TUDOR
pour aller aux Indes ; il organisa à cet effet l'expédition de Jean Cabot, qui découvrit le Canada (1498).
Henri VII donna sa fille Marguerite en mariage au roi d'ixosse Jacques IV; c'est cette alliance avec les Stuarts qui devait amener en 1603 l'union des couronnes d'Angleterre et d'Ecosse sur une seule tête. Il mourut on 1509.
La politique étrangère de Henri VII consista à se faire contre la France l'allié de Maximilien d'Autriche et de Ferdinand le Catholique. En 1492, il avait débarqué à Calais avec une armée, pour s'opposer à la réunion de la Bretagne ; mais Charles VIII acheta sa retraite au prix de 745 000 écus d'or.
Henri Vin (1009-154"). — Henri VII avait fait épouser à son fils, qui lui succéda sous le nom de Henri VIII, une fille de Ferdinand le Catholique, Catherine d'Aragon. Ce mariage devait resserrer les liens qui unissaient l'Angleterre à l'Espagne et à l'Autriche. Néanmoins, à plusieurs reprises, Henri \1II se rapprocha de la France, selon les nécessités de sa politique capricieuse, et on le trouve 'allie, tantôt à Charles-Quint, tantôt à François Ier.
Au début de son règne, Henri VIII entre dans la Sainte Ligue organisée par le pape contre Louis XII, et envahit la France (bataille de Guiiii gâte ou Journée des éperons, 1513) ; son beaufrerc, le roi d'Ecosse Jacques IV, s'allie par contre à la France et veut envahir l'Angleterre : mais i! est battu et tué à Flowden. La paix est conclue l'année suivante à Londres, et le vieux Louis XII, qui venait de perdre sa femme Anne de Bretagne, épouse une sœur de Henri VIII. L'avènement de François I" ne troubla pas d'abord le maintien de la paix; mais après l'entrevue du camp du Drap-d'Or (1520), où la vanité du roi d'Angleterre lut blessée, celui-ci se rejeta du coté de Charles-Quint, dont il demeura l'allié jusque après Pavie ; alors, trouvant que l'empereur devenait trop puissant, il se rapprocha de nouvi au de, la France.
Sur cjs entrefaites, Henri VIII voulut faire annuler son mariage avec Catherine d'Aragon, afin de pouvoir épouser Anne lioleyn (15'.»7). Le pape, alors prisonnier de Charles-Quint refusa de consentir au divorce. Après quatre années de négociations inutiles, Henri se décida à rompre avec Home, et se fit proclamer chef de l'Eglise d'Angleterre par un Parlement docile (1531). Il épousa alors Anne Boleyn, et répondit à l'excommunication lancée contre lui par des mesures tyranniques et sanguinaires. Des milliers de victimes lurent envoyées à l'échafaud ou au bûcher sous prétexte de trahison ou d'hérésie : la plus illustre est le célèbre chancelier Thomas Morus, décapité en 1535. Les biens des couvents furent confisqués, et enrichirent la couronne. Bientôt, accusant Anne Boleyn d'adultère, le roi lui fit trancher la tête (1530), et épousa aussitôt une troisième femme, Jeanne Seymour, qui mourut en couches l'année suivante. Cependant la nouvelle Eglise instituée par Henri VIII n'avait pas encore de credo : le bill des six articles (1539) lui en donna un, et proscrivit également les croyances des catholiques et celles des luthériens. En 15 iO, Henri avait épousé Anne de Clèves, qu'il répudia la même année; une cinquième femme, Catherine Howard, prit sa place, mais pour mourir bientôt après sur l'échafaud comme Anne Boleyn (1542). En même temps, le roi d'Angleterre s'allie de nouveau à Charles-Quint, et combine avec lui une invasion de la France. Il débarque à Calais en 1514, et fait le siège de Boulogne : ce ne fut qu'en 1 5 1 6 qu'il consentit à traiter moyennant une indemnité de 2 millions. Il mourut l'année suivante. | Il avait encore épousé, en 1543, une sixième femme, i
Catherine Parr, que la mort de son époux sauva de l'échafaud où il s'apprêtait à la faire monter comme hérétique.
Edouard VI (I5i7-15">3). — Fils d'Henri VIII e: de Jeanne Seymour, Edouard VI n'avait que dix ans à la mort de son père. Son oncle le duc de Somerset, chargé d'abord de la régence, favorisa les calvinistes. La rupture de l'Angleterre avec Rome, qui n'avait profité encore qu'au despotisme royal, allait prendre un caractère nouveau par la prédication de Pierre Martyr et d'autres disciples de Calvin. Cranmer. l'archevêque de Cantorbéry, créature de Henri VIII, autorisa le mariage des prêtres en donnant lui-même l'exemple, et introduisit une nouvelle liturgie. Le régent Somerset fut renversé en 1549 par AYarwick ; mais celui-ci suivit la même politique, et, lorsque Edouard VI mourut en 1553, la réforme religieuse avait gagné à sa cause la masse du peuple anglais.
L'ordre de succession appelait au trône, après Edouard, sa sœur aînée Marie, fille de Catherine d'Aragon. Mais Marie était catholique ; aussi Warwick avait-il résolu de l'écarter. Il fit proclamer reine sa belle-fille lady Jane Grey, petitefille de cette sœur de Henri VIII qui avait épousé le roi de France Louis XII, et qui s'était remariée plus tard an duc de Suffolk. Mais le règne de l'infortunée Jane Grey ne dura que dix jours. Marie Tudor rallia promptement autour d'elle de nombreux partisans ; sa rivale fut abandonnée de tous : Warwick paya de sa tête son audacieuse tentative, et Jane Grey, d'abord tenue en prison, fut exécutée l'année suivante avec son père et son mari.
Marie (1553-1558). — De même que Henri VIII avait pu créer une Eglise nouvelle sans rencontrer de résistance, Marie Tmlor, qui restaura le catholicisme, ne trouva qu'obéissance dans le Parlement; et, sanguinaire comme son père, elle versa des flots de sang pour tenter de détruire l'œuvre des deux règnes précédents. Son mariage avec Philippe II d Espagne (1554) faisait rentrer politiquement l'Angleterre dans le concert des puissances catholiques ; la nouvelle liturgie fut abolie, l'archevêque Cranmer mourut sur le bûcher, et le légat du pape prononça, avec la sanction du Parlement, la réconciliation de l'Angleterre avec le Saint- Siège. Ma. s .Marie n'obtint de son peuple qu'une soumission extérieure ; elle ne réussit pas à extirper les doctrines religieuses prêchées par les réformateurs. Entraînée par Philippe II dans une guerre contre la France, elle y perdit Calais; et le chagrin que lui causa ce revers hâta sa mort (1558).
Elisabeth (1558-1603). — Fille d'Anne Boleyn, Elisabeth avait dû, sous Marie, abjurer le protestantisme. A la mort de sa sœur, elle fut reconnue reine sans opposition .sérieuse; la protestation de Marie Stuart, qui prétendait que la couronne d'Angleterre lui revenait comme descendante de Marguerite, fille de Henri VII, et qui traitait Elisabeth de fille illégitime parce que le mariage d'Anne Boleyn n'avait pas été reconnu par le pape, n'eut pas d'écho dans le peuple anglais : mais cette protestation devait plus tard coûter la vie à son auteur.
L'attitude d'Elisabeth, dans la question religieuse, fut d'abord équivoque. Après d'assez longues hésitations, elle se prononça enfin contre Rome, et le Parlement, instrument toujours servile de la volonté royale, lui donna, comme à son père, le titre de chef spirituel de l'Église d'Angleterre (1559). Trois ans plus tard (156">), le bill des trente-neuf articles fixa définitivement 1 organisation et les croyances de l'Eglise anglicane (V. fin forme, p. 181 -i). Energique et intelligente, en même temps qu'orgueilleuse et profondément dissimulée, Elisabeth allait régner en souveraine.
TUHUI 11
TURQUIE
absolue sur un peuple 'l11'' *>fn père et son friand- j rale( WIII. — ifotioni pr.' liminaire» —
le lut I décrira I article I d. • pays
d'ailleurs intéresser I *a propre grandeur, en d Europe mui» j,ls '
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MioOl iimin iluics, soit comme pays tributaires, *t nous dirons ensuite la situation politique que !• .t faite à clucun d'eux de-
confondant sa cause avec celle de l'Indépendance nationale et de le rélionne religieuse. Elle l'entoura d'hommes dévouée ei habiles, dont lee d»u\ principaux lurent Robi ri Dudie] cesier, qui resta son favori uni qu'il réent, et William Cecil (lord BorielfM, Qttl fut uuarante , ans son prnmlrr ministre. « Sscnsni garder ceux qu'elle avait su choisir, elle fut toujours bien servie. Kilo ne permit pas à ses favori* de devenir on seul moment see maltrea, et ses miniatrt n us expérimentée ne furent Jamais nue ses ntilee instruments. En tonte rencontr hereba
les conseils et se réserva les décisions. Sa rolonté, uniquement dirigée par la calcul et par 1 L fu; quelquefois lente, souvent eudscseass, tou- Joura souveraine, u Hignel .
L'Angleterre atteignit, sons Elisabeth, un haut degré d-- prospérité. Sa marine s'était développée, et disputait ai là la domination des mers à l'Ea- . dont elle allait détruire les flottes. L'industrie était florissante, la population des villes s'enrichissait. D'autre part, le soufile de la Renaissance se faisait sentir, et les lettres étaient cultivées par Spenaer, Sidney, Ben Jonsou, Shakospeare * (V. Angleterre, littérature, au Supplément .
Lorsqu'on 1568 Marie Stuart, cliassée d'Ecosse, se réfugia en Angleterre V. Marie Stltart . Elisabeth jugea qu'il fallait profiter de la destinée qui lui livrait son ennemie : elle retint Marie en captivité, et réussit à faire dominer en Ecosse sa propre influence pendant les régences successives de Murray, de Lennox.de Mar et de Morton. Mais Philippe II, qui rêvait la restauration du catholicisme dans toute l'Europe, fomenta complots sur complots contre Elisabeth, avec la connivence de Marie Stuart prisonnière (1560, 1570, 1512, I&84, 158G). Tous ces complots échouèrent. Elisabeth y répondait en envoyant des secours aux insurgés des Provinces-Unies et aux protestants français, en faisant capturer les galions espagnols par ses eorsaires.
Toutefois, après la conspiration de 1586, elle résolut de se débarrasser de sa dangereuse rivale : un procès fut intenté à P ex-reine d'Ecosse, qui périt sur l'échafaud en 1581. Pour venger Marie Stuart, et surtout pour abattre en Elisabeth un redoutable adversaire du catholicisme, Philippe II envoya contre l'Angleterre l'invincible Armada, qui lut détruite par les tempêtes (1588); les vaisseaux anglais demeurèrent maîtres de la mer, et portèrent à leur tour le ravage sur les côtes d Espagne. En même temps Philippe II était vaincu aussi dans les Pays-Bas et en France. La politique d'Elisabeth triomphait.
Toutefois les dernières années de ce règne furent tristes. En vieillissant. Elisabeth devenait de plus en plus tyrannique et soupçonneuse. Elle persécuta avec acharnement les dissidents, qui refusaient de se rattacher à l'Eglise anglicane, et dont le nombre grandissaittous les jours. La Chambre étoilée fut son principal instrument de gouvernement. Le Parlement n'était plus convoqué que pour la forme. Un favori de la reine, le comte d'Essex , qui avait succédé à Leicester, se vit disgracier : il pensa alors que la désaffection du peuple rendrait possible un soulèvement, et provoqua une émeute à Londres. Arrêté, il fut exécuté (1601). Elisabeth conçut un profond chagrin de cet événement, et mourut bientôt après ( 1603), laissant la couronne d'Angleterre au roi d'Ecosse Jacques VI, fils de Marie Stuart.et son plus proche héritier.
TURCS. — V. Turquie.
TURQUIE (Géographie). — Géographie géné-
puift la dernier'' pierre.
Situation, forme* limites. — Avec lo roysume anVancbi depuis un deini-ao oie, la
Turquie d'Europe occupait la phi
sroia péninsules (iu'' lEurope forme au S. On l'appelle péninstue de* Balkans, du nom de la
de m1.nt.14ne> qui la a partie do
l'O. à l'E., jusque sur les rives do ta mer
Ni. ire.
Priée isolément, la Turquie forme un trapèze assez régulier limité, an .N., par le cours de la Save, 1 elui du Danube, et la partie méridionale des Carpalhes, nu Alpes de Tranaylvanà I i. , par la iwr Noire, et à l'O. par la SMf tique; au S. enfin, par les détroit» de Conttanlinople et de» UaraaneUeê, la mer de Marmara, \ Archipel et la frontière grecque.
Toutefois il faut remarquer que ces limites comprendraient la Dalmatie et une partie de la Croatie qui font parue depuis longtemps de
f Autriche, tandis qu'elles laissent en de-
lors la Moldavie. Celle-ci s'avance au N entre les Carpalhes, qui la séparent de la Transylvanie autrichienne, et le Pruih, dont la rive orientale appartient à la Bessarabie russe.
Frontières. — L'empire russe, sm N.-E. ; Yempire austro-hongrois, au N. etaull.-O., le royaume de Grèce, au S., voilà les trois États voisins de la Turquie.
Elle est séparée du premier par le cours du Pruth et la branche septentrionale du Danube ou bouche de Kilia. Les Carpalhes, le Danube, la Save et son tributaire l'Urina, et les Alpes Dinariques, lui servent de frontière avec l'empire austro-hongrois. Enfin on a fixé récemment la ligne de séparation avec la Grèce à la vallée de li Selembria, qui débouche dans le golle de Salonique entre le mont Olympe et h K (ancien Pélion . et à celle de l'Arta, qui naît dans la chaîne du Pinde. près de la source de la Selembria, et finit dans l'Adriatique, au golfe d'Arta .
Géographie physique. — Hydrographie. — Danube.— Le Danube est le principal fleuve qui arrose la Turquie. Par l'abondance de ses eaux, il est le premier de tous les fleuves d'Europe. Cest à Belgrade, où il se grossit par la droite de la Save, un de ses affluents les plus considérables, que le Danube entre sur le territoire turc. La forteresse de Belgrade a longtemps été occupée par les troupes ottomanes, mais elle été évacuée par elles et remise aux Serbes plusieurs années avant la guerre qui a amené l'émancipation définitive de la principauté.
De Belgrade à Orsova, la rive gauche du fleuve est hongroise, la rive droite appartient à la Serbie. De ce côté, le fleuve passe à Sémendria, et reçoit la Morava, dont le bassin occupe la principauté presque entière ; puis il s'engage dans un long défilé rempli d'écutils et de rapides, où il s'est ouvert une route entre les Alpes de Transylvanie et celles de Serbie ; c'est le fameux passage des Portas de fer. Les couches géologiques qui se retrouvent semblables sur l'une et l'autre rive, de même que les falaises anglaises de Douvres correspondent à celles de Calais sur le côté opposé du détroit, montrent qu'ici les eaux du fleuve, et là les eaux de la mer, ont opéré la rupture.
A partir des Portes de fer, le Danube sépare la Valachie, sur sa rive gauche, de la Serbie, sur sa
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rive droite. Il se recourbe en même temps au sud. Le Timok, son affluent de droite, sépare la Serbie de la Bulgarie. La première ville bulgare qu'on trouve sur les bords du fleuve, c'est Viddin. De même que Nicopoli, Sistova, Roustchouk, silistrie qui lui font suite, Viddin était une place forte et servait aux Turcs à défendre le passage du Danube contre les armées d'invasion venues de Russie. Une des conditions des derniers traités a été le démantèlement de toutes ces forteresses.
De Viddin à Silistrie, le Danube coule de l'ouest à l'est ; gagnant et empiétant sans cesse sur sa rive droite, comme tous les fleuves de l'hémisphère nord, il abandonne de plus en plus la rive valaque, basse, nivelée par les eaux, couverte de marécages et de vieux lits du fleuve délaissés, et ronge le pied des collines bulgares. De ce côté, il reçoit Vhker, qui, descendu du bassin élevé de Soptaia, capitale de la Bulgarie, traverse par une faille la chaîne principale des Balkans. En aval de l'Isker débouche le Vid, sur les bords duquel Plevna a acquis pendant la dernière guerre une grande célébrité par l'héroïque résistance qu'Osman-Pacha y a opposée aux Busses. Enfin entre Sistova et Roustchouk, le Danube reçoit le Janlra, descendu des Balkans comme le Vid, et qui arrose Tirnova, capitale historique et métropole religieuse des Bulgares.
l'ar la rive valaque, le Danube reçoit VAluta, qui, née en Transylvanie, traverse par une brèche les Alpes de Transylvanie ou Carpnthes méridionales, sépare la Petite Valachie, à l'ouest, de la Grande Valachie, à l'est, et finit dans le fleuve a peu prés vis-à-vis de Nicopoli. L"Argiseh, qui reçoit la Dumbovitxa, rivière de Bukarest, finit dans le (louve entro GiurgéTO, port de Bukarest sur le Danube, qui fait vis-à-vis à Roustchouk, et Silistrie.
A partir de cotte dernière ville, devant laquelle les armes russes ont échoué en 1 «Sr>4, le Danube entie tout h fait en Valachie. Il est repoussé au nord par les collines de la Dobroudja, qui s'élèvent entre le fleuve et la mer Noire, et reçoit, par la gauche, le Séret/i qui sépare la Valachie de la Moldavie, et le Pruth qui sert de frontière entre la Moldavie et la Bessarabie russe. Entre ces deux derniers confluents se trouve Galatx, le port le plus important de l'estuaire du Danube, la ville la plus populeuse assise sur ses bords depuis Pesth. C'est à Galatz que siègo la commission européenne chargée de faire exécuter à l'embouchure du Danube les travaux utiles à la navigation, d'arrêter les règlements nécessaires, de percevoir les droits, en un mot de faire la police du fleuve.
A partir de Galatz, le Danube tourne une dernière fuis à l'est, et ne tarde pas à se partager en plusieurs branches. La plus importante par le volume de ses eaux est la branche de Kiiia au nord ; mais la seule accessible à la navigation maritime depuis les derniers travaux exécutés est celle de Sonlina, au centre. La bouche de Saint- Georges, au sud, est presque aussi considérable que celle de Kilia. Toutes offrent une barre formée par les apports du fleuve. On a calculé que le Danube charrie à lui seul une fois et demie autant d'eau que tous les fleuves de France réunis, et que ses apports annuels suffiraient à recouvrir un espace de 6 kilomètres carrés sur une épaisseur de 10 mètres. Peu à peu ces troubles comblent les lacs de la rive gauche, font progresser le delta du fleuve du côté de la mer, empiètent enfin sur les lagunes salées qui régnent tout le long de la mer Noire, depuis l'embouchure du Dniepr jusqu'au pied des Balkans.
Le cours de la S'ive, dans la partie où il sert de limite entre la Bosnie turque et la Slavonie
autrichienne, ressemble à celui du Danube entre la Bulgarie et la Valachie. Sur la rive gauche s'étendent les marais; sur la rive droite, au contraire, s'élèvent les montagnes de Bosnie. Les principaux cours d'eau descendant de ce côté sont : VUnna. qui sépare la Croatie turque de la Croatie autrichienne, la Borna, qui vient de Sérajévo, capitale de la Bosnie, le Drin, qui sert de frontière entre la Bosnie et la Serbie.
Le Danube est le seul cours d'eau important que la Turquie envoie à la mer Noire. La mer de Marmara ne reçoit que des ruisseaux.
Bassin de l'Archipel. — Du côté de la mer Egée ou Archipel tombent la Maritza ou Hèbrc des anciens, la Strouma, le Varriar et la Selembrin.
La Maritza naît au pied du Bilo-Dagh (dagli, en turc, veut dire montagne), mont de 3 000 mètres qui s'élève au S. et près de Sophia. et sert de point d'attache entre les Balkans et le Despoto- Dagh ou Bhodope, qui s'avance au S.-E. entre la Thrace et la Macédoine. Coulant d'abord à LE. parallèlement au Danube, la Maritza passe à Philippopoli, dont le nom rappelle le père d'Alexandre le Grand, roi de Macédoine, et qui est récemment devenue la capitale do la province autonome de Roumélie orientale. A Andrinople, capitale de la Thrace et principale ville industrielle du centre do la Turquie, la Maritza se recourbe au S. et vient finir dans l'Archipel à Enos.
La S'rouma, dont la source est voisine de celle de la Maritza, coule sur le versant O. du Despoto-Dagh et arrive directement dans le golfe d'Orfano, au-dessus duquel elle forme le lac de Tachyno.
Le Vuvdar, qui finit dans le golfe de Salonique, à peu de distance de cette grande ville, offre une importance particulière parce que sa vallée, remontant par Uscup et Pristina vers Novi-Bazar, offre la route la plus directe entre la Bosnie ou l'empire d'Autriche et les mers du Levant.
La Selembria (jadis \ePénée). nouvelle frontière avec la Grèce, parcourt près do son embouchure une vaiiée délicieuse; c'est la vallée de Tempe des auteurs anciens.
Bassin de la mer Adriatique. — Du côté de la mer Adriatique, les fleuves, nés près de la mer, mais arrêtés dans leur écoulement par les chaînes de montagnes parallèles au rivage, suivent la direction de ces chaînes jusqu'à ce qu'ils trouvent un passage, et traversent les obstacles par des gorges et des cascades, quand ils ne disparaissent pas dans des gouffres souterrains, comme il y en a tant dans le Jura et les autres montagnes calcaires. Les principaux de ces cours d'eau sont la Narenta, qui passe à Mostar, capitale de l'Herzégovine, puis le Drin, qui se forme de la réunion du Drin blanc et du Drin noir. Le premier court du N. au S., passe à Prisrend, la cité la plus populeuse de l'Albanie, et tourne à l'O. avant de se réunir au Drin noir. Celui-ci sert d'écoulement au lac d'Ochrida, et descend au N. Les deux Drins réunis passent à Scutan, capitale de l'Albanie septentrionale, communiquent avec le lac qui porte le nom de cette ville, et débouchent dans l'Adriatique près du port de Dulcigno, en possession duquel les Monténégrins ont été mis en 1880 à la suite d'une démonstration navale exécutée par les flottes des principales puissances européennes.
Orographie. — Alpes Dinar iques. — C'est par les Alpes Dinariques, qui forment la frontière eut™ la Croatie et la Lalmàtie, que le système orogruphique de la péninsule des Balkans se rattache h celui des Alpes. Des chaînes parallèles entre elles comme celles du Jura, et. courant du N.-O. au S.-E. comme le rivage de la mer Adriatique, couvrent la plus grande partie de l'Herzégovine et du
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Monténégro. C'est là, iur Loi confina dn Mont négro ei > 1 1 1 sandjak de Novl Basar, <|ue s'< les plus hautes cimea do la péninsule, lo I tor lusqu'lci réputé Inact laible, «'t le Kom dont • atteint près de 8000 mètroa. Loa ralléoa enchevêtrées ''t sans itiac da Monténégro ont permit tus liabitanta d'j maintenir toujours l< ur indépendance tie-è-vis dee Tara, M lac vallées allongées en rorme de oonloire, oui conduisent Benlea de le Turquie I i dîna la I
et l'Herségovine, ont favorisé loi révoltée
peuplée de Slaves, co tre le gouvernement ottoman Depuis ces dernières années, l'empcreuT d'Autriche s été chargé de faire occuper militairement ces provlnceSj ce qui équivaut à uni- annexion. Il a'eat réeervé le droit d'occuper aussi le sandjak de Novi-Baiar, laissé nominalemenl au sultan, et qui sépare la prinripauté de Serbie de celle de Monténégro, par là que doit passer le grand chemin de fer international de Vienne à Salonique
l.r système du Pinde et te Skhor-uogh. — Entre le Kom et l»-s Balkans des environs i pliia s'étend un plateau élevé, qui est le principal nœud orographique de la péninsule. C'est de là que descendent a la fois : la Morava et son affinent l'Ibar, vers le N. ; ITsker, au N.-E.; la Maritza, à l'E. ; la Strouma et le Vardar.au S.; le Drin, à l'O. De là aussi rayonnent les monts Dinarigues, au \.-0. ; les montagne au N.-E. qui vont rejoindre les Alpes de Transylvanie sur la rive opposée du Danube; le Skhar- Dagh, qui borde le plateau au s. et le rattache, du cùtê de l'E., aux Balkans et au l'espoto-Dagh; et enfin le système du Pinde, au S., qui couvre de ses ramifications l'Albanie et va former la charpente principale des montagnes de la Grèce.
Les montagnes de l'Albanie forment une foule de citadelles naturelles qui offrent autant de peints d'appui aux tribus hostiles et aux pachas rivaux les uns des autres. Ce pays est encore soumis à une véritable féodalité.
Toute la partie occidentale de la Turquie : la Bosnie, la Serbie, l'Herzégovine, le Monténégro, l'Albanie, est en réalité couverte de montagnes. La Thessalie offrait une plaine qui a été cédée à la Grèce.
Les Balkans. — La partie orientale de la Turquie, au sud des Balkans, est aussi très accidentée. Ces montagnes tournent leur pente la plus rapide du côté du S., et n'ouvrent de ce coté qu'un nombre restreint de passages souvent disputés et théâtres de luttes sanglantes. Du côté du N., au contraire, les Balkans forment une série de terrasses qui s'abaissent graduellement à travers la Bulgarie jusque sur le bord du Danube.
Les Carpathes. — C'est au N. de ce fleuve, entre sa rive gauche et le pied des Carpathes, que s'étend la plus grande plaine de Turquie, qui forme aujourd'hui le royaume de Roumanie. La pente en est dirigée au S.-E., et c'est aussi la direction que suivent les rivières ou torrents descendant des montagnes escarpées des Carpathes. Hautes de 2 à 3000 mètres, celles-ci ne sont pour ainsi dire pas abordées par les hommes. La frontière n'y est même pas jalonnée entre l'Autriche et la Roumanie. C'est le domaine des ours que les Tsiganes valaques vont capturerpour les promener h travers l'Europe. Et cependant ce rempart est traversé par plusieurs torrents et le sera bientôt aussi par plusieurs voies ferrées.
Côtes et îles. — Le littoral de la mer Noire, aux bouches du Danube, est, comme nous l'avons dit, couvert de marécages. On n'y trouve que le port de Soulina, à l'extrémité de la bouche médiane du Danube. En- descendant la côe au S., on trouve le port de Kustendjé, où le poète latin Ovide fut envoyé en exil; ce port a l'avantage
le plus rappri do Danube
a\.mt le gr iad coude qu'il fait au n , et un mm de 1er, le premier construit d Qtule,
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rod ÎM mgalia finit le territoire roumain si «■- ■ » 1 1 » meure la Bulgarie. C'esi de cette principauti r.nt patiie Varon, le meilleur port de la Turquie mit la mer Nuire ; il esi suasi r< lit par an < h min de fer avec le Daaul i U QouA. L
Kmineh marque la Bn des Balka i i do la
mer. Au S. de ce point, on remarque le petit golfe «h- Bourgat, puis le littoral, jusqu'ici d source au S.-E, i a détroit de < o i tantinople, qui rattache la mer Noire à la m>r de Marmara, est on véritable Beuve large sur plusieurs peints de quelqui taines de mètres seulement. Par leur constitution géologique, les Collines qui portent la H
des anciens, la Constantin!^ irétiens, la
Stambt ut des Turcs, appartienni nt différent de leur-, voisines de i Europe. Dn courant traverse constamment le Bosphore et porte
tus plus douces et plus légi res de la mer Noire dans la Méditerranée aux eaux plus salé s et plus I n autre courant plus profond
ramène au contraire une partie de celles-ci dans la mer Noire.
Constantinople jouit d'une position unique au monde, car, en même temps qu'elle commande la rente maritime, elle s,, trouve sur l'isthme | ; interrompu qui rattache l'Europe a l'Asie. Constantinople sur la rive européenne, Scutari sur la rive asiatique, ne forment qu'une seule et même ville, et d'ici à quelques années peut-être on les reliera ensemble par quelque grand pont jeté de l'uno à l'autre.
Rodosto, sur la mer de Marmara, est trop rapproché de Constantinople pour avoir grande importance.
Gallipoli, à l'entrée des Dardanelles, jouit des mûmes avantages que Constantinople du côté du Bosphore. Le détroit des Dardanelles, YHellespont des anciens, est plus long et plus large que celui de Constantinople. Comme ce dernier, il est parcouru par des courants rapides, qui rétablissent sans cesse l'équilibre des eaux entre les deux mers que le détroit réunit. En été, la mer de Marmara envoie des eaux à la Méditerranée soumise à une évaporation très active. En hiver, quand les eaux de la mer Noire se couvrent de glaces, ce sont celles de la Méditerranée qui entrent dans la mer de Marmara, la réchauffent, y désagrègent les glaçons et entraînent la débâcle dans les Dardanelles. Les Dardanelles ne sont franchies par aucun pont fixe, mais dans l'antiquité Xerxès en avait fait établir un pour le passage de >on armée, de mémo que Darius l'avait fait sur le Bosphore pour conduire ses troupes contre les Scythes.
Gallipoli commande une étroite péninsule resserrée entre les Dardanelles et le go'fe de Scrros qui s'ouvre sur l'Archipel. C'est cette péninsule (l'ancienne Ch&sonèse de Thrace) qui servit de première place d'armes aux Turcs quand ils entrèrent en Europe, cent ans avant de devenir maîtres de Constantinople.
Au delà du golfe de Saros, la côte de l'Archipel devient marécageuse. Enos, près de l'embouchure de la Maritza, n'est salubre que parce qu'on l'a bâtie sur une acropole élevée; aussi n'a-t-elle pu devenir le terme du chemin de fer de la Maritza, qui aboutit au havre voisin de Dédé-Agatch.
Au delà de l'île de Thasos, montagneuse comme toutes celles de l'Archipel, s'ouvre le golfe d'Orphano, avec les ports de Kavala et d'Orphano, ce dernier voisin de l'embouchure delà Strouma.
Les îles de Samothrace, Imbro et Lemno, rattachées administrative ment à la Turquie d'Asie, mais appartenant par leur situation géographique-
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à I Europe, surgissent de 1* Archipel entre la Chersonèse de Thrace et Thasos dont elles partagent l'aspect et la nature. Les vignes, les oliviers, les pâturages forment leurs ressources. Autrefois on y exploitait des marbres et de l'or.
Le golfe d'Orphano, au N.-E., et celui de Salonique, à l'O., limitent la curieuse péninsule de Chaicidiqtte. Elle se termine sur la mer par trois péninsules secondaires allongées comme les trois doigts de la main. La plus orientale, rattachée au continent par un isthme assez étroit pour que Xerxos l'ait fait jadis couper par un canal ouvert a ses navires, est terminée par \emo>tt Athos, qui drosse sa cime à 2 000 mètres au-dessus des flots. Celte péninsule est la propriété exclusive de moines grecs qui y vivent au nombre de 2 000 environ dans plusieurs couvents. Le montAthos s'appelle aussi .Montc-Santo à cause de ses édifices religieux. C'est h; nom qu'a pris le golfe suivant, entre la presqu'île du mont Athos et la presqu'île centrale, l'ancienne Sithonie. La troisième presqu'île [l'ancienne Pallène) et le golfe intermédiaire portent le nom de Cassandria.
Enfin on trouve Salonique, le premier port de la Turquie d'Europe après Constantinople, et qui la dépassera peut-être même quelque jour pour le trafic entre l'Europe centrale et le Levant.
Du côté de la mer Adriatique, les côtes de la péninsule appartiennent pour la plus grande partie à l'Autriche; cependant le Monténégro, jusquelà online dans ses montagnes, a obtenu 1rs deux ports d'Antivari et de Dulcigno. Plus au S., Durazzo sert aux relations de l'Albanie avec l'Itali'\ Auluna est le point d'attache du câble télégraphique qui relie lltalie à la Turquie. Entre Aulnna et Corfou se dressent les escarpements tre^ élevés des monts de la Chimère, fertiles en (S. Enfin Prévêsa, à l'entrée du golfe d'Arta, marque la nouvelle frontière entre l'Albanie restée au sultan et le royaume de Grèce.
Ii.k DR Crète. — C'est plutdt par les possessions asiatiques de la Turquie que la Crète se rattache à sa métropole; mais elle est regardée comme faisant partie de l'Europe, c'est pourquoi nous la décrivons i<'i. C'est une Ile allongée dans le sens de l'O. à l'E., et couverte de hautes montagnes dont la cime culminante, le mont I</a, atteint 2 500 mètres.
Elle était beaucoup plus prospère dans l'antiquité, grâce à. sa position intermédiaire entre la Grèce, la Phénicieel l'Egypte. Au moyen âge, elle fut aussi, sous le nom de Candie, une des possessions les plus précieuses de Venise dans la Méditerranée. L'administration turque l'a ruinée, d'autant plus que sa population hellénique supporte plus impatiemment le joug ottoman. Les oliviers, les vignes pourraient y donner de superbes produits. Les orangers y réussissent également. Plusieurs autres espèces précieuses sont groupées chacune dans un canton particulier : ici les chênes à vallonnée, là les cyprès, ailleurs les caroubiers, puis les chênes verts, les pins pignons.
La capitale de l'île est la Canée.
Climat. — Par sa latitude méridionale, par ses altitudes et ses expositions diverses, la Turquie est apte à réunir les productions les plus variées. Toutefois sa position avancée vers l'Orient, et le manque d'abris contre les vents descendus du pôle njrd, rendent son climat continental. La mer Noire charrie des glaces pendant l'hiver, et il neige de temps en temps à Constantinople, sous la latitude de .Naples. Eu retour l'été y est fort chaud, et la fièvre règne dans les pays marécageux qui bordent le Danube ou le littoral de l'Archipel. La peste sévit parfois à Constantinople.
Géographie agricole et industrielle. — Agriculture. — L'agriculture est dans un état déplorable en Turquie à cause du régime qui a longtemps
pesé sur le pays. La terre pourrait donner de tout presque sans effort, mais quel motif eût stimulé le zèle des laboureurs dans un pays où le fisc et les vexations des pachas les privaient presque entièrement du fruit de leurs peines?
Quoi qu'il en soit, la Roumanie, la Bulgarie, la vallée de la Maritza, la Thessalie sont d'excellentes terres à céréales, et les ports du Danube expédient, comme ceux de la mer Noire et la Hongrie, une partie des grains qui manquent à l'Europe occidentale. La Turquie est le pays du maïs ou blé de Turquie, qui entre en grande quantité dans l'alimentation locale. La Thrace renferme de véritables forêts de mûriers, qui servent à élever des versa soie dont les cocons sont expédiés aux filatures de France ou d'Italie. Le coton, le tabac, la garance réussissent, à merveille dans la Macédoine. Les bords de la Maritza produisent d'excellents vins. Les côtes et les îles de l'Archipel donnent, comme la Grèce, des olives et des raisins, dont on pourrait tirer de meilleurs produits. On trouve en Roumanie de bons vignobles. La Serbie donne aussi des céréales, mais elle expédie surtout les porcs qui s'élèvent en grands troupeaux dans ses forêts de chênes.
Le Monténégro et l'Albanie sont presque entièrement livrés au régime pastoral, le seul dont s'accommodent leurs belliqueux habitants, et ils approvisionnent Trieste et les côtes de l'Adriatique des moutons et des chèvres qui broutent sur leurs montagnes.
Industrie. — L'industrie est aussi très peu développée en Turquie. On y fabrique des armes, des vêtements brodés, des objets de sellerie, des bijoux, dont les Turcs, comme les Albanais, sont très fiers et aiment à se parer. La teinture en rouge d'Andrinople est réputée pour sa solidité, les tapis turcs pour leur moelleuse épaisseur. Mais il n'y a de grandes manufactures que près de Constantinople, de Salonique et de quelques grandes villes, et elles sant entre les mains d'étrangers, Grecs, Français, Italiens ou Anglais. Les minerais métalliques, très abondants en Serbie, en Roumanie et en Macédoine, sont entièrement délaissés. Les fleuves de ce dernier pays roulaient des paillettes d'or, à ce que nous rapportent les auteurs de l'antiquité ; on n'en recueille plus aujourdhui. Ailleurs on pourrait exploiter de l'argent, du plomb, du cuivre, du zioc, etc.
Commerce . — Cependant la Turquie fait avec le dehors un certain commerce. Les céréales en forment le principal élément, avec la soie, les laines, le tabac, les matières tinctoriales, le coton. Les échanges s'opèrent dans des foires encore très fréquentées, puis par les lignes régulières de navigation qui relient Constantinople avec les divers ports de la mer Noire, les échelles du Levant, les ports de Grèce, de l'Adriatique, et de la Méditerranée occidentale.
Chemins de fer. — Les chemins de fer commencent aussi à sillonner la Turquie. Nous avons déjà parlé de ceux qui, partant de Salonique, doivent relier ce port avec l'Autriche, et des lignes qui rattachent Kustendjé et Varna, sur la mer Noire, a Tchernavoda et à Roustchouk, sur le Danube. Constantinople est rattachée à la ligne qui suit le cours de la Maritza depuis son embouchure, passe par Andrinople et remonte jusqu'aux défilés par où l'on pénètre dans la Bulgarie, près de Sophia. Cette ligne traversera sans doute bientôt la Serbie, et formera la voie la plus directe entre Constantinople et Belgrade. Elle projette au N. un embranchement qui se dirige vers les Balkans et rattachera Constantinople et Andrinople à Roustchouk.
Mais c'est la Roumanie qui, de tous les Etats de la péninsule, offre sous ce rapport la situation la plus avancée. Bukarest communique avec Giur-
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TURQUIE
m vn, non escale sur le Danube. Celle même eu-
filiale est reliée p.«r deux li^ri*-» nvt-r- la lion trri.- : a première, traversent lea Carpathea .mv i
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Cronatadl en Tranejrlveoie. Dn autre chemin de fer partant de Bukareet se dirige sur Gelât le delta do Danube, et franchit le Pruth pour ettein- <iro k n-ii» 1 1 • ■ v . m Bessarabie, et 0 Gelets,
une autre branche traverse toute laMoldai
rattache par la Bukoviue et kl Gallcit .iin chemin!
de 1er de l'Autriche, de la Pologne et de la Roaale. Bain cotte menu' ligne projette .;i il-.. serJaaev. capitale de la Moldavie, un embranchement qui traverse aussi i,- Pruth et atteint Bender et Od
(. . si la voie la plus directe entre l'Europe occidentale et ce grand port. C'est une des plus rapides quand 00 pan de Londres ou de Paris pour atteindre Conatantinople.
Géographie politique. — Ethnographie. — La diversité des races <|ui habitent la péninsule des Balkans a préparé son morcellement politique pour le jour où leur maître commun ne aérait pinfort, par lui-même ou par ses alliés, pour maintenir sa domination.
Serbe$. — Au N.-O. de la péninsule , la Serbie, la liosnie, l'Herzégovine, le Muni sont habiiés par des Serbet de race tlax e, comme les pays voisins dn l'empire d'Autriche, la Croatie et l'Esclavonie . On évaluait le nombre de ces Serbes à I 800 000 environ BU 1878.
Roumains. — A l'E. des Serbes, sur la rive gauche du Danube, habitent les Houmavu. Ceuxci, au nombre de 4 millions et demi dans les limites du royaume de Roumanie, formeraient un groupe compact deux fois aussi nombreux, si on comptait les Roumains de la Bessarabie rui ceux de la Transylvanie autrichienne. 2 ou tOO m h autres Roumains suit dissémines dans le reste de la Turquie. Par leur nom, qui rappelle celui tes anciens dominateurs du monde, par leur langue et leurs traditions, les Roumains sont un peuple latin, comme les Français, les Italiens et les Espagnols. Leur véritable origine est moins claire, et on ignore s'ils descendent des Daces civilisés par les Romains, ou de légionnaires conduits de Rome dans ces régions. En tous cas, le souvenir de Trajan est pour les Roumains une sorte de culte, et il n'est pas un ouvrage ancien de quelque importance, pont, aqueduc, forteresse, qui ne porte dans le pays le nom de ce grand empereur.
Bulgares. — Au centre de la péninsule, au S. du Danube et sur les deux versants des Balkans, habitent les Bulgares, au nombre de 4 à 5 millions. Bien différents de leurs ancêtres partis des bords du Volga, qui étaient Touraniens comme les Finnois et les Tartares et ont laissé la réputation de sinistres ravageurs, les Bulgares se sont peu à peu slavisés, et aujourd'hui ils sont les travailleurs les plus robustes et les plus actifs de toute la Turquie. Ce sont les Bulgares qui font la moisson dans leur propre pays et chez leurs voisins.
Albanais. — Les Albanais, qui occupent les montagnes du S.-E. de la Turquie, appartiennent à cette race des anciens Pélasges qui peuplèrent la Grèce antique. Le métier des armes est celui qu'ils préfèrent, et ils vont en assez grand nombre servir, sous le nom d'Arnautes, dans les armées étrangères. Dans leur pays, ils se nomment Chkipétars ou gens des rochers, à cause des montagnes qui couvrent l'Albanie. Mais ils se divisent en deux branches rivales, se détestant l'une l'autre et sans cesse en hostilité : les Guègues, au N., et les Tosques au 6. On compte plus de catholiques latins parmi les premiers, plus de catholiques grecs parmi les seconds. La majorité des Albanais s'est du reste convertie, aa moins en apparence, à l'islamisme, pour jouir des avantages laissés par les Ottomans à leurs coreligion-
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