I<. ADJECTIFS, ADVERBES
confiture, confiturier, confiseur, confiserie, déconfiture.
efficace, efficacité, efficacement, inefficace, inefficacité, inefficacement, office, officiant, officiai, officialité, officier, officine, officinal, officiel, officieux, officiellement, officieusement, profit, profitable, suffisance, suffisant, suffisamment, insuffisance, insuffisant, insuffisamment, artifice, artificier, artifii;lel, artificieux, artificiellement, artifîcieiisemcnt.
acidification, acidifiable.
déification, édifice, édification, réédifier,
réédification.
falsification, falsificateur, justification, justifiable, justificatif, modification, modificatif.
mortification, inorbifique.
munificence.
mystification, mystificateur.
notification, ossification.
pacification, pacifique, pacificateur, pacifiquement, pontife, pontificat, pontifical,
P'jntificalement.
purification, purificatoire, putréfaction, putréfait.
panification, qualification, qualificateur,
qualificatif, ramification.
laréfaction, raréfactif, raréfiant, ectificalîon.
rubéfaction, rubéfiant, sacrifice, sacrificateur, sacri-
ficature.
sanctification, cientifique , scientifiquement, signification, sigoificsilf, iii-
sijinifiance, insignifiant, simplification, solidification.
spécification, spécifique, spécifiquement, stupéfaction, stupéfait, torréfaction, tuméfaction, vérification, vérificateur, vé-
rifiable.
vilrification, vitrifialilo.
vivification, vivifiqu'-, révivifier, révivificHliun.
versification, versificateur.
affectation, affcctatif.
affection, affectueux, affectueusement.
défection, défectuosité, défectueux, défectif, défectueusement.
effet, effectif, effectivement, ineffectif.
indéfeclibilité, indéfectible.
perfection , perfectionnement, peifectibililé, perfectible, imperfection, imperfectibilité, imperfectible.
réfection, réfectoire.
préfet, préfecture.
ËTYMOLOGIE
ETYMOLOGTE
L'examen attentif de ce tableau permet de se rendre compte de l'ordre suivi pour le dresser.
Etabli en deux colonnes, comme celui de la famille de aqir, dans le cours moyen, il se divise en quatre séries :
La première présente l'ensemble des mots dérivés soit de la racine primitive fai, soit des racines modifiées par la forme du participe présent fais et du participe passé fait, soit d'autres formes de la même racine, fac, fact, fec. Deux autres formes de racines, /?, fect, n'étant employées que précédées d'initiales pour former des mots composés, se trouvent dans les séries suivantes.
La seconde série présente, par ordre alphabétique des préfixes, les mots composés avec les racines . précédentes et tous les dérivés qui en naissent.
La troisième et la quatrième série contiennent, dans un ordre analogue, les composés, les dérivés et les juxtaposés des racines fi et fect, qui ne sont employées que précédées de préfixes.
Ce grand nombre de mots appartenant à une seule famille, ayant tous une idée commune par le radical, et des nuances diverses par les préfixes et les désinences, montre l'avantage de la connaissance des familles de mots, « puisque l'étude bien faite d'un seul radical met en évidence les acceptions d'une série de mots considérable, et en fait saillir graduellement la valeur et les nuances par le rapprochement méthodique auquel celte étude donne lieu. »
Dans cette troisième partie du cours, l'instituteur s'attachera aussi à faire appliquer aux élèves les principes qu'ils ont étudiés, de façon à ce qu'ils puissent se rendre compte de la vraie valeur des mots et en corriger même quelques-uns, qui sont mal à propos usités.
Ainsi, comme le dit M. B. Jullien dans son cours supérieur de grammaire, on verra que c'est à tort que l'on appelle bouillotte un petit vase en cuivre étamé pour faire bouillir de l'eau ; le véritable nom est une bouilloire, la terminaison où-e indiquant l'instrument ou le lieu d'une action. La bouillotte est un jeu de cartes.
De même, quand des enfants s'élancent les uns après les autres sur un bassin glacé ou sur un ruisseau congelé, sur un terrain couvert de neige durcie, ils y font, non pas une glissade, comme on le dit ordinairement, mais une glissoire. La glissade, d'après le sens de la terminaison ade, est l'acte de celui qui glisse : chacun des glisseurs en fait successivement une grande quantité.
Le lieu où l'on se promène est encore un prome7ioir, et non une promeriade : « J'ai étendu mes promenoirs sans qu'il m'en ait coûté beaucoup », écrit M™* de Sévigné à son cousin Bussy. En effet, elle avait acheté des terres, et allongé les allées où elle se promenait. Si elle avait dit : « J'ai allongé mes promenades », Bussy aurait cru que sa santé s'étant fortifiée, elle allait se promener plus loin qu'auparavant. Cet exemple est curieux, ajoute M. Jullien, parce qu'il montre que si le langage ordinaire prend, par figure, certains mots pour d'autres d'un sens très voisin ou analogue, si l'on dit très bien, par exemple, nous avons de jolies promenades uutow de cette ville, au lieu de jolis promenoirs, il y a cependant des cas où cette substitution ne peut plus se faire sans inconvénient ; et alors il faut reprendre le mot propre, même quand il est moins usité.
Les jours de la semaine où l'on peut travailler, les jours non fériés, sont de môme des jours ouorables. c'est-à-dire où l'on peut ouvrer (faire œuvre de ses mains, se livrer à son travail), et non pas, comme on ledit souvent, des jours ouvriers.
En outre, de même que dans le cours moyen, bien entendu, et aussi dans le cours élémentaire, l'instituteur donnera de temps en temps des 2» Partik.
étymologies intéressantes, curieuses, historiques ou anecdotiques, ayant trait, autant que possible, à des faits qui se sont passés dans le pays ou désignant des localités voisines, connues de l'enfant.
Les noms de plusieurs rues de Paris offrent ains' l'exemple de noms substitués à d'autres par ignorance ou par corruption de terme. La rue nommée aujourd'hui rue aux Ours est dans ce cas. Au xiii* siècle, cette rue était habitée en général par des rôtisseurs; c'était la rue oit l'on cuit les oës, la rue où l'on cuit les oies; plus tard elle fut simplement désignée par le nom de rue as oës, as ouës : c'est aujourd'hui la rue aux Ours.
Nous disons en parlant de quelqu'un qui est allé fort loin, qui tarde à revenir : « Il est allé je ne sais où, au diable au vert. » Que signifie cette locution : au diable au vert?
Il y avait autrefois un château voisin de Paris, qui s'appelait le château de Vauvert. Ce château passait, au xiii* siècle, pour être habité par des revenants. En 1258, Louis IX en fit don aux Char treux pour y fonder un couvent. Pendant quelque temps encore, la crédulité populaire prétendait que le diable n'avait point abandonné le manoir, et qu'on y entendait, certains jours, des bruits insolites et étranges. Les curieux s'y rendaient, et, comme beaucoup ne revenaient guère qu'à la fin de la journée, fort tard, on disait alors de quelqu'un qui, sorti depuis quelque temps, tardait à rentrer : « 11 est sans doute allé au diable de Vauvert. » c'est-àdire voir le diable de Vauvert ; puis on a dit aller au diable Vauvert, et enfin aller au diable au vert. La rue qui conduisait à cette abbaye s'appela natu rellement la rue d'Enfer.
L'origine du mot pataquès [pas-t-à qui est-ce), qui désigne une faute grossière de liaison dans la conversation ou la lecture, n'est pas moins curieuse. Voici comment la raconte M. Larousse. Un jeune homme se trouvait, dans une loge du Théâtre-Français, à côté de deux dames d'une toilette fort brillante, mais dont la conversation répondait peu à leur parure. Ce jeune homme aperçoit à terre un mouchoir brodé. Il le ramasse, et, s'adressant à l'une de ses voisines : « Madame, lui dit-il, ce mouchoir est sans doute à vous? — Non, monsieur, répond-elle, il n'est point-z-à moi. — Il est donc à vous, madame? dit-il à l'autre. — Non, monsieur, répondit celle-ci, il n'est pas-T à moi. — Ma foi, reprend le jeune homme, en se tournant vers le parterre, il n'est pas-T-à l'une, il n'est point-z-à l'autre, je ne sais vraiment-z-alors pas-t-a qu'est-ce. » — L'aventure fit grand bruit, et la réponse du jeune homme parut si plaisante que l'on donna le nom de pas-t-à qu'est-ce (pataquès) à toute liaison faite contrairement aux lois de l'usage, soit au moyen d'un t, soit au moyen d'un s.
Analyse étymologique.
Quelques exercices d'analyse étymologique pourront de temps en temps permettre au maître de faire réviser dans les trois cours, proportionnellement aux développements donnés, les notions étudiées.
Cette analyse consiste à décomposer les mots d'une phrase par rapport à l'étymologie, c'est-àdire à indiquei les primitifs et les dérivés, les simples et les composés, à revenir des diverses branches au tronc et à la racine, quelquefois à indiquer les divers rejetons d'un mot donné. •
En voici un exemple, emprunté au cours de M. Jullien, et qui a pour texte une phrase de Montaigne : Certes, c'est un sujet merveilleusement vain, divers et ondoyant, que P homme; il est malaisé d'y fonder un jugement constant et uniforme»
Certes, adverbe, mot simple et primitif. On ea a tiré les mots certain, certitude, certifier, certificat, etc., et les composés incertain, incertitude .
Ch, est, mots simples.
EUPHORBIAGÉES
EUPHORBIAGÉES
Vu, mot simple et primitif, a formé unième, unité, unir, union, unique, et les composés réunir, réunion, désunir, désunion.
Sujet, autrefois subjet ou subjeet, mot composé de sub, qui veut dire sous, de-^sous, et de jet, venu de jeter. Le sujet est donc proprement ce qui esl jeté dessous, c'est-à-dire ce sur quoi l'on travaille. — Sujet a formé le dérivé sujétion, et les composés assujettir, assujettissement.
Merveilleusement, dérivé de merveilleux, par la terminaison adverbiale ment. — Merveilleusement, par sa terminaison, signifie plein de merveilles; merveille a formé le composé s'émerveiller.
\ain, e, mot simple et primitif, a formé les dérivés vainement, vanité, vaniteiix, se vanter, vantard, vanterie, et les composés s'évanouir, évanouissement.
Divers, se, mot composé de di, particule inséparable, et de vers, venu de vertir, tourner ; divers signifie donc, au propre, çui se tourne d'un coté et d'un autre. — lia formé les dérivés diversion, diversité, diversement, diversifier.
Ondoyant, du verbe ondoyer, tiré lui-même du mot onde; il a formé ondoiement.
Que, le, mots simples.
Homme, mot simple, qui a formé beaucoup de dérivés comme hommage, humain, humanité, humaniser, et de composés comme inhumain, inhumanité, surhumain.
Il, est, mots simples.
Malaisé, mot composé de mal pris comme préfixe, et de aisé venu de aise.
De, y, mots simples.
Fonder, mot simple, dérivé de fond, a formé lui-même les dérivés fondation, fondateur, fondement, fondamental et le composé refonder.
Un, mot simple.
Jugement, mot simple dérivé de juge et de juger, par la terminaison substantive ment; juge a formé plusieurs composés comme adjuger, forjuger, préjuger.
Constant, mot compose du préfixe co, com, con, et du participe hypothétique stant (venu du verbe radical ster). qu'on retrouve dans le dérivé stance et dans les composés constance, inconstance, inconstant, circonstance, distant, distance, instant, instance, instamment, prestance, substance, substanter, substantiel, rester, restant.
Et, mot simple.
Uniforme, mot composé de un et de forme, qui lui-même a produit plusieurs composés adjectifs comme conforme, difforrre, informe, rfforme, uniforme, et les substantifs dérivés conformité, difformité, réformation, uniformité.
Ces notions d'étymologie intéresseront vivement nos élèves, cela n'est pas douteux. Elles jetteront un jour tout nouveau sur l'étude encore si aride de la grammaire ; elles donneront la clef de bien des anomalies apparentes ; elles justifieront aux yeux des élèves des orthographes qui, jusqu'à ce jour, leur avaient paru inexplicables ; elles répandront l'intérêt et la vie dans tous les exercices de langue : lecture, dictées, analyses, récitations, etc.
Complétées par quelques exercices de synonymie, elles feront acquérir aux élèves cette netteté dans les idées et cette clarté dans l'expression dont nous parlions au début de l'article, et sans lesquelles il est impossible de bMi parler et de bien écrire. Puis, la rectitude que l'intelligence gagnera par ce travail, la souplesse d'esprit qui en sera nécessairement la conséquence, ne seront pas sans effet sur les travaux et les progrès ultérieurs des élèves; et c'est ainsi que se justifiera pleinement le mot de Platon : « La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses, »
(Les ouvrages qui peuvent ètie utilement consultés ont été indiqués à l'article Étymologie de la l'* Partie.)
[A. Lenient.]
EUPHORBIAGÉES. — Botanique, XXV. — Les Euphorbiacées sont des Phanérogames dicotylédonées angiospermes. Les pétales de leurs fleurs sont libres ou nuls, indépendants du calice et insérés sous l'ovaire. Chaque fleur ne contient qu'un petit nombre d'étamines. Réunies aux antidesmées et aux forestiérées, elles forment la classe des Crotoninéos de Brongniart.
Caractères botaniques. — Le volume des graines des euphorbiacées varie depuis celui d'un grain de mil (euphorbes indigènes, mercuriales) jus(|u'à celui d'une petite noix (noLx de Bancoul ou aleurites).
Ces graines sont arrondies, à surface chagrinée.
plus rarement lisse (ricin) ; en général, elles présentent vers leur micropyle une sorte de coiffe celluleuse sèche, nommée caroncule; le tégument de ces graines, très épais, fort dur, contient souvent de grandes quantités de carbonate de chaux; il protège un embryon droit à cotylédons larges et plans ou à cotylédons semi-cylindriques ; cet embryon est presque toujours enveloppé par un albumen abondant, charnu, oléagineux. Rarement la radicule de lembryon correspond au micropyle de la graine ; cette particularité Ta fait qualifier d'embryon hétérotrope.
La racine des euphorbiacées est fibreuse, parfois tubéreuse (Jatropha Manihot) ; elle renferme un suc laiteux très acre, surchargé de caoutchouc, d'amidon, et de principes vénéneux.
La tige des euphorbiacées est dressée, de dimensions et de consistance variables. Dans les espèces des pays tempérés, elle est généralement petite, herbacée, terminée par une ombelle de rameaux dont l'ensemble constitue l'inflorescence, ou bien elle se ramifie dès la surface du sol et chaque branche se termine elle-même par une ombelle. Dans les régions tropicales, certaines euphorbiacées présentent une tige ligneuse dont les dimensions ne le cèdent en rien aux troncs les plus gros et les plus élevés ; d'autres ont une tige charnue épaisse, triangulaire, quadrangulaire ou cylindrique, avec ou sans cannelures longitudinales ; cette tige donne à la plante la physionomie d'une plante grasse. Les côtes des tiges de ces euphorbiacées dites cactiformes présentent des épines géminées ou solitaires, droites ou recourbées, très acérées. Le sommet de ces tiges grasses est souvent revêtu d'une sorte d'étoupe blanche ou grise, dont l'origine est mal connue ; cette perruque a fait désigner ces euphorbes sous le nom vulgaire de têtes de vieillards. Quelle que soit sa forme, la tige des euphorbiacées contient un suc analogue à celui de la racine.
Un petit nombre d'euphorbiacées (Xylophylla) présentent des rameaux fasciés, c'est-à-dire adhérents entre eux sur une longueur variable, d'apparence foliacée, que l'on appelle cladodes.
Les feuilles des euphorbiacées sont alternes, opposées ou verticillées, sessiles ou pétiolées, souvent accompagnées de stipules. Leur limbe est entier, ou denté, à nervation pennée ou palmée. Dans les euphorbiacées cactiformes, les feuilles, très petites, écailleuses, sont caduques.
L'inflorescence des euphorbiacées est axillaire ou terminale ; parfois elle consiste en une ombelle dont les rameaux plusieurs fois bifurques se terminent par des cymes i^euphorbes indigènes) ; d'autres fois c'est une grappe, ou un épi (ricin), ou encore une cyme bipare (épurge).
Les fleurs des euphorbiacées sont monoïques (ricin, etc.) ou dioiques (mercuriale), exceptionnellement hermaphrodites.
Dans les cas où la fleur mâle a pli>s d'une étamine, elle présente un calice et parfois aussi une corolle; les étamines sont alors au nombre de cinq, dix, ou en nombre indéfini ; libres (mercuriale) ou adhérentes par leurs filets ; ces étamines adhérentes sont disposées en groupes plus ou moins éloignés les uns des autres chez le ricin ; chez les ricinocarpus, elles forment une seule masse centrale. — Dans le genre Euphorbe, la fleur mâle ne se compose que d'une seule étamine, accompagnée parfois d'une écaille ; un grand nombre de ces fleurs mâles monostaminées se groupent autour d'une fleur femelle ; tout cet ensemble est protégé par une double enveloppe diversement colorée, qui ressemble de loin à une fleur. — La déhisccnco des anthères se fait par une fente longitudinale antérieure ou latérale, ou par un pore oblong.
La fleur femelle se compose d'un pistil protégé par un calice, accompagné ou non dune corolle.