‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 509 sur 593 · GENRE · texte numérisé non relu

GENRE

Les gelées succédant à un labour ont donc sur les terres compactes et nues un effet très avantageux : elles les désagrègent, et augmentent leur provision de substances minérales assimilables par les plantps; par contre, les jeunes blés peuvent se trouver déchaussés d"une manière fâcheuse, si le rouleau ne vient à la fin de Ihiver rendre au sol le degré de compacité nécessaire.

On a supposé pendant longtemps que le gel des plantes était d'une nature physique, analogue au gel du sol ou des pierres ; que l'eau dont ces plantes sont imprégnées, se dilatant par sa congélarion, amenait la diiacération des tissus, puis leur mort. Les détonations qu'on entend au milieu des forôls pendant les hivers rigoureux sont, en effet, dues à la dilatation de Taubier de l'arbre produite par la congélation de la sève qu'il contient. Le cœur, ne subissant pas une extension pareille, se trouve fortement tiraillé vers Textérieur, et finit par éclater. La fente ainsi produite est tantôt transversale et tantôt cj'lindrique ; dans le premier cas, elle peut s'étendre par impulsion jusqu'à l'aubier : elle constitue la geHvure ; dans le second cas elle forme la roulure. Ces effets, souvent, ne peuvent être constatés qu'après l'abatage du bois.

Mais on se trompe quand on attribue la broiiissure ou la champelure à cette cause purement physique. La brovissiire ou brûlure des jeunes bourgi'ons et des fleurs, la champelure ou désarticulation et chute des fruits, des feuilles, des jeunes rameaux sous l'action du froid, sont des effets d'ordre physiologique et non physique. On voit, en effi't, des plantes qui sont transformées en un glaçon dont les pointes font hernie au dehors en traversant leurs tissus déchirés, sans qu'au dégel C ux-ci aient subi un dommage irréparable ; il en e.-t d'autres, au contraire, qui meurent de froid avant que la température soit descendue à 0° et, par suite, bien avant que leur sève se soit congelée.

Il en est des plantes comme des animaux. Certains êtres, des ordres les plus inférieurs, peuvent être congelés sans périr; d'autres périssent bien avant la congélation. De même que nos organes essentiels ne peuvent s'échauffer au delà de i3° ou 44° sans que la mort s'ensuive, de même ils ne peuvent se refroidir impunément au-dessous d'un certain degré bien supérieur à zéro. Il importe de remarquer, toutefois, que dans ce dernier cas la mort de l'organe est souvent bien plus à craindre comme effet consécutif d'un réchauffement trop rapide que comme effet direct du froid. Aussi prescrit-on, quand on est en présence d'un homme dont un membre a été gelé, d'éviter de l'approcher du feu et même de l'introduire dans une pièce un peu chaude. Il faut réveiller la circulation par des frictions prolongées, et surveiller son retour. Notre organisme est fait pour lutter contre le froid, en activant la production de chaleur interne à mesure que la déperdition do cette chaleur devient elle-même plus active. Nous pouvons succomber dans la lutte, quand nos provisions de combustible intérieur sont insuffisantes ou épuisées; mais si elle peut reprendre, elle le fait avec une violence qui devient elle-même une autre source de danger, en exposant à des inflammations suivies de gangrène.

Les plantes ne sont pas douées de la môme faculté ; leur production de chaleur interne est extrêmement limitée, et leur température propre suit toujours de très près le degré de chaleur qu'elles doivent au milieu extérieur; cette température peut varier entre des limites très étendues ; et cependant on constate pour elles, comme pour nous, que le dégel est souvent plus à craindre que le gel. Si sur des plantes en plein air, telles que le tabac, on touche avec le doigt chaud une feuille gelée, la partie touchée se désorganise, tandis que

le reste de la feuille, se dégelant lentement à l'ai froid, ne souffre pas. Les pommes, les pommes de terre, les raves, les choux, peuvent geler sans grand dommage pourvu qu'ils dégèlent avec lenteur. Un physiologiste, Sachs, explique ce fait en supposant que les matières albuminoides dont l'intérieur des jeunes cellules est tapissé, et la cellulose dont leur membrane est formée, se concrètent par le froid, et que leur eau de constitution s'en sépare comme il arrive à l'empois d'amidon qu'on expose au froid. Les cellules ont alors une grande tendance à se vider. Tout mouvement de la sève y étant suspendu aux basses températures, le mal peut y rester latent. En se réchauffant lentement, la cellule peut reprendre son premier état; mais si la circulation reparaît brusquement avant que cette reconstitution ait pu s'opérer, la cellule se vide et sa mort survient. Le danger est d'autant plus grand que la plante est plus jeune, plus gorgée d'eau et d'un plus faible volume. [Marié-Davy.l

GEI.ÉE BLA>'CIIE. — Météorologie, III. — Rosée qui se dépose sur les objets terrestres descendus, par le rayonnement nocturne, à une température inférieure à 0". La vapeur, en se condensant, prend alors la forme d'aiguilles cristallisées qui rappellent les formes de la neige.

La gelée bla^iche est une preuve que la plante qui l'a reçue est desrendue au-dessous de 0», qu'elle a été gelée plus ou moins profondément. Elle exige en outre pour se produire une certaine humidité de l'air et du sol. Elle succède souvent à des temps pluvieux et chauds qui ont activé la végétation. Ce sont les circonstances de son apparition qui la rendent si redoutable pour nos récoltes. Un ciel naturellement ou artificiellement couvert empêche sa formation ou diminue le mal qu'elle produit, en ralentissant le réchauffement comme il ralentit le refroidissement.

[Marié-Davy.]

GEMMES. — 'V. Pierres précieuses.

GE>'UE. — Grammaire, IX. — On divise tous les êtres en deux grandes classes : les p^rsonyies et les choses, et dans les personnes la langue distingue le sexe; c'est ce qu'on appelle en grammaire le genre. Il y a deux genres : le masculin pour les hommes, et le féini?ii?i pour les femmes. Les choses n'ont pas de sexe ou de genre naturel; mais le français ne marque pas dune manière spéciale le genre neutre, c'est-à-dire l'absence du genre, ot tous les substantifs désignant des choses reçoivent un genre gramynatical qui les distingue, comme les noms de personnes, en noms masculins et noms féminins.

La distinction du genre se marque de trois manières différentes :

10 Dans les noms de personnes, par des noms complètement différent^, comme l'homme, la femme ; le père, lu mère, ou qui ne diffèrent que par la terminaison, le féminin étant formé du masculin par Taddition de e ou de esse, comme le cousi7î, la cousinE; le nègre, la ?îégrESSE ;

2° Par la flexvn de gen>e de l'adjectif et des mots qui font fonction d'adjectifs (articles, certains noms de nombre, pronoms adjectifs et participes), par exemple : le grand garçon, la gran le maison ; mon fils, ma fille ; un livre intéressant, uie plume gâtée ;

:io Et surtout par les pronoms personnels de la troisième personne, par exemple : il part, elle part ; on /e voit, on la voit.

Dans la langue, les animaux, surtout ceux dont le sexe nous est complètement indifférent, sont assimilés aux choses, et le même mot, masculin ou féminin, désigne en même temps le mâle ou la femelle, comme le renne, le serpent ; la s uris, la vipère. Pour préciser le sexe, on est obligé d'ajouter les mots mâle ou femelle : le renne mâle, le renne femelle, ou, en supprimant le mot femelle.

GÉOGRAPHIE

GÉOGRAPHIE

d'attribuer au mâle toutes les fonctions qui appartiennent exclusivement à la femelle : le renne allaite.

En revanche, les noms des animaux domestiques et de quelques animaux sauvages distinguent aussi le sexe, soit par des mots différents : Le coq, la poule; soit par un simple changement dans la terminaison : l'ours, roursE; l'âne, l'ûnESSE.

Le latin avait trois genres : le masculin, le féminin et le neutre. Le français a adopté le masculin et le féminin. Il a conservé du neutre sa forme et son idée dans quelques parties du discours, par exemple dans les pronoms, où l'on doit distinguer le masculin le : Etes-vowi son ami? Je le suis, du neutre le : Etes-V'US mère ? Je le .^uis; mais le neutre du substantif a entièrement disparu, et les mots de ce genre en latin ont passé au masculin, dont la forme, au moins pour la deuxième déclinaison, se rapproche le plus de celle du neutre.

Enfin on doit remarquer que certains mots prennent un genre différent suivant leur emploi, c'est-à-dire le plus souvent selon qu'ils passent du singulier au pluriel, du sens propre au sens figuré, comme un bel orgue, de belles orgues; la foudre a éclaté, c'est un foudre de guerre. Un plus grand nombre de substantifs changent de genre en changeant de signification : les uns sont des noms concrets, qui restent concrets en changeant de genre, comme la manche et le manche ; la Champngne et le champagyip ; les autres sont des noms abstraits qui, en changeant de genre, prennent une signification concrète, comme la cr. tique et le critique. ^V. pour les détails les articles Substantif, Adjectif, Pronom.) [C. Ayer. |

Ouvrages à consTilter : Ayer, Grammaire comparée et Grammaire usuelle de la langue française.

GÉOGRAPHIE. — Définition et objet. — La

géographie est, d'après Littré, « la science qui a pour objet de connaître les différentes parties de la superficie de la terre, d'en assigner les situations réciproques et d'en donner la description. »

Divisions. — Il faut distinguer d'abord: la géographie g nerale, appliquée ei comparée.

Géographie générale. — Les divisions ordinairement admises de la géographie générale sont : 1° la géographie mathématique; 2° la géographie physique; 3" la géographie politique.

L Géographie mathématique. — Elle étudie notre globe d'une manière abstraite, sans tenir compte des phénomènes inorganiques ou organiques dont il est le siège. Elle peut se subdiviser elle-même en plusieurs sections:

1° Géographie astronomique. Elle considère la terre comme un astre, une planète ; elle étudie sa forme, marque sa place dans l'univers, fait connaître ses mouvements sur elle-même et autour du soleil, en déduit l'importante théorie du jour et de la nuit, des saisons et des climats, qui peut être considérée comme le grand régulateur de la vie à la surface du globe.

Un globe terrestre, des appareils de cosmographie facilitent singulièrement l'étude de la géographie astronomique. (V. Cosmographie.)

2" Géographie géodésique. La géodésie qui, suivant le sens même de ce mot, partage la terre en figures géométriques, est à certains égards une partie de la géographie. Elle mesure la terre, prise dans son ensemble, grâce à un tracé purement ima ginaire de cercles méridiens et de cercles parallèles à l'équateur divisés en degrés. Il est fâcheux qu'au lieu de diviser ces différents cercles en 360 degrés, on n'ait pas adopté la division plus naturelle de 100 degrés, et que tous les peuples ne se soient pas encore entendus pour l'adoption d'un premier méridien commun.

La surface d'une sphère n'étant pas développable Bur un plan, il a fallu adopter un système de pro-

jections pour représenter sur des cartes la figure du globe terrestre.

On appelle chorographie la mesure figurée sur une carte de toutes les parties d'une contrée, d'une région; topographie, celle d'un pays très limité en étendue, et plan celle d'une petite portion de terrain. Il importe de bien connaître les instruments u.sités pour le levé des cartes et des plans. — V. Cartographie et Arpentage.

On peut considérer comme une annexe de la géographie mathématique, la géographie nautique qui permet aux marins de se reconnaître en mer et nécessite l'emploi d'instruments spéciaux.

On ne doit pas négliger enfin la comparaison des diverses mesures itinéraires employées par les divers peuples.

II. Géographie physiqTjT). — Il faut entendre par là cette partie de la géographie empruntée aux sciences physiques et naturelles, qui étudie le sol et sa configuration, les eaux, l'atmosphère, la répartition des minéraux, des végétaux, des animaux. Elle a pour objet les manifestations innombrables de la nature à la surface de notre planète, l'homme excepté.

Elle comprend:

1° La géographie géologique, qui donne une idée sommaire de la disposition des terrains et de leur formation, des corps fossiles qu'on y rencontre. (Emploi de cartes géologiques). — V. Géologie.

2" La géographie physique proprement dite. Celleci passe en revue les continents, les plaines, les déserts, les plateaux, les montagnes {orographie), en explique l'origine, en mesure l'altitude; elle néces.site l'emploi de cartes en relief. Elle décrit encore la formation de la neige, son accumulation dans les parties élevées et froides des continents, l'origine et les mouvements des glaciers, le cours des eaux {hydrographie), les sources, les fontaines, les torrents, les rivières, les fleuves, le travail incessant qu'ils accomplissent, les eaux minérales et tliermales, les lacs, les marais. Elle montre l'étendue des mers, en mesure la profondeur (instruments de sondage), la température, les mouvements superficiels, explique les courants, les marées, la construction ou l'érosion des rivages. Elle étudie les volcans et les tremblements de terre {sismographie), les soulèvements et les affaissements du sol.

3° La géographie météorologique, qui est la géographie de l'air, des courants atmosphériques, des vents, des ouragans, des nuages, des pluies, des orages, des climats. Il faudrait une section à part pour le magnétisme terrestre, dont la boussole révèle la puissance. La connaissance pratique de divers instruments tels que le baromètre, le thermomètre, le pluviomètre, l'anémomètre est indispensable à l'étude de cette partie de la géographie. — V. Météorologie.

4" La géographie botanique, qui enseigne le groupement naturel des plantes, leurs migrations, leur cxiension ou leur dégénérescence, la flore propre à chaque région.

5° La géographie zoot^gique, qui montre la distiibution des espèces animales, leurs progrès ou leur décadence, leur acchmatation hors de leur pays d'origine, leur domestication.

in. Géographie politique. — On pourrait l'appeler d'un mot la géographie de l'homme. Il suffira d'indiquer rapidement les principaux aspects de cette partie de la science géographique dont le classement méthodique est fort difficile :

Population. Sa distribution, sa densité, ses mouvements. ^Tableaux graphiques indiquant d'une manière sensible ces divers détails.)

Races. Leurs caractères, leurs types, leurs aptitudes. (Dessins représentant les traits des piincipaux types.)

Maladies propres aux divers climats, aux diverses régions. C'est la géographie médicale.

GÉOGRAPHIE

GEOGRAPHIE

Langue, usages, coutumes, littérature, arts, scienros. croyances des divers peuples.

Organisation sociale, politique, gouvernement, administration, frontières, villes principales. C'est la géographie politique proprement dite.

Histoire ou géographie historique. (Cartes historiques.)

Monuments. (Cartes préhistoriques, archéologiques.)

Produits agricoles et mdustriels ; commerce , monnaies, voies de communication. On fait quelquefois de cette partie de la géographie une branche à part sous le nom do rjéographie économique.

Géographie appliquée. — La géographie ne se boine pas à des vues d'ensemble. Les divisions indiquées plus haut ne sont pas seulement celles de la science; elles sont applicables à la description de toutes les parties de la terre, d'un continent, d'un État, d'un lieu déterminés. On pourra tracer d'après la même méthode le tableau de l'Afrique, par exemple, et le portrait de la moindre commune de France. Voici ce qu'on pourrait appeler le canevas de cette description:

1. Situation (longitude, latitude), orientation, superficie: Géographie mathématique.

2. Nature du sol, relief, cours d'eau; climat, flore, faune : Géographie physique.

•3. Population, race, langue, coutumes; divisions administratives ; souvenirs historiques, monuments : Géo'jrapJne politique.

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