‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 448 sur 534 · la musulman fut alors · texte numérisé non relu

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jeun.-, et vieille Turquie), la mort de Mahmoud enfin el i avènement d'un sultan de seize ans, Abdul-Medjid, tout semblait menacer l'empire Ottoman d'un effroyable cataclysme. La formation du ministère très pacifiqu ■ de M. Guizot. en France J9oct. 1840), le découragement d<met-Ali qu'affaiblissaient l'âge et la maladie, la jalousie réciproque de l'Angleterre et de la Russie, terminèrent heureusement le conflit. Les puissances se réconcilièrent avec la France (deuxième traité de Londres, 1841), et une convention spéciale assura à la famille de Méhémet-Ali la possession héréditaire de l'Egypte; enfin le traité des Détroits ferma les Dardanelles à tout vaisseau de guerre qui n'aurait pas un laissez-passer du sultan.

Douze ans plus tard, la Russie, peu satisfaite des règlements de 1S41, assuma la responsabilité d'une guerre nouvelle, en envahissant les principautés de Moldavie et de Valachie (Juillet 1853). L'Angleterre, la France et le Piémont se portèrent garants de l'intégrité de l'empire Ottoman. La campagne de Crimée, durant laquelle les Turcs se montrèrent braves soldats (siège de Silistrie , aboutit, après la mort du tsar Nicolas (1855), au traité de Paris (1856). La Russie restituait une partie de la Bessarabie qui fut annexée à la Moldavie ; elle renonçait à son droit exclusif de protection en Moldavie et en Valachie; la mer Noire était déclarée neutre, et ouverte à tous les navires de commerce. Un an plus tard, les principautés de Moldavie et de Valachie furent réunies sous le nom de Roumanie. La convention du 19 août 18a8 assura l'indépendance du nouvel Etat.

La France avait joué un grand rôle dans le règlement de la question d'Orient. Nos désastres ont permis à la Russie de déchirer le traité, de I8>6. La conférence de Londres (1871), en rendant aux Russes le droit d'entretenir une marine de guerre dans la mer Noire, ravivait les plus chères espérances des catholiques grecs. La Bosnie et l'Herzégovine se soulevèrent (.1875), puis le Monténégro et la Serbie que soutenaient les Russes ^1816). La Russie à son tour intervint et

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recommença la campagne de 1820. La magnifique résistance des Turcs en Asie et surtout à Plevna et dans les Balkans Chipka , a témoigné qu'ils ont conservé les qualités militaires de leurs ancêtres. Mais les finances étaient épuisées, les soldats sans souliers et sans pain ; enfin de misérables querelles portaient la traliison dans les camps et le crime jusque dans le palais impérial.

Le traité de San-Stefano et la conférence de Berlin ont réglé l'état actuel de lOrient. La Russie rectifie ses frontières d'Asie en prenant Kars et Batoum. Elle prend la Bessarabie roumaine [945 999 hectares avee 150 OliO habitants). La Roumanie obtient en échange la Dobroutcha, terminée vers le sud par une ligne conventionnelle entre Silistrie et M angalia, et son prince a pris récemment le titre de roi. La Serbie et le Monténégro reçoivent l'autonomie complète, avec quelques rectifications de frontières. La Bulgarie est organisée en principauté vassale de la Porte, comme le forent jadis la Moldavie et la Valachie. La province de Roumélie orientale est soumise a une organisation spéciale sous le contrôle delà Bussie. . ssimis importantes de territoire sont faites i. la Grèce. Enfin, la Bosnie et l'Herzégovine sont occupées par les Autrichiens.

lu résumé, depuis le commencement du siècle, la Porte ottomane a perdu, en tout ou en partie, l'autorité sur la Grèce et les ileS, le Monténégro (en réalité toujours Indépendant), la BoBnie, l'Herzégovine, la Serbie, la Roumanie, la Bulgarie, soit près de 9 millions de sujets. lin Afrique, elle rce plus qu'une autorité indirecte sur l'Egypte, et elle a perdu Tunis (18.S1).

Devant ces pertes si considérables, en présence (ls agitations causées entre autres par les Grecs mécontents (lu traite de Berlin, devons-nous conclure que l'empire Ottoman est condamné, et que notre Biècle verra la tin du « vieil homme » •dont l'existence a été si souvent menacée? .Nous

oublions trop, en Occident, que le sultan n'est pas seulement le chef d'un Etat plus ou moins grand, appelé Turquie. Il est avant tout le chef sacré de l'orthodoxie musulmane. Depuis vingt ans, une renaissance religieuse s'opère dans l'Islam, semblable à la grande renaissance catholique du xvne siècle. Les forces, jadis éparses, du monde musulman sont aujourd'hui groupées en un faisceau solide. Le point central, d'où part le mot d'ordre et vers lequel tendent les efforts, c'est Constantinople. Pour le musulman orthodoxe, le caractère religieux du khalife se cenfond avec le titre politique du sultan. Même expulsé de Constantinople, le « commandeur des croyants » ne resterait pas moins le chef vénéré d'une religion dont les adeptes sont répandus aujourd'hui à travers l'Afrique, l'Asie et les archipels océaniens, des bords de l'Atlantique aux rivages du Pacifique. Sur cette vaste étendue de terres, les discordes religieuses se sont apaisées. Un mouvement « panislamique » vient de commencer. Nous en voyons aujourd'hui les premiers résultats. Mais en verrons-nous la fin ? Toutes les confréries religieuses, si nombreuses dans l'Islam, sont désormais en communion directe avec le sultan. Elles affectent, en apparence, de ne s'occuper que d'intérêts religieux. En réalité, elles se mêlent ardemment aux luttes du jour, depuis qu'Abdul- Hamid a fait de son titre et de ses privilèges de khalife la base d'une politique essentiellement panislamique. Sans doute, la presqu'île dos Balkans ne restera pas éternellement le théâtre où s'agitera la« question d'Orient ».Mais cette question se représentera, de longues années encore et sous des faces diverses, partout où les chrétiens sont, en contact avec des populations musulmanes, au Sénégal, en Algérie, en Tunisie, dans l'Inde, et jusque dans les archipels océaniens.

[L.-G. Gourraigne.] TYPOGRAPHIE. — V. Imprimerie.

USAGES. — Connaissances usuelles, X. — L'Académie définit ainsi le mot usay : « coutume, .pratique reçue. » Littré remarque qu'il y a une nuance entre les deux mots coutume et u-nije. « Suivant l'étymologie propre à chacun de ces mots, dit-il, usage exprime la manière d'user, de se servir des choses de la vie ; et coutume, les habitudes que l'on a de faire telle ou telle chose. » Mais, ajoute-t-il, « on dit indistinctement : c'est la coutume, ou c'est l'usage, »

Les usages ou les coutumes, puisque le sens des deux mots est à peu près identique, sont des habitudes générales qui ont été acceptées par tout un pays, toute une nation, toute une race. Ils entrent pour beaucoup dans ses mœurs, et caractérisent, pour ainsi dire, sa vie entière, intérieure et extérieure, d'une suite plus ou moins longue de gérations. De peuple à peuple, de région à région, même de province à province, — l'histoire et la géographie en (ont foi, — tout diffère, et souvent ■dans des proportions considérables : les croyances religieuses, les constitutions politiques, la langue, les relations de famille et de société, le costume, le régime dévie. L'ignorant, l'enfant en particulier, s'étonne, s'offense de cette diversité. Tout ce qui n'est pas conforme à son propre usage, tout ce qui ne se fait pas comme il fait ou comme il voit faire lui-même, lui paraît mauvais ou ridicule. H faut que l'instituteur réagisse contre cette disposition trop naturelle, qui n'est qu'une des mille formes de l'amour-propre.

... Mes petits sont nrgnons, Beaux, bien faits, et jolis sur tous leurs compagnons, dit le hibou, en parlant de ses petits, laids comme des petits de hibou. Il faut d'abord montrer à l'enfant que, sous cette diversité infinie, se trouve une communauté d'idées et de sentiments qui fait que, malgré tout, notre espèce est une, et qu'il n'y a que des différences de degré entre tous ceux qui ont comme nous l'honneur d'être des hommes. Le Mandingue, le Iolof, le misérable habitant de la Terre de Feu, ne ressemblent guère, cela est certain, à nos compatriotes policés et civilisés, mais le Mandingue ou le Iolof se cacheront comme le Français pour tuer ou voler leur prochain, parce qu'ils ont les uns et les autres quelque chose qui leur fait connaître ce qui est mal ; comme le Français aussi, le Iolof et le Mandingue se jetteront dans l'eau d'un torrent ou dans les flammes d'un incendie pour sauver leur enfant ou leur ami, parce qu'ils ont de même la conscience du bien. Il faut montrer ensuite que ces usages si différents peuvent le plus souvent s'expliquer par des raisons très naturelles ou très respectables. Les uns sont, d'ordinaire, imposés en quelque sorte par des nécessités de climat, de situation ; les autres viennent de traditions que les générations se transmettent comme un héritage ; beaucoup sont des indices de croyance ou de race. Il est peu de costumes plus bizarres en apparence que celui des Lapons ou des Esquimaux, et nul de nous ne voudrait goûter à la cuisine de ces pauvres gens;

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c Bit cependant le seul costume el le alimentaire qui puieaent leur permettre de vivre dîna l' i Iprei solitudes de pôle \ une taire extrémité 'in globe, I'1 long vêu ment de laine do l'Aptbo esi le miens approprié ■* l'erdeni soleil déserta ; le turban oriental eel on ?» i tr i » « - extérieur do la religion de Mahomet ; et le Chinois, qui < ■ 1 1 1 i gre aujourd'hui dana toutes lee partiel du monde, ne renonce nulle part 1 1 .1 1 « ■ r » l: » i < * ireeee de cheveux qui pend de u tète rasée, parce qu'il y voit le extérieur de la patrie absente ci d'une nationalité qu'il ne veut pas perdre. <>n expliquerait de mémo mu' Inflnitd d'autres usages, qui ceaeent, ainsi compile, de paraître singuliers; et ce ne sera psi ii- moindre résulut de l'étude bien entendue 'lu monde et dei peuples que d'inspirer s l'enfant l" respect des manières d'être d'auirul dim ce qu'sllei ont (!'■ respectable, et, dans tous lei cas, un esprit élevé de sympathie el de bienveillance pour tout ce qui n'eel point semblable à lui. n On n'of- j Censé jamais plus les hommes, a dit Montesquieu, que lorsqu'on clioque leurs cérémonies •■( leurs u^.iL-<"-, ■ et, ''n définitive, les hommes <>nt le plus souvent raison, puisque le plus souvent ces céré- ! monics et ces nva.vN tiennent au fond même de leur vie d'individus ou de peuples.

Il y a lieu toutefois de distinguer, tant pour les autres que pour nous-mêmes. S'il est un fond commun d'usages que nous devons respecter et garder quand même, il en est aussi d'autres qui tiennent seulement à telle forme particulière de l'existence d'une nation, qui marquent, si l'on | veut, telle période de cette existence, mais qui doivent cesser dès qu'elle a pris tin, et que la nation s'est élevée à une vie plus haute. Le maintien opiniâtre et déraisonnable d'un usage qui n'a plus sa raison d'être peut être un obstacle au pi « C'est, dit très justement Condillac, lo son des usages otalilis de subsister encore après que les besoins qui les ont. fait naître ont cessé. » On a souvent cité cette plaisante anecdote d'une sentinelle placée depuis un temps immémorial devant une porte intérieure du palais de Versailles. In jour, on se demanda pourquoi on mettait là cette sentinelle, puisque les autres portes n'en avaient point, et l'on reconnut, après information, que la sentinelle avait été mise à un moment où la porte venait d'être repeinte, pour prévenir contre les taches ceux qui viendraient à passer. La consigne n'ayant pas été levée le lendemain ni les jours suivants, on avait continué à envoyer la sentinelle, et cela durait ainsi depuis une vingtaine d'années. 11 y a beaucoup de ces sentinelles-là dans notre histoire, et probablement aussi dans l'histoire des autres peuples. Cela s'est toujours fait de cette façon, donc cela doit continuer à se faire de cette façon, est une formule de raisonnement et aussi une manière de vivre familière à beaucoup de gens. C'est de là que naît l'esprit de routine, qu'on nous a tant reproché, qui nous empêche d'accepter, par crainte de la nouveauté, les améliorations les plus légitimes. Entre cette ténacité rétrograde qui n'admet rien, et l'esprit de versatilité et de témérité, qui fait table rase de tout, il y a la mesure qu'indique le bon sens, et à laquelle l'instituteur doit, dès l'école, accoutumer son élève. « J'avais, dit Descartes, un extrême désir d'apprendre à distinguer le vrai d'avec le faux, pour voir clair en mes actions et marcher avec assurance en cette vie. Il est vrai que, pendant que je ne faisais que considérer les mœurs des autres hommes, je n'y trouvais guère de quoi m'assurer... En sorte que le plus grand profit que j'en retirais était que, voyant plusieurs choses qui, bien qu'elles nous semblent fort extravagantes et ridicules, ne laissent pas d'être communément reçues et approuvées par d'autres grands peuples, j'apprenais à ne rien croire trop fermement de ce qui ne m'avait

nusdé que par l'exemple et parla c ntome; ji- me délivrai! p«*u s pi a de b< d'erreurs qui peuvent offusquer notre lumière naturelle ci ni ui rendre n, lea il i n ten-

dre rail i l.t ce prand esprit, si firme et g|

hardi, '. pour t'uit ce qu'il ne peut pis

mettre à l'épreure de son jugement personnel, à ne choisir, dit-il, •■ entre pluiieun opinion lement reçues, que les plat modérées,

que M sont toujours les plus commodes pour la

pratique, et vraisemblablement les meilleures totH

vint coutume d'être mauvais, commi afin de me détourner moins du vrai chemin, en cas que jo raidisse, que si, ayant choisi l'on des extrêmes, c'i fit été l'autre qu'il efit fallu suivre. ■> (Discours de lu Mëthod», I** et I* partii . Cette mesure, que réclime nrtoet

u*d de cette partie de nos u qu'on appelle les modes, et H \ ■ des moi

i ne chose folle, dit li Bruyère, el qui découvre bien notre pet t l'iaeuji :

ment aux mottes, quand on l'étend à ce qui concerne le L'ouï, le vivre, la santé et la conscience. » La cou- "-t bon là ce qu'a 'lu la Bruj ère. Et, en effet, il n'y a pas seulement une mode pour les habits et les toilettes; à l'égard de clle-là, la Bruyère donne un conseil qui doit être, dans quelque condition que l'on pulai

trouver, la règle de toute personne sage : <> Il y a, dit-il, autant de faiblesse à fuir la modo qu a l'affecter. >< Mais on peut dire qu'il est aussi une mode pour la conscience, cette mode h laquelle on obéit en voulant faire comme les antres, rarement comme ceux qui font bien; qui pousse, par exemple, le petit enfant de l'école à fumer en cachette comme son camarade plus grand; 1 apprenti à jurer, à sacrer, à mettre sa casquette sur i'oreille comme l'ouvrier; l'ouvrier lui-même... ce thème pourrait aller loin, a Un dévot, dit la Bruyère — il entend ici le faux dévot — est celui qui, sous un roi athée, serait athée. » Justifiant cette ironie, bon nombre de ceux pour qui la Bruyère écrivait au temps de Louis XIV vieilli sont devenus les roués de la Régence, et on pourrait suivre ainsi, aux différentes étapes de notre nation, l'action de la mode sur les mœurs. A l'encontre de ce travers, qui est, hélas ! de toutes les époques, il faut conclure, comme la Bruyère, à la fin du beau chapitre auquel nous avons emprunté ces citations (chapitre xm, Ue la mode) : « Chaque heure en soi, comme à notre égard, est unique : est-elle écoulée une fois, elle a péri entièrement, les millions de siècles ne la ramèneront pas. Les jours, les mois, les années, s'enfoncent et se perdent sans retour dans l'abîme des temps. Le temps même sera détruit : ce n'est qu'un point dans les espaces immenses de léternité, et il sera effacé. Il y a de légères et frivoles circonstances du temps qui ne sont point stables, qui passent, et que j'appelle des modes, la grandeur, la faveur, les richesses, la puissance, l'autorité, l'indépendance, le plaisir, les joies, la superfluité. Que deviendront ces modes, quand le temps même aura disparu? La vertu seule, si peu à la mode, va au delà des temps. »

Parmi les usages, ceux sur lesquels il convient le plus d'édifier l'enfant, de lui donner des idées justes et des sentiments vrais, sont ce que l'on peut appeler les usages de sociabilité, de civilité, qui règlent les rapports de famille, d'amitié, d'alliance, et les rapports plus généraux que nous devons avoir avec nos voisins, avec nos compatriotes, même avec tous les autres hommes. L'article Civilité, dans la Irc Pap.tie de ce Dictionnaire, 1 article Sociët", dans la IIe, font connaître ces rapports dans leur ensemble, et le premier de ces deux articles renvoie, pour les détails, à des ouvrages spéciaux. Nous insisterons ici sur la

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nécessité qu'il y a, selon nous, à instruire l'enfant, dès les premières années, sur ses obligations de civilité, à préparer en lui ce que l'on appelle, d'un terme très expressif, l'homme d'usage, lliomme de bon usage. On sait que Rousseau, — pour cause peut-ôtre, — ne tenait pas beaucoup à cette préparai ion : « Gardez-vous surtout, dit-il, de donner à l'enfant de vaines formules de politesse, qui lui servent au 1 esoin de paroles magiques pour soumettre à ses volontés tout ce qui l'entoure, et obtenir à l'instant ce qui lui plaît. Dans l'éducation façonnière des riches, on ne manque jamais de les rendre poliment impérieux, en leur prescrivant les termes dont ils doivent se servir pour que personne n'ose leur résister : leurs enfants n'ont ni tons ni tours suppliants; ils sont aussi arrogants, même plus, quand ils prient que quand ils commandent, comme étant bien plus sûrs d être obéis. On voit d'abord que s'it vous plaît signifie dans leur bouche il me plaît, et que je vous prie signifie je vous ordonna. Admirable politesse, qui n'aboutit pour eux qu'à changer le sens des mots, et à ne pouvoir jamais parler autrement qu'avec empire! Quant à moi, qui crains moins qu'Emile ne soit grossier qu'arrogant, j'aime beaucoup mieux qu'il dise en priant : /ailes ce/a, qu en commandant : je vous prie. Ce n'esl pas le terme dont il se sert qui m'importe, mais bien l'acception qu'il y joint. » [Emile, livre II.)

C'est là une do ces sorties à côté, comme il n'y en a que trop dans l'Emile. Sans doute on peut abuser des formules de politesse, comme on abuso do tout en éducation. Un enfant répond à sa mère, qui lui refuse ce qu'il désirait : « J'avais dit pourtant : s'il nais plaît. » C'est qu'on lui a faussé les idées, en lui laissant croire qu'il suffit, pour obtenir ce qu'on demande, de le demander poliment. Sans renoncer le moins du inonde à une autorité bien entendue, sans imposer non plus une humiliation servile, les parents et les maîtres peuvent parfaitement enseigner à l'enfant l'usage de pn cédés qui ne sont autre chose que la reconnaissance de sa situation i celle à l'égard des autres. Lui, qui n'a que le droit de vivre, lui qui dépend, en quelque sorte, de la société tout entière, est tenu plus que personne de rendre à chacun en égards, en déférence, en respect, ce qui lui est du. Et cela, une fois bien compris, est un excellent apprentissage pour toute la suite de sa vie, puisqu il aura toujours des supérieurs, quelque haut état qu'il atteigne. La civilité, et ce qui en est comme la line fleur, la politesse, devraient être considérées, dans nos sociétés démocratiques, comme partie intégrante de la morale. sont, en effet, la manifestation extérieure de sentiments qui forment comme la base de toute civilisation vraiment digne de ce nom, le respect do soi-même et le respect des autres. C'est la juste notion de ce que nous sommes, de ce qui nous est dû et en même temps de ce que nous devons à autrui, qui doit régler nos rapports avec nos semblables selon leur âge, leur sexe, leur situation.

Les sociétés anciennes ont eu une autre forme et un autre principe de civilité et de politesse; elles ont eu létiquette, le cérémonial, procédant de cette pensée que ceux qui gouvernent, que ceux qui possèdent la souveraineté, quelle qu'en soit la source, et aussi les mandataires du sou\erain, sont en quelque sorte des émanations de la Divinité, et ont droit comme tels à des honneurs d'une nature toute particulière, qui les distinguent du reste des hommes. Nul plus que le roi Louis XIV n'éleva au-dessus de toute proportion humaine cet idéal du droit divin monarchique, qu'il représentait d'ailleurs avec une solennelle dignité. Il eût été, dans toute la force du terme, adore, s'il l'avait 2e Paktie.

voulu ; Il le fut presque, par le maréchal de la Feuillade. Aussi les actes les plus ordinaires de sa vie empruntaient au caractère même dont il se croyait revêtu je ne sais quoi de sacré; dans sa conviction profonde, comme le remarque M. Taine dans son livre sur l'Ancien régime, manger, boire, se lever, se coucher, c'était faire acte quasi divin; c'était, en quelque sorte, « officier». Mais les traditions s'effacèrent peu à peu. Il paraît que, sous louis XVI, il ne se faisait plus « de ces silences à entendre marcher une fourmi, » selon l'expression de Saint-Simon. « Sire, disait le maréchal de Richelieu, sous Louis XIV, on n'osait dire mot; sous Louis XV, on parlait tout bas; sous Votre Majesté, on parle haut. » Quelques années plus tard, on devait parler bien plus haut encore; la Révolution décapitait la vieille royauté en la personne de « Louis Capei » ; dans sa passion d'égalité, elle détruisait tout ce que cette royauté avait le plus respecté, jusqu'aux titres de dignité et de noblesse, jusqu'à la particule nobiliaire, substituant aux habits de cour la carmagnole et le bonnet rouge, substituant le tutoiement soi-disant républicain aux formules qui avaient servi comme de démarcation infranchissable entre les classes privilégiées et celles qui ne l'étaient pas. D'autres temps, d'autres mœurs nous ont ramenés un peu en deçà de cette brutalité, que noire caractère ni notre langue ne comportaient pas. et nous nous sommes aperçus qu'il n'est pas absolument nécessaire d'être emphatiques, voire grossiers, pour être libres.

Appelons-nous messieurs, et soyons citoyens,

a-t-on dit fort justement; c'est-à-dire ayons la politesse du langage et des manières, qui ne doit être autre chose que l'expression exacte de la politesse des moeurs, a La civilité, ditSaint-Evremond, est un jargon établi par les hommes pour cacher leurs mauvais sentiments; » elle est encore, selon Fléchier, a un commerce continuel de mensonges ingénieux. » C'est là confondre l'abus avec la légitime pratique d'une vertu — nous irons volontiers jusqu'à ce mot — qui est la condition même de la sociabilité. Rien plus judicieusement La Bruyère remarque « qu'avec de la vertu, la capacité et une bonne conduite, on peut être insupportable. » (.'est presque le cas du Misanthrope de Molière. «Lis manières, que l'on néglige comme de petites choses, ajoute encore La Bruyère, sont souvent ce qui fait que les hommes décident de vous en bien ou en mal.» Et, en effet, faute de meilleures preuves, ils y sont bien obligés; et, s'ils se trompent en cela, ce n'est point la faute des manières, mais de ceux qui, rendant hommage à leur légitime influence, s'en servent souvent comme d'un masque pour paraître autres qu'ils ne sont. Ne pas couvrir la voix du voisin dans un cercle ou une compagnie, donner ou rendre le salul à ceux à qui nous le devons; s'arrêter pour céder le pas ou le haut du pavé à une femme, à un vieillard : leur laisser les fauteuils et se contenter d'une chaise ; s'asseoir décemment et convenablement, et ne pas s'étendre sur un divan ou sur un siège; ne pas s'approcher de la cheminée de manière à empêcher les autres de se chauffer; ne pas interrompre ceux qui parlent devant vous ou avec vous ; ne pas mettre de brusquerie dans les discussions; éviter toute apparence d'incongruité, de malpropreté : voilà, entre bien d'autres, des actes qui témoignent de cette justesse dans l'esprit et de cette bienveillance dans les sentiments sans lesquels il ne saurait y avoir de bonnes relations sociales. C'est là qu'est la véritable civilité et la véritable politesse, beaucoup plus que dans la manière de rompre son pain, de tenir sa cuiller ou de mettre sa serviette. Nos pères, ainsi que le rappelle l'article sur la Civilité dans la Ire Partie

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- sociaux, on ne s'étonnera pas «in voir la question de la vaccination a l'ordre du Jour dans lea congrès d'hygiène Bruxelles, Paris, Turin . dans lea assembléea lég slatives, giène et lea académies. L'ennemi eal t< uj i ra 1 1,

— ant autour de nous : il ini| le surveiller sans e le tenir en échec en

attendant sa complet in.

Les discussions scientifiques Buscitées récemment, dans tout le monde civilisé, au sujet de la variole et d" la vaccination, ont révélé ou plutôt affirmé l'existence d'une opposition aseei br composée d'un petit nombre d'hommes coni sans doute, mais dont la conviction devrait être plus éclairée. Celte minorité a rendu de grands services à la cause qu'elle combat. Elle a les défenseurs de celle-ci à réviser les travaux anciens, a li s soumettre aux épreui >cédés scientifiques actuels, à rassembler les éléments de nouvelles statistiques ; elle a signalé les omissions, mis en lumière les défaillances, réveillé l'esprit public qui s'oubliait dans une fausse sécurité.

On appelle vaccination une opération qui consiste à inoculer le virus vaccin. L'inoculation consiste à introduire artificiellement dans l'économie, par piqûre ou autrement, le principe matériel, le virus d'une maladie contagieuse. On appelle vaccin (de vacca, vache) une humeur viruleute recueillie primitivement sur des pustules qui surviennent aux mamelles des vaches alTectées d'une maladie éruptive nommée variole des vaches, picote, cow-p x, etc. Ce virus est doué d'une propriété antivariolique, c'est à-dire qu'une fois introduit dans l'économie, il préserve de la variole ou petite vérole.

La variole est une maladie générale fébrile accompagnée d'éruption pustuleuse. On n'a général- ment qu'une fois cette maladie, comme la fièvre jaune, la peste d'Orient, la lièvre typhoïde, la rougeole, la scarlatine, etc. La variole est quelquefois sporadique, c'est-à-dire limitée à un seul ou à un petit groupe d'individus, mais souvent elle devient épidémique. C'est une affection contagieuse et miasmatique, c'est-à-dire inoculable par contact et transmissible à distance par l'air.

La variole a été le fléau le plus terrible de l'humanité. Elle a existé de temps immémorial dans l'Inde et dans la Chine. On doit lui attribuer plusieurs épidémies mal désignées, entre autres la peste d'Antonin (165-180). Elle sévit en Arabie en 572. En 640 Omar l'introduisit en Egypte par son armée. De là le fléau fut transporté par les Sarrasins en Espagne, en Sicile, à Naples. Grégoire de Tours mentionne sa première apparition en France l'an i80. Les croisades l'éparpillèrent dans toute l'Europe. Fernand Cortez l'introduisit au .Mexique d'où elle envahit toute l'Amérique.

L'épidémie de 1614 fit le tour du monde. Celle

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avons donc raison de dire que l'ennemi ne nous • de trêve, et que contre lui «rien

fait quand il reste à faire. •

I en Asie, au foyer originaire de la variole, que l'on a découvert et mis en pratique 1 inoculation préservatrice. Depuis k s temps les plus l on inoculait en Circassie. et même parfois en Grèce, le virus variolique. On avait remarqué que les sujets atteints une fois de la variole étaient à peu près assurés contre la récidive. L'idée de donner volontairement la maladie sous une forme bénigne, pour assurer contre l'invasion d'une forme mortelle, Pour cela, on cho.du virus sur des sujets atteints de variole discrète, atténuée naturellement, et on l'inoculait par le moyen de piqûres.

L'inoculation variolique fut importée à Constantinople en [673, et son usage se répandit rapidement. En 1716, lady Wortley Montague. ayant accompagné à Constantinople son mari nommé ambassadeur d'Angleterre près de la Porte, fit inoculer son fils. A son retour en Angleterre (1718), elle se dévoua avec succès à la vulgarisation du procédé oriental, qui fut bientôt adopté par un grand nombre de médecins.

Quelque précaution que l'on prit de choisir un virus aussi faible que possible, la variolisation offrait toujours un certain danger. Il mourait, en moyenne, 1 sujet sur 200 soumis à l'inoculation.

Malgré l'exemple de l'Angleterre, la variolisation ne fut autorisée en France qu'en 1764.

Nous venons de voir que la variolisation nous fut importée d'Asie. Nous aurions pu recevoir longtemps auparavant, de l'Inde, un procédé de préservation bien supérieur, celui que l'on emploie exclusivement aujourd'hui sous le nom de vaccination. Le virus vaccin était employé dans l'Inde dès la plus haute antiquité. Le hasard en avait sans doute fait découvrir les propriétés aux bergers hindous, comme il les fit observer bien des siècles plus tard aux bergers européens. Quoi qu'il en soit, les médecins de l'Inde s'emparèrent de la découverte : iis inoculèrent à l'homme le vaccin animal recueilli sur les mamelles de la vache, puis pratiquèrent l'inoculation de bras à bras. La preuve, de la haute antiquité de ce procédé, nous la trouvons dans le texte suivant de l'un

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■des Védas ou livres sacrés de l'Inde, qui a pour premiers essais furent faits eu 1800 par un comité

titre Sactaya graniham, et qui fut écrit par le qui vaccina trente enfants.

«âge Danouantara ou Danavandri, qui fut le père Avant de décrire le procédé opératoire et les de la médecine dans ce pays : résultats de la vaccination, nous devons expliquer « Prenez du fluide des pustules du pis d'une va- ce que l'on sait aujourd'hui sur la nature du vaccin. che, ou bien du bras, entre l'épaule et le coude, I La maladie des \ aches nommée cow-prx (variole d'un être humain; recueillez le sur la pointe de la vache) en Angleterre, a reçu en France les d'une lancette, et introduisez-le dans le bras, noms de vaccine, picote, va1 •■iole. vr.role de* vaches. au même endroit, en mêlant lo fluide avec le La maladie se manileste surtout par une éruption sang ; la fièvre de la variole sera produite, de pustules sur le pis et les trayons. On compte Cette maladie sera alors très douce comme l'ani- parfois quinze à vingt pustules dont la grosseur mal dont elle sort. Elle ne pourri inspirer au- varie depuis le diamètre d'une lentille jusqu'à cecunc crainte et n'exige point de remède : on peut lui (l'une pièce de cinquante centimes. Vers le accorder au patient le régime qu'il désire. On troisième jour le centre de la pustule se déprime, pfut se borner à une seule piqûre ou en prati- une aréole enflammée l'entoure et grandit avec quer jusqu'à six. La pustule est parfaite quand elle jusque vers le dixième jour. En même temps elle est d'une bonne couleur, remplie d'un liquide j on constate la sensibilité douloureuse, le gonfleclair, et environnée d'un C' rcle rouge. Il y a une ment des parties affectées, le manque d'appétit, fièvre légère d'un ou deux jours : quelquefois un la fièvre; le lait perd de sa qualité, diminue de ■ accès de froid, un gonflement sous l'aisselle quantité ou même se tarit. A partir du dixième

et d'autres symptômes; mais tous d'une nature bénigne et sans danger. »

I. Bsculape bindo i ayant reçu les honneurs divins, il y eut obligation et piété à recourir au remède qu il avait décrit avec tant de précision.

Les Anglais, maîtres de lHindoustan, n'avaient doue qu'à regarder autour d'eux pour apprendre le secret traditionnel de la vaccination, dont le procédé opératoire avait toutefois un peu changé: les Hindous modernes trempaient un fil dans le vaccin, le passaient dans une aiguille et le conservaient pour 1 introduire entre cuir et chair dans la partie -npéricure du bras. Mais les Anglais ne l'ont pas fait; et c'est a un Français qu'ils ont emprunté l'idée que d'ailleurs ils furent les premiers à mettre en pratique et à propager en Europe.

Vers 17«i vivait à Massilargues, près Lnnel, un ministre protestant nommé Rabaut, que l'on désignait sous le nom de Habaut-Pomier, pour le

jour, on voit se former, au centre des pustules, des croûtes qui tombent du dix- huitième au vingtquatrième jour, laissant à leur place des ulcères souvent difficiles à guérir. 11 est très important de vulgariser ces connaissances sommaires sur la vaccine, afin d'obtenir le signalement de tous les cas qui se présentent.

Cette variole des vaches n'est point identique à la variole humaine. Si l'on inocule à la vache le virus varioleux humain, il ne lui donne point la vaccine, mais conserve son individualité ; et après plusieurs cultures ou inoculations sur la vache, il reproduit chez l'homme la variole avec tous ses dangers. La vache n'a donc pas reçu de l'homme sa maladie. Mais un a tout lieu de croire qu'elle la tient du cheval.

On connaît, en effet, une variole du cheval {horse-pox en anglais; analogue à celle de la vache, qui se manifeste par des symptômes généraux et

•ur. Rabaut pensa que, si Ion rem- parfaitement semblables à celles de la vaccine, s variolique par le virus de la picote qui ont produit la même immunité contre la va-

■ de son frère, le fameux conventionnel Ra- par une éruption pustuleuse. C'est une variété baul Saint-Etienne. Il avait entendu dire par les j de la maladie communément appelée eaux aux pâtres que l»-s personnes qui s'inoculaient par ha- jambes, ou jav.rd (de l'italien giavardo). En *ard la picute des vaches n'étaient jamais atteintes plusieurs occasions on a inoculé à l'homme le vide la variole. L inoculation vanoliquo était alors [ rus équin (ducheval), et l'on a obtenu des pustules en pleine fave

plaçait le viras vanonque par (\irus vaccin), on obtiendrait une. préserva ti m efficace sans courir les dangers de l'inoculation variolique. Il communiqua ses idées à deu\ Anglais qui venaient habituellement passer l'hiver à M mtpellier : c'étaient M. Ireland, négociant de Cristol, et le Dr Pugh, de Londres. M. Pugh promit de l'aire part de cette idée à un médecin de ses amis nommé Jenner, qui s'occupait beaucoup d'inoculation. Il tint parole. Jenner savait qu'en Angleterre, comme en France, les personnes occupées à traire les vaches s inoculaient parfois le covu-j ox ou picote, et qu'il en résultait — disait-on — une immunité contre la variole. Le conseil de Uabaut lui fit faire une première expérience le 14 mai 1796. Ce fut une vachère, Sarah Nelmes, qui fournit le vaccin transmis au jeune Philps, âgé de huit ans. Pour vérifier si la vaccination avait réussi, Jenner essaya deux fois à quelques semaines, puis à quelques mois d'intervalle, d'inoculer de nouveau virus vaccin à son sujet, mais il se montra réfiactaire, et le savant médecin en conclut que l'expérience était probante. En l"l>8 il publia un premier mémoire sur la vaccination, mais sans mentionner le nom de son inspirateur. Celui-ci se contenta, plus tard, de faire certifier par M. Ireland la part qui lui revenait dans les travaux de Jenner. Sans rien retrancher des justes hommages accordés au médecin anglais, habituonsnous à associer à son nom celui du modeste pasteur liabaut.

qui ont pr

riole et contre les revaccinations à court délai. De plus, on a inoculé à la vache le virus équin et l'on a constaté chez elle le développement régulier de la vaccine dont les pustules ont efficacement servi à la vaccination humaine. De cet ensemble de faits on est déjà autorisé à conclure que la vaceme et Yéquii-e horse. -pox, javard variolique) sont identiques; ou du moins que la maladie de la vache provient du cheval par inoculation acci lentelle. H est à remarquer d'ailleurs que l'on a surtout observé la vaccine là où les mêmes personnes soignaient les chevaux et les vaches et servaient, sans le savoir, d'intermédiaire pour i'inoculation.

Ces faits sont d'une importance capitale pour l'avenir de la vaccination Ils permettent d'espérer l'extinction complète de la variole par un préservatif énergique, de source inattaquable, et facile à renouveler.

La variole spontanée du cheval est une maladie fébrile accompagnée d'une éruption aux naseaux, aux lèvres, aux cuisses, aux. extrémités des membres et au pli du paturon. Le Dr Carro, propagateur de la vaccination en Autriche, a vacciné un enfant avec du virus équin et a envoyé dans 1 Inde le contenu des pustules développées sur son bras: telle est laprovenance du vaccin moderne aujourd'hui employé dans la patrie originaire de la vaccination. , ,.

Avant de décrire la vaccination et ses résultats

Les médecins français mirent peu d'empressé-' immédiats, dissipons en quelques mots des prL ment à lépeter les expériences de Jenner; les I jugés qui ont cours dans les familles relativement

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\ cette petite opération, il Importe, surtout en on note un moavemeul fébrile i e'estls temps (1 épidémie de vai ci ier 1m enfants dès leur - inale} qui dore deuxou

variole naturelle HUque principalement les enfante en bas âge, Dana li - 1

la vaccine est inconnue on peu pratiquée, la ma-

t peu d'adultes, t'eai dan la jeune génération ae trouve pt

voit le tléna sévir principalement sur 1rs pi

dont négligé la revaccination. Pendani lea épidém o> on a calculé que les enfai I

n oins cl nu an Bgurent pour un quinslème des il y a tout avantage à vacciner pendant la ; re semaine, l'enfani se trouvant alot-

la surveillance naturelle du médecin. On n'areconnu a cette pratique aucun inconvénient.

On, ralement qu'il faut éviter de vac-

ciner - • n hiver : L'expérienc

que la vaccination téussit également bien dans us, tant pour son innocuité que son efficacité. La vaccination non interrompue présente d'ailleurs l'avantage d'alimenter les sources «le vaccin, ce qui permel d'en avoir toujours mus la main dans les condiiions désirables.

Si l'on vaccine les enfants de bonne heure, on n'a pas à s'inquiéter des crises <>n périodes de la dentition. Main, quand on a négligé ce soin, la dentition ne doit pas faire retarder plus longtemps si l'on a quelque raison de craindre l'infection. En tout cas on doit procéder a l'opération aussitôt après l'évolution d'une crise dentaire.

La grossesse et l'allaitement ne sont pas des empëchementB à la vaccination ou à la revaccination.

La vieillesse n'est point un préservatif pour les personnes qui n'ont pas été vaccinées et revacci-

La vaccination est une opération si simple que la loi, voulant favoriser la diffusi »n de la vaccine dans les campagnes, a autorisé les sages-f> à la pratiquer. Il suffit, en effet, de tenir la anla pointe en bas, de manière a faire écouler le vaccin vers la pointe, et de la faire pénétrer sous l'épidémie, sans aller assez profo:,u nient pour faire sortir du sang qui entraînerait 1» » Rien de plus facile assurément. Mais cela a I as. Il faut d'abord, si l'on vaccine de bras à bras ou si l'on recueille soi même d'avance le vaccin, juger, en toute co?inaissn?ice de cause, la santé de L'enfant vaccinifère et celle de ses parents ; puis surveiller le développement des pustules vaccinales pour s'assurer de leur qualité et ne pas les confondre avec les pustules àcfamse vaccine. Evidemment ces obligations dépassent de beaucoup la compétence des sages-femmes et rentrent dans celle des médecins.

Voici, en résumé, ce que l'on constate après une vaccination pratiquée dans de bonnes conditions. Le premier jour il se manifeste, au lieu de la piqûre, une petite rougeur qui s'efface bientôt. Le quatrième jour on voit paraître une petite élevure rouge qui s'élève en pointe le cinquième jour, s'élargit en pustule pendant le sixième, et se creuse, se déprime au centre, le septième jour. Le huitième jour la pustule s'entoure d'une aréole enflammée qui s'accroît le neuvième j ur et atteint 4 à 5 centimètres de diamètre. Au dixième jour, l'aréole commence à disparaître. La pustule sèche vers le onzième jour, et du quinzième au vingtième la croûte tombe, laissant à sa place une cicatrice profonde brunâtre, plissée, qui plus tard devient d'un blanc nacré.

Le cinquième jour après l'inoculation on remar- (,u i déjà quelques désordres dans la santé de l'enfant, surtout, si les piqûres ont été nombreuses. Tout se borne d'ailleurs à un peu de dk« rhée ou d'abattement et de mauvaise humeur. Vers la fin du huitième jour, lorsque les ganglions de l'aisselle cuiiim.euce.ut à s engorger et que l'aréole s'étend,

Si h père avec du vaccin énergique pria sur

la vache ou aoumla à u petit nombre de I plantations, mus los phénon • ■■ ut, la

pustule est pins larg i, le liquide plua opalin, l'a* réole plus étendue. La fièvre acquiert une Intensité conaldérable. La i tumbe quo du vingtième au vingt deui ème jour.

Quelquefois, au lieu de cette vaccine vrai* ot patine, Il ne ae développe qu'Ai fausi cine de ml effet. Voici alors ce que l'on ol, Le lendemain ou le surlendemain des piqûres il se forme des pustul leur apparition, sans dépression centrale, au sommet, s'ouvrant a la moindn . Elles

il du troisième au cinquième jour, ors un peu hun

Entre ces deui degrés, l'un préservatif, l'autre négatif, on constate quelquefois la formation de pustules qui ressemblent assez à celles do la vaccine vraie, mais offrent des , trop bénins

ient vers le quatorzième ou quinzième jour :

ce soin les ooecint lîet OU VOi lo/oide*. Liles ne pré-

servent pas sûrement de la variole.

I premiers vaccinateurs pensaient qu'une seule piqûre suffisait pourvu qu'elle produisit une pustule parfaite : cependant Jeûner conseillait

d'en faire deux sur ebaque bras afin de mil surer le succès. illeurs que le vaccin

était al m s dans sa force originelle. Un fait ordinairement de quatre a si* piqûres. Peut-être serait-il avantageux de les multiplier, surtout quand on emploie du vaccin souvent transplanté : une stati-ti |ue américaine semble le prouver.

Constatons maintenant les résultais obtenus par la vaccination. 1 au siècle dernier, la

varie], tuait un douzième de la population : quelques auteurs disent un dixième.

Le tableau suivant montre la mortalité annuelle moyenne sur un million d'habitants avant et après l'introduction de la vaccine :

Avant. Apres.

Basse-Autriche 2,484 330

Trieste 14,oi6 183

Bohème 2,174 215

Moravie 102 255

sie auirichienue. ... E.s I J 198

Berlin 3,422 176

Suéde 2,050 IÔS

Copeuha-jue 3,1-8

Cette statistique, qui s'arrête à lS5n, est plus que confirmée par celles qu'on a dressées depuis cette époque.

Autrefois, en Europe, on comptait 1 décès par variole sur 10 morts ; aujourd'hui, c'est seulement 1 sur environ 2 400.

De 1868 à ls73 la proportion de décès par la variole, calculée par millions d'habitants, a été la suivante :

Prusse 5,767

Pays-Bas 5,721

Angleterre 2.376

Bavière 2.219

Ecosse 1,534

Suède 1,339

Ce ne peut être par l'effet du hasard que les paysoù la vaccination était obligatoire (Angleterre, Bavière, Ecosse, Suède), ont relativement peu souffert,, tandis que les contrées mal vaccinées, comme les Pays-Bas, la Prusse, — et malheureusement la France, — ont été cruellement éprouvées. Dans les Pays- lias et à Berlin, on a, d'ailleurs, constaté que c'est la partie de la population comprenant le moins d'individus vaccinés qui a fourni le plus de victimes. Notons que plusieurs des années comprises dans cet intervalle ont été marquées par

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des épidémies de variole dans ces divers pays, ce qui augmente la valeur des résultats constatés.

L'insuffisance du service de statistique en France ne nous permet pas d'établir la proportion décroissante de mortalité pour la variole. Mais nous savons qu'avant la vaccination, sur 100 cas de cécité, 35 provenaient de cette maladie. Aujourd'hui, la proportion absolue est réduite à 3 ou 4 pour 10n, et tous les cas de cécité par suite de variole ont été constatés sur des sujets non vaccinés ou qui n'offraient pas de garanties d'une bonne vaccination. En somme, le nombre des aveugles, chez nous, a diminué d'un quart, et la surdité est notablement réduite depuis l'introduction de la vaccine.

De 1799 à 1816, les épidémies de variole ayant disparu, on crut que la vaccination avait déjà triomphé, du fléau. Mais, en 1816, on constata des cas de variole chez des sujets vaccinés ; puis sévirent (1818-1824 de terribles épidémies qui prouvèrent que la vaccine ne constituait pas un préservatif absolu. Elle eut alors ses détracteurs acharnés comme elle avait eu ses partisans enthousiastes.

On avait trop demandé à la vaccination. En effet, la variole môme ne préserve pas absolument contre ses atteintes futures. Dans une épidémie du Wurtemberg, sur 634 varioleux on a compté 39 récidives, dont 4 suivies de mort ; à Copenhague, il y a eu 153 récidives, dont 31 suivies d; mort, sur 958 varioles.

Il est constant aujourd'hui que la variole ne préserve contre son propre retour et ne rend réfractaire a la vaccine que pour un temps limité. Serait-il juste do demander à la vaccine une immunité plus probable ou plus prolongée?

Dans un rapport à l'Académie sur un concours pour le prix Monthyon, le Dr Serres a résumé ainsi la question : La vertu préservative de la vaccine est. absolue pour le plus grand nombre des vaccinés et temporaire pour le plus petit nombre ; chez ces derniers môme, elle est presque absolue jusqu'à l'ado escence ; la variole atteint rarement les vaccinés avant l'âge de 10 à 12 ans; c'est à partir de cette époque et jusqu'à 30 et 35 ans qu'ils y sont principalement exposés ; outre sa vertu préservative, la vaccine introduit dans l'organisation une propriété qui atténue les symptômes de la variole, en abrège la durée ou en diminue considérablement la gravité ; la revaccination est le seul moyen d'épreuve que la science possède pour distinguer les vaccinés qui sont définitivement préservés de ceux qui ne le sont qu'à des degrés plus ou moins prononcés.

Les médecins de tous les pays s'accordent à reconnaître l'exactitude de ces conclusions. Aussi la revaetnation est-elle devenue obligatoire en Allemagne pour les élèves des écoles publiques et privées âgés de 12 ans; en Grèce pendant les épidémies ; en Russie et en France dans l'armée au moment de l'incorporation.

On peut classer comme il suit les succès de revaccination : jusqu'à 10 ans, 11 p. 100: de 1 1 à 15 ans, 12 p. 100; de 16 à 20 ans, 19 p. 100 ; de 21 à 25 ans, 24 p. 100 ; de 26 à 30 ans, 17 p. 100.

Les revaccinations doivent avoir lieu aux époques suivantes : 10 ans, 20 ans et 40 ans. 11 peut se faire qu'elles soient inutiles, mais, en tout cas, elles serviront de pierre de touche et inspireront une sécurité bien fondée. En temps d'épidémie «u lorsque l'on est exposé spécialement à la contagion, on fera bien, d'ailleurs, de ne pas attendre ces dates un peu arbitraires. Trop de sécurité ne saurait nuire, et, l'opération étant tout à fait inoffensive, on doit mettre toutes les chances de son côté.

Eu 1853, on a pratiqué en Prusse 44652 revaccinations. Sur ce nombre, 32642 individus seulement portaient des cicatrices vaccinales suffisantes ;

la revaccination réussit dans la proportion de 69 pour 100. Par conséquent, plus de la moitié des revaccinés se trouvaient sujets à la variole.

11 est impossible d'affirmer combien d'années peut durer la vertu préservative du vaccin, parce que, indépendamment de l'aptitude individuelle et des variations de virulence des germes de la petite vérole, on ne connaît jamais la valeur, la force du vaccin employé. Mais, toutes choses égales d'ailleurs, à mesure que le vaccin s'éloigne de sou origine, qu'il résulte d'un plus grand "nombre de transplantations, il perd une partie de ses qualités. Il importe aussi de remarquer que l'on recueille souvent du vaccin sur des pustules trop vieilles. C'est au sixième ou au septième jour qu'il a le plus d'énergie : au dizième jour, la virulence a disparu.

Des exemples fournis par d'autres virus permettent de conclure, par analogie, à l'atténuation graduelle du vaccin en proportion du nombre de transplantations. Les récentes découvertes de M. Pasteur sur les virus du charbon, du choléra des poules et bien d'autres, ont singulièrement éclairé la question. Dernièrement, le Dr Mcgnin présentait à la So"iétô de biologie des dessins représentant le microbe (petit être) du cow-pox et celui du horse-pox tels qu'on les voit au microcope. Le virus équin, cultivé sur la vache, renferme des microbes qui mesurent un dix -111111101116 de millimètre de diamètre, et qui se multiplient avec une rapidité extraordinaire : le virus humain en tubes renferme un nombre moindre de microbes, plus petits d'un cinquième et qui se multiplient très lentement. Voilà sans doute une des raisons pour lesquelles le horse-pox et le cow-pox, pris à la source ou après un petit nombre de transplantations, se montrent beaucoup plus énergiques que le vaccin ordinairement, employé. On sait d'ailleurs qu'au bout d'un certain temps le virus vaccinal conservé perd ses propriétés. Cela vient de ce que le microbe spécial, qui s'est momifié par la dessiccation, n'est plus apte à revivre après un trop long sommeil.

On a e-sayé de rendre son énergie au vaccin invétéré', c'est à-dire dégénéré par les transplantations, en le cultivant sur des génisses. Il a semblé parfois que, sur ce terrain, il tendait, à reprendre une partie de ses propriétés originaires. Tout récemment, M. Pasteur, après avoir atténué un virus par des cultures systématiques, a réussi à lui rendre sa virulence par une série d'inoculations, de transplantations sur des êtres trop faibles pour réagir contre lui. Quoi qu'il en soit, la rénovation du vaccin sur la génisse n'est pas encore suffisamment prouvée. Et, le fût-elle, nous ne saurions encourager ce moyen qui prête (on ne l'a que trop vu) au charlatanisme et à la spéculation illicite. Le plus souvent, on livre ainsi, sous le nom de vaccin de génisse, qui devrait être du co'c-pox, un vaccin d'enfant simplement transplanté et affaibli une fois de plus. Il est certain, d'ailleurs, que dans les conditions ordinaires, la transplantation du vaccin, de vache à vache, l'atténue comme celles qu> ont l'homme pour intermédiaire.

Pour renouveler sûrement — et honnêtement — le vaccin, il n'y a qu'un moyen, celui qu'a adopté la Société française d'hygiène.' Un vétérinaire ayant signalé la présence à Paris d'un cheval atteint de horse-pox, le virus recueilli sur ses pustules a été inoculé à des vaches qui ont ainsi contracté le cow-pox et fourni de vrai vaccin originaire. Ce vaccin, cultivé sur des génisses et transplanté sur des enfants, a permis de renouveler le virus et de lui assurer — pour quelque temps — des propriétés énergiques.

Les adversaires de la vaccination répètent tous ces deux accusations : l'opération peut introduire à la fois dans le sang le virus préservateur '

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VALÊR1 ^NÊES

d'autres virus contagieux très redootsbles; — la vaccination affaiblit l'Individu et le prédis] d'autres ih.iI.u1m-, de sorte que I ai i qu'apparent.

il importa que le public soit édifié sur la râleur de cea deux argumenta.

S'il est vrai que la vaccination expose S l'inoculation d autres maladies contagieuses, elle pour- : avenir une calamité publique Maison Angleterre, "ù les. statistiques sont bien far médecins n'uni pas en lion de

re produite par la vaccination : il en est de même en Suède, dans le Hanovre, la H<

i et le U'urionibcrg. La France et l'Italie, par . ,. ■ er d''s ra- d'infection à la

de vaccinations faites trop légèrement, san* \ du vaccin. Cbêl noua, on connaît

.c»0 cas qui ont produit un total de ".'jO infections. Voilïi le nombre à mettre en comparaison de cent millions de vaccinés. Hàtons-nous toutefois de reconnaître que ces cas malheureux sont imputables a ceux qui ont procédé an\ vaccinations sans prendre les précautions nécessaires, et que l'on peut toujours se mettre à l'abri de pareille éventualité. Le second argument consiste en une supposition

«le la vaccination encourent une amende pouvant

i . i . ipoaé lUCCind montre combien nous mmretard, tussl i i mm . t du public s-t-< i •• accueilli proposition de loi dn l)r L uville tendant dre obligatoires la vaccination et la rei Cette propositi m de loi, pi se en co par la Chambre après avis conformeras la commission d initiative, a été i de médecine . et , le :* mai issi , l'Aci a une très grande majorité le pri

(!-• la vaccination obligatoii i i elui

« inationa imposées , ■

Nous avo'is tu sp reproduire chez nous, au snjot de ce projet de loi, ta i

ment battus en brèche dans d'autres pays: inutilité finale d< l a vaccin itio •

la mortalité ; da d infection d une

autre temb ■ Puis On a soulevé aussi la

question de liberté. L'obligation, a-l attentatoire à la liberté du père de famille. Ln Angleterre, où le respect de la liberté individuelle est poussé jusqu'au scrupule, cette considération

sans preuves à l'appui. Elle vis" surtout la lièvre ( n'a pas fait Quelles que

typboïde, la phtisie, lus scrofules, les dartres, soient, en effet, vos id Biles — si

Celles-ci sont parfois contagieuses, mais on ne êtes compétent — sur la vaccination, vous i connaît pas de cas d'inoculation. La scrofule ne pas le droit d'exposer votre enfanta mourir pour se transmet que par hérédité. Les progrès de la vos idées : sa mort serait un homicide par i phtisie paraissent surtout imputables à l'affaiblis- j sion. El quant à vous même, fOtre liberté d avoir sèment des constitutions sous l'influence d'une la variole est limitée et combattue par le droit de mauvaise hygiène : l'hérédité multiplie rapidement vos voisina de n'en être point infectés par i le nombre des sujets prédisposés. Quanta la tièvre j Quelques opposants ont mis en avant l'in-uflityphoide, dont la variole ne préserve pas, ce n'est sance des ressources actuelles comme personnel point une maladie nouvelle, mais elle est rendue , et comme vaccin. Qu'ils se rassurent. Lue fois le fréquente par l'encombrement des grandes agglo- principe de l'obligation établi par la loi, tout se mérations et disséminée faute de précautions m.- résoudra en questions administratives et financessaires. cières. Le personnel de médecins vaccinateurs ne

Aux allégations des antivaccinateurs la statis- ] manquera pas. Outre la giatuité pour les inditique répond dune façon victorieuse. Depuis U gents, il serait bon d'établir des indemnités pour

vaccine, la longévité a augmenté graduellement

dans tous les pays où elle est généralement pratiquée, et pour les vaccinés pendant les premiers mois, la vie moyenne s'est allongée de trois années. Autrefois, l'Angleterre perdait annuellement 300o varioleux par chaque million d'habitants. Après la vulgarisation de la vaccine, le chiffre s'abaisse ;\ 770 ; puis à 340 sous le régime de la vaccination gratuite; enfin, de 1854 à 18' 3, sous le régime de la gratuité et de l'obligation, la proportion a été de 171. Ce rapport de 171 à3u00 ou de 1 à 16 mesure l'économie de vie humaine

ceux à qui les formalités causeraient un dommage, cause ordinaire de négligence.

Quant à l'approvisionnement de bon vaccin, il suffirait, pour l'assuier, de donner des primes aux enfants vaccinifères bien choisis, et surtout d'offrir des récompenses suffisantes pour le signalement des cas de horse-pox et de cow-pox spontanés. Ces cas sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le croit généralement, et grâce à eux, on pourrait établir dans chaque département une culture de vaccin animal toujours renouvelé.

Tels sont les résultats que nous pouvons atten-

réaiisée en Angleterre, où cependant la loi n'est dre de la lui Liouville. Sa mise en pratique s»ra

pas encore appliquée avec la rigueur désirable, un bienfait publie. Elle conservera de nombreuses

La vaccination obligatoire en France économi- existences à la patrie et contribuera à donner

serait chaque année la perte de30u00 individus. ! un nouvel essor à. l'accroissement de la popula-

L'obligation existe déjà dans une partie de l'Eu- tion.

rope. La Bavière donna l'exemple en 1807. Il fut V. aussi l'article Vaccination dans la I" suivi par la Suède en 1816, par l'Angleterre en 1867.

En Autriche, en Italie, dans les Pays-Bas, la loi se borne à favoriser la vaccination et la rend seulement obligatoire pour l'admission dans les écoles, lors de l'incorporation à l'armée, etc. En Suisse, l'obligation existe pour presque tous les cantons. En Allemagne, une loi de 1S74 s'applique à tous les États de l'empire, dont quelques-uns avaient déjà pris des mesures plus ou moins complètes. Cette loi prescrit la vaccination de tout enfant avant l'accomplissement de sa seconde année, à moins d'une attestation médicale portant qu'il a eu la variole. Les vaccinations infructueuses doivent être renouvelées l'année suivante. L'enfant vacciné doit être présenté du sixième au huitième jour au vaccinateur chargé de délivrer les certificats. Les infractions sont passibles d'amendes qui peuvent

[Dr Saffray.]

VALÉP.IANÉES. — Botanique, XXVI1J. — Etyra. : Du nom du genre Valerùma (valériane).

Définition. — Famille de plantes dkotylédonées gamopétales épigynes, formant, avec les Dipsacéeset les Caprifoliacées, la classe desLo.sicéblnbes de Brongniart.

Caractères botaniques. — La graine des Valérianées possède un tégument séminal extrêmement mince, presque nul ; elle est protégée surtout par les parois du fruit, dans lequel eïle reste enfermée jusqu'au moment de sa germination. Sous le tégument se trouve l'embryon, droit, appliqué sur un albumen fort réduit, presque nul.

Les racines sont grêles, fasciculées.

La tige est herbacée et annuelle; ou bien elle présente un rhizome qui hiberne chaque année et

s'élever à 62 francs ou d'un emprisonnement de , émet au printemps de nouvelles pousses aenenun à trois jours. Les négligences dans la pratique | nés ; dans ce cas, lus plantes sont vivaces. Ce

VALÉRIANEES — 2263 —

VALÉRIANÉES

rhizome ou souche des Valérianées est odorant et recherché par la pharmacie.

Les feuilles sont opposées ; elles sont simples et entières, ou quelquefois pinnatifides. Celles de la partie inférieure de la tige, appelées radicales, sont ordinairement si rapprochées qu'elles semblent former un fai-ceau, d'eu le nom de feuilles fusciculées sous lequel on les désigne le plus souvent.

Le pétiole assez court est toujours dilaté.

Les fleurs sont hermaphrodites, quelquefois diclines, parce que les étamines de certaines fleurs et le pistil de certaines autres ne se développent pas. Elles sont disposées en cymes ou en corymbes.

Chaque fleur présente de l'extérieur à l'intérieur :

1° Un calice épigyne gamosépale, dont le bord présente tantôt une dent, tantôt trois, et tantôt quatre. Quelquefois (Centrant he) ce calice est transformé en soies plumeuses qui sont roulées sur elles-mêmes avant la floraison, puis se déroulent et forment une aigrette qui a pour but de favoriser la dissémination du fruit (dissémination par le vent ;

2" Une corolle gamopétale, infundibuliforme, insérée sur un disque qui couronne l'ovaire. Cette corolle est ordinairement irrégulière ; son tube présente quelquefois à sa base une bosse ( Valériane ou un éperon creux (Centra?tthe''. Le limbe de la corolle est ordinairement à cinq lobes:

'■', L'n androcée composé d'un nombre d'étamini's variable; le nombre normal semble être cinq ; cependant il se trouve presque toujours réduit a quatre par l'avorteraient de l'une d'elles ; et quelquefois il est réduit à trois ou à d>ux ou même à une. (Le Centrant/te a une étamine, le Fédi't en a deux, la Valériane en a trois.) Ces étamines sont insérées sur le tube de la corolle. Leurs filets sont allongés, leurs anthères sont introrses, a deux loges à déhiscence longitudinale ;

4° Au centre de la fleur se trouve le style unique, terminé par un stigmate bifide ou trifide. Ce Btyle surmonte un ovaire infère à trois loges, dont une seule est fertile el renferme un seul ovule unitégumenté etanatrope. Le nucelle de cet ovule sO détruit de très bonne heure, parce que le sac embryonnaire fait saillie dans le micropyle et s'avance à la rencontre du boyau pollinique.

Le fruit est sec et indéhiscent ; du reste la déhiscence serait ici complètement inutile, puisque ce fruit no renferme jamais qu'une seule graine. Usages des ValérianCes. — Une seule des plant s de cette famille est comestible, c'est la Mâche (doucette, boursette, salade de blé), dont les jeunes feuilles se mangent en salade en automne et au printemps. Son nom scientifique est Valerianell:' ; deux espèces sont comestibles.

Les autres Valérianées ont été employées en médecine; elles entrent encore dans la composition de quelques médicaments ; ce sont :

1° La Valériane officinale, dont la racine est très odorante ; son odeur plaît particulièrement aux chats qui se roulent dessus et en mangent même avec délices. On extrait de cette racine une essence très odorante, usitée autrefois comme antispasmodique ;

2° La Valériane Phu ou nard de Crète, dont la racine a les propriétés de la Valériane officinale, mais à un moindre degré;

3" Le Nard celtique (Valeriana celtica), petite plante des montagnes du Tyrol et de la Suisse, recherchée pour sa souche. Cette souche a en effet des propriétés actives ; elle entre dans la composition de l'électuaire nommé thériaque. Les Turcs en font un grand usage pour aromatiser leurs bains ; 4° Le Nard indien, qui est la souche d'une

valérianée de l'Inde, souche très recherchée dans l'Inde comme médicament et comme parfum. Ce nard indien n'est pas autre chose que le Spicanard des anciens, dont les dames romaines faisaient un fort grand usage comme parfum. L'espèce qui possède cette souche n'est pas encore parfaitement connue.

La Valériane Phu et le Centra?ilhus ruber, nommé vulgairement Valériane rouge, sont cultivés dans les jardins comme plantes ornementales.

Famille des Dipsacées. — Caractères botaniques. — Les Dipsacées diffèrent des Valérianées par les caractères suivants :

Leurs graines possèdent un albumen abondant au milieu duquel se trouve l'embryon.

Leur inflorescence est toujours un capitule. Leur corolle ne présente jamais ni bosse ni éperon.

Leurs étamines sont toujours au nombre de quatre.

Leur ovaire est toujours uniloculaire.

Usages des Dipsacées. — 1° Les Scabieuses (feuilles et fleurs) sont usitées comme sudorifiques contre les maladies de la peau ;

2° Les capitules de la Cardère cultivée, nommée vulgairement Ch.rd<m à fou/on, ou Chardon des bonnetiers (Dipsacus fullouum), sont pourvus de paillettes très serrées, dures, et terminés en crochet à leurs extrémités. Us servent à carder les tissus de laine et ceux de coton.

Les Scabieuses sont cultivées comme plantes ornementales.

Famille des Caprifoliacées. — Caractères botaniques. — Les plantes de la famille des Caprifoliacées diffèrent de celles de la famille des Valérianées par les caractères suivants :

Leurs graines sont pourvues d'un albumen abondant qui enveloppe l'embryon.

Leur tige est souvent ligneuse. ' Le nombre normal des étamines est cinq ; il y en a rarement quatre.

Leur ovaire a de deux à cinq loges.

L'ovaire du chèvrefeuille a trois loges fertiles, ainsi que celui du sureau; l'ovaire du Symphoricarpus est à quatre loges, dont deux seulement sont fertiles. L'ovaire de la viorne est à deux loges dont une seule est fertile.

Chaque loge de l'ovaire renferme deux ovules ou deux rangées d'ovules.

Le fruit est une baie qui paraît souvent uniloculaire, à cause de la destruction des cloisons de l'ovaire, destruction qui se produit pendant la maturation.

Usages des Caprifoliacées. — 1° Le Chèvrefeuille des jardins. Ses fleurs ont une odeur très agréable ; elles sont usitées comme sudorifiques et calmantes.

2° Le Sureau commun (Sambucus nigra). Ses fleurs sont sudorifiques ; on les emploie comme telles contre la morsure de la vipère ; on en extrait un hydrolat; elles servent aussi à donner à certains vins le parfum du muscat. On prépare avec les baies du sureau un extrait que l'on nomme rob de sureau et qui est purgatif à la dose de 12 à 15 grammes. L'écorce de sureau est aussi usitée comme purgative contre l'hydropisie. On récolte pour cet usage l'écorce des jeunes branches, après la chute des feuilles, quand son épidémie est devenu gris et tuberculeux. On enlève cet épiderme en le raclant avec un couteau, de manière à avoir seulement l'écorce que l'on fait sécher.

3° Les fleurs et les baies de YHièble [Sambucu; ebulus) servent aux mêmes usages que celles du sureau noir. Ces deux sureaux diffèrent l'un de l'autre en ce que le sureau noir est un arbuste vivace, tandis que le sureau hièble possède une

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