partie perméable de ces racines est extrêmement réduite
2. Absorption des gaz. — Si l'on vient à échauffer un corps poreux, humide, comme une pi terre bourrée de kaolin mouillé et fermés avec du plâtre, on voit se dégager par l'extrémité libre du. tuyau un courant de t-'az que l'on reconnaît être de l'air: on recueille ce gaz dans une éprouv tte sur li cuve à eau. Cette ex iplique eu
remarquant que la perte de vapeur d'eau éprouvée par le corps poreux lorsqu'on L'échauffé provoque la rentrée dans l'intérieur de ce corps d'une certaine quantité d'air; on peut voir, en effet, que, pour faire pénétrer 1 centimètre cube d'air le corps poreux, il faut que celui-ci perde 80 centimètres cubes de vapeur d'eau. Tout corps poreux humide chauffé, par cela seul qu'il perd de la vapeur d'eau, sers traversé par un courant d'air; cet air s'accumulera dans son intérieur avec une pression qui pourra atteindre deux et trois atmosphères. 11. Merget, l'auteur de cette expérience,! reconnu que, si au lieu d'un corps poreux humide inerte, on prend une feuille, dont le pétiole est creusé de larges canaux aérifèrés, on voit, lorsqu'on échauffe cette feuille, un courant de gaz qui la traverse et s'échappe par la section n pétiole. La transpiration végétale, ou le rejet à l'étal de vapeur dans l'atmosphère ambiante de l'eau absorbée, provoque donc l'entrée dans l'intérieur de la plante de l'air extérieur. Si l'on remplace réchauffement de la feuille par une augmentation de l'éclairement de celle-ci, on reconnaît encore que la lumière agit comme la chaleur, si bien que l'éclairement ou réchauffement d'une feuille produisent sur la plante le môme résultat, savoir: l'entrée des gaz dans la plante. Si l'on vient à réunir deux feuilles de nénuphar par un tuyau de caoutchouc, que l'une de ces feuilles vivement éclairée ou échauffée soit recouverte par une cloche pleine d'air, alors que la seconde est recouverte par une cloche remplie d'eau et enveloppée de papier noir, on voit l'air disparaître peu à peu dans la première cloche, et s'accumuler dans la seconde. L'échauffement peut ici, comme dans le cas précédent, être remplacé par un éclairement plus intense. La conclusion de cette expérience, due encore à M. Merget, c'est que, dans une plante, un courant de gaz pénètre par ses parties les plus échauffées ou les plus éclairées, et se dirige delà, à travers la plante, vers les parties les plus froides ou les moins éclairées, bans l'expérience ci-dessus, on peut remplacer le tube de caoutchouc par le morceau de tige qui unit les deux feuilles ; l'expérience réussit encore pourvu que l'on ait soin de boucher préalablement toutes les blessures accidentelles qui peuvent exister sur cette tige. L'entrée des gaz dans la plante, condition première de leur absorption dans cette plante, dépend donc entièrement de la transpiration végétale. Les lois qui règlent la transpiration des plantes ont été énoncées à l'article Feuille; nous les résumons ici:
1» Pour une plante déterminée, la transpiration ne commence qu'à une température déterminée ;
2" A partir de cette température minima, la transpiration s'accélère à mesure que la température s'élève;
3° L'accélération ci-dessus atteint son maximum à une température déterminée nommée optimum* variable d'une plante à l'autre ;
4° Toute nouvelle élévation de température audessus de l'optimum ralentit la transpiration; bientôt on rencontre un maximum de température au delà duquel tout nouvel échauffement fait mourir la plante ;
5° Tout refroidissement brusque, en agissant sur la plante môme pendant un temps très court, trouble sa transpiration, peut même l'arrêter, et il
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faut alors plusieurs heures à la plante pour reprendre ses conditions normales de vie ;
6" Toute augmentation d'éclairement agit sur la plante comme une élévation de température.
Ces lois qui régissent la transpirai ion végétale règlent par cela même l'entrée et par suit* l'absorption des gaz par la plante. Les règles ci-dessus s'appliquent aussi aux plantes aquatiques non mouillées; toutes ces plantes sont en effet pourvues d'une couche cuticulaire superficielle, très fortement imprégnée de matières grasses et de matières résineuses, qui font que l'eau ne peut pas toucher la surface de la plante, en y adhérant. A la faveur du vide qui existe entre l'eau et la plante, il se forme autour de celle ci une atmosphère de contact facilement reconnaissable par l'éclat argenté qu'elle détermine à la surface de la plante. Tuut se passe alors entre cette atmosphère et la plante comme si la plante était à l'air libre, sans orifices spéciaux pour l'entrée des gaz. Lorsqu'au contraire la plante aquatique est mouillée par l'eau, ce qui va toujours d'accord avec une surface gélatineuse, gluante, semblable à celle des fucus, des ulves, et des antres algues, les gaz ne pénètrent dans la plante qu'à la condition d être dissous dans l'eau, et l'absorption des gaz se fait alors comme celle des autres matières dissoutes. Dans les parties jeunes d'une plante, la transpiration étant diffuse sur toute l'étendue de sa surface, les gaz pénètrent dans la plante par toute l'étendue de cette surface perméable. Il est facile de le montrer en enveloppant une de ces parties jeunes d'une feuille de papier imbibé de protochïo.ure de palladium. Ce papier sensible, fraîchement préparé, est d'un jaune pâle; il noircit sous l'action de la vapeur d'eau ; c'est encore à M. Merget qu'on doit 1 indication de ce précieux réactif. Dans les plantes développées, on remarque à la surface des feuilles de très petits orifices nommés stomates, bordés sur tout leur pourtour de tissu cicatriciel. C'est par ces stomates que la vapeur d'eau sort de la plante pour se répandre dans l'air; il est facile de le montrer grâce au papier sensibilisé par le protochlorure de palladium. C'est par ces mêmes Btomates que leB gaz de l'atmosphère pénètrent dans la plante. Merget a montré qu'il en était réellement ainsi en employant la méthode dite des intoxications mercurielles. Ayant remarqué que les vapeurs mercurielles sont insolubles dans les liquides de l'économie végétale, et qu'elles ne peuvent traverser les membranes imprégnées de caoutchouc, Merget applique des lames de cuivre ou de zinc amalgamé sur les parties d'une feuille chargées de stomates, en ayant soin d'interposer entre cette lame amalgamée et la fouille quelques doubles de papier j iseph non collé ; de l'autre côté de la feuille, on dispose une feuille de papier imprégné d'azotate d'argent ammoniacal, qui noircit, là où les vapeurs mercurielles l'atteignent. Dans ces conditions, on reconnaît que le papier argenté ne noircit qu'en face des stomates. Comme les vapeurs mercurielles n'ont pu pénétrer dans la plante et circuler dans son intérieur qu'à travers les orifices libres, on est conduit à la conclusion que nous avons énoncée en commençant cet exposé. Les gaz pénètrent donc dans la plante sous l'influence de la transpiration; nous savons qu'ils s'y déplacent, et c'est dans le trajet qu'ils parcourent de leur point d'entrée à leur point de sortie qu'ils sont absorbés et modifiés. L'absorption des gaz et leur rejet a souvent reçu le nom de respiration végétale. Ln définitive, cette fonction n'est qu'une manière d'être de l'absorption et de l'excrétion des substances gazeuses chez les végétaux.
Lorsqu'une plante plongée dans une masse gazeuse de composition connue est tenue à l'abri de la lumière, on remarque:
1° Que la plante ne peut vivre sans la présence de l'oxygène;
%' Que la pression de l'oxygène dans le mélange gazeux qui baigne la plante doit être voisine de 1/5 d'atmosphère ;
3° Que la plante exhale de l'acide carbonique:
4° Que la quantité d'acide carbonique exhalée parune plante en pleine activité est très voisine de la quantité d'oxygène qu'elle absorbe pendant le même temps.
La respiration végétale est donc la même en tout point que la respiration animale. Tant qu'on tient la plante verte dans l'obscurité, ou à quelque moment que ce soit pour une plante sans chlorophylle, la respiration végétale est telle que nous venons de la décrire. Mais si l'on éclaire une plante verte, on voit s'y manifester une propriété qui est presque exclusivement l'apanage des êtres végétaux : c'est la fonction chlorophyllienne.
On désigne sous le nom de chlorophylle un pigment vert soluble dans l'alcool, l'éther, le sulfure de carbone, les huiles légères de pétrole, que l'on trouve dans presque toutes les parties vertes des végétaux, l'our extraire la chlorophylle des plantes, on broie des feuilles vertes avec du sable ; la masse est htvée à l'alcool faible (5ô°) ; on la soumet à une pression énergique, puis on la laisse digérer dans de l'alcool à 9o°. On obtient une belle solution verte très dichroïque, qui paraît verte par transparence et rouge-sang par réflexion. La solution alcoolique obtenue n'est pas une solution de chlorophylle pure. Il faut, pour purifier la chlorophylle, laisser la solution alcoolique en contact avec du noir animal ; ce dernier absorbe les matières colorantes. En le lavant avec de l'éther ou de l'huile légère de pétrole, on redissout seulement la chlorophylle. En reprenant le noir animal par l'alcool bouillant, on redissout dans l'alcool une matière colorante jaune nommée phycoxanthine.
Dans les plantes supérieures, la chlorophylle, mêlée à la phycoxanthine, se trouve localisée dan3 de petites masses de protoplasma très denses. Ces grains protoplasmiques pigmentés sont nommés grains de chlorophylle; ce sont des niasses imprégnées de matières colorantes, dont la structure est des plus complexes. Dans les plantes inférieures, la chlorophylle peut colorer des sortes de rubans, ou d'étoiles de formes très diverses ; elle peut même être diffusée à travers toute la masse vivante sans distinction. La chlorophylle estalors une amorphe.
La chlorophylle absorbe certains rayons lumineux et en laisse passer quelques autres. Si l'on fait passer un rayon de lumière à travers une solution de chlorophylle et qu'on analyse à l'aide du prisme la lumière qui a traversé ceite liqueur, on remarque que le spectre obtenu présente de larges bandes noires dans le rouge, le jaune, et toute la partie du spectre qui s'étend au delà du bleu. Les rayons que la chlorophylle absorbe sont employés par la plante:
1° A assurer la transpiration ;
2° A accomplir la synthèse de l'amidon soluble;
3° A produire des matières albuminoïdes.
La synthèse des matières organiques ci-dessus, amidon soluble et matières albuminoïdes, assure à la plante les produits immédiats dont elle a besoin pour son alimentation; c'est la forme que sont obligées de prendre les matières minérales pour être assimilées par la plante.
Le carbone nécessaire à la production de3 principes immédiats qu'exige la nutrition des plantes vertes est tout entier emprunté à l'acide carbonique qui se trouve dans l'air atmosphérique. L'air atmosphérique ne contenant que — — d'acide carbonique, on conçoit la quantité d'air qui doit traverser une plante pour lui fournir le carbone dont elle a besoin. Or, si l'o n plonge une plante verte dans une atmosphère chargée
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d'aride carbonique et qu'on expose l'appareil :i L'action dos rayons solaires, on reconnaît qu quelques heures tout l'acide carbonique a disparu et a été remplacé par de l'oxygène. Pendant le Jour, la plante verte ezbale donc de l'oxygt lieu d'acide carbonique. Alors la plante absorbe éticrgiquement le carbone dont ■il'* a besoin; le résidu de cette absorption est L'oxygène. Ou conçoit que, pendant cette période de sa vie, la respiration de la plante , c'est-à-dire l'absorption d'oxvgôno et le rejet d'acide carbonique, cease d'être vi>iblo. En réalité, la plante respire toujours do la môme façon; mais pendant le Jour, gr&ce à l'action do la lumière sur la chlorophylle, elle décompte en outre de l'acide carbonique et rejette de l'oxygène; Ce dernier phénomène, nommé fonction chlorophyllienne, masque le premier pendant la journée. L'un et l'autre font partie des phénomènes de nutrition. L'alternance régulière des émissions ei'acide carbonique et d'oxygène parles plant Ion qu'elles sont dans l'obscurité ou qu'elles sont éclairées, est connue depuis près d'un siècle. On l'expliquait en disant que les plantes vertes possédaient une double respiration, l'une de jour, l'autre de nuit. On a reconnu depuis que l'on avait affaire simplement à deux phases successives de la nutrition d'un môme être.
Les règles qui régissent la transpiration végétale régissent par cela môme la respiration végétale et la fonction chlorophyllienne. Pendant que la plante est éclairée, on remarque que les grains de chlorophylle sont appliqués contre la face des cellules éclairées, pourvu toutefois que la lumière reçue ne soit pas trop intense. Si la lumière reçue est très intense, ou si la plante est placée à l'obscurité, la chlorophylle s'amasse le long des parois des cellules qui sont parallèles à la direction des rayons lumineux. Si l'on expérimente sur les petites algues unicellulaires vertes, auxquelles leur forme en croissant a fait donner le nom de clostéri^s, on remarque que, tant que la lumière est trop faible, ces êtres s'approchent de la source lumineuse: au contraire ils s'en élo;gnent quand ils sont soumis à l'action d'une lumière trop intense. Ces êtres peuvent donc en quelque sorte régler d'eux-mêmes la quantité de lumière nécessaire au bon fonctionnement de leur vie.
On désigne sous le nom à'héliotro/'isme l'action que la lumière exerce sur les plantes; nous nous contentons pour le moment de signaler cette action, sans laquelle toute absorption du carbone est impossible à la plante; nous y reviendrai. s à l'occasion de la sensibilité des plantes, dont nous parlerons en traitant des rapports des êtres végétaux avec le milieu qui les entoure.
On ne sait rien de précis sur la manière dont s'opère dans ses détails la synthèse des produits immédiats destinés à la nutrition de la plante, lorsque s'effectue l'union de l'eau, de l'acide carbonique et des parties azotées au sein de la matière vivante excitée par les vibrations lumineuses que la chlorophylle absorbe pendant le jour. Ces produits se forment pourtant, et, parmi les résidus immédiats de l'opération, nous voyons sortir de la plante, à l'état de gaz, la vapeur d'eau, l'azote et l'oxygène.
Dans tout ce qui précède, nous venons de voir l'absorption des matières alimentaires simples à l'aide desquelles les plantes vertes donnent naissance aux matières assimilables dont elles ont besoin pour assurer leur nutrition. Si la plante était parasite et incolore, elle puiserait directement dans fa plante nourrice les matières assimilables qui lui sont nécessaires. Tout peut en définitive se ramener à ce que nous voyons se produite chez les plantes vertes.
L'endosmose, la capillarité et la transpiration introduisent dans la plante l'eau et les matières salines solubles , azotates, phosphates, carbo-
nates, sulfates, chlorurée, oxydes, dont la plante a besoin. < ette liqueur aqueuae arrive dans l< nos vertes de la plante et là se cont entre de plut en plus. Grâce à la transpiration qui se produit, l'air pénètre dans la plaine et lui donne I 01 libf et i Bcide cari"': que dont ellea beaoin. S"us l'influence de la lumière, gr&ce a la chlorophylle, il y a production do matières assimilables, ai. et albumine solubles.
II. Circulation. — Les produits immédiats assimilables fabriques dans les parti' s vertes des plantes vivante* sont distribués par toute la plat moyen de la circulation. Dans les plantes aniceliulai es, il n'est pas possible de distinguer la circula lion du brassage général du au mouvement du protopiasma de la cellule. Dana les végétaux formée de
cellules closes, la circulation s ri doit a une sorte d'osmose qui se transmet de pr< che en proche depuis le point où le I assimilai
sont produites jusqu'aux points où elles doivent eue utilisées pour L'édification de parties nou-
Velles, "ii jusqu'aux point- ou elles doivent s'accumuler dans des réservoirs disposés "d h'":. Dana les plantes supérieures , la circulation des matières assimilables se fait des parties vert- s au reste de l'organisme dans un tissu spécial dépendant des faisceaux (V. Tissus végétaux), que l'on nomme liber, parce que quelquefois sa , Bêchée se laisse séparer en feuilleta comparables aux feuillets d'un livre. C'est toujours à travers les cellules gril âgées du liber que se fait la circulation des fluides végétaux chargés de matières assimilables. La circulation des fluidi gétaux à travers les tissus libériens est toujours très lento; souvent, en effet, l'amidon soluble se précipite en grains qui ne peuvent traverser les grillages qui barrent de distance en distance la longueur des cellules grillagées. Pour passerd une cellule à la suivante, l'amidon est obligé de 6e dissoudre; il traverse la plaque perforée qui sépare les cavités des cellules grillagées placées bout à bout, puis so précipite de nouveau à l'état solide de l'autre côlé du grillage qu'il vient de franchir. L'intensité du travail mécanique développé par la circulation des fluides végétaux au sein du libéra été mesurée par M. Vesque dans quelques plantes. Cet auteur a trouvé que ce travail pouvait s'élever jusqu'à celui que pourrait donner une force constante équivalente à un tiers d'élément de pile Daniell grand module. M. .Merget a reconnu que la circulation des fluides végétaux dans le liber de ces êtres est surtout assurée par le courant gazeux dont chaque plante est le siège. Prenons une feuille de biens el'Sticab\sn vivante. Au moment où on détache la feuille de la tige, on voit s'écouler par la plaie qui vient d'être faite à la feuilie un liquide blanc que l'on nomme le lait ou le latex de la plante. Ce latex concrète à l'air fournit le caoutchouc. Admettons pour un moment que ce lait du caoutchouc représente ie fluide nourricier qui remplit le liber des végétaux. Lorsque le liquide a cessé de s'écouler par la plaie, plongeons la plaie dans un verre plein d'eau fraîche, bien limpide, puis faisons tomber un rayon de soleil sur la feuille. On voit bientôt un courant de bulles de gaz qui se dégage par la plaie, puis le liquide recommence à couler, et il continue de couler autant de temps que le courant gazeux continue de se dégager. L'écoulement du gaz dans la plante, de ses parties chaudes et éclairées vers ses points les plus froids et les plus obscurs, provoque la circulation de ses fluides nourriciers dans la même direction. Comme, à chaque instant du jour, l'écoulement des gaz dans la plante se trouve modifié, les fluides de l'organisme végétal sont répartis dans toutes les directions. On désigne souvent sous les noms de sève descendante ou de sève élaboi ée les fluides végétaux chargés de substances
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assimilables qui vont des parties vertes, leur point de fabrication, vers les points en voie d'édification et vers les réservoirs où la plante accumule les matériaux de son édificaiion future. On conçoit facilement comment les gaz, en s'écoulant dans la plante, provoquent le déplacement de ses fluides organiques. Si complexe que soit l'organisation d'une plante vasculaire, on peut la résumer en ces termes : Une plante comprend : 1° une enveloppe superficielle épidermique rigide, perforée seulementde distance en distance ; 2° un certain nombre de bandes longitudinales rigides, formées de tubes capillaires à travers lesquels l'eau s'élève du sol aux parties vertes; 3° entre ces colonnes, dont l'ensemble forme une sorte de noyau central solide, et l'épiderme, on trouve un tissu mou très lâche, abondamment creusé de très larges lacunes. L'air circule dans ce manchon perméable entre l'épiderme et le noyau solide formé par les colonnes rigides. Mais l'air qui circule ainsi arrive à chaque instant avec des pressions très différentes, car à chaque instant la transpiration des parties vertes, par lesquelles l'air pénètre dans la plante, varie; on peut dès lors assimiler la circulation de l'air dans le manchon perméable où il se déplace à une soi e d'ondes qui tour à tour pressent plus ou moins la surface de la colonne centrale. Or, les masses libériennes de la plante sont toujours placées à la surface de sa colonne centrale. Gomme les tissus libériens sont toujours assez mous, ils se déforment sous les pressions qu'ils subissent, et le liquide qui les gorge est obligé de se déplacer dans le sens môme où les ondes gazeuses se déplacent. Parfois, pour atténuer et régulariser l'effet produit par la propagation des ondes gazeuses sur les tissus libériens, on voit s'interposer entre 'e liber et la couche perméable des sortes de lames élastiques qui amortissent le choc et régularisent l'effet produit, en le répartissant sur une pius grande étendue dans un temps plus long.
Au printemps, très souvent on voit l'app reil aquifère prêter aide et main-forte à l'appareil circulatoire. C'est qu'alors une masse considérable de matériaux devant être transportée des magasins de réserve aux points d'édification des parties en voie de développement et d'accroissement, les fluides végétaux sont transportés parles vaisseaux du bois. C'est là un emprunt qui n est jamais que temporaire et accidentel, et qui très souvent provoque la mort du ti-su ligneux.
III et IV. Assimilation et excrétion. — L'oxygène de l'air, agissant sur les matières de l'organisme, les brûle et donne naissance à des matières excrétées dont le degré d'oxydation peut varier beaucoup. Les végétaux étant formés pour la plus grande partie de leur poids de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote, l'oxygène libre, agissant sur ces êtres, produit comme résidus d'oxydation :
1° De la vapeur d'eau qui est rejetée avec les gaz sortants. Cette vapeur d'eau, due à l'action de l'oxygène sur la plante, doit être bien distinguée de la vapeur d'eau due à la transpiration végétale; 2° De l'acide carbonique. Ce gaz est encore rejeté avec les gaz sortants de la plante. Très souvent l'acide carbonique est remplacé dans les plantes par un produit moins fortement oxydé, l'acide oxalique. En général, l'acide oxalique reste dans la plante, mais il s'y combine à la chaux et forme de l'oxalate de chaux;
3° De L'asparagine. Cette substance demeure dans la plante, mais, au fur et à mesure qu'elle se produit dans les conditions ordinaires de la vie, elle se transforme en chlorophylle et en matière albuminoide. Pendant ce dédoublement, il y a souvent production de résines, d'huiles. Cette utilisation immédiate de l'asparagine fait que sa formation n'a pas été observée dans un grand nombre
de plantes. Cependant, si on place une plante verte à l'obscurité, on y reconnaît bientôt la présence d'asparagine. L'asparagine disparaît dès que la plante exposée à la lumière verdit : ceci s'accorde bien avec ce fait que c'est au dédoublement de l'asparagine qu'est due la pioduction de la chlorophylle. La chlorophylle ne se formant dans les plantes que sous l'action de la lumière, on trouvera de l'asparagine libre partout où la matière végétale vivra à l'abri de la lumière ou dans une lumière formée des rayons qui traversent, les solutions chlorophylliennes sans être absorbés. Toutefois, on a remarqué que la quantité de lumière suffisante pour provoquer la formation de la chlorophylle dans une plante étiolée ou élevée à l'abri de la lumière, est insuffisante pour permettre à la plante de vivre.
Nous n'avons pas à nous inquiéter de ce que deviennent l'eau et l'acide carbonique excrétés ; ils sont balayés par le courant d'air qui traverse la plante. Nous avons vu que l'asparagine était utilisée pour la production de l'albumine, base première du prutoplasma, et pour la pioduction de la chloroph} lie ; il reste donc à savoir ce que deviennent l'oxalate de chaux et les produits secondaires du dédoublement de l'asparagine.
L'oxalate de chaux s'accumule dans les plantes à l'état de cristaux. La forme des cristaux d'oxalate de chaux varie selon la nature chimique du milieu au sein duquel ils se forment. Ce sont des aiguilles allongées nommées raphides dans les solutions sucrées, de gros cristaux dans les solutioîis acides autres que les solutions d'acide oxalique, des modes cristallines dans les solutions alhumineuses . C'est à M. Vesque qu'on doit la connaissance de ces faits de polymorphisme de l'oxalate de chaux et la raison d'être de ce polymorphisme. Les cellules dans lesquelles l'oxalate de chaux s'accumule sont nommées glandes ou cellules cristalligènes. Exceptionnellement, l'oxalate de chaux, s'oxydant après sa formation, donne du carbonate de chaux. Le fait se produit surtout dans les plantes marines. Le plus ordinairement, le carbonate de chaux des plantes est amorphe comme la silice qui imprègne souvent les membranes végétales. On trouve le carbonate de chaux aux lieu et place de l'oxalate de chaux, dans les characées, les morées, les mercuriales, les algues dites encroûtées ou corallines.
Les dérivés secondaires immédiats de l'asparagine, tels que l'huile et les matières résineuses, sont excrétés par des glandes dont la structure est des plus variables : réduites à une cellule dans beaucoup de cas, ailleurs formées d'un épithélium glandulaire et d'une cavité ou canal qui peut s'ouvrir k la surface de la plante et déverser son contenu au dehors. Dans le premier cas, quand la glande est unicellulaire, si la cellule est tant soit peu allongée, on la nomme lalicifère. On la nomme encore laticifère si elle s'abouche avec d'autres cellules de même nature qu'elle, de manière à former un canal grêle plus ou moins rameux et tortueux. Lorsque la glande présente un épithélium glandulaire bien caractérisé et un canal, il arrive souvent que la glande est limitée extérieurement par une couche d'éléments protecteurs de nature hypodermique. Dans les conifères, on trouv" des glandes résinifères très développées qui peuvent servir de types pour ces glandes parfaites ou canaliculées des végétaux. Parfois, mais assez exceptionnellement dans les plantes actuelles, l'épithélium sécréteur d'une glande se gélifie complètement et se transforme en une ma*se gommeuse. Le fait était beaucoup plus fréquent à l'époque houillère, où presque toutes les plantes sont pourvues de canaux à. gomme. L'eau combinée à la gomme est mise en réserve dans les canaux gommeux pour le cas où
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la plante on aurait besoin. En général, quand les glandes excrétrices d'une plante s'ouvrenl a M
surface, elles sont disposées en »uo d'attirer près des organes reproducteurs de 1s plante les insectes qui doivent transporter le pollen des étamines Bur le pistiL Plus rarement, ces glandes extérieures ou qui s'ouvrent à l'extérieur sont transfo n organes de défense, comme les
poiN urticants des orties, les poils dos droscra et dos dio -I. les urnes des nepenthôs, des Barracenia, des utriculaires, des céphalotus. 'I rat cos organes glandulaires n" sont point, comme on l'a Imaginé dans ors dernières années, des or^-ai moyen desquels la plante se nourrit do substances animales digérées, unis dos appareils au moyen desquels la plante se défend cou. ennemis. Los latex, les résines, les huiles i tielles sont donc dos matières rejetées, excrétées, que la plante réutilise parfois à la suite d'une adaptation spéciale.
Dansées plantes incolores, l'asparagine est remplacée suit par de l'urée, soit par des matières analogues, telles que des urées composées . a alcaloïdes; parmi ces matières analogues à l'urée, et la représentant chez les végétaux, nous cit< rona la strychnine, la funginc, la brucine, la morphine, etc. Ces substances excrétées sont, pour la plupart, des substances très vénéneuses. Elles servent à la plante de moyen de défense contre ses ennemis. Si l'on exc< pte les champignons, les alcaloïdes sont généralement plus énergiques chez les plantes des régions chaudes du globe que chez celles qui sont originaires des pays tempérés. Très fré |uemment, les produits excrémentiticls de la plante sont accumulés par celle-ci dans les tissus qui vont être rejfttés lors de la décortication ou dans les enveloppes tégumenlaires de la L-raine, de manière à assurer au germe une protection suffisante. (V. Graines.)
Nous ne pouvons quitter l'excrétion végétale sans dire un mot de la constitution des réserves nutritives des plantes. Ii y a déjà longtemps qu'on sait que, si l'on place un vase de terre poreuse contenant de l'eau pure dans un bassin contenant une solution de sulfate de cuivro, le sulfate de cuivre traverse le vase poreux et on le retrouve après quelques heures dans l'eau de ce vase. Ajoutons un peu d'eau de baryte dans l'eau du vase poreux, le sulfate de cuivre qu'il contient est transformé en sulfate de baryte et en oxyde de cuivre; le sulfate de baryte et l'oxyde de cuivre, étant tous deux insolubles, se précipitent dans le vase poreux. Après quelques heures, on constaterait qu'une nouvelle quantité de sulfate de cuivre a pénétié du bassin dans l'intérieur du vase poreux. Ajoutons une nouvelle quantité d'eau de baryte, nous augmentons la quantité du précipité formé dans le vase poreux. En continuant de procéder comme il vient d'être dit, on reconnaîtra bientôt :
1° Que l'on peut, par ce procédé, épuiser une solution saline du sel qu'elle contient ;
'2° Que l'on peut accumuler dans un corps poreux les éléments d'un corps déterminé dans une proportion infiniment plus grande que celle où il est dans le milieu qui baigne le corps où s'est faite l'accumulation.
Depuis longtemps ces deux conséquences ont permis de comprendre de quelle manière les iodures et les bromures s'accumulent dans les plantes marines, alors qu'ils sont en si infimes proportions dans l'eau de mer Ce sont des phénomènes tout à fait comparables à ceux-là qui produisent des accumulations de matières alimentaires de réserve dans l'intérieur des plantes. Lorsque l'amidon soluble arrive dans les cellules où il doit séjourner, il se précipite sous la forme de grains d'amidon insolubles. Chacun de ces grains
d'amidon s'accroît par IntUSSUSCeptlon et, pnr 1'., diffère complètement de l'accroissement dos criataux ordinaires qui augmentent de volume dans leurs solutions mères par l'adjonction de parties nouvelles qui se déposent sur leur surf.ice, de telle sorte qu'en nourrissant un rristal dans des solutions polychromes, on peut former une masse où l'on voit les diverses couches se superposer dans l'ordre mémo des bains qui ont servi à nourrir le cristal. Grâce aux transformations qui peuvent frapper l'amidon insoluble sous l'influence dis matières que l'on nomme f rments
Bolubles, l'amidon insoluble peut produire de
l'amidon soluble, de la dextrine, de la gomme,
de la cellulose, du sucre de canne, du "lucose, du tannin, de l'huile grasse, des huiles essentielles, de l'inuline. Lorsque la réserve alimentaire doit se faire en présci ce d'une grande quantité d'eau, elle consiste toujeurs en Inuline, en amidon ou en sucre de canne. Quand la réserve nutritive se constitue en présence d'une moindre quantité d'eau, elle peut encore consister en amidon ; mais très souvent elle consiste en huile libre ou combinée avec de l'a bumine sous la forme bien connue de grains d'aleurone ; l'albumine mise en réserve peut affecter la forme de corps cristallisés auxquels on donne le nom do cristalloides. Ces sortes de réserves nutritives, faites à l'abri de l'eau, ont pour but de condenser, sous un très petit volume, une grande quantité de matières alimentaires de réserve. On trouve ces sortes de réserves dans les graines, où les téguments séminaux les tiennent à l'abri de l'humidité pendant le temps de la mauvaise saison. Très souvent, dans ces réserves, l'amidon ou l'hydrate de carbone est remplacé par de la cellulose très peu hydratée. Dans la plante vivante, la réserve nutritive se présente sous la forme de grains d'amidon, d'amidon soluble et de gouttelettes d'huile. Les grains d'amidon se montrent dans les grains de chlorophylle; l'amidon soluble et les gouttelettes d'huile sont dispersés au sein du protoplasma vivant. Ces trois matières correspondent à la graisse des animaux. Dans les plantes incolores, la réserve nutritive ne contient jamais d'amidon ; les hydrates de carbone ne sont représentés chez ces êtres que par du sucre et de la cellulose ; les matières grasses y sont représentées par des gouttelettes huileuses. Les matières azotées consistent en cristalloides et en albumine soluble amorphe.
Fonctions de relation. — I. Sensibilité. — La sensibilité des végétaux est toujours extrêmement vague ; elle ne se manifeste généralement que sous l'action de causes de longue durée et dont l'énergie n'est pas trop grande. Etudions successivement la sensibilité des plantes à l'action de la lumière, à l'action de la chaleur, à l'action de causes mécaniques parmi lesquelles nous mettrons au premier rang la pesanteur.
.Nous avons ait qu'on nomme hëliotr-opisme la sensibilité d'une plante ou d'une partie de plante à l'action de la lumière. Lorsque la partie sensible à l'action de la lumière tend à se rapprocher de la source lumineuse, l'héliotropisme est dit convergent ou positif. LTtéliotropisme est divergent ou négatif dans le cas opposé, c'est-à-dire quand la partie sensible semble fuir la lumière. D'une manière générale, les tiges et les parties vertes de la plante sont positivement héliotropiques. Chacun connaît la tendance des plantes d appartement à se diriger vers les fenêtres dont elles reçoivent la lumière. Les racines et la plupart des organes souterrains sont négativement héliotropiques, c'està-dire qu'elles semblent fuir la lumière. Le^ signe de l'héliotropisme est une question de degré dans la sensibilité des parties étudiées à l'action des rayons lumineux. Ainsi pour une partie quelcon-
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que d'une plante placée suffisamment loin de la source lumineuse, on constate qu'elle est toujours douée d'héliotropisme positif. En approchant l'objet de la source lumineuse, on trouve un point où son héliotropisme est maximum. Plus près encore, l'héliotropisme positif de l'objet diminue ; en un certain point encore plus voisin de la source, lliéliotropisme de l'objet est nul. Plus près encore de la source, l'héliotropisme de l'objet devient négatif. iNous savons que cette variation dans l'héliotropisme, alliée au mouvement des granules chlorophylliens, permet à la plante de régulariser en quelque sorte sa vie et de l'amener autant que possible près des conditions où elle s'exerce le plus favorablement.
11 ne faut pas confondre la sensibilité des plantes à l'action de la lumière avec la nécessité pour la plante de recevoir de la lumière pour se développer. Pour montrer que la lumière est indispensable au développement d'une plante, on peut élever des plantes dans la chambre obscure, dans la lumière blanche, dans les lumières colorées obtenues soit au moyen d'un prisme, soit au moyen de solutions colorées placées entre des glaces à faces parallèles. On a reconnu, en procédant de la sorte :
1° Que pour les plantes pourvues d'une abondante réserve nutritive, la lumière n'est pas indispensable au développement de la plante;
2' Que si la plante est verte, il faut, pour qu'elle puisse poursuivre son développement, lui fournir de la lumière;
3° Que le maximum de développement des plantes ;i lieu dans la lumière jaune, c'est-à-dire là où se trouvent réunis une grande quantité de rayons calorifiques et de rayons lumineux;
4° Que le minimum de développement des plantes a lieu dans la lumière qui a traversé une solution concentrée de chlorophylle.
On désigne sous le nom du th> rmotropisme la sensibilité des plantes à l'action do la chaleur. Tout ce que nous avons dit au sujet de la sensibilité des plantes à l'action de la lumière, nous pourrions le répéter pour la sensibilité des plantes à l'action de la chaleur. II y a de même un thermotropisme positif, un thermotropisine négatif, et cela pour tous les organes des plantes.
Il faut de même distinguer très soigneusement le thermotropisme ou sensibilité des plantes à l'action de la chaleur, de la chaleur nécessaire pour assurer le développement d'une plante.
La lumière et la chaleur, agissant sur une plante, ne provoquent sa courbure dans la direction de la source qu'après un certain temps d'exposition. Si, alors que le mouvement de courbure n'est pas encore commencé après un certain temps d'exposition d'une plante à la lumière, on vient à renverser le procédé d'éclairement, on reconnaît que la plante se courbe néanmoins dans la première direction. L'effet produit se manifeste donc même après qu'on a supprimé la cause. Les courbures produites sous l'influence de la lumière et de la chaleur dans les organes des plantes ne se font sentir que dans celles de leurs parties qui sont en voie d'accroissement.
On nomme géotropisme l'action de la pesanteur sur les plantes. On distingue un géotropisme positif, qui a pour effet de courber les parties vers le sol, et un géotropisme négatif, qui a pour effet de courber les parties vers le ciel. Dans les conditions ordinaires de la vie, les racines sont fortement douées de géotropisme positif; les tiges qui s'élèvent verticalement dans l'air sont fortement douées de géotropisme négatif. Le géotropisme est dû uniquement à l'attraction de la terre sur les parties des plantes. En plaçant des plantes en germination sur des roues verticales et horizontales, on détruit partiellement l'influence de l'attraction 2e Partie.
de la terre ; les racines et les tiges de ces plantes ne se dirigent plus alors selon la verticale. On peut ainsi montrer que pour le géotropisme, comme pour l'héliotropisme et le thermotropisme, il y a pour chaque partie d'une plante un instant où il est maximum, un instant où il est positif, un instant où il est négatif. Pour faire voir l'existence du géotropisme et la manière dont on peut l'annuler, Knight a constaté qu'il suffit de placer des plantes eu germination dans des appareils animés d'un mouvement de rotation, les uns se déplaçant dans un plan vertical, les autres dans un plan horizontal. Si le mouvement de rotation de ces appareils est suffisamment rapide, les plantes s'orientent seulement sous l'influence de la rotation de l'appareil où elles sont placées.
II et III. MOTILITÉ ET PROCÉDÉS DE DÉFEXSE. —
Les autres manifestations de la vie de relation chez les plantes sont, avons-nous dit, la motilité et les organes de défense. D'une manière générale, la motilité n'existe que dans un petit nombre de plantes, et seulement chez des plantes d'une organisation très simple ou très dégradée. Dans les champignons muqueux que nous avons déjà désignés sous le nom de myxomycètes, l'être tout entier consiste en une sorte de gelée contractile douée d'un grand pouvoir héliotropique négatif, c'est-à-dire qu'en toute occasion le végétal fuit la lumière. II est possible, en disposant convenablement l'expérience, de faire parcourir une distance de huit à dix centimètres par jour à l'un de ces champignons.
Les myxomycètes se déplacent à la manière des amibes ; leur substance semble s'écouler dans la direction où l'être veut avancer; ils émettent dans cette direction des prolongements ou pseudopodes, qui peuvent à tout instant se rétracter dans la masse de l'être. Le corps du myxomycète suit le pseudopode. On donne à ce mouvement particulier, que les myxomycètes partagent en commun avec les amibes, le nom de mouvement amiboîde. Dans les spores émises par un grand nombre de myxomycètes, nons voyons la propriété motrice se localiser dans un appareil spécial nommé cil vibratile iV. Spi re . Chaque spore possède bien encore le mouvement amiboîde, et grâce à cette propriété peut se déplacer en ramp mi à la surface des parois des vases où on la cultive ; mais lorsque la spore veut se déplacer à travers le liquide où elle baigne, elle se sert du cil qui la prolonge antérieurement. Le mouvement ciliaire peut être assimilé au mouvement que l'hélice d'un navire imprime au bâtiment qui en est pourvu. Pour un être déterminé, le mouvement de ses cils vibratiles a toujours lieu dans le même sens. Lorsque les cils vibratiles d'un être acquièrent une très grande longueur, plusieurs d'entre eux cessent d'être des organes locomoteurs pour devenir des sortes d'organes directeurs du mouvement. Ils deviennent alors fermes et rigides; on les nomme flagella. Ce sont des sortes de gouvernails dont la plante se sert pour donner à sa marche plus de rectitude et plus d'assurance. Dans les algues désignées sous le nom de volvocinées, l'être tout entier consiste en une réunion de cellules agglutinées les unes aux autres par une sorte de gelée transparente. Chaque cellule possède deux longs cils vibratiles sans cesse en mouvement, de telle sorte que la masse entière est animée d'un mouvement rapide de rotation au moyen duquel l'être tout entier se déplace dans l'eau. Il est facile de trouver une de ces algues dans les eaux de pluie qui séjournent dans les creux des pierres calcaires à l'entrée de l'hiver ou au commencement du printemps.
Chez les saprolégniées, champignons aquatiques qui vivent sur les mouches et sur les poissons morts, chaque zoospore est réniforme et pourvue de deux cils vibratiles : l'un antérieur, mobile, qui
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Dans les plantes supérieures, la masse protonlasmique vivante étant enfermée dans des chambres ou ce Iules à parois rigides, la pr< . motrice des diverses partit s de l'être ■• ne s'accuse plus que par les d. p] ceint i gérauxque nous avons vus se produire .-dus les noms d'héliotropieme, de géotropisme et de thermotropisme. Exceptionnellement, la faculté motrice réapparaît dans certaines parties »lc ces plantes qui acquièrent alors une irritabilité très grande. Chacun a entendu parler de la sensilive (Mimosa pudica) : on sait que quand on vient à toucher très légèrement les folioles de cette plante, celles-ci se ferment, la feuille qui les porte s'abaisse et prend une physionomie que l'on qualifie de physionomie de sommeil, parce que la nuit la plante prend d'elle-même, l'aspect que nous lui avons vu acquérir sous l'influence d'un léger attouchement. D'autres plantes, comme le robinia faux-acacia, Y Hedysarum gyrans, la dionée attrapemouche, le drosera, le sarracenia, le népentliès, le berbéris, ont certaines de leurs parties extrêmement sensibles soit à l'action de la lumière, soit à l'action d'un ébranlement mécanique. Dans le premier cas, on dit que la partie sensible veille ou dort selon sa position ; dans le second, on se contente de dire qu'elle est irritable mécaniquement. Les mouvements exécutés par ces parties dites irritables peuvent être très étendus, lis sont brusques et rapides; ils ramènent toujours la partie irritée à sa position d'équilibre la plus stable; très souvent ils sont accompagnés d'une abondante émission d'eau. Cette émission d'eau est particulièrement facile à apprécier dans les plantes à pièges, telles que les drosera, les dionées, les népentliès, ou dans celles qui sont pourvues de fistules ou ouvertures locales accidentelles. Dans tous ces organes contractiles ou irritables, à côté d'un reste de la motilité générale des êtres végétaux, il y a le fait d'une adaptation spéciale d'une partie de la plante. Il y aurait lieu de reprendre aujourd'hui la plupart des observations faites antérieurement sur la motilité des plantes pour les coordonner.
On sait fort peu de chose sur les organes de défense des plantes. Les plantes se mettent à l'abri de la lumière en colorant leurs parois en noir, en vert ou en rouge. La coloration la plus rare est la coloration verte. Le plus ordinairement, dans les végétaux inférieurs, la coloration de la paroi est due à la décomposition qui s'y produit. D'autres fois elle est due à une matière résineuse qui s'y dépose. Alors la paroi devient du même coup un organe protecteur contre l'action de l'humidité et contre l'ai tion de l'oxygène de l'air.
Pour se protéger contre les attaques des animaux, la plante transforme certaines de ses parties en une sorte de bourre ou d'étoupe qui revêt toute
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- qui peuvent l'atteindre. Ailleurs, comme le GUaitichia ferox, dans lee i aubépli
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se transforment en ép nés, en darde ou en aiguil- Cea piquant» oui les origines morpboiogiquee les plus diverses; ce sont des liges, di puleg. des fouillée OU de simples productions
superficielles. Dans lo 1/mnax ttaygacanl sont même des raclnee.
Dana lee orties, les organes de défenee constatent en poils dont la partie mpéi est terminée par une sorte de bouton. Le poil contient une glande • de l'acide formique.
Lorsque réltrémtlé du poil a bleaeé un animal, elle se brise trèe facilement, sa fragilité élai.' grande; sous l'effort provoqué par cette rupture,
la glende o la plaie une
certaine quantité d'acide formique: de là provient l'irritation violente, la brûlure que provoque la piqûre de l'ortie, en particulier celle de l'i i Dans les Bonapartta, végétaux austral!
des agaves, la plante transforme en appareils urticants ses stomates. Il en est de ne me rh*»z plusieurs broméliacées. Cbea quelques légumineuses de L'Amérique du nord, les opines sont trav par un canal en communication avec m sucre. Le liquide qui s'échappe de cette «lande eet fort recherché de certaines fourmis qui. par 6uite do la pi leur nourriture préférée, instal-
lent leur habitation sur ces plantes. Mais les légumineuses en question ont tout à redouter des .iliaques de certaines autres fourmis qui se jettent sur leurs bourgeons au moment de leur épanouissement, dévorent ces bourgeons et font périr les plantes. Entre les deux sortes de fourmis, celles qui dévorent les bourgeons et celles qui se nourrissent des sucs émis par les épines, il y a une animosité telle que les unes et les autres se font une guerre acharnée; les premières sont pourchassées par les secondes, qui deviennent ainsi indirectement les appareils de défense de la plante.
Beaucoup de plantes produisent pour se mettre à l'abri des attaques des animaux des poisons violents. Le mancenillier, le manioc, le strychnos, les pavots, ies aroidées, les ciguës, les euphorbes, les quinquinas, les champignons sont des exemples bien connus de cette propriété des plantes, et des moyens auxquels un grand nombre d'entre elles ont eu recours pour se mettre le plus possible à l'abri des chances de destruction dont les menace la gent animale.
L'un des procodés les plus singuliers employés par les plantes pour se défendre, ce sont les pièges contractiles. Dans les drosera, petites plantes qui vivent mêlées aux sphaignes des étangs ombragés, on voit la surface supérieure des feuilles garnie de grands poils terminés par une glande sphérique. Lorsqu'un insecte vient à toucher la surface de la feuille, les poils s'inclinent vers l'insecte très rapidement; ils s'appliquent sur lui et l'entourent d'une matière fluide gluante. Tant que linsecte se débat, les poils demeurent appliqués sur lui. Ils ne se redressent que lorsque l'insecte est mort. Dans les dionées ou Rossolis des marais de la Louisiane et de la Caroline, le limbe de la feuille est formé de deux pièces mobiles autour d'une charnière représentée par leur cote médiane. Lorsqu'un insecte vient se poser sur la face supérieure de la feuille ouverte, les deux moitiés du limbe de la feuille se détendent brusquement, et s'appliquent l'une sur l'autre. Les grands poils qui recouvrent les bords de la feuille s'engrènent l'un l'autre très intimement, et les poils de la face supérieure de la feuille déversent sur l'insecte une matière gluante, fluide, acide, qui le fait rapidement périr. L'existence
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de ce fluide acide a donné naissance à la fable des plantes carnivores. Dans les népenthès, les sarracenia, le pi^ge dont la plante dispose consiste en une outre fermée supérieurement par un couvercle mobile. Le fond de l'outre est tapissé par un tissu glandulaire qui produit, lorsqu'on l'irrite, une matière fluide visqueuse et légèrement acide. Lorsqu'un insecte pénètre dans l'outre, le couvercle se fermo, l'insecte prisonnier, en se débattant, se prend sur le tissu glandulaire, et bientôt il périt sous l'action de la liqueur acide. Nous avons renvoyé le lecteur à l'ariicle Fleur pour tout ce qui concerne la reproduction cbez les plantes. Nous ne croyons pas avoir à revenir sur ce sujet.