‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 29 sur 593 · ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS · texte numérisé non relu

ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS

Dicter ou écrire au tableau le morceau suivant; les élèves devront remplacer les tirets par l'adjectif démonstratif.

« La PRIÈRE DU MATix. — Quaud nous étions réveillés dans nos petits lits, que le soleil si gai du matin étincelait sur nos fenêtres, que les pas des serviteurs résonnaient depuis longtemps dons la maison et que nous attendions impatiemment notre mère pour nous lever, elle montait, elle entrait, le visage toujours rayonnant de — bonté, de — tendresse qu'elle nous a toujours témoignée ; elle nous embrassait dans nos lits ; elle nous aidait à nous habiller ; elle écoutait — joyeux petit ramage d'enfants dont l'imagination rafraîchie gazouille au réveil, comme un nid d'hirondelle gazouille sur le toit quand la mère approche, puis elle nous disait : « A qui devons-nous — bonheur dont nous allons jouir ensemble? C'est à Dieu. c'est à notre Père céleste. Sans lui, — beau soleil ne serait pas levé ; — arbres auraient perdu leurs feuilles ; — gais oiseaux seraient morts df^ faim et de froid sur la terre nue, et vous, mes pauvres enfants, vous n'auriez ni lit, ni maison, ni Jardin pour vous abriter et vous nourrir, vous réjouir toute votre saison ! Il est bien juste de le remercier pour tout ce qu'il nous donne avec — jour, de le prier de nous donner beaucoup d'autres jours pareils. » Alors elle se mettait .à genoux devant notre lit, elle joignait nos petites mains, et souvent, en les baisant dans les siennes, elle faisait lentement et à demi-voix la courte prière du matin, que nous répétions avec ses inflexions et ses paroles. — Lamartine. »

3° adjectifs possessifs.

1° Lire ou dicter le morceau suivant et faire ensuite souligner ou analyser verbalement les adjectifs possessifs.

« Le PAON". — Si l'empire appartenait à la beauté et non à la force, le paon serait, sans contredit, le roi des oiseaux ; il n'en est point sur qui la nature ait versé ses trésors avec plus de profusion : la taille grande, le port imposant, la démarche fière, la figure noble, les proportions du corps élégantes et sveltes, tout ce qui annonce un ùire de distinction lui a été donné ;une aigrette mobile et légère, peinte des plus riches couleurs, orne sa tête, et l'élève sans la charger ; son incomparable plumage semble réunir fout ce qui flatte nos yeux dans le coloris tendre et frais des plus belles fleurs, tout ce qui les éblouit dans les reflets pétillants des pierreries, tout ce qui les étonne dans l'éclat majestueux de l'arc-en-ciel : non-seulement la nature a réuni sur le plumage du paon toutes les couleurs du ciel et de la terre pour en faire le chef-

ADJECTIF

ADVERBE

d' œuvre de sa magnificence, elle les a encore mêlées, assorties, nuancées, fondues de son inimitable pinceau, et en a fait un tableau unique, où elles tirent de leur mélange avec des nuances plus sombres ctde leurs oppositions entre elles un nouveau lustre et des effets de lumière si suoumes que notre art ne peut ni les imiter ni les décrire.

« Tel paraît à nos yeux le plumage du paon lorsqu'il se promène pasible et seul dans un beau jour de printemps ; mais si quelque vive passion l'agite, alors toutes ses beautés se multiplient, ses yeux s'animent et prennent de l'expression, son •aigrette s'aaite sur sa tête et annonce l'émotion intérieure; les longues plumes de sa queue déploient, en se relevant, leurs richesses éblouissantes ; sa tête et son cou, se renversant noblement en arrière, se dessinent avec grâce sur ce fond radieux, où la lumière du soleil se joue en mille manières, se perd et se reproduit sans cesse, €t semble prendre un nouvel éclat plus doux et plus moelleux, de nouvelles couleurs plus variées et plus harmonieuses. Buffox. »

2° Dicter ou écrire au tableau le morceau suivant. Les élèves devront remplacer chaque tiret par un adjectif possessif-

« Lk pince.\u uu Titien. Mon père tr.ivqiHait à un grand tableau, et il était au haut de l'échelle qui lui servait à peindre, lorsque les liallebardiers,

— pique à la main, ouvrirent — porto et se rangèrent contre le mur. Un page entra et cria h haute voix : « César ! » Quelques minutes après, l'empereur parut roide dans — pourpoint, et souriant dans — barbe rousse.

« — père, surpris et (;harmé de cette visite inattendue, descendit aussi vite qu'il pouvait de — échelle ; il était vieux; en s' appuyant h, la rampe, il laissa tomber — pinceau.

«Tout le monde restait immob'le,car la présence de l'empereur nous avait changés en statues. — père était confus de — maladresse et de — lenteur ; mais il craignait, en se hâtant, de se blesser. Charles Quint fit quelques pas en avant, se courba lentement et ramassa le pinceau. « Le Titien, ditil, mérite bien d'être servi par César. » Et avecune majesté NTaiment sans égale, il rendit le pinceau à

— père, qui mit un genou en terre pour le recevoir. A. DE Mdsset. »

Page 1