‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 112 sur 593 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

la règle peut glisser un collier portant une plaque rectangulaire V peinte de deux couleurs, blanc et rouge, que l'on appelle un voyant. Le collier ou coulant qui porte ce voyant peut être fixe en un point quelconque de la règle au moyen dune vis de pression; et l'on peut lire sur les divisions de la règle la hauteur du centre du voyant au-dessus

du sol. , X 1 j

Une mire à coulisse (fig. 14) est une règle de 2 mètres, qui peut se développer jusqu'à 4 mètres, à l'aide d'une seconde règle glissant dans une rainure pratiquée le long de la première. Le voyant

Fig. 14.

est alors placé au bout de la seconde règle. Une vis de pression sert à fixer la seconde règle ou allonr/e dans une position quelconque, et les divisions de la règle pern.ettent de lire la hauteur du centre du voyant au-dessus du sol.

24. — Avec le niveau d'eau on ne peut guère viser plus loin que 40 ou 50 mètres. Si la distance était plus considérable, il faudrait faire usage du niveau d'Egault. La partie principale de cet instrument est un niveau à bulle d'air posé sur une platine faisant corps elle-même avec un plateau circulaire que l'on peut rendre horizontal. Sur des collets liés à la platine repose une lunette parallèle au niveau à bulle d'air, et dont l'axe est par conséquent horizontal quand la bulle est entre ses repères. En regardant par cette lunette on peut donc se procurer un rayon visuel horizontal.

En même temps on fait ordinairement usage de ce qu'on appelle une mire parlante ; c'est une mire,

soit simple, soit k coulisse, dont le voyant est supprimé ; mais elle a de 10 à 12 centimètres de large et est partagée en trois colonnes dans le sens longitudinal : deux de ces colonnes sont divisées en bandes de 2 centimètres d'épaisseur peintes alternativement blanc et rouge ; la troisième colonne porte des chiffres qui indiquent des intervalles de 10 centimètres. Avec une pareille mire l'opérateur peut lire lui-même la division à laquelle correspond son rayon visuel.

Enfin, dans quelques circonstances, on peut avoir besoin de mesurer la pente d'une droite, c'est-àdire son inclinaison par rapport à l'horizon, il faut dans ce cas faire usage d'un éclimètre. Le plus simple est la boussole-éclimètre. C'est une bousetle ordinaire, dans laquelle la lunette, ou plutôt une règle munie de verniers et solidaire avec elle, parcourt une portion d'arc de cercle, embrassant une quarantaine de degrés au-dessus et au-dessous de son diamètre. Ce diamètre est horizontal quand le limbe de la boussole l'est lui-même ; et l'on peut apprécier ainsi la pente du rayon visuel.

Mais il est rare que les opérations qui sont du ressort de l'arpenteur exigent l'emploi des instruments dont nous venons de parler, et qui se rapportent plutôt à la topographie qu'à l'arpentage.

[H. Sonnet.].

ARTICLE. — Grammaire, X. — {Etym.:d\i latin articulus, jointure, articulation).

« Quand on a désigné par le mot cheval un certain animal, il reste à dire de quel cheval on veut parler; dans ce but on place devant le nom un mot dit article, qui s'appelle article défini quand il s'applique à un objet déterminé, comme le cheval (dans cette phrase : le cheval de mon père est noir), et article indéfini quand il désigne un objet indéterminé, comme un cheval en général; par exemple : itn cheval est toujours un animal utile « (Brachet, Souvelle grammaire).

Cet exemple suffit à distinguer les deux sortes d'articles : l'article défini, le, la, les, l'article indéfini, un, une, des.

Article défini. — So7i origine. — Il dérive de l'adjectif démonstratif latin : ille, illa, illos ou illas ont donné naissance aux mots le, la, les. C'est bien en efi"et une sorte d'adjectif démonstratif que ce mot qui sert à montrer quel est entre plusieurs objets celui dont on veut parler.

Son emploi. — Il s'emploie par conséquent devant tous les noms communs qui ont besoin de ce signe distinctif ; les noms propres de personnes au contraire n'en ont pas besoin, puisqu'ils sont parfaitement déterminés par eux-mêmes : Pierre, Paul, Bossuet, etc. Cependant quelques noms venus de langues étrangères, de l'italien surtout, le Tasse, le Dante, l'Arioste, etc., gardent l'article qu'ils ont dans cette langue.

Sa forme. — L'article le, la, les offre deux particularités de forme avec lesquelles il faut familiariser les enfants et les étrangers.

1° Quand le, la précèdent un mut commençant par une voyelle ou un h muet, l'article perd sa voyelle, qui est remplacée par une apostrophe. Exemple : /'enfant, /'envie, /'honneur, /'humeur. On dit alors que l'article est élidé.

{Elider vient du latin elidere, qui veut dire écraser : la voyelle élidée est en effet écrasée et remplacée par l'apostrophe.)

2° Devant un nom masculin singulier commençant par une consonne ou un h aspiré, on met au pour à le; du pour de le. Exemple : au père, au licros; du père, du héros.

Au pluriel, devant tous les noms, de les se change en des; à les se change en aux. Exemple : des pères, aux pères. On dit alors que l'article est contracté.

[Contracté vient du latin contractum, resserré.)

A le est d'abord devenu al dans le vieux fran

Page 1