchaîné à son labeur, remplissant à chaque instant sa fonction, ne peut aller chercher l'oxygène, cet excitant de la vie dont la physiologie générale nous apprend l'absolue nécessité. Aussi existe-t-il toute une classe de citoyens (les globules sanguin*) qui ont pour fonction d'apporter à chaque individu son i>abulum vdse.

L'étude de la circulation enseigne que la totalité du sang, à chaque révolution, traverse les poumons. C'est ici que le globule rouge vient s'approvisionner, c'est ici qu'il vient charger son hémoglobine qui lui sert de véhicule pour l'oxygène qu'il distribuera dans sa marche à travers ces rues étroites et tortueuses qui ont reçu le nom de vaisseaux capillaires. Mais à mesure que ce déchargement s'effectue, le sang prend un nouveau chargement. 11 ne doit pas circuler sans utilité dans les veines, ces boulevards extérieurs de la cité : l'inactivité n'est pas tolérée dans cette république laborieuse. Le sang, en passant des capillaires dans les veines, va se charger d'acide carbonique; ce chargement sera conduit aux poumons, où le sang s'en débarrassera pour prendre une nouvelle quantité d'oxygène.

Telle est la fonction respiratoire du sang, qui s'opère par mutation des gaz à l'intérieur de l'organisme. Le perfectionnement des procédés de dosage et d'extraction des gaz du sang permet aujourd'hui de constatera chaque instant de son parcours, la richesse du sang en oxygène ou en acide carbonique, le rapport de ces deux gaz, et leur répartition entre les globules et le liquor.

On a pu voir ainsi que le sang artériel est plus riche en oxygène que le sang veineux, plus pauvre en acide carbonique ; 100 c. c. de sang artériel contiennent 15 a 20 ce. d'oxygène, 25 à 35 c. c. d'acide carbonique; 100 c. c. de sang veineux contiennent 8 à 12 c. c. d'oxygène,. '38 à \" c. c. d'acide carbonique. Quant à la proportion de l'azote, elle ne change pas, il est inerte. Sous l'influence de conditions étrangères ou propres à l'individu, la richesse en gaz du liquide sanguin peut varier.

C'est ainsi que M. P. Berta montré que la quantité dos i;az du Bang est plus considérable si no augmente la pression barométrique. L'oxj

peut môme devenir un poison mortel, lorsqu tension correspond à 5 ou g atmosphères d'air, lorsqu'il arrive dans le sang aux proportions de 30 à ;!.'> p. L00, el que, l'hémoglobine <-n étant saturée, ce gaz entre en dissolution dans le plasma et dans les tissus.

Si le nombre des respirations s'accroît, l'acide carbonique diminue tandis que la richesse du sang en oxygène augmente.

Lorsque la température do l'animal diminue, les deux gaz diminuent simultanément.

Dans Vasphyxie, la proportion des gaz n'est pas la même, suivant que l'asphyxie est due à une raréfaction de l'air (asplu/xie des aéronautes, mal ilus y a on tag n es), ou au séjour dans un espace clos.

Dans le premier cas, l'acide carbonique diminue dans le sang, tout aussi bien que L'oxygène, mais dans une proportion moindre; la mort arrive par insuffisance d'oxygène.

Dans le second cas, l'oxygène diminue jusqu'à 0, mais la quantité d'acide carbonique augmente et la mort arrive, môme en présence de l'oxygène, au moment où les alcalis du sang, ainsi que l'a démontré M. P. Bert, étant complètement saturés d'acide carbonique, les tissus se saturent à leur tour.

Cl. Bernard a trouvé que l'activité musculaire augmentait la quantité d'acide carbonique dans le sang qui sortait du muscle en contraction. Dans ces conditions, le muscle rend plus d'acide carbonique qu'il n'a reçu d'oxygène au même moment ; le contraire se passe pendant l'état de repos du muscle qui emmagasine alors de l'oxygène pour l'utiliser plus tard.

C'est encore à Cl. Bernard qne nous devons de connaître le mécanisme de la toxicité de l'oxyde de carbone. Ce gaz chasse l'oxygène de ses combinaisons avec l'hémoglobine et le remplace volume pour volume.

Quant à la répartition des gaz que nous venons d'étudier dans les globules et le liquor, on a déjà compris par ce qui précède que tout ou presque tout l'oxygène se trouve combiné à l'hémoglobine des globules.

L'acide carbonique, au contraire, réparti entre les globules et le liquor, est en plus grande quantité combiné aux alcalis faibles de la partie liquide du sang icarbonates, phosphates bibasiques de soude).

Mais l'acide carbonique n'est pas le seul élément important du liquor.

Nous placerons encore au premier rang le sucre, dont la découverte, ainsi que nous l'avons dit, est due à Cl. Bernard qui en a démontré l'origine et l'importance physiologique.

Formé par le foie qui, dans l'organisme adulte, en est comme l'atelier, et atelier tellement actif qu'on le considère comme le foyer principal de la chaleur, il passe dans les artères où il n'est que charrié, pour être utilisé au sein des tissus. On le trouve en moins grande quantité dans les veines, et son importance est telle que sa disparition du sang est un signe fatal.

D'un autre côté, son accumulation ou mieux sa production exagérée donne lieu à une maladie très grave, le diabète ou glycosurie.

En effet, lorsqu'il est produit en trop grande quantité, le sucre passe au rang des substances nuisibles, et, comme les produits excrémentitiels du travail nutritif (urée, acideurique, cholestérine,ctc.) il est éliminé par les reins, émonctoirs naturels.

Nous terminons ici ce court résumé des notions absolument exactes que nous possédions dans l'état actuel de la science.

On remarquera qu'il n'a pas été question jusqu'ici de sang froid et de sang chaud, bien que les auteurs aient rependant voulu tirer de la tempe-

SANG

SANG

rature du sang un caractère distinctif de certaines classes d'animaux.

C'est qu'en effet, au point de vue physiologique, il n'y a aucune différence entre le sang d'une grenouille, par exemple, et celui d'un oiseau. S'il est vrai que le sang de la grenouille puisse être conservé à 0 degré sans perdre ses propriétés physiologiques, il peut aussi acquérir la température du milieu ambiant en été, et devenir sang chaud. Cependant, pour tous les animaux sans exception, il existe certaines limites de calorification du sang qui ne peuvent être dépassées sans que mort s'en suive.

C'est ainsi qu'à 45 degrés centigrades, le sang perd subitement sa propriété de fixer l'oxygène, et l'animal meurt asphyxié.

Quant à la quantité totale du sang, nous avons vu que, pour ce qui regarde le liquor, elle est soumise à des causes multiples de grande variation. Cl. Bernard a même vu, chez l'animal que l'on fait passer de l'état de jeûne prolongé à l'état d'alimentation abondante , cette quantité varier pendant la digestion du simple au double.

A l'état physiologique, un animal a en moyenne une quantité de sang égale au dixième du poids de son corps.

Une autre question importante est encore en litige : Quelle est la vie du globule? où naît-il? que devient-il? On connaît bien son origine chez le fœtus : c'est une origine purement cellulaire, bien étudiée par M. Ranvier. Jusqu'à la moitié de la vie fœtale, le globule du sang d'un mammifère conserve son apparence cellulaire, il est pourvu d'un no'/au. Mais à partir de ce moment, quelle est sa vie? se forme-t-il partout ou existe-t-il des organes ateliers de globules? Le foie, la rate ont été tour h tour considérés comme les destructeurs et comme les formateurs des globules rouges. Les uns pensent que les globules rouges ne sont que des globules blancs, des cellules lympha-

tiques modifiées. Les globules rouges, d'après cette théorie, proviendraient de leucocytes d'ime certaine espèce ; tel est l'avis de M. Pouchet. Pour M. Hayem, les hématoblastes seraient l'état jeune des hématies.

Ceci dit, sans trancher la question, examinons comparativement les caractères du sang dans la série animale.

Au point de vue physiologique, nous remarquerons que, chez certains animaux, la coagulation est plus lente que chez d'autres.

Ainsi, tandis que chez le lapin elle est très prompte, elle est très lente chez le cheval, à tel point que les globules ont le temps d'être entraînés à la partie inférieure, en raison de leur poids spécifique, et le sérum se coagule seul.

Chez les poissons, la fibrine se redissout après la formation du caillot, et le sang redevient liquide. Chez les mollusques acéphales (huître), le sang ne se coagule pas.

Chez les céphalopodes [poulpe), le caillot formé est très peu considérable.

Chez certains crustacés (crabe), le sang se prend en une gelée tremblotante.

Au point de vue chimique, M. P. Bert a découvert que, dans la matière colorante du sang des céphalopodes, le fer était remplacé par le cuivre.

C'est encore M. P. Bert qui nous a appris que l'albumine dans le sang des mollusques existait en des proportions très variables (30 à 5 millièmes du poids total du sang).

La comparaison des corpuscules sanguins au point de vue anatomique est encore bien plus intéressante.

Nous distinguerons les globules rouges des mammifères. Ils sont tous dépourvus de noyaux.

Pour l'immense majorité des animaux de cette classe, ils sont circulaires, et leur dimension n'est pas en rapport avec la taille. S'il est vrai que le

Fig. 5. — Globules sanguins grossis.

a, globules circulaires du sang de l'homme, vus sous différents aspects.

b-, glubules elliptiques du sang de chameau.

c et d, — des oiseaux.

e, — de la grenouille, vus par la tranche.

/, — du protée.

g, — de la salamandre, dont un a déchiré la membrane extérieure.

k, — de la lamproie.

t, — du homard.

I, — de la limace.

k, deux leucocytes ou globules blancs du sang humain.

globule rouge de l'éléphant ait 10 millièmes de millimètre (0m,010), que celui de l'homme aitOm,007, celui du cochon d'Inde Ûm,001 ; celui de la baleine, qui est cependant le plus gros des animaux, a les mêmes dimensions que le globule rouge de l'homme.

Seuls, parmi les mammifères, les caméliens (chameau) ont des globules rouges elliptiques. Le globule rouge du chameau à om, 008 de longueur et 0m,004 de largeur.

En second lieu viennent les globules rouges munis de noyaux; ils sont presque tous ellipti-

ques;ceu\ des lamproies cependantsontcirculaires.

Les globules rouges elliptiques appartiennent aux oiseaux, aux reptiles, aux batraciens, aux poissons.

Les plus volumineux sont ceux du protée, batracien qui vit dans des lacs souterrains.

Ses globules ont 0m,054 de longueur et 0m,035 de largeur.

Chez les invertébrés, nous ne trouvons plus de corpuscules colorés analogues aux globules rouges du sang; ce sont des cellules lymphatiques, douées de mouvements propres, nageant dans un

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