‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 433 sur 593 · Diminutifs · texte numérisé non relu

Diminutifs

Les diminutifs désignent les objets comme diminués, amoindris, quant à leur étendue ou à leur force.

Les diminutifs substantifs sont à base de substantifs, tonnenu de tonne, et les diminutifs adjectifs à base d'adjectifs, doucet de doux. Les premiers sont de beaucoup les plus nombreux.

La personne ou la chose est représentée comme plus petite dans les substantifs diminutifs, et la qualité est représentée comme portée à un moindre degré dans les adjectifs diminutifs. On emploie aussi les substantifs diminutifs pour nommer les petits des animaux : chevreau, cachet, aiglon, oursin.

Un suffixe diminutif est souvent renforcé par la consonne r (er) ou par un autre suffixe intercalé entre le radical et le suffixe final : mouche-r-on, lap-er-eau, c:iaj)-ei-ei, louv-e^eau, carp-z/Z-on.

Le français iLiuerme un assez grand nombre de mots à désinences diminutives et qui, néanmoins, ne sont plus des diminutifs. Un mot formé par un suffixe diminutif n'exprime l'idée de diminution que lorsque son primitif existe encore en français; ainsi les mots anneau, couteau, chapeau, no sont pas des diminutifs, bien qu'ils soient formés par le suffixe emi. (el). En pareil cas, un second suffixe devient nécessaire pour faire revivre la force iliminutive; ainsi château fera chât-el-et.

La langue française n'a pas de suffixes augmentatifs. Pour exprimer l'augmentation, à laquelle s'ajoute souvent une idée accessoire de mépris, on se sert des suffixes diminutifs, par exemple on A&nssal in, caisson.

Les suffixes diminutifs sont eau, et, ot, on, in, aille et ille. as. ard, ûtre, and.

\. Eau, au féminin elle, était autrefois e/, qui reparaît dans les dérivés : marteau, marte/ (par ex. Charles Martel , marteler. — a) masculins ; beaucoup de mots en eau ont perdu leur force diminutive : bureau, cervea!^ écviteau, faisand-'a?;, fourneaw, pvaneati, trousseau. caillote«?<, louvetea2i, etc. ; b; féminins : cervelle, prune/Ze, tonne//e.

2. Et, fém. etfe, est un suffixe très fécond qui forme : a) des substantifs : arche/, bosque/ et bouqnet pour bousque/ (bois), chevet, coche/ et coque/, poigne/, sache/, cervele/, mantele/, roitele/; charre//e, chevre//e, table//e, bandele//e, côtele//e, etc. ; b) des adjectifs : aigre/, douille/ (du vieux français douille, mou, tendre), pauvre/, aigrele/, maigrele/.

3. Ot, fém. otte, est peu fécond et n'a conservé la force diminutive que dans quelques mots : a) substantifs : bachoZ, billo/, chario/, cuisso/, culo/, goulo/, îlo/; culo//e, lino//e, meno//e; b) adjectifs : heUot. pâlot, vieillo/ ; ce sont les seuls,

4. 0/t est employé à la diminution dans quelques noms de personnes, ex.: négrillo//, mais surtout dans les noms des animaux : knon, cochon, chato??, oi- S071, raton, bouvillo?!, oisillow, pucero7î, ainsi que dans les noms des choses : chiïïoti, jambo?2, sablo?2 , tronço72, feuilleton ; dans ce dernier cas, le suffixe 07? marque souvent l'augmentation, à l'instar de l'italien : ballo7i , caisso7z , capucho72 , sauvageo7i, etc. Médail.on est à la lois diminutif et augmentatif.

5. In, fém. ine, quand il marque l'idée diminutive, est le plus souvent renforcé par un autre

diminutif : gradzTi, oxxvsin, diablot/;?, agneh'7j, bouquetm, buUetzTz; bécassî7îe, bott??îe, etc.

G. .Aille forme des collectifs le plus souvent dépréciatifs, et ille des collectifs diminutifs, tous féminins : antiqufl(7/e, futai//e (de fût), fermille, muraille, valetaille; harhille, charmille, flott'//e, ram!7/e.

7. As ou asse a, en général, une signification collective augmentative ou dépréciative : coutel'ï.j, cervel(75, plàtr^.f, hestlasse, cuirrt^se, paperosse, etc.

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