‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 499 sur 534 · CADETTE DE HABSBOURG A L'EXTINCTION DE LA LIGNE · texte numérisé non relu

CADETTE DE HABSBOURG A L'EXTINCTION DE LA LIGNE

directe. — Durant les deux siècles qui suivirent, l'histoire de l'Autriche se confond avec celle de l'Allemagne. Les règnes de Ferdinand, de Maxirnilien II, de Rodolphe II, du Mathias, nous conduisent jusqu'à la guerre de Trente aux *, qui î emplit les règnes de Ferdinand II et de Ferdinand III. Léopold Ier eut à se défendre contre les Turcs (siège de Vienne, 1683), et contre Louis XIV. A l'extinction des Habsbourg de la branche aînée, en 1700, il essaya de faire passer la couronne d'Espagne sur la tète de son se< ond fils, l'archiduc Charles, qui avait pour compétiteur Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV. La guerre de la succession d'Espagne remplit le règne de Joseph 1er, fils de Léopold ; après la mort de celuici, son frère, l'archiduc Charles, étant devenu empereur sous le nom de Charles VI, renonça à l'Espagne, et les traités d'Utrecht et de Rastadt assurèrent le triomphe du candidat des Bourbons, qui put régner en paix à Madrid.

Charles VI, qui s'occupa surtout à guerroyer contre les Turcs, mourut en 17 40, laissant pour lui succéder une fide unique, Marie-Thérèse. Avec lui s'éteignit la ligne directe de Habsbourg.

5« période : La maison de Habsbourg - Lor- 2e Partie.

RAINE, JUSOU'A LA FIN DE L'ANCIEN EMPIRE d'AlLE-

magxe. — Marie-Thérèse eut à lutter contre une coalition formée de la Prusse, de la France, de la Bavière, de la Saxe et de la Pologne, qui voulaient donner la couronne impériale à l'électeur de Bavière. Mais le roi de Prusse ayant consenti à la paix en échange de la cession de la Silésie, Marie-Thérèse put, grâce à la vaillance des Hongrois et à l'appui de l'Angleterre, triompher de ses autres adversaires, et faire reconnaître comme empereur d'Allemagne son époux François de Lorraine. Une nouvelle guerre, la guerre de Sept ans*, diminua le prestige de la maison d'Autriche et augmenta celui de la Prusse, mais n'amena pas de changements territoriaux en Allemagne. Marie-Thérèse participa un peu plus tard, avec Frédéric II et Catherine II, au premier partage de la Pologne (17731.

Son fils Joseph II (1780-1790) introduisit dans ses États héréditaires des réformes qui n'eurent qu'une existence éphémère. Léopold II (1790-1792), frère de Joseph et de Marie-Antoinette, prépara contre la France une guerre qui fut soutenue par son successeur François II. L'Autriche y perdit la Belgique et l'Italie. En 180 i, François, voulant donner à ses États héréditaires plus de cohésion et d'importance, et mieux assurer sa primauté parmi les princes allemands, prit le titre d'empereur d'Autriche. Bientôt après, vaincu par Napoléon à Austerlitz, il perdit une partie de ses possessions, et fut obligé de renoncer à son ancien titre d'empereur d'Allemagne (1806t.

6e période : L'empire d'Autriche et l'Austro- Hongrie. — L'empire d'Allemagne ayant cessé d'exister, François II s'appela désormais François Ier, empereur d'Autriche. 11 essaya en 1808 de s'affranchir de l'alliance française, mais fut vaincu de nouveau à Wagram, et contraint de donner pour épouse à Napoléon sa fille Marie- Louise. Après la chute du conquérant, il recouvra la plupart des possessions qu'il avait perdues ; mais l'empire d'Allemagne ne fut pas rétabli : les traités de 1815 le remplacèrent par la Confédération germanique, dont l'Autriche fut un simple membre.

L'histoire des soixante dernières années de la monarchie autrichienne, sous François Ier, Ferdinand I" et François-Joseph, est celle de sa rivalité avec la Prusse et des embarras intérieurs que lui ont causés les revendications des diverses nationalités dont l'agglomération constitue son territoire. La lutte contre la Prusse, après avoir longtemps occupé les diplomates de la Diète germanique, a reçu son dénouement sur le champ de bataille de Sadowa (1866). Quant aux révoltes de ses sujets, l'Autriche, après les avoir durement réprimées en 1848 et 18i9, s'est vue forcée enfin d'abandonner ses possessions d'Italie, et a dû concéder à la Hongrie une autonomie presque complète. Le régi me dualiste établi en 1857 a mis fin aux agitations intérieures, et l'Austro-Hongrie, dotée d'institutions représentatives, est désormais entrée dans la voie du progrès et des réformes libérales

Formation territoriale de l'Autriche. — Sous les margraves de la maison de Bamberg (du IXe au xu° siècle), l'Autriche ne comprenait que le territoire formant aujourd'hui la province de Basse- Autriche, avec Vienne pour capitale. Le margrave Henri II reçut de l'empereur Frédéric Barberousse, en 1156, le titre de duc avec l« Haute- Autriche enlevée à Henri le Lion, duc de Bavière.

Le duché d'Autriche s'accrut de la Styrie en 1192, puis de la Carniole sous Léopold VI. Les ducs de la maison de Habsbourg y ajoutèrent la Carînthie (1331), le Tyrol (1363), le landgraviat de Brisgau (13(ï7).Trieste (1380); mais ils échouèrent dans leurs tentatives pour s'annexer les can-

BELGIQUE

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tons suisses. En 1437, les couronnes de Bohême et de Hongrie éclairent à la maison d'Autricli», par le mariage du duc Albert V (depuis empereur sous le nom d'Albert II avec la fille de l'empereur Sieismond ; maie après la mort de Ladislas le Posthume (1457;, ces deux pays redevinrent indépendants.

Un accroissement considérable de possessions pour la famille de Habsbourg fut dû au mariag.ele Maximilicn Ier avec Marie de Bourgogne (1477), qui apporta en dot à son époux l'Alsace, la Franche-Comté et les Pays-Bas. Les deux fils de Maximilien, Charles-Quint et Ferdinand I", se partagèrent ses possessions héréditaires : Charles se réserva la Franche-Comté et les Pays Bas, qu'il joignit aux vastes domaines de l'Espagne. Ferdinand eut tous les États autrichiens d'Allemagne, savoir: l'arrhiduché d'Autriche, leTyrol,la Sty ri», la Carinthie, la Carniole, l'Istrie (enlevée aux Vénitiens, des possessions en Souabe, et l'Alsace; en outre il obtint en 1526 les couronnes de Hongrie et de Bohême i^avec la Moravie, la Silésie et la Lusace).

A partir de ce moment, c'est la branche allemande des Habsbourg qui représente l'Autriche proprement dite. Elle obtient la dignité impériale en 1558, mais sans nouvelles acquisitions territoriales : au contraire, le traité de Westphalie (1648) lui enlève l'Alsace et la Lusace; en revanche, le traité de Bastadt (1714) lui donne la Belgique, Naples (sans la Sicile', la Sardaigne, le Milanais, et les présides de Toscane. Le traité de la Haye (1720) amena l'échange de la Sardaigne contre la

Sicile. Au traité de Vienne (1738), l'Autriche perdit Naples, la Sicile, et une partie du Milanais, mais reçut en échange le duché de l'arme. La guerre de la succession d'Autriche, qu'eut a soutenir Marie-Thérèse, faillit causer le démembre* ment des vastes Etats de la maison de Habsbourg; celle-ci n'y perdit toutefois que la Silésie, Parme, et une portion du Milanais, et elle s indemnisa bientôt aux dépens de la Pologne, à laquelle elle enleva la Bussie rouge, une partie de la G;t I i«i>-, les palatiuats deCracovie, de Sandomir, de Lublin, de Beltz, de Wolhynic et de Podolio 17 "2 , et de la Turquie, qui lui céda la Bukowine (1777). Le troisième partage de la Pologne (1796) donna encore à l'Autriche la Galicie occidentale.

Le traité de Campo-Formio (1791) amena un remaniement important dans les possessions de l'Autriche : elle dut céder la Belgique et le Milanais, et reçut en échange le territoire de la république de Venise. Les conquêtes de Napoléon la privèrent successivement des États vénitiens, de l'Istrie, de la Dalmatie, du Tyrol, de Salzbourg, de ses possessions en Souabe, d'une partie de la Galicie. Mais les traités de 1*15 lui restituèrent la presque totalité des territoires perdu*, et donnèrent à l'empire d'Autriche sa configuration géographique actuelle. Les seules modifications territoriales survenues depuis lors so t la reprise de Cracovie (1846), et la cession à l'Italie de la Lombardie (1859) et de la Vénétie (1866). Le traité de Berlin a autorisé l'Autriche à occuper la Bosnie et l'Herzégovine, tout en en laissant au sultan la possession nominale.

BELGIQUE (Géographie). — Géographie générale, XV. — Le nom des Belges, déjà connu de César, est une forme de l'allemand Volk, peuple, mot qui se retrouve dans toutes les langues germaniques avec un sens analogue.

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