chej
chep-tel.
Nous donnons ces familles entières : le maître saura subordonner le nombre et la nature des termes dont il devra s'occuper au degré de force de ses élèves. Pour beaucoup d'écoles, ces tableaux complets ne pourront être certainement établis qu'avec les élèves du cours supérieur.
Comme pour le cours élémentaire, du reste, les exercices seront aussi très variés.
Nous pourrons proposer, par exemple, svir la
ETYMOLOGIE
ETYMOLOGIE
famille d'un mot donné, une série d'expressions, de périphrases, que l'élève devra remplacer par un mot de cotte famille.
Ainsi, h propos du mot vent, nous demanderons les termes exprimant les idées suivantes :
« Faire du vent (impersonnel). .. Un appareil qui
sert à renouveler l'air dans un appartement
Pratiquer des ouvertures pour faire circuler
l'air Se rafraîchir la figure en agitant
l'air L'instrument dont on se sert pour s'éventer L'ouvrier qui fabrique l'insirument à
l'aide duquel on s'évente L'ouverture par
laquelle la baleine et les autres cétacés rejettent l'eau qu'ils ont absorbée. .. . »
Voici maintenant la liste des principaux affixes, pré/ixfs et suffixes, qui peuvent faire l'objet des leçons du maître dans le second cours. Cette liste est prise, en partie, dans la grammaire de Leclair et Rouzé (Cours supérieur) :
Composition des mots. — Préfixes.
a, ab, abs, — ad, af, ag, al, am, an, ap, ar, as, at, — anté, — anti, — arcbi, — bis, bi, bin, bar, bcr, ba, be,
— circon, ciicuin, circu, — com, con, co, col, cor, — contra, contre, contre, — de, dé, dis, — e, ex, ef, es, esse, — eu, em,
— entre, — extra, — for, fors, — in, im, ig, il, ir, — inter,
— mal, mau, mé, mes, — né, non, — ol, op, oc, of, — outre,
— par, — per, — pré, pro, por, pul, pour, — re, ré, red, — se, — sou, sous, — sub, sup, suc, suf, sug, su, subter, — super, soubre, sur, sus, — U'a, trans, très, tré, — ultra.
Dérivation des mots. — Suffixes.
able, ble, ibie, bile, — ade, — âge, — aille, — aire, ier, er, — al, el, — an, ein, en, — ant, ante, — ard, arde, — asse, — asser, — at, — àtre, — cide, — eau, elle, olle, — el, elle, — ence, — er, — er, ère, — erie, — escenee, — escent, ente, — esse. — et, ée, ave, aie, oie, — et, ette, é,
— eur, euse, — eux, euse, — ose, — u, — fier, fication, Ccateur, — fique, fice, — fuge, — ie, — ien, ienne, — ier, ière. — if, ive, — ille, — iller, — in, ine, — ion, — ÏQue,
— ir, — is, ise, iser, — isme, — iste, — itie, ice, esse, — ment, — oïde, — oir, cire, — ois, oise, — on, — ot, otte, — té, — teur, triée, — tare, sure, ure, — ude, — ule, — ure.
Le maître, afin de jeter un peu de variété et de vie dans ses leçons, saisira toutes les occasions d'intéresser ses élèves par quelques ét3'mologies curieuses ou instructives, propres à éclairer sur le véritable sens d'un mot ou de nature à corriger, à rectifier une erreur. Cela certes ne lui sera pas difficile.
Qu'on demande aujourd'hui, par exemple, à l'un des premiers élèves de nos écoles ce que c'est qu'un faubourg. D décomposera facilement ce mot, mais, trompé par l'apparence, il croira que la première syllable vient de l'adjectif faux, et il dira que c'est « une réunion de maisons ou de rues qui paraît être un bourg et qui n'en est pas un, que cette réunion de maisons précède seulement le bourg. » S'il a fait avec soin les exercices d'étymologie pratique dont nous venons de donner plusieurs spécimens, il saura que fan vient de for, fors, qui veut dire hors, et q\ie faubourg , autrefois forsbourg, forbourg, désigne un bourg bâti hors de l'enceinte d'une ville ; comme forfaire signifie faire quelque chose hors des bornes du devoir, de l'honneur ; comme se fourvoyer veut dire aller hors de sa voie; hormis, qui est mis hors de compte, etc. La véritable orthographe de faubourg devrait donc être fobourg .
L'origine et la signification du mot chapelet n'embarrasseraient probablement pas moins beaucoup d'élèves, même des élèves des cours supérieurs.
Le chape/et, comme son nom l'indique, n'était primitivement qu'un petit chapeau, qu'une coiffure légère de fleurs placée sur la iéte. La couronne ou rosaire qu'on mettait sur la tète de la sainte Vierge prit ce nom, qui plus tard désigna également cette couronne mobile de grains enfilés qui rappellent le nombre des Ave Maria et des Pater que l'on doit dire.
.Vous pourrions citer ainsi bien des exemples d'étymologie, très curieux et très intéressants ; 1©^ recueils que nous avons indiqués dans la première partie de cet ouvrage en contiennent de très nombreux choix.
Cours supérieur.
Les élèves du cours supérieur, ayant déjà vu les matières du cours élémentaire et du cours moyen, seront aptes à recevoir des notions plus développées, plus complètes sur les origines et la formation de notre langue.
Dans le cours moyen, par exemple, le maître n'a parlé que d'une façon générale des préfixes et des terminaisons; il a fait étudier les principales seulement. Il potirra maintenant s'étendre davantage.
Il fera distinguer aux élèves le radical de la racine; il leur expliquera le rôle, il leur donnera les différentes formes de l'un et de l'autre ; il pourra même leur faire étudier quelques radicaux dérivés du latin et du grec, les plus importants, ceux qui sont la souche de nos plus nombreuses familles. Cette connaissance, certainement, n'est pas indispensable, mais elle ne présente non plus aucune difficulté sérieuse ; et elle donne de grandes facilités pour la recherche des radicaux français.
Voici, par exemple, une liste d'éléments dont la signification pourra faire l'objet d'études intéressantes et utiles. Le maître s'aidera, dans ses recherches, des ouvrages que nous avons déjà eu l'occasion de citer, et entre autres, de la Lexicologie française de Sardou.
Eléments l.mixs : 1" Uriv^, duo, très, quatuor, quinque, sex, s^ptem, octo, novem, decem, centum, mille, bis, multo, semi [mi), primus {prim, prin, prior, pri);
2° Ambo, sequus, cœdere [cide), colère (cote), ferre [fero, laiton), forma, fugere (fuge), loqui [loque, locu'), magnus [major, maximus), mamis [manu'', vorare.
Éléments grecs : 1" ^, amphi, ana, anti, apo, cata, dia, épi, eu, hyper, hypo, meta, para, péri, pro, syn;
2" Alonos, dis, treîs, tetra, pente, hex, hepta [hebd], octo [oct), ennéa, deçà, dodeca, icos, hecaton [hect, hecto], polys, hemi;
Z" Algos (algie), anthropos, arche [arch, archie, arque), autos, baro, biblos [biblion), kakos (caco), chéir [chir], chronos, kratos (cratie, crate, craiique), kyklos [cycle), démos, gaster, gê [géo), grapho [graphe, graphie, graph), helios, haima [héma, hémo), héteros, hiéros, hippos, homo9, hydor [hydr, hydro), idios, eïdos [ido], lithos, logos, mikros (i7iicro), rnelron, misos, }iaus, néos, nomos [■iiome,nomie), oïde [d'eïdos), orama,orthos, oxys, pas (pnsa, pan), pais [païdos, paîdéia, véd, pathos ip-ithé). phagéin [phage, phagie), philos, phéro 'phore), physis, pteryx (ptéron), pyr [pyros], sko/jéô (scope, scopie], sophia, staô, stéréos, straios, lechnê, théos, thermos, topo:, typos, ergon [urgie), zôon.
A propos des initiales ou préfixes, l'instituteur distinguera les prépositions séparables des particules insi'parables et donnera le rôle, la classification et le sens des préfixes les plus usités, préfixes français, préfixes latins et préfixes grecs.
Il entrera dans le même détail sur la nature et le rôle des désinences, qui comprennent les terminaisons ; il exposera les modifications apportées par ces désinences aux noms, aux verbes, aux participes et aux adjectifs.
En expliquant le mécanisme de la formation des mots, il signalera la dérivation des verbes comme la plus riche ; il montrera, à côté des dérivés du participe présent et du participe passé, ceux non moins nombreux de cette autre forme, que nous avons déjà rencontrée dans les exercices du cours
ÉTYMOLOaiE
ÉTYMOLOGIE
moyen, mais sur laquelle nous ne nous sommes pas arrêtés et qu'on pourrait appeler le supin, parce qu'elle se tire imni<3diatemcnt du supin latia, en supprimant la terminaison um de ce dernier.
Le supin latin n'est autre cliose que notre participe passe pris substantivement, comme notre participe lecé dans le levé des plans.
« Le verbe agi?-, par exemple, vient du latin agere, doni le supin est actum. Retranchez la terminaison iim, il reste pour supin français ad, qui n'est pas un mot français, mais qui forme acteur, action, actif, activité, activer, etc. Céder vient de cedere qui fait au supin cessum; et de ce dernier nous tirons cess.qui n'est pas français non plus, mais qui formera cesnon, cesse, cesser, i:essatio7i, etc. » Enfin, dans l'étude ûcs familles d; >nots, le maître fera voir comment un C"mposé peut recevoir un second et même un troisième ;;re/ÎJe pour former des composés secondaires et tertiaires; comment l'addition d'une nouvelle désinence donne de même des àérwés secondaires et tertiaires ; il distinguera ]es juxtaposés des composés, et indiquera la marche à suivre pour trouver le radical et pour ordonner le tableau d'une famille.
Ce sera un spectacle intéressant pour nos grands élèves de voir se dérouler, sous la subordination d'une racine commune, d'abord les dérivés directs, puis les branches particulières se rattachant au mot primitif par la communauté étymologique. « Ainsi se déroulera sous ses yeux le tableau généalogique de notre idiome, l'échelle des idées, à partir du radical auquel tous les dérivés sont subordonnés. Il verra ainsi comment, en partant d'une idée simple et procédant par la logique naturelle, l'esprit a formé des classes et des groupes, et amené des gerbes d'idées ; comment l'espèce se subordonne au genre, le particulier à l'espèce; comment, enfin, la racine étant posée, on voit, grâce à la sève qui s'épanche et circule, sortir tour à tour la tige, les branches, les rameaux, tout ce qui constitue, si l'on peut parler ainsi, la germination d'une langue, d (Mazure.)
Nous avons donné, dans le cours moj-en, plusieurs exemples de familles de mots justifiant pleinement ce qui précède. Voici un tableau plus complet encore, tiré de l'ouvrage déjà cité de Michel. C'est le tableau de la famille du mot faire.
VEUCES, PARTICIPES
Faire : faisant, fait, faç oiin er, ant, é. . .
fac ilit er, ant, é... .
fac
fact u rer, ant, d. . . .
fée ond er
t'ai néant er, ant, é.
af fai
contre fai re, sant, t.
-VOilS, ADJECTIFS, ADVERCEsI
dé fai re, sant, t
for fai re, . . .. t
re (faç) onn er, ant, é.
par fai re
re fai rc, sant, t
satis fai re, sant, t
bien fai re, sant, t
mal fai re, sant, t
mé fai re
manu (fact) ur er, ant, é. .
faiseur, faisable, infaisable.
façon, façonnier.
facilité, facile, facilement.
faculté, facultatif.
l'actuie, facteur, faction, factieux, factioauaire, factorerie, factotum, factice.
fécond, fécondation, fécondateur, fécondité, infécondité.
fainéant, fainéantise.
affaire, affairé, contrefaçon, contrefacteur,
contrefaiseur.
défaite, forfait, forfaiture.
parfait, imparfait. (Voyez plus bas: perfection, etc.)
satisfaction , satisfacloire , satisfaisant.
bienfait, bienfaiteur, bienfaisant, bienfaisance.
malfaiteur, malfaisance, malfaisant.
méfait.
manufacture, manufacturier.
VEllUEb, PARTICIPES
con fi re, sant, t.
décon fi re, t .
ef fi
of fi ci er, ant, é.
pro fi ter, ant, é.
suf fi re, sant . .
arti fi.
acidi fi er, ant, é.
déi fi er, ant, é.
édi fi er, ant, é.
faisi fi er, ant, é.
justi fi er, ant, é.
modi fi er, ant, é.
niorJi fi er, ant, é.
raorbi fi
muni fi
mysti fi er, ant, é.
noii fi er, ant, é.
ossi fi er, ant, é.
paci fî er, ant, é.
ponti ti er, ant, é.
puri fi er, ant, é., putré fi er, ant, é..
pani fi er
(juali fi er, ant, é.,
rami fi er, ant, é. .
rare û er, ant, é..
recti fî er, ant, é
rubé fî er, ant, é
sacri fî er, ant, é
sancti fi er, ant, é.
scienti fi
signi fi er, ant,.é. ..
simpli fi er, ant, é.
solidi (i er, ant, é. spéci fi er, ant, é.
stupé fi er, ant, é.
torré fi er, ant, é.
tumé fî er, ant, é.
véri fi er, ant, é.
vitri fi er, ant, é.
vivi fi er, ant, é.
versi fî cr, ant, é.
af fect er, ant, é
af fect ionn er, ant, é..
dé fect
ef fect u or, ant, é
indé fect
per fect ionn er, ant, é..
ré fect, pré fet..