SIÈCLE DE PÉRICLÉS — M16 — SIÈCLE DE PÉRICLÈS
renl avec les vieux murs; la démocratie, si commerce maritime, lit rechercher Ailièn t,,,is les i" uplea de race ionienne et signala en olle aux Doriena une rivale qui détruirait leur hégémonie La rivalité de Sparte se montrt )| ii>- au lendemain des bataillea nationales : les principes politiques, les races, les coustituti les doctrines s'opposèn ai si s'exaltèrent réciproment, au péril des deux Etats, niais au plus grand bénéfice de l'humanité.
Presque tons 1rs genres littéraires nouveaux avaienl été créés avant lea guerres médiques; lia étaient issus de la vie réelle et étaient parvenus à un poini de croissance <|iii permettait de l*s porter en peu de temps a la perfection. La /-o sie lyrique avait fleuri séparément dans les trois dia leeies principaux de la (irèce et dans les modes musicaux propres à chaque race hellénique. Il lui fallait encore un homme de génie qui en réunit toutes les formes variées. Cet nomme fut Pindare.
ne de Pindare avait été préparée par l'école lyrique de Céos, dont le principal représentant avait été le grand Simonide. Son grand-père, luimême, son neveu Bacchylide et bon petit-fils Simonide le jeune formèrent une suite non interrompue de poètes-musiciens, qui rendirent possible l'œuvre de Pindaro. Simonide écrivit en dialecte dorien les règnes de Cambyse et de Darius, la bataille navale de Xerxès, le combat de l'Artémision, des thrènee, des hymnes, des péans, des prières, des épigrammes et des odes héroïques. Presque toutes ces compositions furent faites pour des circonstances déterminées, des cérémonies populaires, des a' tes publics de la vie des citoyens. Il composa dans ce Imt des danses avec chant, des chœurs pour cinquante hommes, des chœurs de jeunes filles, des chants de victoire et des marches funèbres. Tout cela reflétait la vie d'un peuple où les tendances démocratiques étaient déjà toutes puissantes.
Nous ne faisons que nommer en passant Bacchylide, Lasos d'Hermione, Timocréon de Rhode, Tynnichos de Cbalcis, pour arriver à Pindare. Avant ce grand poète, la Beotie avait déjà produit deux femmes célèbres, Corinne et M) rus, qui furent ses rivales; mais c'est vraiment de Stésichore que Pindare fut le successeur. L'ode triomphale, qui porte chez nous le nom d'ode pindaiïque, était chantée en l'honneur du vainqueur dans les concours ou jeux solennels. C'était à la fois un morceau de poésie et de musique ; pour l'exécuter, l'auteur organisait et instruisait d'avance un chœur de chanteurs à gages: il leur faisait faire avec lui un voyage parfois long et coûteux en Macédoine, en Sicile, en Afrique; l'exécution terminée, il les ramenait au point de départ ou les conduisait ailleurs. La forme lyrique de l'ode était composée de trois éléments, la strophe, l.'antistrophe et l'épode, à la façon des chœurs de la tragédie et de la comédie. Chaque partie était ie développement d'une pensée à la fois poétique et musicale. Souvent à ces de.ix caractères s'ajoutait la danse, sorte de marche cadencée que l'on appelait busis. Les paroles n'étaient point soumises à la mesure ; quand on parle des vers de Pindare, on emploie une expression fausse ; il faut dire les rythmes de Pindare ; ses odes ne sont ni en vers ni en prose; les paroles sont soumises uniquement au rythme musical et à la chorégraphie.
Quant au fond, l'ode est avant tout l'expression d'une légende mythologique ou héroî |ue, se rattachant à l'histoire du vainqueur, de son pays, de ses ancêtres, ou même simplement au concours dans lequel il avait eu le prix. Le vainqueur et la victoire remportée ne sont pour le poète qu'une occasion, d'où il lui arrive même parfois a • tirer une leçon de morale, une règle de conduite à l'adresse de son héros.
Quoique de race dorienne, Pindare fut a
i . -p ii démocratique ; il avait, en vo) . toute» les coustituti
il \ :i\.ui gagné un esprit large, tolérant, i progrès, et il avait ci. i liqueurs ■.
grands concours, créations essentiellement dé- !o,ti' ^ de la I irèce.
Le V ùèele vit aussi se développer trois autres création! «lu géii ni dès lors n'ont plus
■ io compter parmi les de la civi-
lisation occidentale : ce sont la tragi lie, la I histoire.
Qu'est-ce qu'un théâtre j:roc ? Son centre est l'autel de Baccbue, dressé au milieu d'un hémicycle appelé orchestre. Sur le pourtour du <J<- m icercle étaient d' diapoaéa en gradins,
sur lesquels venaient s'asseoir les prêtres, lea magistrats et le peuple. Vis-à-vis, le long du diamètre, s'élevait une estrade garnie de coi. tions percées d> : o mes de i
approprié^. L s gra ins portaient le nom di tre, et l'estrade celui de scène. Ici, se tenaient les acteurs du drame: en ba*, dans l'hémii se tenait le chœur. Le théâtre était découvert et pouvait contenir jusqu'à lâOuOO spectateurs. Sur la scène les acteur^ portaient un masque et étaient agrandis par le cothurne.
Ce fut en l'année 590 que les Athéniens construisirent en pierre leur théâtre de Bacchus, type de tous les théâtres de la Grèce, admis par 1 mains et approprié par les modernes à notre climat et à nos mœurs. A partir de cette époque, surtout à la suite des guerres médiques, le drame prit dans Athènes un développement rapide Le chœur occupa une moindre place et le dialogue acquit plus d'importance ; le nombre des personnages en scène s'accrut ; l'art de la composition et la mise en scène se perfectionnèrent. Les trois grands esprits qui ont en réalité créé la tragédie et l'ont amenée à son point de perfection, appartiennent au v' siècle et sont restés des modèles éternellement imités, mais non égalés: Eschyle, Sophccle et Euripide ont fait du drame une des créations les plus hardies et les plus puissantes du génie humain. A côté d'eux, il faut placer Aristophane, qui les a égalés dans la comédie.
Nous devons dire en quoi consiste une tragédie grecque. Le chœur en est toujours la base ; ses chants rythmés partagent l'action en divers moments ; ce sont eux qui ont donné naissance à la division en actes, les intervalles des chœurs sont remplis par le dialogue en vers des personnages agissant sur la scène. Ces personnages ne sont point pris au hasard ; chacun d'eux a son rôle spécifique dans l'action. Ils sont conçus par le poète et distribués de manière à former contraste, à se compléter et à donner nais>ance à une œuvre dont les parties sont symétriques. Enfin, le plus souvent, à l'action principale sont subordonnées des actions secondaires, qui se déroulent avec elle et trouvent dans le courant ou à la fin du drame leur dénoûment.
L'Athénien Eschyle, né en 525, a été, non l'inventeur, mais le véritable créateur du drame. Il mourut en 456, après avoir composé soixantedouze pièces, dont cinquante-deux furent couronnées dans treize concours, chaque concours portant à la fois sur quatre pièces, à savoir sur une trilogie tragique et sur un drame satirique. Quoique eupatride, c'est-à-dire noble de naissance, il était animé de ce sentiment de sa valeur personnelle que la démocratie inspire au citoy en on en a la preuve dans son Prométhie. Tout en défendant l'aréopage, c'est-à-dire la vieille magistrature aristocratique, contre les idées de Thémistucle et de Périclès, il chantait, dans les Pertes, les victoires nationales de ce peuple agissant en masse et spontanément contre l'ennemi commun.