‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 532 sur 534 · VÊTEMENTS (COUPE ET ASSEMBLAGE DES · texte numérisé non relu

VÊTEMENTS (COUPE ET ASSEMBLAGE DES

— Nous n'avons pas à faire l'histoire du vêtement à propos de la coupe et de l'assemblage. Nous nous contenterons de dire qu'au xme siècle les tailleurs de robe étaient chargés de dresser la toilette féminine, que la coupe — qui était appelée taille — ne pouvait être faite que par un maître, et que les ouvrages de couture étaient exécutés par les valets.

Cet usage subsista longtemps, car Abraham de Pradel (le Litre commode, t. IV, p. 58) nous a laissé les noms des plus habiles tailleurs qui, en 1 G92, avaient l'honneur de vêtir les grandes dames, et portaient le titre de tailleurs pour femmes: ce sont MM. Regnaud, Villeneuve, Lallemand et Le Brun. Ils excellaient surtout dans les vêtements de cheval. Baudelet, propriétaire de la maison de la rue Richelieu où mourut Molière, était corsetier et tailleur de la reine.

Parmi les tailleurs de Louis XIV, on cite Barthélémy Autian, Antoine Hourdault et François Mouret. La cour avait douze tailleurs ordinaires.

En 1675, Louis XIV autorisa les femmes à travailler pour leur sexe. On créa un corps de maîtrise sous le titre de maltresses-couturières. Il y eut alors des maîtresses-couturières en habits,

des maîtresses-couturières en corps d'enfant, des maîtresses-couturières en linge et des maîtressescouturières en garnitures.

Remonter pour la coupe des vêtements aux siècles précédents serait ici peu utile. Nous savons qu'en 1671 Benoît Boulay , maître-tailleur au faubourg Saint-Germain , dédiait à sa communauté le Tailleur sincère, et qu'en 1720 Decay indiquait une nouvelle manière do tailler un justaucorps ; mais ces livres, assez intéressants au point de vue historique, n'ont plus de valeur pratique pour nous.

Au moment de la Révolution, les mesures se prenaient avec des bandes de papier larges d'un pouce et cousues bout à bout jusqu'à la longueur suffisante. Le tailleur a un certain nombre de modèles ou patrons en papier, de différentes grosseurs et grandeurs. Une fois les mesures déterminées, il choisit dans ses patrons celui qui approche le plus de la grandeur voulue. Il prend suffisamment de bougran pour les pièces qu'il va construire, le mouille légèrement en secouant dessus ses doigts trempés dans l'eau, le plie en deux, passe le carreau chaud à l'effet d'unir les doubles, trace à la craie et coupe avec les ciseaux.

La couturière avait pour tout instrument un

dé, dos aiguilles, du fil, des ciseaux, et des bandes de paDier pour prendre les mesures.

Seize mesures étaient adoptées pour confectionner un vêtement de femme (V. A> t du tailleur par M. de Garsault, Paris, 1780, in-4°, p. 101) :

1° Largeur d'une agrafe à l'autre;

2° Collet ;

3° Plis ;

A" Remonture et entournure ;

5° Devant ;

6° Taille ;

7° Compère (sorte de plastron fixé à la robe) ;

8° Manche ;

9° Dos ;

10° Grosseur du bras ;

11° Devant du jupon;

12o Derrière du jupou ;

13° Côté du jupon ;

14° Biais de la robe ;

15° Derrière sans la queue ;

16° Devant jusqu'à terre.

Tels étaient les moyens employés à cette époque. Cependant, malgré cette absence de méthode, malgré cette ignorance de procédés systématiques, le résultat était souvent heureux grâce au goût et à l'habileté de l'ouvrière.

La bande de papier subsista longtemps après l'adoption du système métrique. Les maîtresses taillaient d'après un patron et rectifiaient d'après leurs mesures.

De nos jours, il y a deux procédés complètement distincts : l'un, la méthode proportionnelle, c'est-à-dire l'emploi d'un patron type, agrandi ou diminué par l'échelle de proportions ; l'autre, la méthode géométrique, c'est-à-dire l'exécution d'un patron dessiné géométriquement d'après les mesures prises sur la personne. Cette dernière méthode, qui est la plus nouvelle, commence à se propager dans les écoles de filles.

Le nombre des traites sur la coupe est fort considérable : aussi un choix est-il à faire, soit à cause de la valeur du fond, soit à cause du mérite pédagogique de l'œuvre. Ce qui doit fixer l'attention, c'est la clarté de l'exposition, la simplicité des moyens à employer, l'excellence du but à atteindre. En créant le certificat d'aptitude à l'enseignement de la coupe et de l'assemblage, le Conseil supérieur de l'instruction publique a voulu répandre dans les niasses les moyens de s'habiller économiquement. Ce qu'on a à enseigner ou à apprendre ne consiste qu'en un petit nombre de préceptes qui assurent une coupe exacte et gracieuse. Une élève intelligente et docile peut, dès l'âge de treize ans, commencer à étudier, et à quinze ans vêtir les siens à des prix très modérés. Dans la série des analyses que nous allons donner des principaux ouvrages de coupe, on verra combien on a cherché et combien on cherche encore à faciliter aux jeunes filles le travail de la confection. A Paris, tout est organisé, mais en province tout reste encore à faire. Nous ne doutons pas néanmoins du succès, parce que l'étude a un résultat pratique, utile à la famille Boucieuse de ses intérêts.

Les premiers ouvrages que nous signalerons à l'attention du lecteur ne s'occupent que de la coupe d'homme, les tailleurs ayant précédé les couturières dans l'art d'exposer les moyens de faire nu habit convenable. Ajoutons que cette coupe est acceptée aujourd'hui pour les femmes, à cause de sa sévère exactitude et de son extrême régularité.

En 1827, M. Guérard, dans l'espoir de venir en aide aux tailleurs, publia un Précis sur la coupe. Son procédé est assez singulier. Trois patrons dits de trois tailles les plus ordinaires doivent habiller huit personnes sur dix ; on réussira en coupant un peu au-dessus ou au-dessous des tailles, pour confectionner les vêtements en gé-

néral, en tenant compte de la tenue et de la conformation de la personne. C'est, comme on le voit, l'enfance de l'art, mais c'est un commencement, et nous allons suivre peu à peu la marche du progrès.

L'essai de Guérard fut bientôt dépassé par un ouvrage beaucoup plus important et qui eut un grand nombre d'éditions. M. Compaing, un des meilleurs coupeurs de Paris, publia en 1828 VArt du tailleur, qui est considéré à juste titre comme la première méthode de coupe. A l'époque où il a commencé rien n'était fait. La méthode des échelles de proportions, quelques modèles que l'on dressait à son idée et que l'on devait vérifier avec les mesures prises sur la personne, mesures qui n'avaient rien de déterminé, suffisaient à l'ouvrier. La coupe ne s'apprend pas, disait-on avant lui, l'adresse du tailleur doit triompher des difficultés. Compaing vint donner un démenti à ce vieil adage, et il établit les règles précises des mesures et les procédés à suivre pour les employer.

Vingt-deux mesures principales et neuf complémentaires sont prises par l'auteur sur la personne qu'il veut habiller. Il procède par la coupe géométrique; « ce n'est pas, dit-il, pour paraître savant, mais les termes qu'il emploie lui sont indispensables pour expliquer ou représenter le plan d'un modèle. »

Voici quelques détails sur son tracé. Il forme un carré sans en déterminer la longueur et en lui donnant pour largeur la demi-grosseur du corps. Il divise le carré en deux parties inégales, l'une qui doit circonscrire le dos, l'autre le devant.

Il établit ensuite ses lignes de construction, qu'il place d'après les mesures : ces lignes sont celles de la longueur du corsage, de la largeur de poitrine en haut, à l'épaule et au centre, de la longueur de l'épaule, de la place, de l'emmanchure, de la taille, de l'écarrure du dos à l'emmanchure. Puis il vérifie ses mesures par le système des triangles, et il donne un tableau des mesures rationnelles et de la variation des contours, prenant pour type six conformations régulières : l'homme droit, voûté, renversé, gros de ceinture, trapu, élevé. L'ouvrage renferme un grand nombre de dessins et de conseils très intéressants pour les spécialistes.

En 1834, un professeur de coupe, M. Barde, publia un Traité encyclopéiiqw> de Fart du tailleur, avec 150 figures. C'est à lui qu'est dû l'emploi du ruban métrique, procédé excellent d'où déroulent d'autres améliorations notables. Barde créa aussi quatre instruments nouveaux : l'épaulimètre, le dossimètre, le triple décimètre, le corpimètre, qui, réunis sous le nom d'anthropomètre, pouvaient résoudre les problèmes les plus difficiles de l'art du tailleur. Partisan éclairé des mesures, qu'il divise en mesures ordinaires, exactes, approximatives ou relatives, il en signale onze comme très importantes :

1° Grosseur du cou, près de la cravate;

2° Grosseur du haut du buste;

3° Grosseur du bas du buste ;

4° Grosseur du torse ;

5° Longueur du devant ;

6° Longueur de la nuque aux hanches ;

7° Longueur totale du devant prise de la nuque au bas du gilet ;

8° De la nuque au milieu du dos en faisant passer le ruban sur le devant de l'encolure ;

9° De la nuque à la nuque par le même parcours ;

10° Longueur du petit côté de l'ai9selle à la hanche ;

11° Longueur de la taille.

L'auteur, qui aurait voulu prendre les mesures sur le nu, et qui, faute de clients complaisants, s'était adressé à l' Apollon du Belvédère, possédait en grandeur naturelle plus de 30 000 patrons

VÊTEMENTS (COUPE

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de différents genres do vêtements, on rapport avec toutes tes conformations. Il avait public une table synoptique de ces conformations dans un livre de m< sures .'i prendre qu'il avait imaginé.

Le travail de Barde méritait d'être signalé, quoiqu'il ne présente pas. à proprement parler, une méthode. Mais cet auteur est de ceux qui certainement ont fait faire un progrès à l'art de la coupe auquel il s'est adonné avec passion.

En 18'i.S, Eugène Staube fit paraître une brochure intitulée : Les myatèret de l'art du lailteur ou la coupe géométrique dévoilée •> tout le monde. Sous ce titre pompeux et séduisant, l'auteur donne comme base de sa méthode une ligne verticale, égale à la longueur du corsage, ligne à laquelle il rattache huit autres lignes horizontales, fixei et déterminées, qui indiquent les endroits où devront être marquées les sinuosités du corsage. C'est ainsi qu'il y reporte les mesures prises sur le corps, telles que la longueur de l'épaulette, l'encolure, l'emmanchure, la largeur do poitrine, l'écarrure du dos, la hauteur du petit côté, le tour de taille. Ce travail fait, il n'a plus qu'à dessiner la forme de son corsage, d'après les points déterminés.

Le mérite de cette brochure est d'avoir posé en principe la nécessité défaire un dessin géométrique en rapport avec les différentes lignes du corps humain. C'est le second exemple que nous en ayons trouvé.

Nous avons sous les yeux une brochure parue en 1861, signée Ladevèze et intitulée la Corporismétrie. Xous y trouvons la preuve, tout à la fois, du progrès des procédés nouveaux et de la persistance des anciennes habitudes. « La coupe méthodique, dit l'auteur, a jusqu'à ce jour, par l'invention de 81. Compaing, obtenu une assez grande extension. Les tailleurs la mettent généralement en pratique, et si quelques-uns d'entre eux ne tiennent pas compte de ce système ils ont tort ; ils croient, par la routine, suppléera l'ensemble des améliorations

apportées par une méthode longtemps étudiée

La modeste routine de couper les habits, qui suffisait autrefois à nos pères tailleurs, a aujourd'hui presque disparu et se trouve remplacée par un système méthodique. » M. Ladevèze inventa l'instrument qui donne son nom à sa méihode et qui rappelle ceux de M. Barde. Le corporismètre a deux formes différentes. L'une sert à prendre d'une manière certaine les mesures du gilet ou de l'habit : c'est une règle qui, appuyée sur le corps et maintenue en équilibre par une ceinture, fait voir si l'homme est droit, voûté ou renversé. L'autre donne, au moyen de branches mobiles serrées par des vis, la facilité de trouver l'écart de l'entre-jambes du pantalon et la dimension du fond. La ligne fondamentale de la méthode est la ligne droite sur laquelle reposent les autres mesures. Trois points, selon Ladevèze, sont indispensables ; c'est celui qui donne la justesse de l'omoplate, celui de l'emmanchure, et celui qui fixe la largeur de la poitrine. Un certain nombre de planches viennent à l'appui; mais après tant de soins, M. Ladevèze termine par ces mots contradictoires : « Tout homme qui est tailleur de profession ne doit pas avoir besoin de tant d'explications pour apprendre à couper: il doit lui suffire de voir les modèles tracés et fixés par des chiffres. »

Mentionnons aussi pour mémoire : 1° la Méthode diamétrique ou véritable théorie du tailleur (1862), de M. J. Chambon, professeur de coupe à Paris. La base de son système est le diamètre de la personne pris à la hauteur de la poitrine ; T Y Art de la coupe enseigné en quinze minutes, de M. Despax; 3° la méthode de ML Gâche, auteur d'un patron en bois qui à l'aide d'une vis centrale s'agrandit régulièrement dans toutes ses parties; 4° M. Turroque, dont la méthode offre un tableau représentant les

différentes poses du corps avec des patrons appropriés h chacune d'elles; et enfin MM. Fontaine et Humann, qui ont fait faire de grands progrès à l'art du costume, mais dont les procédés sont multiples et non appliqués à l'enseignement scolaire.

M11'' Klisa Hirtz publia à Strasbourg, au mois de mars 18GG, sous le pseudonyme d'Hélène Fée, tint: Méthode simple et pratique pour ta coupe et la confection de tous les i éléments de femme, le seul traité, si l'on en croit M"" Pape-Carpantier, qui existât alors sur la matière. Ml|e Hirtz nous dit elle-même comment, après l'essai très défectueux d'un corsage, elle chercha la cause du mal, tant elle désirait savoir tailler ses vêtements d'une manière sûre. Ce fut sa première leçon de coupe qui fut pour elle une révélation. Elle avait passé plus d'une heure à prendre des mesures, et elle ne tarda pas à s'apercevoir que tout dépendait du nombre, du choix et de l'exactitude de ces mesures. Elle pensa aussitôt à propager ce qu'elle savait et à l'introduire dans les écoles. Fort encouragée par le recteur de l'académie de Strasbourg, elle se servit du tableau noir et alla donner des leçons dans quelques institutions publiques ou privées, entre autres au pensionnat du Petit-Château, dirigé par M"c Verenet, aux élèves de laquelle elle a dédié son ouvrage. Venue à Paris, elle y exposa sa méthode devant les élèves de l'école normale d'institutrices. C'est en 1868 qu'elle publia sous son nom le livre intitulé : Travaux à aiguille usuels, méthode de coupe et de confection pour vêtements dp femmes et d'enfants (Hetzel). Cette méthode a pour base un angle formé par une verticale qui représente la longueur du corsase et une horizontale qui détermine la taille. Voici les mesures adoptées :

1° Longueur de la jupe par derrière. — Partie inférieure du dos au milieu de la taille jusqu'au bas de la jupe;

2° Longueur de la jupe par devant, depuis la taille jusqu'aux pieds;

3° Longueur du devant du corsage, de la naissance du cou en droite ligne jusqu'à la taille. — La place exacte se trouve au-dessus des hanches;

4° Largeur de la poitrine, sur la partie proéminente, du bras droit, vers le bras gauche;

6° Hauteur du côté sous le bras, de l'aisselle à la hanche ;

6° Tour de taille moins 1 centimètre;

7" Hauteur d'épaule. Deux mesures : la première, du milieu de la taille devant jusqu'au bas du dos à la taille, en passant près du cou; la seconde, au côté de la taille devant la hanche, en remontant par dessus l'épaule à l'articulation du bras, jusqu'au bas du dos au côté de la taille;

8° Entournure ;

9e Longueur du bras en dessous jusqu'au poignet ;

10° Largeur du poignet ;

11° Hauteur du dos, de la nuque à la taille ;

12° Largeur du dos, d'un bras à l'autre, à la hauteur des omoplates ;

13° Largeur de l'épaule, de la naissance du cou jusqu'au bas de l'épaule, à la distance de 2 centimètres sur le bras ;

14° Largeur du cou, mesure que l'on divise en tiers et en sixième.

Voici comment Mlle Hirtz procède pour le dessin du devant (fig. 1).

L'angle, dont nous avons parlé précédemment, étant établi, on détermine la longueur du corsage sur la verticale, puis on y marque aux 2/3 la largeur de la poitrine, ligne d. La hauteur de côté se pose sur la ligne horizontale qui représente la taille, s'élève vers la poitrine et s'arrête à un centimètre au-dessous.

On prend la moitié de la première hauteur d'épaule qu'on pose dans l'angle 6, on la dirige obli-

VÊTEMENTS (COUPE

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quement à gauche, de manière que le sixième de la mesure du cou trace horizontalement au-dessus de la liauteur du devant soit à un centimètre de la hauteur de l'épaule. La moitié de la seconde hauteur d'épaule se place sur la ligne delà taille à une distance de la ligne de côté qu'on évalue au quart de la largeur de poitrine.

La largeur de l'épaule est posée ensuite obliquement aux extrémités de ces deux lignes.

entournur

Ces différents points unis par un trait forment le dessin du devant du corsage (fig. 2).

Pour établir les pinces, on prend le tiers de la largeur de la poitrine, qu'on marque sur la ligne de taille. La seconde pince se place à un tiers de poitrine de la première. La hauteur de ces pinces ne doit pas dépasser l'emmanchure.

* J. -Taille.

Fig. 3.

Le dos s'exécute de la même manière (fig. 3). L'au-

teur tire une verticale qui représente la longueur du dos, et, au bas de cette ligne, une horizontale qui représente la taille. Sur la verticale, à 2 centimètres environ de l'angle, on marque la hauteur exacte du dos ; vers le milieu de la verticale, on marque la largeur du dos. Sur la ligne horizontale on indique le quart de la mesure de la taille, et l'on unit le bas du dos c au point de la taille f, par une oblique.

On porte la hauteur de côté du point de la taille f, en la dirigeant vers le point /, on le place à 1 centimètre 1/2 de cette hauteur, puis on biaise vers la gauche, de manière à laisser le quart de la largeur du dos entre celui-ci et la hauteur du côté qu'on marquera d'un point g.

On porte la moitié de la première hauteur d'épaule au bas de la ligne du dos c en la biaisant vers le haut, de manière à laisser le sixième de la mesure du cou entre le sommet de cette ligne et la ligne du dos. Cet intervalle sert à l'encolut". On pose ensuite la moitié de la seconde hauteur d'épaule à la taille, on la dirige vers le haut et on l'y maintient. On prend la largeur de l'épaule, qu'on porte en pente de l'encolure au sommet de la ligne indiquant la seconde hauteur de l'épaule. On fait ensuite passer des lignes par tous ces points et le dos est tracé sans petits côtés (fig. 4).

f. Failli,

Quant à ces petits côtés, ils se tracent très simplement par une courbe légère tirée du milieu de l'emmanchure jusqu'à la taille, très près delà ligne du milieu du dos pour les personnes minces, un peu plus écartée pour une personne d'une taille plus forte.

Comme on le voit, cette méthode commence à présenter des développements pratiques. Ces développements vont devenir de plus en plus pédagogiques, et à la portée des grandes fillettes de nos écoles.

Vers la même époque et sans connaître ce qu'avait t'ait M1" Hirtz, une autre personne eut, comme celle-ci, l'idée de créer un enseignement populaire de la coupe.

nés 18G5, M"e E. Grand'homme, de Louviers, avait trouvé une mélhode qu'elle vint propager à Paris et qu'elle enseigne encore avec autant de dévouement que de désintéressement. Présentée à M. Gréard en 18G8, elle fut autorisée à expérimenter ses procédés à l'école normale d'institutrices de la Seine, et M. E. Ferry, maire du IXe arrondissement, fit établir en novembre 1 873, rue Clauzel, un cours central à l'usage de 36 élèves des trois écoles de son arrondissement. En 1878, M,Ie Grand'homme obtint une médaille de vermeil, la seule

VÊTEMENTS (GOUPK)

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accordée par le jury de l'Exposition pour cet enseignement.

Le rectangle est la base de la méthode linéaire de M Grand'homme. Elle on emploie trois pour former le corsage, un pour te milieu du dos, un puni' le petit côté et un pour le devant

Comme les basques sont aujourd'hui de mode, l'auteur augmente la longueur de son rectangle pour pli er ces appendices et donno à la largeur quelques centimètres de plus pour en permettre le développement.

M lc Crand'hommc se sert de deux espèces de mesures : les mesures variables, qui changent selon les personnes ; les mesures complémen- . simples mesures de convention servant ; l'exécution des patrons de toutes les tailles et ne variant jamais.

11 y a onze mesures variables :

1° Longueur de la taille ;

2° Largeur des épaules prise par devant , de la couture de l'épaule, entournure droite, à la couture de l'épaule, entournure gauche;

3° Longueur du dessous de bras, de la couture du dessous de bras à la hanche ;

4° Tour de la taille ;

5" Longueur du dos;

6° Largeur du dos ;

7° Mesure justificative ou grosseur totale de la personne, dos et devant.

8° Longueurs extérieure et intérieure du bras;

9" Grosseur du bras;

10° Grosseur du poignet;

1 1° Longueur do la jupe devant, à la hanche, et derrière.

Les mesures de longueur se comptent telles qu'elles sont, mais on ne marque que la moitié des mesures de largeur à l'exception du tour de taille, dont on prend le quart, et de la mesure justificative qui se divise en tiers, en quart et en moitié. Il n'y a pas de mesure spéciale pour les basques.

La grosseur du poignet est une mesure qui sert d'unité dans la méthode Grand'homme. Elle s'emploie par tiers, quart, moitié, ou en son entier. La grosseur du poignet donne : 1° l'encolure du devant et du dos du corsage : 2° le biais delà couture de l'épaule, du devant et du dos ; 3° l'entournure du devant et du dos.

"B fo B'

Pour dessiner un corsage ù basque (fig. ;,), on

construit trois rectangles : le premier, celai du tracé du devant, a pour hauteur la longueur <|e la taille plus 20 cent., et pour largeur le 1/3 de la mesure justificative- plus! cent. p'Uir le développement

de la basque. Dans ce rectangle on tire une oblique

qui Indiquera le devant du corsage et qui sera écartée du point A d'autant de lois trois millimètres qu'il y aura de dizaines de centimètres dans la mesure justificative. Pour tracer l'encolure on porte le 1 8 de la grosseur du poignet plus 1 cent, de A vers B à un point nommé E. De A vers C on porte la moitié de la grosseur du poignet puis on réunit ce point au point E par une courbe. Le biais de l'épaule est représenté par la moitié de la largeur des épaules vers un point F qui est à 1/3 de la grosseur du poignet de la ligne AB. Pour l'entournure, il faut prendre la grosseur du poignet plus 3 cent, du point F, biais de l'épaule, porter verticalement la longueur obtenue oi la joindre a la ligne BDpar un trait horizontal. Remonter d'un centimètre et unir ce point par une courbo au point F. Pour former les pinces, on descend de 6 cent, au-dessous de l'entournure et on trace une horizontale. De la ligne AC, on compte S cent, pour la première pince, puis 6 pour la seconde, 2 cent, doivent séparer les pinces a la taille.

Le second rectangle, celui du dos (fig. 6), a pour

longueur celle du dos plus 23 cent., et pour largeur la demi-largeur du dos, plus 1 cent. De G vers D, on porte 2 cent, et on réunit par une oblique A à C. De A vers B, pour l'encolure, on porte le tiers de la grosseur de poignet, moins un 1/2 cent, (point E) ; de A vers C on porte 1/2 cent., eit on réunit ces deux points par une courbe légère. Le biais de l'épaule s'obtient en portant les 2/3 de la grosseur du poignet de B vers D, et en réunissant E à ce point F par une oblique. Du point F, biais de l'épaule, on porte verticalement la moitié de la grosseur du poignet que l'on rentre à 1/2 cent, de la ligne BD. Sur la ligne de ceinture, on comptera 3 cent., ce qui indiquera la largeur du bas du dos, puis un joindra ce point par une courbe de2 cent. 1/2 vers le centre. Pour former la basque, on compte 10 cent, de G vers D et l'on unit la ceinture à ce point par une courbe convexe.

VÊTEMENTS (COUPE

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Le rectangle du petit côté (fig. 7) a pour hauteur la longueur du dessous de bras, plus la longueur de la basque, et comme largeur le qua^t du tour de

Fig. 7.

taille moins 4 cent. ; on ajoute 3 cent, de cha que côté que l'on sépare du rectangle par les lignes A'C et B'D'.

De B vers A, il faut marquer 2 cent. ; de B vers D, compter 3 cent, et réunir par une courbe ces deux points. De D vers C, compter 2 cent, et réunir le 3 au 2 par une oblique. De C vers A, compter 2 cent, et unir le point C au point 2 de l'entournure par une courbe. Les basques s'obtiennent par des courbes gracieuses qui partent de la taille pour rejoindre l'extrémité du rectangle.

Pour le patron de la manche (fig. 8), l'auteur éta-

ves encore inexpérimentées, car ils s'adressent à la mémoire des yeux qui est très développée chez les enfants. La première édition de la Coupe et confection des vêtements ne parut qu'en 1876, onze ans après les premiers cours que l'auteur dictait à ses élèves. La dernière est de 1880 ; nous espérons que, dans une prochaine édition, MUt Grand'homme ■ perfectionnera encore ses démonstrations et ajoutera quelques lignes qui achèveront son œuvre.

Un habile coupeur de Paris, M. Lavigne, avait fait paraître, en 18i2, la Méthode du tailleur, spécialement destinée aux confections pour hommes, qui eut un grand succès; encouragé par cet heureux début, il entreprit la coupe des vêtements de femmes, et, en 1868, au moment môme où M"cHirtz et Mlle Grand'homme enseignaient leurs méthodes, il eut la même inspiration et il résuma ses procédés pour servir d'enseignement sous le titre de Méthode de coupe, à l'usage des tailleurs, couturières et apprentis des deux professions. 300 gravures, intercalées dans le texte, permettent d'apprendre seul l'art d'habiter. Chez l'auteur, 15, rue Bichelieu, Paris, grand in-4°.

« Frappé, dit-il, de ce qu'il n'existe encore, à notre connaissance, aucune méthode pour enseigner la coupe des vêtements de femmes, et qu'une foule d'excellentes ouvrières sont souvent ignorantes pour couper quoi que ce soit, et n'ayant personne à qui s'adresser pour apprendre ce qu'elles sentent bien qui leur manque, c'est pour remplir cette lacune et contribuer autant qu'il est en nous de le faire pour ce genre d'instruction, que nous avons créé cette méthode pour les jeunes filles faisant l'apprentissage de couturières, et avec laquelle elles apprendront facilement à coup< r. »

La méthode de M. Lavigne est divisée en sept parties. La première partie, la seule qui nous intéresse, donne des tableaux de réductions, l'étude de la coupe, etc. Deux mesures sont employées : 1° la longueur de la taille AB ; 2° la demi-grosseur du corps (au-dessous des bras à la hauteur de la poitrine). Ces mesures servent à former un rectangle dont la hauteur est égale à la longueur de la taille, plus 4 cent., et la largeur à la demigrosseur de la poitrine plus 4 cent. Ces 4 cent, ajoutés dans les deux sens sont destinés à rendre les entrecoupes plus aisées.

Le carré est divisé (fig. 9) en deux parties égales sur

Fig. 8.

blit un rectangle dont la longueur est égale à la plus grande longueur du bras, et la largeur à. la moitié de la mesure de l'entournure, ce qui est très rationnel, puis elle procède pour le dessin de la manche en employant les mesures complémentaires.

La méthode de MUe Grand'homme est simple et facile à comprendre ; 1 heureuse idée d'avoir placé des chiffres qui rappellent les mesures invariables, autrement dit le nombre des centimè- ;res à compter, rend de grands services aux élè-

la hauteur, ce qui donne à. peu près la profondeur de l'emmanchure, et sur la largeur, ce qui établit la séparation du devant et du d"S. Ces quarts sont divisés ensuite en deux parties, ce qui détermine les hauteurs de l'encolure et de l'épaulettu, le milieu de

VÊTEMENTS (COUPE

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lu poitrine et de l'omoplate. Lee mIm carrés sont

subdivisés on cinq parti'-., m qui donne vingt lien largeur el vingt lignea ta hauteur. On

obtient ainsi un tableau quadrillé sur lequel on

peut fixer les différent! points du corsage. (Ces tableaux quadrillée sont toujours employés en

tixtg eierre, en Allemagne et en Suisso pour la coupe et rasseinbl.ij

Pour simplilier res opérations ass* z longues, l'auteur a imaginé d'indiquer seulement les divisions par une ligne pointillé»; sur les deux sons. Alors il trace d'après ces points les lignes indispensables au dessin dos patrons, et ces lignes, pour un corps bien proportionné, correspondent toujours aux divisions Indiquées ci-dessous :

Pour la hauteur du carre, on marquera un point a chacun dus chiffres suivants : 0, £, 4, 8, 10 J, 1 I, 19, 20.

Pour la largeur du carré, on marquera un point a chacun des chiffres suivants : 0, 2 J, 3, 8, 9 \, 10 \, 12, 14, 16 J, 17 J, .0.

Il suffira alors de tirer des lignes pour relier ces points entre eux et obtenir le corsai."- tel qu'il est donné sur un dessin servant de module.

Sur la hauteur, en effet :

| indique l'échancrurc du haut du dos.

4 — la hauteur de l'épaulette.

8 — la hauteur du petit côté a l'écarruro. 10- — la hauteur de l'emmanchure et du

dessous du bras.

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