DARWINISME
de la concurrence vitale, reportés sur une période d'une durée indéterminée, c'est-à-dire la sélection naturelle, produisent des effets identiques sur les êtres. Par exemple, deux individus d'une môme espèce ou d'une même famille ne se ressemblent pas absolument, ils diffèrent, soit par des caractères sans valeur^ ou par des caractères qui leur donnent un avantage dans la lutte avec ceux dont les besoins sont les mêmes, ou vis-à-vis des conditions de milieux et de subsistances de toutes sortes. L'animal qui a une couleur protectrice, c'est-à-dire semblable au terrain sur lequel il fuit, échappera mieux à la dent de ses ennemis. L'animal à la fourrure plus épaisse sera favorisé aux pôles, celui à la peau glabre à l'équateur. Par conséquent, tout avantage acquis dès la naissance, et par cela même plus facilement transmissible, met l'individu dans des conditions meilleures de résistance aux causes de destruction et de stérilité. Il s'ensuit que certains individus seront comme triés, choisis, par un procédé naturel qui remplace l'action de l'homme dans la sélection artificielle ; et que, précisément, ces individus seront ceux qui s'écartent le plus des autres par quelque caractère nouveau. Le fait se répétant pendant plusieurs générations, les divergences s'accentuent, la tendance à l'hérédité augmente et des types se forment de plus en plus éloignés du point de départ. Il en résulte aussi que, partout où se montrera un ensemble de conditions permettant à une divergence de se développer sans être étouffée par des divergences rivales, il y aura une place à prendre dans la série des êtres et la possibilité de la formation d'une espèce zoologique pour l'occuper. L'une des différences entre la sélection artificielle et la sélection naturelle est dans le temps qu'elles demandent pour confirmer une transformation. Dans la première, rien n'est laissé au hasard, les choses vont vite, mais aussi les types sont mal fixés et reviennent aisément au type primitif; dans la seconde, c'est par siècles qu'il faut compter, le hasard intervenant aussi bien pour détruire ce qui est commencé que pour le compléter; en revanche les résultats une fois obtenus sont plus stables.
Telle est l'idée fondamentale de la théorie darwinienne. Nous nous bornons ici à l'exposer sans la discuter; nous exposerons à l'article Espèces les doctrines qui lui ont été opposées.
Extrait. « Je crois que tous les animaux descendent de quatre ou cinq formes primitives tout au plus, et toutes les plantes d'un nombre ! égal ou même moindre. L'analogie me conduirait ' à faire un pas de plus, et je serais disposé h croire que tous les animaux et toutes les plantes descendent d'un prototype unique, mais l'analogie peut être un guide trompeur. Toutefois toutes les formes de la vie ont beaucoup de caractères communs : la composition chimique, la structure cellulaire, les lois de croissance et la faculté qu'elles ont d'être affectées par certaines influences nuisibles. Cette susceptibiUté se remarque jusque dans les faits les plus insignifiants; ainsi un même poison' affecte souvent de la même manière les plantes et les animaux. La reproduction sexuelle semble être essentiellement semblable chez tous les êtres organisés, sauf peut-être chez quelques-uns des
plus infimes
« Il est intéressant de contempler un rivage luxuriant, tapissé de nombreuses plantes appartenant à de nombreuses espèces, abritant des oiseaux qui chantent dans les buissons, des insectes variés qui voltigent çà et là, des vers qui rampent dans la terre humide, si l'on songe que ces formes si admirablement construites, si différemment conformées, ont toutes été produites par des lois qui agissent autour de nous. Ces lois, prises dans leur sens le plus large, sont : la loi de croissance et de reproduction ; la loi d'hérédité qu'implique
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presque la loi de reproduction; la loi de variabilité, résultant de l'action directe et indirecte des conditions d'existence, de l'usage et du défaut d'usage; la loi de la multiplication des espèces en raison assez élevée pour amenei la lutte pour l'existence, qui a pour conséquence la sélection naturelle, laquelle détermine la divergence des caractères et l'extinction des formes moins perfectionnées. Le résultat direct de cette guerre de la nature, qui se traduit par la famine et par la mort, est donc le fait le plus admirable que nous puissions concevoir, à savoir, la production des animaux supérieurs. N'y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d'envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées primitivement par le Créateur à un petit nombre de formes, ou même à une seule? Or, tandis que notre planète, obéissant à la loi fixe de la gravitation, continue à tourner dans son orbite, une quantité infinie de belles et admirables formes, sorties d'un cummencement si simple, n'ont pas cessé de se développer et se développent encore. » (Darwin). [Louis Rousselet.]
Bibliographie. — Ch. Darwin, l'Origine des Espèces; — De la Variation des Animaux et des Plantes sous l'action de la domestication ; — La Descendance de l'Homme et la Sélection sexuelle; — De la fécondation des Orchidées par les insectes,
DATES. — Nous donnons ci-dessous le tableau des principales dates qu'il nous paraît utile de faire figurer dans l'enseignement de l'histoire à l'école normale primaire. Nous avons donné en première ligne celles qu'il n'est pas permis d'ignorer, c'est-à-dire celles des vingt ou trente grands faits de l'histoire universelle qui en caractérisent les principales périodes. Nous y avons ajouté les événements principaux de l'histoire de France et de l'histoire générale, et un certain nombre de faits moins importants, mais dont la date, h cause du groupement particulier de ses chiffres, ou de la bizarrerie de quelque coïncidence fortuite, se grave plus facilement dans le souvenir et peut offrir à la mémoire des points de repère utiles. Enfin, nous avons fait une place, h côté des batailles et des changements de dynastie, aux grandes découvertes scientifiques, aux événements littéraires, et aux inventions industrielles les plus remarquables.