CORNEILLE
CORPS GRAS
siasme, Taccueillit froidement, mais le public n'hésita pas.
Ainsi, Mélite, puis Médée ; enfin le Cid , Horace, Cinna, Polyeucte!... Le soleil que nous avons vu s'élever à l'horizon, les rayons pâles et faibles d'abord, puis et peu à peu plus larges, plus chauds, plus brillants, et enfin resplendissants d'une splendeur idéale, est arrivé à son zénith ; il va maintenant décliner, et comme il a eu son aurore indécise, il aura son crépuscule.
Dans Pompée (ICil) on admire une grande et fîère figure, celle de Cornélie. Le Metiteur (1642) fut comme la révélation de la vraie comédie ; la pièce n'est point sans défaut, l'intrigue en est faible, mais elle a ce mérite de bannir à jamais de la scène la fausse élégance des uns, l'indécente bouffonnerie des autres, et d'indiquer à Molière la voie qu'il parcourra triomphalement.
Dans Rodogune, que Corneille préférait à ses autres pièces, parce que c'était celle qui lui coûta le plus d'efforts, notre poète abandonne le ressort qu'il a jusqu'alors fait vibrer, l'admiration : c'est à la terreur qu'il demande des effets pathétiques, dont le comble est atteint dans le cinquième acte de Rodogune. Il faut signaler encore un dernier effort heureux dans Hévadius (1G46), et dans Nicomède (1050).
Mais toutes les pièces qui suivirent furent une suite d'échecs déplorables.
Corneille était enfin entré à l'Académie française, en 1647. La chute complète d'une de ses plus malheureuses pièces, Pertliarite (1G52), lui fit abandonner le théâtre pendant sept années, qu'il consacra àtraduire en vers Y Imitation de Jésus-Christ.
En 1659, sur les sollicitations du surintendant Fouquet, il se décide à reprendre la plume du poète dramatique:
« Je sens le même feu, je sens la même audace. Qui fit plaindre le Cid. qui fit combattre Horace, Et je me trouve encor la main qui crayonna L'âme du grand Pompée et l'esprit de Ciuna. »
Il donna successivement CEc?i/;e( 16591, la Toison d'or (1660), pièce à machines représentée à l'occasion du mariage du roi, puis Sertorius (l66i), où l'on entend encore des accents vraiment cornéliens, puis Sophonisbe, Othon, Agésilas, Attila. Qui ne connaît la cruelle épigramme :
Après Agésilas,
Hélas!
Après Attila,
Holà!
Dans cette dernière pièce cependant, on retrouve des étincelles de son génie : la scène où le terrible roi des Huns délibère s'il doit prêter l'appui de son épée au vieux monde romain qui s'écroule, ou à la France qui vient de naître, est une situation qui n'est pas indigne de l'auteur de Cinna.
Mais en cette même année (1667) où fut joué Attila, Racine donnait Andromaque. ' Corneille n'est plus dès lors que « le vieux Corneille » ; parfois il sent qu'il ne peut lutter contre l'astre nouveau qui va l'éclipser ; parfois aussi il lui en coûte de se l'avouer, il est tenté d'accuser l'ingratitude publique, il en appelle au roi et essaie de lui persuader que parmi ses ouvrages
...Les derniers n'ont rien qui dégénère, Rien qui les fasse enfants d'un autre père.
En 1670, il eut la faiblesse d'accepter une sorte de concours avec Racine sur un sujet qui n'était pas fait pour son talent, et que celui même de Racine ne put animer : Bérénice. En 1672, Racine donnait Bajazet:
« Étant une fois près de Corneille sur le théâtre à une représentation de Bajazet, raconte Segrais,
il me dit : Je me garderais bien de le dire à d'autres que vous, parce qu'on pourrait croire que^ j'en parle par jalousie, mais prenez-y garde, il n'y a pas un seul personnage dans ce Bajazet qui ait les sentiments qu'il doit avoir et que l'on a à Constantinople : ils ont tous sous un habit turc les sentiments qu'on a au milieu de la France. Il avait raison, ajoute Segrais, et l'on ne voit pas cela dans Corneille : le Romain y parle comme un Romain, le Grec comme un Grec, l'Indien comme un Indien, l'Espagnol comme un Espagnol. »
A propos de cette même tragédie, madame de Sévigné écrivait ;\ sa fille, après une critique assez sévère des caractères et du dénouement : « Il y a pourtant des choses agréables, mais rien de parfaitement beau, rien qui enlève, point de ces tirades de Corneille qui font frissonner. Ma fille, gardons-nous bien de lui comparer Racine, sentons toujours la différence. Vive notre vieil ami Corneille ! Pardonnons-lui de méchants vers en faveur des divines beautés qui nous transportent; ce sont des traits de maître inimitables. Despréaux en dit encore plus que moi. En un mot, c'est le bon goût; tenez-vous-y. »
Cette fidélité d'admiration de quelques esprits supérieurs eût consolé le vieux poète de l'abandon de la foule, si des chagrins domestiques, et il faut le dire, des moments de détresse n'avaient attristé ses dernières années. Il perdit successivement ses deux fils, fut obligé de vendre sa maison natale, et dut solliciter plus d'une fois Colbert pour obtenir le paiement de sa modique pension. Boileau, indigné de voir l'abandon où était laissé le grand tragique, parla au roi en sa faveur et obtint un secours qtu arriva deux jours avant la mort de Corneille : il avait 78 ans ; il expira dans la nuit du 30 septembre au !"■ octobre 1684.
« A voir JI. de Corneille — disait un biographe contemporain, — on ne l'aurait pas cru capable de faire si bien parler les Grecs et les Romains, et de donner un si grand relief aux sentiments et aux pensées des héros. La première fois que je le vis, je le pris pour un marchand de Rouen. Son extérieur n'avait rien qui parlât pour son esprit, et quant à sa conversation, une grande princesse disait qu'il ne fallait pas l'écouter ailleurs qu'à l'hôtel de Bourgogne. »
Et La Bruyère : « Simple, timide, d'une ennuyeuse conversation, il prend un mot pour un autre et il ne juge de la bonté d'une pièce que par l'argent qui lui en revient ; il ne sait pas la réciter, ni lire son écriture. Laissez-le s'élever par la composition, il n'est pas au-dessous d'Auguste, de Pompée, de Nicomède, d'Héraclius; il est roi et grand roi, il est politique, il est philosophe; il entreprend de faire parler les héros, de les faire agir, il peint les Romains; ils sont plus grands et plus romains dans ses vers que dans leur histoire. » [Ch.-Fél, Durand.] CORPS GRAS. — Chimie, XXIV.— On désigne sous le nom général de corps gras les graisses, les huiles, et toutes les substances qui leur ressemblent par un toucher onctueux, et surtout par la propriété caractéristique de tacher le papier, en le rendant translucide sans qu'on puisse lui faire reprendre son opacité naturelle.
Caractères des co?ys gras. — Les corps gras, selon leur consistance ou leur fluidité, sont appelés spécialement graisses, huiles, beurre, cire.
Les corps gras ne contiennent point du tout d'azote, ils sont assez pauvres en oxygène, mais très riches en carbone et on hydrogène; aussi sont-ils combustibles. Ils sont insolubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool, solubles dans l'étlier, le sulfure de carbone et dans les essences. Presque tous sont plus légers que l'eau.
Ceux qui sont solides à la tempér»*4ire ordinaire
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se fondent aisément. Vers 200° les corps gras entrent, en ébullition et se décotnposent plus ou moins profondément; ils donnent lieu alors à un dégagement d'acide carbonique, d'hydrocarbures, d'acides acétique, palmitique, stéarique, et répandent une odeur acre, très désagréable, due à la production de Yaooléine.
A une température plus élevée, les corps gras subissent une décomposition complète, en produisant une fumée épaisse pouvant s'enflammer et donner une flamme très éclairante.
Extraction des corps gras. — Pour extraire les graisses d'origine animale, on les fond en chauffant le tissu qui les contient, et en favorisant la destruction du tissu déjà divisé par l'addition d'eau acidulée au moyen d'acide sulfurique.
La graisse monte à la surface, on la décante. Ainsi on obtient le suif, qui sert à la fabrication des chandelles, en fondant le suif eu branches livré à l'industrie par les abattoirs, et qui n'est autre chose que les graisses brutes de bœuf, de mouton ou de porc. Le saindoux des charcutiers est de la graisse de porc obtenue sous l'action de la chaleur seule.
Le beurre, graisse solide du lait, où il existe en suspension à l'état de crème, s'extrait par une agitation plus ou moins prolongée du lait reposé.
Les huiles végétales qui sont contenues dans les fruits des plantes dites oléagineuses, olives, graines de lin. noisettes, noix, navette, amandes douces, faînes, s'extraient par la compression mécanique. Quand elles sont très liquides, l'expression se fait h froid par la presse hydraulique ou par des meules verticales ; pour les huiles concrètes, l'opération se fait entre des plaques métalliques chauffées.
Action de l'air sur les huiles. — L'air agit sur toutes les huiles grasses en les oxydant plus ou moins rapidement. Les unes, comme les huiles de lin, de chènevis, d'œillette, de noix, se transforment très vite ainsi en une substance jaune assez transparente ressemblant à du vernis : on les appelle huiles siccatives, et elles servent à fabriquer les vernis et les couleurs à l'huile. Les autres, qui s'altèrent plus lentement, restent liquides tout en s'oxydant à l'air, mais s'acidifient légèrement en dégageant de l'acide carbonique; elles exhalent alors une odeur toute particulière, et on dit qu'elles rancissent ; ce sont les huiles non siccatives: telles sont les huiles d'olives, de navette, de faînes, de noisettes.
D'après de Saussure, l'oxydation des huiles peut devenir très rapide quand elle se fait sur une grande surface, comme par exemple quand l'huile est étalée sur des mèches ou répandue sur le sol ; on peut certainement expliquer par cette oxydation rapide les incendies qui parfois se développent spontanément là où de grandes masses d'huile se trouvent dans ces conditions d'exposition à l'air.
•J ction osjjdante de l'acide azotique sur les huiles. — Les huiles sont décomposées d'une façon très vive par l'acide azotique concentré ou par ce même acide étendu et bouillant; cette action donne lieu à un abondant dégagement de vapeurs nitreuses rutilants, et il se forme différents acides tels que : l'acide acétique, l'acide butyrique, caproique, subérique, etc. Les huiles non siccatives sont transformées en une substance solide par l'acide hypoazotique; ainsi l'huile d'olive pure, agitée avec "2 à 3 centièmes d'acide azotique mélangé d'acide hypoazotique, se solidifie en très peu de temps; tandis que si elle est impure, la solidification n'a lieu qu'au bout d'un temps considérable : c'est là un mo3-en de reconnaître sa pureté.
Saponiftcntion. — Il y a plus de cinquante ans que M. Chevreul, le savant directeur du Muséum,
a donr.é la théorie des corps gras en ciudiani l'actiun des alcalis sur les huiles et sur les graisses. Lorsqu'on lave ou qu'on agite ces substances avec une solution de potasse ou de soude, il se forme un corps plus ou moins solide qui est un savon*, et il reste autour un liquide à peu près incolore, faiblement huileux, nommé glycérine, t'est là ce qu'on appelle la saponification des corps gras. On peut aussi les saponifier en les traitant par de la vapeur d'eau surchauffée à 300°; c'est ainsi qu'en Angleterre on opère la saponification de l'huile de palme sur une grande échelle. Enfin, dans la fabrication de la stéarine, qui sert à la confection des bougies, on saponifie le suif par la chaux; ce procédé date de 1829; il a été indiqué par M. de Milly; dans ce cas il se forme un savon calcaire auquel on enlève ensuite la chaux en le traitant par l'acide sulfurique.
Comme nous venons de le dire, les savons sont donc constitués par la combinaison d'un alcali avec l'un des éléments des corps gras jouant le rôle d'acide; ces acides sont principalement l'acide oléique (acide gras des huiles), l'acide margarique, l'acide stéarique. l'acide palmitique. Les savons peuvent donc être considérés comme des mélanges de stéarate, de margarate, de palmiiate et doléate de soude ou de potasse. On les obtient principalement : les savons durs avec l'huile d'olive de qualité inférieure, traitée par la soude, et les savons mous avec les huiles de chènevis, d'œillette et de lin, saponifiées par la potasse. Ceuxci sont généralement colorés en vert ou en noir avec du sulfate de cuivre ou de fer, de la noix de galle ou du bois de campêche.
Les corps gras ne sont donc pas des principes immédiats, comme on l'avait cru avant les travaux de M. ChevTeul, mais des mélanges intimes, en proportions variables, de combinaisons des acides gras avec la glycérine. Ainsi, les huiles végétales sont formées par le mélange d'une substance liquide appelée oléine, constituée par la combinaison de l'acide oléique avec la glycérine, et d'une autre substance solide, fusible à 28°, appelée margarine, et qui est elle-même une combinaison d'acide margarique et de glycérine.
Quand on refroidit l'huile d'olive, !a margarine devient insoluble dans l'oléine et se précipite.
Les graisses animales, le suif, le saindoux, sont constituées par des mélanges intimes d'oléine liquide, et de margarine et de stéarine solides , cette dernière substance est une combinaison d'acide stéarique et de glycérine.
Glycérine. — Ce corps, qu'on appelle encore principe doux des huiles, a pour formule C'^H'G*; il a été découvert en 1779 par Sclieele en saponifiant de l'huile par de l'o.xyde de plomb (préparation d'un emplâtre). Les travaux de MM. Chevreul, Pelouze, Berthelot ont amené les chimistes à considérer la glycérine comme un alcool dont la molécule serait triplement condensée. C'est le type des alcools triatomiques; d'après cette manière de voir, qui rend parfaitement compte de toutes les transformations chimiques que subissent les corps gras, ceux-ci seraient des éthera de glycérine, par analogie avec les éthers composés des alcools (V. Alcool). La glycérine a été obtenue artificiellement par M. Wurtz.
Préparation de la g'ycérine. — On l'obtient, comme nous l'avons déjà vu, par la saponification des huiles ou des graisses, mais surtout comme produit accessoire de la fabrication des bougies stéariques. Dans ce cas, on traite les corps gras par la vapeur d'eau surchauffée. La glycérine est décolorée par le charbon aiiimal, puis concentrée au bain-marie et ensuite dans le vide. La glycérine est un liquide incolore, sirupeux, légèrement .sucré ; sa densité est 1,28; elle attire l'humidité de l'air, elle se dissout dans l'eau et dan* l'alcool,
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et elle dissout le sel de cuisine, les alcalis, les azotates de soude et d'argent. Elle distille vers 280°. Si on verse de la glycérine dans un mélange d'acide sulfurique et d'acide azotique, il se forme des gouttes huileuses d'une substance appelée trinitroglycérine , qui est susceptible <Je détoner avec la plus grande violence par la chaleur ou par le choc.
Lorsqu'elle est exposée à l'air pendant longtemps, eNe se décompose lentement sans explosion, en produisant de l'acide oxalique, de l'acide nitrique, de l'ammoniaque et de l'acide cyanhydrique. M. Nobel, en mélangeant la trinitroglycérine à du sable fin, à do la brique pilée, etc., a rendu cette substance bien moins dangereuse tout en lui conservant sa puissance explosive ; c'est ce mélange qu'on appelle la dynamite, extrêmement employée aujourd'hui dans les mines.
Usages rie la glijcériyie. — Outre la fabrication de la dynamite, qui se fait aujourd'hui sur une grande échelle, la glycérine sert dans l'industrie à dissoudre le s gommes, les couleurs d'aniline. V. Colorantes {Matières"^.. On l'emploie aussi à la conservation des cuirs verts, et, en général, de toutes les matières d'une consistance molle. Enfin, elle sert à penser les plaies et la plupart des affections cutanées.
Acides gras principaux. — Les acides gras sont, avec la glycérine , les principes immédiats des corps gras ; les principaux sont l'acide stéarique, l'acide margarique, l'acide butyrique, l'acide caproïque, l'acide palmitique, l'acide oléique, etc.
Acide stéarique. — Il a été découvert par M. Chevreul. 11 existe principalement dans les graisses solides ; on l'obtient en les saponifiant avec la potasse ; on le purifie par l'alcool. C'est un corps solide et blanc, fusible h 69° ; eu se refroidissant il se prend en une masse blanche feuilletée. Il est employé dans la fabrication des bougies stéariques, dont l'invention est due à Gay-Lussac. Cette industrie tout à fait perfectionnée a pris aujourd'hui uja développement considérable.
La saponification des suifs s'opère par la chaux dans des cuves qui peuvent contenir à la fois chacune jusqu'à 8,000 kilog. de suif. L'acide stéarique forme avec la chaux une combinaison solide de savon calcaire qu'on décompose ensuite par l'acide sulfurique, qui forme avec la chaux un dépôt au fond de la cuve. Un second lavage à l'acide sulfurique étendu et un autre à l'eau bouillante débarrassent l'acide gras encore liquide des dernières traces de chaux et d'acide sulfurique. Ainsi purifié, on le coule dans des moules en ferblanc, puis la matière solide est comprimée à la presse hydraulique dans des sacs en laine appelés mal fil; on obtient ainsi ces masses de stéarine blanche ou incolore que les marchands de bougies exposent à leurs vitrines.
Acide palmitique. — Cet acide a été retiré de l'huile de palme par M. Frémy; il existe aussi dans le blanc de baleine, dans la cire du Japon, dans la cire d'abeilles; c'est un corps solide et blanc, foudant à 62'^; on l'emploie en Angleterre dans la fabrication des bougies.
Acide butyrique. — M. Chevreul l'a découvert dans le beurre; il est aussi le résultat de la fermtntation butyrique (V. Fermentation). C'est lui qui donne son odeur au beurre rance; c'est un liquide incolore, un peu plus léger que l'eau, bouillant à 150°.
Acide oléique. — Comme le précédent il a été découvert par M. Chevreul ; on le rencontre surtout dans les huiles à l'état d'oléine, c'est-à-dire 'combiné à la glycérine. On l'obtient en saponifiant Ipar la potasse l'huile d'amandes douces ; le savon obtenu est traité par l'acide chlorhydrique, qui s'empare de la potasse. L'acide gras impur est
mélangé à du massicot en poudre (oxyde de plomb). Il se forme un oléate de plomb; on le dissout dans l'éther; cette dissolution traitée par l'acide chlorhydrique donne un précipité de chlorure de plomb, et la liqueur qui surnage est une dissolution d'acide oléique dans l'éther. On distille au bain-marie. L'acide oléique est liquide à 14". plus léger que l'eau, insapide et inodore. A l'air, il absorbe rapidement l'oxygène ; il devient alors acre et acquiert une odeur rance ; il est très vivement attaqué par l'acide azotique, se combine à l'acide suHurique, en formant de l'acide sulfoléique. On l'obtient impur dans l'industrie comme produit secondaire de la fabrication des bougies stéariques. Il entre dans la fabrication des savons et sert aux dégraissages des laines.
Notions sur que'qiies corps gras. — La graisse humaine est principalement constituée par de la margarine, et un peu d'oléine mélangée h une substance jaune ressemblant à de la bile. La graisse de bœuf contient beaucoup de stéarine avec un peu de margarine et d'oléine. Elle fond à 39" ; elle est employée en grand dans la fabrication du savon , des chandelles et des bougies. Celle de mouton est à peu près de la même composition , mais elle contient en plus un principe qui est odorant, surtout quand il se décompose.
La graisse de porc ou saindoux, appelée encore a.Tonge, est formée de stéarine, de margarine, d'oléine et d'une matière odorante ; elle est employée dans les usages domestiques, dans la préparation des onguents, dans le graissage des roues de voitures.
Beurre. — Le beurre qui vient du lait est riche en margarine ; il contient en outre , d'après M. Chevreul, de \' oléine, de la butyrine , de la caprine et de la caproïne. Exposé h l'air, le beurre se rancit en répandant une odeur caractéristique qui est due à un dégagement d'acide gras volatil.
Le beurre de coco est extrait des amandes écrasées des noix de coco en les traitant par l'eau bouillante. Il est incolore, fond à 20^ rancit rapidement ; il est employé pour l'éclairage et pour la fabrication des bougies et du savon.
Blanc de baleine ou speimiaceli . — Cette matière grasse provient de diverses espèces de Cétacés et principalement du cachalot ; chez l'animal vivant elle est liquide et remplit de grandes cavités situées au-dessus du cerveau; elle se solidifie patson exposition à l'air; par expression on chasse l'huile qui la tenait en dissolution, on la fond, et par le refroidissement on l'obtient en masses nacrées, cristallines, blanches et douces au toucher.
Le blanc de baleine fond à 44'; il est soluble dans l'alcool bouillant, dans l'éther et dans les essences ; à l'air il jaunit, s'oxyde et rancit. Le blanc de baleine se saponifie par la potasse concentrée au bout de plusieurs jours seulement; le principe neutre qu'on en extrait ainsi n'est pas de la glycérine, mais de Véthal, et l'acide gras qui se combine à la potasse est appelé acide éthalique. Il sert à la fabrication des bougies, de quelques pommades et cosmétiques.
Beurre de muscade. — On l'extrait des noix de muscades écrasées en les comprimant entre des plaques de fonte chauffées. C'est un corps gras solide, jaune, très aromatique. Il est employé en pharmacie.
Pour des détails sur les huiles, qui constituent les plus importants des corps gras, nous renvoyons à l'article Huile.
Usages des corps gras. — Nous n'avons qu'à, résumer les principaux, puisque nous les avons indiqués dans le cours de cet article, et qu'en outre on en trouvera le complément à l'article Huile.
Les corps gras sont surtout extrêmement em-