‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 504 sur 534 · RACES HUMAINES - 2400— RACES HUMAINES · texte numérisé non relu

RACES HUMAINES - 2400— RACES HUMAINES

puis récemment encore dans diverses localités, no- j tamment à Gibraltar. Le front était bas, fuyant, les arcades sourcilières saillantes, le crâne surbaissé, prolongé en arrière, les orbites énormes, le menton peu saillant, la physionomie bestiale; la taille moyenne, mais les formes athlétiques, les bras très épais, les muscles exceptionnellement puissants. L'homme de Canstadt avait cependant des armes faites de silex taillé, des outils en bois de cerf ou en mâchoires d'ours, des parures en morceaux de polypier; il persista daDS l'Europe, dont il paraît avoir été le premier habitant, bien longtemps après la période glaciaire ; on le retrouve mêlé à d'autres types dans les dolmens, dans les cimetières galloromains, dans ceux du moyen âge, etjusque dans les tombes modernes de toute l'Europe ; il parait aussi s'être montré en Amérique, et a laissé jusqu'en Australie des descendants que l'on observe en assez grand nombre aux environs de Port-Western. La race do Cro-Magnon, plus récente, d'un type bien plus élevé, était remarquable par le beau développement de son crâne, également prolongé en arrière (dolichocéphale), sa face courte et large, ses orbites longues, son front haut à arcades sourcilières peu saillantes et peu élevées, son nez proéminent: sa taille était élevée et atteignait I m,85 chez les hommes. C'est la race qui habitait les grottes de la Vézère (le Moustier, Cro-Magnon, Laugerie- Haute, Laugerie-Basse, les Eyzies, la Madeleine), Solutré, Menton, et probablement tout le littoral de la Méditerranée. Après avoir manifesté une industrie d'abord assez grossière, on la voit se perfectionner graduellement; bientôt elle sait coudre des vêtements; elle grave et sculpte; obéit à des chefs dont on retrouve les insignes ; puis des traces de décadence apparaissent, en même temps que des indices de métissage. Il semble qu'une race nouvelle ait apparu, apportant avec elle l'industrie de la pierre polie; toutefois, les caractères de l'homme de Cro-Magnon ne disparaissent pas ; et on les reconnaît encore assez souvent dans la plus ancienne des races européennes actuelles, la race basque, ainsi que chez les Kabyles du Béni- Masser et du Djurdjura, et chez les anciens habitants des Canaries. j

Les races de Furfooz (race de Furfooz, race de Grenelle, race de la Tronchère) étaient formées d'hommes petits, à crânes peu développés d'avant en arrière (brachycéphales ou mésaticéphales), et rappelant par un assez grand nombre de caractères les Lapons actuels, qui semblent être leurs descendants émigrés vers le Nord, à la suite du renne, pendant le retrait des glaces, ou vers les hautes montagnes, à la suite du bouquetin et du chamois, comme cela a eu lieu dans le Dauphiné. Ils manquaient d'armes de combat et paraissent avoir mené une existence toute pacifique. Il est hors de doute que ces petits h mmes ont coexisté en Europe avec ceux des races de Cro-Magnon et de Canstadt ; c'est en face de tous ces tailleurs de silex déjà mélangés entre eux que se trouvèrent, lorsqu'ils arrivèrent en Europe, les hommes de la pierre polie, appartenant eux-mêmes à plusieurs races, les unes dolichocéphales comme les hommes de Cro-Magnon, les autres brachycéphales comme ceux de Furfooz. On ne connaît pas l'origine de ces hommes de la pierre polie, qui tiennent d'une part aux derniers hommes qui ont laissé sur le sol du Danemark ces accumulations des débris de leurs repas connues sous le nom de Kjokkfnmoddin^'s, et d'autre part aux premiers constructeurs d'habitations lacustres ou palaffites de la Suisse.

Quelle que soit leur provenance, ils s'étaient déjà mélangés à ces derniers lor-qu'arrivèrent en Europe des hommes d'une antre race, éminemment propre, celle-là, à la civilisation, connaissant la fabrication et les usages du bronze, et dont il a été possible de reconstituer la descendance, les

Aryas, probablement originaires des vallées du haut Oxus, des pentes orientales du Pamir, et sans aucun doute venant d'Asie. Quels étaient les caractères de ces Aryas primitifs ? Etaient-ils bruns ou blonds, grands ou petits, dolichocéphales ou brachycéphales ? Tout -s ces opinions ont été soutenues. Les Allemands, grands et blonds, se sont donnés comme les représentants les plus purs de cette race civilisatrice; mais la plupart des races qui se rattachent le plus étroitement et le plus sûrement à la civilisation aryenne, les Grecs, les Latins, les Celtes, les Hindous, les Parsis, étaient et sont encore de taille moyenne, ont le teint brun, et peuvent présenter d'ailleurs quelques variations dans les formes du crâne. Quoi qu'il en soit, les Européens présentent dès l'antiquité la plus reculée deux types bien distincts, plus ou moins mélangés entre eux : un type grand, blond, aux yeux et au teint clair, plus ou moins dolichocéphale ; et un type de taille moyenne, plus ou moins brachycéphale, aux yeux, aux cheveux et au teint plus foncé. Les Germains sont les représentants du premier type; les Grecs, les Latins et les Celtes appartiennnent au second, qui est peut-être seul aryen.

Les Thraces, auxquels se rattachent les anciens Troyens, sont les plus antiques représentants des Aryas dans l'Europe méridionale ; ils demeurèrent presque tous barbares, de même que les Illyriens, leurs voisins, également d'origine aryenne. Les uns et les autres avaient étendu leur domaine jusque sur la Grèce, où, mêlés à l'homme préhistorique de la race de Cro Magnon, ils constituaient cette population dePélasges qu'y trouvèrent les Hellènes lorsque venant de Thessalie, suivant leur tradition, ils y établirent leur domination. Les Thraces ont été absorbés par les populations plus civilisées contre lesquelles ils ont combattu avec des sorts divers ; les Serbes, les Bulgai es, les Roumains peuvent être cependant considérés comme se rattachant à eux assez directement ; les Illyriens sont représentés par les Albanais modernes.

En Italie, ce sont les Ligures, probablement fort voisins des Celtes, qui viennent les premiers se mélanger à la race préhistorique; leurs représentants modernes sont les Savoyards, les Dauphinois et les Piémontais, dont la ressemblance avec les Auvergnats, les BasBrelo is et les Hijhlander-i, des Celtes purs ceux-là, est frappante. Les Ligures occupèrent toute l'Italie, y compris la Sicile ; mais ils y furent rejoints par des Illyriens (Japg /'s, Messa/ne?is, Dauniens); c'est de ces derniers qu'est issu Italos, ce héros légendaire à qui l'Italie a emprunté son nom et qui aurait importé l'agriculture dans ce pays. Les Lati ts paraissent avoir eu une autre origine et possédé d'autres institutions, quoique leur descendance aryenne ne soit pas douteuse. On ignore quel rapport les Etrusques pouvaient présenter avec ces diverses populations, qui ne tardèrent pas à se confondre sous l'hégémonie romaine.

Les Celtc-t se mélangèrent de bonne heure avec les Ibères d'Espagne, probablement préhistoriques, quoique distincts des Basques.

Deux autres rameaux aryens étaient les Lithuaniens, aujourd'hui confondus avec leurs voisins, et les Siaves, d'abord connus sous le nom de Serbes* d'où descendent les Serbes, la plus grande partie des Busses, les Croates, les Bulgares, les Tchèques ou Bohémiens, et les Polonais.

Les Gaulois appartenaient au type européen, blanc, grand et dolichocéphale, que présentent encore les habitants de l'Allemagne du nord, du Danemark, de la Norvège et delà Suède; c'était aussi lo type des Germains, dont les Cimbret, les Teutons et Les Goths n'étaient que des tribuhommes blonds ne devaient peut-être qu'au contact

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