‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 19 sur 593 · ACTIVITE · texte numérisé non relu

ACTIVITE

on a placé son argent en achetant des actions à un cours donné, connaissant le dividende unraiel. C'est une simple règle de trois (V. ce mot).

Si, par exemple, on a acheté des actions du Comptoir d'escompte au cours de 809 fr , et que le dividende ait été de 4l'',à0, on aura à résoudre cette question :

Si 80!) fr. ont rapporté 'il^'iGO, que rapporteiaient 100 fr. ? Multipliant 41'', 50 par 100, et divisant le produit par 8i)'.), on trouve pour le taux demandé 5^129... ou à peu près 5^13.

Pareillement, si l'on a acheté des actions du chemin de fer du Nord au cours de 1007''',50 et que le dividende ait été 62 fr., on dira :

Si 1007'''.50 ont rapporté 62 fr., que rapporteraient 100 fr. ? Multipliant 6-2 par 100, et divisant le produit par I00T^50, on obtient pour le taux du placement, e'^l.'JS... ou à peu près ()'%15.

h. Enfin on peut avoir à résoudre un problème dans lequel figurent à la fois des actions et des rentes. Tel est le suivant: Au 9 octobre 1777. In rente ;5 p. 100 était au cours de 69, et les actions du Crédit foncier étaient cotées 64l",25.0n demande quel devrait être le dividende, et par suite le bénéfice de la Compagnie, pour qu'il y ait avantage à choisir le second placement / Il faut d'abord chercher quel devrait être le dividende pour que les deux placements fussent également avantageux : c'est une simple règle de trois.

Si 00 fr. rapportent :> fr., que rapporteront 641''',25 au même taux ? Multipliant G4l''^,2.5 par 3 et divisant le produit par 69 (ce qui revient à diviser 641'^25 par 23), on trouve 27'', 88. Tel devrait être le dividende. Il faut en déduire le bénéfice de la Compagnie. La valeur nominale dune action étant 500 fr., les 5 p. 100 de cette valeur donnent 25 fr. ; si l'on retranche ces 25 fr. du dividende 27'',88, le reste 2''',88 représentera les | du bénéfice par action ; on aura donc celui-ci en divisant 2'"', 88 par |, ce qui donne ;i''^,60. Par suàte, le bénéfice total sera le produit de 3'%60 par GO 000, nombre des actions, ce qui donne 2 160 000 fr. Il faudrait donc, en définitive, que le bénéfice de la Compagnie dépassât cette somme pour qu'il y eût avantage à acheter plutôt des actions que des rentes.

[H. Sonnet].

ACTIVITÉ. — Psychologie XVI. — {Etym. puissance ou faculté d'agir.)

D'après certains systèmes philosophiques, l'activité serait le caractère universel des êtres. Agir serait synonyme d'exister. Telle est, par exemple, la doctrinede Leibniz, qui jusque dans la matière la plus inerte prétend voir des forces agissantes. Écartons ces hypothèses métaphysiques et contentons-nous de reconnaître avec le sens commun, que l'activité appartient à un grand nombre d'êtres, sinon à tous.

L'activité se présente donc sous un grand nombre d'aspects, selon la nature des êtres où elle se manifeste. Mais, avant d'indiquer ces différentes formes, il est possible de donner une définition générale de l'activité, c'est-à-dire d'analyser les éléments communs que renferme toute activité, quelle qu'elle soit.

Définition générale de Vactivité. — Le premier fait qui nous frappe dans un être doué d'activité, c'est qu'il change. Les changements d'état, la feuille ou la fleur qui se déploie sur une tige végétale, les mouvements qui s'accomplissent dans les membres d'un animal, la succession des sentiments et des pensées qui se suivent dans la conscience humaine, toutes ces modifications trahissent l'activité. Mais ces changements seraient inexplicables, s'ils n'étaient pas les résultats des mouvements d'une force intérieure, force physique dans les corps en général, force vitale dans la plante, force motrice chez les animaux, force intelligente chez l'homme. Le second élément compris dans

l'idée d'activité, c'est donc la conception d'une puissance cachée qui se développe, et qui en se développant détermine un changement. Enfin, on ne comprendrait pas que cette force obéit ainsi à la loi du mouvement, du changement incessant, si l'on n'admettait pas, en troisième lieu, que nécessairement ou librement , aveuglément ou avec conscience d'elle-même, elle tend à un but ' et à une fin. La plante fleurit pour se reproduire, l'animal se meut pour satisfaire son appétit et ses divers besoins physiques : l'homme agit pour atteindre le but qu'il désire et qu'il conçoit. Là inconsciente, ici réfléchie, l'activité peut toujours être définie : /" développement d'une force qui tfud à une fiu.

Différentes formes de l'activité. — Le végétal qui naît, croît et meurt, agit en un sens ; mais cette activité est sourde et obscure, elle ne se rend nullement compte d'elle-même. Déjà chez l'animal nous rencontrons une activité plus haute, plus complète : l'animal qui se meut, qui a des désirs et qui le sent, qui possède une certaine conscience de lui-même, l'animal souffre et jouit ; son activité est déjà consciente à quelque degré ; mais enfermée dans un cercle infranchissable, elle est uniforme, aveugle, elle se répète dans des actes toujours les mêmes : c'est cette activité qu'on appelle Vinstinct.

L'homme résume en lui toutes les formes inférieures de l'activité et y en ajoute d'autres. A l'activité végétative de la plante, à l'activité instinctive de l'animal, il joint une activité qui lui est propre, activité réfléchie, pleinement consciente d'elle-même, qui sait où elle va, qui connaît le but qu'elle poursuit, qui délibère avant de le poursuivre, qui calcule les moyens les plus sûrs de l'atteindre, qui enfin se détermine librement par sa propre initiative : c'est Vactivité volontaire ou la volojité.

Les instincts jouent un grand rôle dans la vie humaine, chez l'enfant surtout, alors que la raison n'est pas encore éveillée. L'action de téter, le mouvement des yeux qui cherchent la lumière, tous les premiers actes de l'enfant sont les manifestations de ces forces irréfléchies, dont l'ensemble constitue Vactivité spontanée ou Vinstinct.

Chez l'homme mûr, l'instinct s'eff'ace sans disparaître tout à fait, pour faire place, soit aux déterminations réfléchies de la volonté, soit aux mouvements involontaires de V habitude : troisième mode de l'activité humaine. Elle est irréfléchie, machinale, aveugle, comme l'instinct, elle en a tous les caractères apparents. Aussi l'a-t-on appelée la seconde 7iature de l'homme. Et d'autre part, certains philosophes modernes tendent à croire que les instincts ne sont que les habitudes acquises par nos ancêtres et transmises selon les lois de l'hérédité psychologique. Quoi qu'il en soit, l'habitude ne diffère do l'instinct que par son origine. Tandis que l'instinct naît avec nous, l'habitude s'acquiert. Elle est le résultat d'une action plusieurs fois répétée. L'instinct est comme le berceau, le premier éveil de la volonté : l'habitude, au contraire, c'est la volonté endormie.

Considérée dans ses caractères intrinsèques, l'activité humaine afi"ecle donc trois formes : l'instinct, la volonté, l'habitude. Mais, si nous l'envisageons dans les objets auxquels elle s'applique, le corps, l'intelligence, le caractère, nous aurons une autre division : Vactivité physique, Vactivité intellectuelle, Vactivité morale. De ces trois domaines, le premier est celui où se développe surtout l'instinct. C'est, au contraire, la volonté qui domine dans les deux autres, puisqu'elle est le principe de l'attention de l'esprit et de l'énergie du caractère.

Sous ses difl'érentes formes, l'activité est le fond de la nature humaine : nous ne vivons physiquement et moralement que parce que nous agissons de manière ou d'autre. Et, lorsqu'elle s'exerce dans le sens de nos énergies naturelles, elle est une

ADDITION — i

source de plaisir. La douleur n'est qu'une activité contrariée. Aussi les philosoplies modernes s'accordent-ils à dire, avec Voltaire, que le bonheur est dans l'action. L'activité est notre nature et notre bien. [Gabriel Compayré.l

ADDITION. — Arithmétique IV. — {Étym. du latin, addere, ajouter.)

Addition des aombues extiers. — Opération qui a pour but de réunir en un seul nombre toutes les unités contenues dans deux ou plusieurs nombres donnés. On ne peut additionner que des unités de même espèce ; le résultat de l'opération se nomme la somme ou le total.

(Dans le Cou7's élémentaire, — sur lequel nous n'avons pas à insister ici — on pourra, on devra même introduire l'idée d'addition par quelques problèmes enfantins, tels que ceux-ci :

Auguste a obtenu 2 bons points le lundi, .3 le mardi, 1 le mercredi, 2 le vendredi et 2 le samedi; combien a-t-il eu de bons points dans la semaine? — Réponse : 10 bons points.

Ou bien :

Henri a 8 billes, Charles 5 billes, Louis 6 billes, et Jacques 3 billes; si on les mettait toutes ensemble combien cela ferait-il de billes ? — Réponse : 22 billes.)

1. Pour pouvoir faire une addition, il est nécessaire de savoir par cœur la somme de deux nombres quelconques d'un seul chiffre. Ces résultats sont contenus dans le tableau ci-dessous, auquel on donne le nom de table d'addition.

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