‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 450 sur 534 · US · texte numérisé non relu

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On voit par ce tableau que la force élastique de la vapeur d'eau croît très rapidement avec la température; qu'elle est égale à la pression normale de "60 millimètres à 100°, à deux atmosphères vers 12:5°, à trois atmosphères vers 131°, à dix atmosphères vers 18U°.

Les physiciens ont aussi déterminé les tensions maxima des vapeurs d'un certain nombre d'autres liquides, tels que l'alcool et l'éther, l'acide

VEGETAL

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sulfureux et l'ammoniaque; nous n'en reproduisons pas ici les nombres qu'on trouvera dans les traités spéciaux.

Mélanges des gaz et des vapeurs. — Lorsqu'on introduit un liquide dans un espace contenant un gaz, le liquide se transforme en vapeur ; sa vaporisation n'est pas instantanée comme dans le vide ; elle est plus lente, mais finalement l'espace se nature de vapeur, absolument comme s'il avait été vide; et la vapour prend sa tension maximum pour la température à laquelle on opère. 11 résulte de ce fait, démontré d'abord par Gay-Lussac, que la pression d'un mélange de gaz et de vapeur est égale à la somme des pressions du gaz et de la vapeur considérés isolément. Si donc lu vapeur sature l'espace, que par suite on connaisse sa force élastique, on peut obtenir celle du gaz en retranchant, de la pression du mélange, la pression de la vapeur.

C'est le cas de l'air ou d'un gaz plus ou moins mélangé d'humidité ou de vapeur d eau, et dont il importe de connaître la pression si l'on a besoin de calculer exactement son pods.

Le mélange d'air et de vapeur d'eau existe constamment dans l'atmosphère; l'étude de ses variations, de ses changements, des phénomènes qui y prennent naissance, est une des parties importantes de la météorologie.

Liquéfaction îles vapeurs ou des gaz. — Avant de pouvoir amener une vapeur à l'état liquide, il faut faire en sorte que cette vapeur arrive d'abord à son point de saturation; on obtient ce résultat, soit en diminuant le volume qu'elle occupe, soit en la refroidissant sans changement de volume. Dans le premier cas, on augmente peu à peu la force élastique et on l'amène à être égale à la tension maximum de la vapeur pour la température à laquelle on opère. Dans le second, en diminuant la température, on diminue la tension que doit avoir la vapeur pour saturer l'espace et on finit par rendre la saturation possible, si faible qu'ait été d'abord la force élastique primitive de la vapeur. Une fois la saturation obtenue, si l'on diminue le volume ou la température, une partie de plus en plus grande de vapeur passera à l'état liquide.

Si donc un gaz n'est autre chose qu'une vapeur plus ou moins éioignée de son point de saturation, on devra pouvoir l'amener à l'état liquide, en lui faisant subir une forte compression, ou un refroidissement intense, ou en employant les deux moyens simultanément. C'est à l'aide de ces trois procédés, du dernier surtout, que l'on est parvenu à liquéfier tous les gaz; et les cinq qui avaient longtemps résisté, et que l'on considérait comme des gaz permanents, ont satisfait à la règle aussitôt qu'on a su produire, en même temps qu'une très forte pression, un refroidissement très grand et très brusque emprunté à la dépense de chaleur dont a besoin un gaz très comprimé qu'on laisse brusquement se dilater. [Haraucourt.l

VÉGÉTAL. — Botanique, I. — Caractères des végétaux. — Les végétaux sont des êtres vivants pourvus de pigments colorés, à la faveur desquels ils décomposent l'acide carbonique dont ils fixent le carbone. Ils ne possèdent qu'une sensibilité très vague, diffuse. Fixés par un point de leur surface, ils ne se déplacent que très peu dans le milieu où ils vivent, et ne semblent subir que les actions lentes, graduées, qui ne sont pas trop intenses, mais dont la durée, en revanche, est assez grande. Les végétaux puisent tous eurs aliments, à l'exception du carbone, dans le sol ou dans le milieu qui les baigne. Tous ces aliments sont dissous dans l'eau que ces êtres absorbent en très grande quantité. La durée de l'existence de l'individu est extrêmement longue chez presque tous les végétaux.

Pris en soi, aucun des caractères ci-dessus n'est absolu et ne peut s'appliquer exactement à tous les végétaux. Chacun d'eux comporte des exceptions qui restreignent sa généralité et qui établissent entre les végétaux et les animaux, c'est-à dire entre les deux grandes divisions des êtres vivants, des transitions plus ou moins ménagées. Ceci tient à ce que les végétaux ont été constitués originairement par un groupe d'êtres vivants qui n'étaient autres qu'une classe d'animaux qui s'est peu à peu habituée aux conditions particulières de la vie végétale. Cette descendance des végétaux, qui les fait résulter de la transformation d'un groupe d'animaux placé dans des conditions de vie spéciales, permet de comprendre très facilement comment ceux de ces êtres qui ont subi dans des temps modernes des dégradations importantes, ont repris plus ou moins les caractères généraux de la vie des animaux les plus inférieurs. Il y a là un fait d'atavisme ou, si l'on préfère, un retour à l'état ancestral. C'est ainsi que le pigment, qui caractérise les végétaux, fait souvent défaut dans ceux de ces êtres qui vivent en parasites. Ces végétaux parasites trouvent dans l'être qui les nourrit le carbone dont ils ont besoin pour leur développement; dès lors ils cessent de décomposer l'acide carbonique de l'air sous l'influence delà lumière solaire; leur fonction chlorophyllienne a donc disparu ; jour et nuit leur respiration se traduit par une absorption d'oxygène et une exhalation d'acide carbonique. Ces plantes vivent donc à la manière des animaux. Beaucoup d'entre elles, en effet, produisent directement des matières analogues à l'urée, ou même du carbonate d'ammoniaque, qui n'est autre chose que de l'urée ammoniacale oxydée.

Plusieurs végétaux très inférieurs possèdent une motilité au moins aussi grande que celle de plusieurs animaux inférieurs. Ainsi tin très grand nombre de petites algues nommées diatomées nagent dans l'eau et s'y déplacent en tous sens. D'autres petites algues, appelées volvocinées. possèdent toute leur vie une très grande agilité, et on les voit courir dans l'eau aussi vite qu'une paramécie ou qu'un rotifère. Beaucoup de bactéries sont mobiles, témoin la bactérie du charbon, celle de la fièvre récurrente, et le spiro-monas qui vit dans l'eau de mer de la baie de Copenhague.

Les plus singuliers peut-être de ces végétaux doués de mouvements propres, ce sont les champignons muqueux nommés myxomycètes, dont le type, le plus commun est VJEthiitaim septicum ou fleur de tan, qui se développe à la surface de la tannée du mois de mai au mois de septembre.

Ces champignons muqueux forment de grandes plaques glaireuses à la surface des corps dont ils se nourrissent ou dans l'intérieur desquels ils sont enfermés, et ils s'y déplacent en émettant dans la direction où ils veulent aller des prolongements contractiles nommés pseudopodes. Ces champignons muqueux se nourrissent comme les animaux inférieurs en englobant dans leur sein les matières alimentaires solides dont ils se nourrissent. Cet exemple des champignons muqueux nous montre, en même temps que des végétaux doués de mouvements propres, des végétaux qui englobent les corps solides dont ils veulent se nourrir, qui digèrent ces corps et qui en rejettent les résidus, tout comme le font des animaux déjà fort élevés en organisation.

A l'article Classifications, on a fait connaître les principales divisions que les naturalistes ont établies dans les végétaux; ces êtres étant considérés comme formant un groupe équivalent aux animaux, bien qu'en réalité ils n'en soient qu'une subdivision. A l'article Physiologie, il n'a été

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