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cire fondue l'une des faces et le pourtour. Attacher la pièce au til négatif (lame de zinC/ d'une pile de de Bunsen, et la plonger dans un verre contenant une dissolution saturée de vitriol bleu. Plonger dans la même dissolution le fil positif, muni d'une lame de cuivre. Constater qu'un dépôt régulier s'effectue sur la face découverte de la pièce. Lui laisser gagner de l'épaisseur, puis le détacher : on constatera qu'il reproduit très fidèlement tous les traits du modèle.
2. Faire un moule en plâtre d'une médaille, en coulant du plâtre gâché très clair sur la médaille posée dans le fond d'une petite boîte en carton. J.e plâtre une fois sec, détacher la médaille; on voit en creux, sur le plâtre, les reliefs de l'objet. Sécher ce moule à un feu léger, le couvrir d'une très légère couche de cire fondue, pour le rendre imperméable. Le couvrir de plombagine que l'on étend et que l'on rend lisse et brillante avec un pinceau, et, après l'avoir entouré d'un fil, le suspendre dans un bain galvannplastique d'un appareil composé ou bien dans le vase à sulfate de cuivre d'une pile de Daniell. On obtient un dépôt qui, détaché du moule, reproduit identiquement la médaille. [Haraucourt.]
GAMMÉw — 'V. Musique. .
GAULE. — Histoire de France, I. — 'l. Géographie de la Gaule. — La Gaule, ainsi appelée j d'un mot celtique qui veut dire forêt, avait pour' limites naturelles le Var {yarus\, les Alpes [Alpes), le Rhin (Rhenus), la mer du Nord [Germaniiiim Mare), le Pas-de-Calais (Fretum Gallicum), l'Océan Atlantique [Oceunus], les Pyrénées {Pyrenei montes), et la mer Méditerranée [internum ou Mediterraneum Mare) .
Ce vaste territoire, fermé par des frontières naturelles, coupé de montagnes et de collines facilement accessibles, sillonné de fleuves qui descendent à toutes les mers, doté d'un sol fertile et d'un climat tempéré, occupant enfin, dans l'ancien continent, une position centrale par rapport aux mers européennes, a toujours paru un pays privilégié. « Il semble, dit le géographe Strabon, qu'une providence tutélaire éleva les chaînes de montagnes, rapprocha les mers, traça et dirigea le cours de tant de fleuves, pour faire un jour de la Gaule le lieu le plus florissant du globe. »
2. Popiilations primitives. — Les habitants, désignés sous le nom général de Gaulois, appartenaient à trois grandes familles : les Celtes ou Gaèli, les Belgps ou Kymris, les Ibères ou Vascons.
Les Ibères, le premier des peuples qui ait envahi la Gaule, étaient probablement venus de l'Afrique et de l'Espagne. Leur origine est encore inconnue, et il est difficile de les rattacher par l'ethnographie ou la langue à une branche des races humaines. Ils occupèrent d'abord tout le pays au sud de la Loire, puis furent refoulés, sous le nom à' Aquitains, au sud de la Garonne, et sous le nom de Ligures salyens, au sud de la Durance. Leur langue s'est conservée aujourd'hui encore parmi les populations vasconnes ou basques qui habitent une partie des Pyrénées.
Les Celtes faisaient partie de cette grande émigration de peuples qui, venus à une époque inconnue du centre de l'Asie, s'établirent dans Its différentes contrées de l'Europe. Tandis que les autres races s'arrêtèrent en Grèce, en Italie ou dans l'Europe centrale, les Celtes, poussant toujours devant eux. ne s'arrêtèrent que devant l'Océan, et ils se fi.xèrent dans le nord-ouest de la Gaule, dans la Bretagne, l'Ecosse et l'Irlande. Les populations actuelles de la Bretagne, du pays de Galles et de l'Irlande conservent encore dans leur idiome les souvenirs de l'ancienne langue celtique ou gaélique.
Les Be'ges ou Kgtnris sont les derniers venus des trois grands peuples envahisseurs. Ce n'est que
vers l'an 600 qu'ils franchirent le Rhin, sous la conduite de leur chef Hu le Puissant, et occupèrent tout le nord de la Gaule jusqu'à la Loire, refoulant devant eux les populations ibériennes et celtiques.
A ces trois grandes familles se mêlèrent quelques colonies étrangères venues par mer, celles des Phéniciens et des Grecs.
Les Phéniciens, attirés par les produits naturels du sol, avaient débarqué sur le littoral méditerranéen, sous la conduite, dit la tradition, de Magusan ou Hercule Conducteur. Peu à peu ils pénétrèrent dans l'intérieur en se servant pour leur commerce de l'admirable disposition des fleuves gaulois ; ils fondèrent des comptoirs et des entrepôts, et même plusieurs villes dans la basse vallée du Rhône, telles que Nîmes (^emetmng) et Alais [Alesia). Bientôt les Grecs, rivaux des Phéniciens, vinrent leur disputer l'exploitation des richesses de la Gaule méridionale. On attribue aux Rhodiens la fondation d'une certaine Pihodcmusia, près du Rhône, et de Rhodon (Rosas) en Espagne. Les Ioniens se fixèrent ensuite au milieu des populations salyennes et fondèrent Marseille {Mogsilia) où émigrèrent de nombreuses colonies de Phocéens.
A la suite de ces invasions, la situation géographique des différents peuples qui habitaient la Gaule, à l'époque où les Romains franchirent les Alpes, peut être établie de la manière suivante :
1° Race gaélique, occupant les hauts plateaux du centre et de l'est. Elle compte vingt-deux peuples groupés en trois confédérations : 1° Arver.ies (Auvergne), capitale Gergovie (près de Clern ont) ; peuples principaux : //e/y!e«s (Ardèchei, Vellaves ^Velay), Cabales (Gévaudan), Rutèfies (Rodez), Cadurques (Cahors), Nitiubriges (Agen); 2° Eduens, capitales Bibracte (Autun^ et Noviodunum (Nevers); peuples principaux : Mandubiens (Alise dans la Côte-d'Or , Ambarres (Ambérieux), Ségusiens (Lyon et Roanne), Bituriges (Bourges) ; 3° les Séquiines, capitale Vesontio (Besançon).
2° R.\cE GALLO-KV.MRIQLE, occupaut le ccutre et l'ouest de la Gaule. Elle comprend deux confédérations : 1° les Aulesci, dont dépendent les L'énomans (Maine actuel) et les Eburovices (Evreux) ; 2° les Cités armoricaines, qui renferment les Namnètes (.Nantes), les Vénètes (Vannes), les Redons (Rennes), les Abrincates (Avrancliesj, les t/«e//es (Coutances), les Lexoviens (Lisieux) ; plus un certain nombre de peuples indépendants dont les principaux étaient les Pétrocoriens (Périgueux), les r.emovices (Limoges), les Satitones (Saintes), les Pict'ives (Poitiers), les Andégaves (Angers), les Turones iTours), les Carnutes ^Chartres), les Sénonais (Sens), les Lingons (Langres).
3° Race kymrique ou belge, habitant depuis la Marne jusqu'au Rhin. Elle se compose de vingttrois peuples dont les principaux sont les Leuci (Toul), les Mi^diomatrices (Metz), les Rémi ^Reims), les Sucssions (Soissons), les Hellovaques (Beauvais), les Calèt'-s (Calais), les Ambiens (Amiens^, les Atrébates (Arras), les Morins (Boulogne), les Trévères (Trêves), les Eburons (Liège), les Nerviens (Cambrai), les Ménupiens (Cassel), les liataves (bouclies de la Meuse et du Riiin).
4" Race ibérienne, qui comprend les Aquitains, entre la Garonne, le golfe de Gascogne et les PyrénéeSj et les Ligures, divisés en Ibéro-Ligures, depuis la Garonne et les Pyrénées jusqu'au Rhône, et en Celto-Ligures, du Riiône et de l'Isère aux Alpes.
b" Race grecque, répandue sur le littoral méditerianéen, où elle a fondé de nombreuses colonies, Marseille, Monaco (Portus llerculis Monœci), ISice (iVî' â? :), Amibes (Anti/jolis), Agde [Agatha).
3. Migrations gauloises. ~ La Gaule, envahi© par tant de peuples, envoya à son tour de nom-
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breuscs bandes d'émigrunts ou de guerriers hors dp son lerritûire. Peu atucliés au sol, qu'ils culliv;iient mal, les Gaulois changeaient de résidence suivant leur caprice ou les hasards des combats. Les discordes intestines et le goût des aventures les poussèrent souvent hors de leur pays. C'est ainsi qii ils allèrent s'établir au delà des Pyrénées et des Alpes, en Espagne, en Italie, en Grèce, sur les bords du Danube et jusqu'au centre de l'Asie Mineure.
Ils s'établirent en Espagne, à une époque inconnue, sous le nom de Celtibériens (mélange de Celtes et d'Ibères), et fondèrent la célèbre ville de Kumance, qui devait résister avec tant d'héroïsme aux Romains. Plus au sud, une colonie gauloise, les Ctltici, se fixa à l'extrémité de la Lusitanie.
Une peuplade gallique, les Ombriens ou Ambra (les Vaillants;, passa les Alpes, versJ'an 14(iO avant Jésus-Christ, occupa toute la vallée du Pô et la partie centrale de l'Italie Cet empire gaulois fut renversé vers le xi'= siècle par les Etrusques, et les débris des Ombriens furent refoulés dans le pays qui a gardé le nom d'Ombrie. Vers l'an 600, un chef des BiLuriges, Bellovèse, entraîna avec lui une foule de Gaulois, Bituriges, Eduens, Arvernes, qui fuyaient l'invasion des Kymris, et vint enlever aux Etrusques le pays situé au nord du Pô. Peu après, de nouvelles bandes, composées de Carnutes, Cénomans, Boïens, Lingons, suivirent la route des premiers envahisseurs et s'établirent dans toute la vallée du Pô. Les Gaulois, vainqueurs des Etrusques, fondèrent les villes de Milan [Medio:anum), Brescia (Brixia), Vérone, Bologne {Bo7i07iia]. Entraînés par leur humeur conquérante, ils franchirent bientôt les Apennins et se répandirent dans l'Etrurie et la Campanie. Ils se trouvèrent ainsi en présence du peuple dont la puissance naissante menaçait déjà l'Italie, les Romains, avec lesquels ils engagèrent des guerres longues et acharnées. Ils défirent les légions romaines au combat de l'Allia, s'emparèrent de Rome (o90), et ])riient part à tous les soulèvements des Etrusques et des Samnites. Vaincus à leur tour par les Piomains au lac Vadimon en 28;(, à Télamone en 225, les Gaulois perdirent la plupart de leurs villes, Se?ia Gallica (Sinigagîia), Ariminium (Rimini), Milan, CYQ\xione,Placentia (Plaisance), qui devinrent des colonies romaines. L'arrivée d'Annibal arrêta la conquête romaine, et les Gaulois s'enrôlèrent en foule dans l'armée carthaginoise pour lutter contre leur mortel ennemi. Après la deuxième guerre punique, Rome subjugua toutes les colonies gauloises dans la vallée du Pô jus(|u'au revers oriental des Aipes. Tout le nord de l'Italie fut réduit en province romaine vers l'an 101 avant J.-C, et prit le nom de Provi7ice gauloise cisalpine, puis, plus tard, celui de Gallii togata, parce que là toge, vêtement des Romains, y remplaça la saie, vêtement des Gaulois.
A l'époque où Bellovèse avait franchi les Alpes, d'autres bandes gauloises, sous la conduite de Sigovèse, passèrent le Haut-Rhin et s'engagèrent dans la grande forêt qui couvrait alors toute l'Allemagne du sud. Ces Gaulois descendirent la vallée du Danube ei arrivèrent sur les frontières de la Macédoine. On rapporte d'eux cette fière réponse à Alexandre, qui leur demandait ce qu'ils redoutaient le plus : Il Nous ne craignons que la chute du ciel, mais nous estimons par-dessus tout l'amitié d'un homme tel que toi. » — « Les Celtes sont fiers, « répondit le futur vainqueur des Perses. Après la mort d'Alexandre, les Gaulois envahirent la Macédoine, mettant tout à feu et à sang sur leur passage. Ils furent cependant vaincus sous les murs de Delphes, grâce, disaient les Grecs, au secours de Diane et d'Apollon. Divisés en plusieurs bandes, ils allèrent, les uns jusque dans la Bohême, les autres en Asie Mineure, où ils fondè-
rent le royaume de Galatie, qui, même après la conquête romaine, conserva longtemps les mœurs et la langue de la Gaule.
4. Mœurs, gouvernement, religion des Gaulois. — Ces expéditions expliquent le caractère des Gaulois, leur courage, leur amour des aventures. « Le Caractère commun de cette race, dit Strabon, c'est qu'elle est irritable et folle de guerre, prompte au combat, du reste simple et sans malignité. Si on irrite ces Uommes, ils marchent droit à l'ennemi et l'attaquent de front, sans s'informer d'autre chose. Aussi, par la ruso. on en vient facilement à bout. Toutefois, par la persuasion, ils se laissent facilement amener aux choses utiles; ils sont susceptibles de culture et d'instruction littéraire. Forts de leur haute taille et de leur nombre, ils s'assemblent aisément en grande foule, simples qu'ils sont et spontanés, prenant volontiers en main la cause de celui qu'on opprime. »
Diodore de Sicile ajoute : « Les Gaulois sont de grande taille, ont la peau blanche et les cheveux blonds. Quelques-uns se coupent la barbe et d'autres la laissent croître modérément; mais les nobles se rasent les joues et laissent pousser les moustaches, de manière qu'elles leur couvrent la bouche. Ils prennent leur repas, non point assis sur des 'sièges, mais accroupis sur des peaux de
loup et de chien Les Gaulois sont d'un aspect
effrayant; ils ont la voix forte et rude; ils parlent peu, s'expriment par énigmes et affectent dans leur langage de laisser deviner la plupart des choses. Ils emploient beaucoup l'hyperbole, soit pour se vanter eux-mêmes, soit pour abaisser les autres. Dans leurs discours, ils sont menaçants, hautains et portés au tragique ; mais ils ont de l'intelligence
et sont capables de s'instruire Les Gaulois
portent des vêtements singuliers ; ils ont des tuniques bigarrées de différentes couleurs, et des chausses qu'ils appellent braies. Avec des agrafes, ils attachent à leurs épaules des saies rayées d'une étoffe à petits carreaux multicolores, épaisse en hiver, légère en été. Ils ont pour armes défensives des boucliers aussi hauts qu'un homme, et que chacun orne à sa manière. Comme ces boucliers servent non seulement de défense, mais encore d'ornement, quelques-uns y font graver des figures d'airain en bosse et travaillées avec beaucoup d'art. Leurs casques d'airain ont de grandes saillies et donnent à ceux qui les portent un aspect fantastique. A quelques-uns de ces casques sont fixées des cornes; à d'autres, des figures en relief d'oiseaux ou de quadrupèdes. Ils ont des trompettes barbares, d'une construction particulière, qui rendent un son rauque et approprié au tumulte guerrier. Les uns portent des cuirasses de maille de fer; les autres combattent nus. Au lieu d'épces, ils ont des espadons suspendus à leur flanc droit par des chaînes de fer ou d'airain. Quelques-uns serrent leur tunique d'une ceinture d'or ou d'argent. Leurs épées ne sont guère moins grandes que le javelot des autres nations, et leurs sRimies, lourdes piques qu'ils lancent, ont les pointes plus longues quu leurs épées. >'
Quand les Gaulois ne se livraient pas au plaisir de la guerre ou de lâchasse, ils menaient la vie de pasteurs et d'agriculteurs. Ils nourrissaient de nombreux troupeaux de bétail dans les prairies naturelles et les forêts de la Gaule ; ils cultivaient l'orbe, l'avoine, le seigle, plus tard le froment et la vigne. Leur industrie était encore primitive ; cependant les anciens leur attribuent l'invention de la charrue à roues, celle du crible à crin et celle des tonneaux de bois pour renfermer le vin. Ils apprirent aussi à exploiter les mines, à tisser, à brocher et à teindre les étoffes.
Toutes les peuplades gauloises furent d'abord soumises à un gouvernement théocratique . Les druides, ou hommes des chênes, à la fois prêtres,
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philosophes, astronomes, médecins, devins, régnaicni par la puissance de la superstition. Ils enseignaient à leurs initiés la doctrine orientale de la co-existence éternelle de l'esprit et de la matière; ils croyaient à la métempsycose ou transmigration des âmes, et avaient une notion confuse d'un autre monde. Au fond de leurs forêts, ils offraient des sacrifices humains^ égorgeaient les victimes sur les dolmens, ou les entassaient dans de gigantesques statues d'osier auxquelles ils mettaient le feu. Quant au peuple, ils lui enseignaient un polythéisme assez grossier. Les principaux dieux, ceux qui recevaient à peu près partout les hommages, étaient : Canuel, le génie de la guerre ; Tarann, le dieu du tonnerre ; Arduinna, la fée des grands bois ; Tentâtes, l'artisan du monde ; Ognius, le dieu de la poésie et de l'éloquence, représenté avec des chaînes d'or qui sortaient de sa bouche pour lier ses auditeurs ; enfin Hésus le terrible, dieu m5-stérieux et suprême, que ses adorateurs appelaient le seigneur de la forêt.
Les chefs de tribus, insurgés contre les druides, détruisirent leur puissance et la remplacèrent par une aristocratie militaire. Les prêtres ne furent plus que les devins des armées; les bardes, qui chantaient jadis les louanges de la divinité, devinrent les parasites des rois. Luern, roi des Arvernes, laissait un barde courir à côté de son char d'argent, célébrant ses exploits et tendant la main.
Mais la domination des chefs de clans était lourde, capricieuse et tyrannique. Elle parut surtout insupportable aux habitants des villes, quand l'industrie et le commerce leur eurent donné quelque aisance. Aidés par les druides, ils dépossédèrent l'aristocratie de son pouvoir liéréditaire, et la remplacèrent tantôt par un magistrat ou vergobret annuel, tantôt par un sénat souverain, tantôt enfin par une assemblée populaire. Il y eut des peuples isolés, des peuples unis par une alliance étroite ou fraternité, des peuples patrons ou clients d'autres peuples.
5. La Gaule conquise par les Romains. — Maîtres de la Cisalpine, les Romains ne tardèrent pas à franchir les Alpes. Marseille sollicita leur intervention en Gaule. Menacée par les tribus ligures, cette ville appela à son secours les légions romaines. Après avoir vaincu les Ligures et délivré Marseille, les Romains continuèrent la guerre pour leur propre compte, soumirent les peuplades gauloises entre le Rhône et les Alpes, et établirent une première colonie à Aix {Aqux Sextiœ)eu \Vù. Désormais ils intriguèrent auprès des tribus toujours jalouses et prêtes à en venir aux mains ; ils s'allièrent avec les Eduens contre les Allobroges et les Arvernes, battirent ces deux peuples (121), et, de l.;0 à 118, subjuguèrent le pays entre le Rhône et les Pyrénées. La colonie de Narbonne {Sai'bo Alartius, devint la capitale de la Province romaine.
Cette nouvelle conquête fut bientôt menacée par une invasion de peuples germaniques, les Cimbres et les Teutons. Après avoir ravagé ce pays ! pendant cinq ans, ces tribus furent exterminées par Marins à Aix 'Wl et à Verceil (101). Mais la | Gaule ne devait échapper aux Germains que pour i tomber tout entière ôous la domination romaine.
En 58 avant J.-C, les Suèves pénétrèrent, sous la conduite d'Arioviste, dans la vallée de la Saône. ' Les Eduens et les Séquanes implorèrent le se- i cours des Romains. A cette époque les Helvètes (Suisses) se préparaient à traverser la Gaule' pour aller s'établir sur les bords de l'Océan. Le gou- ' verneur de la province romaine, Jules César, se ' chargea de repousser les Helvètes et do chasser les Suèves. Dans une première campagne (58,, cet homme de génie termina deux guerres formidables : il arrêta les Helvètes par une grande bataille sur les bords de la Saône, et les contraignit h. retourner dans leur pays ; puis il se tourna contre 2*^ Partie.
Arioviste, qui, vaincu et blessé, repassa le fleuve avec les débris de son armée et rentra dans les forêts de la Germanie.
Le libérateur de la Gaule voulut en être le maître. Les Belges, inquiets de voir les légions romaines si près de leur territoire, s'armèrent contre César. Celui-ci défit sur les bords de l'Aisne la coalition de ces peuples, puis il soumit chacun d'eux. Les Suessions, les Bellovaques, les Ambiens, les Nerviens reconnurent successivement son autorité. Pendant ce temps, un de ses lieutenants, Crassus, parcourait avec une seule légion le pays compris entre la Seine et la Loire, sans rencontrer de résistance. Après cette seconde campagne, la Gaule semblait soumise (57).
Mais l'année suivante, César apprit que toute l'Armorique était soulevé -. Il accourut et détruisit la flotte des Venètes (Morbihan) dans une grande bataille navale près de Vannes. Deux de ses lieutenants continuaient en même temps la conquête : Labiénus soumettait les Aulerques (Le Mans), les Eburoviques (Evreux), les Unelles (Saint-Lô , les Lexoves (Lisieux), tandis que Crassus, franchissant la Garonne, s'emparait de presque toute l'Aquitaine (56).
Les incursions des Germains et des Bretons d'outre Manche donnaient aux Gaulois des secours contre les Romains. César comprit que pour n'être pas troublé dans sa conquête, il fallait isoler la Gaule de la Bretagne (Angleterre) et de la Germanie. Dans deux campagnes successives, la quatrième et la cinquième (55 et 54), il fit des expéditions au delà du Rhin et de la Manche, vainquit les Bretons et les Germains, et montra ainsi aux Gaulois qu'ils n'avaient rien à attendre de leurs voisins. Cependant un vaste complot, préparé par le chef éburon Ambiorix et par le Trévire Indutiomar, souleva toute la Gaule. Une légion fut massacrée, et un lieutenant de César, Q. Cicéron, fut assiégé dans son camp par GU,000 Gaulois. César, averti du danger par un esclave gaulois, accourt d'Amiens et dégage Cicéron, sans pouvoir s'emparer d' Ambiorix, qui se retira en Germanie. Indutiomar fut vaincu et tué par le lieutenant Labiénus (54-53).
Ce danger était à peine conjuré, qu'une nouvelle insurrection compromit la conquête romaine. Ce qui avait perdu les Gaulois, c'était leur désunion et leur rivalité. En 52, ils résolurent de se liguer contre l'ennemi commun ; les députés de tous les peuples jurèrent de prendre les armes dès que le signal leur en serait donné. Le signal partit du pays des Carnutes (Chartres), ("eux-ci se portèrent sur Genabum (Gien ou Orléans), et massacrèrent tous les Romains qui s'y trouvaient. La nouvelle, criée dans les champs, suivant l'usage, passa de village en village, et parvint en Auvergne avant la fin du jour.
Il y avait alors à Gergovie un jeune chef d'antique et puissante famille, nommé Vercingétorix. Epris de l'indépendance et plein d'une haine patriotique contre l'étranger, il avait travaillé secrètement à susciter des ennemis aux Romains. A la nouvelle des événements de Genabum, il descendit de la montagne avec les siens, et proclama dans Gergovie la liberté de la Gaule. Pendant toute une année il tint tète à César ; chassé d'Avaricum (Bourges), il repoussa son ennemi de Gergovie, le poursuivit vers le nord, fut battu sur les bords de la Saône et s'enferma dans la ville d'Alesia (Alise- Sainte-Reine, dans la Côte-d'Or), où l'armée romaine l'assiégea.
A l'appel de Vercingétorix, la Gaule entière se leva; 25 ' 000 hommes marchèrent au secours d'Alesia. Mais César avait creusé des fossés, élevé des murailles, planté dos lignes de pieux du côté de la ville et du côté de la campagne : tout l'effort des assaillants échoua contre les retranchements. Lorsque tout espoir fut perdu, Vercingé-
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torix pensa que sa mort suffirait peut-être au vainqueur, et que ses compagnons pourraient être épargnés. II monta sur son cheval de bataille, revêtu luimême de sa plus riche armure, sortit de la ville et traversa au g:alop l'intervalle des deux camps ; arrivé au pied du tribunal où. se tenait César, il sauta de cheval, et, sans prononcer une parole, il prit .son épée, son javelot et son casque, et les jeta aux pieds du Romain. A la vue d'une si grande infortune si noblement supportée, César resta froid et cruel. Il fit garrotter le vaincu, l'envoya à Rome, et le fit décapiter six ans plus tard.
Une septième campagne (51) soumit les révoltes partielles chez les Carnutes, les Rellovaques (Beauvais), les Cadurques (Cahors). César, irrité par la longueur de cette guerre, fit un terrible exemple: il fit trancher les mains à tous les défenseurs de la ville d'Uxellodunum.
6. La Gaule romaine. — La Gaule était désormais conquise. César avait consacré à cette œuvre huit années, dix légions et les inépuisables ressources de la puissance romaine et de son génie.
Rome s'appliqua à faire Oublier à la Gaule sa
défaite. L'empereur Auguste, pour eflFacer les anciennes relations des peuples et les vieux souvenirs, changea les limites des provinces et le nom de plusieurs villes. Il divisa la Gaule en quatre provinces : la Narbojinaise, prenant son nom de Narbonne sa capitale; V Aquitaine, agrandie jusqu'à la Loire ; la Celtique ou Liionnaisf, au centre, entre la Loire, le Rhône, le Rhin, la Marne, la Seine et la mer ; la Belgique, au nord. De cette dernière province en furent détachées ensuite deux autres : la Germanie supérieure o\x première, entre le Rliin et les Vosges, et la Germanie inférieure: ou deuxième, dans la basse vallée du Rhin. Le nombre des provinces gauloises varia souvent; à la fin de l'empire, il était de dix-sept. L'église chrétienne, en s'établissant dans la Gaule, adopta cette division civile; elle plaça des évêques métropolitains dans les capitales des provinces, et des évêques dans les cités. Les provinces étaient gouvernées par des proconsuls et des présidents, qui recevaient les ordres du uicaiVe des Gaules, résidant à Arles, subordonné lui-même au préfet du prétoire établi à Trêves. Voici le tableau des provinces, métropoles et cités: