CIRCULATION
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circule le sang. Chacune de ses contractions refoule un peu de liquide jusqu'aux extrémités des canaux qu'il doit parcourir, et produit le battement du pouls.
Une figure théorique très simple suffit pour donner une idée exacte de la circulation chez l'homme. Le côté A représente les cavités du cœur du côté droit, et le côté B celles du côté gauche. Le liquide se meut dans le sens des flèches. Le sang qui arrive à droite provient des veines ; il apporte les produits nourriciers de la digestion ; sa couleur est d'un rouge brun, parce qu'il a perdu en route l'oxygène que les globules du sang ont cédé partout sur leur passage. Dans cet état il ne pouvait continuer d'entretenir la vie, mais il suit sa route vers les poumons, et là il se trouve en contact avec l'oxygène de l'air qu'il absorbe en abondance, reprend sa couleur rutilante, et retourne au cœur où il pénètre par le côté gauche, pour être lancé dans les artères dont les ramifications innombrables le distribuent à tous les organes, à tous les tissus.
Examinons maintenant avec un peu plus de détails les organes et le mode d'action de la circulation.
Chacun a vu le cœur du bœuf, du mouton ; celui de l'homme a la même apparence, la même disposition.
Fig. 1. — Parcours fictif du sang dans la circulation. La figure représente les compartiments du cœur vus de face, la droite étant en A et la gauche en 6.
Fig. 2. — Coupe du cœur. — A, ventricule droit. — B, ventricule gauche. — C, oreillette droite. — D, oreillecte gauche. — E, F, G, valvules. — H, origine de l'aurle et valvules. — I, orifice de la veine cave inférieure — K, veine cave supérieure. — L, L, orifices des veines pulmonaires.
C'est un muscle, ou mieux une réunion de muscles formant quatre chambres séparées par des cloisons, mais communiquant au moyen de portes qui agissent à la manière des soupapes d'une pompe aspirante et foulante. Décrivons-le en suivant le
cours du sang dans ces quatre chambres. De gros troncs veineux (veines caves) apportent dans la première chambre (oreillette droite) le sang noir;itre qui revient, par les veines, de tous les points du corps. Pour l'y faire affluer plus vite, les parois élastiques de la chambre se dilatent, font le vide, et le liquide se précipite pour le remplir, commi l'eau monte dans la pompe dont on augmente laça pacité en soulevant le piston. Dans le même temps la cavité opposée, à gauche, ou quatrième chambr.; (oreillette gauche), se dilate aussi et appelle le sang artériel d'un rouge vermeil qui revient des poumons : voilà le premier temps de l'action du cœur. Après un repos presque imperceptible, les deux chambres supérieures se contractent, et, grâce à la disposition des portes ou soupapes, le sang veineux de la première chambre passe dans la seconde (ventricule droit), tandis que le sang artériel de la quatrième chambre passe dans la troisième (ventricule gauche). Le ventricule droit se contracte et lance le sang désoxygéné dans les poumons ; le ventricule gauche se contracte aussi pour lancer dans l'artère principale, l'aorte, le sang régénéré revenu des poumons et que lui a cédé l'oreillette gauche.
Le sang veineux, avons-nous dit, se trouve lancé dans les poumons; il y pénètre tout le réseau de veines dites capillaires, c'est-à-dire extrêmement minces, bien plus minces qu'un cheveu, puisqu'elles ne sont visibles qu'au microscope. Ces vei • nés qui communiquent entre elles, en faisant mille détours, circulent dans l'épaisseur des fines membranes qui divisent en une infinité de cellules le tissu des poumons, puis se continuent par un réseau non moins compliqué de fines artères : c'est dans le tissu même du poumon que le sang veineux se transforme en sang artériel, passant, on peut le dire, de la mort à la vie.
Les globules du sang (V. Sang) jouissent d'une propriété fort remarquable, celle d'emmagasiner les gaz avec lesquels ils se trouvent en contact, pour les laisser s'échapper juste dans le lieu et le moment opportuns.
Lorsque le sang veineux, de couleur sombre, chargé de tous les détritus du corps et saturé d'acide carbonique, arrive dans le réseau capillaire qui remplit le tissu des poumons, leurs minces cloisons et la membrane délicate des vaisseaux s'interposent entre lui et l'air qui remplit les cellules pulmonaires. Mais les membranes vivantes très minces se laissent traverser par les gaz. En outre, des gaz de densité différente, comme l'oxygène et l'acide carbonique, tendent toujours à se remplacer mutuellement à travers les membranes qui les séparent (V. Osmose). Or voici ce qui résulte*, de ces deux lois phj'siques : les globules chargés d'acide carbonique,qui leur donne une couleur sombre, laissent filtrer ce gaz dans les cellules pulmonaires, tandis que l'oxygène de l'air dont elles sont remplies filtre en sens inverse et vient s'accumuler dans les globules. Ceux-ci, redevenus rouges, parcourent les artères du poumon, passent entraînés par le sang dans la portion gauche du cœur et de là dans la grande circulation artérielle, cédant partout sur leur passage une portion de l'oxygène dont ils se sont faits les dépositaires : tel est le rôle principal de la circuhition. [D' SafTray.]
CIVILISATION (Histoire de la). — Histoire générale, XXXIX-XL. — Cette importante leçon se confondant pour la plus grande partie de son objet a,vec l'histoire môme des sociétés considérées à leurs différents degrés de développement, nous la rattachons, pour éviter des redites, à l'article général Société. '
CLASSIFICATIONS. — Botanique. X: Zoologie. III; Minéralogie, p. 1313. — Dans toutes les sciences, le nombre des objets à comparer devient de plus en plus considérable à mesure que nos couuais-
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sauces augmentent par l'étude. La mémoire serait promptemcnt impuissante à retenir les noms et Jes caractères isolés; on reconnaît que certains objets peuvent être rapprochés par des propriétés communes, de façon à former un groupe dont les <:aractères communs conviennent à toutes les parties ; puis les groupes de premier ordre se réunissent en groupes d'ordre supérieur, et l'ensemble de ces groupes constitue la classification des objets dont on veut faire l'étude générale et particulière.
Dans les sciences d'observation, pour les êtres organiques ou inorganiques, la nature ne nous donne que l'individu et Vespèce ; c'est par la comparaison et l'examen que le savant établit le genre, comprenant un nombre très variable d'espèces à propriétés communes, puis, en s'élevant dans l'ordre progressif des groupes, Xs. famille, la tribu, Vordre, la classe, V embranchement, parfois avec des sous-divisions. Il faut bien remarquer qu'il y a toujours un • élément essentiellement arbitraire dans tous ces groupes à partir du genre. Suivant le but à atteindre ou d'après des idées préconçues, des systèmes, chaque auteur adopte des caractères dominateurs, c'est-à-dire auxquels il attache plus d'importance qu'à d'autres, et établit ses groupements en conséquence. Cela explique les nombreuses différences qu'on rencontre dans les classifications des divers auteurs, appliquées cependant aux mêmes espèces.
Classifications artificielles. — Dans leur ensemble, les classifications se divisent en artificielles et naturelles.
Les classifications dites artificielles sont en quelque sorte de tous les instants et très fréquentes, en même temps que très utiles pour un point de vue déterminé. Elles réunissent les objets par un seul caractère commun ou par un petit nombre, sans s'inquiéter des dissemblances et même en associant souvent ensemble des choses fort disparates. Ainsi le pharmacien subdivise les plantes les plus diverses sous le rapport botanique, uniquement d'après leurs propriétés curatives, en émoUientes, acres, sudorifiques, fébrifuges, narcotiques, etc. ; le fourreur, uniquement préoccupé des pelleteries et de leur valeur relative, divisera les mammifères en deux grands groupes, suivant ■qu'ils ont le poil soyeux ou laineux, et sera amené à mettre l'un près de l'autre des animaux très dissemblables, tels que le mouton et le chien caniche.
Il y a dans la science des classifications artificielles fort utiles et célèbres. Ainsi la classification des métaux par Thénard, perfectionnée par Regnault, divise les métaux en deux grands groupes, selon qu'ils n'attaquent pas l'eau ou qu'ils la décomposent, et ces derniers en plusieurs sections, d'après les circonstances de cette décomposition.
Le système de Linné en botanique forme de toutes les plantes vingt-quatre familles ou classes, d'après l'absence ou la présence des étamines, puis l'existence de celles-ci sur deux pieds difl'érents ou sur un seul, leur insertion, leur liberté ■ou leur soudure, leur grandeur relative, leur nombre. Cette classification artificielle a eu autrefois «ne très grande faveur. En sortant des mains de «on auteur, elle offrait un moyen commode d'arriver à la détermination des plantes, grâce aux genres peu nombreux sur lesquels elle avait été •construite, tandis qu'elle n'offre plus ces avantages après les nombreuses additions des successeurs du botaniste suédois. Il est évident que toutes ses classes sont loin d'avoir la môme valeur, puisque les unes sont fondées sur un caractère qui n'est plus que secondaire dans les autres, ainsi, par exemple, le nombre des étamines. La plupart des classes réunissent ensemble des plantes fort dissemblables ; ainsi, dans la fentandrie, l'épinard avec le fenouil.
l'héliotrope, le tabac et le liseron ; dans la dodêcandrie, le réséda avec les euphorbes, etc. Le hasard amène parfois des groupes naturels dans un système de classification artificielle. La didynamte de Linné correspond aux labiées et familles annexes, et la tétradynamie au groupe naturel des crucifères. De même les sections des métaux, dans le système de Thénard, mettent en général à côté les uns des autres des corps fort différents, comme le plomb avec le cuivre, l'argent près du platine ; mais la première section se trouve constituer un groupement naturel, celui des métaux alcalins. La méthode tarsale de Geoflfroy (que nous avons adoptée pour la classification pratique des coléoptères) présente en général des réunions peu homogènes; les ^e7erow2è?'<!s toutefois sont un assemblage presque naturel.
Classifications Jiaturelles. — Les classifications naturelles sont celles qui se proposent de réunir dans le même groupe les êtres qui se ressemblent plus entre eux par tous leurs caractères qu'ils ne ressemblent aux êtres des autres groupes.
Il est aisé de comprendre l'extrême difficulté, je dirai presque l'impossibilité de réaliser exactement une pareille donnée. Il faudrait la connaissance parfaite de tous les êtres de la nature et dans tous leurs détails, et la certitude, en supposant même qu'on ait découvert tous les êtres qui existent actuellement ou qui ont vécu à des époques antérieures, qu'il ne puisse pas s'en produire de nonveaux. Aussi les essais de classification naturelle que nous présente la science doivent-ils être regardés comme des approximations.
Telles sont, en chimie, la classification des métalloïdes par M. Dumas, et une classification, encore fort incertaine, des métaux.
La botanique, après les premières familles naturplles de Tournefort, opposa au système artificiel de Linné la méthode naturelle d'Antoine-Laurent de Jussieu, subdivisant les plantes en trois grands embranchements : dicotylédones, monocotylédones, acotylédones, classification qui n'a été modifiée gravement qu'à une date récente, après la connaissance plus approfondie des végétaux du dernier embranchement.
En zoologie aussi, la méthode naturelle ne peut donner qu'une approximation : la valeur de ses groupes est sujette à varier profondément avec les progrès dans l'étude des êtres. Linné n'établissait que trois embranchements animaux : vertébrés, insectes (sens général), vers. C'est du chaos de ces vers que Cuvier tira l'embranchement des mollusques ; mais, entraîné par l'intérêt même de ses découvertes à attacher trop d'importance à un système de circulation à vaisseaux clos, il plaça les inollusques avant les articulés, ce qui est tout à fait contraire à la philosophie naturelle, ces derniers étant bien plus élevés au point de vue, essentiellement animal, de la sensibilité et du mouvement ; c'est la même importance attribuée à l'appareil circulateur qui lui fit placer les annélides en tête des articulés, bien que ne répondant pas réellement à la définition. Aujourd'hui on a fait pour les zoofjhytes (animaux-plantes) de Cuvier le môme travail qu il opérait sur les vers de Linné ; on y a créé les embranchements distincts des échU nodermes, des polypes, des spongiaires. En partant d'autres principes et subordonnant tout à la forme extérieure, de Blainville divisait les animaux en pairs ou symétriques, rayonnes, et amorphes. On s'accorde maintenant à prendre les caractères naturels les plus généraux dans la fonction de reproduction, en empruntant en outre à l'embryogénie, ou formation évolutive des êtres, des caractères très importants de classification naturelle. Pour nous en tenir, par exemple, aux vertébrés seuls, on les sépare en allantoïdiens, ayant l'embryon muni de la vésicule allantoide, l'œuf se développant par