I. Les ADJECTIFS MMÉRAUX CAP.DI.XAIX SOnt CCUX
qui expriment le nombre ou la quantité, comme un, deux, trois, quatre, dix, quarante, cent, mille, million, milliard, etc.
Le mot numéral est dérivé du latin numerus. nombre : les adjectifs numéraux sont donc des adjectifs de nombre, ou comme disaient les anciens grammairiens : des noms adjectifs de nombre : du là, par abréviation, noms de nombre. La division en adjectifs cardinaux ei adjectifs ordinaux nous vient des Latins qui donnaient le nom de nutneri cardinalrs aux nombres fondamentaux, les nombres cardinaux étant en efl'et les gonds {cardines).
ADJECTIF
ADJKCTÎP
la base de toute numération ; et le nom de Jiiimeri ordinales aux nombres ordinaux qui marquent le rang, Vordre [ordinem.)
Excepté zéro qui nous vient des Arabes, tous les autres adjectifs numéraux sont empruntés au latin, puisque c'est aux Romains que nous devons notre sj'Stème de numération. On disait autrefois, et l'on dit encore dans la Suisse romande et dans quelques-unes de nos provinces du Midi, septante pour soixante-dix, huitayite pour quatre-viiigts, nouante pour quatre-vingt-dix . Quatre-vingts signilii! quatre fois vingt, et nos pères disaient de même, t7'ois vingts pour 60, six vi7igts pour 120, etc. Cette manière de compter par vi?igt a laissé des traces dans quelques locutions, telles que : l'hôpital des Quijize-Vijigts (c'est-à-dire 15 fois 20 ou 300 , cette maison ayant été fondée par saint Louis pour recueillir 300 chevaliers aveugles au retour de la croisade.)
Les noms de nombre cardinaux sont invariables ; le valet des onze ; la commission des trente. Il faut en excepter un, viyigf et cent.
Un fait au féminin une : deux coffres et une boite.
Remarque. — Il ne faut pas confondre un article indéfini avec un adjectif numéral.
Vingt et cent ne varient point comme genre, mais ils peuvent, dans certains cas, varier comme nombre.
\ ingt et cent prennent un s lorsqu'ils sont précédés d'un autre nombre qui les multiplie : quatrevingts hommes, deux cents soldats.
Mais ils sont invariables quand ils sont euxmêmes suivis d'un autre nom de nombre : quatre- \mgt-trois, deux cent trente.
Ils sont encore invariables lorsqu'ils sont employés comme adjectifs numéraux ordinaux : page quatre-\\ugt, Ya7i huit cent (c'est-à-dire J^age quatre-vingtième, l'an hidt-centième.
Nous avons vu plus haut que nos pères comptaient par vingtaines , comme on compte encore aujourd'hui par centaines ; c'est cette habitude de regarder vingt et cent comme des unités particulières et non comme des nombres pluriels parleur propre nature qui a amené cette addition de Vs dans quatre-vingts, quinze-vingts, et deux centî. trois cents, etc. Suivis d'un autre nom de nombre, ces mots ne sont plus considérés comme des unités et suivent la règle générale ; de là leur invariabilité.
Mille est invariable : la retraite des Dix-mille. Mais il change de forme quand il exprime la date de l'année, le millésime ; on l'écrit alors mil : L'un mil huit cent soixante-quinze.
On écrit mille en parlant des années qui ont précédé l'ère chrétienne : Saûl mourut l'an mille quarante avant Jésus-C.'irist.
Mille, mesure de chemin, est substantif et prend la marque du pluriel : lieux milles d'Angleterre font un jjeuplus de t?^ois kilomètres.
Mille ne vient pas du latin mille qui a donné mil (Comme ille a donné il), mais du pluriel millia. De même qu'en latin, mille s'emploie pour un seul millier d'objets, et 7nillia pour plusieurs milliers. le vieux français disait mil hommes et deux mille chevaux ; cette distinction de mil comme singulier et de mille comme pluriel s'est plus tard éteinte eu français, non sans laisser de trace dans les expressions où l'on n'indique qu'un seul millier, telles que mil huit cent soixante, etc.
Million, milliard, et les unités supérieures sont regardés comme substantifs- et prennent la marq\ic du pluriel : deux millions, cinq milliards.