‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 533 sur 534 · la hauteur de la poitrine et des pinces · texte numérisé non relu

la hauteur de la poitrine et des pinces

19 — la longueur du dos et du petit côté.

20 — la longueur du devant.

Sur îa largeur nous avons :

2 | qui indique la largeur du haut du dos.

3 — la largeur et pointe du bas du

petit côté.

8 — la largeur de l'écarrure.

t) i — la largeur de l'épaulette du dos.

10 { — la largeur de l'épaulette du de-

vant.

12 — la largeur de la poitrine et l'é-

cartement de l'emmanchure.

14 — l'écartement de la première

pince.

16 | — l'écartement de la deuxième

pince.

17 | — Pointe de l'épaulette du côté de

l'encolure.

20 — Largeur totale.

Il est certain que pour une personne bien faite et d'une tenue régulière, ce patron est exact, mais il n'en serait pas de même pour une personne mal faite ou de tenue défectueuse. L'auteur prend alors 14 mesures et il apporte sur son dessin type les rectifications que ces mesures exigent :

1° Mesure longueur de taille, partant de la nuque h la hauteur naturelle de la taille ;

2° Mesure de l'omoplate, partant de la nuque et venant s'appuyer au-dessus de la hanche;

3° Longueur du devant, partant de la nuque en venant s'appuyer au-dessus de la hanche;

4° Hauteur de la poitrine partant de la nuque ;

5° Longueur du devant, partant de la nuque à la hauteur naturelle de la ceinture ;

6° Longueur du devant, partant de l'encolure à la hauteur naturelle de la ceinture ;

7° Largeur de l'épaule partant du milieu de l'encolure à la pointe de l'épaule ;

8° Hauteur du petit côté du dessous de bras à la hanche ;

9° Largeur de l'écarrure prise du milieu du dos à l'emmanchure;

10# Longueur de la manche de l'emmanchure nie ;

11° Longueur do la manche du coude au poignet ;

iv Largeur de la poitrine prise du milieu du devant i 1 emmanchure;

n° Grosseur totale du haut, prise au dessous des bras à la hauteur de la poitrine ;

14° Grosseur du tour dn taille.

Les mesures du cou, du tour de l'emmanchure et la grosseur du bras sont facultatives.

Cette méthode a l'inconvénient de ne pouvoir être suivie que par des confectionneuses ou des élèves d'écoles professionnelles. L'auteur l'a bien senti, et il prépare en ce moment un traité plus primaire qu'accompagnera un tableau donnant le tracé d'un corsage. Ce tableau seul comprend pour ainsi dire toute la méthode, et les élèves l'ayant pour modèle peuvent, avec les quelques démonstrations écrites sur le côté de ce tableau, apprendre facilement à dessiner le corsage en très peu de leçons.

M. Roussel, professeur de coupe à Paris et propriétaire du journal Le Tailleur moderne, publia en IS'l une brochure intitulée Traité de coupe OU EcoU du tailleur, dans laquelle il critique avec quelque raison la plupart des méthodes devancii rs. Ennemi Juré du système des proportions, il n'admet que ies mesures géométriques et il cherche à détruire les vieux plans de la routine depuis trop longtemps suivis. Il signale les dangers qui menacent lu corporation, el il offre à ses élèves un système scientifique, mc't/io- - et rationnel.

Comme on le sait, les tailleurs, en général, prennent pour type Y Homme de 48 (expression technique), c'est-à-dire l'homme qui par sa conformation rappelle l'Apollon antique, celui enfin qui porte !)0 cent, de tour de poitrine, dont la moitié suffit pour établir le patron d'un vêtement. Les tailleurs coupent d'après ce modèle, et, allant du plus gros au plus petit, d'après le système de proportions, obtiennent une série de patrons qui nécessitent, comme on peut le présumer, des retouches diverses.

Suivant M. Roussel, il faut déterminer des points de repère sur le corps, et ces points sont les jalons où. viennent aboutir toutes les mesures sans exception. Il indique dix jalons et vingt-deux mesures, mais la vingt-deuxième sert pour la vérification. Il faut, avant de l'employer, tracer tous les contours du modèle. Au bout de dix minutes, d'après l'auteur, le corsage peut être épingle sur le corps sans exiger de retouches. M. Roussel accepte la division par triangles, mais, dit-il, cette division est facultative et il n'y a pas de règle exclusive, chacun peut la faire selon son idée, car ces lignes intérieures ne sont qu'un moyen passager pour trouver les côtés extérieurs.

M. Vaillant avait publié en 1853 à Bruxelles un Traité de fart du tailleur applicable aux corsnges de dûmes, orné de cinq grandes planches, in-S°. La base de sa coupe était une ligne perpendiculaire et une horizontale, auxquelles il rapportait toutes les mesures prises sur le corps. Ce système incomplet et peu scolaire ne tarda pas à être perfectionné, et M. Vaillant donna en 1 879 un Nouveau système de coupe sur mesures à base triangulaire, système méthodique. Comme l'explique l'auteur, « une société de tailleurs de Paris créa, en 1858, une méthode de coupe à base triangulaire sans instruments, se renfermant dans l'usage exclusif du ruban métrique et d'une ceinture centimètre... la méthode de la société avait un inconvénient : celui des mesures trop longues, ce qui créait des difficultés, soit dans la prise des mesures, soit dans leur application. Après bien des recherches, des tâtonnements et des essais, je

suis arrive à ce que ces mesures soient toutes droites et courtes, ce qui a simplifié ce système et en a augmenté la précision et la valeur. » Voici les points saillants de sa méthode :

Le ruban métrique et une ceinture indiquant la taille suffisent pour obtenir les mesures, qui se prennent dans l'ordre suivant :

A 1° Grosseur de ceinture (moitié).

B 2° Du tendon du bras au milieu de la poi-

trine.

C 3° Du tendon du bras au-dessous de l'a-

grafe de la ceinture.

D 4° Du tendon du bras à la hanche.

E 5° Du tendon du bras à la taille.

F 6° Du tendon du bras au milieu du dos;

grosseur d'omoplate.

G 7° Largeur de carrure (par moitié) du mi-

lieu du dos à l'entournure.

G bis 8° Longueur du bras dans la saignée du tendon au coude et au poignet.

H 9° Longueur de la taille et des basques.

10° Diagonale de la nuque au bas de la carrure.

J 1 1° De la nu'iue au tendon.

K 12° De la nuque au-dessous de l'agrafe de

la ceinture; longueur du devant.

K bis 13° Hauteur des pinces.

L ii° Du haut du sternum au-dessous de l'a-

grafe .

M 15° Grosseur du cou (moitié).

W 10° Hauteur d'épaule du tendon au bas de

la carrure.

O 17° De la hanche au bas du devant pour la basqur.

P 18° Du môme point au bas du dos.

Q 19° Grosseur du torse moitié .

La méthode procède par triangles qui servent à déterminer toutes les proportions du corsage.

C'est sur la première mesure, la grosseur de ceinture, qui; reposent toutes les autres, et c'est le point de départ du premier triangle dont le sommet est au tendon.

La méthode de M. Vaillant, assez compliquée au premier abord, mais par laquelle on obtient des résultats très satisfaisants et rapides, est contraire absolument aux méthodes proportionnelles, l'auteur n'admettant que des mesures établies sur la triangulation.

Un Italien, M. B. Scariano, de Palerme, avait inventé en ISôS un instrument appelé psalizomètre qui, au moyen de lames de cuivre mobiles et retenues par des vis molletées, prenait les mesures et formait seul les triangles nécessaires à ceux qui opéraient par la triangulation. Cet instrument rendit des services aux spécialistes. L'auteur fut médaillé à l'Exposition universelle de 1862.

Une couturière, M"e H. Régnier, a publié en 1874 une Méthode de coupe à l'usage des couturières, des jeuiies personnes et de lu dame de maison, divisée en cinq parties avec atlis de Gl planches et 128 giavures. Paris, chez M11" M. Régnier et sœurs, couturières, i2ô, rue Saint- Honorc, in-i". Cette méthode est très complète et fort intéressante à étudier, parce qu'elle renferme un nombre considérable de patrons pour les costumes les plus variés, depuis la simple robe de chambre jusqu'à la polonaise ou la pelisse de tliéàire.

M"e Régnier emploie la verticale comme base de ses procédés, et elle fait partir de cette ligne un certain nombre d'horizontales indispensables à l'exécution des dessins et sur lesquelles elle reporte les mesures prises sur le corps. Cette méthode, écrite pour des spécialistes, ne s'adresse pas aux enfants et n'est nullement pédagogique. Il ne faut pas oublier que le public des écoles et des pensions n'a qu'un temps très limité à consa-

crer à l'étude de la coupe et qu'il ne peut s'y livrer qu'en ayant sous ses yeux une méthode facile et des modèles sans prétention.

La même année, 1874, M. Pierre Roudel publia une brochure intitulée : La coupe d'ap>ès nature, base fondameniale de l'art du tailleur, par l'emploi des conformateurs divisionnaires, donnant des mesures mathématiquement exactes et à l'aide des appareils de coupe reproduisant sans variations les mesures trouvées au conformateur ; m-8". Ce volume est curieux, mais il ne rentre pas dans la série des œuvres que nous devons examiner avec soin. Ce que nous recherchons, c'est une méthode, et ici nous ne trouvons que des appareils, le con formateur, qui se plaque sur le corps, et le reproducteur qui indique les mesures fournies par le conformateur.

Le conformateur est un vêtement en caoutchouc qui, par sa parfaite élasticité, peut, sans se déformer, donner une empreinte exacte de la conformation humaine et dessiner le corps avec précision. Sur ce vêtement sont tracés des lignes ou reliefs géométriques, indiquant la marche à suivre pour mesurer les diverses parties du corps. Les lignes de différentes couleurs, tracées dans le sens longitudinal, horizontal et suivant même les plans courbes et obliques, courent dans toutes les directions, se croisent aux endroits déterminés pour servir de repères ou lignes d'aplomb, et permettent d'apprécier et de noter la conformation de la personne.

L'opération consiste : 1° à suivre, au moyen d'un centimètre ordinaire, les lignes ou reliefs tracés sur le conformateur jusqu'à leur point de rencontre avec d'autres lignes ou reliefs tracé* en travers et de couleur différente ; 2° à noter exactement le numéro marqué par le centimètre aux divers points d'intersection des lignes ou reliefs et qui représente la distance parcourue. Chacune de ces mesures partielles doit successivement être inscrite sur un carnet ad hoc.

Ces mesures, nécessairement exactes, sont alors reproduites mécaniquement par un appareil de précision composé de lames d'acier poli, mobiles, graduées, numérotées et coulissant dans une gaine de cuivre. Ces lames, qui se rapportent, comme nombre et disposition, aux lignes tracées sur le caoutchouc, ainsi qu'il est dit plus haut, sont rapprochées ou éloignées à la demande du conformateur, et le point indiqué par leur extrémité marque la place où doit passer le coup de craie destiné à tracer la ligne de coupe.

Cet appareil permet la réduction mathématique en une surface plane de la configuration réelle que présente le corps mesuré par le conformateur.

Dans le conformateur, les lignes s'allongent ou se raccourcissent, se rapprochent ou s'éloignent par la pression naturelle que la forme du corps fait subir au tissu élastique dont le conformateur est fait.

Dans l'appareil mécanique de la coupe, le rapprochement ou l'écartement des lignes est le résultat d'une division fort simple exécutée par l'opérateur qui, faisant coulisser chacune des lames intérieures dans la gaine de cuivre qui les renferme, les fixe au point précis indiquant la mesure fournie par le conformateur .

Tandis que MUe Grand'homme, avec l'appui de M. E. Ferry, introduisait dans le IXe arrondissement l'enseignement primaire de la coupe, M. Gaildraud, adjoint au maire du VII*, organisait de son côté un enseignement du même genre dans une école de l'avenue La Motte-l'iquet (1874). Habile confectionneur et ayant à sa disposition un certain nombre de tailleurs et de coupeurs, il publia, à l'usage des institutrices, une Méthode de coupe de vêtements, en un cahier autographié de 8 pages in-4°.

VÊTEMENTS (COUPE) — 2480

VÊTEMENTS (COUPE

Ce petit essai contient les indications les plus simples pour dessiner et confectionner un corsage sans basques. L'auteur n'emploie que cinq mesures, qui sont :

r La longueur du devant prise de la couture de l'ép ilure)au milieu du devant;

2° Longueur du dos, de la couture de l'épaule (encolure) au milieu du dos;

3° De la couture de l'épaule (entournure) droite à la couture de l'épaule gauche (entournure) ;

4" Tour de poitrine ou largeur totale sous le bras ;

5° Tour de taille.

Après avoir pris ces mesures principales, l'auteur commence le tracé du dos en tirant une ligne verticale AB qui indique le milieu du dos, puis il trace au sommet de cette ligne une autre ligne horizontale formant angle avec A, au-dessous de laque.le partent trois autres lignes parallèles plai égale distance, dont l'une indique la chute de l'épaule, la deuxième la hauteur du petit côté, et la troisième le dessous du bras.

Le tour de poitrine divisé en quarts, puis en huitièmes, est employé pour déterminer la distance des différentes sinuosités du patron, qui sont reliées par des lignes.

Ce guide, qui ne traite absolument que du corsage rond, ne doit être considéré que comme un appel à l'attention des élèves et au développement pédagogique des maîtresses. Aussi, l'édition autographiée que nous possédons n'a-t-elle pas été rééditée et les écoles ont-elles cherché ailleurs les moyens de continuer leurs études. Les méthodes de Mmcs Grand'homme, Schefer, et Giroux ont rempli ce rôle.

La publication due au zèle de M. Gaildraud n'en a pas moins le mérite d'avoir été la première qui ait appelé l'attention du ministère de l'instruction publique sur cette question. M. Wallon, alors ministre, félicita l'auteur de son initiative. et lui fit demander un certain nombre d'exemplaires de son petit cahier pour les distribuer dans les écoles normales d'institutrices (avril 1875).

Mme Schefer, inspectrice des écoles de la ville de Paris, rédigea un manuel rationnel et gradué de coupe et d'assemblage à l'usage des écoles primaires. La l" édition parut en 1878, et depuis cette méthode a subi quelques modifications dans les détails, mais non dans la forme générale, qui est bonne et facile à saisir.

On prend 7 mesures pour le corsage à basques :

1° La longueur du dos ;

£° La largeur du dos ;

3° La longueur du devant;

4° Le tour de poitrine;

5° Le tour de taille ;

6° La longueur du bras intérieure et extérieure;

7° Le tour des hanches.

L'auteur emploie deux rectangles pour servir de cadre aux patrons : le premier destiné à renfermer le milieu du dos et le petit côté, le seconda contenir le devant.

La quatrième mesure, tour de poitrine, est divisée en quarts, en huitièmeseten seizièmes, et ces fractions sont employées comme unités pour déterminer l'encolure du dos et du devant, la chute de J'épaule, l'échancrure de l'entournure du devant et la dimension d'un des côtés des rectangles.

Pour dessiner le corsage à basques que nous prenons comme spécimen, l'auteur donne, pour dimensions au rectangle destiné à recevoir le patron du dos et du petit côté, la longueur du dos avec celle qu'on veut avoir à la basque, et pour largeur lo quart du tour de poitrine plus 8 cent, qui sont ajoutés pour permettre le déploiement de la badine et faciliter la coupe.

Le rectangle étant formé (fig. 10), on indique la li-

gne de la taille et on obtient ainsi le rectangle ABCD. On prend la moitié de la ligne AD, que l'on <i i

d'un cent., et l'on lire une horizontale Kl! destinée à indiquer le dessous de bras, puis on porte le huitième du tour de poitrine de A vers h et P< H trace l'horizontale ML qui servira à la chute p.iule; à 5 cent, de la ligne M on trace ui.c troisième horizontale XY qui déterminera la profondeur de l'entournure et la hauteur du petit côté.

Pour l'encolure on compte 1/2 cent, sur la ligne A, on perte le seizième du tour de poitrine sur AB, on unit ces deux points par une courbe. On porte la demi-largeur du dos sur la ligne ML, qui sera la limite extrême de l'épaulctte et le commencement de l'entournure. L'entournure s'obtient en descendant une courbe légère rentrée d'un i I cent, de la ligne ML sur XY. Puis on compte 2 cent, sur la ligne de taille et on joint ce point au point I de l'encolure par une oblique S représentant le milieu du dos, de S on compte 3 cent, et on joint ce point par une courbe gracieuse rentrée au centre de 3 cent, aupoint N, fin de l'entournure placée sur la ligne XY.

Le petit côté, qui est renfermé dans le même rectangle, se dessine aisément au moyen de quelques indications. Ainsi, pour déterminer sa place dans le rectangle, on compte 8 cent, sur la ligne XY du bas de l'entournure du dos. on y place la lettre X qui indique la limite extrême du petit côté, et l'on dessinera l'échancrure de l'entournure en traçant une courbe rentrée du point X au point H, point extrême de la ligne LU. On porte ensuite 12 cent, à partir de la ceinture du dos, on y place le point O et on unit ce point au point N par une courbe s'écartant de a cent, du centre; c'est la partie qui devra rentrer dans la courbe du dos. Il n'y a plus qu'à tracer une courbe du point R, dessous de bras, allant se joindre à la ligne de taille à 3 cent. 12 de l'extrémité C de la ligne, et le petit côté se trouve achevé.

Le devant du corsage (fig. 1 1 ) est enfermé dans un rectangle ABD2C* dont la hauteur égale la longueur du devant auquel on ajoute le nombre de cent, qu'on veut donner à la basque, et comme largeur le quart du tour de poitrine, plus 4 cent. La ligne de ceinture est déterminée par une horizontale DC. On prend alors la moitié du rectangle de la ceinture à l'encolure), moins 1 cent., comme on a opéré déjà pour le dessin du dos, et l'on trace une seconde horizontale appelée XY. A 4 cent, de la ligne BC on trace une verticale F, et sur cette ligne on porte le seizième du tour de poitrine qu'on avance de 3 cent, vers la ligne BC : on a la lettre Z indiquant le creux de l'encolure. On porte de nouveau le seizième du tour de poitrine de F vers A, on a le point P que l'on unit à la lettre Z par une courbe rentrée de 2 cent. Ensuite on porte encore le seizième du tour de poitrine de A vers D, ce qui indiquera la chute de l'épaulette, que l'on unit au point P par une courbe légère. De la ligne RYà partir de R, on remonte de 5 cent. 1/2, on trace une petite horizontale LM dont la longueur égale le seizième du tour de poitrine plus 2 cent., ce qui donnera la plus grande profondeur de l'emmanchure; on formera celle-ci par une courbe profonde partant de la chute de l'épaulette à la lettre R et rentrée de 2 cent. 1/2 de M à R. Pour le dessous de bras on compte 2 cent, de D vers C et on unit par une courbe cette lettre au point R. Pour indiquer la place des pinces, l'aut"ur trace une horizontale à 5 cent, au-dessus de la ligne RY, puis il compte 8 cent, de la ligne du devant pour la lre pince, et de ce pointe cent, pour la 2e en laissant entre les deux pinces un petit intervalle sur la ligne de ceinture.

Pour dessiner la basque, l'auteur divise la moi-

tié de la mesure des hanches en trois parties dans les proportions de 1, 2,3, et les porte ensuite sur la ligne du rectangle destiné à contenir la basque, puis unit les points obtenus aux points correspondants du corsage sur la ligne de ceinture Pour le patron de la manche (fig. 12), l'auteur trace

un rectangle de la longueur du bras, plus 2 cent. 1 /2 et de la largeur du quart du tour de poitrine moins cent. 1/2 ou 3 ou 4, selon le nombre de centimètres donnés par le tour de poitrine. Cette manière d opérer semble bizarre, mais cependant la manche va bien (fig. 13). F

Fig. 10.

Tels sont, sauf quelques démonstrations qui achèvent l'enseignement, les procédés de la méthode Schefer, qui est bien appropriée aux classes primaires.

MUe Menon, directrice de l'école professionnelle de Levallois- Perret, publia en 1881 le cours qu'elle faisait à ses élèves. Ce petit manuel I 2e Pahtie.

de 4 pages autographiées, qui a pour titre : Méthode de coupe et d'assemblage des vêtements, est assez heureusement conçu et pourrait être considère comme une méthode facile s'il renfermait pins d explications, si les démonstrations étaient plus nettes, plus complètes et mieux définies. L'auteur ne prend que deux mesures : la longueur de la

VÊTEMENTS (COUTE

taille et la largeur du corps. Voici comment il faut procéder: L'on trace un grand rectangle ABCD renfermant lo corsage entier, ayant pour longueur celle de la taille, plus 1 cent., et pour largeur la demi-grosseur du buste prise sous les bras à la liauteur de la poitrine. On diviso le rectangle en

VÊTEMENTS (COUPE

traçant des diagonales partant des quatre angle» et qui, en se coupant au centre, Indiquent a peu près la profondeur de l'emmanchure, la haut'iir ou petit côte, le dessous de bras et séparent le devant du dos. Ensuite, au moyen d'une band.' de papier phée en deux, puis en quatre, puis en huit, on rc-

Fie. U.

porte ces mesures sur la largeur du rectangle, mesures d'après lesquelles on trace des verticales touchant aux deux extrémités du rectangle. Puis on fait encore quatre nouvelles divisions qu'on indique, la lre à 1/3 de distance après la 3e division, la 2e à 1/3 de distance après la 4e division, la 3e à 1/3 avantlaC, et la4e à 1/3 avantla 7e. Toutes cesmesures

étant déterminées et indiquées, l'auteur s'en sert, soit comme unité pour fixer les proportions du corsage, soit comme point de repère pour en marquer les sinuosités. Ainsi, par exemple, l'échancrure du dos se trace en comptant un cent, sur la ligne du rectangle AC et en portant l'intervalle d'une des huit divisions sur la ligne AB, points qu'on unit

VÊTEMENTS (COUPE) — 2483

VÊTEMENTS (COUPE

Fig. 12.

par une oblique. Nous ne continuons pas cette analyse, qui ne pourrait être claire, car il est indispensable d'avoir le dessin du corsage sous les yeux pour suivre les démonstrations qui ne sont pas toujours satisfaisantes.

Madame Giroux, professeur de coupe à l'école normale supérieure d'institutrices et dans les écoles de la ville de Paris, fit paraître en 1881 une méthode intitulée : Manuel d'examen pour l'enseignement de In coupe et de l'assemblage devêtements de femme et d'enfants suivi d'un recueil de questions d'examen et d'une notice sur la ma hine à coudre. Cette méthode, qui renferme des patrons de lingerie, nous semble comenir un enseignement complet de la coupe pour tous les

objets nécessaires aux élèves des écoles primaires.

L'auteur emploie un seul rectangle pour limiter le dessin des patrons du corsage entier, et prend 9 mesures qui sont :

1° La longueur du dos;

2° La largeur du dos;

3° La longueur du devant;

4° La largeur du devant;

5° Le tour de po tr ne pris sous les bras ;

6° Le tour de t. ill : ;

7° La hauteur du dessous de bras;

8° La longueur du bras, de l'épaule au coude et de l'épaule au poignet;

9° Le tour des hanches pris au plus fort des hanches à 20 cent, au-dessous de la taille.

On construit le rectangle ABLM (fig. \:i), ayant pour longueur la longueur du dos, plus celle de la basque, et pour largeur la moitié du tour des hanches.

Le rectangle étant tracé, on le partage dans sa largeur en deux parties inégales de façon que le cùté du triangle destiné au devant ait 4 cent, de plus que le côté destiné au dos; mais ces 4 cent, forment un intervalle laissé en réserve au milieu du grand rectangle, et renfermé entre deux verticales touchant l'une EFT au rectangle du dos, l'autre ET' au rectangle du devant; cet intervalle est destiné au développement des basques.

Une ligne horizontale DG est tracée à la taille, séparant ainsi le haut du corsage de la partie réservée à la basque; puis on porte la bauteur du dessous de bras sur la ligne AD et l'on tire une nouvelle horizontale 1\S parallèle à la ligne de ceinture et qui donnera au point d'intersection avec les verticales la place du dessous de bras et la profondeur de l'emmanchure du devant et du petit côté. La distance comprise entre la ligne de dessous de bras et la limite supérieure du rectangle est partagée ensuite en 4 parties égales entre elles indiquées par 3 horizontales ayant chacune leur rôle ; en effet, la lre à partir de A servira à indiquer la chute de l'épaulette du devant ; la 2e indiquera la chute de l'épaulette du dos ; la 3' donnera la dimension de l'entournure du dos et la plus grande hauteur du petit côté; ce procédé très ingénieux a encore un autre office, car l'auteur emploiera comme unité l'intervalle entre les horizontales qu'elle appelle divisions pour indiquer la hauteur des pinces du devant, l'encolure du dos, du devant, l'échancrure du devant et celle de l'entournure, et la largeur du petit côté à la ceinture.

Toutes ces indications étant données, le dessin peut s'effectuer d'une manière très rapide. Ainsi, sur la ligne de ceinture de D vers C, on compte

2 cent, et l'on unit ce point à la lettre A, ce qui donne l'oblique du dos De A vers B on porte une divi-ïion, point P, qui donne la proportion de l'encolure du dos. Sur la ligne horizontale 2 on porte la demi-largeur du dos, on obtient le point U, que l'on joint par une oblique au point P, et 1 épaulette est dessinée. Du point U, descendre une courbe légère sur la ligne 3 et joindre ce point, par une courbe creusée de 3 cent, au centre, à la ligne de la taille, laissant un intervalle de 3 cent, entre cette courbe et l'oblique du dos.

La hauteur du petit côté est déterminée ainsi : il faut calculer la différence entre le demi-tour de poitrine et le demi-tour des hanches, prendre la moitié de cette différence et la porter sur la ligne

3 à la droite de l'entournure du dos. On trace une courbe de ce point sur la ligne RS que l'on rejoint à l'intersection de la verticale du rectangle du dos. De F vers D, compter 3 cent, et joindre ce point à l'entournure du petit côté par une courbe gracieuse. De F vers D, porter la longueur de deux divisions et joindre ce point à la partie

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2484 — VÊTEMENTS (COUPE

supérieure de l'entournure du petit côté par une courbe s'écartant de 3 cent, au centre, i t le dos est achevé.

Le patron du devant du COnage s'obtient par les mûmes procédés. Du point II fera A. on porte une division qu'on marquo P'. Du point I! vers C on porte une division, plus 2 cent, (point Z), on unit P' à Z par une courbe rentrée de 2 cent, et l'encolure est dessinée. On porte ensuite la longueur de l'épaulette du dos de P' vers la ligne I', et le point de rencontre L" donne la limite de l'épaulette du devant que l'on trace par une courbe peu accentuée. Puis sur la ligne horizontale 3', à partir de la ligne BC, on porte la moitié de la largeur du devant qu'on indique par le point V, on unit ce point a la chute de l'épaulette par une courbe

écartée (Ton cent, et on a la moitié de l'entournure que l'on a- hèv en continuant la courle la ligne du deUODa de bras Juaqu'an point d'il! non G* de la verticale. On compte alors 2 centimètres sur la ligne de ceinture r'C, et Pon a le point H', que l'on joint à la base extrême de l'emmanchure sur la ligne IIS. 11 ne reste pins qu'a dessiner les basques du corsage, auxquelson donne des dimensions proportionnelles.

La manche (fig. 14) est dessinée dans un rectangle ayant pour longueur la longueur du braa, et pour largeur les quatre divisions du rectangle du corsage. L'auteur, fidèlcàson système, partage cette figure géométrique en quatre parties égales, et au moyen de quelques démonstrations donne le tracé de la manche.

Fi?. 13.

Quant à la jupe, la démonstration varie peu dans les différentes méthodes qui en traitent ; on prend ordinairement trois mesures de la ceinture aux pieds : devant, derrière et sur le côté. On enlève une pointe sur les deux lisières du haut du lé de devant, et l'on taille ceux des côtés en biais, de façon à donner plus de largeur au bas de la jupe que dans le haut. On l'orne ensuite selon la mode du jour.

Le corsage rond peut être considéré comme patron type, car il réunit la plupart des difficultés de la coupe et de l'assemblage. On peut l'allonger plus ou moins sur les hanches au moyen des basques ; on peut lui faire subir certaines modifications dans le haut qui en changent l'aspect, soit en le décolletant en rond, en carré, ou en l'ouvrant sur la poitrine. Il peut encore servir à dessiner

la robe attachée dans le dos, la robe de fillette dite robe princesse, le tablier à corsage pour enfant, et même le caraco, la camisole, le gilet et la veste de petit garçon.

La manche subit aussi des métamorphoses : on la fait courte, demi-longue, large ou étroite, mais la forme longue reste comme un modèle qu'on modifie à volonté.

Tous les documents que nous venons d'analyser tendent à prouver qu'il est nécessaire de réunir dans une formule géométrique quelconque les lignes indispensables au contour des vêtements.

En résumé, la ligne verticale, la ligne horizontale, l'angle, le triangle, le carré, le rectangle ont été successivement choisis comme base d'opérations Ainsi MUe Régnier et M. Staube prennent la longueur du corsage, ligne verticale sur laquelle

VÊTEMENTS (COUPE) — 2485

VÊTEMENTS (COUPE

ils reportent les mesures du vêtement; M. Chambon prend comme limite principale le diamètre du corps. MHe Hirtz et M. Gaildraud emploient l'angle formé par la verticale correspondant à la longueur du corsage et l'horizontale correspondant à la ligne de taille ou à l'encolure.

M. I avigne choisit le carré pour limiter le patron du corsage entier, et comme ligne principale de construction une horizontale indiquant la proportion du buste à sa plus grande épaisseur.

M. Vaillant préfère le triangle et comme points fixes le tendon d'avant-bras, la nuque et la ceinture, points qu'il considère comme invariables, et par conséquent comme les plus exacts.

M'le Grand'homme emploie trois rectangles sur lesquels elle reporte les mesures principales, et elle opère pour les petites proportions au moyen du poignet qu'elle fractionne en tiers, en quart, en demi.

Mire Schefer établit sa méthode sur deux rectangles ayant pour dimensions la longueur du corsage et une partie du tour de poitrine, mesure qui, divisée par quart, huitième et seizième, remplit le rôle du poignet dans la méthode Grand'homme.

Enfin Mm* Giroux, qui emploie un seul rectangle, basé sur le tour des hanches, utilise l'intervallf compris dans les lignes de construction du corsage comme unité, ce qui donne le même résultat que le poignet et le tour de poitrine mentionnés dans les manuels précédents.

Comme on le voit, les méthodes exposées diffèrent entre elles par la forme et les procédés, mais tous les auteurs poursuivent un même but, celui de faire promptement, facilement, exactement. Leurs efforts sont-ils couronnés de succès ? Oui, si l'on se contente d'un résultat approximatif, en somme très satisfaisant. Non, si on pré-

tend à la perfection immédiate, ce qui est matériellement impossible, car il faut compter, d'une part, avec les petites imperfections du corps humain, qu'on ne saisit pas toujours à première vue, et de l'autre avec le peu d'habileté, d'expérience' ou d'intelligence des élèves.

Essayage. — On remédie aux fautes de la coupe par l'essayage et les retouches (les tailleurs disent: poignards), qui se font sur le mannequin ou sur la personne même qui a fourni les mesures. Au dire d'un habile tailleur, les fautes ne viennent pas toujours du coupeur, car la coupe peut être modifiée par le travail ou l'élasticité des étoffes; il arrive parfois qu'on essaie des vêtements à peine commencés qui vont très bien, puis on les essaie terminés et l'on est obligé de les retoucher.

La meilleure manière d'essayer un vêtement est de le poser sur le corps à l'envers, parce que les coutures faisant saillie peuvent être reprises facilement sans aucun dérangement. Voici comment il faut opérer les retouches : si le corsage est trop large, on le reprend à la couture du dos ou sous les bras, ou l'on fait les ourlets du devant plus grands ; s'il est trop étroit, on fait le contraire. Si le corsage est trop long, on opère sur les épaulettes, s'il est trop court on l'allonge en descendant les pinces (ou suçons des tailleurs; et en diminuant les coutures des épaules. Si le corsage est trop large d'encolure, on reprend les coutures du dos, et s'il est trop étroit, on recoupe le devant; l'emmanchure peut être aussi ou trop haute ou trop basse, l'encolure trop échancrée ou pas assez, mais ces retouches, si le dessin a été bien suivi, se réduisent à peu de chose.

Pour bien couper les patrons dessinés sur le papier, il faut suivre exactement le tracé indiqué par les lignes, mais comme le patron ne comprend pas les coutures, puisqu'il est dessiné juste pour le corps, il faudra avoir soin en coupant l'étoffe de laisser 2 ou 3 centimètres en plus pour l'assemblage. Si on double le vêtement, on coupe d'abord la doublure qui sert alors de patron et qu'on place sur l'étoffe en l'y assujettissant par un bâti à longs points sur les contours du patron ou par des épingles si les lignes du patron sont visibles. Les parties du corsage doivent être coupées deux à deux, pour qu'on soit sûr de leur similitude, et l'étoffe s'embrassant, c'est-à-dire pliée en double dans la longueur de manière que l'e tdroit soit sur l'endroit, ou l'envers sur l'envers. Le sens ou les dessins des étoffes doivent être observés : ainsi les carreaux doivent se rapporter, etles dessins être disposés de bas en haut.

Assemblage. — L'assemblage consiste dans la réunion des différentes parties du vêtement que l'on a coupé, en donnant à chacune la place qui leur appartient.

Toutes les coutures du corsage se font à poi ils arrière, menus et serrés. Il faut, lorsqu'on réunit les épaulettes, avoir soin de faire les coutures du côté du dos de façon que l'encolure du dos et celle du devant s'ajustent exactement et que l'embu de l'épaulette du dos se place gracieusement sur l'épaulette du devant. Les petits côtés se cousent en dedans, et leur courbe doit rentrer dans la courbe du dos ; il faut tenir la partie du dos devers soi à cause de l'embu, et pour cela commencer une des coutures à l'entournure et l'autre à la taille. Les coutures étant achevées, on les ouvre à l'exception de celles des petits côtés au dos, et on les surfile ou on les borde d'un petit ruban ou on rentre les bords sur lesquels on passe un point devant.

Les pinces se cousent en commençant par la pointe ; elles peuvent être fixées avant l'assemblage ; mais beaucoup de couturières les tracent en essayant sur le corps même de la personne. On coupe les pinces et on les hoche ainsi que les

VÊTEMENTS (COUPE

VÊTEMENTS f COUPE)

eoutures du dos pour empêcher le corsage do brider au creux do la taille.

La bas(|uc est terminée, par un faux ourlet rapporté, et l'encolure par un liseré ou un col.

Les manches -c cousent a points- arrière comme ie corsage, mais pour éviter de rabattre les coutures on place les deux étoffes l'une sur l'autre en ayant soin de mettre ensemble les parties semblables, de telle sorte qu'en retournant les manches, les coutures se trouvent renfermées dans l'intérieur de la doublure. Le bas des manches se termine par un faux-ourlet.

Pour confectionner la jupe il faut assembler les lés à points-arrière en commençant les coutures par le haut; on égalise le bas auquel on rapporte un faux-ourlet et que l'on borde d'un lacet ; le haut de la jupe se monte à points de surjet sur une ceinture appropriée à la grosseur de la personne.

Lingerie. — Quant à la lingerie, qui complète l'ensemble de notre vêtement, il suffira de quelques indications pour aider à la coupe età la façon de ces objets qui, n'étant pas ajustes, laissent plus de latitude à la confection. Cependant il y a quelques règles principales qu'il faut observer. Nous allons donner succinctement les mesures indispensables, renvoyant nos lectrices pour plus de détails à un ouvrage spécial. (Voir la Pédagogie des travaux à l'aiguille à l'usage des écoles de filles, précédée d'une étude sur l enseignement de la couture en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en Italie et en Belgique, suivie d'une histoire de la machine à coudre, par Mme P.-W. Cochet is. Paris, Delagrave, in-12, 18S2.)

Pour couper un pantalon de femme, il faut deux mesures de longueur et trois mesures de circonférence.

La première mesure de longueur se prend sur le côté, de la hanche au-dessous du genou; la seconde se prend de l'entre-jambes au-dessous du genou.

Les mesures de circonférence se prennent à la ceinture, à la hauteur des hanches, et au dessous du genou. Les mesures de longueur restent dans leur entier et se coupent exactement. Les mesures de circonférence s'augmentent d'un tiers.

Les jambes se coupent en biais jusqu'à l'entrejambes, et l'on donne au reste du corps les proportions indiquées par les mesures prises sur la personne.

La camisole se taille comme le corsage à basque, mais en laissant plus d'ampleur à chacune des parties du patron, un tiers environ. Si l'on monte la camisole sur une pièce d'épaules, cette pièce se fait de trois morceaux, l'un de la dimension du dos de l'épaule droite à l'épaule gauche, les deux autres pour le devant de la demi-largeur de poitrine.

Les mesures pour la coupe du jupon se prennent un peu moins longues et moins larges que pour la jupe de robe. La confection du jupon est en tous points semblable à celle de la jupe.

La chemise de femme exige deux mesures : la longueur depuis l'épaule à partir de l'encolure jusqu'à mi-jambe ; la largeur correspondant au diamètre de la personne à la hauteur de la poitrine.

La chemise doit être plus large dans le bas que dans le haut ; ainsi pour une personne de taille moyenne on compte 2 mètres à 'Jm,lO par le bas et l^O à Im, 30 d'envergure. Pourobtenir ce résultat, on ajoute dans le bas rie la chemise des pointes ou chameaux, que l'on prend ordinairement dans le haut du corps de la chemise de façon que la partie de la pointe qui doit être à la base soit prise en biais dans le haut de la chemise où doit être l'encolure.

La chemise d'homme demande plus de précision; il y a plusieurs mesures principales : la Ion- j

cueurdu devant et du dos, la longueur de l'encolure à la ceinture, le tour du cou, la largeur du devant, la largeur des épaules, la longueur du bras.

Les chemises de nuit se font sur les mêmes mesures, mais le vêtement doit être tenu un peu plus largo et beaucoup plus long.

[Mm. p..\v. Cocheris.]

Un arrêté ministériel du iC février 1882 a déterminé comme il suit les connaissances exigées des aspirantes aux deux certificats d'aptitude pour l'enseignement de la coupe et de l'assemblage:

Le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes,

Considérantque les lois et règlementsen vigueur font du travail manuel une partie obligatoire du programme des écoles primaires, primaires supérieures et professionnelles, tant pour les filles que pour les garçons;

Considérant qu'il importe que des règlements spéciaux rendus sur l'avis du Conseil supérieur déterminent exactement pour chaque catégorie d'écoles les exercices dont se composera cette parlie de l'enseignement, le temps qui leur sera assigné et les garanties d'aptitude spéciale à exiger des maîtres et maltresses;

Considérant d'autre part que parmi ces enseignements nouveaux, celui de la couture, de la coupe et de la confection des vêtements est déjà entré dans la pratique et a été organisé avec succès tant à Paris que dans les départements, et que de nombreuses demandes d'institutrices désireuses d'en être chargées rendent nécessaire la délivrance d'un titre provisoire constatant leur aptitude ;

Considérant que ce titre devra ultérieurement être mis en rapport avec les règlements d'ensemble qui fixeront l'organisation de l'enseignement des divers travaux manuels;

Arrête:

Art. 1er. Il est institué deux certificats d'aptitude à l'enseignement des travaux d'aiguille (premier et second ordre).

Art. 2. Le certificat d'aptitude de premier ordre prend le titre de : Certificat d'aptitude à la direction des cours normaux de couture.

Il est exigé des professeurs et maîtresses adjointes d'écoles normales et des directrices des cours normaux de couture, de coupe et de confection créés par les villes et les départements. Il donne le droit d'enseigner dans les établissements scolaires de tout ordre.

Art. 3. Ne peuvent être admises à l'examen du certificat d'aptitude de premier ordre, que les aspirantes qui appartiennent à l'enseignement public ou libre et qui justifient :

1° De la possession du brevet élémentaire et du certificat d'aptitude de second ordre ;

2° De la connaissance de deux méthodes de coupe au moins, à désigner, au choix des aspirantes, parmi celles dont un exemplaire aura élé déposé au Musée pédagogique.

Art. 4. Le certificat d'aptitude de second ordre prend le titre de : Certificat d'aptitude à l'enseignement de la couture et de la confection dans les écoles communales.

Il est exigé de toute institutrice qui voudra diriger une classe de couture, de coupe et d'assemblage dans une école primaire ou professionnelle.

Art. h. Ne peuvent être admises à l'examen du certificat d'aptitude de second ordre que les aspirantes qui appartiennent à l'enseignement public ou libre et qui justifient :

1° De la possession du brevet élémentaire;

2° De la connaissance d'une méthode de coupe au moins, à désigner, au choix des aspirantes,

VÊTEMENTS (COUPE

VIE HUMAINE (AGES

parmi celles dont un exemplaire aura été déposé au iMusée pédagogique.

Art. 6. Le certificat d aptitude à la direction des cours normaux est conféré par une Commission dVxamen nommée chaque année par le ministre.

La Commission d'examen tient une session par an, dans le courant de la semaine qui suit Pâques. L'ouverture de la session est fixée par le ministre.

Art. 7. Toute demande d'inscription devra être adressée, quinze jours au moins avant la date fixée pour l'ouverture de la session, au ministère de l'instruction publique (Direction de l'enseignement primaire, 1er bureau).

Chaque aspirante devra joindre à sa demande une copie de son brevet de capacité et indiquer sur quelles méthodes elle préfère subir l'examen.

Art. 8. L'examen se compose :

1° D'une épreuve de lingerie : coupe et confection d'une chemise de femme et d'un pantalon d'enfant.

2° D'une des deux épreuves suivantes qui sont tirées au sort : confection d'un corsage à basques pour grande personne, ou d'une robe princesse pour petite fille.

Les exercices se rattachant à l'une ou à l'autre de ces épreuves sont au nombre de quatre :

1° Les aspirantes sont appelées, chacune à leur tour et d'après leur ordre de classement, à faire, devant le jury, une leçon au tableau noir d'après deux méthodes désignées par elles; elles compareront ces méthodes et auront à répondre à des questions théoriques sur l'enseignement méthodique de la coupe et des travaux d'aiguille en général; sur l'emploi et le maniement de la machine à coudre. — Cette épreuve est éliminatoire ;

2° Chaque aspirante prend les mesures sur le mannequin qui lui a été désigné et dessine, d'après ces mesures et conformément aux principes de la méthode indiquée dans sa demande, le patron du vêtement qu'elle aura ensuite à confectionner;

3° Coupe et assemblage du vêtement d'après le tracé du patron qui aura fait l'objet de la première épreuve ; premier essayage sur les mannequins qui ont servi à prendre les mesures ; rectifications, s'il y a lieu, en expliquant pourquoi on les fait et d'après quel principe ;

4° Couture d'une partie du corsage ; façon d'une boutonnière. Essayage définitif.

Art. 9. Les points se comptent de 1 à 20. Les aspirantes n'ayant pas obtenu la moyenne dans la première épreuve ne sont pas admises à continuer l'examen.

Art. 10. Le certificat d'aptitude à renseignement des travaux de couture et de confection dans les écoles communales est conféré par des commissions locales nommées par le recteur de l'académie et composées de cinq membres au moins.

Art. 11. Les commissions locales tiennent une session par an.

Art. 12. Toute demande d'inscription devra être adressée, quinze jours au moins avant la date fixée pour l'ouverture de la session, au recteur de l'académie.

Chaque aspirante devra joindre à sa demande une copie de son brevet de capacité et indiquer sur quelle méthode elle préfère subir l'examen.

Art. \A. L'examen se compose :

1° D'une épreuve de couture: une pièce d'encemble présentant les différents points de couture ;

2° D'une des deux épreuves suivantes qui sont tirées au sort ; confection d'un corsage à basques pour grande personne, ou d'une robe princesse pour petite fille.

Les exercices se rattachant à l'une ou à l'autre

de ces deux épreuves sont au nombre de quatre.

1° Les aspirantes sont appelées, chacune à leur tour d'après leur ordre de classement, à faire, devant le jury, une leçon au tableau noir d'après la méthode qu'elles ont apprise. Elles auront à répondre à des questions théoriques sur l'enseignement méthodique de la coupe et des travaux d'aiguille en général; sur l'emploi et le maniement de la machine à coudre.

2° Chaque aspirante prend les mesures sur le mannequin qui lui a été désigné et dessine, d'après ces mesures et conformément aux principes de la méthode indiquée dans sa demande, le patron du vêtement qu'elle aura ensuite à confectionner;

3° Coupe et assemblage du vêtement d'après le tracé du patron qui aura fait l'objet de la première épreuve ; premier essayage sur les mannequins qui ont servi à prendre les mesures; rectifications, s'il y a lieu, en expliquant pourquoi on les fait et d'après quel principe;

4° Couture d'une partie du corsage; façon d'une boutonnière; essayage définitif.

Art. 14. L'enseignement complet de la coupe et de l'assemblage exige, au maximum, de vingtcinq à trente leçons de deux heures et demie à trois heures chacune.

Dans les cours normaux, l'enseignement obligatoire comprendra :

1° Les travaux usuels d'aiguille ;

2° La confection de robes à corsage rond et de robes à corsage à basques;

3° La confection de robes et de tabliers princesse pour petite fille.

L'enseignement des autres vêtements, dont les patrons peuvent être donnés dans les différentes méthodes de coupe, est facultatif, au moins quant à présent.

L'ordre des matières et la répartition du temps sont réglés par les professeurs.

Art. 15. L'enseignement sera tout à la fois théorique et pratique. On commencera par donner aux élèves une idée générale des méthodes et des principes qui leur servent de base. On passera ensuite à l'application de la méthode particulière dont la directrice du cours a fait choix.

VIE HUMAINE (AGES). — Hygiène , I. — <t La vie est un voyage », dit le vieil opéra de Mozart, et rien n'est plus juste, physiologiquement parlant, que cette image de la vie. Le voyage de l'homme sur la terre se déroule à travers des étapes successives, qui, de la naissance, l'amènent lentement jusqu'à un dernier asile : ou, pour parler un langage plus scientifique, la vie est une évolution, qui a son point d'origine, ses phases régulières de développement, puis sa décroissance graduelle et sa terminaison. Dans l'embryon à peine déjà visible, il semble qu'une mystérieuse puissance soit cachée : d'abord pleine d'énergie, elle le développe, de métamorphose en métamorphose, jusqu'à ce qu'il ait réalisé la forme parfaite de l'être humain ; moins active alors, elle suffit cependant à maintenir longtemps intacte cette forme qu'elle a créée ; mais bientôt sa force semble se lasser, elle s'affaiblit, laisse se dégrader son œuvre, et enfin, épuisée, elle s'éteint, et la destruction s'empare de l'être vivant. Ces étapes, ces phases successives sont ce que l'on a appelé les âges de l'homme.

Toute division des âges est fatalement artificielle ; car il n'y a pas d'arrêts, ni d'interruptions dans le développement de la vie, et les périodes se succèdent les unes aux autres par des transitions insensibles. Aussi les divisions adoptées diffèrent-elles suivant les auteurs.

La plus antique de ces divisions fait partie du système quaternaire, qui admettait quatre éléments, quatre saisons, quatre qualités, quatre humeurs, etc. ; elle distinguait quatre âges, l'en-

VIE HUMAINE (AGES

2488 — vu. HUMAINE fAGES;

fanco, l'adolescence, lape mûr, la vieillesse. — La classification hippocratique, presque aussi ancienne, est fondée sur les mystérieuses propriétés du nombre sept; elle admet « sept saisons, qu'on appelle âges: le petit enfant, l'enfant, l'adolescent, le jeune liomnie, l'homme fait, l'homme âgé, le vieillard ». Ces âges so succèdent de sept en sept ans.

Les classifications modernes, presque aussi nombreuses que les auteurs, nous paraissent avoir multiplié à l'excès les périodes, et établi ainsi des distinctions imaginaires, que rien ne justifie dans la réalité : c'est ainsi que Fleury a pu admettre jusqu'à dix âges différents.

Nous adopterons la division suivante, plus simple, et qui ne compte que sept périodes :

1° Vie fœtale.

2° Première enfance — de 0 à 2 ans.

3° Seconde enfance — de 2 à 13 ans.

4° Adolescence — de 13 à 20 ans.

5° L'âge adulte — de 20 à 45 ans.

G" L'âge de retour — de 45 à GO ans.

7° La vieillesse — de 60 ans jusqu'à la mort.

1° Vie fœtale. — Cette période originelle, qui s'étend depuis la première apparition de l'embryon dans le sein de sa mère, jusqu'au moment de sa naissance, a une durée normale de neuf mois pleins : elle peut, par exception, se terminer au bout de huit mois, de sept mois môme ; plus courte, elle aboutit généralement à la mort de l'enfant, et constitue alors toute son existence. Elle e-t caractérisée par des phénomènes extrêmement rapides de développement et d'accroissement : mais on la voit, en certains cas anormaux, présenter des déviations de ces phénomènes et aboutir à des malformations diverses, dont les plus graves peuvent entraîner la mort immédiate de l'embryon ou la mort ultérieure de l'enfant (monstres de tout genre, bec-de-lièvre, hydrocéphalie, idiotie, surdi-mutité, etc.).

L'existence de l'être humain est, pendant toute cette période, étroitement liée à celle de sa mère, dans le sang de laquelle il puise les matériaux de sa propre nutrition. Aussi l'hygiène de la vie fœtale n'est-elle autre chose que l'hygiène môme de la mère, laquelle peut se résumer dans les quatre points suivants : s'astreindre à une alimentation particulièrement reconstituante, afin de faire face à une double nutrition — faire usage de vêlements amples et renoncer aux corsets serrés et rigides, — proscrire tout bain chaud, soit bain entier, soit pédiluve, — faire de l'exercice en plein air tout en se préservant des secousses et en évitant les mouvements violents, danse, équitation, etc., — enfin se garder de toute émotion vive.

2° Première enfance (de 0 à 2 ans). — L'homme est, au moment de son apparition à la lumière, le plus faible, le plus désarmé des animaux. Son corps nu, sans défense naturelle contre le froid extérieur, subit une redoutable épreuve dans ce brusque passage du milieu maternel au milieu aérien : aussi le froid est-il le pire ennemi du M)uveau-né. De plus, le tube digestif se trouve subitement appelé à une activité nouvelle, à laquelle aucune transition ne l'a préparé. De là, pour l'enfant qui vient de naître, une double cause de maladie et de mort : le refroidissement d'une part, la fatigue des organes digestifs de 1 autre.

Contre la première, l'hygiène recommande la plus grande attention à couvrir chaudement le petit être, à le soustraire aux variations brusques de température, à le maintenir au besoin dans un appartement chauffé, à l'envelopper de coton, de ouate au premier signe de maladie. Sans doute elle proscrit l'usage de l'antique maillot, véritable appareil de torture, qui emprisonnait les membres de l'enfant et entravait son développement. Mais

elle voit également d'un mauvais œil la réaction exagérée nui s'est récemment produit»; dan mœurs, l'abus des vêtements trop amples et légers, une liberté excessive laissée aux mouvementa de l'enfant, et par-dessus tout cette pratique des lavages froids, d'importation anglaise, qui lera précieuse à qnelqne temps de là, quand L'enfant aura déjà pris quelque vigueur, mais qui est funeste à cette époque d'extrême fragilité.

Contre la seconde cause de périls, l'hygiène et la morale sont d'accord pour prescrire, toutes les fois qu'il est possible, l'allaitement maternel. On ne viole pas impunément l'ordre établi par la nature : elle a pris soin de préparer à l'enfant un aliment merveilleusement approprié à ses besoins et à ses forces digostives, dont la richesse nutritive, d'abord faible, va croissant avec son âge, et que l'artifice de l'allaitement artificiel ne peut jamais imiter exactement. C'est cet aliment, à l'exclusion de tout autre, qu'il faut au nouveau-né. La mère doit donc, en règle générale, allaiter son enfant ; l'expérience a, du reste, montré que l'oubli de co grand devoir est funeste à la moralité de la famille, et qu'à toutes les époques il est apparu comme i'un des plus sûrs indices de la corruption des mœurs ; il est l'un des tristes privilèges des familles amollies par le luxe et par l'oisiveté: c'est ainsi que saint Louis paraît avoir été le seul de nos rois qui ait été nourri du lait de sa mère.

L'hygiène du nouveau-né est un des problèmes sociaux dont l'intérêt est le plus palpitant, car elle règle le progrès de la population, et par suite la force et la richesse de l'Etat. Plus de co<nt mille enfants meurent annuellement en France, de misère, de faim, de négligences. « Un enfant qui naît, dit M. Bertillon, a moins de chances qu'un homme de 90 ans de vivre une semaine, et moins de chances qu'un octogénaire de vivre un an. » A Paris, dans les classes pauvres, la mortalité est de 80 pour lo0 ! Dans l'ensemble de la France, plus d'un cinquième des enfants qui naissent est mort avant un an. Et si l'on rapproche ces chiffres effrayants d^ ceux qui expriment la moyenne des naissances, si l'on réfléchit que nous comptons à peine 2 naisrances pour 100 individus, alors que l'Allemagne en compte près de 4, et que notre population met à se doubler 170 années, alors qu'en Prusse ce doublement s'effectue en 42 ans, on ne peut se défendre de frémir, pour notre pays, d'une aussi terrible mortalité enfantine. L'Académie de médecine a signalé, au nombre des principales causes de cette mortalité, l'industrie nourricière (nourrices sur lieux et nourrices à emporter), le transport prématuré des enfants pour le baptême et pour la déclaration de naissance, et l'absence d'une loi sur la vaccination obligatoire.

Une disposition légale toute récente, qui répond à quelques-unes de ces préoccupations, a placé les nourrissons sous la surveillance d'un comité de protection, qui fonctionne au chef- lieu du département. L'institution des crèches paraît aussi une mesure utile, malgré les objections tirées de l'encombrement, de l'entassement des enfants, et de l'extrême cherté de leur entretien. Il ne faut pas oublier que l'immoralité a des rapports étroits et sinistres avec la mortalité enfantine. Voici des chiffres qui mettent ces rapports dans un jour saisissant: il y a, en France, un enfant illégitime sur 13,85 des naissances totales, — il y a un enfant abandonné sur 28,96 des naissances totales, et un enfant abandonné sur 2, 09 des naissances illégitimes — il meurt en moyenne 21 pour 100 des enfants légitimes, tandis qu'il meurt 40 et même 45 pour 100 des enfants naturels. Toute mesure qui atteint le vice et le diminue, ou qui contribue à la pureté des mœurs, a donc une action directe et puissante sur la viabilité des enfants, dont elle relève immédiatement le chiffre.

VIE HUMAINE (AGES

VIE HUMAINE (AGES

Si l'enfant est entouré des soins nécessaires, et de toutes les conditions favorables de développement, il ne faut pas croire que l'extrême fragilité des premiers jours se prolonge longtemps. Au bout de peu de mois, le petit être a pris une vitalité singulière, qui se révèle par un accroissement d'une extrême rapidité et par une énergique résistance aux influences morbides et à la maladie même une fois déclarée. Chez lui, le travail d'assimilation l'emporte de beaucoup sur le travail de décomposition; les recettes organiques dépassent les dépenses, en sorte qu'il y a une plus-value considérable du budget vital; le poids croissant de l'enfant exprime mathématiquement cette plus-value. Elle s'explique du reste aisément par ce fait que la vie de l'enfant se partage presque également entre deux occupations uniques, téter et dormir, ce qui, physiologiquement, équivaut à encaisser et ne pas dépenser. Aussi faut-il être très attentif à fournir à cette puissante assimilation un aliment de première catégorie, sous peine de voir survenir de véritables troubles d\nanition (rachitisme, anémie, athrepsie) ; à partir de quatre mois, on pourra aider l'allaitement de quelques préparations farineuses, potages, panades, etc.

L'enfant va d'ailleurs avoir à subir la redoutable épreuve de la dentition. L'éruption des premières dents, ou dents de lait, commence vers la fin du sixième mois. Elle débute par les incisives supérieures, puis s'arrête quelque temps. Vers le troisième semestre apparaissent les quatre premières molaires et les incisives inférieures. Les canines ne se montrent que dans le courant du quatrième semestre, et les quatre autres molaires vers le trentième mois. Cette première dentition, composée de vingt dents seulement, suffira à l'enfant jusque vers l'âge de sept ans. Elle amène quelques troubles généralement légers, fièvre, diarrhée, douleur, parfois plus graves, tels que les convulsions, et commande un redoublement de soins.

C'est pendant l'une des périodes de calme de la dentition qu'il convient de sevrer l'enfant. A quel âge doit-on cesser l'allaitement? Question encore débattue, mais sur laquelle on ne risque guère de se tromper en fixant l'époque du sevrage entre le quinzième et le dix-huitième mois. Il vaudra mieux déshabituer rapidement le petit être en quelques jours, que de prolonger la transition pendant plusieurs semaines. Mais il faudra prendre soin de substituer au lait maternel des aliments choisis de façon à le remplacer avec avantage, et veiller à ce que la nutrition y gagne, loin qu'elle y perde.

3° Seconde enfance (de 2 à 13 ans). — Pendant cette longue période, la nutrition continue à fournir un excédent de recettes : toutefois le mouvement de composition, comparé au mouvement de décomposition, a déjà perdu quelque chose de l'extrême activité des premiers joora de la vie. Il commence déjà à manifester un ralentissement, d'abord à peine sensible, mais qui ira croissant avec les années. Les repas n'ont plus lieu toutes les deux heures, comme ceux du nourrisson ; ils sont moins fréquents, et bientôt il n'en subsiste plus que quatre par 2i heures. Le sommeil aussi diminue, cesse de remplir tout l'intervalle des repas, et disparaît peu à peu de la journée pour ne plus occuper que les heures de la nuit. A mesure qu'il se retire, on voit, dès le début de la seconde enfance, apparaître l'exercice, qui contribue puissamment, par l'usure des tissus, à ralentir le mouvement d'acquisition organique : il devient de plus en plus considérable, et finit par remplir, dans la vie de l'enfant, presque toute la place qu'occupait d'abord le sommeil diurne.

Une nouvelle fonction se révèle, dont il n'existait jusque-là que le germe : la pensée. L'intelligence, obscure d'abord, et bornée au seul instinct,

se développe rapidement à partir de la deuxième année, créant le langage et dotant l'être humain de facultés psychiques qui iront se perfectionnant indéfiniment, peut-être toute sa vie, et qui seront désormais sa véritable caractéristique. Le nouveauné ne différait pas sensiblement du jeune animal, sinon par son extrême débilité : l'enfant de deux ans est déjà un homme, il pense, il juge, il parle.

L'évolution du système dentaire persiste et se termine presque entièrement, appropriant l'appareil de la mastication à une besogne de plus un plus considérable. Aux environs de la cinquième année apparaissent quatre molaires nouvelles, qui portent à 24 le nombre total des dents. Vers la sixième année, toutes les dents de lait tombent les unes après les autres, et sont remplacées par autant de dents définitives, plus solides, mieux enracinées. Enfin, vers l'âge de douze ans, se montrent quatre grosses molaires, qui complètent, jusqu'à l'éruption tardive des dents de sagesse, la seconde dentition. Phénomène remarquable, et qui prouve combien le jeune enfant a pris de vigueur et de stabilité : toute cette évolution dentaire passe, pour ainsi dire, inaperçue de l'organisme, et ne provoque rien qui ressemble à l'orage de la première naissance des dents.

Toutefois cette stabilité vitale n'est pas encore telle que l'enfant puisse impunément se passer des soins les plus attentifs. La prodigieuse quantité de mouvements qu'il fournit, jointe aux progrès de sa croissance, exige que l'alimentation soit éminemment réparatrice et suffisamment abondante : elle se composera, en harmonieuse proportion, des hydrocarbures nécessaires au mouvement, et des matériaux azotés indispensables à l'accroissement des tissus : elle sera, en outre, fréquente, pour ravitailler l'active machine vivante au fur et à mesure de ses pertes rapides ; elle proscrira les alcools et les autres stimulants, dangereux à cet âge.

Le développement naturel et bientôt le développement artificiel de l'intelligence sont une grave épreuve pour le jeune organisme. La fréquence significative des maladies nerveuses, convulsions, méningites, chorée, épilepsie, paralysie infantile, indiquent assez la crise que subit le cerveau, et l'attention extrême que l'on doit apporter à ne pas le surmener, à ne pas hâter outre mesure son évolution, à lui épargner également un travail excessif et les émotions dangereuses. Il faudra particulièrement veiller à ce que la durée du sommeil, en dépit de sa décroissance physiologique, reste largement suffisante pour reposer l'appareil nerveux. Onze à dix heures de sommeil dans la première moitié de cette période, jamais moins de neuf heures dans la seconde moitié, telle est à peu près la règle hygiénique.

C'est dans cet âge de la seconde enfance Que le petit être acquiert ce qu'on pourrait appeler sa personnalité constitutionnelle, son idiosyncrasie ; c'est à cette époque que se fonde insensiblement le tempérament, que l'enfant devient ou nerveux, ou lymphatique, ou sanguin, ou qu'il acquiert le germe de maladies ultérieures, et que, d'une façon générale, il incline vers la débilité ou vers la vigueur. Le phénomène parallèle dans son être moral évolue bien plus lentement, ne se termine que beaucoup plus tard, reste bien plus longtemps accessible aux influences directrices ou curatrices. De là la nécessité de rarveiller particulièrement cette période du développement organique, et d'intervenir, s'il y a lieu, avant que la déviation de ce développement ne soit devenue définitive. Que les parents n'oublient jamais ce point capital : c'est entre 5 et 10 ans que se fonde la santé ou la faiblesse ; et c'est alors que l'on est le mieux armé pour assurer la première et écarter la seconde.

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