‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 62 sur 534 · LÉGISLATION USUELLE — H47 — LÉGISLATION USUELLE · texte numérisé non relu

LÉGISLATION USUELLE — H47 — LÉGISLATION USUELLE

résultent du maria:

Obliî

Obligations (|ui tion alimentaire.

Dissolution du mariage. — Séparation de corps.

Preuves de la filiation des enfants légitimes. — Reconnaissance des enfants naturels. — Légitimation. — Adoption.

Puissance paternelle. — Droits du pore sur la personne de l'enfant. — Usufruit légal : droits et obligations qui en résultent.

vil. — Suite du droit privé. — (V. Etat civil.) — Minorité et tutelle. — Des mineurs. — Mineurs en tutelle. — Différentes espèces de tutelle : tutelle légale des père et mère; tutelle déférée par le dernier mourant des père et mère ; tutelle des ascendants; tutelle déférée par le conseil de famille. — Composition du conseil de famille; ses attributions. — Subrogé-tuteur. — Administration du tuteur. — Comptes de tutelle.

Em nicipation. — Ses formes. — Ses effets.

Interdiction et conseil judiciaire. — Causes de l'interdiction et de la dation du conseil judiciaire.

— Par qui ces mesures peuvent être provoquées.

— Effets de l'interdiction et de la nomination du conseil judiciaire.

DE Là PROPRIÉTÉ ET DE SES DIFFÉRENTES MODIFI- CATIONS. — (V. Propriété.)

Des biens. — Distinction des meubles et des immeubles. — Diverses classes d'immeubles. — Diverses classes de meubles.

Dé finit ion de la propriété. — Ses éléments. — Restrictions au droit de propriété.

Usufruit. — Droits de l'usufruitier — Obligations de l'usufruitier. — Extinction de l'usufruit.

— Droits d'usage et d'habitation. — Droits d'usage dans les bois ; affouage.

Servitudes. — Servitudes dérivant de la situation des lieux. — Droits sur les eaux de source. — Droits du propriétaire dont le fonds est bordé ou traversé par une eau courante. — Drainage. — Bornage. — Servitudes établies par la loi. — Mur mitoyen; droits et obligations qui résultent de la mitoyenneté. — Mitoyenneté des fossés et deshaies.

— Distances à observer pour les plantations. — Vues sur la propriété des voisins. — Egout des toits. — Droit de passage en cas d'enclave. — Servitudes établies par le fait de l'homme. — Etablissement et extinction île ces servitudes.

VIII. — Suite du droit privé. — Des différentes MANIÈRES D'ACQUÉRIR LA PROPRIÉTÉ. —

(V. Droit privé.)

Successions. — Divers ordres d'héritiers. — Suc- Cisseurs irréguliers. — Différents partis que l'héritier peut prendre; leurs conséquences. — Partage des successions.

Donations -ntre vifs et testaments. — Définition de la donation entre vifs et du testament. — Réserve et portion de biens disponible. — Formes des donations entre vifs. — Irrévocabilité de la donation; exceptions à la règle. — Formes des testaments.— Exécution du testament. — Diverses espèces de legs. — Exécuteurs testamentaires.

Partages d'ascendants. — Donations par contrat de mariage : — Donations entre époux.

Des contrats. — Division des contrats. — Définition de l'obligation. — Diverses espèces d'obligations. — Extinction des obligations. — Des preuves.— Acte authentique. — Acte sous seing privé.

— Preuve testimoniale.

Notions sur les principaux contrats. — Contrat de mariage. — Principes généraux sur le contrat de mariage. — Divers régimes. — Régime de communauté. — Régime dotal. — Séparation de biens.

— Régime exclusif de communauté.

Vente. — Définition. — Obligations du vendeur. — Garantie en cas d'éviction. — Garantie des vices cachés.--Vices rédhibitoires. — Obligations de l'achet'jur ; paiement du prix. — Transport des créances.

Louage.— Preuve du contrat de louage. — Obli-

gations du bailleur. — Obligations du preneur.

Comment finit le bail.

Société. — Prêt. — Dépôt. — Contrats aléatoires : rente viagère et contrat d'assurance. — Mandat.

— Cautionnement.— Transaction. — Nantissement. Privilèges et hypothèques. — Privilèges. — Privilèges généraux. — Privilèges spéciaux sur les meubles et sur les immeubles. — Hypothèques. — Hypothèques légales et judiciaires.— Hypothèques conventionnelles. — Forme de la constitution d'hypothèque. — Rang des hypothèques entre elles. - Inscription des hypothèques.— Effets de l'hypothèque. — Précautions à prendre par le tiers détenteur de l'immeuble hypothéqué.

Prescription. — Prescription acquisitive. — Prescription libératoire. — Interruption et suspension de la prescription.

IX. — Organisation judiciaire et notions sommaires sir la procédure. V. Tribunaux et <'■

Principes généraux sur les attributions de l'autorité judiciaire. — Distinction de la juridiction civile et de la juridiction en matière pénale.

Organisation judiciaire. — Division territoriale

— Composition des cours et tribunaux. — Ministère public. — Officiers ministériels; notaires; greffiers; avoués; huissiers; commissaires priseurs. — Avocats. — Assistance judiciaire.

Compétence des différentes jurHictions en matière civile. — Juges de paix. — Procédure devant le juge de paix. — Jugements susceptibles d'appel; délai d'appel.

Tribunaux de première instance. — Caractère de la procédure devant ces tribunaux : ministère obligatoire des avoués. — Voies de recours contre les jugements.— Opposition.— Appel; jugements susceptibles d'appel ; délai d'appel. — Cours d'appel.— Cour de cassation. — Juridictions spéciales.

X. — Notions de droit pénal. — (V. Justice.) — Principes généraux. — Division des délits et des peines. — Peines en matière criminelle. — Peines correctionnelles et de police.

Personnes punissables, responsables ou excusables.— Non responsabilité : légitime défense. — Excuses. — Minorité de seize ans. — Circonstances atténuantes. — Tentative. — Complicité.— Récidive.

Instruction criminelle. — Notions générales sur l'action publique et l'action civile. — Prescription en matière pénale. — Diverses phases de la procédure ou instruction criminelle.

Instruction préparatoire. — Pouvoirs du juge d'instruction. — Détention préventive. — Mise en liberté provisoire. — Comment se termine l'instruction.

Juridictions de jugement. — Tribunaux de simple police. — Tribunaux correctionnels. — Cours d'assises. — Composition de la cour d'assises. — Magistrats.— Jury. — Liste de session. — Formation du tableau. — Procédure devant la cour d'assises. — Questions posées au jury. — Circonstances atténuantes. — Délibération du jury. — Majorité.

— Verdict. — Acquittement. — Condamnation. — Cour de cassation . [E. Delacourtie.]

Nous reproduisons ci-dessous le programme du cours qui se donne dans la 3e année d études des écoles normales de la Belgique, sous le titre de Notions des lois organiques :

Constitution belge. — Des Belges et de leurs droits; dispositions du Code civil qui déterminent comment la qualité de Belge s'acquiert et se perd, et principales dispositions de la loi sur la naturalisation. Organisation et attributions des trois grands pouvoirs de l'Etat. Mode de sanction et de promulgation des lois; mode de publication des lois et des arrêtés; conditions requises pour être électeur et éligible aux Chambres législatives ; formation de la liste des électeurs ; réunion des collèges électoraux.

LEGISTES

LEGISTES

Organisation de la province. — Des différentes autorites de la province et de leurs attributions en général. Qualités requises pour être membre du Conseil provincial. Conditions d'électorat et formation de la liste des électeurs. Réunion des collèges électoraux.

Organisation de la commune. — Composition du corps communal. Qualités requises pour être électeur, et formation des listes électorales. Des assemblées des électeurs. Conditions d'éligibilité. Durée des fonctions des autorités communales. Principales attributions du conseil municipal et du collège des bourgmestres et échevins.

Organisation de l'enseignement primaire. — Loi du '23 septembre 1842 (remplacée aujourd'hui par la loi du 1er juillet 1879), avec les principales dispositions des arrêtés organiques.

(Plan d'études des écoles normales belges, du 10 octobre 1868.)

LÉGISLATIVE (Assemblée). — V. Révolution française.

LLGISTRS. — Histoire de Franco, XI. — Les légistes ou hommes de lois, appelés encore juristes, jurisconsultes, chevaliers-ès-lois, commencèrent à jouer un rôle important dans notre histoire à partir du xme siècle. Les lois romaines, étudiées depuis l'an 1200 dans les Universités françaises, parurent comme le modèle de la justice, de l'ordre, de la régularité à tous ceux qui les comparaient aux institutions imparfaites du moyen âge. Dans l'inextricable confusion des coutumes féodales, la puissante unité de la législation romaine, dans le morcellement du pouvoir seigneurial, l'unique et forte puissance impériale, leur apparurent comme des institutions nécessaires de la société. Aussi telle fut l'œuvre Capitale des légistes : à la multiplicité des coutumes substituer l'unité de la loi, à la multiplicité des souverainetés locales substituer l'autorité centrale de la royauté. Ils traduisent le principe de la loi romaine que la volonté de l'empereur est la loi vivante par ces termes nouveaux : Si veut le roi, si veut la loi.

Les Etablissements de saint Louis, dit M. Dareste, dans sou Histoire de l'administration en France, furent le premier grand ouvrage des légistes ; ce fut un vaste code de procédure féodale, où le législateur reproduisait tous les usages du temps, mais en citant et en commentant sans cesse les lois romaines. Ce code fut aussitôt rendu général, c'est-à-dire appliqué à toute la France, et c'est un des plus anciens exemples que l'on ait d'actes législatifs généraux. Les légistes entreprirent aussi la rédaction des coutumes. On vit paraître les coutumiers de provinces entières, telles que la Bourgogne, la Champagne, la Normandie et l'Anjou ; puis des traités composés par des praticiens comme Beaumanoir et Pierre de Fontaines.

Connaître les lois et les coutumes devint alors une obligation formelle pour les juges ; cette obligation fut plus rigoureuse encore le jour où saint Louis défendit dans son domaine les batailles auxquelles il substitua les preuves par témoins, et les guerres privées qu'il remplaça en obligeant la partie lésée à donner à sa partie adverse un asseurement, c'est-à-dire une assignation devant la cour du roi. Cette cour dut prendre ainsi connaissance d'un plus grand nombre de causes, et l'instruction de ces causes devint plus difficile. 11 fallut donc de toute nécessité admettre les légistes dans les tribunaux, et surtoutdans les tribunaux royaux. D'abord ils y entrèrent comme préparateurs des procès et rédacteurs des enquêtes ; puis ils s'y multiplièrent à l'en vi; puis un jour vint où, repoussant la barrière qui était entre leur dos et les pieds des seigneurs, ils montèrent jusqu'aux lauteuils de ces derniers. Au xivc siècle, cette ré-

volution était tout accomplie; les légistes s'étaient emparés exclusivement des tribunaux.

Comme l'unité que les légistes voulaient établir ne pouvait être fondée que par le pouvoir royal, ils étendirent de diverses manières la compétence judiciaire du roi. Ils professèrent cette doctrine que les sentences portées par la Cour du roi étaient exécutoires dans les domaines des barons. Ils employèrent le système des évocations et celui des cas royaux, au moyen desquels il était facile de s'emparer de tous les jugements. Ainsi la compétence des tribunaux du roi devint tous les jours plus considérable.

La formation du Parlement * vint couronner l'œuvre des légistes. Les attributions du parlement consistèrent à connaître les causes qui lui furent soumises directement, à juger les appels et à recevoir les rôles de bailliage. Quand sa compétence eut été ainsi établie, Philippe le Bel régla la division des chambres suivant les besoins du service. 11 y eut trois chambres : 1° celle des requêtes, où l'on jugeait les causes portées directement ; 2" celle des enquêtes, instruisant les affaires sur lesquelles l'appel était interjeté ; 3° la grande chambre ou chamhre des plaidoyers, qui jugeait les affaires portées aux enquêtes. Les prélats et les barons siégeaient seuls dans la grande chambre; ils étaient conseillers nés du parlement et ne recevaient aucuns gages. Les légistes n'étaient admis que dans la chambre des requêtes ou celle des enquêtes; ils avaient des gages, recevaient des manteaux deux fois l'an, et portaient la livrée royale.

Dès que la magistrature fut constituée, les différents corps qui lui sont annexés se constituèrent également. On trouve déjà en 1302 des avocats et des procureurs du roi, assistés de substituts. Ces charges furent exclusivement occupées par des légistes.

Les légistes eurent une grande influence sur le règne de Philippe le Bel dont ils furent les conseillers. Enguerrand de Marigny, Guillaume de Xogaret, Pierre Flottes, Raoul de Presles, Pierre de Latilly étaient les plus éminents parmi les légistes qui travaillèrent à élever sur les ruines de la féodalité l'autorité royale. Mais ces grands légistes du xive siècle furent soumis à la destinée commune de tous ceux qui préparent et accomplissent une révolution : les plus illustres périrent sous la réaction des intérêts qu'ils avaient blessés. Enguerrand de Marigny fut pendu à Montfaucon, sous le règne de Louis X ; Pierre de Latilly, chancelier de France, et Raoul de Presle, avocat du roi au parlement, furent mis à la torture sous le même règne; Gérard de la Guette, ministre de Philippe le Long, mourut à la question en 1322; Pierre Frémy, ministre de Charles le Bel, fut pendu en 132.8. Mais leur œuvre ne périt pas ; et, malgré les faiblesses de quelques règnes, la lutte de la royauté contre la féodalité, lutte dont ils avaient été les instigateurs, aboutit au triomphe du pouvoir royal et à l'avènement de la bourgeoisie.

Notre grand historien national, Augustin Thierry, a apprécié le rôle des légistes au moyen âge dans son Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du tiers-état. Nous croyons utile de reproduire ici quelques passages intéressants de cette remarquable étude.

« La révolution sociale fut accompagnée et soutenue dans son développement par une révolution scientifique, par la renaissance de l'étude des lois romaines et des autres monuments de cette vieille et admirable jurisprudence. L'impulsion fut encore donnée par l'Italie, où l'enseignement public du droit ne cessa point durant tout le moyen âge, et subsista obscurément à Bavenne, avant de. refleurir à Bologne. Dès le xip siècle, de nombreux étudiants qui, dans leurs migrations,

LÉGUMINEUSES

LEGUMINEUSES

passaient les Alpes, rapportèrent en France la nouvelle doctrine des glossateurs du droit civil ; et bientôt ce droit fut professé concurremment avec le droit canonique dans plusieurs villes du Midi, et dans celles d'Angers et d'Orléans... Les maximes et les règles puisées dans les codes impériaux par des esprits ardents et soucieux du vrai et du juste, descendirent des écoles dans la pratique, et, sous leur influence, toute une classe de jurisconsultes et d'hommes politiques, la tête et l'àme de la bourgeoisie, s'éleva et commença dans les hautes juridictions la lutte du droit romain et de la raison contre la coutume, l'exception, le fait inique ou irrationnel.

» La cour du roi ou le parlement, tribunal suprême et conseil d'État, devint, par l'admission de ces hommes nouveaux, le foyer le plus actif de l'esprit de renouvellement. C'est là que reparut, proclamée et appliquée chaque jour, la théorie du pouvoir impérial, de l'autorité publique, une et absolue, égale envers tous, source unique de la justice et de la loi. Remontant, par les textes, sinon par la tradition, jusqu'aux temps romains, les légistes s'y établirent en idée, et, de cette hauteur, ils considérèrent dans le présent l'ordre politique et civil. A voir l'action qu'ils exercèrent au xme siècle et au siècle suivant, on dirait qu'ils eussent rapporté de cette étude juridique cette conviction que, dans la société d'alors, rien n'était légitime hors deux choses : la royauté et l'état de bourgeoisie. On dirait même qu'ils pressentaient la destinée historique de ces deux institutions, et qu'en y mettant le sceau du droit, ils marquèrent d'avance les deux termes auxquels tout devait être ramené. Toujours est-il de fait que les légistes du moyen âge, juges, conseillers, officiers royaux, ont frayé, il y a six cents ans, la route des révolutions à venir. Poussés par l'instinct de leur profession, par cet esprit de logique intrépide qui poursuit de conséquence en conséquence l'application d'un principe, ils commencèrent, sans la mesurer, l'immense tâche où, après eux, s'appliqua le travail des siècles : réunir dans une seule main la souveraineté morali', abaisser vers les classes bourgeoises ce qui était au-dessus d'elles, ot élever jusqu'à elles ce qui était au-dessous. » TDésiré Blanchet.]

LÉGUMINEUSES.- Botanique, XVII. — Etym.:

La famille des Légumineuses tire son nom du mot légu-nr, en latin legumen, par lequel on désigne la forme particulière de ses fruits.

Définitnm. — La famille des Légumineuses appartient aux Dicotylédones dialypétales; par l'intermédiaire des Mimosées, elle se rapproche des Rosacées et rattache celles-ci aux Térébiulhacées. Cette famille est une des plus nombreuses du règne végétal, et la plus importante peut-être par le grand nombre des substances qu'elle fournit à l'industrie, à l'économie domestique et à la matière médicale.

Caractères botaniques. — Pour faire connaître les caractères botaniques des légumineuses, nous prendrons, comme type de ces végétaux, les légumineuses papiliona ées, ainsi nommées à cause de la forme de leur corolle. Brièvement et par comparaison seulement, nous indiquerons ceux des légumineuses cœsatpmiées et ceux des légumineuses miuiosèes.

La graine des papilionacées présente de dehors en dedans : 1° un tégument épais dont la région superficielle est formée de petits troncs de pyramide solides exactement appliqués les uns contre les autres et dont la grande base est extérieure. Ce système est parfaitement disposé pour permettre au tégument séminal de résister à toute pression venaût du dehors, tandis qu'il cède sous la moindre pression venant de l'intérieur de la graine. Celte couche solide superficielle du tc0u-

ment séminal recouvre une lame de parenchyme corné susceptible de se gonfler énormément sous l'action de l'eau; et, grâce à cette propriété, cette lame devient, au moment de la germination, le principal agent provoquant la rupture du tégument séminal; — 2° un embryon volumineux dicotylédoné, très fortement courbé. Le grand développement des cotylédons de cet embryon rend inutile l'existence d'un albumen; aussi cette troisième partie de la graine fait-elle défaut dans la plupart des cas. Quand l'albumen existe dans la graine des légumineuses papilionacées, la réserve nutritive est de nature cellulosique. Les matières alimentaires renfermées dans les cotylédons sont de nature amylacée ou aleurique. Les graines des légumineuses peuvent conserver leur faculté germinative pendant plusieurs années. A la maturité, ces graines sont mises en liberté par suite de la déhiscence du fruit ; les Avachis et quelques plantes voisines font seules exception; ces plantes ont la faculté d'enterrer directement leurs fruits dans le sol.

La germination des graines des légumineuses se fait très rapidement; lorsque les conditions sont favorables, elle s'accomplit dans l'espace de deux à trois jours; l'usure préalable du tégument séminal, de brusques variations de température, une humidité abondante favorisent beaucoup cette opération.

La racine des légumineuses est généralement pivotante ; dans certaines espèces herbacées , comme la luzerne, elle peut acquérir une longueur de plus d'un mètre et une épaisseur relativement considérable; dans les espèces arborescentes, la racine est presque toujours moins volumineuse, eu égard au volume de la tige dont elle dépend, que dans les espèces herbacées; cette racine contient souvent des sucs acres, amers, très employés en médecine et sur lesquels nous reviendrons en parlant des usages des légumineuses.

La tige des légumineuses papilionacées varie beaucoup d'une plante à l'autre : herbacée, grêle, filiforme et rampante dans les lupulines, elle se dresse dans les trèfles; elle acquiert la consistance ligneuse dans le genêt à balais, elle devient tout à fait ligneuse dans le Robinia pseudo-acacia, vulgairement, mais improprement, nommé Acacia. Les tiges des légumineuses herbacées sont souvent susceptibles de s'élever en s'enroulant autour d'un support; certaines d'entre elles sont en outre munies de vrilles foliaires qui leur permettent de se suspendre aux plantes arborescentes voisines. Quel«iues espèces ligneuses ont des tiges sarmenteuses; telle est par exemple la glycine, plante originaire de la Chine, qu'on cultive beaucoup aujourd'hui dans les jardins comme plante ornementale; un très petit nombre seulement ont des tiges comparables à celles des lianes de la famille des Ménispermées. Ex.: la Bauhinia.

Le bois des légumineuses offre cette particularité que ses vaisseaux, très gros, sont souvent obstrués par des productions cellulaires spéciales nommés idylles. La densité de ce bois varie depuis celle du bois de fer, dont le nom rappelle la grande dureté, jusqu'à celle du lièse. Nous trouvons, en effet, dans les Mschinomene et les Hermin em, légumineuses aquatiques de la Cochinchine et de l'Ahyssinie, un bois exclusivement parenchymateux, tellement léger qu'il flotte à la surface de l'eau comme le ferait un bouchon de liège. Dans les pays où croissent ces plantes, leur bois est employé comme allèges pour soutenir les filets à la surface de l'eau.

Les feuilles des légumineuses papilionacées sont toutes composées-pennées et pourvues de stipules, ces feuilles sont terminé' s tantôt par une foliole impaire, tantôt par deux folioles. Jans

LÉGUMINEUSES

— iiSO —

LÉGUMINEUSES

les gesses, chaque feuille se réduit souvent à ses deux folioles inférieures; toute la partie supérieure de la feuille n'est plus représentée que par des nervures transformées en vrilles. Dans le Lathyrus Aphaca, chaque feuille n'est plus représentée que par ses deux stipules foliacés; tout le reste de l'organe est changé en vrilles. Los feuilles des papilionacées sont caduques, minces, très sensibles à l'action de la lumière. A l'état de sommeil, le rachis de chaque feuille est rabattu vers le sol; chaque foliole s incline également vers le sol, et toutes ensemble s'appliquent les unes sur les autres et se rapprochent de l'extrémité du rachis; exemples : la sensitive (Mimosa pudicu) et ïHedysarum (V. Végétal, page 2272). Dans un petit nombre de genres, les stipules de chaque feuille sont transformés en épines; ce sont là. des organes de défense que la plante prépare contre les animaux, en particulier contre les singes et les animaux grimpeurs.

L'inflorescence des papilionacées est une grappe, plus rarement un épi ou une ombelle; exceptionnellement les fleurs sont solitaires. Chaque fleur présente de dehors en dedans: 1° un calice bilabié, dont la lèvre supérieure est bidentée tandis que la lèvre inférieure est divisée en trois parties; — ï° une corolle formée de cinq pétales qui alternent avec les sépales du calice. Dans VAmorpha, le nombre des pétales peut se réduire à un seul. Lorsque les cinq pétales existent, ils sont ordinairement libres, inégaux; le pétale postérieur, nommé étendard, embrasse tous les autres ; les deux latéraux ont reçu le nom d'ailes; ils sont semblables entre eux et recouvrent les deux pétales antérieurs; ces derniers, semblables entre eux, sont souvent connivents et simulent un pétale unique que l'on appelle carène ou nacelle; — 3° un androcée composé de dix étamines, dont les filets sont tantôt monadelphe*, c'est-à-dire tous soudés entre eux; tantôt diwie phes, c'est-à-dire soudés en deux masses, l'une de ces masses ne comprenant qu'une seule étamine ; tantôt complètement libres {^ophora) ; — 4" un gynécée composé d'un seul pistil à ovaire unique, sessile, pluri-ovulé; ovules campylotropes; style filiforme, stigmate terminal. A ce pistil, après la fécondation, succède un fruit nommé légume, qui s'ouvre en deux valves à la maturité.

Les légumineuses cœsnlpini°es ne diffèrent des légumineuses papilionacées que par leurs tiges souvent flexueuses, aplaties, rubanées, leur corolle presque régulière, leurs étamines libres, leur arille séminale, leur embryon droit, aplati, enveloppé d'un albumen corné de nature cellulosique. Les principaux caractères qui séparent les légumineuses mimo^ées des papilionacées sont tirés : 1° des feuilles qui soin le plus souvent réduites à des pliydones ; 2° des fleurs qui sont polygames régulières et groupées en épis. Le calice de ces fleurs est quadri-partit, à préfloraison valvaire ; les pétales, en môme nombre que les pièces du cal'ce, sont égaux entre eux, et tantôt libres, tantôt cohérents. Les grains de pollen sont souvent agglomérés par quatre ou par six; la graine rappelle beaucoup celle des cœsulpiniées. Dans le petit groupe des M»ringa, cette graine triangulaire présente trois ailes (noix de ben.)

Usages des légumineuses. — 1. — Unis. — Les légumineuses dont le bois est employé dans l'industrie sont toutes originaires des pa>s tropicaux, toutes sont arborescentes, et la plupart ai teignent des dimensions considérables; leur bois, très dense, généralement plus lourd que l'eau, toujours aoloré de teintes vives, d'un grain trè» tin et par suue susceptible d'un beau poli, est suriout employé dans l'ébéaisteric pour la fabrication des meubles de prix. Le» matières colorantes que

rechercher comme bois de teinture. Un petit nombre fournit des matières résineuses. Les principaux de ces bois sont :

Le bois d'u/oès, qui est gris h l'état frais et qui noircit sous l'action de l'air. Il e-t résineux, aromatique, il brûle; en répandant une odeur suave. 11 est originaire de la Cochinchine ; son nom botanique est Aloexylon Agallochum.

Le bois de Campêche (Hemntoxylon Campechianwn) est originaire des Antilles et de Campêche ; on l'appelle aussi bois d'Inde ; il est odorant ; son parfum rappelle celui de l'iris de Florence frais; à l'état frais, sa couleur est rouge brun pâle. La teinture extrait du bois de Campêche de belles couleurs noires et violettes.

Le bo'S de Brésd ou bois de Fernambouc {Cœsalpinia echinata) est originaire du Brésil; on l'emploie dans la teinture à cause de son principe colorant rouge ; une de ses variétés a reçu le nom de bois de Sainte-Marthe.

Le bois de Santal muge {Pterocarpus Draco) croît aux Antilles; il est brun noirâtre à l'extérieur, rouge-sang a l'intérieur. En pratiquant des incisions à la surface de la tige du Pterocarpus Dmco, on voit s'écouler une résine rouge très astringente nommée Sang-Drayon. Son bois est aussi appelé bois de corad.

Le Pterocarpus Santali?ius donne le bois de Caliatour, fort recherché à cause de sa couleur rouge foncé et de son grain fin ; cette espèce est dépourvue de résine.

Le bois d'amarante violet [Copaïfera bracteata) est gris à l'état frais; il offre alors une odeur poivrée très forte ; sous l'action de l'air il prend une teinte violet foncé; de même que son congénère le bois d'amarante rouge, il est très recherché dans l'ébénisterie.

Le bois de palissandre ou Jacaranda (Dalbergia lalifolia) nous est expédié du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique. Le plus estimé provient de Rio-Janeiro. Exposé à l'air, il passe au pourpre foncé, et au noir.

Deux autres espèces de Dalbergia fournissent, l'une le bois de rose, originaire du Brésil et de Cayenne, et l'autre le bois violet, très recherché à cause du mélange de ses deux teintes violet-clair ei violet foncé. Le bois violet ne peut être employé qu'en placage, parce que la plupart de ses bûches sont cariées au centre.

Le bois d'Angico, que l'on substitue quelquefois à l'acajou, est fourni par un acacia brésilien.

Le b"is néphrétique ou bois du Mexique (Moringa pteriyosperma) est employé en infusion contre les coliques néphrétiques.

Le bois de Grenadilte est originaire de Cuba; il est surtout recherché pour les objets tournés.

Le bois de boco est le bois de fer du commerce (Bo'-oa prouaseiisis) ; sa couleur est brun noirâtre; il est recherché à cause de sa grande résistance. On donne quelquefois le nom de bois de fer au bois du Rubinia panacoco; cependant ce dernier est plus spécialement désigné sons le nom de bois de pot/ris, qui lui vient des dessins formés par ses zones alternativement claires et foncées et dont les ligures rappellent une aile de perdrix. Le bois de Youacapou (Andira racemosa, A. ineruns) croît dans la Guyane. Une de ses variétés est nommée bois palmiste ; elle est remarquable par ses dessins clairs qui se détachent sur un fond rouge.

Le bois de Coumarou (Dipterix odorata) rappelle le bois de perdrix, mais il est rejeté à cause de la facilité avec laquelle il est attaqué par les insecte». .

Le bail de Cour 'ar il [Hymenta Courbar'il) croît à Madagascar; il est extrêmement solide, d'une couleur muge-foncé, et maigre ses qualités il est

beaucoup d'entre eux renferment les font aussi assez peu recherché, parce que sa couleur est

LEGUMINEUSES

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LEGUMINEUSES

trop uniforme. En pratiquant des incisions à la surface de XHymenxa Cour bar il, on voit s'écouler une résine appelée. copa/, insoluble dans l'alcool, soluble dans l'huile de lin, et dont on fait un très bon vernis.

II. — Ecorces des légumineuses. — Les principales écorces de légumineuses employées en pharmacie sont :

Vécorce d'A Icornoque (Bnwdichia major),que l'on emploie au Brésil contre l'hydropisie.

L'écorce de Barbatimao, qui provient de plusieurs espèces d'acacias brésiliens.

L'écorce des Andira, que l'on emploie comme purgatif, comme narcotique et comme vermifuge.

L'écorce de Mussenna, qui est produite par Y Al^izzia anthe'mmthicn de l'Abyssinie; on réduit cette écorce en poudre, et cette dernière est employée comme vermifuge.

III. — Racines des légumineuses. — La seule racine de légumineuse qui offre un intérêt spécial est celle de la Glycyn hiza glabra, vulgairement nommée réglisse officinale. Cette plante croît naturellement dans le midi de 1 Europe ; sa racine, que l'on emploie à l'état sec pour sucrer les tisanes, nous est apportée de Sicile et d'Espagne. Quand elle est bien conservée, elle présente à l'intérieur une belle couleur jaune ; mais elle s'altère facilement, et son goût sucré fait place à une âcreté désagréable. On extrait de la racine de réglisse un jus ou suc qui se vend dans le commerce sous forme de bâtons noirs cylindriques aplatis à l'une de leurs extrémités par un cachet. Cette préparation se fait surtout en Italie et en E-pagne; pour l'obtenir, on fait bouillir dans l'eau la racine de réglisse, et on la comprime fortement; la liqueur obtenue est évaporée dans une chaudière de cuivre. Lorsque l'extrait est cuit, on le coule en bâtons. A plusieurs reprises, on a essayé en France de fabriquer le suc de réglisse ; en avait obtenu dans l'Indre-et-Loire un produit capable de rivaliser avec le régli-se d'Italie ; mais les nombreuses falsifications dont il est devenu 1 objet l'ont bientôt fait abandonner.

IV. — Graines, fleurs, fruits et feuilles des légumineuses. — Plusieurs légumineuses ont des graines farineuses comestibles, très usitées pour l'alimentation de l'homme et des animaux domestiques. Telles sont celles des haricots \Phaseolui), des féve-i {Faba), des pois (Pùum), des / ois chiches (Cicer), des lupins (Lupinux), des lentilles (Ervum); une espèce particulière de lentille, la jarosse, a des graines vénéneuses. Le Dolichos lablab de l'Inde et le châtaignier d'Austra ie (Castanospermum australe) ont aussi des graines farineuses comestibles.

Dans les pays tropicaux et plus particulièrement dans l'Inde et dans l'Afrique, les graines luisantes rouges et tachetées de noir de YAbrus preodoiius et de VAdenanthera pavonino sont employées comme monnaie, et comme unité de poids pour peser le diamant et les métaux précieux; on les appelle alors karats; c'est ainsi que la valeur des diamants s'évalue en karats.

Les gmin s d'Angelin [Gcffroya spiwlosa) sont administrées au Brésil comme médicament anthelminthique.

La fève 'onku est produite par le Coumarouna odoratn, dont le bois est appelé bois de Coumamn ou de Gaiac en Guyane. L'odeur de la fève tonka rappelle celle du mélilot; on ne l'emploie guère que pour parfumer le tabac.

Les graines de fenugrec (Trigorielln fœn--grsium) sont aromatiques, amères on les môle à titre de stimulant à l'avoine de^ chevaux

Véseré ou fève d'é <rem e <lu Calabar tire son nom du rùlc qu'elle joue dans les epn u\e3 judiciaires des naturels du golfe de liiafi a [Afrique occidentale,. Loue graine est produite par une

plante grimpante nommée Physostigmn venenosum; elle contient un principe vénéneux très actif.

LArachis hypogea ou arachide, herbe annuelle, ne mûrit ses fruits que dans le sol; à cet effet, sitôt après la floraison, ses ovaires s'enfoncent dans la terre jusqu'à une profondeur de huit centimètres. Là, chacun d'eux forme une gousse qui renferme deux graines rouges, à tégument séminal mince : chaque graine est «orgée d'une huile qui rappelle l'huile d'olive et dont on fait aujourd'hui un très grand commerce. La graine d'arachide est quelquefois nommée pistache de terre ; elle est originaire du Brésil. — A Madagascar croît une herbe, la Voandzeia subterranea, dont les fruits, comme ceux de l'arachide, ne mûrissent qu'après s'être enfouis dans la terre.

La graine du Dolichos urens est arrondie et présente à sa surface une grande tache noire qui la fait ressembler vaguement à un œil; de là, l'épithète d'oeil de bourrique qu'on lui donne quelquefois. La gousse du Donchos urens, comme celle du holkhos pruriens, est couverte de poils piquants dont le contact sur la peau provoque des démangeaisons insupportables : aussi nomme-t-on quelquefois ces plantes des pois à gratter. La plupart des dolichos sont américains.

La pulpe du tamarin, fruit du Tamarinier [Tamarindus Indica) est utilisée comme laxatif. Ce fruit, conservé dans le sirop qu'on extrait du fruit du caroubier, donne une sorte de confiture que l'on consomme en Egypte.

Le genre C»ssia fournit deux sortes de produits purgatifs; les uns, nommés casse, sont les fruits du Cassia fistula ou caneficier , grand arbre de l'Amérique tropicale; les autres sont désignés sous le nom de séné; toutes les espèces qui produisent le séné sont semi-ligneuses. Le séné est formé soit par des follicules, soit par des feuilles. Le Cassia obovata et le Cassia augustijolia ne donnent que des sénés de qualité inférieure. Le premier est désigné dans le commerce sous les noms de séné de Syrie, séné d'Al^p, séné île Sénégal ; il entre aussi en notable proportion dans le mélange appelé séné de la palte. Le cassia angustifolia est vendu dans le commerce sous les noms de séné de l'Inde et de séné moka.

Le Cassia lenitiva, le plus recherché des sénés, présente deux variétés, la variété acutifolia et la variété obtusata ou sethiopica ; la première croît plus spécialement en Egypte, la seconde en Ethiopie. Ces deux variétés, mêlées au Cassia obovata, forment le séné de la palte. Ce nom lui a été donné à cause d'un impôt appelé palte qu'on prélevait autrefois sur ce produit. Ce séné est apporté par les Arabes à Syène et à Esné, et de là dirigé sur Boulacq qui est l'entrepôt général. Il arrive chaque année environ 16, 0O<> quintaux de séné à Boulacq. Les Arabes de Syèna.falsifient le séné avec des feuilles d'arguel (Cyna?ichum arge1), plante de la famille des Asclépiadées, dont les feuilles chagrinées purgatives sont en même temps vénéneuses ; de là, la nécessité de purifier le séné en en retirant l'arguel. A Boulacq, on sépare les follicules des feuilles du séné. A Marseille, on mêle quelquefois aux feuilles de séné des feuilles de redoul (Coriaria my lifolia), qui sont extrèment vénéneuses. Le Cas4a sethxopica se trouve aussi dans le commerce sous le nom de séné de T ipon; il vient alors du Fezzan.

Certaines légumineuses sont cultivées comme fourrages peur les bestiaux; ce sont : le tièfle | frifoliuiii), la luzerne Medica o sntiv). le sainfoin [OnobrychU), le mélilot (M' litotus officinaiii). Ce dernier est recherché surtout à cause de son odeur agréable.

Le ye lét des teinturiers [G nsta tinct'>rià\ a été utilisé autrefois pour la teinture en jaune ; il est aujourd'hui remplacé par la gaude.

LEGUMINEUSES

LETTRES

V. — Sucs des légumineuses. — On extrait des fruits verts de V Acacia nilotica un suc astringent, amer, qui est le vrai suc d'acacia. Cette matière était fort recherchée dans l'ancienne pharmacie ; elle a disparu du commerce depuis 1830 ; elle est remplacée par un extrait des fruits verts du prunier sauvage d'Allemagne, vendu sous le nom d'à

;, mais qui ne jouit d'aucune des propriétés du suc d'Acicia nilotica. Cette substance doit être d'autant plus rejetée qu'il est facile de préparer le véritable suc d'acacia avec les fruits de V Acacia arabica vendus dans le commerce sous le nom de bah lahs.

Dans l'Inde, on prépare avec YAcacin catechu une pâte masticatoire astringente que l'on môle à de la chaux et que l'on roule dans des feuilles de bétel. Ces rouleaux, que les Indiens nomment bétel, ont pour effet de combattre le ramollissement des gencives et la chute prématurée des dents ; ils ont l'inconvénient toutefois d'exagérer la sécrétion salivaire et de teindre les dents et les os en rouge.

On donne le nom de kino au suc desséché du Ptcrocarpus erinaceus et à celui du Butea f'rondos'i.

VI. — Gommes de légumineuses. — On appelle gommes des substances solides transparentes, solubles dans l'eau ou susceptibles de se gonfler sous l'action de ce liquide, et qui se transforment en acide mucique sous l'action d'un corps oxydant. Les légumineuses produisent un grand nombre de gommes. Parmi les principales, nous citerons : la gomme arabique, qui n'est autre chose que le suc séché et solidifié des Acacia nilotica, Acacia arabica, Acacia verek. Acacia gummifera. La gomme arabique est soluble dans l'eau; lorsqu'elle demeure longtemps exposée à l'air, sa surface est toute craquelée.

La gomme adragante, qui s'écoule de YAstragalus verus, est blanche, compacte, translucide, cornée, insoluble dans l'eau; elle résulte de la gélification des parois des cellules de la plante, et se montre comme un produit morbide de l'organisation végétale.

La gomme de Sassa ou de Bassora, qui ressemble beaucoup à la gomme adragante, est un mélange de gomme à'inga et de gomme d'Astragalus gummifer. — (V. Gommes.)

VIL — Produits résineux et balsamiques des légumineuses.

On appelle résine copal ou résine animé la résine produite par YHymenwa verrucosa de Madagascar; cette résine s'enflamme facilement, fond à une douce chaleur, et son odeur rappelle celle du bois d'aloès.

Le Copaïfera officmatis est un arbre de l'Amérique centrale qui produit un baume résineux, fluide, appelé baume de copahu. Mêlé avec de la magnésie calcinée, ce baume se durcit rapidement ; il est très employé en médecine.

Les arbres du genre Myroxylon laissent exsuder à leur surface une liqueur transparente plus ou moins colorée que l'on appelle baume ae Pérou; une variété de ce baume s'appelle baume de Tolu; il est employé en médecine comme calmant.

VIII. — Indigo. — L'indigo est une matière colorante que l'on retire des feuilles d'un certain nombre de légum neuses nommées Indigofera; les principales espèces sont : 17. argeuten, 17. ditpnima, 17. anil. La plane qui fournit l'indigo est bisannuelle; mais en général, on l'épuisé dès la première année; on la sème tous les ans en mars; deux mois pins tard, on fait une première récolte, deux 1 1 1 o*4 s après, une autre, et quelquefois une. troisième dans le courant de la même année. La plante es1 coupée avec des faucilles et déposée par couches dans une très grande cuve appelée trempoir ; la cuve est remplie aux trois-quarts, les

plantes sont chargées de poids et le tout est rouvert d'eau; on laisse fermenter jusqu'à ce qu'on voie se former une écume irisée à la surface de la liqueur; on soutire l'eau qui est fortement aérée ; de verdàtre qu'elle était, la liqueur devient bleue sous l'action de L'oxygène de l'air; la matière colorante bleue est absorbée par la chaux. Pour l'avoir à l'état de pureté, il suffit de traiter le précipité terreux par un acide. L'indigo sec présente une couleur bleu foncé, une cassure uniforme, fine ; il prend un éclat cuivré par le frottement de l'ongle. — V. Colorantes (Matières).

Les Indigofera sont originaires du Mexique.

On peut aussi extraire de l'indigo de l'Isatis tinctoria, vulgairement nommé pastel (famille des Crucifères'1 . fC.-E. Bertrand. J

LÉOPOLD I et II. —V. Habsbourg.

LÉPIDOPTÈRES. — V. Papillons.

LETTRES. — Grammaire, III. — On appelle lettres (du latin liltera) les signes qui représentent les différents sons du langage et qui servent à former les mots.

On considère deux choses dans les lettres : le son ou la prononciation, et le caractère ou la fiL'ur" Nous ne nous occuperons ici que des figures. (Pour le son, V. Prononciation.)

La réunion de toutes les lettres d'une même langue s'appelle alphabet. (De même que nous disons en français l'ABC pour dire l'alphabet, les Grecs disaient l'AB, c'est-à-dire Y alpha et le bêta qui désignent en grec les deux premières lettres, d'où les Bomains ont tiré le mot a/phabelum, qui est devenu en français alphabet.)

L'alphabet français est composé de 25 lettres rangées dans cet ordre : a, b, c, d, e, /', g, h, i, /, k, I, m, n. o, p, q, r, s, t, u, v, x, y, z. Pourquoi notre alphabet suit-il cet ordre bizarre où les consonnes et les voyelles sont jetées pêle-mêle? Parce que ces lettres viennent du latin, langue dont l'alphabet était déjà disposé dans le même ordre. Les Bomains tenaient leur alphabet des Grecs, les Grecs avaient reçu le leur des Phéniciens.

Tous les sons de la langue française sont divisés en deux classes : les voyelles et les coiisoyines.

1° Voyelles. — Les voyelles (du latin vocalit, vocal, qui émet une voix, un son) sont les lettres qui ont par elles-mêmes une voix, un son. 11 y a cinq voyelles simples en français : a, e, i (ou y), o, m. Ces voyelles sont représentées par une seule lettre ; mais il y a aussi d'autres sons simples représentés par plusieurs lettres, et qu'on appelle pour cette raison voyelles composées. Ce sont eu et ou. Ces voyelles ne sont composées qu'en apparence, pour les yeux, mais non pour l'oreille à laquelle elles offrent un son unique, eu, ou, aussi simple que celui de a ou de o. Volney dit à ce sujet : a Beauzée, et, avant lui, l'abbé Dangeau, eut le mérite d'établir si clairement ce qui constitue la voyelle, que la majorité des académiciens ne put se refuser à reconnaître pour telles les prétendues diphthongues ou, eu, qui réellement ne sont pas diphthongues, mais digrammes, c'est-àdire doubles lettres. » Quant à la voyelle ou. remarquons, en passant, qu'elle est représentée dans toutes les langues de l'Europe, excepté le grec, par un seul signe.

Toutes les voyelles peuvent être brèves ou longues, selon qu'un les prononce vite ou lentement; ainsi a est bref dans putte et il est long dans pâte. De même :

e est long dans bête et bref dans jette i — gite — petite

o — — dévole

u — flûte — butte

eu — heure — jeu

ov, — voûte — toute

LETTRES

LETTRES

11 est assez difficile de dire dans quels cas précis on sait en français qu'une voyelle est brève ou longue. Toutefois, il faut observer que les voyelles marquées de l'accent circonflexe (qui remplace presque toujours une s éliminée par l'orthographe moderne) sont longues. Il y a en outre une règle pour les avant-dernières syllabes : les voyi lies en sont ordinairement brèves quand elles sont suivi s d'une consonne double : pAtte, butte, tronpFJ.tr, bElle, etc., sauf qumd cette consonne double psi r,", comme dans terre, serre, verre, qui sont longs.

Il n'y a rien à remarquer sur a et i; mais e, o, eu et?/ nécessitent quelques observaiions.

La lettre e sert à marquer en français trois sons tout à fait différents :

i° Un son sourd que l'on appelle e muet, parce qu'il est le plus faille de tous nos sons français. (.'est cet e que l'on entend à peine dans venir, tz?iir, et qui devient tout à fait nul dans np/m/er, élEter, pèlErin. charrEtier, que nous prononçons en réalité : np'ler, tVver, pH'ri ', churtier.

2° Un son aigu que l'on appelle e fermé, comme dans frimi. bdntÈ. Le son de cet e est ordinairement marqué par le petit signe ('), qu'on appelle accent aigu, excepté dans les mots comme pied. ce/, nez, rocher, aimer, oit le son fermé est amené par la consonne.

3° Un son très ouvert que l'on entend dans terre, mer, enfer, pr<>cès, succès. On appelle cet e le ouvert, et on le distingue ordinairement par le petit signe ( ' ), qu'on appelle accent grave.

On ne met pas d'accent quand l'e ouvert est suivi de deux consonnes (comme dans pEste, izste ou qu'il termine le mot et est suivi d'un r sonore (comme dans/Er, VEr, amsr). Ce son de e ouvert est aussi rendu tantôt par ai (comme dans ciav, éclAir, qui se prononcent réellement c/ère, eclère), tantôt par ei (comme dans pE\ne, Ssme, que l'on prononce pêne, sène . — Pour l'emploi des accents grammaticaux et l'influence de l'accent tonique sur les syllabes muettes ou sonores, V. AccentW'tion.

Rien à remarquer sur o bref (dévote, note). De même que le son de è ouvert est exprimé a la fois par è (succès), e (afEr), ai (clA\r\, ei (SEine), — lo son de ô long est exprimé en français à la fois par ô (vôtre, apôtre) et par au ou eau ;comme dans cxvtrer, épEkvtre, Avtel, bEAvté).

Le digramme au se rencontre le plus souvent dans les mots où se trouvait en latin la syllabe al ou el. Ainsi les mots latins alba, palma, bedum, devinrent d'abord albe, palme, bel, dans notre vieille langue, qui plus tard adoucit l en u, d'où aube, paume, beau, dans lesquels au, eau sont prononcés ô (de même que le latin au, lui aussi, a été prononcé puis écrit o en français, dans or de aurum, clos de clausus, chose de causa, etc.).

Comme è ouvert et comme ô, la voyelle eu est un son simple qui est représenté en fiançais par quatre formes différentes, savoir : eu comme dans >/EU/ e; œu comme dans bœuf, sŒur, Œuf; œ comme dans Œil; et enfin /e, comme dans accvEi/le, cvEille. orgÛEil, etc., qui se prononcent comme-s'ils étaient écrits w cœuille, cœuille, etc. Remarquons cependant que œ suivi d'une consonne se prononce è : OEdipe, œcuménique, etc.

« O bref latin devient eu en français, comme dans «ia/de novem; mais entre o et le français eif.il y a les intermédiaires du vieux français qui sont uo au xe siècle, ue au xie siècle, puis oe au xne, eu au xive. Ainsi novem donne successivement nuef au xie siècle, voe.f au xne, neuf au xive. Quelques mots, comme accueillir, sont ros:és. dans l'orthographe, à l'étage ue et n'ont pas su \i la transformation en eu; d'autres, comme œil, sont restés à l'étage oe contracté en œ; enfin les mots comme 'œuf, saur, etc.. sont un compromis entre l'orthographe du xue siècle en oe et

2e PARTIE.

celle du xivc en eu. De oe plus eu, on a composé le groupe bizarre œu, qui a persisté dan- les mots tels que sœur, teeur, etc. » (Brachet, Nouve'le grammaire . )

Y. dans le corps d'un mot et précédé d'une voye!le. se prononce comme deux i : pa\rs, moyen, j'oveux, qui se prononcent pai~is, moi-itn, joiieuv.

Dans tous les autres cas il se prononce comme / ; veux, a?ialYse,jurY.

Diphthongue-,. — On appelle diphthongue la réunion de deux voyelles qui se prononcent par une seule émission de voix, comme ui dans huileux Ui, composé des deux voyelles u et t, est une dip-hthonaue.

Diphthongue vient du mot latin diphthonqus, qui a été emprunté au grec et qui signifie : deux sons.

Les principales diphthongues sont in, ie, io, oi, ue, ui, oua, oue, oui. Ex. : piAno, piM, p\oche, coi, etc.

Voyelles nasales. — Toute voyelle suivie de deux consonnes dont la première est m ou 7?, comme o dans tomber ou conter, est prononcée en partie par le nez, et est alors appelée voyelle nasale.

Les voyelles nasales étaient inconnues aux Romains, qui prononçaieut toujours sonores les voyelles suivies de m et de n. Notre langue ne les connaissait pas non plus à sa naissance ; ce n'est guère qu'à la fin du onzième siècle que ces voyelles sont devenues nasales en français.

Il en est de même quand n ou m terminent le mot comme dans an, en, vin, ton, un, duùn, nom, etc.

Les principales voyelles nasales sont an, en; in, ain, aim, ein; on; un, eun, que nous retrouvons dans j»an, entrer; — uin, te tain, rmyBS, /Vein, mouton; importas, (à) jeun. Ajoutons encore uni, am, em, im, om, devant un b ou un p, ou comme syllabe finale : parfum, oab, amttou/e, Embarras, lapétwux, ombre.

Mais si n ou m sont suivies d'une autre voyelle, il ne se produit pas de voyelle nasale : ainsi an n'est pas nasal dans p\nais, ni en dans mené/*, ni in dans finir, ni n dans ynonarque, ni un dans chacune, etc. 11 en est de même quand n ou m sont suivis d'un second n ou d'un second m : ainsi an n'est pas nasal dans A\nuel; de même en reste sonore dans Ennemi, on dans tonner, etc.

2° Consonnes. — Nous avons dix-neuf consonnes en français : h, c, d, f. g, h, j, k, l, m, n,p, q, r, s, t, v, x, z. On appelle ces lettres consonnes, du mot latin consona (qui se prononce avec, à l'aide de), parce que les grammairiens romains croyaient que l'on ne pouvait jamais prononcer une consonne sans le secours d'une voyelle.

Plusieurs de ces consonnes expriment un même son : ainsi k, c, q, rendent tous les trois le son dur du c ; KaK.aloè<, cavalier, Qualifier; — s et c ont le même son dans servir et cervelle; — j ; et g dans l'ai et Geai, joli et Geôlier; — z et s dans zéro et déserteur (que l'on prononce déserteur).

Il faut ajouter à ces 19 lettres les consonnes composées ch, ph, th.

en a une sorte de son chuintant que l'on entend dans cnanvre, cuirurgie, caenille, etc.

Ph et th ont le son de /'et t dans les mots dérivés du grec : VHilosuPue, taème, Puilippe, Tue'ormle.

Le w n'est pas une lettre française, mais il se rencontre souvent aujourd'hui, grâce à l'invasien des mots étrangers dans notre langue. Dans les mots anglais il se pro;i> nce ou : Yfhi<t, vthig, t amway (prononcez ouiste, ouig, tramouai). Dans les mots allemands, il se prononce v : Westphalie, Weimur (prononcez Vestpitaiie, Veimar).

« Les sons, dit M. Ayer, sont dits articules

LETTRES

LEVER DES PLANS

parce que la voix, on sortant du larynx, est soumise, dans son passage par la bouche, à l'action du gosier, de la langue ou des lèvres, qui la transforment en sons "de forme déterminée. »

Les consonnes sont produites par trois organes différents : le gosier, les dents, les lèvres.

Les consonnes c, k, q, g, <:'<, qui sont produites par le gosier, sont pour cette raison appelées gutturales (du latin guttur, gosier).

C et g ont un double son, dur devant les voyelles a, o, u (comme dans camarade, corridor, cumuler; Gamin, Gobelet, Guttural), — doux devant les voyelles e et i (comme dans cerveau, cirer; cermer, Gibier).

T et d, qui se prononcent à l'aide des dents, sont pour cette raison appelées dentales.

S, c doux (devant e et i), c, z, sont appelées consonnes si/fiantes. S entre deux voyelles a le son du z : poison, bise, raison.

P, b, f, v, qui sont produites à l'aide des lèvres, sont pour cette raison appelées labiales (du latin labia, lèvres).

L et r sont appelées liquides, parce que ces deux lettres se joignent facilement aux autres consonnes, telles que p, b, c, g, comme dans / Laine, b\.anche, c\.'im-nr, ghoire, — premier, bsuit, CRoire, qnandir. Liquide vient du latin liquidus (coulant).

.1/, a, suivies d'une autre consonne, comme dans toMber, >oster, donnent un son nasal à la voyelle qui précède et sont appelées pour cette raison consonnes nasales.

La liquide t et la nasale n se mouillent dans certains cas, c'est-à-dire qu'elles sont alors suivies, dans la prononciation, d'un i très faible, que l'on entend, par exemple, dans r/impaGsard, travaille.

X est une consonne double, qui se prononce tantôt comme c-, [luxueux), tantôt comme gz [examen). Elle peut avoir aussi le son du c simple : excellent^ exception; le son de ïs : six, </<x. Bruxelles, Aaxerre ; du k, Xérès ; enfin du z ; dixhuit, dixième, etc. Cette équivalence de i et de s explique pourquoi les mots terminés au singulier par x, comme heureux, voix, prix, ne changent pas au pluriel : les heureux, les v nx, les prix.

La consonne h est muette ou aspirée : 1° Elle est muette lorsqu'elle ne se fait pas sentir dans la prononciation. Exemple: l'Homme, Ynabtude, qu'on prononce comme s'il y avait Yome. Vabitude. — 2° Elle est aspirée lorsqu'elle empêche l'éli- Mon, comme dans la naine (ne prononcez pas Yliaine), ou la liaison, comme dans les Héros (ne prononcez pas les zbéros).

L'A latine était fortement aspirée, à la manière de Y h allemande ou anglaise. Cette aspiration se perdit en français, ce qui amena la disparition de A, comme dans avoir de habere, on de /<omo. L'ancien français écrivait de môme orne de homo, abit de bnbilus. eure de hora: vers le xv' siècle, les latinistes et les clercs rendirent à ces mots Yh latine, d'où homme, habit, heure; mais ils ne purent leur rendre la prononciation latine de h que le français avait abandonnée dès l'origine.

[J. Dussouchet.]

LETTRES. — V. Epistolaire [genre).

LEVER DES PLANS. — Arpentage, V-VII, X-XI. — 1. Le but de cette opération est de représenter sur une surface plane la projection horizontale d'une certaine portion de terrain. Pour cela, on choisit sur son contour un certain nombre de peints remarquables que l'on joint par des droites consécutives; ces droites forment les côtés d'un polygoi i on donne le nom de polygone

que. On lève d'abord avec soin le plan de ce polygone, et l'on y rapporte 1rs autres points remarquables du terrain, auxquels on rattache ensuite les menus détails. On suit pour cela diverses méthodes qui dépendent de la nature du tenain, des instruments que l'on a à sa disposi-

tion, et du degré d'exactitude que l'on vent obtenir.

Dans toutes ces méthodes, on a au moins une ligne droite à mesurer direct) ment. Après l'avoir jalonnée, on la mesure à la chaîne, plusieurs fois s'il est nécessaire, afin d'être sûr du résultat, au degré d'approximation que comporte l'instrument employé. Cette ligne est alors ce que l'on appelle une base; et c'est de l'exactitude de sa mesure. que dépend, pour la plus grande partie, la fidélité du plan. — V. Arpentage (Instruments d').

'2. — Lèvera la chaîne. — Quand l' terrain est sensiblement horizontal, découvert, et facilement accessible en tous ses points, on peut en lever le plan à l'aide de la chaîne seule. Cette méthode consiste à diviser le terrain en triangles dont on mesure directement tous les côtés.

On prend, sur le terrain même, un croquis approximatif, sur lequel on consigne le résultat de ses mesures; ce croquis servira plus tard de base à la mise au net du plan, comme nous le verrons plus loin.

3. — Lever a la chaîne et a l'équerre. — Dans les mêmes circonstances, si l'on dispose d'une équerre d'arpenteur, on peut opérer le lever d'une manière plus sûre, et surtout plus commode pour la mise au net. On joint par une ligne droite jalonnée deux points remarquables du terrain, et suffisamment di-tincts l'un de l'autre, par exemple les deux sommets les plus éloignés du polygone topographique; et, de tous les autres points remarquables du terrain, on abaisse sur cette directrice des perpendiculaires. On mesure ces perpendiculaires, ainsi que la distance entre le pied de chacune d'elles, et un point fixe pris sur la directrice; ces deux longueurs suffisent pour fixer sur le plan la position de chaque point, et permettent de le rapporter avec sûreté sur le plan.

4. — Lèvera la planchltw:. — Dans cette méthode, il faut d'abord se procurer une base AB (fig. 1), choisie de manière que, de ses extrémités,

on puisse apercevoir tous les points importants du terrain, et particulièrement les sommets du polygone topographique. On trace sur la planchette une droite ab qui représente AB a l'échelle choisie. On place la planchette horizontalement en A, de manière que le point a soit dans la verticale de A. On vise alors avec I alidade les points C, D, E.etc, que l'on veut représenter sur le plan, et qui ont été préalablement désignés par des jalons, a défaut de tout autre signal ; et l'on trace, sur la feuille de papier qui recouvre la planchette, les directions «C, «U, «E, etc., à l'aide de l'alidade comme règle. On transporte at or. la plan hetteen B,de manière que b soit dans ta verticale de B, que ba soit dirigé suivant BA. On trace, avec l'alidade, les directions bY., bD, bE, etc.. qui coupent respectivement in c, d, e, etc., les directions obtenue» a la station A. Les points a, b, c d, e, etc , représentent sur la planchette les points correspondants A, B, C, D, E, etc., du tenain.

LEVER DES PLANS

LEVER. DES PLANS

Cette méthode n'est pas susceptible d'une grande précision ; mais elle est expéditive. Il faut seulement qu'aucun point, important du terrain ne se trouve trop près de la base ou de son prolongement, parce que ces points, obtenus alors par i'intereection de deux droites faisant entre elles un angle très aigu ou très obtus, seraient mal déterminés.

Cet emploi de la planchette est connu sous le nom de méthode par intersections. La méthode n'exige d'autre mesure directe que celle de la base. Mais la planchette peut encore être employée de deux autres manières.

5. — S'il existe dans l'intérieur du terrain un point d'où l'on puisse apercevoir tous les autres, on y transporte la planchette; et, par le point de la feuille situé sur la verticale du point de station, on trace, à l'aide de l'alidade, les rayons visuels dirigés vers tous les points remarquables du terrain. On jalonne et l'on mesure à la chaîne toutes les droites ainsi déterminées sur le terrain, et l'on a tous les éléments nécessaires pour reporter sur le plan tous les points visés. Cette méthode porto le nom de méthode par rayonnement.

Lorsque le terrain est couvert, cette méthode n'est plus applicable, et il faut opérer autrement. Soient A,B,C,D,E, etc , Ips sommets consécutifs du polygone topographique. On mesure le côté AB, et l'on trace sur la planchette une ligne ab -qui ait avec AB un rapport convenu, par exemple un millimètre par mètre. On place la planchette en B, de manière que le point h soit dans la verticale de B, et que la ligne ab ait la direction BA, ce dont on s'assure à l'aide de l'alidade. Puis on vise avec l'alidade dans la direction BC, et l'on prend sur la droite ainsi tracée une longueur bc, qui ait avec BC, qu'on a préalablement mesuré, le môme rapport que ab avec AB. On transporte la planchette au point C, de manière que c soit dans la verticale de C, et que cb ait la direction CB; puis on trace une droite cd a\ant la direction CD et dont la longueur soit à CD comme ab est à AB. On transporte la planchette au point D ; et l'on continue ainsi jusqu'à ce qu'on ait fait le tour du polygone topographique. On a alors sur ia planchette un polygone abcde semblable à ABCDE. Cette méthode s'appelle la méthode par cheminement. Elle s'emploie surtout pour obtenir le polygone topographique; et l'on y rattache les points intérieurs au moyen de la méthode des intersections, en prenant pour bases les côtés du polygone topographique eux-mêmes.

6. — Lever a la chaîne et au graphomètre. — I Dans ce mode de lever, on mesure, comme plus haut, une base, à laquelle on raitache les divers points du plan à l'aide des angles que font avec la base les rayons visuels menés de ses extrémités à ces différents points. C'est la méthode par intersections, comme avec la planchette, sauf cette différence qu'au lieu de tracer directement sur le plan les directions des rayons visuels, on mesure au graphomètre les angles qu'ils forment avec la base, et qu'on reporte ensuite sur le plan à l'aide du rapporteur.

On pourrait aussi employer avec le graphomètre les méthodes par rayonnement ou par cheminement, mais on en fait rarement usage.

7. — Lever a la chaîne et a la boissolp. — La méthode est la môme qu'avec le graphomètre; c'est-à dire qu'on opère principalement par intersections. Mais comme les angles ne peuvent pas être mesures à l'aide de la boussole avec la mémo approximation qu'avec le graphomètre, on ne l'emploie que pour rattacher les points de second ordre au polygone topngrapliique. On prend alo s pour base le cô:é du polygone le plus avantageusement placé par rapport aux points nouveaux que l'on veut fixer sur le plan. On ocut même

prendre pour base une ligne qui ne soit pas un cùté du polygone topographique, mais qui en ait été déduite par une opération précédente.

Pour corriger autant que possible les causes d'inexactitude tenant à l'emploi de la boussole, on rapporte parfois les points qu'on veut fixer sur le plan à deux bases au lieu d'une seule, par exemple à deux côtés consécutifs du polygone topographique. Chaque point est alors déterminé par l'intersection de trois rayons visuels; et si les directions obtenues ne concourent pas en un même point sur le plan, elles y forment un petit triangle, dans l'intérieur duquel le point cherché est vraisemblablement contenu. On prend donc vers le centre de ce petit triangle un point que l'on regarde comme le point cherché; cette solution, quoique un peu arbitraire, est cependant plus probable que celle qui correspondrait à un des trois sommets du triangle, attendu qu'elle tient compte des trois rayons visuels.

8. — Lorsqu'on a pris sur le terrain toutes les mesures nécessaires et recueilli tous les renseignements dont on peut avoir besoin, on procède à la mise au net du plan.

La première chose à faire est de tracer, au bas de la feuille sur laquelle on va opérer, une échelle des longueurs. Dans l'arpentage, le mètre est souvent représenté par un centimètre, quelquefois par h millimètres, rarement par un millimètre. Quelle que soit la longueur adoptée pour représenter le mètre, on porte 10 fois cette longueur, de gauche à droite, à partir d'une origine rixe marquée zéro, sur la droite qui doit former l'échelle ; on la porte ensuite une fois vers la gauche, à partir de la même origine, et l'on divise cette longueur en 10 parties égales, qui représenteront des décimètres ; les fractions de mètre moindres que le décimètre s'apprécient à l'œil. Avec cette échelle, il est facile de prendre une ouverture de compas représentant une longueur donnée quelconque, exprimée en mètres et fractions du mètre. Nous n'insisterons pas sur ce point, les développements que nous pourrions donner appartenant au dessin linéaire plus qu'à l'arpentage.

9. — Si le lever a été exécuté à la chaîne seule, les triangles dont le plan se compose se tracent successivement au moyen de leurs trois côtés. On trace, par exemple, sur le plan, une droite qui représente, à l'échelle adoptée, l'un des côtés d'un premier triangle ; de ses extrémités comme centre, avec des rayons respectivement égaux aux deux autres côtés, on trace, du côté convenable, deux arcs de cercle dont l'intersection détermine le troisième sommet; et le premier triangle se trouve fixé sur le plan. A l'aide de ce premier triangle on construit de même un des triangles voisins; et, de proche en proche, on obtient tous les triangles.

Si le lever a été exécuté à la chaîne et à requerra, on commence par tracer sur le plan la droite qui doit représenter la directrice. Pour obtenir un point quelconque du plan, on porte, sur la directrice, à partir de son extrémité, une longueur qui représente celle qui a été mesurée sur le terrain entre l'extrémité correspondante de la directrice et le pied de la perpendiculaire abaissée du point que l'on veut obtenir. Ayant ainsi sur le plan le piet de cette perpendiculaire, on la trace, et, à partir du pied, on porte, dans le sens convenable, une longueur qui représente la perpendiculaire mesurée. On a ainsi le point que l'on se proposait de fixer; et l'on opère de même pour tous les autres. Ce mode de représentation est surtout en usage pcar les lignes courbes, telles que les sinuosités d'un ruisseau, ou le contour d'un étang.

Si le lever a été exécuté à la planchette, la

LEVEH DES PLANS

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feuille tendue sur la planchette est le plan même qu'il s'agissait d'obtenir, puisque tous les points du terrain y ont été déterminés par l'intersection de deux droiies tracées à l'aide de l'alidade. Jl ne s'agit donc plus que de la mettre à l'encre et de la détacher de la planchette.

Si l'on a suivi la méthode par rayonnement, mutes les directions du point central aux div< rs points du plan sont directement tracées sur la planchette même, et il ne reste plus qu'à porter sur chacune une longueur qui représente celle qui a éié mesurée à la chaîne. La méthode par cheminement donne surtout, comme on l'a vu, le polygone topographique ; les points intérieurs sont donnés par la métln d ! d'intersections.

10. — Si te lever a été exécuté à la chaîne et au gra| homèire, on commence par tracer sur le plan une droite qui représente la base qu'on a choisie et mesurée. Les angles que fait cette base avec les rayons visuels menés de se» extrémités aux différents points du terrain, et qui ont été mesurés au graphomètre, sont tracés sur le plan à l'aide du rapporteur (V. Lignes) ; et tous les points du plan se trouvent déterminés par l'intersection de deux directions, comme dans le cas de la planchette.

C'est également à l'aide du rapporteur que l'on tran>pone sur le plan les angles qui ont été mesuré» à la boussole, et les points ainsi visés se trouvent déterminés sur le plan par l'int ji section de deux ou trois directions.

II.— Pour suppléera lareprésentation exacte des objets que l'on peut avoir intérêt à consigner sur le plan, on emploie certains signes convenus et certaines teintes conventionnelles, qu'il est utile de connaître. Nous nous bornerons aux notions principales sur ce sujet.

Le- t'rres cultivé* s ne se désignent d'ordinaire que par les lignes de division des pièces de terre, ou tout au plus par des lignes ponctuées duns le sens des sillons.

On désigne les bois par un semis de petites toniles imitant les arbres vus de haut; les vi .nés par un semis de petits signes en l'orme à's barrée, imitant les ceps ; les terrains ubbu.neux par un pointillé général ; les prairies par un pointillé plus gros; les terrains marécageux par des lignes horizontales rapprochées, niais entremêlées de pointillés; les pièces d'eau par des lignes rapprochées, sans pointillé; les bor s de la mer par des lignes courbes parallèles au rivage, et allant pu s 'écartant à mesure qu'elles s'avancent vers le large.

On représente un sentier par un simple trait; une i-nute par deux traits parallèles, dont la distance est proportionnelle à la largeur de la route; pour une grande loute on ajoute latéralement deux lignes de points pour figurer les arbres dont la route est supposée plantée. Un lursseau se désigne, suivant son importance, ou par un simple trait sinueux, ou par plusieurs traits si mieux rapprochés et parallèles. Un canal, un chede fer se désignent comme une route par deux traits parallèles.

Lorsque 1 on a recours aux teintes conventionnelles, on représente loi vignes par un brun-rouge composé de 1 partie de gomme-gutte, 1 partie do carmin, [ de parti- d'encre do Chine et S parties i, « ..h , en entendant ici, par le mot partie, la quantité de couleur que contient un pinceau plein, la couleur ét.int délayée au plus haut degré de

m qu'elle puisse atteindre sans cesser d'être liquide.

On emploie pour les prairies un vert d'herbe

composé de ;î parties de gomme-gutte, i partie de

bleu indigo, et s \ n .unies d'eau. Le môme vi r

t à l.i moitié de son ton sert à représenter

rqers.

Pour les forêts, on fait usage d'un jaune-jonquille, compose de 1 partie de gomme-gutte et de 7 à 8 parties d'eau.

On désigne les sables par une teinte aurore, formée de deux parties de gomme-gutte, J de partie de carmin, et Hi parties d'eau Les terres humides sont panachées horizontalement de vert et de bleu ; le vert est celui îles prairies ; le bleu se compose de 1 partie d'indigo et de K à 10 parties d'eau. Les marais sont teintés de vert d'herbe, et de bleu léger, lequel se compose de 1 partie d'iniligo et 18 à 20 parties d'eau. Les étangs, lacs, rivières, fleuves, se désignent par le bleu léger cidessus ; mais on renforce les bords par une teinte un peu plus foncée. La >n&r est représentée par un bleu verdàtre composé d'une partie d'indigo, \ partie de gomme-gutte, et VO à 24 parties d'eau. On renforce les bords par une teinte plus forte.

Les bâtiments et constructions se désignent par la teinte carmin (V. aussi Lavi^.

12. — On peut avoir à copier un plan déjà mis au net, ou à le réduire à une échelle plus petite. On peut alors exécuter la copie à l'aide des procédés mêmes qui ont servi à établir le modèle. Mais, lorsqu'il y a beaucoup de détails, il est souvent plus commode de faire usage de la méthode des carreaux. Elle consiste à diviser la surface du modèle, soit effectivement à l'aide de ligues au crayon s'il est permis de les tracer, soit fictivement à l'aide de fils tendus, en un certain nombre de petits carrés égaux. On trace ensuite, sur la feuille destinée à la copie, le même nombre de carreaux, en réduisant les côtés dans le rapport voulu. On numérote de part et d'autre les langées horizontales ou verticales de carreaux, en sorte que chaque carreau du modèle a son correspondant sur la copie. On n'a plus alors qu'à dessiner à vue, < ans chaque carreau de la copie, les lignes ou les points contenus dans le carreau correspondant du modèle. Quand on a opéré ainsi pour chaque carreau, on se trouve alors avoir reproduit l'image exacte du modèle. On meta l'encre, et l'on efface les lignes en crayon léger qui avaient servi à former les carreaux.

On peut aussi faire usage du pantographe. Cet instrument, réduit à ses parties essentielles, se compose de quatre règles, OA, AM, Dm, atn (fig. 2),

articulées aux points A, B, a, m, et remplissant deux conditions : la première, que la figure BAam -oit un parallélogramme ; la seconde, que les trois points O, M, "- soient en ligne droite. Il est aisé de voirque si ces conditions sontremplies pour une position déterminée de l'instrument, elles | ront encore pour toute autre position. Cela résulte de proportionnalités évidentes. Les triangli - i et OA.Y1, quoique variables, demeurent i. miment semblables ; il en résulte que 0 OU restent dans un rapport constant. Si donc, le point o étant fixe, le point M décrit un

LEXICOLOGIE

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