LICHENS
quelconque PMQ, le point m, armé d'un traçoir. décrira une ligne semblable pmq.
Dans l'exécution, l'appareil comporte quelques parties accessoires, mais nous n'insisterons pas sur ce sujet, parce que la vue de l'instrument en ferait immédiatement comprendre l'usage, et parce qu'il est rare que l'arpenteur ait cet instrument à sa disposition. [H. Sonnet. j
LEXICOLOGIE. — Grammaire, IX. — Ce terme est formé de deux mots grecs : lexicon (mot) et logos (doctrine ou science) ; l'Académie ne l'a placé en son Dictionnaire qu'à la dernière édition (1877). La Lexicologie est cette partie de la grammaire qui traite spécialement des mots isolés, de leur valeur, de leurs modifications et de leurs éléments; elle conduit à l'orthographe et à l'étymologie. On l'oppose généralement à la Syntaxe, qui considère les mots dans la phrase et étudie leur arrangement pour l'expression de ■la pensée.
Le terme de Lexicologie a été surtout employé par P. Larousse dans les divers ouvrages qu'il a composés pour l'enseignement pratique de la langue française. Au lieu de se borner, comme on l'avait fait généralement jusqu'à lui, à de purs exercices d'orthographe, il voulut que l'élève s'habituât à saisir le sens des mots, à trouver l'expression la plus exacte pour telle ou telle idée, et se préparât ainsi à la composition. Ce fut lui qui commença à montrer le sens particulier que le suffixe donnait à un mot simple, comment vertueux, silencieux, dérivaient de vertu et de silence; craintif, abusif, de crainte et de abus, et quel sens leur donnait le suffixe eux ou if.
M. Ayera, de son côté, appelé analyse lexicologique la décomposition des mots en leurs éléments et a, le premier, demandé qu'on complétât ainsi l'analyse dite gramm&ticale, qui n'envisageait le mot que dans sa nature et ses modifications. Il avait en même temps indiqué la division de la grammaire en trois parties :
« A. Lexicologie au plutôt formologie, étude des formes grammaticales ;
» B. Etymolojic ou étude des mots d'après leur formation par dérivation ou par composition;
» C. Syntaxe ou étude des formes et des rapports de la proposition tant simple que composée. »
Voici l'exemple qu'il donne d'une analyse lexicologique :
« La richesse ne le dégoûtera pas du travail. » liiehesse, mot dérivé, formé de l'adjectif riche au moyen du suffixe esse, qui sert à former des noms abstraits du genre féminin.
» Dégoûter, mot composé dégoûter et du préfixe dé, qui a le plus souvent un sens privatif, c'està-dire qu'il donne au mot composé un sens contraire à celui du simple auquel il est ajouté, comme dans décolorer, <ié former, dépeupler ; ainsi dégoûter, c'est ôter le goût, et, au figuré, donner de l'aversion. — Goûter prend un accent circonflexe sur Vu, parce qu'autrefois il s'écrivait avec un a qui ne se prononçait pa> : gouster ; cet s supprimé reparaît dans le dérivé déguster.
y> Tnivaildonne le verbe travailler, et, au moyen du suffixe eur, le nom de personne travailleur . Travail a pour synonyme labeur, qui ne se dit guère qu'en poésie, dans le style soutenu, et en parlant d'un travail distingué. De labeur dérive l'adjectif laborieux, et de son synonyme étymologique labow le verbe labourer, d'où le nom de personne laboureur. » (Cours gradué de langue française, page I9'J.)
On voit, par ce dernier exemple, que la lexicologie s'appuie sur la phonétique *, qui est l'étude des sons et des modifications que l'usage leur a fait subir dans les dérivés d'une même racine. L'y du mot latin lubor se trouve dans laborieux; il
devient eu dans labeur, et ou dans labour, labou reur. On trouve des changements analogues dans meule, moulin, molaire
La première chose dont, s'occupe la lexicologie, c'est la détermination de la nature des mots, leur classement dans l'une des neuf ou dix parties du discours. Il importe que l'élève s'habitue à ne pas considérer seulement la forme, mais surtout le sens du mot, et à distinguer les mots qui désignent les êtres avec leurs qualités ou leurs actes, des mots qui n'expriment que de simples rapports.
Vient ensuite l'examen des flexions grammaticales ou des modifications que subissent les mots pour marquer les idées de genre ou de nombre (noms, adjectifs, pronoms), gu les idées de personnes, de temps et de modes (verbes). C'est ce qu'on appelle dans les langues anciennes et dans certaines langues modernes la déclinaison et la conjugaison. La déclinaison a disparu du français drpuis le xiv* siècle, mais il pourra en être montré la trace dans les doublets : pâtre, pasteur ; sire, seigneur, et aussi dans les formes des pronoms personnels : je, me, moi; tu, te, toi; il, le, fui. Quant à la conjugaison, elle y est restée assez riche relativement à la plupart des langues modernes. Elle doit surtout être étudiée avec soin quant à l'usage des auxiliaires, et des formes diverses que peut revêtir un verbe pour rendre la même idée : on vendra la maison, la maison sera vendue, la maison se vndm.
Enfin doit venir en troisième lieu l'étude des mots quant à leurs éléments : racine, préfixe et suffixe. C'est une partie très riche et pleine d'intérêt, mais où il importe de garder une juste mesure et de rester dans les limites que commande l'enseignement du français quand il ne s'appuie pas sur i'étude du latin. Il sera toujours possible à un instituteur de montrer le sens attaché aux noms par les suffixes er ou ier, on, aire, ard, dans va lier, fermier; oisi'lon, <anneton ; adjudicataire, propriétaire; vantard, moue/tard; comme de faire distinguer la valeur des surfixes, eux, if, able dans les adjectifs; joyeux, boueux, décisif, aimable, etc. Il mettra ainsi des idées justes dans l'esprit des élèves et empêchera qu'ils n'emploient les mots à contiesens. Il fera de même pour la valeur des préfixes, ad, dis, con, en ou in, re, etc., dans les verbes dérivés : admettre, disjoindre, construire, enfermer, inhumer, revenir.
Nous croyons que ces trois parties essentielles : nature des mots, flexions, dérivation ou composition, doivent constituer la lexicologie dans les écoles primaires; elles concourent à donner à l'élève une orthographe sûre et un style précis.
[B. Berger.] LICHENS. — Botanique, XfJ. — Etym. : Le mot lichen vient d'un mot grec ayant la "même signification.
Définition. — Les végétaux dont l'ensemble forme la famille des 'lichens ne sont qu'un groupe de champignons qui vivent aux dépens d'algues colorées en bleu ou en vert.
Caractères botaniques. — Les lichens se présentent pour la plupart sous la forme d'expansions foliacées ou de croûtes grisâtres étalées sur le sol, ou fixées aux écorces et aux rochers.
Ces expansions constituent le ihtd'e du lichen. A leur face inférieure, elles portent des crampons que l'on nomme rhizines et qui servent à les attacher aux corps sous-jacents ; l'ensemble des rhizines constitue l'hy pot halle. Le thalle des lichens peut affecter quatre formes principales, qui donnent les caractères des quatre groupes des lichens. Les premiers, dits lichen* frutcu'eux, tiennent à leur support par une base étroite et s'élèvent en productions grêles simples ou rameu-