‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 413 sur 534 · II. Tige tft fcf Hagoi Molli, iste allemand qui le premier a · texte numérisé non relu

II. Tige tft fcf Hagoi Molli, iste allemand qui le premier a

étudié l'anatomio comparée d< muco-

tylédonées, a pris comme type de la stru

anatomique de ces plantes celle de la ti. palmiers. Cette structure peut se résumer i

Au sein d'une masse volumineuse de tissu médullaire circulent des faisceaux qui, partant feuille, s avant ent en di • • nd mt jnsque i centre de la titre, puis qui s'infléchissent vers la périphérie de la tige OÙ ils vont bientôt se perdre

sur la face extérieure d'autres faisceaux en tout

semblables à eux, mais qui se rendent feuilles plus anciennes et par conséqai plus bas que la feuille à laquelle eux-mém rendent : chemin faisant, la structure de chacun des faisceaux dont ni ; p peut

présenter de not ■ lions, surtout au point

de vue du développement numérique de leurs éléments ligneux el libériens caractériw s. Dans la région moyenne de sa course, c ceau de la tige du palmier présente de l'intérieur de la tize s l 'extérieur ;

1° Des trachées ;

'1° Des éléments ligneux primaires dont plum- urs sont à létat de grands vaisseaux rayés ;

3° l'ne zone cambiale; la dorée d'activité de cette zone cambiale est extrêmement faible en

1. et cette particularité a valu aux fais i - Monocotylédonées, qui ne présentent guère d'accroissem,,,t secondaire sensible, le nom de faisceaux fermés;

i° l'ne assise libérienne composée essentiellement de cellules grillagées très simples, que Hugo von Molil désignait sous le nom de vaisseaux propres. Plusieurs auteurs ont souvent rattaché aux faisceaux des tiges monocotylédonées une gaine formée d'éléments fibreux à parois épaissies, que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de fibres mécaniques, et qui servent à protéger le faisceau contre les pressions extérieures qui peuvent l'atteindre, surtout en régularisant et en amoindrissant ces pressions. Parfois ces éléments mécaniques ont été assimiles aux véritables fibres libériennes ; elles peuvent du reste entièrement remplacer ces dernières, et c'est ainsi que le jute ou lin de la Nouvelle-Hollande est produit par les fibres mécaniques des faisceaux du Pttormium tenax.

Lorsque les faisceaux d'une tige de palmier tout sur le point d'entrer dans la feuille à laquelle ils se rendent, leur gaine mécanique est généralement peu caractérisée; en revanche leurs éléments ligneux et libériens primaires sont extrêmement développés. Vers la terminaison inférieure des faisceaux de la tige, la gaine mécanique de chaque faisceau devient très puissante, alors que les éléments ligneux et libériens de ces faisceaux sont extrêmement réduits comme nombre et comme intensité de développement, si tant est que l'on puisse désigner sous ce nom la caractérisation plus ou moins grande des trachées et des cellules grillagées qui sont, la première le type des éléments ligneux primaires, la seconde le type des éléments libériens primaires.

Pour expliquer cette organisation particulière de la tige des palmiers, Hugo von Mohl admettait qu'au début, l'organisation de la tige des Monocotylédones était en tout semblable k celle de la tige des Dicotylédones ; mais tandis que la zone génératrice était pour ainsi dire absorbée dans la production des faisceaux primaires de la tige des Dicotylédonées, cette zone génératrice persistante fournissait aux Monocotylédonées de nouveaux faisceaux qui se rendaient dans les appendices

TIGE

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au fur et a mesure de leur apparition. Ce mode de développement, qui ne persiste que pendant un temps très court chez la grande majorité des palmiers, aurait une durée pour ainsi dire indéfinie chez les Draceena, les Yucca, les Calodrucon, monocotylédonées dont la tige peut croître en épaisseur et atteindre parfois une taille gigantesque, comme celle du célèbre Drago?mier d'Orotava dont il a été question à l'article MonucotyLédonées.

Dans un grand nombre de tiges souterraines des Monocotylédonées, M. de Bary a cru reconnaître une organisation sensiblement différente de celle que Hugo von Mohl avait trouvée pour les palmiers et que, par une généralisation trop hâtive, ce savant regardait comme caractéristique de toutes les Monocotylédonées. M. de Bary a remarque que les tiges souterraines de bon nombre de Monocotylédonées présentent deux ordres de faisceaux. Les uns, qu'il appelle collatéraux, présentent la constitution ordinaire des faisceaux que nous avons signalée dans les tiges aériennes des palmiers. Ca nom leur vient de ce que leurs masses ligneuse et libérienne sont placées l'une derrière 1 autre, sans mélange d'éléments, sur un rayon qui va du centre de la tige au centre de la ligure du faisceau. Le bois de ces faisceaux est toujours plus près du centre de la tige que leur liber. Ces faisceaux collatéraux se rendent tous dans les feuilles.

Outre les faisceaux collatéraux, on remarque dans La tige d'autres faisceaux que l'on nomme concentriques, parce qu'ils consistent essentiellement en une couronne d'éléments ligneux qui entoure une masse centrale d'éléments libériens.

Très souvent les faisceaux collatéraux viennent se fondre dans ces faisceaux concentriques, et ces derniers s'unissent fréquemment à des faisceaux de même nature qu'eux. Très généralement dans les rhizomes de monocotylédonées on trouve la structure que nous venons de décrire. Toutefois par dégradation, sous l'influence du parasitisme ou de la vie aquatique, cette structure générale peut être très fortement simplifiée. On voit alors se reproduire des formes comme celles que nous avons signalées dans les Hottunia aquatiques, les Adoxa, les Ccratopliyllum, parmi les Dicotylédonées.

M. de Bary a rangé les Potamogeions et les Zostèves dans une catégorie spéciale de tiges monocotylédonées, qui seraient anormales en ce sens que le système de leurs faisceaux forme une colonne centrale pleine, dont les éléments ligneux sont gélifiés peu de temps après leur apparition. Au niveau de chaque nœud, on voit partir un certain nombre de faisceaux qui se rendent dans les feuilles de ce nœud ; il n'y a par conséquent là rien de comparable au parcours et à l'organisation des faisceaux que nous avons décrits dans la tige ordinaire des palmiers.

Dans un grand nombre de Lemna, plantes aquatiques flottantes, le système des faisceaux de la tige ne se différencie ni en bois, ni en liber. Les faisceaux de ces tiges de Lemna peuvent être regardés comme la limite extrême de la dégradation de la structure des tiges des Monocotylédonées.

M. de Bary range dans cette catégorie à part les tiges ou chaumes des Graminées et des Cypéracées, qui présentent dans leurs régions nodales des lacis de faisceaux bien caractérisés.

III. Tiye ttes Cryptogames vasculaires. — A l'époque où Hugo von Mohl exposa la structure de la tige telle que nous venons de la faire connaître, une étude sommaire de cette partie chez les Cryptogames vasculaires y fit reconnaître divers types dont nous devons dire un mot.

Dans les Lycopodiacces, la tige présente un seul

faisceau fibro-vasculaire composé d'une bande centrale d'éléments ligneux entourée de toutes parts par des éléments libériens. Ce dispositif est réalisé dans la plupart des Sélaginelles ; chez quelques autres Sélaginelles, de plus grande taille que les précédentes, on trouve plusieurs faisceaux parallèles entre eux, dont l'organisation rappelle celle du faisceau unique que nous avons signalé plus haut. Ces divers faisceaux sont isolés les uns des autres au sein d'une masse de tissu médullaire. La surface de ces tiges est presque exclusivement formée de tissu mécanique. Dans les Lycopodes, il semble que nous ayons au centre de la tige, réunis en une seule masse, un certain nombre de faisceaux de Sélaginelles; tel est du moins le cas des Lycopodes rampants. Dans les Lycopodes dressés, nous trouvons plutôt un massif fibro-vasculaire central, composé de bandes rayonnant de la périphérie vers le centre du faisceau ; les éléments les plus extérieurs de ces bandes consistent en très petites trachées, et les éléments les plus internes en vaisseaux scalariformes. Dans le tissu fondamental qui entoure le système fibro-vasculaire des Lycopodes dressés ou arborescents, on remarque parfois des racines adventives à faisceaux courbés, qui sont absolument caractéristiques de ces plantes.

Les Tmésiptéridées et les Psilotum ont une tige qui rappelle un peu, mais de bien loin, celle des Lycopodes dressés.

Dans les lsoétées, le système fibro-vasculaire dos tiges précédentes est représenté par une masse de trachées courtes bilobées. Cette masse de trachées est entourée de toutes parts par une assise libérienne formée, elle aussi, d'éléments parenchymateux très courts. Le tissu médullaire qui entoure ce système présente vers sa région extérieure une puissante assise amylifère qui est séparée de la surface libre de cette tige par une assise épaisse de liège qui provoque de très bonne heure la décortication des parties superficielles de cotte tige. Seule parmi les Lycopodiacées, la tige des lsoétées est transformée en un tubercule court dont la surface extérieure se dépouille de très bonne heure de son revêtement primitif.

Dans les Marsiléacées, la tige adulte présente à son centre un massif de cellules à parois fortement épaissies, sclérihées. Autour, une première couche de liber ; puis, plus extérieurement, une couronne d'éléments ligneux dans laquelle les éléments ligneux et libériens sont mêlés comme au hasard ; plus extérieurement encore, nous trouvons une seconde couche libérienne qui sépare le bois d'une assise de cellules, à section rectangulaire, à parois fortement épaissies et fortement sclérifiées. Les tissus superficiels de cette tige sont composés de cellules à parois minces.

Dans les Salviniées, qui sont des plantes aquatiques très grêles, le grand développement du système fibro-vasculaire des Marsiléacées subit de très grandes réductions. Il ne reste plus au centre de la lige qu'un mélange de quelques trachées très fines et de cellules grillagées. Le tissu fondamental qui enveloppe ce système de faisceaux est creusé de grandes lacunes qui servent à la plante d'organes natatoires.

Dans les Fougères, on trouve un certain nombre de massifs fibro-vasculaires, composés essentiellement d'éléments ligneux qui forment le centre de chacun d'eux, et d'une assise libérienne enveloppant de toutes parts la masse ligneuse. Presque tous les massifs fibro-vasculaires sont protégés par une gaine mécanique ou par un étui formé de fibres mécaniques à parois très fortement épaissies. Le reste du tissu des tiges de Fougères consiste en une sorte de masse de tissu médullaire gorgé d'amidon. Les faisceaux

Tir, r.

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fies Fougères contractent entra rai de très nom- . de telle sorte que leur rendue extrêmement iiiiié-ile par leur marche sinueuse. Même cliei I I

:entes, les raiaceaui de la t plantes

mblent prendra aucun accroissement secoudaire.

/ etum, la tige présente une orgSv

nisation très spéciale. Dans l 'intervalle de deux rettes, on trouve an ci ntra de la tige nue lacune (lacune centrale) entourée par une masse do tissu médullaire, à la périphérie de laquelle on remarque un certain nombre de faisceaux. Chaque faisceau présente i sa partie intime une lacune que l'on appelle lacune essentielle. Extérieurement cette lacune, est bordé.' par une masse libi rienne interposée entre deux massifs ligneux formés exclusivement de trachées el de aux annelés. Extérieurement au massif central dont nous venons de donner la description, on trouve un tissu fondamental creusé (I des lacunes que l'on qualifie de valléct

qu'elles correspondent aux valléculcs qui séparent les côtes saillantes de la surface de la tige de ces végétaux. Chacune de ces cotes est renforcée par une masse de tissu collcnchymatcux, à parois brillantes. Les espaces sous-épidermiques laissés libres entre les massif- rollenchymateux, c'est-à-dire dans les régions des Vallécules, sont tapissés de parenchyme herbacé.

Cette description sommaire des principales tiges «les Cryptogames vasculaires montre la très grande variété de types de structure que l'on est exposé à rencontrer dans la tige de ces végétaux.

Outre cette variété de stiucture, les t:ges des Cryptogames vasculaires sont cars n-leur

ùe ramification, qui, à l'état normal, est presque toujours dichotomique et extra-axillaire.

IV. Tige des Cryptogames cellulaires. — Les Mousses et leurs congénères immédiats, les Sphaignes et les Hépatiques, sont les seules plantes parmi les Cryptogames cellulaires dans lesquelles on puisse trouver un organe qui soit comparable à la tige.

Dans la tige des Mousses les plus élevées en organisation et les plus compliquées, on trouve au centre un faisceau ou plutôt un massif d'éléments à parois minces, que l'on regarde comme étant l'homologue des faisceaux des tiges que nous avons vues précédemment. Quant au tissu extérieur qui enveloppe ce faisceau.il rappelle tout à fait ce que nous avons déjà rencontré chez les Sélaginelles et les Lycopodes.

On applique encore parfois le nom de tige à une sotte de colonne centrale que l'on constate chez les C/wi-a, chez quelques Floridées, chez les Corallines. Ces soi-disant tiges sont composées de grandes cellules très larges et très longues que l'on appelle souvent des siphons. Il n'y a rien dans l'organisation de ces dernières tiges qui puisse rappeler, même de très loin, les faisceaux pourtant si dégradés dont nous avons signalé l'existence chez les Muscinées.

Nouvelle théorie de la tige. — Il y a quelques années, une nouvelle théorie de la tige a été proposée, et jusqu'ici cette théorie a rendu compte de tous les faits connus. Elle est due à l'auteur du présent article ; comme elle est appelée à jouer un rôle très important dans l'anatomie végétale, nous croyons devoir la résumer brièvement comme il suit.

L'auteur de cette théorie suppose connu l'ensemble des règles de développement des faisceaux (V. Tissus végétaux) . Il délinit la tige :

I ii axe dont les faisceaux primaires sont monocentres; le centre de développement de chacun des faisceaux de la tige est compris entre le cen-

tre de llirure «!,• , |e rentre du |kltC6t«,

la drnite (|in Jo I i

de symétrie îles appendices primaires de la tige

. à l'origine au moins, par l'axe de cette

l >nime ci-dessus, la i • que

chei les Phanéroj

Lorsque la tige le BOUS I Influi

la vie aquatique, on de la \ie humicole, ou

uterraine, les différents faisceaux de- la se rapprochent de l'axe il" cette U§G même se rapprochent le^ uns des aune. généralement, en même temps que ces faisceau

se rapprochent, Ils diminuent connue nom comme qusntité de leurs éléments ligneux et ii-

bi riens. Ce rapprochement mx d'une

tige de son axe de Qgure rend compte de la structure des tiges d'Hottouia, û'Hippuris, de phyllum, de Callilriehe, à I I us ces der-

planti s, le rapprochement des faisceaux do l'axe de la tige est poussé tellement loin que les centres de développement des divers faisceaux viennent presque coïncider aveu le centre de ligure de la tige.

Très fréquemment, la vie aquatique entraînant la géliflcation des éléments ligneux, ceux-ci sont remplacés par des lacunes; il semble alors que le système des faisceaux de la tige se réduire à une masse libérienne criblée de lacunes dans les on trouve accidentellement eucljues débris de tracln

Cette nouvelle disposition nous permet de nous rendre compte des tiges de Potamogétons, de Zostères, de Ceraiùjj/i>jilu»i, d'Helodea, de Najas.

Dans les Lemna, aucune différenciation en éléments ligneux et libériens ne vient frapper le système des laisceaux de la tige, qui reste toute sa vie à l'état procambial. La structure de la tige des Lemna est la pli, s dégradée que l'on connaisse parmi les Pi anérogames actuels.

La tige normale des Phanérogames se montre complètement développée chez les Teconi'i, les Solauces, les Bryones, les Sigilla'ia et les Poroxylons. Ce mode de développement est caractérisé par une formation abondante d'éléments ligneux et libériens secondaires aussi bien vers l'extérieur que vers l'intérieur de la tige. Une simplification de cette manière d'être s'observe lorsqu'il y a suppression presque complète du développement secondaire intérieur des faisceaux primaires de la tige ; comme cela s'ob-erve dans les faisceaux presque toujours grêles des tiges de Monocotylédonées et dans les faisceaux à développement secondaire exclusivement extérieur de la très grande majorité des liges de Phanérogames arborescentes, lorsque leurs faisceaux sont peu nombreux.

La structure de toutes les Lianes : Gnétacées, Cycadées, Ménispermées, Légumineuses, Sapindacées, Nyctagénées, et Monocotylédonées à tiges croissant en diamètre, est expliquée par la production d'une masse extérieure de tissu fondamental secondaire dans laquelle se développe un plus ou moins grand nombre de faisceaux secondaires, c'est-à-dire composés exclusivement d'une zone cambiale produisant du bois secondaire et du liber secondaire.

Les tiges comme celles des Bégonia et des Aralia, qui sont caractérisées par l'existence de faisceaux médullaires à bois primaire extérieur et à liber plus près du centre, sont expliquées parce que ces faisceaux médullaires n'appartiennent pas à la tige où on les rencontre ; ce ne sont que des prolongements des faisceaux des bourgeons axillaires de la tige qui viennent s'insérer sur la face interne des faisceaux de cette tige, obéissant ainsi à la règle des anastomoses entre faisceaux d'âges différents. Ces faisceaux mcdul-

TIGE

TIGE

laires se présentent dès lors avec leur orientation d'insertion, et cette remarque suffit à expliquer toutes les orientations et toutes les réductions qu'ils peuvent présenter.

Dans les Calycanthées, les Légumineuses à fouilles fortement stipulées, les faisceaux extérieurs qui se présentent avec une orientation identique à celle des faisceaux médullaires des Bégonia et des Aralia ne sont que des faisceaux stipulaires.

Dans ce mode d'exposition de la structure de la tige, on remarquera combien peu, au point de vue général, on attache d'importance aux productions secondaires des diftérents faisceaux, et en outre que l'on n'établit aucune différence entre la structure de la tige des Dicotylédonées et celle de la tige des Monocotylédonées.

En ce qui concerne le parcours des faisceaux dans les tiges, cette question n'a été étudiée que pour le cas très simple où tous les faisceaux d'une tige se rendent dans ses appendices, et où chaque appendice ne reçoit qu'un seul faisceau. Deux cas peuvent se présenter : ou bien tous les faisceaux jouent le même rôle au môme niveau (disposition verticillée), ou bien les appendices jouent le môme rôle, mais à des niveaux différents (disposition spiralée). Lorsque tous les faisceaux d'une tige jouent le môme rôle au môme niveau, si leurs rapports avec les faisceaux voisins à droite et à gauche sont les mômes, nous avons la véritable disposition verticillée; le nombre des faisceaux est alors de 2, 3, 5, 8, 1-1, 21, etc., et chaque faisceau résulte de la fusion de deux brandies de môme âge issues lune et l'autre des lianes droit et gauche de deux faisceaux placés plus bas que celui que nous considérons •et à égale distance de lui.

Dans la disposition des faisceaux que nous avons qualifiée île spiralée, le nombre des faisceaux existants qui sortent dans les appendices, situés entre deux appendices pris sur une même ortltostiquc, est 2, :?, 5, 8, 13.. ..F. <;es différents faisceaux sont reliés entre eux et forment des sortes de lignes spirales qui s'enroulent autour de la tige. Les nombres de ces lignes spirales, qui correspondent aux nombres de faisceaux cités plus haut, sont 1, 2, 3,5, 8, 13.... S. Nous appellerons cycle le rapport de l'excès du nombre des faisrcaux sur le nombre des spires, au nombre total des faisceaux. En désignant par F le nombre des faisceaux et par S le nombre des spires correspondantes, le cycle, défini comme il vient d'être dit,

a pour expression générale — ^ — . D'où les cycles

que l'on obtient en formant la série successive des

cycles sont : f, §, f, f, £, £.... F~S. Si l'on

pratique une section transversale d'une semblable tige, lorsque son enroulement est dextre (c'est-àdire lorsqu'il a lieu vers la droite d'un observateur situé au centre de la tige), on a remarqué que le faisceau situé à la droite d'un faisceau pris pour origine a comme numéro 1 -f- S, le faisceau origine

portant le numéro 1, et le cycle étant — - — .Le

nme faisceau à droite de l'origine a comme numéro 1 -f- (ra — 1) S — &F, 6 étant un nombre entier et ôF étant le plus grand multiple de F qu'on puisse retrancher de 1 -f- (ra — 1) S. Ce numéro indique, pour le faisceau qui le porte, que ce faisceau sortira dans l'appendice ayant le même numéro, le faisceau 1 sortant dans le premier appendice que l'on rencontre en s'élevant le long de l'axe de la tige.

On remarque en formant le tableau des différents cycl»" que nous avons énumérés ci-dessus, que, pour \ine même plante supposée dextre, selon

que son cycle aura telle ou telle valeur, la spire génératrice qui passe par l'insertion de toutes ses feuilles semble s'enrouler tantôt vers la droite et tantôt vers la gauche, de telle sorte que l'apparence extérieure de l'enroulement do la spire génératrice, d'une tige ne permet pas toujours de juger de l'enroulement véritable des faisceaux de celle-ci.

Un faisceau quelconque d'une tige spiralée possède toujours une marche en zig-zag qui est

régie par la loi suivante. Si — - — représente le

r cycle de la tige que nous étudions, le faisceau x de cette tige supposée dextre qui sort dans l'appendice x naît sur le flanc droit du faisceau qui a pour numéro x — S, et sitôt né, il se dirige vers la droite jusqu'à ce qu'il rencontre le flanc gauche du faisceau qui a pour numéro x — (F — S). Alors ce môme faisceau x revient vers la gauche, puis au bout d'un certain temps retourne vers la droite, et les ondulations de cette course en zig-zag, si différente de la course verticale que l'on supposait naguère aux faisceaux, se répètent un certain nombre de fois. A chaque changement de direction, ce faisceau x rencontre un autre faisceau ; et pour déterminer à l'avance le numéro de chacun des faisceaux que peut toucher le faisceau x dans sa course sinueuse, il suffit de retrancher F — S de S, puis d'ôter de x l'excès de F — S sur le reste que l'on vient de calculer; c'est-n-dire que l'on retranchera chaque fois de x la différence des deux derniers restes obtenus.

Les règles que nous venons d'exposer fournissent d'un seul coup tous les renseignements désirables sur l'anatomie de la tige. On remarque comme conclusion de cette étude que les plantes spiralées sont dextres ou sénestres; elles sont dextres quand leurs faisceaux, sitôt nés, se dirigent vers la droite; elles sont sénestres dans le cas contraire.

Les plantes dextres et les plantes sénestres peuvent se montrer avec une apparence extérieure indifféremment dextre ou sénestre. Les limites de torsion vers la gauche pour chacune d'elles sont 1378ôf et 120"; 137051' étant un maximum et [20° un minimum. Les limites de torsion vers la droite sont 144°, qui est un maximum, et I37°51', qui est un minimum. De la symétrie des plantes dextres et sénestres, surtout dans leurs limites de torsion vers la droite ou vers la gauche, nous arrivons à. cette conclusion que la cause déterminante de ces deux sortes de tige, c'est le mouvement de rotation de la terre autour de son axe; car la lumière seule peut provoquer la torsion des plantes en ralentissant l'accroissement sur la lace de la tige qui est la plus éclairée. Si, en effet, on se reporte à une époque géologique ancienne, on voit que toutes les plantes phanérogames sont verticillées (Sigillaires, Calamodendrons, Cordaïtes).

Dans ce qui précède, cette nouvelle théorie de la tige s'est exclusivement occupée de la structure des Phanérogames. Pour rendre compte de la structure des Cryptogames vasculaires, nous remarquons que l'organe qui représente la tige chez ces végétaux doit être défini : Un axe dont les faioceaux primaires sont tous bicentres. Les centres de développement, de chacun de ces faisceaux sont symétriquement disposés de part et d'autre de la droite qui joint leur centre de figure au centre de figure de l'organe. Enfin la ramification de ces sortes de tiges est exogène, et extraaxillaire. Les différences que contient cette définition, comparée à la définition de la tige dès Phanérogames, sont telles que l'auteur a cru devoir renoncer à l'emploi du mot tige pour désigner ces organes, si différents à tous égards des tiges ordinaires des Phanérogames ; il a choisi le nom de stipes pour les désigner, et a assigné aux stipes

TIGE

h définition cl-di I P< ■ fit

,. , existent chei loua lea < ryptogamea vasculaires; Lia n'existent qn

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i" |i. • ii «» les Psilotum et les 2 a itipe

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de là, i ispecl de raiet par le

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2* Les S bhIi qu'an

seul raisceau bicentre dans leur stipe ; m

au bicentre peut se diviser, comme dans impliquer de productions secondaires spéciales dues a l'infl de co que l'on appelle les / iorfe racines de c gétaux, comme dans la S< laginella arbt lionnellement certaines S.él - immelaSe-

laginella Lyallii, présentent dans leur partie aérienne des fondations de Btipes semblables a ceux de \&Selaginelladenticulata, et dans leur partie souterraine des fasciations de stipes comparables à ceux de la Sel* gint la at

3° Dans la nature . 9 Lycopodes sont

uls êtres chez lesquels le Btipe plusieurs faisceaux bicentres, ces divers fai aicnl même centre de figure. lequi l centre de figure commun coïncide nécessairement avec le centre de figure du stipe. Le stipe de nos ' podes actuels, quel que soit son degré de complication apparent, ne possède que deux fait

4° Dans les Sphénophyllées, dont les Sal sont les seuls représentants dans la nature actuelle, représentants du reste absolument dégradés, le stipe : icore plusieurs faisceaux bicen-

tres, dont les centres de figure ne coïncident plus cette fois avec le contre de figure du stipe, mais sont au contraire symétriquement disposés autour de lui. Dans les Saiv inia et les Sphenophyllum-, le stipe ne présente que trois faisceaux. Dans les Ophioglosses, le stipe ne présente que deux de ces faisceaux. Dans les Marsiléacées proprement dite*, le stipe possède quatre faisceaux.

i" Les stipes des Fougères et des Equisétacées sont des fasciations de stipes dont chacun possède plusieurs faisceaux bicentres. — Les lecteurs qui désireraient avoir plus de détails sur ce sujet trouveront toutes ces théories exposées in extenso dans les « Archives botaniques du nord de la France ».

Physiologie de la tige. — D'une manière générale, la tige doit être considérée comme le support des parties vertes de la plante, support qui est en même temps chargé de disperser et d'écarter ces parties dans l'espace ; de plus la tige est le réservoir commun qui a pour mission de mettre en communication les diverses parties de la plante; c'est ainsi que les matières absorbées par les racines se rendent dans la tige et sont distribuées de là dans les diverses feuilles, et que, d'autre part, les produits immédiats élaborés dans les feuilles et d'une manière générale dans les parties vertes de la plante rentrent dans la tige, d'où ils sont expédiés vers les points en voie d'accroissement et vers les réservoirs nutritifs. Le transport de l'eau et des matières dissoutes absorbées par la racine se fait à travers les éléments ligneux, en particulier à travers les vaisseaux de la tige. Quant aux principes élaborés, ils circulent dans la tige à travers les cellules grillagées du liber de ces divers faisceaux. Du calibre des vaisseaux ligneux d'une tige, il est donc possible de prendre

qalde qui traverse la

: iUX, nous montrerons à quell< pratiquée confiait rentes tigos.

al sertir d organe de réserve : peeeqoe toujours alors elle sort en même terni de dleoémii Uns! transformi

reçu io nom de tubercules: ellee comprennent

un tissu gorgé de mai amylifère, tissa nutritif, tissu laccharifèi quelques points d i vulgairement

• ule. I.a résen totale accam an taben

ment beaucoup plus grande que la »omm quantités do nourritup développe-

m de chacun des yeux du tuber aie. Chaque

œil et la portion du tissu nutritif qui l'ai

peut d'ailleurs être i é du

do tubercule et planté séparément; il fournit un nouveau pied de plante qui esl précoce et tout aussi vigoureui eil qui

lui a <t ince n'avait point été • i

généralement une tige irai n tubercule

comprend une très large moelle centra' faisceaux périph riques tri - peu développés, une couche s parencl intentai ex-

terne et une couche extérieure de tlesu iub

La pomme de terre est un exemple de transformées en tubercules. Pn ion la

matière de t la plante

dans ses tubercu Très rare-

ment c'est de Vinuline ou du ancre, et plua ment encore des matû . • . I. raque la

nutritive emmagasinée dans un tub est de l'amidon, cet amidon est rendu soluble au moment de la végétation de l'œil du tubercule par un ferment spécial nommé diastasc; c ment est soluble dans 1 eau, et un gramme de ifflt à transformer en sucre 2 unies d'am

i. • rhizomes ou liges souterraines rampantes de certaines plantes ne sont qu'une forme spi des tubercules. Leur physiologie est absolument celle de ces derniers.

Dans quelques plantes, certaines tiges demeurent courtes, globuleuses, presque tubercul' mais leur point de végétation terminal est g raleraent entouré de grosses écailles charnu sont pour la plupart transformées en organes de réserve. Ces sortes de tubercules à écailles charnues forment ce que l'on appelle des bulbes: ces bulbes sont dits tuniques quand leurs écailles embrassent tout le pourtour de la tige, à laquelle on donne alors le nom de plateau. Les bulbes sont dits écailleux quand leur insertion sur le plateau est peu étendue.

La tige peut servir d'organe de natation. Pour remplir ce rôle, elle produit dans son tissu fondamental un grand nombre de lacunes, qui tantôt communiquent largement entre elles dans toute l'éter.due de la plante, et qui d'autres fois sont séparées les unes des autres par des cloisons de parencl)3-me étoile. La tige peut encore servir d'appareil préhenseur (tigesvolubiles sur lesquelles nous aurons occasion de revenir à l'article Végétal). Plus rarement, comme dans les Corallorhiza, les Psilotum, elle joue le rôle d'appareil absorbant, c'est-à-dire de racine.

En s'aplatissant et en se fasciant, la tiee peut jouer le rôle de feuilles et plus généralement d'une surface verte.

Par l'atrophie de son point de végétation et le

durcissement général de tous ses éléments, elle

se trouve fréquemment transformée en épines, et

sert alors d'organe de défense 'Prunus spinosa).

[C.-E. Bertrand.]

TISSAGE

TISSAGE

TISSAGE. — Connaissances usuelles, XI. — Les technologistes qui cherchent à remonter à l'origine dss inventions s'accordent généralement pour faire honneur des principes du tissage à l'araignée, qui aurait montré à l'homme par ses travaux ingénieux et patients l'art de produire avec cette chose si ténue, si délice, si fragile, qui s'appelle un fil, cette chose souple et résistante en étendue qui s'appelle une toile. Fort bien ! mais l'araignée portait en elle son fil tout fait, tandis que l'homme dut le faire, et nous chercherions en vain, croyons-nous, l'animal qui fut le maître de l'homme en l'art du filage proprement dit.

D'ailleurs, si les résultats du travail de l'araignée ont pu donner à l'homme l'idée de la toile, du tissu, nous savons que cette petite ouvrière, si habile qu'elle soit par l'instinct, n'emploie aucun des procédés que l'homme a depuis mis en usage pour arriver au môme but, et dont il faut bel et bien faire honneur à son propre génie industrieux. L'araignée, lilandièrc née, et inconsciente dans l'acte, de cette production, dispose d'un fil englué qui adhère par le seul fait du contact. Il en est de même d'ailleurs de tons les fils dont un certain nombre d'insectes se servent soit pour fermer le nid OU ils déposent leurs œufs, soit peur s'envelopper eux-mêmes, quand vient l'époque de la métamorphose. Le tissage do l'araignée et des insectes dont nous venons de parler se fait, quelle qu'en soit l'ordonnance, par simple i et superposition des lils, aussitôt soudés l'un à l'autre par la glu dont ils sont imprégnés, tandis que le tissage liuinain se fait essentiellement par entre-croisement et interposition des lils : ce qui différencie du tout au tout le principe du travail. Mieux vaut donc, pensons-nous, si tant est que ] on tienne a chercher le point de départ de l'industrie textile de l h imme, croire que l'idée première du tissu résulta pour lui du nent des bra chages, des joncs ou des roseanx dent il forma presque toul naturellement la première natte nu la première claie.

Il y a, techniquement parlant, deux familles de . qui sont bien distinctes par la diversité du procède fondamental de fabrication, et qui, autant que nous pouvons croire, datent d'aussi loin l'une que l'autre, car nous les trouvons simultanément indiquées dans les plus anciens documents historiques : l'un de ces groupes a pour type ce que nous appelons le tricot, produit le plus souvent par l'entrelacement d'un seul fil se déroulant à mesure du travail pour se rattacher ou se renouer avec lui-même. L'autre groupe est celui îles i-'o/fes en général, produites par un ensemble tle fils tendus parallèlement, qui reçoivent le nom de chaîne, et avec lesquels s'entre-croisent d'une façon plus ou moins régulière un ou plusieurs fils flott ittts qui, eux aussi, se déroulent à mesure du travail, et reçoivent le nom de trame. Nous ne nous occuperons ici que des ouvrages appartenant au second groupe, qui semblent avoir accaparé pour eux seuls d'une manière exclusive le nom de tissu*, auquel, à tout prendre, ont droit aussi les produits du feutrage. Nous nous en tenons donc aux travaux de tissage proprement dits, tels que les comprend le langage usuel.

Deux sortes de fils sont employés pour le tissage : ceux qu'on obtient en tordant ensemble avec plus ou moins d'art les brins d'une matière végétale ou animale à la fois souple et résistante, comme le coton, le chanvre, le lin et divers poils d'animaux ; et ceux qu'ont filés, par agglutination d'une substance qui sort fluide de leur corps, certains insectes que nous dépouillons à notre profit des travaux auxquels ils s'étaient livrés dans un tout autre but que celui de fournir des matériaux à l'industrie humaine : la soie du

bombyx du mûrier est le plus connu, le plus employé de ces fils naturels.

Etant donnés ces fils de provenance diverse, c'est en les entre-croisant dans un ordre régulier, méthodique, que l'on produit ce tissu élémentaire, nommé toile, qui est le type par excellence de tous les tissus dits unis. Si nous prenons un morceau de grosse toile et l'examinons minutieusement, en armant au besoin notre œil d'une loupe, quelle disposition générale remarquonsnous? Que chacun des fils de la trame passe par dessus un fil de la chaîne qu'il croise à angle droit, puis par dessous le fil suivant, pour remonter par d 3SUS, puis se glisser encore par dessons, et ainsi de suite ; cette marche étant réciproquement suivie par tous hs lils, il en résulte que l'entrelacement des fils qui produit la toile est réglé selon un ordre unique et constant. Si maintenant nous faisons porter notre examen sur un morceau de cette grosse aerae qui sert à faire les houppelandes des rouliers. ou de ce treillis dont on fait les pantalons d'écurie des militaires, nous verrons que, au lieu de se chevaucher un par un, les fils, dans tel ou tel sens, se chevauchent deux par deux ; nous remarquerons d'ailleurs que l'aspect général du tissu est modifié par ce changement de disposition : car pendant que le grain du premier échantillon nous a offert l'aspect d'un damier à cases régulières, symétriques dans toutes les directions, l'aspect du second, au contraire, nous rappelle celui d'un carrelage obtenu avec des briques ayant une longueur double de leur largeur, et qui seraient posées l'une dans un sens, l'autre dans l'autre. C'est le type de toutes les étoffes dites croiées ou façonnées, par opposition au premier type qui, répétons le, est celui des étoffes dites unies. Tout l'art du tissage consiste donc à faire ou que les fils s'entrelacent généralement un à un, ce qui donne une étoffe d'un aspect absolument symétrique dans ses moindres détails, ou bien à faire que cet ordre primitif soit interverti sur toute l'étendue ou sur quelques points particuliers du travail, ce qui donne une étoffe dont l'aspect est plus ou moins diversifié. Or, si simple qu'à l'énoncé puisse paraître cette théorie, elle n'a pas moins, depuis que le monde est monde, mis bien des cerveaux de praticiens h la torture. Il est ôlémentairement facile en effet de produire ces divers entre-croisements, comme simple opération démonstrative. C'e>t ce que font tous les jours les ravaudeuses de linge : quand elles reprennent des clairs, comme elles disent, c'est de la toile à l'aiguille qu'elles tissent dans les lacunes de la toile au métier ; mais autre chose est d'obtenir en grand, et dans des conditions relativement économiques, les divers tissus qui peuvent résulter des diverses combinaisons de fils. Voyons donc, tout d'abord, comment opère, de toute antiquité sans doute, l'artisan connu sous le nom de tisserand, qui fabrique la toile unie.

Son métier est un solide bâtis de bois ayant la forme d'un carré long. A chaque extrémité est un rouleau horizontalement fixé à pivots aux montants du métier. Les fils qui doivent former ce que nous avons déjà appelé la chaîne, et qui sont en nombre suffisant pour que, rangés parallèlement, leur ensemble ait la largeur qu'on veut donner au tissu, ces fils vont de l'un à l'autre des deux rouleaux : ainsi se trouve disposé l'élément longitudinal de l'étoffe, c'est-à-aire que la chaîne est tendue. Reste à faire que les fils ou plutôt le fil du sens de largeur entre-croise les premiers, dans l'ordre voulu. C'est ce que le tisserand obtiendra, non pas àl'aide d'une aiguille comme la ravaudeuse, mais en se servant d'un petit instrument qui a la forme d'un batelet pointu des deux bouts, et qu'on nomme navette (du latin navis, bateau). La navette, qui a un espace creux dans

TISSAGK

TISSAGE

son milieu, porto une petite bobine, sur laquelle

iroulé le Bl de trame, qui devra ee dévider

à mesure qu'on fera paaaor la navette entre lea

fils de la chaîne.

Tout le mécanisme, fort simple d'ailleurs, du métier de tisserand ■ pour but d'assurer un p convenable au (il de tramo que déroule la navette.

Les montants du métier portent suspendus à une corde, qui est s cheval sur une poulie, deux larges peigne» dont les dents, au lieu d être ouvertes d'un côté comme dans un peigne à cheveux, sont fermées des deux bouts. Ces peignes ou plutôt ces lisses, pour les appeler de leur nom technique, sont de la largeur de l'étoffe ;i fabriquer, peuvent monter ou descendre alternativement selon que l'on tire l'un ou l'autre par le bas: la descente de l'un motivant l'ascension de l'autre par un mouvement de bascule analogue à ce qui se passe quand on remonte une liorloge à poids.

Chaque dent des lisses porte au centre un petit anneau; et entre les dents reste un petit espace libre dans toute la hauteur du peigne. A travers ces lisses passent les fils qui partent d'un des rouleaux pour aller sur l'autre ; mais de façon à ce que alternativement un fil sur deux entre dans l'anneau tandis que son voisin reste dans l'espace intermédiaire, et que celui qui passe dans l'espace intermédiaire du premier peigne soit ensuite endans l'anneau du second peigne. Les choses étant disposées ainsi, on comprend sans peine que quand les lisses s'élèveront ou s'abaisseront, chacune d'elles élèvera ou abaissera avec elle la m >itié des fils composant l'ensemble de la chaiii". Séparées, divisées de la sorte, les deux nappes de fils devront par conséquent former entre elles un angle aigu, comme feraient les deux branches d'une longue charnière ou d'une paire de ciseaux. Pour imprimer aux lisses leur mouvement alternatif et contraire, le tisserand se sert de ses pieds, qu'il pose l'un après l'autre sur deux marches commandant respectivement l'une des deux lisses par une corde correspondante.

L'angle étant ouvert, le tisserand lance vivement sa navette, de droite à gauche par exemple, dans l'espace ménagé entre les deux nappes de fils. En courant, la na,vette laisse un fil. Puis l'ouvrier appuie du pied sur celle des deux marches qui commande à la lisse alors relevée ; celleci s'abaisse pendant que l'autre se relève. Les fils qui formaient la nappe supérieure tout à l'heure forment maintenant la nappe inférieure; dans ce mouvement de bascule, le fil laissé par la navette s'est trouvé pris par l'entrecroisement des fils de la chaîne. Alors la navette est lancée de nouveau, retournant sur elle-même, c'est-à-dire allant de gauche à droite ; nouveau fil laissé. Puis les lisses basculent encore, puis la navette recommence son parcours. Et continuellement ainsi... Ajoutons que le tisserand a devant lui un troisième peigne a dents régulières et sans anneaux, engagé dans un cadre lourd. Ce peigne, qui est également suspendu aux bâtis du métier, de façon à pouvoir osciller sur lui-même, reçoit le nom de buttant. Ce nom s'explique par la fonction même de cet organe, avec lequel l'ouvrier bat ou frappe pour serrer le travail du tissu.

Nous connaissons maintenant le procédé de fabrication de toutes les étoffes dites unies, depuis la grosse toile à bâche ou à voile jusqu'à la plus fine mousseline, depuis le plus riche taffetas de soie jusqu'au vulgaire padou à deux centimes le mètre.

Notons cependant que beaucoup de tissus d'aspect varié peuvent être dus au lissage à entrecroisement régulier et parfaitement symétrique. Ce sont ceux dans la fabrication desquels on a fait intervenir des fils teints de diverses couleurs, combinés de manière à produire ce que les in-

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plusieurs navettes portant chacune un lil di leur différente. Il donne tani de COUDS l'une, tant de coups avec l'autre ; et sans qu'il soit rien changé à la marche du mener quant aux mente des lisses dirigeant les fils de chaîne, ni aux allées et venues des navettes déposant le fil de trame, l'étoffe obtenue n'offre pas n aux yeux an d- uin qui la différencie «le 1 unie, pour laquelle on n'a employé que des fils teints d'une seule nuance.

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