‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 456 sur 593 · ÉCONOMIE POLITIQUE — G4U — ÉCONOMIE POLITIOUG · texte numérisé non relu

ÉCONOMIE POLITIQUE — G4U — ÉCONOMIE POLITIOUG

recouverte par la pénombre de la lune ; c'est pour les habitants de cette zone que l'éclipsé est partielle.

Quelquefois la Terre, quoique en ligne droite avec la Lune et le Soleil, est un peu trop éloignée pour que le cône d'ombre de la Lune puisse l'atteindre, comme le montre la figure 2.

Mais les droites qui forment le cône étant prolongées plus loin que le sommet, le cône opposé qui en résulte va couvrir sur la Terre un petit espace environné d'une zone sur laquelle tombe la pénombre. Pour les habitants de cet espace, il y a une éclipse annulaire, en même temps que ceux de la zone environnante ont une éclipse partielle.

^ Les explications qui précèdent montrent que l'éclipsé de soleil n'est jamais visible que pour une petite partie de la surface de la terre. Elle ne commence pas et ne finit pas au même instant pour tous ceux qui en sont témoins; ils ne la voient que successivement, à mesure que la Lune dans sa marche entraîne avec elle son ombre, qui passe ainsi d'un lieu à l'autre, jusqu'à ce qu'elle quitte la Terre. L'éclipsé de lune au contraire est visible pour tous les lieux qui ont la Lune sur leur horizon au moment du phénomène.

[G. Bovier-Lapierre.]

ECONOMIE POLITIQUE. — L'enseignement de l'économie politique tend à se répandre rapidement. Un nombre déjà important de villes ont commencé à lui donner place dans leurs cours du soir. L'arrêté du 2 août 1881 l'a introduit dans le programme des écoles normales d'iustitutcnrs, à la suite du cours d'instruction morale et civiquw. D'autre part, des écoles primaires supérieures se

créent de toutes parts, et l'économio politique figure dans leurs programmes.

Il y a tout lieu de se féliciter de ce mouvement; car la connaissance des éléments au moins de la science économique est désormais indispensable à tous. C'est une des premières conditions de la prospérité et de la tranquillité publiques, et dans un pays de démocratie et de suffrage universel la nécessité s'en accroît chaque jour. L'économie politique, comme l'a bien dit M. Jules Simon, n'est pas autre chose que la « science du sens commun. »

Mais il y a, en même temps, à s'en préoccuper; car il y a un apprentissage à faire en toute chose, et « il faut, a dit également M. J. Simon, que l'économie politique, pour rendre les services qu'on est en droit d'attendre d'elle, soit bien enseignée. »

Or les professeurs, on ne peut se le dissimuler, sont rares encore, et tous n'ont pas l'expérience nécessaire. Si ce n'est que demi-mal dans les sphères élevées où l'on peut, sans grand danger, se former en pratiquant, c'est un danger réel dans l'enseignement élémentaire où tout doit être net, précis et simple. Les éléments, à vrai dire, sont la moelle de la science, et les maîtres seuls sont en état de l'extraire avec sûreté.

Nous avons donc cru faire une œuvre qui ne serait pas inutile en essayant de tracer, en quelques pages, un résumé des notions essentielles qui paraissent devoir entrer dans un enseignement primaire supérieur : c'est, en quelque sorte, une réduction de l'économie politique, faite par un vieux professeur à l'usage des jeunes. A chacun à mettre, selon ses aptitudes et ses goûts, la couleur et la vie sur cette esquisse.

Les professeurs auront, avant tout, à donner une idée générale de la science économique et de son objet : ce qu'ils pourront faire, sans recourir à des définitions abstraites et toujours insuffisantes, en appelant l'attention de leurs jeunes auditeurs sur le fait universel du travail et sur sa nécessité pour le maintien et l'amélioration de l'existence humaine. Ils montreront comment l'homme, presse de besoins auxquels il ne peut donner satisfaction qu'en s'emparant des objets qui l'entourent et les appliquant à son usage, se livre d'abord, dans ce but, à des efforts isolés, puis à des efforts plus ou moins heureusement concertés avec ses semblables.

Ils saisiront ainsi à sa naissance le fait de la }iroductio7i , fait propre à l'homme , puisque l'homme seul, parmi les animaux, non seulement utilise, en les consommant, les ressources que fournit la nature, mais en prépare, par une activité intelligente, le renouvellement et l'accroissement. Ils y saisiront du même coup le fait, également propre à l'homme, de l'échange, qui nous constitue à toute heure et sous mille formes les serviteurs les uns des autres et fait de l'impuissance de chacun, grâce au merveilleux mécanisme de la division du travail, la puissance de tous ; et le fait corrélatif aussi de la propriété, conséquence de l'appropriation des choses et récompense de l'effort par lequel s'opère cette appropriation. Il importera ici de bien montrer comment cette appropriation, loin de rien enlever à la communauté primitive, est au contraire la condition nécessaire de l'exploitation active et féconde par laquelle se forme graduellement le patrimoine commun. Vhéritage, sans lequel cette œuvre bienfaisante serait incessamment à recommencer, grâce auquel seul l'homme est appelé à se survivre à lui-même en transmettant à d'autres existences le fruit de la sienne, permettra d'cclaircir encore, en les complétant, ces premières vérités.

Les cléments de la production sont divers; il conviendra de les indiquer. Il y a la matière, que

Page 1