‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 42 sur 593 · AIRES — SI · texte numérisé non relu

AIRES — SI

L'acide carbonique de l'air. — Quand on laisse exposé à Tair un vase rempli d'eau de cliaux, il so forme à sa surface une pellicule opaque de carbonate de chaux ; en effet, si on la ramasse et qu'on la traite par un acide, on observe un dégagement avec efifervescence d'acide carbonique. Ce gaz ne peut provenir que de l'air. En faisant passer un courant d'air de plusieurs centaines de litres dans des tubes contenant de la potasse ou de la chaux, bases qui retiennent l'acide carbonique en formant avec lui un carbonate, on peut déterminer la quantité de ce gaz contenue dans l'air.

D'après de Saussure, l'air contiendrait de 4 à G litres d'acide carbonique pour 10 000 litres d'air.

Cette quantité augmente dans les endroits habités ; elle est un peu plus forte la nuit que le jour. Elle est moindre au-dessus des grands lacs. (V. Atmosp>ière.) [A. Jacquemart.]

Exercices et applications. — Matérialité de l'air.

— 1° Enfoncer verticalement dans l'eau une cloche ou an verre renversé ; on constate que l'eau n'y pénètre pas ou presque pas, empêchée qu'elle est par l'air dont le vase est rempli.

Si on incline le vase, l'air s'échappe en bulles visibles, et l'eau prend sa place.

'2» Attacher une poire de caoutchouc à un tube de verre coudé à angle droit et dont l'autre extrémité plonge dans l'eau et presser la boule : l'air qui en est chassé se dégage en bulles dans le liquide.

3'^ Quand on verse un liquide dans une bouteille à l'aide d'un entonnoir, l'écoulement s'arrête (|aand l'air ne peut pas sortir et qu'il ne reste pas d'espace entre l'entonnoir et le col de la bouteille.

Compressibilité et élaslicité de l'air. — On enfonce un piston dans un cylindre fermé par un bout; on éprouve de plus en plus de difficulté à mesure que le piston approche du fond. Et si on l'abandonne, 1 air comprimé le repousse peu à peu.

Transmissio7i des pressions par l'air. — On prend un flacon à deux tubulures supérieures et une latérale: cette dernière et l'une des autres sont coiffées d'une lame de caoutchouc fixée à leur bord; la troisième porte un tube dans lequel peut se mouvoir un piston. Si on enfonce le piston, on voit les deux lames de caoutchouc se bosseler vers le dehors, comme par une pression venue de l'intérieur ; la pression du piston s'est transmise en tous sens par l'air du flacon.

4° On réunit par un long tube deux poires de caoutchouc, l'une appuyée contre un ressort de timbre, l'autre libre; si on presse cette dernière, la pression se transmet à l'autre qui appuie contre le timbre. C'est le principe des sonneries h air.

Poids ifiégal de l'air chaud et du l'air fioid. — On entr'ouvre la porte de deux appartements, l'un plus chaud que l'autre ; l'air s'y trouve comme deux liquides inégalement lourds dans les deux branches d'un même vase ; l'air froid, plus lourd que l'air chaud, se précipite pour rétablir l'équilibre; on constate ce courant par une bougie allumée placée sur le pas de la porte de communication : la flamme s'incline vers la chambre chaude.

[Haraucourt-l

AIRES (Mesure des). — Géométrie, XVl/XVII.

— [Etym. du latin area, même sens). On nomme aire d'une figure son étendue superficielle. Sa mesure est le nombre d'unités de surface qu'elle contient. On prend pour unité de surface la surface du carré qui a pour côté l'unité de longueur; en France c'est le mètre carré, ou l'une de ses subdivisions. Dans les mesures agraires l'unité est Vare, etc. (V. Système métrique.)

Pour mesurer les aires, on n'a jamais à effectuer que des mesures de longueurs.

1. Mesure du recta.\gle.— Soit à mesurer l'aire du rectangle ABCD (fîg. 1); et supposons, pour plus

AIRES

de simplicité, que sa base AB contienne 5 fois l'unité de longueur, et que sa hauteur AD contienne 3 fois cette même unité.

Divisons AB en 5 parties égales, et par tous les

Fig. 1.

pouits de division menons des parallèles à AD ; divisons de même AD en 3 parties égales, et par tous les points de division menons des parallèles à AB. La figure se trouvera divisée en figures partielles qui seront des carrés ; car tous les angles de la figure sont droits, et tous les côtés de ces figures partielles sont égaux à l'unité de longueur, comme parallèles comprises entre parallèles : ce sont donc des unités de surface ; et, pour avoir la mesure du rectangle, il n'y a qu'à, les compter. Or le long de la base AB on compte autant de ces carrés qu'il y a d'unités de longueur, c'est-à-dire 5 ; ces 5 carrés forment une bande horizontale ; et l'on compte autant de ces bandes horizontales qu'il y a d'unités de longueur dans AD, c'est-à-dire 3. Le nombre total des carrés est donc le produit de 5 par 3, c'est-à-dire 15 ; en d'autres termes, le rectangles renferme 15 unités de surface, et son aire est exprimée par le nombre 15. ,>

Comme le raisonnement qu'on vient de faire est indépendant des nombres 5 et 3, on voit que le nombre d'unités de surface contenues dans un rectangle est égal au nombre d'unités de longueur contenues dans sa base, multiplié par le nombre d'unités de longueur contenues dans sa hauiour ; ce qu'on énonce d'une manière abrégée en disant : L'aire dCun rectangle a pour mesure le produit de sa base par sa hauteur.

Supposons, par exemple, que la base ait 121" et la hauteur 34" , l'aire du rectangle sera de 34 fois 121 ou 4114 mètres carrés.

Si la base a 1",25 et la hauteur 0",83 ou 120"'" et 83""", l'aire du rectangle sera de 83 fois 125 ou 10 375 centimètres carrés ou l™<i,3'*i75"'i.

Remarque. — Si la base et la hauteur sont égales, le rectangle devient un carré ; et, en appliquant la règle ci-dessus, on voit que, pour obtenir l'aire d'un carré, il faut multiplier son côté par lui-même. C'est ce qui a fait donner le nom de carré au produit d'un nombre par lui-même.

2. Mesure du parallélogr.4mme. — Soit ABCD (fig. 2) un parallélogramme quelconque. Par les

Fig. 2.

points A et B élevons AH et BI perpendiculaires aux deux bases. Les triangles rectangles AHD et BIC seront égaux, car leurs hypoténuses AD et BC sont égales comme côtés opposés d'un parallélogramme ABCD, et les côtés AH et BI sont égaux comme cotés opposés du rectangle ABIH. Or, si de la figure totale HABG on retranche le triangle AHD, il reste le parallélogramme ABCD ; et si, de la même figure totale HABC, on retranche le triangle BIC, il reste le rectangle ABIH.

AIRES

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Le parallélogramme équivaut donc au rectangle. Or celui-ci a pour mesure le produit de sa base AB par sa hauteur AH ; le parallélogramme a donc la même mesure, c'est-à-dire le produit de sa base AB par AH , qui est sa hauteur (V. Polygones, p. 1660).

Si, par exemple, sa Dase a 234"" et sa hauteur 97", son aire aura pour expression 2-34 X 9" ou 22698 mètres carrés. Celte superficie, exprimée en mesures agraires, serait 2 hectares 26 ares et 98 centiares.

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