ACCENT PROVINCIAL
On désigne sous ce nom l'intonation propre à chaque province et difi'érente de l'intonation du bon parler de Paris, prise pour règle. C'est dans ce sens qu'on dit que, pour bien parler, il ne faut pas avoir d'accent , c'est-à-dire qu'il ne faut avoir aucun de ces accents propres à la province ; car, dans un sens général, il faut bien avoir un accent, puisqu'il est impossible de parler sans accentuer ce qu'on dit. 11 y a autant d'accents en France que nous avons de provinces ; on peut môme soutenir que la prononciation varie d'une
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ville à l'autre. Aucune, du reste, ne peut se vanter de parler d'une manière absolument pure ; à Paris môme, les sons mouillés gn et ill sont souvent dénaturés par le peuple, qui prononce i'ifoble pour ignoble, td/ieur pour tailleur, pdye pour paj71e, etc.
Les principaux accents que l'on peut signaler en France sont : l'accent normand, l'accent picard, l'accent gascon, l'accent provençal, l'accent bourguignon, qui correspondent à autant de dialectes. L'un allonge les syllabes, l'autre donne partout au c un son dur et aspiré, l'autre traîne sur les voyelles ou prononce tous les e comme des « fermés ; défauts qu'il faut éviter ou du moins corriger par la fréquentation assidue des gens qui parlent correctement. [J. Dussouchet.]
ACCIDENTS-— Hygiène, XIIL— Les enfants sont sujets aux accidents de toute sorte, par suite de leur impétuosité et de leur inexpérience. Parmi les accidents il en est un grand nombre qui font partie, pour ainsi dire, de la vie de l'enfant, contre lesquels il doit s'aguerrir, qu'il n'apprend à éviter que par sa propre expérience, et au prix de petites douleurs qui lui valent d'utiles leçons : telles sont les chutes, contusions, égratignures, piqûres, coupures, brûlures légères. Une sollicitude exagérée, inintelligente, porte souvent les parents à priver l'enfant de toute activité, de toute initiative, pour le mettre à l'abri de ces petits malheurs ; mais l'enfant élevé, comme l'on dit, dans du coton, est exposé, dans la suite, à de plus rudes expériences, contre lesquelles il se trouve sans défense comme sans courage.
Une foule d'accidents légers sont inévitables ; le mieux est donc d'en prendre son parti, et d'obliger les enfants à la philosophie en feignant, au besoin, la plus grande indifférence pour les petites odyssées dont ils viennent, tout en pleurs, raconter les péripéties.
Mais la vigilance des parents, des maîtres, doit ôtre sans cesse en éveil pour éviter des accidents graves, et s'ils n'ont pu les prévenir, il importe qu'ils sachent en apprécier la nature et l'importance, y remédier eux-mêmes dans les cas les plus simples, donner avec intelligence les premiers soins en attendant l'arrivée du médecin.
Nous allons passer en revue, par ordre alphabétique, les accidents les plus fréquents, ceux qu'il importe le plus de bien connaître, en indiquant la médication à suivre. Un article spécial sera consacré à l'Asphyxie. On trouvera aussi quelques indications aux mots Alcooliques {Boissons), Poisons, Tabac.
BRULURE. — Qu'elles soient causées par la proximité d'un brasier ardent, par la flamme, un charbon en ignition, un métal chauffé ou un liquide caustique, les brûlures peuvent se diviser en trois degrés, qui comprennent la rubéfaction, la vésication et Y escarrification. Dans le premier degré il y a seulement rubéfaction ou rougeur de la peau comme dans l'application d'un sinapisme, mais la douleur est vive et l'épiderme tombe au bout de quelques jours. Dans le deuxième degré l'effet est comparable k celui d'un vésicatoire : il se forme des ampoules pleines de liquide ; la partie supérieure de la peau, en se reformant, laisse voir quelquefois une cicatrice froncée peu apparente. Dans le troisième degré toute l'épaisseur de la peau et souvent les tissus qu'elle recouvre sont frappés de mort ; la partie ainsi détruite se nomme escan-e. Un cautère produit une brûlure de ce genre.
La gravité d'une brûlure dépend moins, dans bien des cas, de sa profondeur que de son étendue. Chez les enfants surtout, la rubéfaction d'une portion considérable du corps peut amener la mort. La suppuration qui succède à la chute des escarres affaiblit souvent le malade au point de le faire succomber.
Le traitement est toujours très-simple. Pour le premier degré, eau fraîche en bain ou en lotions,
puis application de coton cardé. Pour le deuxième degré il faut piquer et vider les ampoules et appliquer sur la peau l'épiderme décollé, puis recouvrir d'un linge mouillé que l'on rafraîchit souvent. Lorsque la douleur est calmée, on recouvre de coton qu'on laisse en place jusqu'à guérison, c'est-à-dire pendant dix à douze jours ; lorsqu'il s'imbibe de sérosités, on le couvre de couches nouvelles. A défaut de coton, on peut, au moins provisoirement, employer de la farine de blé. Quant aux brûlures du troisième degré, elles réclament les soins d'un médecin ; on ne peut, en l'attendant, qu'employer les lotions d'eau fraîche et soutenir les forces par des boissons toniques chaudes, ne contenant pas d'alcool.
Rappelez-vous surtout qu'il n'y a pas de remède contre la brûlure, que l'on doit se borner à rafraîchir et à empêcher le contact de l'air : la nature fait le reste. Le liniment oléo-calcaire, composé d'eau de chaux et d'huile d'olives, la gelée de groseilles, la pulpe de pomme de terre, ne possèdent aucune vertu propre, mais agissent, en se desséchant, comme la farine et le coton; ils s'opposent au contact de l'air: de là vient leur réputation.
CHARBON. — Le cfiarbon ou anthrax malin se confond souvent avec la pustule maligne ; on le distingue cependant de cette dernière en ce qu'il peut se développer spontanément, tandis que la pustule maligne résulte toujours de la contagion occasionnée par les animaux atteints du charbon ou par leurs dépouilles.
La pustule maligjte est une inflammation gangreneuse de la peau causée par le contact ou l'inoculation du sang ou des humeurs d'animaux surmenés ou atteints du charbon : elle est souvent produite par la piqûre d'une mouche qui transporte avec elle le venin. A une petite vésicule succède une plaque grisâtre autour de laquelle la peau s'enflamme et forme bourrelet : ce centre gangreneux s'élargit rapidement, et l'inflammation s'étend à mesure ; bientôt se manifestent les symptômes d'une maladie grave, abattement, peau et langue sèches, pouls petit et fréquent, syncopes et mort, dans un délai de deux à huit jours. Quelquefois, mais rarement, la gangrène se limite d'elle-même et le malade guérit. Ce qui distingue surtout le charbon de la pustule maligne, c'est que la maladie commence par du malaise, de l'abattement, des douleurs au creux de l'estomac, une tendance à la syncope. Il se forme une petite tumeur bleuâtre au milieu, rouge à sa circonférence, recouverte de vésicules qui se rompent et laissent voir la peau mortifiée. La gangrène gagne rapidement du terrain, la fièvre devient intense, la langue est sèche et noire et le malade meurt dans la torpeur ou le délire.
Pour le charbon plus encore que pour la pustule maligne, il faut agir dès le début et appeler immédiatement un médecin. En son absence, dès que la maladie est reconnue par la formation de la plaque dure entourée d'une auréole rouge et vésiculeuse, il faut, sans hésiter, pratiquer, en croix, sur la plaque, deux incisions longues de deux à trois centimètres, profondes de quatre à cinq millimètres, faire saigner les plaies et les cautériser deux ou trois fois avec une forte lame de couteau rougie au feu. De la charpie imbibée de vitriol (acide sulfurique) ou d'ammoniaque pure remplacerait, à la rigueur, la cautérisation par le fer rouge. Le point le plus important, c'est d'inciser en proportion des progrès du mal, et de cautériser jusqu'aux parties saines.
CONGÉLATION. — Le froid produit sur nos tissus des efl"ets analogues à ceux de la chaleur, la peau se rubéfie, se couvre d'ampoules, il peut même se former des escarres. Dans la congélation ou gelure à tous degrés, on doit éviter de réchauffer rapidement la partie atteinte: il faut la baigner ou la lotionner avec de l'eau à cinq ou six degrés qu'on
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élève graduellement jusqu'à 18 à 20 degrés. On administre, en même temps, des boissons aromatiques chaudes.
Pour les engelures, le moyen préservatif consiste à se frotter les pieds et les mains dès le commencement de riiiver avec de la neige ou de l'eau trèsfroido, et à, ne s'approcher du feu qu'avec précaution, lentement, quand les extrémités ont été soumises au froid. Lorsqu'il y a des crevasses ou des ulcérations, la glycérine réussit souvent à les guérir; si elles résistent, on les cautérise avec un crayon de nitrate d'argent.
CONTUSION. — La contusion est produite par le choc ou la pression. Dans les cas les plus simples il y a seulement rupture de petits vaisseaux audessous de la peau, et le sang qui en sort produit Vecchymose, tache bleuâtre qui passe par le verdâtre et le jaune à mesure que le sang extravasé est résorbé. Quelquefois il se forme une tumeur molle remplie de sang épanché.
Le traitement de la contusion consiste à favoriser la résorption du sang et à éviter l'inflammation. Pour les simples ecchymoses les compresses d'eau froide suffisent d'ordinaire, mais dans les cas un peu graves il vaut mieux employer les cataplasmes de farine de graine de lin ou de mie de pain. Lorsqu'il y a une bosse sanguine, le mieux est d'ouvrir, par la ponction, une issue au sang extravasé dont la présence pourrait produire un abcès. Quant aux résolutifs populaires, infusion de boule de Nancy, eau blanche, eau salée, arnica, s'ils sont inutiles, ils sont au moins inoffensifs. En stimulant la circulation, ils peuvent même activer la résorption.
CONVULSIONS. — Les jeunes enfants sont trèssujets aux convulsions. Chez eux ce n'est pas toujours un symptôme alarmant, puisqu'elles résultent fréquemment d'une colique, d'une piqûre d'épingle, d'une frayeur, d'un accès de colère et du travail de la dentition. Mais comme elles peuvent avoir pour cause un désordre grave du cerveau ou de la moelle épinière, annoncer une maladie, comme la petite vérole, il est prudent de prendre, à leur sujet, l'avis du médecin.
Les convulsions qui sont dues à un dérangement passager disparaissent souvent lorsque l'on débarrasse l'estomac ou l'intestin en faisant vomir ou en purgeant légèrement ; dans beaucoup de cas il suffit d'appliquer sur le ventre et l'estomac des flanelles chaudes ou de placer l'enfant dans un bain chaud.
Pour les adultes, les convulsions exigent d'ordinaire un traitement médical. Tout ce que l'on peut faire, en attendant, c'est de desserrer les vêtements et de placer le malade dans des conditions où il ne puisse se blesser. On pourra essayer aussi l'application de flanelles chaudes et donner quelques tasses de boisson aromatique chaude, sans alcool, pourvu que la personne puisse boire sans efTort. Il est inutile ou imprudent d'aller plus loin.
CORPS ÉTRANGERS. — Nous ne nous occuperons que des corps étrangers qui pénètrent accidentellement dans l'œil, dans le nez ou dans l'oreille. »i Lorsqu'un corps étranger, cil, grain de poussière, moucheron, s'est introduit entre l'œil et la paupière, faites incliner fortement la tête, de sorte que les larmes ne puissent plus s'écouler par le nez, puis, comprimant légèrement les paupières, faitesles glisser latéralement sur l'œil en même temps qu'elles exécutent un mouvement de clignotement rapide : les larmes entraîneront d'ordinaire le corps étranger. S'il résiste, le plus simple est de rouler entre les doigts im fragment de papier, de l'humecter de salive, et de s'en servir pour faire glisser le corps étranger entre l'œil et la paupière. Si un fragment de verre ou de métal de forme anguleuse avait pénétré dans les tissus, on essayerait d'abord do le dégager par une pression douce autour du point de pénétration, des mouvements oscillatoires
légers, et enfin, s'il y a lieu, au moyen d'une petite pince.
S'il s'agit d'un caustique solide ou liquide, employez immédiatement l'eau, en abondance, car le temps manque pour préparer une eau acidulée contre les alcalis, une eau alcaline contre les acides. II faut, dans ces cas, ouvrir de force l'œil et y faire tomber un filet d'eau continu. Surtout, pour peu que le cas présente de gravité, n'hésitez pas à appeler le médecin, et, en l'attendant, n'employez que l'eau fraîche en lotions ou en compresses.
COUP DE SOLEIL. — C'est la forme la plus légère et la plus ordinaire de Vinsolation ; il consiste en une simple brûlure de la peau et ne réclame pas d'autre traitement. Mais s'il se déclare de la fièvre et des signes de congestion cérébrale, en attendant le médecin, appelé sans retard, un bain de pieds trèschaud, des boissons acidulées, non alcooliques, des applications d'eau froide sur la tête, voilà tout ce que vous devez considérer comme de votre compétence.
COUP DE SANG. — On désigne ainsi une congestion du cerveau distincte de Vapoplexie en ce qu'elle n'est jamais compliquée par la rupture de petits vaisseaux sanguins, mais dans le langage usuel on confond sous le nom de coup de sang la congestion cérébrale et l'apoplexie. Notons cependant qu'il y a une espèce d'apoplexie causée par le manque de circulation dans le cerveau et que le médecin peut seul la reconnaître. Le traitement étant difl"érent, on voit qu'il importe d'avoir promptement un aviséclairé.
Les émotions vives, la chaleur, les vêtements trop serrés, les excès peuvent occasionner le coup de sang. On éprouve d'abord des maux de tête, des troubles de la vue, des bourdonnements d'oreilles ; mais souvent l'attaque commence brusquement, le malade tombe sans connaissance, le pouls est plein et dur, la face rouge et comme gonflée.
Les secours provisoires sont les suivants : bain de pieds jD?'is debout, s'il se peut, dans un vase profond, purgation, boissons acidulées, compresses d'eau froide sur la tête, position assise dans le lit.sinapismes aux jambes et aux cuisses. — Ne jamais faire respirer de l'ammoniaque, de l'éther, etc.; maintenir la chambre fraîche et la venUler régulièrement.
ENTORSE. — Ce mot appelle immédiatement à l'esprit, surtout dans les campagnes, l'idée de renoueur ou rebouteur auquel on se plaît à reconnaître une compétence spéciale pour ces sortes d'accidents. Parmi les rebouteurs il y en a qui sont de simples charlatans, dont les soins entraînent des dangers sérieux ; il y a en a d'autres qui ont appris la bonne méthode de traiter une entorse et qui réussissent souvent, mais qui sont incapables d'un diagnostic sans lequel on s'expose à confondre avec la simple foulure une luxation ou une fracture.
En supposant qu'il y ait entorse simple, c'est-àdire distorsion violente d'une articulation quelconque, — celle du cou-de-pied étant d'ailleurs la plus fréquente — voici ce qu'il faut faire s'il s'agit du pied. Avec les deux mains légèrement huilées, pressez méthodiquement, lentement, les tissus des orteils vers la jambe, comme si vous vouliez en exprimer et faire remonter tout le sang et augmentez graduellement la pression sans arriver à causer une vive douleur. L'engorgement fondra pour ainsi dire sous les doigts. Roulez alors une longue bande un peu serrée qui embrasse le pied et l'articulation ; exigez un repos complet dans la position horizontale ; arrosez de temps à autre la bande avec de l'eau fraîche, s'il y a inflammation, et cessez dès qu'elle disparaît, sous peine de causer un rhumatisme. Quand il n'y a plus trace d'engorgement, cessez le massage, mais continuez l'application d'un bandage. Surtout que le repos soit prolongé au delà do la guérison apparente et suivi d'un exercice gradué que l'on suspendra au premier symptôme de fatigue ou de douleur.
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FBACTURE. — Le chirurgien est seul compétent pour reconnaître une fracture et poser l'appareil convenable. Tout ce que l'on peut faire en attendant sa venue, c'est de maintenir le mieux possible les parties atteintes dans leur position naturelle et de combattre l'inflammation par des compresses d'eau fraîche.
FURONCLE. — C'est une petite tumeur inflammatoire qui se forme dans l'épaisseur de la peau et que l'on nomme vulgairement clou. Au bout de huit à dix jours le sommet bleuit, le sang décomposé forme du pus qui se fait jour en désorganisant la peau. 11 faut alors presser autour de la base du furoncle pour faire sortir le bourbillon formé de pus durci mêlé aux tissus désorganisés. On appelle anthrax bénin, pour le différencier de l'anthrax charbonneux, une tumeur formée par la réunion de plusieurs furoncles.
Un coup de lancette ou de canif ouvrant le furoncle dès qu'il est bien formé arrête son développement, permet une guérison plus prompte, suivie d'une cicatrice moins apparente que si elle succède à une perte de substance de la peau. Si Ton ne veut pas y recourir, on doit éviter l'emploi des onguents et user seulement de cataplasmes émollients. Une moitié de citron, appliquée dès le début, peut faire avorter le furoncle et en tout cas en restreint considérablement l'étendue. Sous peine de récidives l'apparition d'un furoncle indique le besoin d'un purgatif répété à deux ou trois jours d'intervalle.
HÉMORRHAGIE. — L'abondance et la richesse du sang, comme sa rareté et sa fluidité trop grandes, produisent des hémorrhagies, actives dans le premier cas, passives dans le second. Quelle que soit la cause de l'écoulement sanguin, on s'occupera d'abord de l'arrêter par les applications froides, astringentes, les boissons acides froides, les sinapismes destinés à appeler le sang vers d'autres régions. Mais le traitement sera tonique après une hémorrhagie passive et débilitant dans le cas contraire.
Le saignement de nez est fréquent dans la jeunesse et même dans l'âge mûr. C'est souvent un dérivatif naturel qui préserve d'une congestion cérébrale, et dans ce cas on doit laisser couler le sang assez longtemps. Chez les sujets faibles il convient, au contraire, de l'arrêter le plus tôt possible. 'Voici les moyens les plus simples et les plus efficaces : situation assise, la tête droite, les bras élevés ; un bain de pied chaud ; compresses d'eau froide sur la base du nez ; application froide entre les épaules, comme une clef, un morceau de marbre, une compresse d'eau fraîche ; renifler de l'eau froide dans laquelle on a dissous un peu d'alun, ou simplement de l'eau vinaigrée ; respirer lentement et vigoureusement par la narùie d'où le sang s'écoule, ou par les deux s'il y a double hemorrhagie et laisser échapper l'air par la bouche. Le médecin seul peut employer convenablement le tamponnement des narines.
Lorsque l'hémorrhagie provient d'une plaie produite par une piqûre, une coupure ou une déchirure, si le sujet est robuste, l'écoulement peu abondant, continu et de couleur foncée, il est bon d'attendre qu'il cesse naturellement. Dans le cas contraire il importe de l'arrêter sans retard, surtout si un jet intermittent, d'un rouge vif, indique que le sang sort d'une artère. Pour arrêter le sang on cherche à réunir, en les comprimant, les bords de la plaie et les tissus atteints, ou bien on tamponne avec de la charpie, tout en exerçant une pression constante.
La syncope qui survient souvent pendant une hemorrhagie abondante fait cesser l'écoulement, et dans ce cas on ne doit pas chercher à exciter le blessé pour lui faire reprendre ses sens.
Si la charpie sèche, l'amidon, les compresses bien froides n'arrêtent pas l'écoulement, on aura recours aux astringents en poudre, comme l'alun ou le sulfate de fer. Pour peu qu'une blessure soit
grave, surtout si une artère est ouverte, on appellera immédiatement le chirurgien, qui dispose de moyens plus énergiques.
INDIGESTION. — Il est souvent facile d'arrêter une indigestion dès qu'on en éprouve les premiers symptômes : pesanteur, rapports désagréables, nausées, mal de tête. Les boissons chaudes, aromatiques, surtout le tilleul, remplissent bien ce but. S'il y a tendance à vomir, le mieux est de débarrasser promptement l'estomac, et l'on facilitera le vomissement en chatouillant la gorge avec une plume ou avec le doigt : le résultat est souvent plus complet si l'on commence par boire quelques verres d'eau chaude sans sucre. Les coliques cèdent à des lavements d'eauun peu chaude et à des applications chaudes sur le ventre, flanelles ou cataplasmes. On se privera d'un ou deux repas après l'indigestion pour éviter une récidive. L'alcool en excès est une cause fréquente d'indigestion, et même en faible quantité il ne peut prévenir ni guérir le mal.
LUXATION. — Lorsque, après une chute, un coup, un effort, on suppose qu'une articulation est luxée, c'est-à-dire que les os ont été disjoints et ne se trouvent plus dans leur rapport normal, on doit se . hâter d'appeler un chirurgien. En l'attendant, le repos et l'eau froide sont les seuls moyens à employer, Surtout n'appelez pas un rebouteur, car la moindre imprudence peut compromettre la guérison.
MORSURES. — V. ci-dessous Plaies envenimées.
PANARIS. — Lorsqu'il s'agit d'un panaris superficiel nommé vulgairement tourniole ou mal d aventure, rejetez tous les onguents préconisés autour de vous, calmez l'inflammation par des cataplasmes de mie de pain, portez le l/ras en écharpe, et dès qu'un point blanchâtre indique le siège de la suppuration, percez avec un canif, videz bien le petit abcès et renouvelez au besoin cette opération à peine douloureuse. Dans le panaris profond les tissus enflammés se trouvent étranglés entre des parties résistantes ; de là une douleur très-vive. L'abcès livré à lui-même ou traité par les onguents se développe lentement, ronge les tissus et peut causer la gangrène. On réussit quelquefois à faire avorter le panaris par des compresses d'eau glacée et en maintenant la main aussi élevée que possible pour empêcher l'afflux du sang. Mais aussitôt le mal bien déclaré il n'y a qu'un remède, l'incision. Plus tôt elle sera pratiquée, plus vite on sera soulagé et guéri. Il est prudent de ne confier qu'au médecin cette opération qui exige une main sûre et des con ■ naissances anatomiques.
PIQURES. — V. ci-dessous Plaies envenimées.
■PLAIES. — Toute solution de continuité, piqûre, coupure, déchirure , constitue une plaie. Nous ne nous occuperons que des cas trèssimples qui ne réclament pas les soins d'un chirurgien. Si la plaie ne saigne pas, ce qui arrive surtout pour les piqûres, il est bon d'exciter l'écoulement d'un peu de sang par des compresses d'eau chaude et une pression très-modérée des tissus. Dans les cas de coupure, de déchirure, on lavera la plaie et l'on retirera tous les corps étrangers qui ont pu y pénétrer, puis on la sécliera, on emploiera au besoin, pour arrêter le sang, l'alun ou le sulfate de fer en poudre, puis on rapprochera les parties aussi exactement que possible. Dans les cas les plus simples, il y aura réunion immédiate, soudure des tissus ; autrement, il s'établira une suppuration et une formation de tissu nouveau qui constituera une cîCG^rzce. Pendant la suppuration, le raeillcurpansementconsisteàlaverà l'eau tiède. puis à recouvrir de coton cardé. S'il y a inflammation, on la combattra par des applications d'eau froide. Si la plaie ne cicatrise pas promptement, si elle se couvre de végétations molles, bleuâtres, on l'avivera lors du pansement avec de la poudre d'alun, et mieux on la cautérisera légèrement avec un crayon de nitrate d'argent.
ACGIDEiNTS
ACCLIMATATION
PLAIES EXVENIMÉES. — Les piqûres de guêpes ou d'abeilles, lorsqu'elles sont isolées, ne réclament d'autres soins que des lotions d'eau pure ou vinaigrée. Si le dard est dans la plaie, ce dont il faut toujours s'assurer, on le retire en le soulevant au moyen d'une aiguille ; on évite ainsi de presser le réservoir et de faire pénétrer plus de venin dans la plaie. Si les piqûres sont nombreuses, elles peuvent causer des troubles nerveux graves et un véritable empoisonnement. On a recours à des compresses d'eau vinaigrée très-froide, et mieux à un mélange composé de 100 parties d'eau pour 5 d'ammoniaque, que l'on emploie en lotions, en bains ou pour mouiller des compresses.
La piqûre des sc"rpions cause très-rarement la mort, même dans les pays les plus chauds. Elle produit une vive douleur accompagnée de gonflement, de fièvre, de frissons, de nausées. Le traitement consiste à ouvrir la plaie avec un canif et à la cautériser avec un fer rouge ou de l'ammoniaque.
La morsure de la vipère produit une douleur aiguë, accompagnée d'inflammation de la peau, qui se couvre d'ampoules. A ces premiers accidents succèdent de l'engourdissement avec sensation de froid, des taches bleuâtres, des nausées, des vomissements, des selles bilieuses, des maux de tête, de la fièvre, des évanouissements, du délire, quelquefois, mais rarement suivi de mort. D'ordinaire, les symptômes alarmants se calment au bout de quelques heures, ou de quelques jours au plus.
Aussitôt après la morsure, efforcez-vous d'empêcher l'absorption du venin. Pour cela, placez une ligature entre le point blessé et le cœur, s'il s'agit d'un membre, ou, dans d'autres régions, exercez une pression circulaire avec les mains, avec un verre, ou un bol. En brûlant un peu de papier, de coton, de paille, dans le verre ou le bol et en l'appliquant immédiatement sur la partie on forme une ventouse sèche très-utile. Mais cela ne suffit pas. Il faut, le plus tôt possi'Ae, ouvrir la plaie, la comprimer pour la faire saigner ou la couvrir immédiatement d'une ventouse, puis la cautériser soit avec un gros clou ou un couteau rougi au feu, soit avec un liquide caustique : ammoniaque, eau forte ou huile de vitriol (acide sulfurique), dont on imbibe des brins de charpie. On traite ensuite la plaie comme une brûlure, et l'on administre des boissons chaudes légèrement alcooliques.
Les plaies les plus redoutables sont celles que produit la morsure à' animaux enrag es, cYàen?,, chats, loups ou renards. — V. Rage.
La rage se déclare chez le chien entre la sixième et la douzième semaine après la morsure : chez l'homme, entre la quatrième et la quinzième semaine. Les cas d'incubation de la maladie pendant plusieurs années se rapportent à une maladie nerveuse différente de la rage communiquée par le chien.
On ne connaît pas encore de remède contre la rage, et cependant les paysans de tous les pays prétendent posséder quelques secrets pour guérir cette terrible maladie. Mais il y a un préservatif assuré, infaillible, c'est la cautérisation immédiate et complète de la plaie. Après une morsure tant soit peu suspecte, sans perdre une minute, posez s'il se peut une ligature entre la partie mordue et le cœur pour retarder la circulation, ou du moins comprimez circulairement les tissus et faites-les saigner le plus possible.
Pendant ce temps, vous faites chauffer à blanc un fer quelconque de forme étroite et allongée, fer à pUsser, tringle, gros clou ; quand il est prêt, vous l'enfoncez jusqu'au fond de la plaie et le laissez s'y éteindre. Le fer rouge est préférable aux caustiques liquides et cause moins de souffrances. La cautérisation immédiate et complète détruit le
virus et fait disparaître tout danger : il ne reste plus qu'à soigner la brûlure. [D' Saffray.]