CONJONCTION
lorsqu'on a fait le tour de l'arbre on recommence sur le bord de ses plaies. De cette manière, quand l'arbre est vigoureux et l'exploitation bien conduite, elle peut durer cent ans.
La résine qui découle des incisions est reçue dans «n creux fait au pied de l'arbre : on le vide tous les mois. Dans le pays, cette résine brute est appelée gomme molle. Pour purifier la térébenthine, on peut ou la filtrer sur de la paille après l'avoir fondue au feu, ou la filtrer au soleil. Le second procédé, qui ne peut s'appliquer qu'en été, est de beaucoup préférable au premier; il donne la térébenthine vierge; malgré son nom, cette térébenthine est trouble, d"une saveur acre, amère, d'une odeur désagréable.
Par la distillation sans eau, on extrait de la térébenthine de Bordeaux l'essence de téréhentliine.
On appelle barras ou galipot la résine qui s'est écoulée durant le cours de l'hiver des plaies faites pendant l'été. Cette résine a séché sur l'arbre, s'est salie et se présente sous l'aspect de plaquettes brunes.
Le résidu de la distillation à feu nu de la térébenthine et du galipot est la colophane, employée pour donner du mordant aux archets de violon.
La colophane cuite à l'eau donne la poix résine ou poix jaune. Cette poix est peu odorante, à cassure vitreuse.
La poix noire s'obtient en brûlant dans un fourneau sans air les détritus de la fabrication des matières précédentes. Le fourneau en question est allumé par le haut. La résine produite coule dans des baquets pleins d'eau ; à la surface de ce liquide surnage une matière huileuse, huile de poix ou pisseleon. La masse demi-solide qui reste au fond du baquet est fondue avec de leau et cuite jusqu'à ce qu'elle devienne cassante par un refroidissement brusque ; alors on la coule dans des moules : c'est la poix noire.
Le goudroii s'obtient de la même manière, mais en brûlant les troncs épuisés.
3. Usages pharmaceutiques. — A ceux déjà, indiqués ci-dessus, nous ajouterons l'usage des tisanes de bourgeons de sapi?is, ainsi nommés bien que ces bourgeons soient fournis par le pin sylcestre, et les propriétés vénéneuses de Vif et an genévrier sabiiie.
4. Culture des conifères. — Les conifères poussent dans tous les terrains ; le sol qui leur convient le mieux est un sol calcaire perméable ; sauf pour le taxodium ou cyprès de Virginie, la persistance d'une humidité trop grande du sol fait périr les arbres résineux. Dans les jardins ou dans les pots, la terre qui convient le mieux aux conifères est la terre de bruyère meuble.
En petit, les semis de conifères se font en pot ou en terrines, sur la terre de bruyère. En grand, le semis est fait soit après un défrichement complet du terrain^ soit après avoir nettoyé le sol de place en place. Dans l'un comme dans l'autre cas, le semis est fait à la volée. Le second procédé est nommé ensemencement par paquets. Ces semis en grand, surtout sur les terrains en pente rapide, doivent être faits un peu avant la chute des neiges. Dans les semis en petit, comme dans les semis en grand, il faut éviter avec soin de trop enterrer les graines. Pour toutes les graines charnues, les semis doivent suivre de très-près la récolte des graines ; pour les autres graines, on doit les semer à l'entrée de l'hiver ou au commencement du printemps. Ne jamais semer trop dru ; il y a toujours avantage à avoir des plants trapus, ils résistent beaucoup mieux à l'action des haies.
La durée de la germination varie de quinze jours à dix mois. Après quelques semaines, on repique les jeunes plants; cette opération a pour but de donner des plants plus trapus, et aussi d'enrayer les ravages de la maladie de la fonte. Quelques
conifères, comme le pin de Corse, reprennent difficilement après le repiquage ; pour ces plantes, il convient d'arracher les jeunes plants en novembre, de les préparer pour le repiquage, puis de les enterrer tout entiers dans un silo peu profond, creusé dans un sol très-sablon.neux ; au printemps, la base de ces jeunes plants est couvei'te de nouvelles racines ; on les replante avec précaution, et, pendant quelque temps, on les recouvre d'un paillis.
On peut multiplier les conifères par boutures, par marcottes et par greffes. Le bouturage et le marcottage des conifères ne présentent aucune condition particulière, sinon qu'il convient pour les boutures de les faire soit à chaud et à l'étouffée dans la serre à multiplication, soit à froid sous cloche éclairée au nord seulement. Les deux procédés réussissent également bien. Les greffes de conirères se font en fente.
Les graines de conifères doivent être cueillies à parfaite maturité, puis semées immédiatement ou conservées au plus une année et demie dans un endroit sec et frais. Passé ce temps, ces graines, comme nous l'avons déjà dit, perdent leur faculté germinative.
^. Famille des Gnêtacées. -- Les Gnétacées ont été détachées des Conifères et constituées en une famille à part. Elle comprend aujourd'hui deux genres principaux. Le genre Gneium, qui a donné son nom à la famille, renferme des arbres de l'Inde et de rOcéanie, à tronc droit et noueux, à rameaux élancés, à feuilles opposées, ovales, pointues, luisantes en dessus. Le G. gnemon, des Moluques, est le type du genre : il porte un fruit rouge, semblable à celui du cornouiller ; l'amande cuite est comestible. Le genre Ephedra est représenté en Europe par VE. distachya, vulgairement raisin de mer, qui croît sur les plages sablonneuses de la Provence et du nord de l'Afrique.
Les Gnétacées^ qui ne comptent plus aujourd'hui que de rares représentants, ont été l'une des familles les plus répandues à l'époque carbonifère; on désigne les Gnétacées fossiles sous le nom de Cordaïtes {\. Végétal, pç. 2275 et227G';.
[C.-E. Bertrand.]
CONJO^CTIO^^ — Grammaire, XVIL — (Étymol. : du même mot en latin signifiant unio?i.)
La conjoyiction est un mot invariable qui sert à réunir deux mots ou deux membres de phrase. Ex. : Pierre et Paul sont frères; aimons Dïqw. puisqu'il est bon. Et, puisque, sont des conjonctions.
Conjonctions simples et locutions conjonctives. — Les conjonctions formées d'un seul mot, comme et, ou, ni, mais, sont dites conjonctions simples. Les conjonctions formées de deux ou de plusieurs mots, comme tcmdis que, bie?i que, parce que, sont dites locutions conjonctives.
Les principales conjonctions simples sont : car, comme, donc, et, quand, que, )nais, îii, or, ou, si, qui ne sont réellement formées que d'un seul mot.
Car vient du latin quare. Il avait conservé en vieux français son sens originaire de pourquoi. « Je ne sais ni car ni coi7iment, » disait-on au treizième siècle. — Mais (du latin maqis, plus) avait autrefois le sens de jlus. Cette signification a persisté dans la locution n'e« pouvoir mais (n'en pouvoir plus). — Ni (latin 7iec, vieux français ne). On trouve encore dans Molière xe plus, ne moins. — Or signifiait en vieux françuia tnainfenant, proprement: à cette heure, du latin liora, heure : a or dites-moi, » c'est-à-dire « dites-moi jnaintenant. »
Conjonctions formées primitivement de deux mots, aujourd'hui écrites en un seu^. — Il faut y joindre les conjonctions telles que />^w/'3/, puisque, néanmoins, cepeîidant, aussi, encore, lorsque; elles sont, en réalité, composées de deux mots distincts,