‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 41 sur 593 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

lame tranchante, ordinairement d'acier, s'aimante rien que par son contact avec un aimant naturel ou artificiel. — Produire un aimant par la touche régulière ou par une friction quelconque ; le tremper dans la limaille de fer et s'assurer que dans le second cas les pôles sont irréguliers et la force magnétique bien moindre.

2o S'assurer que les outils d'acier suspendus vertica'ement attirent la limaille de fer et agissent sur l'aiguille d'une boussole. — Faire un aimant en tordant des fils d'acier placés presque verticalement, leur extrémité inférieure vers le nord.

3° Constater la déviation qu'un courant électrique fait subir à une aiguille aimantée ; l'instantanéité de l'aimantation et de la désaimantation du fer doux. — Faire un aimant en enroulant lo fil d'une pile autour d'une aiguille dacior, chercher les pôles et remarquer qu'ils sont toujours dans le même rapport avec le sens de l'enroulement.

[Haraucourt.]

AIR. — Physique, IX. Chimie, I. — [Étym. : du grec et du latin aer, d'où aération, aérien, et tous les mots composés).

1. L'air et ses propriétés physiques. — V air est un gaz. — C'est le gaz par excellence, celui qui enveloppe la terre, qui sert à la respiration des animaux et des végétaux, et dont la masse s'appelle Yatmosphère.

L'air est pesant. — Cette propriété de l'air, comme de tous les gaz, était inconnue des anciens. Il faut venir jusqu'au xvii"^ siècle pour trouver la preuve de la pesanteur de l'air. C'est à Jean Rey, médecin du Périgord, et à Galilée, qu'on doit les premières expériences établissant la preuve de la pesanteur de l'air. On trouve dans l'œuvre du savant français ces lignes caractéristiques qui établissent sa découverte à la date de 1630 : « Remplissez d'air à grande force un ballon avec un soufflet, vous trouverez plus de poids à ce ballon qu'à lui-même étant vide. »

Galilée, amené à soupçonner la pesanteur de lair pour donner la raison de l'élévation limitée de l'eau dans les pompes, fit bouillir dans une bouteille une petite quantité d'eau, boucha la bouteille et la pesa ; puis, la débouchant, il permit à l'air de rentrer ; il vit alors augmenter le poids de la bouteille.

Aujourd'hui, poui' montrer que l'air est pesant et même pour déterminer son poids, on fait le vide dans un grand ballon de 10 litres et on le tare sur une balance ; puis on y laisse rentrer l'air et on voit que le ballon augmente de poids. Le dixième de cette augmentation représente approximativement le poids du litre d'air. Ce poids est d'environ Ig^3, à la surface de la terre.

Pression atmosphérique. — Puisque l'air est pesant, il en résulte nécessairement que les couches supérieures pressent en vertu de leur poids surles couches inférieures, et celles-ci sur le sol ou les objets qui les supportent ; de là l'existence de la pression atmosphérique, la nécessité de la constater et d'en évaluer les efi'ets (\ .Baromètre).

L'air est transparent et incolore. — En petite quantité l'air n'a pas de couleur, il est par suite invisible: d'où vient donc que, pris en grande masse, il oftre cette belle teinte bleue qui fait croire à une n voûte azurée », double illusion d'optique"? C'est que l'air n'est ni absolument transparent ni absolument incolore. Il intercepte une partie des rayons lumineux qui le traversent ; la teinte bleue des objets est d'autant plus foncée que les objets sont plus éloignés (V. Atmosphère).

Autres propriétés de l'air; élasticité, compressibilité, loi de Mariotte. — V. Gaz. [Haraucourt.]

2. L'air et ses propriétés chimiques. — Bien que les alchimistes eussent depuis longtemps étudié le rôle de l'air dans la combustion des métaux et dans d'autres phénomène-, la véritable

explication n'en fut trouvée que par Lavoisier en Fance et Priestley en Angleterre, à la fin du siècle denier.

Lavoisier avait chauffé, dans un vase clos, du mercure en présence d'un volume d'air préalablement déterminé, et cela pendant plusieurs jours, puis il l'avait laissé refroidir. Le volume d'air avait diminué, celui du mercure avait augmenté, ou plu-

tôt le mercure s'était recouvert d'une pellicule { rouge semblable à ce qu'on appelait ia terre ou la chaux de mercure. C'était précisément de cette substance que l'illustre chimiste anglais Prietsley avait extrait quelque temps auparavant un gaz nouveau ayant des propriétés semblables à celles de l'air, mais plus énergiques.

Lavoisier, ayant fortement chauffé la substance I rouge et ayant recueilli le gaz qui s'en dégageait, vit le mercure redevenir brillant et pur. I L'analyse de l'air était faite, et le rôle de l'air I dans la calcination des métaux allait être déterminé ' pour la première fois avec précision et certitude. Le gaz que le métal n'avait point absorbé était im- ' propre à la combustion et à la respiration ; dos animaux qu'on y plongeait mouraient immédiatement ; Lavoisier le nomma et on le nomme encore Yazote.

L'autre élément de l'air, celui que le mercure s'était d'abord approprié pour former avec lui la pellicule rouge, et qu'il avait ensuite remis en liberté, à une température plus élevée, c'était l'air vital, \'oxijgè7ie. Les animaux y respiraient avec activité, une allumette y brûlait énergiquement. ainsi que le charbon, le soufre, le phosphore, et la combustion de ces corps donnait comme résultat les mêmes substances que quand ils brûlent dans l'air. Après ces expériences, Lavoisier pouvait donc dire que l'air contient deux éléments gazeux : l'oxygène et l'azote, le premier étant l'agent de la combustion et de la formation de la rouille à la surface de métaux.

Recueillant le gaz qui sort de la bouche pendant la respiration, Lavoisier le trouva plus riche en acide carbonique et plus pauvre en oxygène que l'air aspiré ; il découvrait aussi le rôle chimique de l'air dans ce phénomène universel de la vie animale, la respiration.

Ainsi, d'après cet illustre chimiste, «la respiration est une combustion lente d'une portion du carbone contenu dans le sang, et la chaleur animale est entretenue par la portion du calorique qui se dégage au moment de la conversion do l'oxygène en acide carbonique, comme il arrive dans toute combustion de charbon ».

Les travaux accumulés des savants sur cet impor- I tant sujet ont complété la découverte de Lavoisier , sans jamais en contredire le principe. Les nom- \ breuses analyses de l'air, et principalement celle qui a été faite Dumas et Boussingault avec une précision extrême, ont seulement rectifié les nombres trouvés par Lavoisier. Toutes les analyses de l'air reviennent à mesurer exactement un volume d'air en notant la température et la pression au moment de l'expérience, puis à faire absorber l'oxygène par un corps très-oxydable quelconque : par le soufre, comme l'a fait à l'époque de Lavoisier le grand chimiste suédois Scheele, ou par le phosphore comme tout le monde peut le faii-e avec un simple tube gradué, ou par le mercure, comme Lavoisier, ou enfin par le cuivre chauffé au rouge, comme l'ont fait Dumas et Boussingault ; on n'a plus ensuite qu'à mesurer le volume de gaz restant, qui est l'azote; l'oxygène est mesuré en poids ou en volume. Les chiffres suivants ont été trouvés par les deux savants chimistes français et paraissent aujourd'hui représenter le plus exactement possible la composition de l'air : 23«%l3 d'oxygène et 76«',8; d'azote pour 100 grammes d'air, ou en litres 20, "J3 d'oxygène et 7y,07 d'azote pour 100 litres

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