‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 456 sur 534 · VENT · texte numérisé non relu

VENT

VERBE

los quatre points cardinaux. On peut y tracer également les quatre ou les huit divisions intermédiaires.

Pour faire usage de ce miroir, on place l'oeil dan', une position telle que l'image du nuage observe apparaisse au point de croisement des lignes ; puis, un morceau de bois ou de liège dans lequel on a piqué une épingle est posé sur ce miroir de telle sorte que la tête de l'épingle se projette sur le môme point. On a ainsi une ligne de visée grossière mais suffisante. Au bout de quelques minutes, on se place de nouveau dans une position telle que la tête de l'épingle se projette sur le point de croisement des lignes du miroir. L'image du nuage s'en est écartée; on marque sa position nouvelle avec un grain de sable. La ligne qui joint le point de croisement au grain de sable donne la direction vraie du chemin parcouru par le nuage. Les effets de perspective étant les mômes sur le miroir que sur le ciel qu'il reflète ne peuvent plus troubler la lecture. L'opposition de marche des nuages superposés dans l'atmosphère se montre alors beaucoup moins fréquente qu'elle ne le paraît en l'absence du miroir. On constate cependant que les nuages les plus élevés marchent très souvent dans des directions autres que celles des nuages les plus bas. En général, la direction du vent se transmet de haut en bas, en sorte que, si les nuages supérieurs marchent du N.-O.vers le S. -E., alors que les nuages inférieurs marchent de 10. à l'E., ceux-ci ne tarderont guère à marcher eux-mêmes du N.-O. vers le S.-E., ce. qui est un signe de beau temps prochain. Des nuages supérieurs marchant du S.-O. ou du S. vers le N.-E. ou le N. quand les vents inférieurs vont de l'O. vers l'E., indiqueraient au contraire un retour prochain de ces derniers vers le S.

La vitesse du vent est évaluée au moyen des anémomètres. Pour les vitesses très faibles on a rpcours à l'anémomètre de Combes, sorte de moulin à vent de dimensions très petites, à ailes planes, inclinées, faites en mica. Pour les vents ordinaires on emploie généralement l'anémomètre Ri binson. Ce dernier se compose de quatre hémisphères creuses placées de môme sens aux extrémités de deux diamètres croisés. Le vent a plus de prise sur la concavité que sur la convexité des hémisphères ; ceux-ci fuient donc sous le vent, leur convexité en avant, et font tourner leur axe commun dans un sens toujours le même quelle que soit la direction du vent. Cet anémomètre est toujours orienté et prêt à fonctionner. Sa vitesse est à peu près le tiers de la vitesse du vent; la proportion diminue toutefois d'une manière sensible quand le vent est très fort.

A Paris, dans les grandes tempêtes, la vitesse du vent dépasse quelquefois 80 kilomètres à l'heure ; elle augmente à mesure qu'on s'élève audessus de la surface du sol jusqu'à une certaine hauteur variable avec l'état de l'atmosphère. C'est ainsi que la vitesse d'un cours d'eau augmente des bords vers la partie centrale. Mais ce qu'on observe à la surface du sol ou vers la région des nuages ne s'applique pas nécessairement aux couches plus élevées de l'atmosphère.

La pression exercée par le vent sur une surface plane perpendiculaire à sa direction croît comme le carré de la vitesse du vent ; elle est de 60 kilogrammes environ par mètre carré, pour un vent de 80 kilomètres à l'heure; elle monterait à lOO kilogrammes pour un vent d'environ 103 kilomètres à l'heure. La pression serait la même pour une surface plane se mouvant avec la même vitesse de 103 kilomètres dans un air calme et au repos.

En raison de son inertie, l'anémomètre de Robinson n'obéit pas instantanément aux à-coups du

vent. Le nombre de tours qu'il effectue dans un intervalle de 1 minute donne la vitesse moyenne du vent pendant cette minute. Les effets des àcoups du vent sont en partie compensés par le calme relatif des intervalles qui les séparent.

[Marié-Davy.]

VENTILATION. — V. le même mot dans la I™ Partis.

VERBE. — Grammaire, XIII. — Le verbe est un mot qui exprime l'état ou l'action : « Il pleut; le cheval est docile; le loup mange l'agneau. »

Verbe vient du latin ver hum, « le mot » ; c'est en effet le mot par excellence, qui forme le terme essentiel de la proposition.

On divise les verbes en deux grandes classes : les verbes transitifs et les verbes intrnnsttifs; elles se subdivisent à leur tour en plusieurs catégories.

On appelle verbes transitifs ceux qui font passer l'action du sujet au complément. Un verbe est donc transitif quand il a ou qu'il peut avoir un complément direct. Ex. : « Le cheval traîne la voiture. » Traîne est un verbe transitif, parce qu'il fait passer, il transmet l'action du cheval à la voiture.

Le verbe transitif est dit actif quand le sujet fait l'action. Ex. : <t Pierre aime Paul. » En renversant la construction, on a : « Paul est aimé de Pierre. » Le verbe devient alors passif, parce que le sujet Paul supporte l'action.

Le verbe est dit réfléchi quand le sujet fait et supporte l'action. Ex. : « Il se flatte. » Le sujet il et le complément se désignent la même personne.

La plupart des verbes actifs peuvent devenir passifs et réfléchis.

On appelle verbes intransitifs ceux qui expriment un état, ou bien une action qui ne s'exerce pas sur un autre objet. Ex. : « Le cheval court, l'enfant dort. »

Ces verbes, qu'on appelle aussi verbes neutres, ne peuvent avoir de complément direct. Quelquesuns peuvent devenir réfléchis, aucun ne peut devenir passif.

Aux verbes neutres se rattachent les verbes impersonnels, ainsi nommés parce qu'ils expriment une action qu'on ne peut attribuer à aucune personne déterminée : Ex. : « Il neige, il pleut. »

Ajoutons à ces diverses familles de verbes un verbe qui forme à lui tout seul une classe spéciale : c'est le verbe être, qu'on appelle verbe substantif, parce qu'il exprime l'existence.

En résumé, il y a donc en français six sortes de verbes : le verbe actif, le verbe passif, le verbe réfléchi, le verbe neutre, le verbe impersonnel et le verbe substantif.

Il faut considérer dans les verbes le radical et la terminaison, le nombre, la personne, le mode, le temps.

1° Radical et terminaison. — Le verbe est toujours formé de deux parties distinctes : 1° une partie fixe qui change peu, dite le radical du verbe ; 2° une partie changeante et variable, qu'on nomme la terminaison : ainsi dans je mareh-e, nous marchons, vous iitarch-erez, le radical est march...., et

les syllabes ... e, ons, erez, qui suivent le

radical, sont les terminaisons.

2° Nombre. — Les verbes comme les noms ont deux nombres : le singulier, quand il s'agit d'un seul : « Je marche, tu lis, il mange; » le pluriel, quand il s'agit de plusieurs : « Nous lisons, vous marchez, ils finissent. » .'■,%.

3° Pbrsonnes. — L'action qu'exprime le verbe peut être faite soit par la personne qui parle : « Je marche, nous marchons; » soit par la personne à qui l'on parle : « Tu marches, vous marchez : •> soit par la personne dont on parle : « 11 Ut, ils marchent. »

vrcnnr,

Los différentes terminaisons par lesquelles In Français marque lea changements de personne s'appellent les personnes du verbe.

.)0 iioou. — Le mode * eal la manière dont le verbe présente l'étal on l'action qu'il exprime.

Il y a m\ modes en français : ['indicatif, i mtif, in conditionnel, le subjonctif, l'infinitif et le participe

Le mode indicatif indique simplement que l'action a lieu : « Je marche, tu lis.

Le mode impératif B'emplo e pour exprimer le commandement : « Marchez, lisons. »

Le mode conditionnel indique <|uc l'action aurait lieu si une certaine condition était remplie : •> Je sonirais s'il faisait beau. »

Le mode subjonctif présente l'action d'une manière douteuse, parce qu'elle dépend toujours d'une autre action : « Je veux que tu viennea; » que tu viennes est soumis au verbe je veux et en dépend.

Le mode infinitif présente simplement l'action d'une manière vague, indéfinie, sans distinction de nombre ni de personnes : a Lire, ("aire, remplir. >

Le mode peu ticipe lient à la fois du verbe et de l'adjectif. Comme le verbe, il indique l'état ou l'action et marque le temps; comme l'adjectif, il qualifie ou détermine un substantif: « Aimant, aimé. •»

Remarque. — L'infinitif et le participe, qui n'indiquent point les personnes, sont dits rnodes intj ersonnels, par opposition aux autres modes qui sont dits modes personnel*.

5° Timps. — Le temps * est la forme que prend le verbe pour marquer à quel moment se fait la chose dont on parle.

Ou l'action se fait au moment où l'on parle : « Je lis, » — ou l'action était déjà faite au moment où l'on parle : « J'ai tu ce matin, » — ou l'action se fera dans un temps futur ou à venir : a Je lirai demain » : ces trois moments s'appellent le présent, le p/issé, le futur. Le français marque chacune de ces époques différentes à laquelle a été faite l'action, par une forme particulière du verbe, que l'on nomme temps.

11 n'y a qu'un seul /.résent, mais il y a plusieurs passés et plusieurs futiws, parce que toute action peut être plus ou moins passée, plus ou moins future.

On distingue cinq sortes de passés ou parfaits: l'imparfait, le parfait défini, le parfait indéfini, le parfait antérieur et le plus-que-parfait.

L'imparfait exprime une action actuellement passée, mais qui ne l'était pas encore quand une autre s'est faite : « Je lisais quand vous êtes entré. »

Le parfait défini exprime une action faite à une époque déterminée, définie, complètement passée au moment où l'on parle : « Je lus hier toute la journée. »

Le par/ait indéfini exprime une action faite à une époque vague, indéfinie : « J'ai lu ce livre autrefois. »

Le parfait antérieur exprime une action faite immédiatement avant une autre également passée : « Quand j'eus lu ce livre, je sortis. »

Le pius-que-parfait exprime une action faite avant une autre également passée : « J'avais lu ce livre quand je sortis. »

On distingue deux sortes de futurs : le futur simple et le futur antérieur.

Le futur sitnple marque simplement que l'action se fera : « Je lirai ce livre. »

Le futur antérieur marque que l'action se fera avant une autre qui est à faire : a J'aurai lu ce livre quand vous viendrez. »

On appelle temps simples les temps conjugues sans les auxiliaires être ou avoir, et temps composés les temps conjugués avec un auxiliaire.

VKiun:

Al AII.IMM S

On appelle auxiliaire» les verbes qui ser conjuguer les autres •

dans les exemples suivants : ■ J>- sols venu, j'ai dormi. »

I ilinire signifie proprement n celui qui aide ». 1 rbes aux liaires aident en eflTel lea autres

Verbes à parfaire certains temps ou Certains modes, qu'ils ne povralei t formera eux seuls par une simple modification du radical.

Plus une langue a de désinences variées pour

les temps et lea modea, moins elle ad'auxiii aussi les langues anciennes s'en servaient-elles

bi"n moins que la nôtre. L'auxiliaire est surtout l'apanage des langues modernes, et principalement du français : il s'j eal immiscé partout. I> abord, nous n'avons de paaaifque par lui ; à aucun temps, à aucun mode, notre conjugaison j n'offre une seule forme simple, si ce n'est le par»

ticipe p.n^sr aimé. Uni), et notre passif résulte tout entier de la réunion de ce participe passé avec la conjugaison complète de l'auxiliaire être. A l'actif . pas un passé, sauf l'imparfait et le passé d< Uni qui ne soit composé de ce même participe uni au verbe avoir. Bien plus, nos auxiliaires enx- - ii" peuvenl pas marcher sans aide, et sont obligés de demander du secours, soit l'un à l'autre : « J'ai été. » soit a eux-mêmes : • J'ai eu ».

Être ot < >■ i> sont les deux verbes auxiliaires dont l'emploi est le plus fréquent en français.

Ces doux verbes ne sont auxiliaires que lorsqu'ils servent à conjuguer un autre verbe, c'est-àdiro quand ils sont suivis d'un participe passé : a Je suis aimé, j'ai chanté. » On ne peut leur donner ce nom quand ils sont employés seuls : « J'ai un cheval, je suis pauvre. » Avoir est alors un verbe actif, et être est le verbe substantif.

Ltre, dans les différentes formes de sa conjugaison, vient des deux radicaux (sum, fui du verbe latin fsse, qui avait le même sens, et du radical du verbe stare, qui veut dire se tenir debout, exister.

Avoir vient du latin habere, qui a le mémo sens.

Mais, en devenant auxiliaires, ces deux verbes perdent toute signification propre, toute valeur temporelle, et ne marquent plus que les circonstances de mode, de nombre et de personne. Us ne jouent plus que le rôle des désinences dans les temps simples.

Nous avons dit qu'ils ne conservaient rien de leur valeur temporelle ; il suffit en effet de comparer « J'ai » et « J'ai aimé », « Je suis » et «Je suis tombé », pour constater que j'ai et je suis ne désignent pas, comme auxiliaires, le même temps que lorsqu'ils sont employés d'une manière absolue. Dans ces exemples : « J'ai aimé, je suis tombé, » l'idée de temps est représentée par le participe. Cette remarque ne s'applique pas à la voix passive, où le verbe être est conjugué en entier, accompagné seulement d'un participe passé qui joue le rôle d'un adjectif.

L'auxiliaire avoir est spécialement affecté en français à la conjugaison des temps composés actifs ; l'auxiliaire être, à celle des temps passifs.

C'est sans doute sous l'influence de ce double rapport que les verbes pronominaux, qui ont en quelque sorte un rôle actif et passif, puisque le même sujet y fait et y subit l'action, forment toujours leurs temps avec l'auxiliaire être tout en gardant la signification active : « Je me suis promené. »

Les verbes neutres subissent en général la loi qui régit les autres ; si leurs temps composés énoncent un acte, ils prennent avoir : « J'ai couru:» s'ils énoncent uu état, ils prennent être : a Je suis

VERBE

VERBE

arrivé ; » s'ils deviennent pronominaux, c'est encore être : «Je me suis plu à vous l'expliquer. »

Il n'y a que douze verbes neutres conjugués exclusivement avec l'auxiliaire être ; ce sont : A^ler, arriver, choir, décéder, éclore, entrer, moicrir, naître, partir, sortir, tomber, venir. D'autres, tels que courir, dormir, languir, mnrcher, vivre, succomber, etc., ne prennent que l'auxiliaire avoir. D'autres enfin, tels que descendre, passer, cesser, acourir, dem-urer, disparaître, apparaître, etc., prennent tantôt avoir et tantôt être, selon que l'on vaut exprimer une action ou un état. Exemple : « Il a passé en Australie au mois de mai » (c'est-à-dire : c'est au mois de mai qu'il a fait l'action de visiter l'Australie). Mais si l'on dit : a II est passé en Australie depuis vingt ans, » cela signifie : Il est résident en Australie depuis vingt ans ; il est passé à l'état d'habitant de ce pays. Avoir exprime donc ici l'action au moment où elle s'est faite, et être l'état résultant d'une action accomplie.

Lorsque les verbes neutres peuvent s'employer au sens actif, ils prennent naturellement l'auxiliaire avoir : « Il a monté l'escalier. Nous avons descendu nos livres. Il a passé la rivière.»

Quelques verbes neutres changent d'auxiliaires en changeant de sens : convenir, dans le sens de plaire, prend l'auxiliaire avoir : « Cel ho urne ne m'a pris convenu ; » mais dans le sens de faire une convention, il prend l'auxiliaire être : « Nous sommes convenus d'agir ainsi. »

Les verbes demeurer, rater, expirer, dont le sens peut également varier, suivent la même règle.

On peut considérer comme auxiliaires secondaires certains verbes tels que devoir, aller, venir d'\ dans ces locutions : « Il devait venir ce matin ; je vais sortir ; il vient de parler. » C'est grâce aux deux premiers que nous avons un infinitif et un participe futurs : « devoir sortir, allant sortir,» etc. Venir de forme une sorte de passé récent : « Je viens d'arriver. »

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