MODÈLES D'EXERCICES GÉOGRAPHIQUES
1. Questionnaire. — Quelle est la situation et quelles sont les limites de l'empire d'Autriche? — D'où lui vient son nom, et quelle dénomination officielle a-t-il reçue? Quelle est son étendue et sa population? par rapport à la France, par rapport aux autres États européens?
Quelles sont les principales chaînes de montagnes?— les principaux cours d'eau, les plaines, les plateaux, la division en bassins? Quelles sont les principales villes situées sur le Danube?
En quelles régions se partage l'Autriche d'après son climat? Quelles sont les principales productions agricoles, forestières, minérales, manufacturières? Où se trouvent-elles réi)artics? Quelles sont les régions les plus peuplées? Quelles races comprend la population de l'empire? Où habitent-elles? Quelle est leur importance relative?
Comment l'empire se partage-t-il actuellement ? Quelles sont les grandes villes de l'empire, la raison de leur importance ? Quels sont les principaux débouchés suivis par le commerce ?
2. Problèmes géographiques. — Les mines de métaux précieux de rAutrichc-Hongrie ontproduit, de 1871 à 187 5, l,:}i)6 kilog. d'or et 143078 kilog. d'argent. Pour quelle somme a-t-on pu frapper avec ces métaux des pièces do monnaie contenant un dixième d'alliage, en négligeant la valeur du cui-
vre employé comme alliage de l'argent? Réponse, 30,300,808 francs.
Il y a en Autriche 1384 bureaux télégraphiques ayant expédié en i876 C,84<;,000 dépêches sur 30,610 kilom. de lignes télégraphiques, tandia qu'en Franco les lignes télégraphiques ont 54,.').'jO kilom. de développement et ont envoyé en 18*0 10,O.S2,000 dépêches distribuées par 2,8!jO bureaux. Calculer combien il y a en Autriche et en France de dépêches par 100 habitants. — Réponse : 18 en Autriche, 27 en France.
Combien y a-t-il de kilom. de lignes téléraphiques par 10,000 kilom. carrés de superficie territoriale en Autriche et en France? — Réponse : 688 en Autriche, 1032 en France.
Quelle étendue chaque bureau est-il appelé à desservir en Autriche, en France? — Réponse: 450 kilom. carrés en Autriche, 183 en France.
Lectures et dictées géographiques. — Marmicr. Du lihin au Nil, t. 1, p. 71, 77; — Le Danube, p. US, Bude.
De Laveleye. La Prusse et l'Autriche depuis Sadowa, t. II, p. 38 ; — Le couronnevient (ht roi de Ûovgrie.
E. Reclus. Nouvelle gnorjraphie universelle, t. IJI : Le Danube, p. 197, 3U9 ; — Les portes de fer, p. 3|7; — La puzta hongroise, p. 327 ; — Vienne, p. 203 ; — Trieste, p. 233 ; — CrncoviP. p. 407 ; — Prague, p. 439.
Autres ouvrages à consulter. — V. Duruy, Causeries géographiques de Paris n Bukarest.
D. Lévy. L'Autriche-Hongrie, ses insiitutioiis et ses nationalités.
Porrot. Excursions chez les Slaves du Sud. Tour du Monde.
r,h. Yiiarte. Istrie et Dalmatie. Tour du Monde, 1873, I" semestre, p. 193-240; 1874, 1" semestre, p. f-80; 2" semestre, p. 2.j7-320.
.AZOTi:. — Chimie, I, XV et XXI. — {Étg7n. : de doux mots grecs signifiant impropre à la vie). — Quand on brûle du phosphore sous une cloche pleine d'air placée sur l'eau, il se forme des vapeurs blanches très épaisses d'acide phosphorique, c'est-à-dire une combinaison du phosphore avec l'oxygène de l'air; quand ces vapeurs se sont condensées et dissoutes dans l'eau, on peut constater après le refroidissement que le gaz qui reste sous la cloche représente à peu près les 4/5 de l'air qu'on y avait mis. Une allumette plongée dans ce gaz s'y éteint instantanément ; des animaux comme des oiseaux, des souris qu'on y place meurent en quelques secondes ; ce gaz est Vazote, ainsi nommé parce que, sans être un poison, il est incapable d'entretenir la respiration et la combustion. — V. Air.
L'azote est très répandu dans la nature ; d'abord il forme les quatre cinquièmes de l'air atmosphérique. Il entre dans la composition d'un grand nombre de sels (V. ci-dossous Azotates], enfin il se trouve dans ce que la chimie organique nomme les substances azotées : ce sont des substances, la plupart d'origine animale, où l'azote est en combinaisons diverses avec le carbone, l'hydrogène et l'oxygène. 11 entre aussi dans les alcaloïdes*, dans l'urée, dans l'acide prussique et dans la plupart des principes colorants.
Propriétés de l'azote. — L'azote a été liquéfié en 1878 pour la première fois par M. Cailletet en France et M. R. Pictet en Suisse.
Il est un peu plus léger que l'air : un litre d'azote pur à 0" sous la pression "(O"'", pèse l''',257, tandis qu'un litre d'air dans les mêmes conditions pèse 1°%203. Il éteint les corps en combustion, et ne trouble point l'eau de chaux. Il suffoque instantanément les animaux sans cependant produire sur l'organisme aucune action délétère. Ceux-ci succombeiit parce qu'ils manquent d'oxygène. L'azote peut être appelé un gaz inerte, en ce sens qu'il a peu de tendance à se combiner ; sea affinités sont peu énergiques. Il est 1res peu soluble dans l'eau, il est incombustible, incolore, inodore, sans saveur ; il semble ne jouer d'autre rôle dans les phénomènes atmosphériques que celui do
AZOTE
AZOTE
modérateur des affinhos de l'oxygène. Il ne se combine directement qu'avec un très petit nombre de corps, tels que le carbone, le sUicium, le bore. Si on fait passer un courant dazote sur un mélange incandescent de baryte et de charbon, il se forme une combinaison de carbone et d'azoteconnue sous le nom de cyanogène ; ce composé s'unit dans ce cas au baryum pour former un cyanure de baryum. Le cyanogène est le radical de l'acide prussique et des prussiates (V. Prussiates.)
Préparations de Pazote. — Pour obtenir rapidement et à bon marché de grandes quantités d'azote, on enlève l'oxygène d'un volume déterminé d'air en le fixant sur un corps très oxydable : 1" en hrùinnt d\i phnsphoro sous une cloclie pleine d'air et placée sur l'eau; 2° ou en taisant passer un courant d'air sec sur du cuivre chauffé au ronge sombre dans un tube de verre ou de porcelaine. On recueille le gaz azote sortant par l'autre extrémité.
On peut aussi obtenir facilement, mais h un prix un peu plus élevé, de grandes quantités d'azote en décomposant par la chaleur et dans une cornue de verre un beau sel blanc cristallisé qu'on appelle Yazotite d'ammoniaque. La formule de ce sel rend compte de ce qui se passe dans cette réaction, ainsi figurée : Az03,AzH3,HO— 2Az + 4HO. Azotite d'ammoniaque=: Azote + eau. Comme la cornue est très chaude quand l'opération est terminée, il ne reste aucun résidu.
Enfin quand on mélange dans un tube de verre de l'ammoniaque (alcali volatil) et une dissolution aciueuse de chlore, il se produit de nombreuses petites bulles d'azote ; ce n'est point là une préparation pratique, mais une réaction à retenir, puisqu'elle rappelle que l'ammoniaque est décomposé par le gaz chlore (V. Chlore).
Si dans cette décomposition, l'azote se trouve en présence d'un excès de chlore, il peut y avoir combinaison entre les deux gaz, et le chlorure d'azote qui se forme alors étant, comme presque tous les composés de l'azote, un corps très peu stable, c'est-à-dire susceptible de se décomposer sous la moindre action, par exemple par l'agitation, le choc le contact d'une autre substance, il peut en résulter un danger pour l'expérimentateur. Ce chlorure d'azote apparaît sous forme de petites gouttelettes .jaunes; la décomposition subite qui se produit souvent sans raison apparente, donne lieu à une violente explosion très dangereuse ; c'est dans une circonstance semblable que le célèbre Dulong perdit deux doigts en faisant l'étude de cette substance.
Nous ferons remarquer que ce corps simple, l'azote que nous avons dit inerte, fait partie de toutes les poudres les plus dangereuses et les plus violentes, ce qui pourrait étonner, si on ne se rappelait que la puissance d une poudre ainsi que la facilité avec laquelle elle fait explosion tient précisément, au moins en partie, à sa facile décomposition. Ainsi l'iodure d'azote , qu'on obtienten mettant pendant un quart d'iieure de l'iode dans l'ammoniaque, se décompose, quand il est sec, avec explosion, au contact d'une barbe de plume, en donnant des vapeurs violettes diode qui montrent bien que ce corps a repris sa liberté pendant l'explosion.
Principaux composés de l'azote. — Les composés oxygénés de l'azote, qui dérivent tous de l'acide azotique, n'ont point assez d'importance pour que nous en parlions ici. Xous en donnerons simplement la liste parce qu'elle nous offre un très bel exemple de la loi dite des proportions multiples VV. Équivalents).
Acide azotique anhydre AzO"'
Acide hypoazoïique AzO*. I
Acide azoteux AzO». i
Bioxyde d'azote AzO^. !
Protoxyde d'azote AzO. i
Et nous dirons seulement que le bioxyded'azote, qui résulte de l'action o.xydante de l'acide azotique sur certains métaux tel que le cuivre, le mercure, est un gaz incolore qui devient instantanément rouge rutilant à l'air en s'oydaut pour donner AzO'; c'est là un exemple d'oxydation ou combustion rapide et sans flamme; il va sans dire que nous ne connaissons ni l'odeur ni la saveur de ce singulier corps.
Le protoxyde d'azote est un gaz incolore liquéfiable et comburant comme l'oxygène; on peut faire avec lui les principales expériences de combustion qu'on fait avec l'oxygène. Il est anesthésique, c'est-à-dire que quand on le respire on perd la sensibilité; parfois on éprouve une espèce d'ivresse (gaz hilarant) avec exaltation des facultés intellectuelles; c'est du moins ce qu'a éprouvé l'illustre chimiste anglais Davyqui lepremier l'aétudié. Quelques rares accidents indiquent, en tout cas, que. les dentistes et les chirurgiens qui en font usage doivent le faire avec les plus grandes précautions.
Acide azotique. — L'acide azotique est encore appelé acide nitrique, ou esprit-de-nitre ou eauforte. Quand il est concentré il est fumant, il a pour formule AzO-', HO, et on l'appelle acide azoi4que monohydratc. C'est un liquide jaune dont la coloration augmente à la lumière parce qu'elle le décompose en produisant des vapeurs jaunes d'acide liypoazoliquc. Quand on ouvre à l'air un flacon d'acide azotique concentré il en sort des vapeurs légèrement rutilantes. Sa densité est 1,51; il gèle à 55" et bout à SG».
Propriétés cliitniques. — L'acide azotique est un oxydant énergique. Il attaque tous les métaux, excepté l'or, le platine et quelques métaux rares de la même famille. Il forme avec le fer, le cuivre, l'argent, le mercure, etc., des azotates de ces métaux; avec l'étain il forme de l'acide stannique. Son action sur le fer présente un caractère particulier très curieux. Mn morceau de fer plongé dans l'acide fumant y reste intact, tandis qu'il eût été attaqué vivement par l'acide étendu; si l'eulevant de l'acide fumant on le plonge dans l'acide étendu, celui-ci reste alors sans action sur le métal, mais il suffit de toucher le fer avec un fil de cuivre pour qu'une vive réaction commence et continue. Mêlé à l'acide chlorhydrique, il constitue Veau rég'i/€,qm dissout l'or et le platine en les transformant en chlorures.
Action de l'acvie azotique ^ur lesmétallovles. — Cet acide, très riche en oxygène et facilement décomposable, transforme la plupart des métalloïdes en acides oxygénés. Ainsi on prépare l'acide phosphorique orainaire en dissolvant du phosphore dans l'acide azotique étendu. En faisant bouillir de l'.acide azotique avec du soufre, de l'arsenic métallique, on obtient de l'acide sulfurique ou arsénique. Dans la préparation industrielle de l'acide sulfurique, c'est l'acide azotique qui transforme l'acide sulfureux en acide sulfurique en lui cédant une molécule d'oxygène. L'acide azotique attaque vivement le carbone dans le noir de fumée ; quelquefois la masse s'enflamme spontanément, c'est là une expérience frappante d'oxydation énergique à répéter devant les élèves.
Action de l'acide azotique sur les matières orga- ?iiques. — Il attaque à peu près toutes les matières organiques. Il jaunit la peau, détruit les tissus, transforme et liquéfie les bouchons de liège, il faut même se garder d'en faire usage avec cet acide ; il décolore l'indigo, forme avec la benzine un produit très employé aujourd'hui dans la |)arfumerie et qu'on appelle la nitro-benzine (découverte par Mitscherlich en 1834). Celle-ci a une odeur d'amandes amères; sa propriété principale c'est de se transformer sous l'action des agents désoxydants (étain, acide chlorhydrique, sulfure de fer, etc.).
AZOTE
AZOTE
en une substance appelée aniline qui est la base des belles couleurs dites d'aniline, si connues depuis une vingtaine d'années dans la teinturerie.
Fuhnicoton. — Quand on plonge pendant un quart d'heure de la ouate ou du coton quelconque dans de l'acide azotique concentré, on obtient après lavage et dessiccation une substance ayant conservé l'aspect du coton, mais disparaissant dans une combustion instantanée au contact d'une allumette. C'est le cotoii-poudre ou fuhnicoton. Cette substance a été et est encore employée comme poudre démine; elle est trojrbrisante pour les armes. Quand elle a été mouillée, il suffit de la sécher pour lui rendre ses propriétés qui du reste varient suivant le mode de préparation qu'on a employé; quelquefois elle peut être chauffée jusqu'à 100°, dans d'autres circonstances elle brûle bien au-dessous et peut même détonner par le choc. Comme toute poudre explosive, elle doit sa puissance à la masse de gaz qui prend naissance lors de la décomposition: acide carbonique, oxyde de carbone, bioxyde d'azote, gaz inflammable, vapeur d'eau, ces produits condensés dans un étroit espace et portés à une haute température acquièrent une très grande puissance d'expansion. Aujourd'hui on emploie surtout le fulmicoton dans la fabrication du collodion, qui est une dissolution de fulmicoton dans un mélange d'alcool et d'éther. (V. Photoyraphie).
Lorsqu'on verse goutte i goutte de la glycérine, principe doux des corps gras ( V. Corps gras) dans un mélange d'acide sulfurique et d'acide azotique, il se précipite des gouttes oléagineuses d'un corps appelé trinitro-glycérine, qu'on peut considérer comme de la glycérine dans laquelle .3 atomes d'hydrogène auraient été remplacés par 3 molécules du composé AzC^, ou acide hypoazotique qui dérive facilement de l'acide azotique AzO',HO. Nous ferons remarquer en passant que souvent le résultat de l'action de ce dernier acide si important sur les matières organiques peut s'expliquer par la substitution d'une ou plusieurs molécules composées d'AzO* au même nombre d'atomes d'hydrogène. En présence du mercure ou de l'argent et de l'alcool l'acide azotique forme les fulminates de ces métaux.
Préparation de l'acide azotique. — On l'extrait de l'azotate ou nitrate de potasse ^salpêtre), ou plus avantageusement de l'azotate ou nitrate de soude qui nous vient du Pérou; à la rigueur on peut l'extraire de tous les azotates par le procédé que nous allons décrire. Cette préparation offrira le tVTJe des procédés par lesquels on extrait tous les produits volatils. Dans une grande cornue de verre on met du nitrate de soude et de l'acide sulfurique du commerce en proportions convenables pour qu'il y ait deux équivalents d'acide pour un de nitrate-, on chauffe pendant deux heures la cornue dont le col a été engagé dans celui d'un ballon de verre arrosé extérieurement par un courant d'eau froide ; h la fin il reste dans la cornue du bisulfate de soude, et le ballon refroidi contieui de l'acide azotique fumant.
L'acide obtenu ainsi n'est pas pur, il est coloré en jaune par de l'acide hypoazotique dissous et peut renfermer aussi des traces d'acide sulfurique entraîné par la distillation. Pour l'obtenir pur, ce qui est quelquefois nécessaire, on l'agite avec de l'azotate de plomb, lacide sulfurique est précipité à l'état de sulfate de plomb, pnis on le distille dans une cornue, on recueille à part les premières portions qui contiennent tout l'acide hypoazotique. Dans les fabriques la cornue est remplacée par des cylindres en fonte.
Usages. — La France en consomme par an plus de cinq millions de kilogr.; il sert pour l'affinage des métaux précieux, pour le décapage du cuivre, pour la gravure sur métal, la préparation do l'azo-
tate d'argent si employé en photographie, celle de l'acide picrique (teinture), des fulminates pour amorces, de la dextrine, enfin pour l'entretien des piles électriques.
Azotates. — Les azotates sont des sels* formés par la combinaison de l'acide azotique avec les bases ; deux ou trois se rencontrent dans la nature, les autres se préparent dans les laboratoires ou l'industrie.
Caractères. — Tous les azotates sont solubles dans l'eau ; ils ont deux caractères chimiques qui les font facilement reconnaître : 1° Ils fusent, c'està-dire que quand on projette un azotate sur des charbons ardents, il provoque une plus grande activité de combustion par l'oxygène qu'il abandonne et fait entendre un bruissement particulier pendant cette combustion ; 2° quand on les chauffe légèrement avec un peu de cuivre et quelques gouttes d'acide sulfurique, ils abandonnent des vapeurs rutilantes caractéristiques.
Principaux azotates. — Nous distinguerons particulièrement l'azotate de potasse, sel cristallisé, blanc, bien connu sous le nom de nilreoa salpêtre' . On le trouve en abondance dans les Indes, l'Egypte, Ceylan, et en général dans les pays très chauds où la nitrifaction paraît résulter du grand nombre de décharges électriques qui produisent dans l'air la combinaison de l'oxygène et de l'azote. L'acide azotique ainsi formé et entraîné dans le sol par la pluie s'y combine avec la potasse, la soude, la chaux, etc. Pour obtenir le salpêtre, on lessive les terres qui en sont recouvertes ou imprégnées et on fait évaporer la solution. Chez nous on rencontre aussi du nitre partout où des matières organiques azotées se décomposent en présence de la potasse, par exemple sur le sol et le long des murailles de nos caves,, dans le voisinage des lieux d'aisance, dans les matériaux de démolition; c'est dans ces conditions surtout qu'il est mélangé à de l'azotate de chaux. Pendant la Révolution et le premier fcmpire, alors que les pays d'outre-mer nous étaient fermés par la flotte anglaise, on extrayait le nitre pour la fabrication de la poudre de ces divers endroits où on le rencontrait. On en provoquait même la formation dans des nitrières artificielles. Pour cela on arrosait de temps en temps avec des urines ou des eaux de fumier des mélanges de matières animales et de carbonate de potasse et de chaux. Quand on brûle du salpêtre, la flamme est colorée en violet par des vapeurs de potassium ; ce phénomène ressemble assez à une combustion lente de poudre légèrement humide.
Usages. — L'azotate de potasse est fréquemment employé en médecine; à petite dose il est diurétique, à dose élevée de plus de 4 grammes il diminue la plasticité du sang et ralentit la circulation. Il est employé dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu. C'est surtout dans la fabrication de la poudre qu'on en consomme des quantités considérables. C'est de l'azotate de potasse et de l'azotate de soude qu'on extrait l'acide azotique.
Azotate de soude. — On l'appelle souvent salpêtre du Chili parce qu'il nous vient de ce pays en grande quantité. Il est souvent mélangé au précédent ainsi qu'à de l'azotate de chaux et do magnésie. Au Pérou il forme ainsi des couches considérables. Il est peu employé en médecine et sert principalement à la préparation de l'acide azotique.
Azotate de bismuth. — Le sous-azotate de bismuth est très employé en médecine comme antidiarrhéique, principalement depuis les dernières apparitions du choléra en France (1863 et 1865). La préparation pharmaceutique de ce sel est depuis cette époque assez importante pour avoir fait élever passablement le prix du bismuth.