‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 358 sur 593 · CLASSIFICATIONS — 424 — CLASSIFICATIONS · texte numérisé non relu

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l'air, avec incubation interne (mammifères) ou externe (oiseaux et reptiles); et anaUiintoïdiens, avec embryon dépourvu de la vésicule allantoïde, l'œuf ne pouvant accomplir ses évolutions que dans Teau aérée. Cette variation continuelle des caractères primordiaux, ces divergences du point de départ, suivant les auteurs, font bien comprendre cette vérité, qu'il ne faut demander aux classifications naturelles réalisées que des approximations.

Méthodes graphiques pour figurer des classifications. — On a cherché à représenter les classifications naturelles par des méthodes graphiques qui rentrent, on doit le dire, dans l'enseignement par les yeux. Le plus habituellement on se contente de tableaux synoptiques, avec des accolades, soit de séparation, soit de réunion.

Depuis longtemps l'expérience a fait renoncer à la chimère d'une classification unilinéaire, dans laquelle tous les êtres se suivaient sur une seule ligne, de la monade à l'homme. Les séries parallèles indiquent qu'avec un type difl'érent, pour chaque série, il y a des analogies multiples.

Certains auteurs de classifications scientifiques disposent les êtres en séries parallèles, suivant des éclielons qui se correspondent ou se placent au contraire à des hauteurs difl"érentes d'un groupe à l'autre; il y a des analogies dans les caractères et les propriétés des homologues de chaque groupe. Souvent il arrive que des échelons manquent dans une série, peut-être par la non-découverte jusqu'ici des homologues. Quelques exemples feront comprendre ces séries. Dans les familles naturelles qui commencent en chimie par l'oxygène et l'azote (ce dernier corps, très différent de l'oxygène, ne devant pas figurer dans le parallélisme) nous aurons les deux séries :

Oxygène.

Soufre , Phosphore

Sélénium.

Tellure Arsenic

Les correspondants de l'oxygène et du sélénium manquent. Les vertébrés peuvent se ranger en quatre séries à hauteurs inégales:

Mammifères

Crocodiliens Lacertiens. .

Ophidiens.

Oiseaux

Chéloniens.

Batraciens anoures et urodèles.

Cécilies.

Plagiostomes ou poissons cartilagineux.

Poissons osseux.

Les genres de l'ordre des rongeurs se placent do même aisément en parallélisme avec ceux des insectivores ; on trouve dans les uns et les autres des sauteurs, des porte-piquants, des animaux à parachute, des aquatiques, avec un type dentaire et un régime fondamentalement différents. Quelques auteurs avaient même supposé que ces séries parallèles étaient la véritable loi de la classification des êtres ; mais on a dû renoncer à cette opinion et ne voir dans ces séries que des cas particuliers, la plus grande partie des animaux, des végétaux ou des corps bruts échappant à tout classement de ce genre. On n'est pas plus heureux, pour la généralité des cas, en imaginant des sélies divergentes, c'est à-dire, pour les êtres organiques par exemple, en partant de types très inférieurs, mixtes en quelque façon, comme les mycétozoaires et, de cette sorte de tronc commun, faisant partir des branches, montant de plus en plus en divergence, à mesure que les animaux se séparent mieux des végétaux. Un des défauts de cette classification, c'est que précisément ces formes intermédiaires très inférieures sont en général mal

connues et présentent souvent de grandes différences qu'on ne soupçonnait pas à l'origine; ainsi les infusoires, si dédaignés longtemps par leur extrême petitesse, ont des types d'organisation assez élevés.

Un dernier mode de classification, dont nous ne dirons toutefois qu'un mot, en raison de sa complexité, est celui des classifications circulaires. On enferme dans des courbes, cercles ou ellipses en général, un groupe d'êtres, en plaçant au centre le type qu'on regarde comme fondamental et en éloignant de lui, selon les rayons et en se rapprochant du pourtour de la courbe, les types qui s'écartent de plus en plus. On dispose ces courbes sur le papier à diverses hauteurs, et, par des lignes allant de l'une à l'autre, on unit des types qui ont quelques analogies, bien que faisant partie de groupes essentiellement distincts : ainsi une ligne transverse unira les cétacés ou mammifères pisciformes aux poissons. Le graphique cherche ici à représenter les homologies plus exactement encore qu'avec les séries parallèles ou divergentes. Les vertébrés allantoïdiens et anallantoidiens feront partie de deux cercles distincts, l'un présentant en positions d'inégale hauteur les mammifères, les oiseaux, les reptiles ; l'autre, les batraciens et les poissons.

Disons-le encore hautement, il n'y a là que des graphiques plus ou moins ingénieux et non la reproduction exacte et fidèle de la nature. Pour représenter les dispositions réelles des êtres, il faudrait des figures à trois dimensions, à la façon des constellations, et encore il y a des êtres, tout à fait isolés dans l'espace, qui sont comme des étoiles perdues ou des points singuliers de certaines courbes. La nature, dans sa complication grandiose, n'a pas suivi ces lois simples qu'affectionne limparfaite intelligence de l'homme. Il n'y a prs de classificatio?is, et nos figures planes ne seront jamais que des approximations. Il ne faut donc pas attacher d'importance exagérée aux divers systèmes ; qu'on prenne la classification la plus claire et la plus pratique pour le but qu'on se propose, sans se préoccuper de sa valeur philosophique. Nous conseillons aux instituteurs l'usage des classifications les plus usitées en France, parce qu'il leur sera plus facile avec leur emploi de se servir des ouvrages répandus ; ils auront la connaissance des êtres, c'est l'essentiel.

a II est vrai, « disait déjà Daubenton en ouvrant son cours d'histoire naturelle à l'École normale fondée par la Convention, « il est vrai que la nomenclature méthodique de 15,000 espèces de plantes est une grande affaire de détail, mais elle ne doit entrer dans l'enseignement de l'Ecole normale que pour faire voir les tentative-; que les botanistes ont faites afin d'évaluer les caractères distirictifs des plantes, Les plus sages ont composé des familles qu'ils ont appelées naturelles, en rassemblant sous des dénominations particulières les espèces des plantes qui ont plus de rapports entre elles qu'avec les autres. » [Maurice Girard.]

1. Classification des animaux. — Aristote fit une classification du règne animal méritant d'être signalée, dans laquelle les vertébrés, subdivisés en. mammifères, 7'e;itilet, oiseaux, poissons, céacés, sont par conséquent assez bien classés et forment le groupe des animaux sanguins. Les mollwques constituent celui des anirhaux dont les parties molles sont à l'extérieur, par opposition à ceux des insectes et des crustacés dont les parties molles sont à l'intérieur. Linné voulut baser une division du règne animal sur la conformation du cœur, et le choix de ce caractère a fait grouper dans le même embranchement des vers les mollusques, les zoophytes, etc., chez lesquels cet organe est non seulement loin d'avoir la même conformation, mais encore n'existe pas toujours. C'est Cuvier qui cta-

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blit la classification naturelle du règne animal, dont les méthodes actuellement usitées le plus gcnt ralement ne sont que des perfectionnements. Le tableau suivant donne la classification telle que la conçut Cuvier :

i" Embranchement. — Aîîuhadx vertébrés.

Classe 1 . — Mammifères.

— î. — Oiseaux.

— 3. — Beptiles.

— 4. — Poissons.

t' Embrauchemen

. — Animaci mollusoces

Classe 1. —

Céphalopodes.

Piéropodes,

Gastéropodes.

Acéphales.

Branchiopodes.

Cirrhopodes.

3« EmbranchemeDt. — Animaux AnxicuLiis.

Classe 1. —

Annélides.

Crustacés.

Arachnides. Insectes.

=■■ Embranchement

( Ostéoznaires ) ou \ Verttibrés.

t Entomozoaires

l ou f Anne lés.

l Malacozoaires

l ou / Mollusques.

Îb.

Zoophytes...

4» Embranchement. — Amnici zoopbïtbs.

Classe 1.

Echinodermes.

— Sers intestinaux.

— Afnlèphes.

— Pjlype^.

— Injusoires,

De Blainville substitua à l'expression embran~ chement celle de tyi^e, et il fit cinq types au lieu de quatre embranchements. II donna aussi des noms nouveaux à ses groupes, qui correspondaient pourtant à ceux de Cuvier :

1" type : Ostéozoaires, correspondant à Vertébrés.

2» — Entomozoaires, — Annelés.

3» — Malacozoaires, — Mollusques.

4« — Act'twzoaires, I „ ■ ,

5e - Amorphozoaxres\ " Zoophytes.

M. Milne Edwards a modifié la classification de Cuvier et en a proposé une nouvelle, qui est assez répandue pour que nous en donnions la clef, et qui présente l'avantage de se rapprocher du groupement des animaux dans les méthodes récentes :

A. — Sous-embranchement: Allanioïdiens .

Les classifications plus récentes divisent le règne animal tantôt en cinq embranchements : Vertébrés, Annelés, Mollusques, Raj-onnés, Protozoaires ; tantôt en sis : Vertébrés, Articulés ou Annelés, Mollusques, Echinodermes, Polj-pes, Protozoaires (Paul Gervais, Cours élémentaire d'histoire naturelle) ; tantôt en sept : Vertébrés, Articulés, Céphalopodes, Mollusques, Vers, Rayonnes, Protozoaires (Cari Vogt, Zoologi^cne Briefe). On trouvera au mot Zoologie celle que nous suivons dans ce Dictionnaire.

2. Classification des végétaux. — Histoinque. — Les travaux botaniques d'Aristote ne sont pas parvenus jusqu'à nous, mais Tbéophraste, son élève, a légué à la postérité un ouvrage dans lequel plus de trois cents plantes sont fort bien décrites, et il avait même abordé l'étude de l'organographie. En Italie, les anciens cor.naissaient mieux la culture et rutilitc médicinale des végétaux que leur constitution intime et leurs rapports. Malgré les ouvrages médicinaux des Arabes, malgré les voyages lointains du quinzième siècle, malgré les travaux plus récents de la Renaissance, les progrès étaient lents. En 1604, Zulienski distingua les fleurs hermaphrodites et unisexuées ; Grew en Angleterre, Malpighi en Italie, établirent la théorie de la fécondation, qui ne fut pas immédiatemejit admise en France. Jean Ray, né dans le comté d'Essex en 16V8, s'illustra par des travaux de botanique descriptive. Tournefort, savant français (lGô6-1708),fit un essai de classification artificielle; cette division des végétaux fut admise jusqu'à ce que Linné publiât son système en 17:55. bans ce système, les plantes sont disposées en vingt-quatre classes établies sur la comparaison des organes sexuels et surtout sur les rapports des étaraincs, soit entre elles, soit avec le pistil. Nous donnons le tableau abrégé de la classification de Linné

Anallantûîdiens. . . .

Mammifères.

Oiseaux.

Reptiles.

Batraciens.

Poissons.

— Arthropodes ex. : Insectes.

— Vers — Helminthes.

— Mollusques — Céphalopodes.

— Molluscoîles — Tuniciers

— Radiaires — Polypes.

— Sarcodaires — Infusoires.

comme document historique, bien que cette classification soit à peu près universellement abandonnée. Nous devons aussi prévenir toute personne lisant pour la première fois ce tableau, contre l'erreur facile à commettre de croire le système de- Linné basé sur le nombre des étamines.

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