‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 122 sur 593 · BASES · texte numérisé non relu

BASES

BASSE-COUR

formant avec eux des sels{\. Acides et Sels). Ainsi, la potasse ou oxyde de potassium, la chaux ou oxyde de calcium, la magnésie ou oxyde de magnésium sont des bases.

La dissolution aqueuse du gaz ammoniac, ou alcali volatil, est une base, quoique n'étant pas un oxyde métallique, à cause de ses analogies chimiques avec la potasse qui est le type des bases.

En 1820, Pelletier et Caventou purent extraire de récorce de quinquina deux principes ayant comme les oxydes métalliques la propriété de former des sels cristallisables en se combinant avec les acides. Pour rappeler cet important caractère chimique, on les nomma alcaloïdes*.

Depuis la découverte de Pelletier et Caventou, le nombre des alcaloïdes a considérablement augmenté ; Wurtz et Hoffmann en ont préparé un grand nombre qui n'existent pas dans la nature et dont les sels se rattachent aux sels ammoniacaux en ce qu'ils en dérivent par la substitution d'un radical alcoolique à l'hydrogène de l'ammoniaque. Nous ajouterons que ces bases sont plutôt appelées ammoniaqices composées qu'alcaloïdes, nom réservé aux bases organiques naturelles.

La dissolution aqueuse des bases solubles ramène au bleu le tournesol rougi par les acides. On dit d'une liqueur qu'elle est basique quand elle a cette action sur le tournesol.

Certains sels à, base puissante et à acide faible agissent ainsi ; tel est le carbonate de potasse appelé industriellement potasse, tandis que, comme son nom l'indique, c'est de la potasse imparfaitement neutralisée par de l'acide carbonique.

Il y a des sels complètement diiîérents par les réactions qu'ils peuvent donner avec d'autres sels ou par leur solubilité et même par toutes leurs propriétés chimiques, et qui cependant ne diffèrent dans leur constitution que par des quantités plus ou moins grandes d'une môme base combinée i\ un même acide. Ainsi, la chaux en se combinant suivant ditîérentcs proportions ;\ l'acide phosphorique forme trois séries de phosphates dout l'un constitue en grande partie l'élément minéral des os des animaux. On donne le nom d'acide polybasiqiie à l'acide qui forme des combinaisons semblables ; dans le cas particulier que nous citons comme exemple, on dit que l'acide phosphorique est tribasique.

Les poids d'une même base qui se combinent ainsi à un même poids d'acide sont entre eux dans des rapports simples, comme 1, "i, -3, c'est-à-dire que si on suppose trois poids des différents phosphates de chaux contenant la même quantité d'acide phosphorique, on trouvera par l'analyse des poids de chaux dont le second sera double du l" et dont le 3* sera triple.

Cette loi due à Wentzel est un des fondements de la chimie moderne, car avec cpUe de GayLussac sur les combinaisons des gaz elle est le point do départ de la théorie des éqtWKilents et par suite de la tliéorie atonnqiie (V. Équivalents).

Prépnratio?i des hases. — Toutes les préparations des oxydes métalliques basiques peuvent se ramener à trois procédés généraux : 1» Griller le métal à l'air quand celui ci s'oxyde facilement et ne coîite pas trop cher; c'est ainsi qu'on ])répare les oxydes de plomb et de cuivre. L'oxyde ainsi obtenu est anhydre, généralement insoluble.

2° Chasser par la calcination d'un sel l'acide qui s'y trouve combiné à la base que l'on veut obtenir. C'est ainsi que l'on obtient la chaux par la calcination des calcaires ou carbonate de chaux divers. La magnésie calcinée des pharmaciens s'obtient par la calcination de son carbonate. Dans ce cas l'oxyde obtenu est encore anhydre.

.3 On ohfiont In plnpart des bases métalliques n l'état de combinaison avec Veau ou d'hy/ratc, en les extrayant de l'un do leurs sels en dl:*soUition

par l'action sur ce sel d'une base plus puissante, par exemple la potasse, la soude, l'ammoniaque, qui sont les bases se combinant le plus facilement aux acides. Nous terminerons ces généralités en donnant le procédé particulier par lequel on obtient deux bases importantes, la potasse et la soude.

Le carbonate de potasse et le carbonate de soude, potasse et soude du commerce, sont dissous et chauffés dans une capsule d'argent avec de la chaux hydratée, celle-ci se combinant très facilement avec l'acide carbonique produit la séparation de cet acide et de la base alcaline; il se forme un dépôt de carbonate calcaire, et la liqueur surnageante est une dissolution de potasse ou de soude; on la décante, il ne reste ensuite qu'à la concentrer jusqu'à fusion et à l'abri de l'air; on la coule, elle se prend en plaques blanches très caustiques: c'est la potasse ou la soude à la chaux. On peut la débarrasser de cette base qu'elle retient, par une dissolution dans l'alcool. [A. Jacquemart. 1

BASSK-COUR. —Agriculture, XV. — La bassecour est, à proprement parler la partie des bâtiments d'une exploitation rurale, réservée aux petits animaux domestiques, co(|S et poules, canards, pigeons, oies, dindons, lapins, etc. Par extension, cette appellation est donnée très souvent aux animaux eux-mêmes qui peuplent la basse-cour. Jadi» négligée, laissée aux soins des enfants, la bassecour est devenue, dans beaucoup de fermes, une source de profits considérables, par la vente des œufs et par celle des jeunes oiseaux dont les prix ont suivi partout la hausse générale des prix de la viande.

Deux conditions sont nécessaires pour réussir dans l'entretien de la basse-cour rurale, car il ne peut être ici question des volières des maisons de campagne ou des châteaux. La première, c'est d'établir le poulailler, quelque rustique qu'il soit, dans un lieu sec et sain ; la deuxième, c'est d'y entretenir une très grande propreté. Enfin, quelle que soit l'espèce d'animaux de basse-cour que l'on choisisse, il est indispensable, non pas de les tenir enfermés dans un local trop restreint, mais de les empêcher de sortir en dehors de la cour de la ferme. Les volailles qui vivent dans les champs coûtent beaucoup plus clier qu'elles ne rapportent, à raison des dégâts qu'elles produisent dans les récoltes; dans la cour de la ferme, au contraire, elles utilisent une grande quantité de débris, de détritus, qui, sans elles, n'auraient d'autre destination que d'être jetés au fumier.

Il faut donner successivement les indicationsrelatives au poulailler, au colombier et aux autres parties do la basse-cour.

Poulailler. — Le poulailler peut être aussi simple qu'on le veut; il consiste en un bâtiment ou hangar plus ou moins spacieux, «uivant l'importance! de la basse-cour. Le mobilier du poulailler est très simple ; il consistera en perchoirs et en nids ou pondoirs. Les perchoirs sont de simples barres suspendues horizontalement ou fixées par les deux bouts à une hauteur suffisante pour que les poules puissent facilement y percher. Les pondoirs sont de petits paniers en osier grossier, pla ces le long des murs du poulailler pour que les poules y fassent leurs œufs. Ces pondoirs peuvent aussi consister dans des cases rectangulaires creusées dans le mur du poulailler, et munies d'une planchette verticale à la partie inférieur!! de l'ouverture, pour retenir la paille qui garnit le fond des loges.

Le poulailler doit communiquer avec une cour suffisamment spacieuse. On y place une trémie ou une auge contenant le grain destiné aux poules, et un abreuvoir si la cour manque d'eau. Tout en leur laissant la place nécessairi! pour leurs ébats, on doit les isoler par une clôture.

Dans une basse-cour où l'on pratique l'élevage

BASSE-COUR

BASSE-COUR

industriel, il est important que la partie du poulailler destinée aux poules couveuses soit isolée et communique avec une petite cour particulière où ces poules et leurs poussins ont seuls accès.

Le choix du coq est une chose importante dans une basse-cour. Quand cet animal ne présente pas une énergie suffisante, le plus grand nombre des œufs des poules sont clairs, c'est-à-dire ne sont pas fécondés. On estime que, dans la généralité^des cas, il faut un coq pour dix poules.

La vigueur du coq dure généralement trois ou quatre ans. Il en est de même de la lecondité des poules. D'après des observations répétées, unel poule bonne pondeuse donne environ 80 œuls la première année, Vit) la deuxième et la troisième, 80 la quatrième, et ensuite de moins en moins.

Tous les gi'ains peuvent servir de nourriture aux poules, mais ils ne peuvent pas former leur nourriture exclusive. Les criblures de moulins sont une excellente nourriture. Il en est de même des insectes du fumier, de la viande qu'il faut savoir donner avec parcimonie, des détritus de légumes et de salades.

Les jeunes poussins demandent des soins particuliers. Pour le premier âge, le pain blanc émietté, le millet blanc, les œufs durs hachés sont les meilleurs aliments ; le petit blé doit être donné un peu plus tard. Quand les poulets ont quitté leur mère, il faut leur donner un supplément de nourriture composé de criblures; pour que les autres volailles ne les en frustrent pas, il faut leur donner cette nourriture à part. Il en est de même pour les jeunes pousses de légumineuses ou de salades qu'il est important de leur donner aussi pour les rafraîchir.

La régularité dans la distribution de la nourriture de la basse-cour doit être observée avec le plus grand soin. Le matin et le soir sont les deux moments les plus favorables.

Les races gallines sont nombreuses en France : il en est beau, oup qui se font remarquer par leur précocité, la qualité de leur chair, leur aptitude à donner beaucoup d'œufs. Les races les plus estimées soin:

1° La race de Crèvecœur, à laquelle se rattachent les races de Houdan, de la Fîèche et du Mans ; 2" Les races de Bresse ;

3° Les petites races de Barberieux, de Caussade, de Sologne, etc.

Les races étrangères les plus estimées sont les races cochinchinoises do Dorking, Brahma-Poutra, deBréda, de Hambourg, do Padoue, etc. Mais ce sont plutôt des races de volière que des races destinées aux basses-cours ordinaires ; elles demandent des soins spéciaux qu'on ne peut leur donner partout. Les meilleures pondeuses sont les poules de la Flèche, de Bruges, du Brésil, le coucou de France, les javanaises.

L'engraissement des volailles est une industrie spéciale, qui se fait le plus souvent avec des appareils de gavage dont il n'y a pas lieu de s'occuper

Il en est de même de l'incubation artificielle. Pendant longtemps, on a cherché en vain des appareils permettant de remplacer la poule couveuse et de faire venir des poussins à volonté. Aujour d'hui le problème est résolu Avec une dépense relativement faible, on peut faire éclore autant d'œufs qu'on le désire et augmenter dans des proportions colossales le nombre de poussins produits dans la basse-cour. La production des poulets par l'incubation artificielle est devenue une industrie florissante autour de Mantes, dans le département de Seine-et-Oise.

• Colombier. — On connaît un très grand nombre de races de pigeons qui, toutes, paraissent descendre du pigeon bizet ou fuyard qui peuple encore la plupart des fermes. Le nombre des variétés est

aujourd'hui presque infini: il en est quelques-unes qui présentent des caractères très curieux.

Toutes les races de pigeons vivent à l'état demisauvage. Ces oiseaux errent pendant le jour pour chercher leur nourriture, et ils rentrent la nuit au colombier. Les races qui s'accommodent de la vie de volière sont rares; la plupart ne la supportent que lorsque la volière est spacieuse, entretenue avec une grande propreté et surtout ouverte une partie de la journée.

Dans les maisons de campagne, le pigeonnier est souvent un objet de luxe qu'on entretient avec soin, sans compter avec les dépenses qui peuvent en résulter. Dans les exploitations rurales, les colombiers doivent être une source de profits. On leur donne souvent la forme de tour ; mais, au point de vue de l'économie et de l'installation, la forme carrée est peut-être préférable.

Le colombier doit être éiabli sur un terrain sec et dans la partie la plus tranquille de la ferme. Il est bon de ménager à ses divers étages des galeries ou parties saillantes de 25 centimètres environ. Dans l'épaisseur des murs, ou mieux accolés à ceux-ci, sont établis des nids ou pondoirs, en nombre d'un tiers plus grand que celui des paires d'habitants. Ces nids sont en osier, en planchettes, ou même en maçonnerie.

On accuse souvent les pigeons de dégâts dans les champs ; ces dégâts ne sont sérieux que quand on ne leur donne pas à la ferme une nourriture suffisante. Celle-ci doit surtout consister en grains et en criblures.

Les produits du colombier se composent des pigeonneaux qu'on vend, des pigeons réformés et engraissés, des plumes, et enfin du fumier ou colombine. Un colombier de 300 paires de pigeons peut donner un bénéfice de 175 à 180 francs par an, que l'on obtient sans dépenses considérables.

Quand on n'a qu'un petit nombre de pigeons, on établit souvent le colombier à une ouverture de toit, sur la ferme ou sur une annexe.

Canard. — De tous les oiseaux de basse-cour, le canard est le plus facile à élever. On en connaît de nombreuses variétés dont les naturalistes sont unanimes à retrouver la souche dans le canard sauvage.

Les variétés les plus estimées sont celles de Rouen et de Toulouse

Les jeunes canards demandent après leur naissance des soins analogues à ceux réclamés par les poussins. Il ne faut pas les laisser aller à l'eau avant l'âge de cinq à six jours. Leur développement se fait rapidement, car ils sont d'une voracité exceptionnelle.

L'engraissement des canards se fait avec des farineux, des racines cuites, des glands concassés, etc. Dans quelques parties de la France, cet engraissement et la préparation des foies gras forment une importante industrie.

Oies. — L'oie est un des oiseaux les plus utiles dans la basse-cour. On en connaît, en France, deux variétés : l'oie commune et l'oie de Toulouse. Cette dernière a une taille un peu plus grande, et elle atteint un poids plus considérable ; ses formes sont épaisses et ramassées, ses pattes courtes, son ventre tombant.

L'oie vit à l'état demi-sauvage; elle aime h parcourir les vergers, les prairies, les vignes, etc. ;mais il est bon de lui réserver des pâturages spéciaux, ou de la mener sur les chemins en herbes, sur les chaumes après la moisson. Les oies destinées à l'engraissement doivent être séquestrées.

On estime que dix mères et deux mâles produisent en moyenne 300 œufs par an. La première ponte, la seule utile pour l'élevage, n'atteint que le tiers du chiffre total.

L'industrie de l'engraissement des oies à Toulouse et à Strasbourg est célèbre depuis Icng-

BATRACIENS

BATRACIENS

temps. Par un engraissement pousse- à rexirêmc et des soins spéciaux, on développe chez ces animaux la maladie du foie gras.

La plume et le duvet de l'oie sont utilisés ; on les recueille avec soin, les jeunes oisons sont plumes à l'âge de doux à trois mois ; quantaux oies adultes, on leur fait cette opération environ deux ou trois fois par an.

Dindon. — Beaucoup moins répandu dans les basses-cours que les précédentes espèces, le dindon est surtout élevé pour sa viande. On distingue, en France, trois variétés du dindon domestique : la blanche, la grise et la noire.

Le dindon doit occuper dans la basse-cour un bâtiment spécial analogue au poulailler. La dinde est excellente couveuse, et on rcmjjloie souvent à couver les œufs de poule. Des soins minutieux doivent lui être donnés pendant l'incubation.

Lajiin. — Le lapin est l'animal de toutes les basses-cours ; c'est surtout celui de la basse-cour du petit cultivateur.

On distingue trois variétés du lapin domestique : le lapin gris, le lapin argenté, le lapin d'Angora. Ces deux dernières sont les plus estimées.

On élève le lapin dans des clapiers. On donne ce nom à des cabanes disposées dans une petite cour pavée et entourée de murs à fondations assez profondes. Les cabanes des mâles et celles des femelles doivent être isolées.

A chaque portée, on ne laisse généralement que les six plus beaux lapereaux à la mère. La mère doit être nourrie avec un soin plus grand quand elle a ses petits. — La première condition de réussite dans un clapier, c'est d'y entretenir une excessive propreté, de nettoyer souvent les cabanes, et d'enlever toutes les déjections qui les salissent. — Le lapin peut être une source de profits relativement élevés quand il est élevé avec soin.

[H. Sagnier.]

BATRACIENS. — Zoologie, XX. — [Etym. : du grec batracos, grenouille). — Les Batraciens, confondus autrefois avec les lézards et les tortues sous le nom de Quadrupèdes ovipares, furent isolés par Brongniart, en 1805, et formèrent un ordre dans la classe des Reptiles. En 1816, de Blainville alla plus loin, et établit la classe des Batraaefu ; mais cette manière de voir n'a été généralement adoptée que tout récemment.

CLASSIFICATION

On les divise en trois ordres, dont deux seulement appartiennent à l'Europe ; ce sont les A.nou- MEs, à tronc ramassé, sans queue, mais munis de quatre membres; les LRODÈLEs,à tronc allongé, possédant des membres et une queue

Les Anoures d'Europe ont été répartis par Duméril dans les trois familles des Hylâsformes, des Bufonitormes et des Mniformes.

Les Hylxformes sont caractérisés par les disques ou pelotes visqueuses qui terminent les extrémités de leurs doigts et de leurs orteils, et permettent à ces animaux d'adhérer aux surfaces lisses. En rapport avec cette organisation, ils ont des mœurs arboricoles. En outre ils possèdent des dents à la mâchoire supérieure et au palais. Notre Rainette verte {H y la viridis, Laur.) est le seul représentant du groupe en Europe.

Les Bu foiii formes n'ont pas les extrémités des doigts dilatées, et ne possèdent de dents ni à la mâchoire ni au palais. Cette famille comprend le le genre Crapaud {Bufo), dont la France possède deux espèces, lo C. commun [B. i ulgaris, Laur ) et le C. calamité {B. catamita, Laur.\ Une troisième espèce, le C. vert {B. viridis, Laur.j est européenne, mais a été signalée à tort dans la faune française.

Enfin les Ranifori7ies n'ont pas les extrémités des doigts dilatées, et ont la mâchoire supérieure

et le palais armés de dents. Les progrès de la science ont amené la nécessité de démembrer ce groupe trop hétérogène. Les dix espèces qui le représentent en Europe (la France en possède huit), paraissent devoir être réparties dans les quatrcs familles suivantes :

L Ranidés. — Le seul genre Grenouille (Rana) représente chez nous cette famille, et peut à son tour se décomposer en deux sous-genres ; l'un d'eux, celui des Aquatiques, ne contient que la grenouille verte ; et l'autre, celui dos Terrestres [R. teniporaria, L.) comprend trois espèces européennes. Deux d'entre elles, l'Agile {R. agilis, Thomas), méridionale, et la Housse {R. fusca, Rœsel), septentrionale, habitent la France.

II. t^i'lohalides. — Deux genres et trois espèces d'Europe et de France : les Pelotâtes hnm {Pelobates f'uscus, Laur.) du 1^0Tà,etculfripède (P. culfripes. Cuvier) du xMidi ; et le Pélodyte pnnctué [P. punctatus, Dugès). ce dernier très-répandu dans notre patrie, et s'étendant fort peu au-delà, in, Bombinolorides. — Deux genres européens, chacun d'une espèce. L'une d'elles, le Disc^'f/losse {Discoglossus picfus, Otth.), habite le pourtour et les îles de la Méditerranée, mais reste étrangère à la France ; tandis que l'autre, le Sonrieur [Bornbinator igneus, Laur.) est fort commune dans les localités calcaires ou argileuses de notre patrie. IV. .i/gtidfs. — Un seul genre et une seule espèce, VAlyte accoucbeur (Alytes ohstetricans, Laur.) excessivement commun par toute la France dans la plaine comme dans la montagne où il s'élève jusqu'à 1,000 mètres d' altitude.

L'ordre des Urodèles (k queue apparente) se divise on deux sections : l'une, sous le nom de Caducibranches, comprend les espèces dépourvues, dans l'âge adulte, de branchies et même de toute trace de perforation des côtés du cou; elle ne contient que la famille des Salamandrides; l'autre, sous la désignation de Pérennibranches ou Trémadotères (cou percé), renferme les espèces dont le cou reste perforé durant tonte In vie.

Nous ne parlerons que des Salamandrides et nous citerons d'abord deux salamandrides exotiques, VOnyclwdactyle au .lapon {Onyhodactylus Schlegeli, Tschudi), remarquable par la taille considérable qu'il atteint (plus d'un mètre , et par les étuis cornes qui enchâssent les extrémités de ses doigts : et le Siredon Huiuholtii, du Mexique,, acclimaté dans nos aquariums, et longtemps classé dans la famille précédente, alors que l'on ne connaissait que sa larve branchiée, VAxolotl mexica7ius.

En Europe cette famille est représentée par treize espèces dont neuf seulement se trouvent en Franco, et s'»nt réparties en trois genres.

Le genre Salamandi-e, caractérisé par une queue arrondie et par la présence de parotides sur les côtés de la nuque, comprend la Salamandre commune {Sala mandramaculosa, Laur.), répandue par toute la France; et la noire(S. atra, Laur.), spéciale aux Alpes, vivant jusqu'à 3 000 mètres d'altitude, et ne descendant guère au-dessous de 850 mètres.

Le genre Euprocte a la queue aplatie en rame comme les Tritons, mais est toujours dépourvu de la crête qui orne au printemps le dos des mâles de ces derniers. Une espèce française habite les lacs élevés des Pyrénées, et une autre européenne est signalée en Sardaigne et en Sicile.

Enfin le genre Triton compte en Europe et en France six espèces qui sont: le Crète (Triton cristatus, Lsiuv.), le Triton de B/asius {T. Blasii, de risle), le Marbré (T. marmoratus, Latr.), l'Alpes- Ire [T. alpestris, Laur.), le Ponctué (T. parisinus, Laur.', et le Palmé [T. palmatus, Schneid. .

Le Triton de Blàsius n'a jusqu'à présent été trouve qu'en Bretagne. Tous les autres se rcncon-

BATRACIENS

BATRACIENS

Irent aux environs de Paris; le Marbré et le Palmé seuls paraissent exister dans le midi.

Aux trois ordres qui composent de nos jours la classe des Batraciens, il convient d'en ajouter un quatrième, si l'on veut tenir compte des espèces qui ont vécu dans les temps géologiques. C'est •celui des Dinobutracien'i ou Laln/rinthodoiitcs, •animaux pour la plupart gigantesques, dont on trouve les débris dans les terrains du trias et dans ceux de l'étage carbonifère. Les trois ordres actuellement existants ont eu d'ailleurs des représentants depuis des époques très-reculées, et Gaudry a récemment signalé l'existence des Urodèles jusque dans le terrain primaire.

Le tableau suivant comprend toutes les espèces françaises, et permettra d'arriversans trop de peine au nom de l'une quelconque d'entre elles. Il suffit, étant donné un batracien qu'on veut clas>er, de se poser successivement les questions indiquées et de se reporter, suivant la réponse, à l'un des deux numéros indiques à droite, jusqu'à ce qu'on trouve le nom de Vespèce.

Nous donnons ici ce tableau complet pour un double motif, d'abord pour servir de spécimen des tableaux dichotomiques dont on se sert aujourd'hui dans tous les traites d'histoire naturelle, et qu'un instituteur doit au moins savoir lire, ensuite parce que les batraciens, étant communs chez nous et d'une chasse aisée, sont peut-être, de toutes les espèces animales, celle qu'il est le plus facile de faire étudier aux élèves, à ceux des écoles normales surtout: la distinction des principaux types est à la fois assez nette et assez délicate pour donner lieu à un excellent exercice d'observation et pour initier l'élève aux principes de la classification naturelle.

Batraciens de France.

. ) Corps ramassé. Pas de queue oràrc Anoures.

\ Corps allongé. Une queue orArc L'roOcles.

c \ Extrémités des doigts dilatées. . espèce l. Hainette. " \ Non

i Pas de dents à la mâchoire supérieure et au pa-

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