‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 364 sur 593 · PHANÉROGAMES · texte numérisé non relu

PHANÉROGAMES

MO^OCOTTLÉDOXES.

Glumacées.

Palmiers.

Liliacées.

Iridées.

Orchidées.

DICOTTLÉDOTTES.

Gymnospermes.

Cycadées.

Conifères.

Angiospermes dialypéiales.

Aristoloches.

Laurinées.

Polygonées.

Amarantacées.

Euphorbiacées.

Amentacées.

Urticées.

(Les Monopêtalcs de Jussieu sont, pour Brongniart, des Angiospermes gamopétales ; Toir plus

Ombellifèies.

Cactées.

Myrtées.

Rosacées.

Légumineuses.

Renoncuiacées.

Papavéracées.

Crucifères.

Aurantiacées.

Ampéliiées.

Gérauiées.

Malyacées.

Caryophyllées.

(Les Euphorbiacées, les Amentacées et les Urticées ont figuré plus haut ; les Cucurbitacées ap partiennenl aux Angiospermes ganiopétales, les Conifères et les Cycadées aux Gymnospermes.

Angiospermes gamopétales.

Jasminées.

Labiées.

Solanées, etc.

(Les Angiospermes gamopétales corresDuadent aux Monovétales de Jussieu .

CLIMAT

CLIMAT

qu'on y rencontre, dans les émanations qui s'en dégagent; comme aussi dans le genre de vie des populations, dans la tenue de leurs iiabitations, dans le degré de connaissance qu'elles ont des lois élémentaires de l'hygiène.

La météorologie accumule des matériaux précieux sur les pliénomènes de toute sorte dont l'ensemble modifie le climat théorique de chaque lieu ou plutôt son climat géographique. L'hygiérie lui emprunte ces renseignements pour mettre l'homme en garde contre les dangers ou les inconvénients qu'il ne peut modifier, ou pour lui indiquer les moyens d'en atténuer les effets. Souvent aussi elle lui fournit les indications nécessaires pour faire cesser des causes d'insalubrité ou de famine, comme la sécheresse, la présence des marais, contre lesquels luttent avec succès l'industrie et l'agriculture.

Tout être vivant est soumis à l'action lente et continuelle des agents extérieurs. Comparez les bœufs et les chevaux de la Flandre, du Perche, du Boulonnais , avec ceux de la Bretagne, des Landes et de la Camargue, vous n'hésiterez pas à dire que leur taille, leurs formes, leurs aptitudes^ résultent des influences locales auxquelles ils sont soumis depuis longtemps. Dès que ces influences se modifient par l'action de l'homme, elles impi'iment aux animaux des caractères différents. Là où progresse l'agriculture, les races locales se transforment par degrés : c'est ainsi que s'améliorent lentement, mais sûrement, les bœufs et les chevaux dans la plupart de nos provinces.

L'homme subit comme l'animal les influences climatériques. mais il peut, dans une large mesure, en atténuer, en modifier les effets et changer sous beaucoup de rapports le milieu où il vit. Il arrive cependant, surtout dans les pays très peuplés, que la population ne choisit pas sa place. L'espace manque, les portions du territoire que l'on considérait justement comme malsaines se trouvent graduellement envahies. Les habitants de ces dangereuses contrée? n'ont, dans le principe, aucune ressource pour lutter contre les influences ennemies du sol, de l'air et des eaux ; leur corps et leur esprit ne tardent pas à subir une dégénérescence plus ou moins accusée.

Citons quelques exemples pour démontrer l'action du milieu sur l'homme. Le département du Gard comprend trois régions bien distinctes : montagnes, plaines, marécages. Au commencement du siècle, alors que les populations étaient plus sédentaires qu'aujourd'hui , la taille moyenne des conscrits était de I.^MO dans la plaine, de l™,58ô dans les montagnes et de l^jGtîô dans les parties marécageuses ; les nombres correspondants de réformés pour infirmités étaient, pour 1 i 00 jeunes gens, 106 dans la plaine, 93 dans la montagne et 148 dans la partie marécageuse. Dans la Nièvre, on constatait également le rapport entre les conditions hygiéniques des différentes régions et la taille des jeunes gens : dans l'arrondissement de Clamecy, contrée bien cultivée en céréales, la taille moj'enne était de l'",l;-}2, avec lô6 réformés par 1 000; tandis que dans l'arrondissement de Château -Chinon moins salubre, plus pauvre, moins bien cultivé et beaucoup plus arriéré à tous égards, la taille tombait à 1"',593, avec 235 réformés sur 1 000 conscrits. A mesure que l'agriculture y fait des progrès, que l'aisance y augmente, que l'hygiène tend h s'y développer, la population y devient plus généralement saine.

Le goitre constitue une manifestation malheureusement trop évidente des influences climatériques. En 1850, sur 2G7 333 jeunes gens examinés par les conseils de revision, 1,420 furent réformés comme goitreux. Sur ce nombre, les Hautes-Alpes en avaient fourni 121, l'Aisne 99, les Vosges 8 i (sur 374 conscrits) ; la Marne, la Seine, la Seine-

Inférieure, l'Orne, le Doubs, de 7 à 9 chacun ; le Nord, h (sur 9 20G conscrits) ; enfin beaucoup de départements ne comptaient pas un seul goitreux.

Là où les causes de goitre sont compliquées des plus mauvaises conditions hygiéniques, les fils de goitreux deviennent des crétins, pauvres êtres chétifs de corps et faibles d'esprit^ dont la vie est une enfance prolongée. On les trouve surtout dans les vallées profondes où manque la lumière. Dans les pays marécageux où l'alimentation insuffisante ajoute aux autres causes de dégradation physique et intellectuelle, où la négligence des soins corporels enlève à l'homme toute dignité, tandis que l'habitude de l'ivresse l'empêche de chercher le remède à ses maux, la misère combinée avec l'action du climat engendre deux autres fléaux : les scrofules et le rachitisme. En 18.59, il y eut 2 313 conscrits réformés pour scrofules. Des habitations mieux aérées, une meilleure nourriture, tendent à diminuer les scrofules ; mais l'éloignement de la vie en plein air dans les champs et les habitudes sédentaires qui se développent dans les campagnes parmi les jeunes femmes, jointes à l'absence de précautions dans le choix des conjoints, favorisent le développement de la phthisie.

Chacun connaît l'influence délétère des miasmes qui s'échappent des marais, surtout à l'époque de leur dessèchement partiel. Aux maladies qui résultent de l'humidité constante de l'air et du sol s'ajoutent alors les fièvres paludéennes. Dans la Bresse, les Dombes, la Sologne, la mortalité est effrayante, surtout chez les enfants de moins d'un an ei les adultes de 35 à 55 ans.

On voit par ces aperçus combien sont utiles les études climatologiques au point de vue de l'hygiène. »

Dans bien des cas, toutefois, en signalant la cause du mal, on peut indiquer le remède. L'homme peut modifier son milieu, son climat par le reboisement, le défrichement, le drainage, l'irrigatic.i, le dessèchement des marais. Môme dans les conditions les plus désavantageuses, il diminue les influences auxquelles il ne saurait se soustraire, en clioisissant le site et l'exposition de sa demeure, en faisant bouillir les eaux malsaines avant de les boire, en évitant l'emploi du sel blanc ou raffiné et ajoutant au besoin aux sels gris des traces d'iodure de potassium là où le goitre est endémique, en se conformant aux règles de l'hygiène autant que lui permettent les exigences de sa position. Les progrès de la civilisation ont déjà fait disparaître de notre pays plusieurs maladies endémiques : la peste, le mal des ardents (ergotisme gangreneux), le scorbut, la variole, qui ne se montre plus qu'à l'état d'épidémie. Espérons que bientôt on pourra joindre à cette liste la lèpre, dont il existe encore des cas assez nombreux en Provence.

Climats françnis. — On peut diviser la France en cinq régions climatériques présentant entre elles des différences générales assez tranché'es soit sous le rapport du climat proprement dit et des productions du sol, soit sous le rapport du tempérament des habitants et de leurs maladies spéciales. Mais il existe des transitions insensibles de l'un à l'autre.

'[° Le climat du noj^d-eston vosgien. — Cette région est comprise entre le Rhin, la Côte-d'Or, les sources de la Saône et la chaîne qui s'étend de Mézières à Auxerre. C'est dans la vallée du Rhin qu'il est le mieux caractérisé.

Les hivers y sont plus rigoureux et les étés plus chauds que dans la région voisine à égale latitude; les vents y tournent aussi plus fréquemment vers le nord. 11 y pleut un peu plus rarement mais plus abondamment qu'à l'aris; les pluies d'été l'emportent sur celles de l'automne. Les plantes qui craignent les froids de l'hiver y viennent mal; mais

CLIMAT

CLOVIS

le maïs y mûrit et la vigne y remonte vers le nord plus haut que dans le climat parisien.

Le tempérament des habitants est surtout lymphatico-sanguin ; les maladies dominantes sont les inflammations, les fièvres éruptives ; le goitre est endémique dans quelques localités.

•2° Le climat du nord-ouest ou séquanien. Cette région est comprise entre le contrefort du plateau qui va d'Auxerre à Mézières, la frontière du nord de Mézières à la mer, les côtes de la Manche et de rOcéan jusqu'à la Loire , le cours de la Loire et du Cher. C'est sur le bord de la mer, de Nantes à Dunkerque, qu'il est le mieux caractérisé, et qu'il s'éloigne le plus du climat vosgien pour se rapprocher de celui de l'Angleterre.

L'influence de la mer et surtout du Gulf s stream élève la température de l'hiver et abaisse celle de l'été. Le nombre des jours pluvieux s'accroît surtout en automne ; le total des eaux pluviales, faible à Paris, augmente à mesure qu'on s'approche des côtes. Les vents dominants soufflent du sud-ouest : en seconde ligne, et assez loin en arrière, viennent ceux du nord-est.

Les parties voisines des côtes sont des pays d'herbages ; le blé domine de plus en plus à mesure qu'on s'éloigne de la mer. Le mais a peine à y mûrir, sauf vers la limite sud ou est, ou à des expositions favorisées ; la vigne n'en occupe qu'une partie très limitée et sur des coteaux exposés au sud.

Les maladies dominantes sont les rhumatismes, les bronchites, les pneumonies, la fièvre typhoïde, les fièvres intermittentes.

3° Climat du sud-ouest on giro'din. — Cette région s'étend de la Loire aux Pyrénées et de l'Océan au plateau central. Ce climat se fond par le nord avec le climat séquanien ; par le plateau central avec le climat rhodanien ; par le sud avec une partie du climat méditerranéen ; il reste bien distinct du climat vosgien. C'est dans les bassins de la Gironde, de la Garonne et de l'Adour qu'il est le mieux caractérisé. Ses hivers ne sont pas beaucoup plus chauds que ceux du climat séquanien : ils sont plus courts ; ses étés ont une température notablement plus élevée. Par la dilTérence entre les deux saisons il est intermédiaire aux deux précédents ; mais il est plus chaud. Le ciel y est aussi moins souvent couvert, surtout en hiver. Le régime des vents y est à peu près le même qu'à Paris, sauf que près des Pyrénées leur direction incline plus à l'ouest et au nord-ouest. Le blé, le mais, la vigne y prospèrent. L'olivier n'y occupe que le bord méridional; l'oranger ne s'y maintient pas.

La maladie la plus commune est la fièvre intermittente. Le mais, qui entre pour une assez large part dans l'alimentation, y engendre des cas de pellagre. On y trouve des goitreux, surtout dans les montagnes de l'Auvergne.

4" Climat du sud-est ou rhodanien. — C'est le climat de la vallée de la Saône et du Rhône, depuis Dijon et Besançon jusqu'à Viviers. Par le nord il se rattache au climat vosgien ; par le sud, il se rapproche du climat méditerranéen. Comme le climat vosgien, c'est un climat continental à différences marquées entre les températures de l'été et celles de l'hiver; mais il est moins froid que le climat vosgien. Les pluies y sont plus abondantes que dans les autres bassins, à cause des grandes inégalités de hauteur qu'il pré-ene; elles y sont plus copieuses que fréquentes. Les vents dominants sont le nord et le sud, direction de la vallée principale.

La vigne et le maïs y prospèrent dans toute sa longueur. L'olivier, autrefois cultivé jusqu'à la hauteur du Lyonnais, en a été repoussé par la vigne et par le mûrier.

Les maladies les plus communes sont les affections inflammatoires, les rhumatismes, les bron-

chites, la fièvre typhoïde et les fièvres intermittentes.

5° Climat du midi médifei^anéen on provençal. — C'est de tous les climats français le plus nettement tranché. Le contraste qu'il forme avec les quatre autres se traduit dans les usages des habitants comme dans les produits du sol. 11 forme une bande étroite allant de Nice à Port-Vendres. Sur l'ouest il se relie à la partie orientale du climat girondin ; à Viviers, sa limite nord, il se rattache au sud du climat rhodanien ; dans l'est il se resserre sous la Corniche et se spécialise de plus en plus. Les hivers y sont généralement très doux, bien que le Rhône puisse y geler. L'olivier lui-même y périt quelquefois sous l'action de gelées intenses, mais très peu durables. L'été y est toujours chaud.

Les pluies y sont très rares en été et la sécheresse de cette saison y rend difficiles les cultures herbacées en dehors des irrigations. Le vent dominant y est celui du nord-ouest, le magistral ou mistral.

Le mûrier, l'olivier, la vigne sont les cultures dominantes ; dans l'est il faut y ajouter l'oranger.

Les maladies les plus fréquentes sont les fièvres rémittentes (simples ou bilieuses}, les fièvres intermittentes (simples ou pernicieuses!. On y trouve des cas assez nombreux de lèpre.

Du fait de la rétrogradation de certaines cultures vers le Midi, on a voulu conclure que le climat de la France tend à se refroidir. Ce fait cultural tient à l'amélioration des moyens de transport et à un accroissement du loyer du sol et du prix de la main-d'œuvre ; c'est un fait économique et non climatérique. Au contraire, dans le nord de la France comme en Angleterre, les hivers sembleraient s'adoucir, et tandis que le mois d'avril deviendrait plus tiède, le mois de mai deviendrait plus frais; mais rien ne prouve que cette tendance soit permanente et non temporaire. [Marié-Davyj

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