‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 344 sur 534 · SANTÉ · texte numérisé non relu

SANTÉ

SATIHF,

liquide incolore, d'autres fois bleuâtre comme chez les colimaçons, ou devenant rose dans le vide, comme cela se passe pour le sang des crustacés (crabe). Ce liquide est brun chez quelques insectes ; il est rouge chez certains annélides (siponclc), et peut alors communiquer sa couleur aux cellules lymphatiques.

De cette rapide esquisse, qui nous a dévoil.i les analogies et les différences qui existent dans la composition du liquide sanguin chez les animaux, nous pouvons tirer cette conclusion :

Les animaux dont la complexité organique ne permet pas aux éléments anatomiques de se pourvoir dans le milieu extérieur de matériaux de nutrition, doivent nécessairement être pourvus d'un milieu intérieur ou sang, dont les éléments, essentiellement mobiles, irontehercher dans le milieu extérieur naturel (air introduit dans les poumons'ou modifié (produits de la digestion intestinale)les aliments nécessaires il l'entretien de la rie.

Nous ne devons pas croire pour cela à des dif férences profondes dans le fonctionnement vital des éléments cellulaires suivant qu'ils appartiennent à un organisme simple ou à un organisme complexe.

Toujours la vie des éléments anatomiques consiste en une mutation, un échange.

Harmonie dans la fonction, variation dans la manière dont s'accomplit cette fonction, telle est est la loi générale qui régit la vie des cellules.

[D' M. Laffont.J

SANTÉ. — Hygiène, XVI. — La santé est un état de notre corps caractérisé par le fonctionnement régulier et concordant de tous les organes, en harmonie avec le milieu où nous vivons. Cet état constitue un idéal dont nous trouvons peu d'exemples, surtout chez les peuples civilisés ; mais heureusement nous sommes organisés de telle sorte que nous pouvons nous en écarter sensiblement sans que notre existence se trouve compromise.

Entre la santé parfaite et la désorganisation qui produit la mort, on peut établir une série conventionnelle d'états intermédiaires commençant à l'indisposition et finissant à la maladie grave ou mortelle. Le langage usuel est suffisamment précis: par indisposition l'on entend un désordre peu considérable et passager des fonctions; par maladie, un désordre profond et de longue durée. Au point de vue médical, le mot maladie implique, en outre, l'idée de lutte, ou plutôt de réaction des organes contre une cause de désordre ou de destruction

Pour chaque individu la santé est d'ailleurs influencée par le tempérament et la constitution. Le tempérament résulte de la prédominance fonctionnelle de certains organes, qui détruit l'harmonie générale, accapare, pour ainsi dire, la vitalité et localise les impressions. On appelle constitution l'ensemble des organes considérés dans leur développement, leur activité, leurs rapports: c'est, pour ainsi dire, la physionomie de la santé. Lorsque tous les organes sont bien développés, régulièrement actifs, fonctionnent harmonieusement, on est en présence d'une constitution forte, vigoureuse ; dans le cas contraire, elle est faible, délicate, maladive.

Outre le tempérament et la constitution, chacun possède une sorte d'individualité médicale ou idiosyncrasie, c'est-à-dire une disposition particulière qui modifie l'impression produite par les causes de maladie et celle que produisent les remèdes. Découvrir et mettre en action cette individualité médicale constitue pour le médecin une difficulté sérieuse que les personnes non initiées sont incapables de comprendre et d'apprécier; c'est une des raisons pour lesquelles on doit, autant que possible, confier aux seuls médecins le soin de conserver ou de rétablir la santé.

L'homme n'étant ni un simple animal ni un pur esprit, la vie n'est complète, normale, régulière,

qu'autant que le corps et l'esprit, ces d^ux as=ociéa inséparables, agissent pour ainsi dire instinctivement en faveur du bien commun. Le corps ne doit pas, dans les circonstances ordinaires,

s'apercevoir qu'il obéit à l'esprit, et l'esprit, auquel les sens transmettent des impressions, doit les recevoir comme si elles étaient spontai Lorsque cette harmonie de fonctions est complète, le corps accomplit automatiquement toutes les fonctions purement animales et se trouve prêt à DÎT la moindre impulsion volontaire do lime ; tandis que L'âme, presque inconsciente de la vie végétative, perçoit avec une merveilleuse délicatesse les impressions du monde extérieur, I cherche, les varie à son gré, ou bien, s isolant dans le domaine de la pensée, arrive, par moment, à n'avoir plus conscience de l'existence du corps.

Tel est l'homme dans son intégrité native qui constitue l'état idéal de santé. Telles sont les conditions dans lesquelles il doit s'efforcer de demeurer poursuivre sa destination sur la terre, remplir ses devoirs et accomplir la plus grande somme possible de bien.

Quelques-uns, mus par une fausse appréciation de la dignité humaine, croient devoir le prendre de haut avec le corps, traiter celui-ci en infime subalterne. Ils négligent do pourvoir régulièrement à ses besoins, lui imposent des tâches exagérées, et ne tiennent aucun compte des avertissements qu'ils reçoivent sous forme de lassitude, do malaise, de douleurs, de maladie. Evidemment cette manière d'agir est incompatible avec une bonne santé.

La plupart des personnes vouées aux professions libérales négligent les exercices corporels, adoptent une nourriture excitante, retranchent des heures au sommeil, et, contraignant l'intelligence à un travail excessif, diminuent la vitalité des organes, produisent une surexcitation du cerveau et du système nerveux et détériorent irrémédiablement leur santé en même temps qu'elles abrègent leur existence.

D'autre part, ceux qui doivent au travail manuel le pain quotidien, ceux dont la vie s'épuise en une lutte incessante pour subvenir aux besoins les plus pressants, se trouvent forcés de demander au corps une dépense de forces exagérée, prolongée outre mesure. Dans de telles conditions, l'esprit n'est appelé à intervenir que dans la direction plus eu moins mécanique du travail. Cet emploi abusif des forces physiques a pour conséquences fatales l'affaiblissement graduel, l'étio'ement, et livre le corps sans défense à toutes les causes de destruction.

C'est l'hygiène qui nous enseigne les moyens de conserver la santé, source de toutes nos puissances effectives, qui prolonge notre virilité, épargne les infirmités à la vieillesse, et retarde la mort jusqu'au terme qui lui est assigné par les lois de notre nature. [Dr Saffray.]

SATIRE. — Littérature et style, III. — Dans une acception très générale, le mot satire s'applique à « tout discours, à tout écrit qui reprend, qui raille. » (Littré). A l'entendre ainsi, la satire comprendrait à peu près toute la littérature : il n'est guère possible de rencontrer œuvre de vers ou de prose où elle ne soit mêlée, où l'écrivain n'ait eu occasion ou ne se soit principalement proposé de s'élever contre ce qu'il regarde comme mauvais et contre les auteurs de ce qu il regarde comme mauvais. On pourrait même dépasser les limites des littératures et retrouver la satire dans les arts plastiques : c'en est une terrible, par exemple, que le Jugement dernier de Michel- Ange, où les damnés ne sont autres que les ennemis de l'artiste; satires aussi, et très curieuses satires, toutes ces scènes burlesques ou grossières que le moyen âge a sculptées sur le porche

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