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suffit qu'ils les voient et qu'ils les manient. Quel plaisir pour eux de mesurer, de peser les objets et de compter la monnaie ! Ils apprécient bientôt les longueurs à simple vue et les poids à la main, et mi leur fait vérifier leur dire.
Vers la fin des études primaires, les mesures sont définies et expliquées d'une manière suivie, mais sans détails minutieux et techniques. Les écoliers, frappés par la décomposition (opérée sous leurs yeux) du mètre carré et du mètre cube, no se trompent plus sur les rapports des unités carrées et cubiques. Ils font à propos des mesures beaucoup de petits problèmes variés et pratiques.
Dans les écoles normales, le système métrique doit être exposé avec précision et raisonné à fond. Il est bon que les élèves-maîtres connaissent l'histoire sommaire du système, qu'ils lisent la loi de ls37 et ses annexes, et qu'ils consultent un traité de la vérification des poids et mesures.
L'ordre suivi dans le présent article est l'ordre final, et il suppose déjà acquise lentement la connaissance générale des mesures métriques.
[A. Rebière.]
SYSTEME >-EUVErX. — Zoologie, XXXVII. — L'animal, d'après Cuvier, possède, entre autres attributs caractéristiques, la faculté de sentir, et celle de se mouvoir volontairement. Plongé dans le monde des objets extérieurs, il en reçoit, par ses appareils de sensation, des impressions incessantes, et il réagit sur ces objets par ses appareils de mouvement. L'organe commun de ces deux facultés est le système nerve»x ; il se retrouve, complet ou rudimontaire, chez tous les animaux, à l'exception toutefois de quelques classes de zoophytes placées aux derniers éclielons du règne, aux confins du monde végétal.
Ge n'est pas tout : à ces deux catégories de phénomènes, il convient d'en ajouter une troisième, dont le système nerveux est le siège, et l'instrument de manifestation : nous voulons parler des phénomènes intellectuels (perception, pensée, mémoire, instincts, etc.), qui, à des degrés infiniment variables, depuis la pensée humaine jusqu'à l'obscur instinct des êtres inférieurs, sont, au môme titre que la sensibilité et le mouvement, caractéristiques de l'animal.
Nous étudierons d'abord le système nerveux tel qu'il se montre chez l'homme, sous sa forme la plus complexe et la plus parfaite : quelques brèves considérations nous suffiront ensuite à in liquer ses modifications à travers l'échelle animale.
Quand on examine la structure histologique du tissu nerveux, on voit que l'élément fondamental est la cellule nerveuse. C'est un globule irrégulier, petit (quelques centièmes de millimètre de diamètre1, possédant un noyau et probiblement une enveloppe : il est, en général, muni d'un ou de plusieurs prolongements, sortes de fibres déliées, ténues, souvent fort longues, appelées fibres
F'?- 1- — Coupe d'un tube nerveux.
A, gaine de Schwann; C, cylindraxe; D, nivéline.
nerveuses ou tubes. Ces fibres sont constituées par un axe, ou cordon central, très grêle, qui est l'élément essentiel de la fibre, et que l'on nomme
le cylindraxe : il est entouré d'une substance graisseuse, grenue (myéline), laquelle est ellemême protégée par une enveloppe extérieure (gaine de Schwann) : la myéline et la gaine peu- I vent manquer, mais le cylindraxe ne manque jamais.
Ces tubes nerveux s'unissant, s'accolant les uns aux autres, s'entourant d'une enveloppe commune, constituent les filets nerveux ou nerfs, visibles à l'œil nu. C'est ainsi, pour user d'une comparaison, que les câbles sous-marins sont formés de plusieurs conducteurs métalliques pro- ! tégés par une même gaine de gutta-percha. Le tube nerveux'est bien en effet un simple conduc- ( teur, à. travers Iequels voyage, comme nous le verrons, soit l'impression (sensibilité), soit l'incit tation motrice (mouvement). Prenant son origine , dans une cellule nerveuse, il aboutit, soit dans , une cellule voisine, soit dans un appareil spécial ' et terminal 'organes des sens, plaques motrices). Il ne sert qu'à établir la communication entre la cellule et une autre cellule, ou entre, la cellule et un organe de sensibilité ou de mouvement. Piepiésentons-nous, pour continuer la comparaison précédente, la cellule comme une sorte de bureau télégraphique, bureau d'arrivée ou d'envoi, et le tube nerveux comme le fil qui relie la station aux stations voisines ou éloignées. De là cette conclusion capitale : la cellule est le véritable organe nerveux, le seul actif; la fibre nerveuse n'a qu'un rôle tout passif de conductibilité.
Telle est, brièvement résumée, la composition intime du système nerveux. Examinons-en la disposition anatomique.
Envisagé dans son ensemble, le système nerveux apparaît composé de deux parties : l'une centrale, occupant l'axe du corps, logée dans ce long canal osseux que forment, en s'ajoutant les unes aux autres, les cavités vertébrales et la boîte crânienne : c'est Yaxe cérébro-spinal: l'autre partie, périphérique, les nerfs, filets nerveux qui se détachent de cet axe tout le long de son trajet, et vont porter partout la sensibilité et le mouvement. Examinons ces deux parties l'une après l'autre.
LVf.re cérébro-spinal (encore appelé centres nerveux) comprend la moelle, logée dans les vertèbres, et Y encéphale (cerveau et cervelet), enfermé dans le crâne : il est constitué par des cellules et des tubes nerveux, mais ces deux éléments sont répartis de manière à donner lieu à deux substances parfaitement diverses de structure et d'attributions : l'une, la substance grise, formée surtout de cellules, l'autre, la substance blanche, de beaucoup la plus abondante, et ne possédant que des tubes. De ces deux substances, la grise, seule active, préside à la sensibilité, au mouvement, à l'intelligence; la blanche, en raison même de sa structure, ne joue qu'un rôle passif. Dans la moelle, c'est la substance blanche qui entoure et recouvre la seconde : dans l'encéphale, c'est, au contraire, la substance grise qui occupe la surface, à l'exception de certains points centraux, disposés sous forme d'îlots gris, sur lesquels nous reviendrons.
Le cerveau est la portion antérieure et supérieure de l'encéphale, et il occupe toute la partie supérieure du crâne, de l'occiput au front. Une scissure profonde le divise en deux moitiés distinctes, généralement symétriques, appelées hémisphères cérébraux, complètement séparées l'une de l'autre, sauf en leur milieu, où elles sont réunies par une sorte de large lame de substance blanche {corps calleux). La surface du cerveau, composée de substance grise, n'est pas lisse, mais creusée de sillons , hérissée de saillies cylindroïdes, llexueuses, les circonvolutions, qui semblent avoir pour objet de multiplier la surface grise, active,
SYSTÈME NERVEUX
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du cerveau, et dont le nombre est, par auite, proportionnel a l'intelligence de l'animal, Nullea (liez 1rs poissons, lea reptilea, bs oiaeaux, rudlmentairea chez beaucoup de mammifères, veloppant et B'accuaant à mesure qu'on remonte l'échelle et qu'on approche do l'homme, mieui iéea chei l'éléphant <'t le ainge, ellei atteignent leur plus haut point <ie complexité chez l'homme adulte. Enfin chacun des deux hémisphères Rat divisé, par deux sillons creusés sur sa l'ace inférieure, en trois lobes, antérieur, moyen, et postérieur.
Le cerveau n'est pas isolé, il se continue avec la moelle et le cervelet. 11 tient h la moelle par doux gros faisceaux de substance blanche (les pédoncutes cérébraux), qui s'épanouissent, pour ainsi dire, dans chaque hémisphère, comme lea tigi S d'une gerbe mal lice, divergent de mus . et constituent la masse môme de ces hémisphères et la lame blanche qui les unit. Itaifl le trait fondamental de la structure intérieure du cerveau eat l'existence d'une grande cavité centrale, divisée par des cloisons en trois cavités plus petites (ventricules cérébraux); ces cavités communiquent entre elles, et communiquent avec une cavité analogue creusée dans le cervelet, et avec un canal long et délié qui traverse toute la moelle de haut en bas. Tout le système nerveux central est donc percé d'une cavité unique, étroite dans la moelle, s'élargissant dans l'encéphale.
Le cervelet, placé en arrière et au-dessous du cerveau, n'ayant guère que le tiers du volumde cet organe, est lui aussi divisé en deux hé»iisphère* par une profonde rainure verticale. Sa surface, formée de substance grise, présente des sillons circulaires, parallèles, et fort nombreux (lomme le cerveau, il est formé d'une masse blan che centrale, qui l'unit d'une façon remarquable au cerveau et à la moelle : chaque moitié du cervelet envoie en effet trois prolongements di vergeants; les deux premiers, pédoncules cérébei teux supérieurs, se portent vers le centre des hémisphères cérébraux; les deux derniers des cendent obliquement vers la moelle (pédonculecérébelleux inférieurs). Enfin les deux moyens s'unissent l'un à l'autre, formant ainsi une sorti de bague blanche (protubérance annulaire) qui embrasse la moelle et s'unit à elle.
Nous venons de décrire sommairement Yence phate. Nous allons faire de même pour la moelle.
Etendue, comme une longue colonne, du cerveau à la première vertèbre lombaire, la moellt a la forme d'un cylindre légèrement aplati, divisé en deux moitiés symétriques par deux sillon? verticaux, l'un antérieur, l'autre postérieur. Un long canal est creusé au centre de cette colonnenerveuse, communicant avec les cavités encéphaliques. Un sillon vertical peu profond est situe de chaque côté du grand sillon postérieur, subdivisant ainsi chacune des moitiés de la moelle en deux colonnes plus petites, ou cordons, cordon antérieur, cordon postérieur. Disons tout de suite, quitte à. y revenir, que les nerfs naissent de la moelle par deux racines, l'une antérieure, motrice, qui s'enfonce au milieu du cordon antérieur, l'autre postérieure, sensitive, qui pénètre dans le sillon latéral, au point de séparation des deux cordons.
La moelle, à l'inverse de l'encéphale, est formée de substance blanche à la surface, de sub- >tance grise au centre. Cette dernière forme, du haut en bas de la moelle, une longue colonne bizarrement cannelée, dont la coupe horizontale représenterait à peu près les deux moitiés d'un X reliées par une barre. Les quatre sommets de l'X se nomment les cornes de la moelle.
L'extrémité supérieure de la moelle s'engage, ainsi que nous l'avons vu, sous la bague blanche
dont l'entoure le cervelet. Au voisinage de es point elle se renfle : lea deux cordona antérieure forment chacun deux masses glol {■pyramides antérieures et otn , . lea deui dons postérieurs portent sussi chacun un ri ment semblable / yramidt quatre renflements, composés, ne l'oubliona de substance blanche, vont former la n blanche de l'encéphale. En effet, les fibres des pyramides postérieures ae rendent au lea libres des (piatrc renflomenta antérieure s'engagent sous l'anneau de la protubérant-, qu'elles runtribuent à former, continuent leur trajet, forment lea pédoncules cérébraux, et vont b'epanouir dan-, h-s hémisphères du cerveau.
Mais la particularité la plus frappante de la disposition de ces parties, celle qui est la plus féconde en conséquences de tout ordre, est ce qu'on nomme V entrecroisement des j yramides antérieures : une partie, en effet, des flbrea qui les constituent s'entrecroisent sur la ligne diane, formant une sorte de natte, les droites alhnt à. gauche et les gauches à droite. De là cette conséquence : le cerveau est relié à la moelle, par elle aux nerfs, par les nerfs au corps, de telle, sorte que la moitié droite du corps cur-
Fig. 2. — Schéma des contres nerveux.
A, circonvolutions cérébrales ; B, B, couches optiques, corps strié; F, substance blanche du cerveau; d, protubérance annulaire ; f, circonvolutions du cervelet ; I>, colonne grise centrale de la moelle ; b, racines antérieures motrices des nerfs iachidiens;c, leurs racines postérieures munies de leurs ganglions ; a, nerfs crâniens
respondra à l'hémisphère gauche du cerveau, et réciproquement. Il faut toutefois excepter de cette