FERDINAND
de fer à l'état de dissolution, et en faisant passer un courant de chlore dans cette dissolution, la liqueur passe du vert au jaune on se transformant en sesquichlorure. On obtient encore celui-ci en dissolvant le sesquioxyde de fer dans l'acide chlorhydrique.
Usages du sesquichlorure de fer. — On l'emploie en médecine pour l'usage interne. Il sert aussi en chirurgie pour arrêter les hémorrhagies, car il coagule immédiatement le sang; il est employé sous forme de teinture alcoolique à la dose de quelques gouttes. Son usage a été considéré souvent comme dangereux ; bon nombre de médecins ne l'emploient pas.
Action de l'iode sur le fer. — L'iode attaque le fer instantanément à froid ; il se forme de l'iodure de fer. C'est en voyant ses cornues de fer se corroder et se détériorer rapidement que Courtois, fabricant de produits chimiques, a été amené, en en cherchant la cause, à découvrir l'iode en 1811. L'iodure de fer est employé en médecine ; il a les propriétés du fer et celles de l'iode.
Action des acides sur le fer. — L'acide sulfurique, à froid comme à chaud, dissout rapidement le fer ; il se dégage de l'hydrogène et il reste du sulfate de protoxyde de fer (gonflement des iérostats).
L'acide azotique étendu dissout le fer en formant de l'azotate de protoxyde de fer ; mais non seulement 1 acide concentré ne l'attaque pas, il le rend passif, c'est-à-dire que le fer qui a été plongé dans l'acide azotique concentré n'est plus ensuite attaqué par l'acide étendu, si ce n'est au moment où on le touche avec un fil de cuivre.
L'acide chlorhydrique, comme nous l'avons dit, dissout le fer à froid et à chaud en formant du chlorure de fer.
Sulfate de protoxyde de fer, vitriol vert ou couperose verte. — C'est un sel très anciennement connu. On l'obtient, nous l'avons déjà dit, ou en grillant les pyrites, ou en les exposant à l'air, au vent et à la pluie, ou bien encore en dissolvant du fer dans l'acide sulfurique étendu. C'est un sel cristallisé vert, qui a pour formule FeO,60',7HO. II se dissout dans l'eau, et cette dissolution, au contact de l'air, se trouble et brunit ; il se produit alors du sulfate de sesquioxyde de fer. Chauflé dans une capsule, le sulfate de protoxyde de fer fond dans son eau, abandonne une quantité considérable de vapeur, et donne un résidu blanc qui a pour formule FeO,50'jHO; il peut reprendre de l'eau, alors il redevient vert.
Le sulfate de fer qui a perdu six équivalents d'eau se décompose à une température plus élevée ; il donne de l'acide sulfureux, de l'acide sulfurique de Nordhausen, et un résidu de colcothar (rouge d'Angleterre, sesquioxyde de fer).
Usages du sulfate de protoxyde de fer. — Ce sel a de nombreux usages. Il est employé comme mordant en teinture ; il sert à précipiter l'or à l'état de division chimique. On l'emploie concurremment avec le vitriol bleu (sulfate de cuivre ou couperose bleue) pour chauler le blé ; on en extrait l'acide sulfurique fumant de Saxe; enfin, sa propriété de noircir en présence du tannin à l'air l'a fait depuis longtemps employer dans la préparation de l'encre ordinaire et de la plupart des couleurs noires et grises. On l'emploie quelquefois en médecine comme astringent.
Prussiate jaune de potasse ou cyanoferrure de potass'um. — On appelle ainsi un sel double formé de cyanure de fer et de cyanure de potassium. (Y. Cyanogè?ie.)
Le prussiate jaune est, comme son nom l'indique, un sel jaune, contenant à l'état de cristaux 12, 8 pour 100 d'eau. On le rencontre dans le commerce en masses cristallisées quelquefois considérables : à l'exposition de 1878, nous avons pu voir,
à l'exposition de la maison Plazanet de Paris, une masse de ce sel magnifiquement cristallisée pesant plus de GO kilog. On en voit souvent d'assez beaux échantillons à la vitrine des pharmaciens.
Préparation. — On l'obtient en grand en chauffant dans des chaudières de fer un mélange de carbonate de potasse et de charbon provenant de la calcination de matières organiques azotées (cornes, poils, morceaux de cuir, chiffons de laine, etc.).
On agite la masse avec des ringards ; quand la réaction est terminée, on traite par l'eau bouillante, on filtre, on fait évaporer et cristalliser. A Newcastle, en Angleterre, on en fabrique de grandes quantités en faisant agir l'azote de l'air sur du charbon chauffé et imprégné de potasse.
Usages du prussiate jaune. — Le prussiate jaune sert à fabriquer le bleu de Prusse ; en effet, cette couleur d'un si grand usage s'obtient directement en versant une dissolution de prussiate jaune dans un sel de sesquioxyde de fer. Si on verse la dissolution dans du sulfate de protoxyde de fer, le bleu de Prusse ne se forme que lentement à l'air. Le prussiate jaune sert aussi à fabriquer le cyanure de potassium, employé en médecine et en photographie.
Quand on fait passer un courant de chlore dans une dissolution de prussiate jaune, on obtient du prussiate rouge qui a la propriété de donner immédiatement du bleu de Prusse avec le sulfate de fer.
Caracières des sels de fer. — Les alcalis donnent dans les sels de fer à base de protoxyde un précipité gélatineux blanc verdâtre qui se redissout dans un excès d'alcali ; dans les sels à base de sesquioxyde, le précipité est couleur de rouille. Les uns et les autres précipitent en noir par le sulfliydrate d'ammoniaque ; les premiers noircissent à l'air en présence du tannin, les seconds donnent un précipité noir. L'action du tannin, ainsi que celle du prussiate jaune, sont tout à fait caractéristiques pour les sels de fer. Tout le monde sait, du reste, que les couteaux, les ustensiles en fer noircissent au contact de la sciure de bois, des artichauts et de toutes les substances qui contiennent les moindres traces de tannin.
[Alfred Jacquemart.]
FERDINAND. — Nous complétons par les articles ci-dessous, consacrés aux principaux souverains de ce nom, les leçons d'histoire générale dont le numéro d'ordre est indiqué à la suite de chaque nom.
1» Allemagne.
Ferdinand I d'Autriche, — Histoire généralei XXII et XX VII, — frère puîné de Charles-Quint *, devint roi de Hongrie et de Bohême en ].i26, reçut le titre de roi des Romains en 1531, et fut élu empereur en IÔ56 après l'abdication de son frère. Son règne, qui ne dura que huit ans, ne présente pas d'événements remarquables. Il mourut en 15f!4.
Ferdinand II, — Histoire générale, XXIII et XXVil, — de la branche de Styrie, petit-fils du précédent. de\int empereur en 1619, à la mort, de son cousin Maihias. La Guerre de Trente a;is* venait d'éclater. Ferdinand, prince habile et ambitieux, élevé par les jésuites, sut se servir de l'épée de Wallensiein pour accrultre l'autorité impériale d'abord, et ensuite pour se défendre contre les Suédois. Mais quand il eut fait tuer Wallenstein (l6i4), et que Rich' lieu lUt déclaré à son tour la guerre à la maison d'Autriche, les choses changèrent de face. Ferdinand II ne vécut pas assez pour voir la fin de cette longue lutte; il mourut en 1637.
Ferdinand III, — Histoire générale, XXIII et XWII, — fils et successeur du précédent, se vit forcé par les succès des Suédois et des Français à