‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 377 sur 593 · CONCILES · texte numérisé non relu

CONCILES

■vendues ou qui sont employées. Pour les denrées qui subissent des transformations dans la ferme, le chapitre qui les contient doit renfermer plusieurs subdivisions. C'est ainsi que, pour leblc, par exemple, il 4evra y avoir deux colonnes pour l'entrée et la sortie des gerbes, deux autres pour l'entrée du grain battu et sa sortie, deux autres enfin pour la paille. Outre la date des sorties, pour chacune des denrées, le livre de magasin doit renfermer une courte indication sur la destination qu'elles ont reçue, si elles ont été portées au marché, ou si elles ont été consommées dans la ferme, et dans ce dernier cas, par qui cette consommation a été faite. Outre qu'il permet de se rendre compte de la quantité des récoltes, aussi bien que de Jour nature, le livre de magasin, quand il est bien tenu, a encore l'avantage de permettre au cultivateur de suivre le mouvement de la consommation de sa ferme, de faire distinguer ce qui est consommé par la bergerie, l'écurie, l'étable, et de faire apprécier les ressources nécessaires pour chacune de ces parties de l'exploitation.

Le livre du bétail doit être tenu de la même manière que le précédent. Il est destiné à enregistrer tous les mouvements des animaux domestiques. Il sera divisé en autant de parties que l'on compte d'espèces d'animaux employés dans la ferme : espèce chevaline, espèce bovine, espèce ovine, espèce porcine. Pour les animaux de l'espèce bovine, il sera utile de faire une distinction entre les animaux de travail et ceux de vente. Dans chacune des parties, cinq colonnes doivent être tracées. Dans la première, on inscrit le nom de l'animal ou sa spécification, dans la deuxième colonne on met la date de l'entrée dans la ferme, dans la troisième la date et la cause de la sortie, rente, abattage, etc., dans la quatrième les dates des saillies, dans la cinquième les dates des mises bas. De cette manière, on peut très rapidement suivre un animal dès son entrée dans la ferme, jusqu'au moment où il en sort. Pour les troupeaux d'engraissement qui sont parfois assez nombreux, on peut sans inconvénient remplacer par des indications sur des lots les spécifications qui viennent d'être indiquées pour les individus. Aujourdliui que la plupart des chevaux de ferme sont immatriculés pour le service militaire, l'agriculteur trouvera avantage à reproduire, pour chacun de ses chevaux, sur son livre, les indications qu'il doit donner aux commissions militaires d'examen.

Le dernier livre est celui de la méîiagère. Le rôle de la femme dans une ferme est multiple. C'est elle qui a la direction de la maison, qui surveille la laiterie, qui dirige la basse-cour. Elle aura donc un livre spécial divisé en plusieurs parties. La première partie sera un véritable livre de caisse sur lequel elle inscrira ses dépenses et ses recettes. Le résumé de ce livre devra être transcrit, à des époques déterminées, sur le livre de caisse de la ferme. Dans la deuxième partie, elle inscrira la production de la laiterie, la fabrication du beurre, sa consommation et sa vente, la fabrication et la destination des fromages. C'est par une double colonne d'entrée et de sortie que ces opérations seront consignées. Enfin la troisième partie renfermera des renseignements analogues sur le mouvement de la basse-cour, sur la production, la consommation et la vente des œufs. Pour ce livre, aussi bien que pour ceux du cultivateur, il ne faut que très peu de travail pour inscrire ce qui est relatif à chaque journée.

La comptabilité, telle qu'elle vient d'être décrite, n'offre aucune difficulté sérieuse dans une exploitation. Elle met en lumière l'ensemble et le détail des produits fabriqués dans la ferme ; elle est pour le cultivateur un guide qui lui permettra de juger les diverses parties de son système de

culture. La cause des bénéfices, celle des pertes, peuvi.'iit être ainsi mises au jour; on peut prendre des mesures pour arrêter celles-ci ou pour augmenter ceux-là. Au contraire, le cultivateur qui n'a pas de comptabilité marche en aveugle; ce n'est que très approximativement qu'il peut se rendre compte de sa situation, et surtout il lui est souvent impossible d'expliquer pourquoi ..celle-ci aug'nente ou pourquoi elle diminue. En créant des primes pour les fermes dans lesquelles la comptabilité est bien faite, un grand nombre d'associations agricoles ont organisé un des systèmes de concours qui doit porter le plus de fruits. [Henry Sagnier.]

(Ouvrages à consulter : Le livre de la ferme et des maisons de campagne. — Comptabilité de la ferme, par Dubost.)

^CO^iCHYLIOLOGIli. — Zoologie, XXVIIL — (Étym. : Science des coquillages). Partie de l'histoire naturelle qui traite des coquilles. Autrefois on classait les mollusques d'après la forme et les particularités de leur enveloppe testacée; mais depuis Cuvier, ce sont surtout les caractères anatomiques que la science considère : l'étude des coquilles ne se sépare plus de celle de l'animal. V. Mollusques.

.CONCILES. —Histoire générale, XXIX-XL. — {Étym. : du latin concilium, assemblée). — Un concile est une assemblée d'ecclésiastiques convoqués pour régler ce qui concerne la foi, les mœurs et la discipline ecclésiastique.

Quoique les conciles fussent en usage bien avant Constantin, c'est seulement à partir du règne de cet empereur que ces assemblées, sortes d'États généraux catholiques , acquièrent une grande importance historique.

Les conciles sont généraux ou particuliers.

Généraux, ou œcuméniques, quand ils représentent l'Église universelle;

Particuliers, s'ils en représentent seulement une partie, et l'on a alors :

1° Des conciles nationaux, qui sont une assemblée des archevêques et évoques d'un royaume ou d'une nation, présidée par un patriarche ou un primat: ainsi la plupart des conciles de Tolède, de Carthage, d'Orléans, etc. ;

2" Des conciles provinciaux, composés des évèques d'une province ecclésiastique, sous la présidence de l'archevêque ou métropolitain ;

3" Des conciles ou synodes diocésains, assemblée des cuiés du diocèse, présidés par l'évêque.

Les conciles œcuméniques sont les seuls dont nous ayons à parler. L'église en compte dix-neuf:

325. Concile de Nicée, convoqué et présidé à Nicée, en Bithynie, par l'empereur Constantin. Trois cent dix-huit évêques venus de tous les pays de l'Empire se trouvent réunis et condamnent la doctrine enseignée par un prêtre d'Alexandrie nommé Arius. Cette doctrine, qui eut de nombreux partisans avant et après Arius, était contraire au dogme de la Trinité, en ce qu'elle niait que le Fils fût égal au Père et ne voyait en Jésus-Christ que la première des créatures de Dieu, h'arianisme fut énergiquement combattu par Athanase, patriarche d'Alexandrie. Arius fut anathématisé et exilé. Le concile dressa ensuite le symbole de Nicée^ dit symbole dei opotres.

Mais dans les années suivantes, les empereurs qui se succédèrent sur le trône ayant tour à tour pris parti les uns pour, les autres contre la foi orthodoxe, les prêtres ariens et les prêtres orthodoxes furent, tour à tour, persécuteurs et persécutés ; différents conciles particuliers se prononcèrent pour l'une ou pour l'autre doctrine

381. 1" concile de Constaitinople, convoqué par Théodose pour condamner deux conciles qui, en 309, s'étaient tenus à Rimini et à Séleucie et avaient pris des décisions contraires à celles du concile de Mcée.

GOiNCORDAT

— 479 — CONCOURS CANTONAUX

431. Concile d'Ephèse, convoqué par l'empereur Théodose. Ce concile, composé de deux cents évêques et présidé par saint Cj'rille, condamne, anaiJiématise et dépose le patriarche d'Alexandrie. Xestorius, accusé de prêcher une doctrine contraire ai', mystère de l'Incarnation.

451. Concile de Chalcédoine, sous l'empereur .Marcien:ilcundamne l'hérésie d'Eutychès ; débat entre les sièges de Rome et de Constantinople, qui fut comme l'origine du schisme d'Orient.

55-3. -J.' concile de Constantiiiople, convoqué par Justinicn. 11 confirme les déclarations des quatre grands conciles précédents.

080. 3= Concile de Constantiriople. L'empereur Constantin III le présida, ayant à sa droite les patriarches de Constantinople et d'Antioche et à sa gauche les députés de Rome. On y condamna la secte des monothélites, à laquelle avait appartenu le pape Honorius l".

787. Nouveau concile de Nicée, convoqué sous le règne de l'impératrice Irène ; il condamne les iconoclastes (briseurs d'images).

869. 4' concile de Constantinople, qui confirme le précédent et de plus condamne le patriarche de Constantinople, Photius.

1122. 1" concile de Lutran, tenu dans l'église de Saint-Jean de Latran, à Rome, présidé par le pape Calixte XI. On y discute sur la question dite des investitures.

1139. 2« concile de Latran.

1179 et 1215. 3* et 4^ conciles de Latran.

1245. V concile de Lyon, sous le pape Innocent IV : excommunication de l'empereur Frédéric II.

1274. 2^ concile de Lyon : il n'a pour but que de régler certains points de discipline et de travailler à la réforme des mœurs et de quelques abus : il fut présidé par le pape Grégoire X.

1311. Concile de Vienne, en Dauphiné, qui, sous le pontificat de Clément V, prononce l'abolition de l'ordre des Templiers.

1414. Concile de Constance. Il dure quatre années, et met fin au schisme d'Occident en déposant Jean XXIII et Benoit XiII et en nommant Martin V ; il condamne l'hérésie d-; Jean Huss et de Jérôme de Prague qui furent brûlés vifs (1415 et 141G).Jean Gerson, chancelier de l'Université de Paris et l'auteur présumé de ï Imitation de Jésus- Christ, accompagné de l'archevêque de Cambrai, Pierre d'Ailly, y représentait le clergé français.

1431. Grand concile de Bàle, où l'on dépose le pape Eugène IV.

1545. Concile de Trente : il se prolongea dix ans, et eut pour objet principal de fixer le dogme de l'église catholique et de régler certains points de discipline. La France reçut les décisions relatives au dogme, mais rejeta les articles visant la discipline, comme contraires aux libertés gallicanes.

1870. Co?icile du Vatican, qui proclame le dogme de l'infaillibilité du pape. [Ch.-Fél, Durand. J

CONCORDAT. — Histoire générale XXXIX-XL ; Histoire de France, XXXVIU-XL. — Nom donné aux divers traités conclus entre le Saint-Siège et le gouvernement d'uii État, pour déterminer la part du pape et celle du gouvernement national dans l'administration des affaires ecclésiastiques.

L'histoire du moyen âge offre un concordat fameux, celui de Worms (1122), qui mit fin à la longue querelle des investitures : il reconnaissait au pape le droit de donner aux évoques et abbés l'investiture ecclésiastique, par la crosse et l'anneau ; mais l'empereur se réservait l'investiture par le sceptre, qui faisait de l'élu un prince temporel vassal de l'empire.

Dans l'histoire de France, on rencontre deux concordats :

1° Celui de 1516, conclu entre François I" et le pape Léon X, et qui défit l'œuvre de la Prag-

matique sanction de Bourges. La Pragmatique avait déclaré l'autorité des conciles supérieure à celle des papes ; elle avait aboli les annales, ou tribut que le Saint-Siège se faisait payer par les bénéficiers nouvellement nommés ; et avait reconnu aux chapitres le droit de libre élection aux bénéfices. Le concordat rendit au pape les annates, reconnut l'iniaillibilité du souverain pontife, et donna en retour au roi de France le droit de nommer aux bénéfices.

2° Celui de 1801, conclu entre le premier consul Bonaparte et le pape Pie VII. H déclara le catholicisme « religion do la majorité des Français » ; divisa la France en dix archevêchés et cinquante évêchés ; accorda au premier consul la nomination des prélats, mais en réservant au pape le droit de leur donner l'institution canonique ; et consacra définitivement la renonciation du clergé à son ancienne dotation territoriale, en échange d'un traitement annuel payé par l'État. Ce sont les dispositions du Concordat de 1801 qui régissent encore aujourd'hui l'église catholique de France.

CONCOURS CANTONAUX. — Ces compositions annuelles entre les écoles primaires d'un même canton, qui avaient été instituées, à partir de 1S65, dans un très grand nombre de départements, sous le nom de co?2Coiir.y cantonaux {S . Concours cantonaux dans la l^e Partie), ont été implicitement abolies par le règlement d'organisation pédagogique du 27juillet 1881. Nous donnons ci-dessous deux spécimens complets de l'examen tel qu'il existait en 1876, empruntésl'un à la France, l'autre à la Belgique.

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