CLE
a beaucoup d'espèces de produit et que la plupart des races domestiques en donnent de diverses sortes.
C'était autrefois une opinion à peu près générale en agriculture que le bétail est un mal nécessaire. Cette opinion reposait sur de faux raisonnements et une comptabilité erronée. Les faits ont d'ailleurs fini par mettre la vérité complètement en évidence. Aujourd'hui les agriculteurs mettent tous leurs soins à garnir leurs étables du plus grand nombre possible d'animaux. Ce nombre est d'ailleurs limité par la quantité de nourriture dont la ferme dispose. Quant aux races vers lesquelles doit se porter le choLs, cela dépend du climat, du but que l'on veut atteindre, des débouchés, etc. L'agriculteur qui est à proximité d'une grande ville toui-nera volontiers son attention vers la production du lait, vu le bénéfice qu'il en retire. Celui qui aura de riches et abondants herbages à sa disposition se livrera plutôt à l'élevage, tandis que l'engraissement sera la meilleure opération pour une ferme qui est voisine d'une sucrerie ou d'une distillerie de betteraves, et qui peut ainsi se procurer de grandes quantités d'une nourriture abondante pour ses bûtes.
A côté des divers produits qu'on en tire, le bétail laisse dans la ferme un véritable trésor par son fumier. Aujourd'hui que l'on connaît la nécessité de restituer au sol les principes qui lui ont été enlevés par les récoltes, on a compris que le fumier est le meilleur agent de cette restitution. Sans bétail, pas de fumier; sans fumier, pas de rcco.ies abondantes, mais des produits maigres et un appauvrissement rapide du sol.
Le rùle du bétail en agriculture est donc bien défini, c'est le plus puissant agent de production. La valeur de cet agent va sans cesse en augmentant, car les prix de vente des produits qu'il donne s'élèvent d'année en année surtout en ce qui concerne la viande. Cette plus-value ne peut que se maintenir, au grand bénéfice des agriculteurs, car la consommation de la viande s'accroît de plus en plus, et c'est un aliment qui n'est plus abandonné par les populations quand elles en ont pris l'habitude.
Ces considérations générales étant données, nous renvoyons, pour ce qui concerne chacune des espèces d'animaux domestiques, aux mots Ane, Bœuf, Cheval, Mouton, Porc, Basse-cour; on trouvera aussi des détails instructifs au mot Animaux domestiques.
Ouvrages à consvilter : Le Livre de la feitne et des maisons de campagne ; Traité de zootechnie oit économie du bétail, par A. Sanson.
[Henri Sagnier.]
BIOLOGIE. — (Étym. du grec: science de la vie). — Ce mot, créé à la fin du siècle dernier par un naturaliste allemand, fut employé pour la première fois par le naturaliste français Lamarck, en iS02, et introduit dans la langue scientifique parle chef de l'école positiviste, Auguste Comte.
La biologie, d'après M. Littré, est « la science qui a pour sujet les êtres organisés et dont le but est d'arriver, par la connaissance des lois de l'organisation, à connaître les lois dos actes que ces êtres manifestent. >< Prise d'abord dans un sens restreint, présentée avec un caractère systématique et exclusif par les positivistes, la biologie est aujourd'hui généralement reconnue comme la science ou plutôt comne le groupe de sciences qui embrasse, de la manière la plus générale, toutes les études relatives aux êtres vivants. Sans aborder, comme l'histoire naturelle, la classification détaillée des espèces, elle, comprend la physiologie, l'anatomie et toutes leurs annexes ; elle les complète par l'étude des milieux et des conditions externes du développement delà vie sous ses différentes formes; enfin, elle a prétendu y ajouter l'étude des facultés intel-
lectuelles et morales ou psychologie* et celle de l'éducation ou pédagogie* . Bien que ces deux dernières sciences touchent par plusieurs points d'une façon très intime à la biologie, il convient de les en distinguer, les faits qu'elles ont à étudier formant, au sein des phénomènes biologiques, un groupe distinct par sa nature, par les méthodes qu'il exige, par les résultats qu'il met en lumière, par sa portée philosophique et sociale.
Pour ne pas répéter ici l'exposé général des questions fondamentales de la biologie, nous renverrons aux mots Régîtes {Les trois) et Vie. Voir
aus«i Physiologie et Végétai,
BLE. — Agriculture, VI. Connaissances usuelles, IV. — {Etym. douteuse; on écrivait au moyen âge bief, plus tard bled ; le mot paraît venir d'une racine commune à plusieurs langues germaniques, qui se retrouve dans l'allemand moderne blatt, feuille et qui avait donné lieu au bas-latin bladum, d'où est venu bled.)
Demandez aux meilleurs élèves d'une classe ce qu'ils savent sur le blé : leurs réponses vous étonneront d'abord par leur nullité, puis vous remarquerez que ces enfants n'ont eu aucune occasion d'acquérir sur ce sujet, comme sur tant d'autres qui devraient leur être familiers, des notions même trèsélémentaires. Et malheureusement les enfants ne se trouvent pas seuls dans ce cas. Résumons quelques-unes des notions que l'enseignement populaire peut et doit répandre. —(V.) aussi Cérrnles.
Importaiice du blé pour L'alimetitatioti humaine. — Le blé constitue pour nous et pour les habitants d'une notable partie du globe la base de l'alimentation : là où il est en usage, le langage populaire prend le blé, le pain, comme type d'aliment, l'on dit : travailler pour gagner du pain, et quand l'homme s'adresse au Créateur pour réclamer la nourriture nécessaire, il lui demande « le pain quotidien ». C'est que le blé, le pain, constitue l'aliment par excellence. Aussi sa culture s'étend progressivement dans tous les pays capables de le produire, et les facilités de transport réalisées depuis un quart de siècle ont fait adopter l'usage du pain dans beaucoup de régions où on le remplaçait par le produit d'autres graminées comme le seigle et l'orge; par les graines du sarrasin, du mais, du riz ; par les fruits du chêne, du châtaignier, de l'arbre à pain, la racine de manioc et par une foule d'autres aliments répandus en abondance dans les régions chaudes ou tempérées.
Origine du blé. — Le blé croît spontanément dans plusieurs contrées de l'Asie : On trouve des renseignements sur sa culture dans des livTCS chinois qui remontent à plusieurs siècles avant notre ère. En Egypte, on a recueilli quelques grains de blé parfaitement conserves dans des tombeaux dune très haute antiquité. En Europe, on a retrouvé des grains de blé, quelquefois même de grandes prot-isions, dans les stations lacustres de la Suisse, et on y peut reconnaître les mêmes espèces de froment qui sont encore cultivées dans le Midi de l'Europe.
Ainsi le blé remonte jusqu'aux origines préhistoriques de la civilisation. Avant la culture du blé, il n'y avait (}ue des hordes nomades et sauvages, obligées de camper là où les forêts leur offraient spontanément des fruits âpres et de dures racines, là où la cliasse et la pêche leur procuraient une nourriture plus substantielle, et plus tard dans les pâturages naturels où pouvaient vivre les troupeaux.
Le jour où la première famille sema du blé autour de sa tente, dans des trous creusés avec un simple bâton, elle assura ce premier idéal de l'humanité : le pain quotidien gagné par un travail régulier, sédentaire, au milieu des joies de la famille. Est-il étonnant que la tradition légendaire ayant perdu le nom de ce providentiel initiateur, ait fait hommage à l'Être suprême de cette source de civilisation, en