‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 129 sur 593 · BŒUF · texte numérisé non relu

BŒUF

BOEUF

4" La race britannique, confinée dans les Iles britanniques, et qui comprend les variétés de Galloway, d'Angus, de Norfolk et de Suffolk.

b° La race des Alpes, à laquelle appartiennent les variétés suisses, wurtembergeoises, tyroliennes, et en France les variétés tarentaise, gasconne et ariégeoise ou de Saint-Girons.

fio La race d'Aquitaine, à laquelle se rattachent les variétés françaises : agenaise, garonnaise, limousine et de Lourdes.

La deuxième catégorie, celle des brachycéphales, comprend également six grandes races :

1" La race asiatique à laquelle il faut rattacher les variétés de la Russie méridionale, de l'Autriche et de la Hongrie, de l'Italie, et en France colle dite de la Camargue.

2° La race ibérique, dont l'aire s'étend sur les îles de la Méditerranée, l'Algérie, l'Espagne et le Portugal, et comprend en France les variétés pyrénéennes, carolaisc et landaise.

.3" La race vendéenne, confinée en France dans les variétés niaraichine, nantaise, poitevine, raarchoise et d'Aubrac.

4'' La race auvergnate, qui comprend les variétés du Cantal et du Puy-de-Dôme.

6° La race jurassique, une des plus importantes par le nombre des variétés quelle renferme, et qui comprend, en Suisse, les variétés du Simmenthal, bernoise, fribourgeoise ; en Allemagne, celle du Donnersberg ; en France, les variétés comtoise, fémeline, charolaisc, nivernaise et bourbonnaise.

G° La race écossaise, qui appartient aux hautes terres d'Ecosse.

La population bovine a présenté naturellement des croisements fortiiits ou voulus entre ces diverses races; il en est résulté des métis nombreux. Les principaux croisements, auxquels on donne souvent le nom de race, sont, d'après M. Sanson : les manceaux, les bazadais, les mézenc, les Villars-de- Lans, en France. Il est inutile d'insister sur ceux qui se sont produits dans les autres pays de l'Europe.

Il est facile de rapporter à cette classification naturelle les races ou variétés qui sont généralement admises en France, et qui entrent notamment dans les programmes des concours régionaux. Les principales sont les suivantes :

Races normandes, qui se divisent en cotentine, bessine, augeronne, etc. Ces variétés se recommandent par leurs remarquables aptitudes laitières, aussi bien que par la qualité de leur viande.

Race flamande: c'est aussi une race éminemment laitière ; elle s'est surtout répandue dans le nord de la France.

Race charolaisc, qui a son siège dans le centre de la Franco. Une habile sélection est panenue. dans les trente dernières années, à en faire une excellente race de boucherie, d'une précocité remarquable, tout en lui conservant ses qualités de bête de travail. En voici les principaux caractères : robe blanche à poils soyeux, corps cylindrique, dos droit et large, culotte très développée, poitrine ample et profonde ; ossature fine, peau bien détachée, tète courte et large munie de cornes de moyenne grandeur, physionomie douce.

Race garonnaise, très estimée pour le travail, mais d'une conformation moins régulière que la précédente ; néanmoins elle s'engraisse assez facilement, et par la sélection on en a développé la précocité. Les femelles sont médiocres laitières.

Race limousine. Cette race est classée au premier rang pour son aptitude au travail ; dans ces derniers temps, on est arrivé à lui donner une grande précocité à l'engraissement. Elle se place au premier rang des races françaises pour le rendement et la qualité de la viande. Les animaux do la race limousine ont la tète légère, le pelage souvent rouge, les reins bien souti-nus, les cotes ron-

des, les membres courts et charnus. Cette race a aujourd'hui une place spéciale parmi les races de boucherie ; mais les vaches sont de médiocres laitières.

Race fémeline. Cette race jouit des mêmes qualités que la précédente au double point de vue de l'aptitude au travail et de la qualité de la viande, mais elle est, dans la généralité des cas, plus lente à prendre la graisse, et elle a un développement beaucoup moins rapide. Une autre différence est dans les qualités de la vache fémeline comme laitière. Les animaux de cette race ont la tête fine, le corps allongé, la poitrine étroite, mais le train de derrière est développé et les jambes sont courtes et fines. La race fémeline appartient au type comtois ; elle est à peu près exclusivement confinée dans les départements de la Haute-Saône et du Doubs.

Race parthenaise. Elle constitue la population bovine de la plus grande partie des départements de la région occidentale de la France. C'est un mélange de plusieurs variétés, comme on l'a vu plus haut. Cette race peut être considérée comme réalisant les trois aptitudes de l'espèce bovine : le travail, la faculté d'engraissement rapide et la qualité laitière. Les caractères généraux de ces animaux sont une ossature fine, un corps bien proportionné et régulier, une tète légère présentant un front large et plat, muni de belles cornes bien dirigées. L'œil est vif et doux. Les bœufs sont excellents pour le travail ; après avoir été mis à la charrue pendant quelques années, ils sont engraissés dans les prairies, où ils se développent rapide ment, et conduits à la boucherie. Les bœufs parthenais, dits encore choletals, sont recherchés par les agriculteurs du nord, qui les emploient d'abord à leurs travaux, et les engraissent ensuite facilement avec les pulpes de sucrerie. Les vaches de la race parthenaise présentent tous les caractères de bonnes vaches laitières, et elles en ont les qualités.

Race tarejitaise . Cette race est surtout répandue dans le sud-est ; elle est de petite taille, et elle se recommande à la fois par sa rusticité et par ses qualités laitières. Le pelage est gris clair; le corps est ramassé avec des jambes courtes, un fanon légèrement descendu, la tète courte et le front large. Depuis quelques années, la race tarentaise est descendue des régions alpestres jusque sur les bords de la Méditerranée, où elle se maintient avec ses qualités, malgré la chaleur du climat.

Race bretonne. C'est la race essentiellement laitière des pays pauvres. Elle est de taille petite, avec des membres courts et un peu grêles, mais d'une finesse tout à fait remarquable. La robe est ordinairement pie noire : elle a la peau fine et souple. Dans quelques parties do la Bretagne, mieux cultivées et plus fertiles, la race bretonne a acquis plus de développement.

liace Durham. Quoique d'origine anglaise, cette race peut être considérée aujourd'hui presque comme une race française, grâce aux nombreuses importations qui en ont été faites à diverses époques. La race Durham est la race de boucherie par excellence ; jamais pour d'autres races on n'est arrivé à une aussi grande l'éduciion du squelette et des abats, et à un aussi complet développement des parties charnues. Jamais non plus on n'a, d'une manière générale et normale, atteint une aussi gi'ande précocité dans la maturité de la viande. Mais c'est une race très exigeante qui demande une nourriture abondante et choisie, et qui dépérit rapidement dans les milieux qui ne lui conviennent ((ue médiocrement. C'est stirtoutdans l'ouest de la Franco, et notamment dans les départements de la .Mayenne et de Maine-et-Loire, que l'on rencontre aujourd'hui le plus gi-and nombre d'étables dednrhams ; ces animaux s'y sont à peu près complètement substitues à l'ancionne race du pays.

BOILEAU

BOILEAU

Si le choix des races est un point délicat, et s'il faut à un agriculteur beaucoup de tact pour juger de la voie dans laquelle il doit s'engager, il n'est pas moins difficile et parfois laborieux de bien déterminer les qualités particulières des animaux qu'il s'agit d'élever ou d'acheter. Les aptitudes individuelles jouent, en effet, le plus grand rôle dans le succès d'une étable. On dit vulgairement qu'il y a des bestiaux qui paient les fourrages deux fois plus cher que d'autres. C'est une assertion d'une vérité absolue. Le choix de l'agriculteur doit se porter sur ceux qui paient le fourrage le plus cher, c'est-à-dire qui savent le mieux en profiter. Cette faculté de discernement des qualités des animaux s'acquiert par une observation attentive, et l'agriculteur doit s'efforcer de la posséder à fond.

[Henri Sagnier].

Ouvrages à consulter. — Sauson, Traité de zootechnie ; Villeroy. Manuel de l'éleveur des bêtes à cornes; Kuhn, Traité de ialiinenlation des bétes bovines.

BOILEAU-DKSl'IlEALX (NicoLAs;. — Littérature française, XIV.

Boileau, qui, sans avoir le génie de Corneille, de Racine et de Molière, est pourtant de la compagnie de ces grands hommes, comme l'a dit Victor Cousin, Boileau le réformateur de la poésie, le poète didactique et satirique le plus célèbre des siècles littéraires, naquit le 1"^ novembre 1636, non pas à Crosne, près Paris, comme il a été dit quelquefois, mais à Paris même, en son centre, dans le petit îlot qui fut le berceau de la grande ville, rue de Jérusalem.

Tout près de là, dans la même rue, naîtra un peu plus d'un demi-siècle après (20 février 1694) un autre grand critique, mais dont l'action s'étendra au delà du domaine des lettres, Arouet de Voltaire.

Boileau était fils d'un greffier de grand'chambre du Parlement de Paris. Il vint au monde le dernier d'une famille qui comptait déjà quatorze enfants. 11 perdit sa mère à deux ans. Son enfance fut vite sevrée de caresses, presque délaissée, solitaire et de plus maladive et souffreteuse : il était encore au collège quand il dut subir la terrible opération de la pierre. C'est peut-être dans ces tristes circonstances du début de sa vie qu'il faut chercher la première raison du caractère un peu chagrin, sourcilleux et revèche qu'aura plus tard la poésie de Boileau. Sa muse, dit Sainte-Beuve, n'a jamais eu le premier timbre ému de la jeunesse : elle a de bonne heure les cheveux gris, le sourcil gris.

Destiné, peut-être à cause de la faiblesse de sa santé, à entrer dans les ordres, Boileau avait fait sa théologie en Sorbonne. Il était déjà tonsuré et pourvu d'un bénéfice, quand un jour, renonçant à la théologie et à son prieuré, il quitta la Sorbonne pour l'École de droit et se fit recevoir avocat (4 septembre 16. ,6). Quelque temps après, il renonça au droit pour la culture des lettres. Cette fois son génie avait trouvé sa voie véritable. Sa famille, loin de l'avoir deviné, ne voyait en lui qu'un « sot ». Son père, plus indulgent, disait de lui : « C'est un bon garçon (|ui ne dira jamais de mal de personne. » Le digne homme ne vécut pas as<ez pour voir son fils composer les œuvres qui devaient donner un si complet démenti à sa prophétie. Il mourut en 1657, laissant une petite fortune.

Pour bien apprécier le vrai rùle de notre poète, juger son œuvre et en mesurer l'influence, il faut se rappeler quel était, au moment oii il parut, l'état de la poésie française. L'emphase espagnole et l'afféterie italienne dominaient souverainement. On admirait des écrivains aujourd'hui oubliés ou dont les I oms ne subsistent plus que grâce aux satires de Boileau et comme des personnifications de la sottise prétentieuse. Ceux mêmes qui avaient de réels méi-iies sacrifiaient au mauvais goût de l'époque et souvent ne se faisaient applaudir qu'à

ce prix. La réunion des beaux esprits qui se tenait à l'hôtel de Rambouillet et qui donnait le ton à la mode, encourageait la fausse élégance, l'esprit maniéré, le style « précieux », l'affectation dans la pensée et dans l'expression. Le génie même de Corneille, qui venait de fonder chez nous le théâtre classique par une succession de chefs-d'œuvre, n'avait pu l'emporter décidément sur le faux goût de l'époque, et il se trouvait encore de prétendus connaisseurs pour lui préférer Scudéry. Molière, qui pourtant avait déjà écrit les Précieuses ridicules, était à peine compris encore. Pour qu'il soit applaudi, il faudra que Boileau vienne révéler à Louis XIV tout étonné que Molière est l'homme qui honore le plus son siècle.

Dans de telles circonstances, en présence dune opinion indécise encore, le rùle de Boileau fut de rompre en visière au mauvais goût et d'apprendre à son siècle à aimer le vrai, le naturel, le simple, le beau.

Il eut d'abord à combattre les méchants écrivains et leurs sots admirateurs : c'est le premier service qu'il rendit à notre littérature nationale, et ce fut l'œuvre des Satires.

Les Satires de Boileau. — Les Satires déblayèrent en quelque sorte le terrain : elles attaquaient en face les écrivains et les écrits qui avaient faussé le goût du public, elles commençaient notre éducation littéran-e en nous débarrassant, parfois de vive force, d'une foule de préjugés et de conventions ridicules, mais jusque-là réputées inattaquables. Il fallut à Boileau, qu'on ne l'oublie pas aujourd'hui, pour engager cette campagne, non-seulement cette ferme conviction et cette droiture de sens, cet amour de la vérité, qui, dit-il très bien, luiinspira dès quinze ans la haine d'un sot livre, mais aussi un grand fonds de courage, de persévérance et de force morale. Il n'est pas si aisé qu'on le croit de prendre et de soutenir ce rôle de critique et de réformateur du goût . Il n'est pas sans danger, Boileau en fit lui-même l'expérience,

D'appeler chat un chat, et RoUet un fripon.

Enfin il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir répondre à Louis XIV, comme le fit Boileau consulté sur les vers que Louis XIV lui-même avait daigné faire : c Sire, rien n'est impossible à Votre Majesté : elle a voulu faire de mauvais vers, elle y a parfaitement réussi. »

C'est vers 1660 qu'on commence à se passer sous le manteau les copies des satires; c'est en 1666 que parut le recueil des huit prt^mières. Boileau en a écrit, douze, les unes littéraires, les autres sur des lieux communs de morale. Toutes ne sont pas également parfaites.

La neuvième [A mon espriti a toujours passé pour la meilleure. « C'est peut-être le chef-d'œuvre du genre, » a dit Fontancs. « Cest un chof-d'oeuvre de gaieté satirique, le modèle du badinage ingénieux, » a écrit de son côté La Harpe. Et nul critique n'est venu depuis contredire La Harpe et Fontanes. Dans aucune, en effet, Boileau ne s'est montré aussi plein de verve, n'a fait preuve de plus de goût et de finesse d'esprit.

La satire sur Y Homme (la viiie) a du mouvement, de la variété et parfois même de l'élévation. La ii"= satire {L'accord de lu rime et de la raison), dédiée à Molière, fut lue devant lui en 1664. Quand on arriva à ce passage :

Un sot, en écrivant, fait tout avec plaisir.

Et toujours amoureux de ce qu'il vient d'écrire, Ravi d'étonnemcnt en soi-même il s'admire. Mais un esprit sublime en vain veut s'élever A ce degré parfait qu'il tâche de trouver ; Et, toujours mécontent de ce qu'il vient de faire, Il plaît à tout le monde, et ne saurait se plaire.

Molière, «frappé comme d'un trait de lumière, «

BOILEAU

BOILEAU

quh.ta son siège, courut au jeune poète et lui dit en lui serrant la main : « Voilà une des plus belles vérités que vous ayez dites. Je ne suis pas de ces esprits sublimes dont vous parlez; mais tel que je suis, je n'ai rien fait en ma vie dont je sois véritablement content. »

Parmi les autres satires, on peut lire, mais il ne faut pas prendre comme modèle irréprochable, les Embarras de Paris, le Fesn7i ridicule. Ces morceaux, qu'on place souvent dans les recueils populaires, manquent d'élévation, et risqueraient, si l'on n'en présentait pas d'autres aux jeunes gens, de leur donner une fausse idée de Boileau. Les satires morales elle-mêmes ne sont pas la partie la plus originale de son œuvre : celle contre les femmes est une boutade trop prolongée et parfois un peu lourde sous sa forme hyperbolique; c'est dans la satire littéraire qu'il a vraiment excellé et qu'il a, on peut le dire, exercé une véritable magistrature sur les esprits. Il était seul au début quand il s'attaqua aux célébrités du jour, à Chapelain, par exemple, l'auteur de la Puce/Ze, qui avait eu six éditions en dix-huit mois; quelques années après, il avait gain de cause et l'on ne se souvenait plus d'eux que par ses vers :il avait porté d'avance sur tous ses contemporains presque sans exception le jugement même de la postérité.

il a lui-même, dans sa satire sur le Vrai, parfaitement dit le secret de sa force et de son autorité :

Sais-tu pourquoi mes vers sont lus dans les provinces, Sont recherchés du peuple et reçus chez les princes? Ce n'est pas que leurs sons .agréables, nombreux, Soient toujours à l'oreille également heureux ; Qu'en plus d'un lieu le sens n'y gène la mesure. Et qu'un mot quelquefois n'y brave la césure ; Mais c'est qu'en eux le vrai, du mensonge vainqueur. Partout se montre aux yeux et va saisir le cœur ; Que le bien et le mal y sont prisés au juste ; Que jamais un faquin n'y tient un rang auguste, Et que mon cœur, toujours conduisant mon esprit Ne dit rien aux lecteurs qu'à soi-même il n'ait dit. Ma pensée au grand jour partout s'offre et s'expose, Et mon vers bien ou mal dit toujours quelque chose.

Après avoir, avec l'audace de la jeunesse et avec la puissance dune raison exquise, ruiné la vogue des mauvais rimeurs, des plats écrivains qui tenaient le haut du pavé dans la république des lettres, il restait à Boileau d'indiquer les règles de l'art de bien dire, de fixer les principes de sa doctrine littéraire. C'est ce qu'il fit dans ï Art poétique, public en 1674.

L'Art poétique. — « Ouvrage admirable », selon l'expression de Voltaire, « parce qu'il dit toujours agréablement des choses vraies et utiles, parce qu'il donne toujours le précepte et l'exemple, parce qu'il est varié, parce que l'auteur, en ne manquant jamais ù la pureté de la langue,

Sait d'une voix légère Passer du grave au doux, du plaisant au sévère.

« Ce qui prouve son mérite, c'est qu'on sait ces «ers par cœur ; et ce qui doit plaire aux philosophes, c'est qu'il a presque toujours raison.

« Si vous en exceptpz les tragédies de Racine, qui ont le mérite supérieur de traiter les passions, et de surmonter toutes les difticultés du théâtre, l'Art poétique de Despréaux est sans contredit le poème qui fait le plus d'honneur à la langue française. »

Ce livre, qu'on peut regarder comme la profession de foi littéraire du xvu'= siècle, a survécu à ce siècle et survivra au nôtre. ^lème après la grande révolution littéraire de nos jours qui a brisé tant d'anciennes traditions, qui a affranchi les poètes de tant de règles autrefois sacrées, qui a crée' eniin toute une poétique nouvelle, l'œuvre de Boileau subsiste comme la grammaire la plus sûre de la langue poétique, comme un code des décisions souveraines du bon sens. Combien de ses

préceptes, de ses arrêts sont devenus des axiomes de goût ! Combien sont-ils gravés dans toutes les mémoires ! Et n'est-ce point là le critérium le plus certain de leur mérite poétique ?

Sans entreprendre de l'analyser, rappelons que cet ouvrage est un de ceux auxquels on a donné droit de cité dans l'enseignement primaire, un de ceux sur lesquels portent le plus souvent, à Paris par exemple, les questions d'examen littéraire pour le brevet supérieur. U Art poétique se compose de quatre chants. Le jjremier, qui est comme la préface de l'ouvrage, offre les préceptes généraux que résume ce mot, où Boileau est tout entier :

Aimez donc la raison : que toujours vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix.

Il indique ensuite les applications les plus essentielles de cette grande règle : dans les pensées.

Tout doit tendre au bon sens. Laissons à l'Italie De tous ces faux brillants l'éclatante folie.

Pour l'étendue de l'ouvrage, «évitez l'abondance stérile » •

Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant L'esprit rassasié le rejette à l'instant. Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.

Pour le ton de l'ouvrage, fuyez avant tout la monotonie :

Sans cesse en écrivant variez vos discours.

Un style trop égal et toujours uniforme

En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme.

Fuyez aussi avec un soin égal la bassesse et l'emphase :

Soyez simple avec art.

Sublime sans orgueil, agréable sans fard.

A ces sages prescriptions s'ajoute une revue sommaire de l'histoire de la poésie française, où lîoileau montre quels progrès sont dus à l'influence croissante de la raison sur nos écrivains. Uoileau, comme tous ses contemporains, ne rend pas complètement justice aux origines de notre poésie nationale; il n'a pas compris la grandeur du xvi' siècle ; il juge plus que sévèrement Ronsard, tant il a hâte d'arriver à celui dont il se sent l'héritier direct :

Enfin Malherbe vint, et le premier en France Fit sentir dans les vers une juste cadence, D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir Et réduisit la musi' aux règles du devoir. Par ce sage écrivain, la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée ; Les stances avec grâce apprirent à tomber, Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber.

La fin du premier chant est remplie de préceptes qui sont l'arrêt même du bon sens et du bon goût ; tout le monde les sait par cœur :

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser. Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit ou moins nette ou plus pure. i'.f que l'on conçoit bien s'énonce clairement, 'Et les mots pour le dire arrivent aisément... rravaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse.... Hàtcz-vous lentement et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Polissez-le sans cesse et le repolissez. Ajoutez quelquefois et souvent effacez... Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu, Que le début, la lin, répondent au milieu ; Que d'un art délicat les pièces assorties N'y forment qu'un seul tout de diverses parties.

Enfin ce dernier bon conseil :

Soyez— vous à yous-même un sévère critique... l'aites-vous des amis prompts à vous censurer... Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue.

conseil excellent autant que difficile à suivre.

BOILEAU

COILEAU

tandis qu'il est bien aisé au contraire de trouver dos complaisants, car

Pour finir enfin par un trait de s.itirp, Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.

Le deuxième clmnt a moins de portée au point de vue qui nous occupe : il passe en revue tous les genres secondaires de poésie, tels que l'idylle, l'ode, l'élégie, la ballade, le sonnet, etc. On s'étonne aujourd'hui de ne pas trouver dans cette énumération la fable et le nom de La Fontaine.

Le troisième chant traite de la poésie dramatique (tragédie et comédie) et de l'épopée. Là encore se retrouvent des préceptes éternels comme le bon sens :

Le secret est d'aljonl de plaire et de toucher. Que dans tous \os discours la passion émue A-ille clieicher le cœur, l'écliaulTe et le remue... Jamais au spectateur n'olfrez rien d'incroyable : Le vrai peut quelquefois n'être pas \raisemblable. Une merveille absui-de est pour moi sans appas; L'esprit n'est pas ému de ce qu'il ne croit pas.

Il faut aussi retenir ces deux vers qui énoncent la fameuse règle des trois unités (unité de temps, de lieu et d'action, dans la tragédie classique) :

Qu'en un lieu, qu'en un temps, un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.

L'histoire du théâtre esquissée ensuite n'est pas sans lacune, ni sans inexactitude, mais la critique littéraire n'était pas au temps de Boileau ce qu'elle est devenue depuis.

Enfin le quatrième chant donne des conseils pratiques principalement sur le caractère et la conduite morale do l'écrivain. On n'a jamais parlé aux écrivains langage plus digne, plus ferme, ni plus élevé :

Que votre âme et vos mœurs peintes dans vos ouvrages N'offrent jamais de vous que de nobles images... Aimez donc la vertu, nourrissez-en votre âme. En vain l'esprit est plein d'une noble vigueur : Le vers se sent toujours des bassesses du cœur.

Le Lïdrhi. — C'est en 1674 que parurent les premiers chants d'un petit poème liéroi-comique, le lutrin, composé, dit Boileau, « h. l'occasion d'un différend assez léger qui s'émut, dans une des plus célèbres églises de Paris, entre le trésorier et le chantre. » Boileau a tiré de cette donnée insignifiante un ingénieux badinage, qui est en même temps un modèle de style.

Les Épitres. — Il nous reste à parler des Épîtres de Boileau et du plus aimable aspect de sa vie littéraire. Satirique impitoyable , sévère législateur du Parnasse, il était aussi l'ami généreux, le conseiller et parfois le consolateur de Piacine et de Molière. Quoi de plus noble que son épître à Racine au lendemain do la chute de Phèdve. et tomme on y sent l'homme de cœur? Quoi de plus couchant que cette larme et ce souvenir donnés à Molière, et ce mélancolique exemple de l'injustice liumaine proposé à un autre grand poète pour relever son courage abattu ?

Avant qu'un peu de terre, obtenu par prière. Pour jamais sous la tombe eût enfermé .Molière, Mille de ses beaux traits, aujourd'hui si vantés, Furent des sots esprits à nos yeux rebutés. L'ignorance et l'erreur à ses naissantes pièces. En habits de marquis, en robes de comtesses, Venaient pour dllfamer son chef-d'œuvre nouveau. Et secouaient la tète à l'endroit le plus beau. Le commandeur voulait la scène plus exacte ; Le vicomte indigné sortait au second acte. L'un, défenseur zélé des bigots mis en jeu, Pour prix de ses bons mots le condamnait au feu ; L'autre, fougueux marquis, lui déclarant la guerre, "Voulait venger la cour immolée au parterre. Mais, sitôt que d'un trait de ses fatales mains La Parque l'eut rayé du nombre des humains, On reconnut le prix de sa musc éclipsée.

Combien d'autres traits de sensibilité en môme temps que de haute justice on pourrait recueillir dans les Èpltres, disons mieux, dans toute l'œuvre de Boileau!

Lorsque yl //(«/!>, comme Phèdre, fut mcconnnH du public à son apparition, c'est encore Boileau qui console Racine en lui disant : « C'est votre chef-d'œuvre, on y reviendra. »

Il faut lire aussi l'épitre A Lammcfiioti, avec sa riante description du village où Boileau « fuit les chagrins de la ville », et s'égare un livre à la main, le long de la Seine, dont les bords

Sont couverts de saules non plantés Et de noyers, souvent du passant insultés.

L'épitre A monjardinier, l'épître A mes vers sont autant de modèles de causerie sérieuse et de judicieuse bonhomie. C'est bien là qu'on se plaît à voir

Qu'au fond cet homme horrible, r.e censeur qu'ils ont peint si noir et si terrible, Fut un esprit doux, simple, ami de l'équité, Qui, cherchant dans ses vers la seule vérité, Fit sans être raaliu ses plus grandes malices.

Là et partout, « nous le retrouvons, dit M. Merlet, tel que nous le montre ce beau buste deGirardon. que l'on peut admirer au Musée de sculpture. C'est la même attitude un peu fière, avec ce port de tête assuré que ne dépare point la noblesse d'une ample perruque ; voilà bien son regard fixe et viril, son sourire moqueur, sa bouche railleuse et mordante, cette cordialité qui tempère ses brusqueries, ce mélange d'humeur sourcilleuse et de franchise enjouée. »

Tout le monde sait que sa petite maison d'Autenil était le rendez-vous d'un groupe d'amis, qui venaient y discuter avec lui des questions littéraires. « Despréaux est heureux comme un roi, disait Racine, dans sa solitude ou plutôt dans son hôtellerie d'Auteuil. Il estheureux de s'accommoder ainsi de tout le monde ; pour moi, j'aurais cent fois vendu la maison. » Boileau finit par la vendre, mais ce ne fut que (juand ses infirmités lui eurent rendtr la vie plus difficile et la conversation impossible.

Il alla chercher un asile chez un de ses oncles, chanoine de Notre-Dame. Ce n'était plus depuis longtemps le gai et spirituel compagnon d'autrefois, celui dont la conversation faisait la joie de Colbert et déridait même Louis XIV. Accablé d'infirmités, comme on lui demandait de ses nouvelles, il répondit par ce vers de Malherbe :

Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages.

Il succomba après une vieillesse aussi pleine detristesse que l'avait été son enfance, le 13 mars 1711, à l'âge de soixante-quatorze ans. Ses restes furent inhumés dans la Sainte-Chapelle, au-dessous de la place occupée par le lutrin qu'il avait rendu fameux; en 1810, ils furent transférés en l'église Saint-Germain-des-Prés.

Juqcments de quelques critiques sur Boileau. — «Saluons et reconnaissons aujourd'hui la noble et forte harmonie du grand siècle. Sans Boileau, et sans Louis XIV qui reconnaissait Boileau comme son contrôleur général du Parnasse, q\te serait-il arrivé ? Les plus grands talents eux-iuèmes auraient-ils rendu également tout ce qui forme désormais leur plus solide héritage de gloire ? Probablement chacun do ces beaux génies aurait abondé dans ses défauts. Boileau, c'est-à-dire le bon sens du poète critique, autorisé et doublé de celui d'un grand roi, les contint tous et les contraignit, par sa présence respectée, à leurs meilleures et à leurs plus graves œuvres. Savcz-vous ce ((ui, do nos jours, a manqué à nos poètes, si pleins à Icnr début de facultés naturelles, de proiuesses et d'inspirations heureuses. 11 a manqué un Roi-

BOTANIQUE

leau et un monarque éclairé, l'un des deux appuyant et consacrant l'autre. » (Sainte-Beuve.)

« Cest devenu un lieu commun de reconnaître dans Boileau, comme qualité dominante, le bon sens, mais un bon sens animé jusqu'à la passion par l'amour du vrai et la haine du faux. Le culte du bon sens, la souveraineté de la raison, en matière de goût, qui fait le fond de sa doctrine, a paru le trait qui l'unit h la grande école d^s penseurs et des écrivains du xviii" siècle. Boileau a transporté, dit-on, la pensée de Descartes dans la poésie. Il entreprend d'y faire régner comme dans la philosophie elle-même l'esprit d'ordre, de régularité, de suite, de discipline. Il règle la littérature comme Louis XIV la société. Il enseigne la noblesse du langage, la précision et le clioix des mots, la distinction rigoureuse des genres et des formes qui leur sont propres. » (Vapereau, Dictionnaire lie littérature.)

« Celui que j'aùniire entre tous, non pour sa puissance poétique, mais pour l'intégrité de sa raison, est Boileau. Quand je songe à l'état de platitude et d'affectation où était tombé le génie français au commencement du xvii"' siècle, quand je vois cette obstination de mauvais goût et de pédantisme qui distinguait un Scudéry, un Cotin, un Scarron, un Chapelain et tant d'autres qu'accueillaient avec délices et la cour et la ville, j'avoue que je suis tenté de donner la palme au ferme esprit qui seul fit face au torrent, et i\ qui l'on ne peut reprocher la plus petite transaction. >. (P.-J. Proudhonl. [Ch.-F. Durand. 1

BOISSONS. — Hygiène, X. —L'eau entre pour les deux tiers dans la composition de notre corps, Nous en perdons à chaque instant une certaine quantité par la sécrétion de l'urine, par la transpiration et par l'exhalation pulmonaire. Ces pertes sont, en moyenne, pour un adulte, de deux à trois litres par 24 heures. Elles varient d'ailleurs dans des limites assez étendues en proportion de la température extérieure, de l'humidité de l'air, do l'exercice, et encore de l'habitude. - IMais dans les pays tempérés on peut estimer à deux litres la quantité d'eau perdue cliaquo jour par le corps d'un homme qui se livre à un exercice modéré. Il est bien entendu que cet homme ne boit que pour satisfaire sa soif, c'est-à-dire le besoin instinctif de réparer les pertes de liquide ; car s'il buvait en outre par plaisir ou par ordonnance du médecin, le surcroît de liquide absorbé serait nécessairement éliminé par les voies ordinaires, mais sans avoir rempli la fonction normale des boissons.

Un homme qui ne mangerait que des aliments presque entièrement privés d'eau, comme du biscuit, des figues sèches, aurait donc besoin d'absorber chaque jour environ deux litres de boisson. Mais la plupart de nos aliments, même ceux qui paraissent secs, comme le pain, contiennent une forte proportion d'eau; il faut compter aussi celle qui entre dans les sauces et surtout dans les potages.

L'eau constitue, pour l'homme et pour les animaux, la boisson naturelle. Aucune autre n'est nécessaire à l'homme suin qui peut se procurer une nourriture suffisamment réparatrice et variée, et qui se livre, en plein air, ù. un exercice régulier. Mais malheureusement une civilisation mal entendue détourne la plupart dos individus des conditions normales d'existence. En s'écartant des lois de l'hygiène ils se créent, sans le savoir, des besoins factices, et la satisfaction de ces besoins produisant des désordres dans l'organisation agit à son tour comme cause nouvelle de troubles (|ni réclament un palliatif sous forme d'excitant.

La question de l'ivresse à tous degrés est indépendante de ce besoin instinctif, maladif on peni le d«?, de tonifier les organes affaiblis par une nourriture insuffisante ou un travail excessif. Sans

recourir aux boissons fcrmentées, c'est-à-dire contenant de l'alcool, on y parvient, dans une certaine mesure, en mêlant à l'eau des substances aromatiques ou amères. De là, l'usage d'infusions froides ou chaudes ;thé, café, maté, etc.) pour remplacer la boisson naturelle.

Les boissons fermentées fabriquées avec des fruits, des grains ou des racines contiennent une certaine proportion d'alcool dont l'effet domine leplus souvent celui des principes amers ou aroniatifiues que l'on fait entrer dans leur préparation ; quelques-unes, comme le vin, le cidre, contiennent en outre du tannin qui agit comme tonique-astringent et des huiles essentielles dont l'effet se rapproche de celui des aromates. Certaines boissons comme la bière, renferment une assez forte proportion de matières nutritives, ce qui explique l'embonpoint ordinaire des personnes qui en consomment de grandes quantités.

L'action des boissons varie beaucoup selon leur température. Ainsi l'eau tiède donne des nausées, tandis que l'eau très froide, prise à petites dosesrépétées, arrête les vomissements. Une infusion cliaudc est plus excitante que si on la prenait froide et peut faciliter une digestion difficile, mais l'usage habituel de boissons chaudes débilite promptenVent l'estomac. La tonipératuro la plus convenable est d'environ I.S à 18 degrés.

L'ingestion de boisson froide, en grande quantité, est toujours daiiEercusi!, surtout lorsque le corps est en sueur et l'estomac vide. Dans ces circonsunces il importe donc de prendre les précaution» suivantes : se reposer quelques instants avant de se désaltérer ; — manger un peu avant de boire ;

— boire à petites gorgées, en retenant quelque temps le liquide dans la bouche avant de l'avaler;

— se livrer à un exercice modéré pour empêcher le refroidissement.

Il importe de no pas confondre avec la soif véritable, c'est-à-dire le besoin instinctif de rendre h réconomie la quantité d'eau qu'elle a perdue, les sensations fébriles produites par la fatigue, l'émotion, la chaleur. Dans tous ces cas, ce n'est pas la quantité de liquide absorbé qui soulage, mais sa ([ualité et la manière de le boire. Vn verre d'eau fraîche, légèrement acidulée avec du vinaigre, du jus de citron ou de toute autre manière, sucrée ou non, bue par petites gorgées, produit un soulaiiement plus rapide et plus complet qu'un litre di'eau pure gloutonnement avalée. — V. Alcoolinues [boissons], Café, Stimida7its, Vin.

^ [D"' Saffray.]

Lectures et dictées. — G. Tissandier, l'Eau, p. 309

— E. Théveniii, Entreliem populaires, p. 172. — E. Manuel et Lévy AlTarès, la France, t. I, p. 165.

BOSSUET. — 'V. Bossuet, dans la I'« Partie; et dans la IP Partie, les articles Littérature française, p. 1183, Histoire, p. 970, et Orateurs, p. 146-^.

BOT AMQUE. — {Étijm. : du grec botanê, plante.)

— La botanique a pour objet l'étude des végétaux ou plantes, tant de ceux qui vivent aujourd'hui sur notre globe que de ceux qui l'ont peuplé dans les périodes géologiques antérieures à la nôtre.

Mais d'abord qu'est-ce qu'un végétal? Une réponse précise à cette quesiion serait très difficile à faire. Nous expliquons ailleurs qu'il est impossible de tracer une ligne de démarcation absolument sûre entre l'animal et le végétal, l'un étant relié à l'autre par une suite de transitions insensibles. — V. les mots I{ég?ies {Les trois) et Végétal.

Sans insister sur ce point, et en prenant le mot végétal dans le sens usuel où tout le monde l'entend, quelles sont les différentes études qu'embrasse la botanique?

La botanique étudie les végétaux en eux-mêmes ou bien au point de vue de l'utilité spéciale que nous en retirons pour nous et pour les êtres qui

BOTANIQUE

BOTANIQUE

nous entourent; de là deux grandes divisions: la botanique propremtnt dite et la hutanique appliquée. La oolnnique proprement dite, c'est-à-dire Ja partie de la botanique qui considère les végétaux en eux-mêmes, étudie soit les propriétés générales communes à tous ces êtres, soii cliacun de ces êtres en particulier; dn là deux branches bien distinctes dans la botanique proprement dite : la

1» En \ eux-mêmes :

BOTANIQUE

PROPBEMENT DITE

1 1. d'une raaniert'l

gériérulo

et

comparative :

BOTAMQIE

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et

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