‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 26 sur 593 · II. Les ADJECTIFS NL.MÉR.41X ORDINAUX SOUt CeUX · texte numérisé non relu

II. Les ADJECTIFS NL.MÉR.41X ORDINAUX SOUt CeUX

qui marquent l'ordre, le rang, comme premier, second ou deuxième, troisième, quatrième, dixième, centième, etc.

Ces adjectifs se forment en ajoutant ième aux

adjectifs cardinaux; ainsi ^ro/s, troisième; sept, septième; vingt, vingtième, etc. Quand l'adjectif cardinal est terminé par e muet, cet e s'élide : quat7'e, i{na.trième ; onze, onzième. Neuf change f en V : neuî;ième. Ci7\q prend un u avant ième : cinquième, parce que le q est toujours accompagné de Vu dans le corps d'un mot.

Ce suffixe ième {iesf7ie dans le vieux français) vient du suffixe latin esimus. Centesimus a donné centes7nus, d'où ce7itiesme. puis centiè7ne.

Le français adopta à l'origine les adjectifs ordinaux latins : de primus (premier) , secundus (deuxième), tertius (troisième) , quartus (quatrième), çî/i/i^îw (cinquième), sexius (sixième), etc., il tira priine ou pre7nicr, second, tiers, quart, quint, sixte, etc. On retrouve encore ces anciennes formes dans quelques rares locutions : de prime abord, le tiers élat, fièvre tierce, Charles-C^mnt, Szs/e-Quint. La Fontaine a dit : un quart voleur survint, c'est-à-dire un quatrième voleur. — Plus lard, notre langue, au lieu d'employer des adjectifs ordinaux empruntés au latin, en tira de son propre fonds en ajoutant ième aux adjectifs cardinaux : d'où le système actuel {deuxième, troisiè77ie, quatrième, etc.). qui supplanta l'ancien vers la fin du moyen âge ; sauf pour pre7nier et pour scco7id, qui persistèrent parallèlement à unième et k deuxième.

Unième ne s'emploie que dans les nombres composés : vingt et unième. Seco7id se dit généralement quand on ne parle que de deux personnes ou de deux choses ; deuxièi7ie quand on parle de plusieurs.

No7ns de 7i07nb7'e collectifs et partitifs. — Aux adjectifs numéraux il faut rattacher : 1° les noms de nombre qui marquent une certaine quantité, tels que dizaine, ce7itai7ie, douzaine, etc. ; 2° les mots qui servent à multiplier, tels que : le double, le t7'iple, le décuple, le centuple ;■ Z" les mots qui marquent les parties d'un tout : lequai't, le tiers, la de7nie, etc.

Les adjectifs collectifs diza;7îe, ce7itaine, etc., se forment en ajoutant aine aux adjectifs cardinaux : /mit, huitflme, douze, douzaine ; nous verrons plus loin (article Nom) que .x, s, z avaient autrefois à peu près la même valeur à la fin des mots : de là dizai7}e. pour dixaine.

Emploi des adjectifs cardinaux au lieu des o?'dinaux. — Pour la plus grande rapidité du discours, et dans certains cas où ce n'est pas l'idée d'ordre ou de rang, mais le chifi're, le numéro luimême qui préoccupe l'esprit, on emploie les adjectifs cardinaux à la place des ordinaux : 1° pour désigner une heure, une date : il est une heure, le deux novembre ; 2° pour désigner le rang d'un souverain dans une dynastie : Charles douze, Louis quatorze ; 3" pour désigner la page, le chapitre, le livre d'un ouvrage : page trois, chapit/'e quatre, livre deux.

L'adjectif premier fait exception dans les deu^ premiers cas ; on dit le premier juillet, François premier, et non le wn juillet, François un.

Adjectifs démonstratifs.

Les adjectifs démonstratifs sont ceux qui servent à montrer la personne ou la chose dont on parle : ce château, ce héros.

Les adjectifs démonstratifs sont :

Ce pour le masculin : ce livre ;

Cette pour le féminin : cette table ;

Ces pour le pluriel des deux genres : ces livres. ce* tables.

On met cet au lieu de ce devant les mots qui commencent par une voyelle ou une h muette : cet enfant, cet homme.

Démonstratif déi-ive de demo7\slrare qui veut dire désigner, mo7itrer. Ces adjectifs servent donc à montrer des objets présents ou à rappeler ceux dont on a parlé. — Ce vient du pronom latin eccis-

ADJECTIF

tum qui donna d'abord en français icest, puis cest, d'où cet, sur lequel on a formé le féminin cette, comme nette de net. Ce est un affaiblissement de cet devant un mot commençant par une consonne.

Adjectifs possessifs.

Les adjectifs possessifs sont ceux que l'on met devant le nom pour indiquer à qui appartient l'objet désigné par ce nom : mon ciieval, to7i livre (c'est-à-dire le cheval qui est à moi, le livre qui est à toi).

Les adjectifs possessifs sont :

1° Quand l'objet appartient h, une seule personne :

c; T„ ( masculin : mon, ton, son.

Singulier., j ^.^.^^^^^ . ^^' ^^ ' ^^

Pluriel des deux genres : mes, tes, ses.

2° Quand l'objet appartient à plusieurs personnes en même temps :

Singulier fdes deux genres) : notre, votre, leur. Pluriel (des deux genres) : nos, vos, leurs.

Possessif signifie qui marque la possession : ces adjectifs déterminent donc le substantif en y ajoutant une idée de possession. Ils correspondent aux pronoms personnels tnoi, toi, soi ou lui, etc. iMon désigne un possesseur de la première personne du singulier ; ton, un possesseur do la seconde personne; son, un possesseur de la troisième ; notre, un possesseur de la première personne du pluriel, etc.

Votre s'emploie par respect au lieu de ton, ta, en parlant à une seule personne.

Remarque. — Mon, ton, son, s'emploient au féminin au lieu de mu, tu, sa, devant un mot qui commence par une voyelle ou une h muette : mon âme, ton épée, son humeur.

On emploie dans ce cas mon,to?i, so7i, pour éviter le choc que produirait la rencontre des deux voyelles, si l'on disait ?na dme, mu épée, etc. Le français du temps de saint Louis réservait, au contraire,»io?2 pour le masculin et ?«o pour le féminin, mais traitait ma, ta, sa, comme nous traitons In, c'est-à-dire qu"il élidait Va et disait m'âme, t'épée, s'a?nie, comme nous disons l'ài/ie, l'épée, l'amie. C'est vers le xiv' siècle que cet usage de l'élision fut remplacé par l'usage moderne qui substitua mo7i, (on, son, h ma, ta, sa. — Mais une trace du vieux français persiste encore dans l'expression m'amie (pour ma amie), qui s'est plus tard corrompue en tna mie, d'où ta mie, sa mie, etc.

Tous ces adjectifs sont tirés dos adjectifs latins correspondants :

meum, lyieam — mon, ma.

tuum, tuam — ton, ta.

suum, iutan — son, sa.

nostrum, nostram — notre, vostrum, vostram — votre.

Leur \ient du génitif pluriel illorum (deux) : aussi était-il invariable autrefois.

ni. ADJI CTIFS INDÉFINIS.

Les adjectifs indéfinis sont ceux qui marquent que le nom est employé d'une manière vague et générale. Ex. : aucune lettre n'est arrivée; quelque malheur nous menace.

Ces adjectifs sont : aucun., autre, certain, chaque, maint, même, nul, plusieurs, quelconque, quelque, ici, tout.

Les adjectifs indéfinis, comme leur nom l'indique, ajoutent au nom une idée vague, indéfinie, et ne peuvent par conséquent être rangés dans la classe des adjectifs déterminatifs, dont le but est justement de préciser le sens du nom auquel ils sont joints.

La plupart de ces adjectifs ont une origine .atine. Aucun s'écrivait autrefois alqun et alcun.

ADJECTIF

nieos, nieas — -mes.

tuas, tuas — tes.

suos, suas — ses.

nosiros, 7iost7-as— nos.

voslros, vostras — vos.

C'est un composé de niques, comme chacune est un composé de chaque et quelqu'un de quelque. — Alque (venu du latin aliquis) signifiait quelque; alcun est donc l'équivalent de quelqu'un. Ce mot avait un sens tout à fait affirmatif et l'on en trouve de nombreux exemples : Avez-vous entendu aucun discours qui vous le fit croire ? — La Fontaine a dit : Phèdre était si succinct qxHaucuns l'en ont blâmé.

Autre, en vieux français altre, vient du latin aller, qu'on retrouve dans le verbe altérer. Il a formé le mot autrui, qui était un cas régime et qui veut dire proprement: de l'autre. On disait autrefois : l'autrui cheval, pour le ckevd dun autre. Encore aujourd'hui, c'est un pronom qui ne s'emploie que comme complément : le bien d'autrui (le bien d'un autre) .

Chaque, au treizième siècle chasque et plus anciennement chesque, est le latin quisque qui se réunit à unus ; quisque unus a donné chacun.

Même a passé successivement par les formes medisme, medesme, mesme, même et vient du baslatin metipsimum, forme contractée elle-même de metipsissimum (tout à fait moi-même).

Maint vient de l'allemand mancli, qui signifie nombreux.

MODELES D'EXERCICE S- Adjectifs qualificatifs.

FORMATION DU FÉMIMN.

1° Le maître, suivant le degré d'instruction de sa classe, lira ou fera lire, écrira au tableau noir ou dictera le morceau suivant ; puis il y fera rechercher les adjectifs qualificatifs.

« Le paresseux. — Autant la nature nous a paru vive, agissante, exaltée dans les singes, autant elle est lente, contrainte et resserrée dans ces paresseux ; et c'est moins paresse que misère : c'est défaut, c'est dénùment, c'est vice dans la conformation : les yeux obscurs et couverts, la mâchoire aussi lourde qu'épaisse, le poil plat et semblable à de l'herbe sèche, les cuisses mal emboîtées et presque hors des hanches, les jambes trop courtes, mal tournées et encore plus mal terminées; point de pieds, point de pouces, point de doigts séparément mobiles ; mais deux ou trois ongles excessivement longs, recourbés en dessous, qui ne peuvent se mouvoir qu'ensemble, et nuisent plus à marcher qu'ils no servent ù grimper ; la lenteur, la stupidité, l'abandon de son être, et même la douleur habituelle, résultant de cette conformation bizarre et négligée ; point d'armes offensives, ou défensives, nul moyen de sécurité, pas môme en grattant la terre ; nulle ressource de salut dans la fuite ; confinés, je ne dis pas au pays, mais à la motte de terre, à l'arbre sous lequel ils sont nés ; une voix plaintive et par accents entrecoupés qu'ils n'osent élever que la nuit : tout annonce leur misère. — BUFFON. »

Les élèves pourront soit désigner oralement, soit souligner les adjectifs qualificatifs, soit les relever et les inscrire sur le cahier, sur l'ardoise ou au tableau noir en les disposant en deux colonnes, le féminin en regard du masculin. Ex. : vif — vive-, agissant — agissajite, etc.

2" Faire composer de petites phrases dans chacune desquelles un des adjectifs suivants qualifiera un nom féminin.

Ancien. — Bon. — Complet. — Cruel — Discret.

— Épais. — Fol. — Gentil — Gras. — Gros.

— Inquiet. — Muet. — Ras. — Secret. — Sot. — Violet.

Antérieur. ~ Boudour. - Corrupteur. — Créateur. — Enchanteur. — Étranger. — Extérieur. — Flatteur. — Grossier. — Léger. — Majeur. — Meilleur. — Menteur. — Moqueur.

ADJECTIF

ADJECTIF

Vendeur. —

— Producteur. — Trompeu Voleur.

Blanc. — Caduc. — Captif. — Doux. — Envieux.

— Faux. — Fugitif. — Grec. — Jaloux. — Long. — Malin. — Neuf. — Public. — Roux.

— Sec. — Turc. — Vieux.

Exemple : Les élèves désireux de s'instruire étudient l'histoire ancienne. — J'aime ma bo?ine mère, etc.

2" Faire composer de petites phrases dans chacune desquelles entreront au moins deux adjectifs choisis dans la liste qui précède.

Exemple : ancien, bon. — Les bons vins sont toujours fort anciens.

3° Dicter le morceau suivant avec les tirets qui remplacent les adjectifs, puis la liste des adjectifs placée au-dessous. Les élèves devront remplacer chaque tiret par l'adjectif correspondant en le faisant accorder avec le nom.

« Descuiption de la Bétique [note pour le maitre: c'est aujourd'hui l'Andalousie, province d'Espagne arrosée par le Guadalquivir, autrefois nommé BétisJ :

« Le fleuve Bétis coule dans un pays —, et sous un ciel — , qui est toujours — : les hivers y sont — , et les — aquilons n'y soufflent jamais. L'ardeur de l'été y est toujours tempérée par des zéphyrs — , qui viennent adoucir l'air vers le milieu du jour. Ainsi toute l'année n'est qu'un — hymen du printemps et de l'automne, qui semblent se donner la main. La terre, dans les vallons et dans les campagnes — , porte chaque année une — moisson. Les chemins y sont bordés de lauriers, de grenadiers, de jasmins, etd' — arbustes toujours — et toujours — . Les montagnes sont couvertes de troupeaux, qui fournissent des laines — , recherchées de toutes les nations. H y a plusieurs mines d'or et d'argent dans ce — pays ; mais les habitants, — et — dans leur simplicité, ne daignent pas seulement compter l'or et l'argent parmi leurs richesses. — Fénelon. »

Adjectifs à placer :

fertile, rigoureux, double, fines,

doux, rafraîchissants, autres, beau,

serein, heureux, verts, simples,

tièdes, unies, fleuris, heureux.

4° Donner, comme devoir, à dresser une liste de vingt adjectifs formant leur féminin par le redoublement de la consonne qui précède Ye muet.

5" Demander quels sont les adjectifs en et qui n'ont pas le féminin en ette.

G" Combien y a-t-il d'adjectifs terminés en x qui ne fassent pas leur féminin en se ?

7° Faire composer deux phrases sur chacun des quatre modes de fonnation du féminin des adjectifs en eur.

S" Quel est le masculin des mots vengeresse — chasseresse — traîtresse — impératrice — favorite — enchanteresse — sorcière — lectrice — folle — dévote — s^mte — vase. 1

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