TRAVAIL
poser impunément se trouvant épuisée, nous cri serons avertis par la fatigue, la ftibleMe, la douleur, l'impuissance.
Les mécanismes If* plus parfaits erééa par l'homme se détériorent pnr l'effet des agents extérieurs, s'ils demeurent inactifs; s'ils fonctionnent, ils se détruisent graduellement par l'usure tii s matériaux. La machine humaine, au contraire, so renouvelant à chaque instant dans tout son ensemble, conaerre Indéfiniment ses puissances. Bien plus, l'activité régulière de sa rénoTatlon assure la plénitude de sa force et la continuité presque Indéfinie de son existence. Pour elle, travailler, c'est gagner en puissance, en précision et en ri urée.
Tels sont les principes qui régissent les questions de l'exercice et du travail. Faute de s'imi bien pénétrer et de les mettre régulièrement en
pratique, la plupart, des hommes restent fort au dessous du développement normal de leurs forces corporelles, Intellectuelles et morales. Combien se rendent compte même de ce que l'exercice régulier, systématique et harmonieux de nos facultés produirait de bien pour l'individu et pour les collectivités?
Ne considérons, pour le moment, que la force physique. Tout musclo exercé augmente en volume, en densité, en énergie. La gymnastique raisonnée, Y entraînement, produisent ce résultat chez tout homme sain. Quelques sujets sont doués d'une disposition spéciale à cet accroissement graduel des forces BOUS la double influence d'un exercice progressif ou bien soutenu et d'un régime suffisamment réparateur. Parmi ceux-là se recrutaient les anciens athlètes. Ce sont eux qui fournissent encore les lutteurs, les boxeurs, les hercule-- des exhibitions publiques. De tout temps les Anglais ont excellé dans l'art de développer la force musculaire. C'est chez eux qu'on a vu les phénomènes les plus remarquables.
L'exercice systématique, le travail régulier auquel participe tout le corps, entretiennent l'énergie vitale, la prompte élimination des résidus de vos organes et leur parfaite rénovation, la lucidité de l'esprit, la sûreté du jugement, la moralité des habitudes, la délicatesse des impressions. Dans quelque condition qu'il soit placé, l'homme se trouve donc préparé à bien remplir sa tâche et à jouir pleinement du bienfait de la vie. Il est entendu qu'il doit se borner au développement normal des formes et des forces du corps, sans se proposer de devenir un hercule. Mais il est bon qu'il ait en réserve un certain excédent de puissance pour les cas imprévus, pour les coups de collier, les efforts que la volonté n'exigerait pas impunément d'un corps mal préparé. Tout excès de travail est suivi d'une réaction pendant laquelle le corps, privé de ses matériaux combustibles, se refroidit aisément, se trouve sans défense contre les intempéries, absorbe facilement les miasmes dangereux. C'est ainsi que la fatigue prédispose à la maladie. On a vu des régiments entiers, hommes et chevaux, succomber en même temps aux suites d'une marche forcée.
Toutefois, s'il fallait choisir entre l'excès de travail et l'excès de paresse corporelle, il vaudrait mieux courir les chances mauvaises d'un exercice immodéré que celles d'une complète inertie. Le savant, l'homme de cabinet, qui passe sa vie dans un fauteuil, semble à l'abri de tout péril, et destiné à la plus longue carrière. Il n'en est rien cependant. Le manque d'exercice émousse l'appétit, atrophie les muscles, appauvrit le sang, diminue la chaleur vitale, et cause l'accumulation des résidus organiques. Telle est l'origine de maladies de plus en plus envahissantes, la gravelle, la goutte, la chlorose, la phtisie pulmonaire. S'il échappe à ces maladies, l'homme sédentaire est
frappé d'Une sénilité précoce, tandis que |g|
grandi travailleurs ont beaucoup de chances d'arriver a nu Ige forl avancé exempts d'rs infirmités
ordinaires de la vieillesse.
des tut ur de vous Interroges tout vieillard à la démarche assurée, au regard clair, à
l'esprit lucide, il vous dira que sa vie a été l
crée au travail, au devoir, et qu'il jouit de la vieillesse comme d'une récompense des jour» bien remplis.
Oui, le travail prolonge la vie, ii en fait supporter les épreuves et apprécier les bienfaits, il
lui prépare dans l'avenir des horizons Illimitée de bien-être et aplanit la voie que suivra l'humanité triomphante marchant à la conquête de ses destinées. Le siècle qui va s'ouvrir pourra prendre pour devise ce mot qui n'était qu'une pr> dans la bouche de Loui \ ! • rail qu'on règne. B i demandait qu'il fût permis de livrer aux tribunaux l'homme qui ne travaille pas : M inti squieu formulait le même i ces termes : » Il faudrait que les lois cherchassent à ôter tous les moyens rie vivre sans travail. ■ Noire temps dit à tous : Travaillez pour maintenir une âme saine dans un corps sain, pour jouir d'une longo de virilité suivie d'une
heureuse vieillesse, tnvaillcz pour goûter le bonheur de vivre, la satisfaction du devoir accompli, travaillez pour assurer autour d6 vous le bien-être, la moralité, la vertu.
Franklin a dit : « Celui qui ne fait rien est bien près de mal faire. » L'oisiveté est la grande tentatrice. Kllc énerve le corps et l'âme, et quand ils sont assez affaiblis elle les corrompt. Aussi le travail, qui donne la santé, la longévité, le bien-être, assure encore la moralité sans laquelle tous les autres biens ne nous sauraient procurer ni le contentement intérieur ni l'estime de nos semblables.
Mais si le travail modéré est une garantie de santé et de longévité, il faut reconnaître que le travail exagéré auquel sont soumis un grand nombre d'ouvriers compromet leur santé et abrège leur vie. Le travail prolongé et pénible des ateliers, dans un air confiné, chargé de poussière ou saturé de vapeurs nuisibles, contribue largement à produire chez les ouvriers ce que l'on appelle la mi-ère physiologique. A Liverpool, l'une des villes manufacturières les moins favorisées au point de vue des conditions du travail et des ressources hygiéniques, la vie moyenne n'est pas de 26 ans.
Le travail intellectuel, même excessif, offre rarement des inconvénients aussi graves que le travail manuel. Cela tient en partie aux habitudes hygiéniques des personnes qui s'y livrent. L'homme d'étude, obligé à une vie sédentaire, n'ayant pas besoin d'une nourriture très réparatrice, est moins éprouvé par la gêne que le travailleur qui use ses muscles. De plus, ses occupations le tiennent à l'abri des intempéries et ses habitudes régulières le préservent des excès. Il faut d'ailleurs reconnaître que la très grande majorité des personnes qui gagnent leur vie par un travail intellectuel occupent des positions qui les mettent au-dessus du besoin: ce sont, en quelque sorte, des privilégiés.
Les conditions antihygiéniques du travail intellectuel sont : l'inaction, la contention d'esprit, les veilles, l'air confiné, l'immobilité pendant la digestion, l'isolement.
La contention d'esprit produit une congestion du cerveau qui, à la longue, prédispose aux maladies cérébrales. Cette déviation du sang vers le cerveau compromet lexercice des fonctions de nutrition. La suractivité cérébrale trouble la digestion, et l'estomac se venge en faisant sentir au cerveau combien il le tient sous sa dépendance :
une mauvaise digestion entrave l'essor de la pensée.
Le manque d'exercice musculaire, la position assise, produisent chez les gens de lettres, les professeurs, les savants, une prédisposition à la consiipation, aux liémorrhoïdes, aux maladies des reins et de la vessie. Les névralgies faciales et la migraine se joignent souvent à toutes ces misères.
Le remède est simple, et plus pratique qu'on ne le croit d'ordinaire. ïl faudrait que les personnes adonnées aux travaux intellectuels eussent la volonté de limiter le nombre d'heures de travail cérébral et de rétablir par l'exercice musculaire l'équilibre des fonctions.
Ceux môme qui semblent placés dans les condition^ les plus défavorables peuvent beaucoup pour améliorer leur hygiène. Voici une série de petits moyens qui produisent de grands résultats : renouveler souvent l'air du cabinet de travail ; écrire alternativement assis et debout; lire en marchant; passer fréquemment d'un travail de composition à un travail de préparation ; suspendre le travail chaque demi-heure pour exécuter quelques inspirations profondes et faire quelques mouvements actifs; sortir quelque temps après les repas et surtout avant de se mettre au lit.
A ceux qu'un zèle généreux et une vocation irrésistible poussent à un excès de travail, nous dirons : Si vous voulez assurer à ceux qui doivent en profiter tout le fruit de vos efforts, ménagezvous afin de produire pendant de longues années; ne vous exposez pas à laisser votre œuvre incomplète en vous astreignant à une existence contraire aux lois de l'hygiène. IUr Saffray.]
TRAVAIL DES FORCES. — (V. l'article Mécanique), — 1. Travail mécanique. — Les forces sont employées dans les arts à vaincre des résistances, et l'on dit qu'il y a travail toutes les fois qu'une force surmonte une résistance qui se renouvelle à chaque instant tandis que son point d'application se déplace ; c'est ce qui arrive lorsqu'on élève un fardeau, lorsque l'on rabote une planche.
Le travail industriel se paie toujours proportionnellement au produit de la résistance vaincue par le chemin qu'a décrit son point d'application: ainsi l'on admet que le travail qui consiste à élever iiio ks d'eau à 10 mètres est égal à 10 fois le travail nécessaire pour élever 100 *5 d'eau à un mètre et est égal à 1000 fois celui qui correspond à V élévation d'un kilogramme à un mètre de hauteur.
C'est ce dernier travail que l'on prend pour unité On appelle kilogrammètre (abréviation 1 kg"») le travail nécessaire pour élever à un mètre un poids d'un kilogramme. Afin d'avoir des nombres plus petits quand on évalue le travail des machines qui est, en général, continu, on se sert d'une autre unité : on appelle cheval-vapeur un travail de 75 kilogrammètres par seconde. Par exemple si, dans une mine, une machine élève 1500's de charbon à une hauteur de 300 m, on dix minutes, le travail utile de cette machine est, pendant ce temps, égal à :
lk«- X 1500 X 300= 450000*«m,
et pendant une seconde il est de :
Ce travail évalué en chevaux-vapeur sera donc :
et l'on dira que la machine est de la force de dix chevaux-vapeur.
Il est bon de dire que cette expression, chevalvapeur, n'a aucun rapport direct avec le travail
réellement développé par les chevaux attelés à un manège, lequel ne s'élève guère qu'à 40 ou 50 kilogrammètres.
Définition du travail d'une force constante. — Le travail d'une force F (notation abrégée z.F) est le produit du nombre qui mesure l'intensité de cette force par le chemin qu'elle fait parcourir, dans sa direction propre, à son point d'application.
1° Si ce point se déplace dans la direction même de la force et décrit un chemin e, on a
JF = 1^XFXC
2° Si le point d'application de la force se déplace sur une circonférence à laquelle la force est toujours tangente, on obtient le travail pour chaque tour en multipliant la longueur de la circonférence par ^intensité de la force. — Ce cas se présente dans les manèges: un cheval est attelé à une pièce de bois encastrée dans un arbre vertical, il suit une piste circulaire et fait prendro à l'arbre un mouvement de rotation. Pour évaluer le travail de ce moteur, décomposons la circonférence 2 ir R en arcs AB, BC, CD, très petits et
sensiblement rectilignes; si nous désignons par F l'effort moyen du cheval, nous aurons pour les travaux partiels qui correspondent à ces divers éléments :
FxAB.FxBC.FxCD,
et leur somme sera :
F (AB + BC + CD + .....) = 2tt RF.
Application. — Un cheval attelé à un manège travaille 8 heures par jour en exerçant un effort moyen de 45 kçm; il fait 7 tours en 3 minutes sur une piste de 4" de rayon. Calculer le travail effectué par jour.
Ici,
F= 45, 2-RF = 6,28 X 4 X 45,
et comme le nombre de tours effectué dans un jour est :
le travail cherché est :
lkB,n X6.28 X 180 X 1120= 1266048*e,D Cas ou le point d'application ne se meut pas
DANS LA DIRECTION MEME DE LA FORCE. — Lorsqu'un
point matériel est sollicité par plusieurs forces, la direction de son déplacement diffère do la direction de chacune d'elles. Soit F l'une quelconque
Fig. 1.
de ces forces; le déplacement AA' de son point d'application peut être décomposé en deux autres, l'un ha suivant AB, l'autre flA' suivant la direction perpendiculaire. La force F ne tend pas à produire le déplacement ah' qui est dû aux autres forces dont nous n'avons pas à nous occuper, son travail est simplement :
Aa X F — AA' X cos B AB' x F ;
de là cette définition : .
Le travail d'une force dont le peint d application ne se déplace pas dans la même direction que
la forte est ^<jal à son tnlentili multtpHiê ptr la projecti » du chemin parcouru ntrla direct
<• tu :<»cr.
Dans la figure précédente, la projection Ka du déplacement tombe sur Ali, et l'on eonsiûV trawil do U force comme positif; dans la sui-
Flg. t.
vante, Kn tombe sur le prolongement de AB, et le travail do la force est considéré comme négatif.
Si l'on désigne par F' la projection do la force F sur AA', l'on u :
AB' = AB cosBAB', ou :
F'=F cos a,
et par conséquent :
sF = F'xAA';
on peut donc dire aussi que le travail d'une force dont te point (Topplication ne se déplace p>is dans sa direction propre est égal au produit du chemin parcouru par la projection de la force sur ta direction de ce chemin.
Remarque. — La formule :
(1) j,F = FxeXC0sa,
dans laquelle e représente l'espace AA' parcouru par le point d'application de la force F, représente toujours pour sa grandeur et pour son signe la valeur du travail de la force F : si l'angle a est aigu, cos a est positif, \a tombe sur la direction même de la force F, le travail de F est positif comme le produit e F cos a. — Si au contraire l'angle a est obtus, cos a est négatif; mais ka tombe alors sur le prolongement de F et le travail de cette force est négatif, il a donc encore le même signe que cos a. — Si l'angle a est égal à 90°, cos a est égal à zéro; le produit e F cos a est donc nul et représente encore le travail de F. — Enfin si l'angle a est égal à ISO", son cosinus est égal à 1 ; l'on a dans ce cas :
|e,F = -exF;
On voit donc que la formule (1) est générale.
Application au travail de la pesanteur pendant la chute d'un corps. — Soit AlîCD la courbe parcourue par le poids P; projetons tous les points do
arc tre» peut ni, <l* Il re. 16 ir.iv
meniaire correspondant est P u'tt, <m «-u ajoutant mu* ci** uevaa! él nenuirei on voit que do A en U le travail de la pesanteur est :
PxAli ;
do B en C ce travail négatif est représenté par:
-PXB'I
enfin do C en D il ett positif et égal à:
PxC'D';
le travail total est par conséquent :
P(AB' - B'C -f-C'D') = P X AD'.
Lo travail delà pesanteur pendant la chute d'un corps ne dépend donc que de la distança verticale des deux points extrêmes A et D de la — Si le point matériel pesant revient en un point ayant même cote que le point do départ, le travail de la pesanteur est noL
Travail ; I variable. — Si la force
varie d'intensité, on appelle travail élémentaire de cette force le produit de son intensité supposée constante pendant un temps très court, par le petit chemin que décrit, pendant cet intervalle, son point d'application.
Désignons par F, F, Y" les intensités de la force variable aux époques très rapprochées /, /', I par e, e', c" les chemins parcourus par le point • 1 application pendant les intervalles de temps très petits t' — f, t" — t', t'" — /'...; les travaux élémentaires de ces forces, que nous supposerons constantes pendant ces intervalles, seront :
Fxe, F'xe', F' XC,
et le travail total sera la limite vers laquelle tendra la somme des travaux élémentaires,
quand r'—f, t"—t', t'"—l",.... tendront vers zéro.
Nous allons montrer l'existence de cette limite et la méthode graphique que l'on peut suivre pour la calculer.
PROPOsiTié*;. — Si l'on prend pour abscisses d'une courbe les chemins parcourus par le point d'application d'une force variable, et pour ordonnées les intensités de cette force, le travail de cette force pendant un certain temps peut être représenté pur l'aire comprise entre la courbe, l'axe des abscisses, et les deux ordonnées qui correspondent au rommencement et à la fin de l'intervalle.
Démonstration. — Soit (fig. 4) :
AB = <°, BG = e', CD = e"...