CAS
CÉRÉALES
donner aux enfants une interprétation plus nette et une image plus ineffaçable de ce que représentent les cartes géographiques. Peut-être aussi des
promenades en commun avec la carte du pays sou» les yeux seraient-elles un puissant moyen de leur inspirer le goût de la géographie ; mais c'est plu-
Carte physique à toI d'oiseau de l'Europe (atlas Swinton).
tôt à ce mot que des questions semblables de\Tont être traitées, nous ne pouvons que les indiquer ici. [Franz Schrader.]
CAS. — V. Grammaire historioue .
CÉRÉALES. — Agriculture, VI. — Etym. :
Plantes consacrées à Cérès, déesse des moissons chez les Romains. — On donne le nom générique de céréales aux plantes dont les grains forment d'une manière régulière la principale source de l'alimentation de l'homme et des animaux domestiques.
Les céréales cultivées en France sont le blé ou froment, le seigle, l'avoine, l'orge, l'escourgeon, le mais, le sarrasin. Les six premières appartiennent à la famille des graminées *; le sarrasin seul appartient à une autre famille botanique, celle des crucifères *.
Les règles qui doivent guider dans la culture des céréales sont les mêmes pour presque tqutes ces plantes : nous les résumerons dans les soins de préparation du sol, les semailles, les soins d'entretien, la récolte, le battage, la conservation des grains.
Préparation du sol. — Dans la plupart des assolements, les céréales succèdent aune plante sarclée ou à une jachère. Dès que la récolte précédente est enlevée, on donne un vigoureux coup de herse ou de scarificateur pour nettoyer et égaliser le sol, puis on conduit la fumure sur le champ. Celle-ci est enfouie par un labour de profondeur moyenne.
Un nouveau hersage doit suivre le labour, et quand il reste des mottes en assez grand nombre sur le terrain, on passe un fort rouleau pour les écraser.
Dans la culture en billons, encore en usage dans un certain nombre de pays, on ne fait pas passer sur le champ le rouleau dont l'action aurait pour effet de détruire la crête des sillons ; mais les autres travaux préparatoires sont les mêmes que ceux qui viennent d'être indiqués pour la culture en planches.
Semailles. — La plupart des céréales peuvent être semées soit à l'automne, soit au printemps. Dans chaque espèce, il y a des variétés qui s'accommodent, les unes des semailles de l'automne, les autres des semailles de printemps. Mais en général il faut donner la préférence aux semailles d'automne. La plante commence à se développer avant l'hiver, et quand sa végétation reprend, au mois de mars, elle a déjà une vigueur qui lui permet de se développer d'une manière plus normale jusqu'au moment de la maturité.
I La plus grande attention doit être apportée au choix des graines. De leur qualité dépend en par-
' tie le succès de la récolte. Il est facile de vérifier leur valeur germinative, par un procédé qui a été indiqué par Mathieu de Dombasle. On superpose,
' dans le fond d'une soucoupe, deux morceaux de drap humecté à l'avance ; on place par-dessus, en
I ayant soin qu'elles ne soient pas en contact le»
CÉRÉALES
CEREALES
Tines avec les autres, un certain nombre de graines •des semences que l'on veut essayer, et on les re- -couvre d'un troisième morceau de drap également humecté. La soucoupe étant placée dans un endroit jnodérément chaud, près d'un poêle par exemple, •on imbibe d'eau de temps en temps la pièce de drap supérieure, de manière à conserver une humidité constante, sans que cependant les graines soient baignées dans l'eau. Le travail de la germination s'opère peu à peu ; au bout d'un temps qui varie suivant les espèces, et qui est en général de trois à cinq jours, les bonnes graines commencent à montrer leurs germes, les mauvaises au contraire se couvrent de moisissures. D'après la proportion de ces dernières, on augmente plus ou moins la quantité de semence à répandre sur une surface déterminée.
Pour avoir de bonnes graines, bien homogènes, €t non mélangées, soit de petites graines, soit de plantes étrangères, il faut avoir recours au triage, fait avec un bon instrument. En vue de détruire les germes de champignons parasites, on doit avoir recours au sulfatage des graines. On dissout du sulfate de cuivre dans cinq fois son poids d'eau, «n remuant le liquide pour hâter la dissolution. On étend la semence sur un plancher, puis on l'asperge avec le liquide, et on remue ensuite avec une pelle en bois pour que tous les grains soient humectés. Si l'on fait cette opération le soir, le grain est suffisamment ressuyé le lendemain malin pour être semé. Une dissolution de 1 kilog. de sulfate de cuivre ou vitriol lleudans ô litres deau, suffit pour préparer 200 kilog. de semences. On f-mploie pour la même opération, et avec avantage, une dissolution de chaux dans l'eau.
Les semailles des céréales sont faites, dans la culture à plat, en jetant la semence sur te sol, et en la recouvrant par un hersage. La herse suit le semeur. Dans la culture en billons, on ensemence sous raie, la semence est d'abord répandue, puis •enterrée par un coup de charrue. Dans l'un et l'autre cas, il faut prendre soin que les semences ne soient ni trop légèrement ni trop profondément enterrées; dans le premier cas, elles se développent mal, dans le deuxième elles pourrissent et ne lèvent pas. La profondeur normale est de 4 à 8 centimètres au plus. On distingue deux sortes de semailles : les semailles à la volée et celles en lignes. Dans les semailles à la volée, le grain est répandu ù la surface du sol par le semeur qui marche d'un pas régulier, et lance le grain méthodiquement autour de lui avec la main. Les semailles en lignes, au contraire, sont faites à l'aide d'un instrument désigné sous le nom de semoir, qui dépose le grain dans le sol à la profondeur voulue, et en formant des lignes parallèles distantes de 12 à 20 centimètres les unes des autres. Les semailles en lignes présentent des avantages multiples : elles permettent d'économiser la semence dans des proportions très considérables, tout en assurant davantage la le- Tée des grains ; en outre, l'air et la lumière peuvent circuler entre les lignes de céréales, ce qui favorise leur développement, et empêche souvent la verse de se produire ; enfin, elles permettent de donner des sarclages pour détruire les mauvaises herbes.
La quantité de semence à employer dépend des diverses sortes de céréales; les proportions à adopter seront indiquées plus loin pour cliacune.
Soins d'entretien. — Quand les semailles des céréales d'automne ont été faites avec soin et à temps, la plante a acquis assez de vigueur pour ne pas être compromise par un hiver normal, et même par un hiver assez rigoureux, quand elle est protégée par une couche de neige. Néanmoins, il arrive assez fréquemment que des dommages sont occasionnés, soit par des pluies prolongées, soit par des intermittences de gels et de dégels, soit
par des froids tardifs, parfois enfin au printemps par une sécheresse de plusieurs semaines.
Quand l'hiver est caractérisé par des intermittences de gelées et de dégels, la terre arable est soulevée et avec elle la plante qu'elle renferme ; les racines de celle-ci sont parfois mises à nu ; la plante est déchaussée, suivant l'expression vulgaire. Pour remédier à cet inconvénient, il faut passer le rouleau plus ou moins cnergiquement sur le champ, de manière à tasser le sol et à rentrer les racines en terre. Cette opération a pour effet secondaire non moins utile de favoriser le tallage, c'est-à-dire le développement des rejets et la formation des touffes au collet de la racine.
Quand l'humidité est excessive, il faut passer la charrue dans les raies d'écoulement qui doivent toujours être pratiquées, surtout dans les terres argileuses. On assure ainsi l'écoulement des eaux et l'assainissement du sol.
La herse, enfin, est employée avec avantage, après les sécheresses de l'hiver ou du printemps, pour briser la croûte qui s'est formée à la surface du sol et qui empêche le développement des plantes.
Dans tous les cas, quand la plante ne reprend pas une végétation vigoureuse au printemps, on peut avoir recours aux engrais dits en couverture. Cette pratique consiste à répandre sur le champ des engrais rapidement solubles, tels que du'guano ou du sulfate d'ammoniaque, dont l'action se fait sontir au bout de quelques jours, pour rendre à la plante sa vigueur et lui faire regagner le temps perdu.
Ainsi qu'il a été dit plus haut, quand les céréales sont semées en lignes, on peut au printemps opérer un ou deux binages. Cette opération consiste à promener une houe armée de rasettes qui coupent, entre les lignes, toutes les mauvaises herbes qui ont pu s'y développer. Le binage est, en outre, une façon donnée au sol qui produit d'aussi bons résultats que le roulage ou le hersage, suivant les circonstances.
Quand le champ a été trop endommagé par l'hiver, et qu'une grande partie du plant a péri, il est parfois plus avantageux de retourner à la charrue et d'enfouir la céréale d'hiver, pour semer pardessus une céréale de printemps ou une autre plante.
Moisson. — Les céréales doivent toujours être coupées un peu avant leur maturité. Quand on attend plus longtemps, le grain trop mûr s'égrène quand on le coupe, et il y a perte d'une partie de la récolte.
La moisson se fait le plus souvent à bras d'hommes. Les instruments employés pour ce travail sont la faucille, la faux et la sape. La faux armée est aujourd'hui l'appareil le plus généralement adopté dans beaucoup de contrées. Au-dessus de la lame sont disposées plusieurs baguettes d'osier recourbées sur lesquelles tombent les épis, pour être rejetés méthodiquement en andains, c'est-à-dire en petits tas réguliers, sur le côté de la piste que suit le moissonneur. La sape est principalement en usage chez les moissonneurs des Flandres et du Nord.
Depuis quelques années, l'emploi des machines à moissonner s'est répandu presque partout. Avec ces machines, on peut à l'aide d'un attelage de deux chevaux, abattre trois à quatre hectares par jour. Leur travail est désormais tout à fait, régulier. Elles permettent au cultivateur de s'affranchir des exigences exagérées des ouvriers, et de faire rapidement sa moisson au moment le plus propice, et à meilleur compte. Grâce aux perfectionnements apportés dans ces machines, et à leur bas prix relatif, elles sont devenues à peu près accessibles à la petite culture.
Les céréales doivent être laissées sur le champ
CÉRÉALES
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pendant quelques jours après la moisson, pour que la paille puisse sécher et que la maturation du prain s'achève. Trop souvent on laisse les andains ou les javelles couchés sur le sol ; quand le temps est humide, la paille noircit et le grain germe ; quand un orage survient, ce qui est fréquent au moment de la moisson, les mêmes inconvénients se produisent. Les bons cultivateurs y obvient en faisant des moyettes, c'est-à-dire en réunissant plusieurs gerbes, et en les disposant de manière que la pluie ;;lisse facilement dessus, sans pénétrer jusqu'au i,'rain. Il y a plusieurs systèmes de moyettes. Le plus usité consiste à lier ensemble deux javelles de manière à constituer une petite gerbe. Six ou huit gerbes analogues sont placées debout, appuyées les unes contre les autres. Le tout est couvert par une gerbe plus grosse, liée près du pied, et disposée en chapeau au-dessus des autres, les épis en bas, de manière à recouvrir le haut de toutes les petites gerbes. Un autre système consiste à mettre les gerbes, au nombre de dix ou douze, en pyramide, les unes au-dessus des autres, de façon que tous les •épis soient du même côté. Quand les céréales sont ainsi disposées en moyettes bien faites, elles achèvent de mûrir dans de bonnes conditions ; le grain sèche même par le mauvais temps, parce que l'air circule quand même à travers la moyette, sans que ia pluie puisse pénétrer à l'intérieur. On peut rentrer la récolte au moment le plus favorable, et attendre plusieurs semaines sans inconvénient.
Battage. — Le battage a pour but de séparer le grain de la paille. Cette opération se fait de diverses manières : par le fléau, par le rouleau, par le dépiquage, et enfin au moyen des machines à battre.
Le fléau est une latte en bois suspendue à un long manche, avec laquelle on frappe les épis étendus sur une aire ou surface aplanie avec soin, pour séparer le grain. La paille est enlevée à bras, et le grain à l'aide de râteaux et de pelles. Ce mode de battage exige un grand nombre de bras ; il est, -en outre, très lent ; il tend de plus en plus à être abandonné
Le battage au rouleau se fait avec un rouleau en pierre auquel on attelle un cheval, et qu'on fait passer sur les épis disposés circulairement autour de l'aire.
Le dépiquage par les pieds des chevaux est surtout pratiqué dans les régions méridionales. On fait trotter les chevaux sur les épis disposés circulairement, et la séparation du grain se fait sous l'action de leurs pieds.
La machine à battre est aujourd'hui répandue partout. Dans toutes les exploitations, on peut se procurer facilement une petite batteuse à manège <^iui ne demande qu'un ou deux chevaux pour donner un bon travail. Les grandes machines qui peuvent battre plusieurs centaines de gerbes par heure, ont besoin d'une machine à vapeur pour être mises en mouvement. Elles sont donc réservées à la grande culture . Mais aujourd'hui dans le plus înrand nombre des départements, il existe ce que l'on appelle des entrepreneurs de battage qui possèdent une ou plusieurs grandes machines, et qui vont, de ferme en ferme, exécuter les battages qui leur sont demandés. Les grandes machines à battre prennent la gerbe en travers, et rendent la paille rigide et non brisée ; mais les petites batteuses prennent la gerbe par le bout des éi)is, et rendent la paille brisée. C'est un inconvénient dans les exploitations où l'on fait commerce de paille ; mais, sauf quelques circonstances exceptionnelles, il vaut mieux consommer la paille dans l'exploitation, et l'employer soit à la nourriture des animaux domestiques, soit à la litière. Dans ces deux cas, il importe peu qu'elle soit brisée.
Après le battage, le grain doit être passé au ventilateur ou tarare pour être débarrassé des
impuretés qu'il renferme. Les grandes machines à battre sont, pour la plupart, munies de ces appareils, et elles rendent le grain marchand, c'est-àdire bon à être mis en sacs pour être porté au marché. Néanmoins, quand on veut avoir de bons grains de semence, il faut avoir recours au triage. Il existe aujourd'hui des trieurs qui séparent très bien non-seulement les diverses espèces de grains, mais encore les qualités différentes dans une même espèce.
.\vec la machine à battre, le cultivateur peut opérer ses battages comme il l'entend, sans avoir à se préoccuper de la main d'oeuvre, et au moment qu'il juge le plus convena"ble pour la vente.
Après ces indications générales, il nous semMe indispensable de donner quelques détails sur les principales céréales cultivées en France.
Blé. — Le blé ou froment est la céréale la plus importante. Son grain, réduit en farine, sert à faire le pain qui est, chez nous, la base de l'alimentation humaine.
Il existe beaucoup de variétés de blés cultivés. Ces variétés se distinguent à la forme, à la grosseur et à la couleur des grains, en même temps quepar leur disposition dans l'épi. Sans entrer dans de plus longs détails, il suffira de dire que dans la région septentrionale de la France on cultive surtout des variétés à épis blancs jaunâtres ; tels sont le blé blanc de Flandre, le blé Chiddam, le blé de Noé, etc. Ces blés sont sans barbes. En Provence et dans le Languedoc, on cultive surtout au contraire des variétés presque toutes barbues, telles que le blé saisette d'Arles, le blé bladette. Dans le Sud-Ouest, on préfère d'autres variétés, telles que le blé de Nérac, latouzelle rouge. Dans l'Ouest, c'est le blé de Roscofi", le blé de Saumur, celui de Saint-Laud, que les cultivateurs recherchent de préférence. Dans le centre, les principales variétés adoptées sont le blé de Hongrie, le blé hérisson, les blés poulards de Touraine, d'Auvergne, etc.
Le blé réussit surtout dans les sols un peu argileux et bien fumés. Ce n'est que par le chaulage qu'on parvient à le faire réussir sur les terres qui manquent de chaux. Les terres argilo-calcaires et les terres calcaires siliceuses sont placées au premier rang des terres à blé.
Les semailles doivent être faites à l'automne, le plus tôt possible, c'est-à-dire dans le courant du mois d'octobre. En semant à la volée, on répand ■JOi» à 250 litres de semence par hectare ; parfois cette quantité est dépassée. L'emploi du semoir permet de réduire considérablement cette proportion, au grand avantage de la récolte ; la quantité employée varie alors de 100 à làO litres par hectare. La production moyenne est de 20 à 25 hectolitres de grain par hectare dans les terres ordinaires assez bien cultivées ; elle descend à 7 à in hectolitres dans les sols pauvres, mais elle atteint 30 à 40 hectolitres dans les terres riches, abondamment fumées et avec des conditions climatériques favorables. Le rendement en paille varie dans de très grandes proportions suivant les années ; on estime qu'il est, en moyenne, de 200 kilogrammes de paille pour un hectolitre de blé. — Le poids de l'hectolitre est normalement de 78 kilogrammes; il descend à 75 kilogrammes pour les blés de qualité inférieure, et il dépasse parfois 80 kilogrammes pour ceux de première qualité.
La surface cultivée en blé, chaque année, en France, dépasse 6 millions d'hectares. La production moyenne est de 100 millions d'hectolitres de blé environ. Le produit moyen par hectare, potir tout le pays, est de 15 hectolitres de grain. Ce produit est encore sensiblement inférieur au produit moyen de l'Angleterre, de la Belgique, de la Hollande ; mais il est supérieur à celui de la plus grande partie des autres pays de l'Europe Le prix du blé varie beaucoup suivant les bonnes
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et les mauvaises récoltes, les importations plus ou moins considérables, les conditions particulières des marchés. Durant les dernières années, il a varié de 21 à 25 francs par hectolitre, avec quelques oscillations temporaires au-dessous et au-dessus de ces limites.
Seigle. — Le seigle est le blé des pays de montagne et des terres pauvres. Son grain est entré pendant longtemps dans l'alimentation des classes rurales ; mais il tend à céder de plus en plus la place au blé. Si la culture du seigle diminue en France, elle fait encore dans une grande partie de l'Europe centrale et septentrionale la base de la production des céréales.
Dans beaucoup d'exploitations, le seigle est surtout cultivé en vue de sa paille. Celle-ci est la plus propre à faire les liens, et elle donne une excellente litière. Elle est, en outre, recherchée dans les papeteries à raison de sa belle couleur.
Le seigle d'hiver est celui qui est le plus généralement cultivé ; on le sème de bonne heure, afin que le plant ait acquis avant l'hiver assez de force pour résister au froid. La quantité de semence employée par hectare est de 200 à 250 litres. Le rendement moyen est de 20 à 22 hectolitres dans les terres de bonne qualité : il atteint 30 à 35 hectolitres dans les sols fertiles; mais dans les terres pauvres, il dépasse rarement 10 à 12 hectolitres. Quant à la paille , on estime, d'une manière générale, que son rendement est de 175 à 180 kilogrammes pour un hectolitre de grain. Le poids moyen de l'hectolitre de seigle varie de 70 à 75 kilogrammes.
Le seigle est souvent sujet à la maladie de l'ergot. Cette maladie est déterminée par le développement d'un cryptogame spécial dans le grain pendant sa maturation. Le grain atteint de l'ergot se fait remarquer par son développement en longueur et par sa couleur noirâtre ou brun violacé. Le seigle ergoté doit être scrupuleusement exclu de la consommation.
Orge. — L'orge est cultivée dans toutes les parties de la France. On en distingue plusieurs espèces, les unes à grains vêtus, les autres à grains nus. Les principales variétés cultivées en France sont des orges de printemps, c'est-à-dire qui se sèment au mois de mars. L'orge d'hiver prend généralement le nom d'escourgeon. Les terres qui conviennent le mieux à l'orge sont les sols argilosiliceux, argilo-calcaires, c'est-à-dire de consistance moyenne. Elle végète aussi très bien sur les terres d'alluvion, mais elle redoute les sols très compacts et ceux qui sont très sablonneux. Le champ doit être bien ameubU ; cette dernière condition est indispensable pour la réussite de la récolte .
Les quantités de semence à employer par hectare varient de 200 à 300 litres, suivant la nature de l'orge et selon que le sol a été plus ou moins préparé. Il faut moins de semences dans les terres bien préparées. Des hersages et des roulages pendant la première végétation assurent la destruction des plantes nuisibles et le tallement du plant.
Le rendement varie suivant les variétés. Il est généralement plus considérable pour les orges d'hiver ou escourgeons que pour celles de printemps. Ces dernières donnent, dans les bonnes terres, en production moyenne, 25 à 30 hectolitres par hectare. Pour l'escourgeon, on récolte assez fréquemment 50 à fiO hectolitres. Le poids de l'hectolitre d'orge est de 60 à 65 kilogrammes.
L'orge réduite en farine entre pour une large part dans la nourriture des animaux domestiques soumis à l'engraissement. Dans quelques pays, surtout dans les climats méridionaux, l'orge remplace l'avoine dans la ration des chevaux. Enfin, elle entre sous forme de malt, c'est-à-dire d'orge germéeet desséchée, dans la fabrication de la bièfe.
Avoine. — L'avoine est, avec le seigle, la céréale la plus importante des régions septentrionales. Il y a, comme pour les autres céréales déjà décrites, des variétés d'hiver et de printemps; mais les avoines de printemps sont celles qui réussissent le mieux en France. Durant les hivers doux et humides, si fréquents, l'avoine semée à l'automne prend un développement trop rapide, et il arrive parfois que l'épi sort même avant le printemps.
On cultive beaucoup de variétés d'avoines ; on les distingue souvent suivant la couleur du grain, qui est jaune ou noire. Les variétés les plus estimées sont : l'avoine jaune du Nord, l'avoine noire de Brie, l'avoine de Beauce, etc.
Les avoines viennent bien dans les terres de consistance moyenne; elles ne dor -.ent que de médiocres produits dans les terres très fortes, aussi bien que dans les sols pauvres. Les printemps trop humides lui sont aussi défavorables.
Les semailles doivent être faites de bonne heure : c'est d'ailleurs la règle générale pour la plupart des céréales. Les avoines semées tôt résistent mieux aux sécheresses, quand il s'en produit au printemps. La quantité de semence à employer par hectare est de 250 à 300 litres. Mais quand on sème au semoir, il ne faut pas employer, pour la même semence, plus de 150 à 180 litres.
La maturité des avoines vient généralement après celle des blés. C'est surtout pour ce grain que la moisson doit être exécutée avant une maturation complète; l'avoine s'égrène facilement, et il y a une déperdition considérable, si on la coupe trop mûre.
Le rendement est très inégal. La production moyenne, en France, est estimée à 25 ne'ctolitres par hectare. Dans les bonnes cultures, elle atteint 50 hectolitres, et dépasse parfois ce chiffre. — Le poids de l'hectolitre 'est de' 45 à 50 kilogrammes.
L'avoine est presque exclusivement employée à la nourriture des chevaux; on donne aussi aux moutons l'avoine en gerbe. Le grain d'avoine renferme une substance aromatique et stimulante, encore mal définie, qui donne du ton et de la vigueur aux chevaux.
Mais. — Le mais cultivé au point de vue de la production du grain est une céréale du midi de la France ; son grain mûrit mal sous les climats septentrionaux. Les principales variétés sont le mais quarantin, le mais des Landes, le mais jaune d'Auxonne.
Les semailles se font le plus généralement en lignes distantes de 50 à (iO centimètres. La quantité de semence à employer par hectare est de 15 à :0 kilogrammes. On sème en avril pour récolter en octobre. Pendant la végétation, il faut faire un ou deux buttages pour donner de la force aux tiges. L'écimage du mais après la fécondation des fleurs femelles est une opération souvent recommandée ; les produits servent de nourriture verte au bétail. Un hectare de maïs donne, dans les conditions ordinaires, 35 à 40 hectolitres de grain.
Le mais, réduit en farine, entre dans la consommation humaine. On s'en sert aussi pour engraisser les volailles. Enfin, dans ces dernières années, des essais heureux ont été faits pour le mélanger à l'avoine dans la nourriture des chevaux.
San-asin. — Le sarrasin ou blé noir est principalement cultivé, en France, dans la Bretagne, la Vendée, le Poitou, le Limousin, l'Auvergne. Les terrains schisteux et granitiques sont ceux qui lui conviennent le mieux.
Les semailles se font généralement au mois de mai ou en juin. Elle se font, à la volée, à raison de 40 à 50 litres par hectare. La récolte a lieu en septembre et en octobre. Il jr a de très-grandes difl'érences dans le rendement ; dans les bonnes années, et sur les terres bien cultivées, il donne 30 hectolitres par hectare ; ailleurs, et dans les
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mauvaises années, ce rendement peut descendre 6 ou 8 hectolitres. Le poids moyen de 1 hectolitre est de 64 à Gô kilogrammes.
Le sarrasin entre dans l'alimentation des paysans pour une large part; il sert à préparer des galettes et des bouillies. 11 est aussi utilise dans 1 engraissement des bêtes bovines, et pour la nourriture des animaux de basse-cour.
Production des céréales en France. — INous terminerons par quelques renseignements sur la production comparée des céréales en France à soixante années d'intervalle, en 1815 et en 18;o. Voici d'abord le tableau des surfaces consacrées à chacune des plantes qui viennent d'être étudiées :