I. GÉOGRAPHIE
1. Géographie physique. — Cet État, le plus puissant de l'Europe centrale, s'étend de la frontière orientale de la France jusqu'à la Russie et dé la mer Baltique jusqu'au pied des Alpes.
Limites. — A l'ouest, l'Allemagne touche aux Pays-Bas, à la Belgique, au grand-duché de Luxembourg, et à la France. Au sud, elle est séparée de la Suisse par le Rhin, depuis Bâle jusqu'au lac de Constance ; de l'Autriche par des rameaux des Alpes et le cours de l'Inn. A l'est, elle touche aux montagnes qui enveloppent la Bohême de toutes parts, puis à la Russie, dont la sépare une ligne de convention tracée au milieu de l'ancien royaume de Pologne. Au nord, de la Baltique à la mer du Nord, c'est aussi une ligne conventionnelle qui a fixé les limites entre le Slesvig devenu allemand, et le Jutland resté danois dans l'ancienne Chersonèse Cimbrique.
Superficie. — L'étendue de l'empire ainsi délimité est un peu plus grande que celle de la France (540,00!) kilom. carrés, au lieu de 628,000), mais sa population est plus considérable d'une façon absolue, et plus dense relativement au pays quelle couvre.
Population ; sn densité. — L'empire d'Allemagne compte 42 700 000 habitants; la population moyenne y est donc de 79 habitants par kilom. carré. Elle est environ de 70 en France. Seules en Europe, la Belgique, la Hollande, les Iles Britanniques et l'Italie ont une population plus dense que celle de l'Allemagne.
Climat. — L'Allemagne jouit d'un climat moins beau que celui de la France. Sa latitude est plus septentrionale, les vallées qui la traversent sont tournées vers le nord, au lieu de s'ouvrir, comme celles de notre pays, vers la Méditerranée ou l'Océan dont les flots sont réchauffés par le courant chaud du golfe, le Gulfstream.
Entre le pied des Alpes et le cours du Main, l'Allemagne méridionale occupe un plateau élevé de 500 à COO mètres, où l'altitude augmente la rigueur des hivers, tandis qu'au nord, l'Allemagne septentrionale forme une vaste plaine, presque aussi basse que les flots qui viennent battre ses rivages. On ne trouve donc pas grande différence entre la température moyenne qui règne sur les bords de l'Inn, au sud, et celle de Hambourg, près de la mer du Nord ; mais si l'on s'avance au contraire de France en Russie en marchant de l'ouest à l'est, on rencontre de plus en plus un climat continental aux chaleurs extrêmes en été, aux froids plus rigoureux et plus longs en hiver. Le Rhin n'est embarrassé par les glaces que pendant moins d'un mois chaque année, tandis que l'Oder est pris pendant 70 jours.
Orographif. et Hydrographie. — Relief du sol. — La plaine de l'Allemagne du nord est monotone et généralement infertile. Les sables, les bruyères, les marais, les lacs en couvrent une grande étendue. Les bois de pins augmentent la tristesse du pajsage tantôt enseveli dans la brume, tantôt recouvert d'un épais manteau de neige. Au centre, au contraire, les montagnes de la Saxe, de la Thuringe, de la Hesse, du Nassau, de la Franconie, sans offrir les spectacles grandioses des Alpes, sont renommées pour leurs vertes vallées, leurs fraîches cascades, leurs forêts ombreuses, leurs cimes variées par leurs formes comme par la nature de leurs roches, et d'où l'on jouit de splendides panoramas. Ni là, ni dans la Forêt-Noire, qui fait, sur la rive droite du Rhin, le digne pendant de nos Vosges, on ne trouve de sommet dépassant lôOO mètres. La Bavière ne renferme encore aucune de? hautes cimes des Alpes, mais on y rencontre déj des lacs charmants gracieusement encadrés de forêts de sapins, de pâturages et de rochers qui annoncent la région alpestre.
Grands bassins. — L'Allemagne partage ses eaux entre le Danube, affluent de la mer Noire ; le Rhin, l'Ems, le Wéser, et l'Elbe, tributaires de la mer du Nord ; l'Oder, la Vistule et le Niémen, qui tombent dans la mer Baltique.
Le Danube. — Le Danube, qui est le plus long fleuve de l'Europe après le Volga, n'est d'abord qu'un ruisseau capricieux à sa naissance dans la Forêt-Noire. A Ulm,il devient navigable, puis passe par la forteresse d'Ingolstadt et Ratisbonne avant d'entrer en Autriche, à Passau. Sa rive gauche est escarpée et recouverte par les hauteurs du Jura souabe. II ne reçoit de ce côté comme affluent important que YAltmuhl, d'où un canal navigable, qui traverse Nuremberg, va joindre la Regnitz, affluent du Main, et établit ainsi une communication navigable entre les bassins du Rhin et du Danube. Par sa rive droite, au contraire, le Danube reçoit de nombreux affluents : Vlller, qui sépare le Wurtemberg de la Bavière, le Lech, qui passe à Augsbourg, et Ylsar, qui arrose Munich, la capitale du royaume de Bavière.
Le Danube est le grand chemin d'Occident en Orient, suivi par les croisés et toutes les expéditions militaires qui ont eu Vienne pour objectif.
ALLEMAGNE
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Le Rhin. — Dans la partie moyenne de son cours, 3e Rhin servait de frontière franco-allemande jusqu'à la funeste guerre de 1870. C'est un des grands fleuves de l'Europe, au cours rapide comme le Rhône, bien qu'il verse chaque année dans la mer une moindre masse d'eau.
De Bàle à Mayence, il parcourt une large vallée dont le territoire fertile en fait un des plus riches pays du monde, mais dont la possession si souvent disputée a fait couler le sang dans de nombreux combats. De Mayence à Bingen, les flancs du Taunus, qui dominent sa rive droite, portent des vignobles exposés au midi, dont Ips produits, fameux sous le nom de vins du Rhin, atteignent des prix fabuleux. Resserre entre ces montagnes, et celles du Ilunsruck et de l'Eifel, où abondent les anciens volcans, le Rhin parcourt jusqu'à Bonn une gorge étroite ; les touristes y admirent des sites pittoresques et variés ; de nombreux châteaux, la plupart en ruines, y évoquent mille souvenirs historiques. Le Rhin entre ensuite dans la plaine basse qui se continue sans interruption jusqu'à la mer du Nord. Grand chemin de la Suisse à la Hollande, le Rhin a toujours été suivi par une navigation active. De nombreuses cités s'élèvent sur ses deux rives ; les unes sont importantes par leur commerce, comme Bâle, Mannheim, Cologne, Dusseldorf; d'autres sont des forteresses imposantes commandant le passage du fleuve, comme Strasbourg, Mayence, Coblentz et Cologne. Constance et Bâle ont vu des conciles se réunir dans leurs murs. Spire et Worms des diètes où se sont agités les premiers débats de la Réforme.
Sur sa rive droite, le Rhin reçoit le gracieux Neckar, qui parcourt le Wurtemberg et le grandduché de Bade, en arrosant Stuttgart et Mannheim, la cité la plus populeuse du grand-duché. Un peu plus haut, h quelques kilomètres de Mannheim le château de Heidelberg dresse, au-dessus delà vallée du Neckar, son imposante façade en ruines, dont les Allemands nous reprochent l'incendie depuis deux siècles. A Mayence tombe le Mai7i qui, né aux confins de la Boliême et de la Saxe, décrit une foule de sinuosités entre les montagnes qui s'élèvent sur ses deux rives, et forme la limite la plus naturelle entre l'Allemagne du nord et l'Allemagne du sud. Sur ses rives s'élève Francfort, l'ancienne ville libre, siège de la Confédération Germanique jusqu'en 18('.t), aujourd'hui prussienne, mais toujours peuplée d'opulents banquiers et de nombreuxJuifs. Plus bas le Rhin reçoit la Sieg et la Lahn, gracieuses rivières aux bords verdoyants, et la Hvhr, qui parcourt un riche bassin houiller, grâce auquel l'industrie de la Prusse Rhénane a atteint un très-grand développement.
Sur sa rive gauche, le Rhin reçoit sur le territoire de l'empire d'Allemagne VIll, qui passe à Strasbourg, après avoir parcouru l'Alsace ; la Lauter, qui formait jusqu'en IsTO la limite entre l'Alsace et la Bavière Rhénane ; et enfin la Moselle, le plus important de tous ses affluents. Née au ballon d'Alsace, la Moselle est française par la première partie de son cours; elle traverse Metz, qui nous rappelle de si cruels souvenirs ; Trêves, l'ancienne ville romaine, et parcourt, avant d'arriver à Coblentz, une vallée sinueuse et pittoresque, presque aussi vantée que celle du Rhin.
UEms et le Wéser. — L'Ems, qui parcourt la ■Westphalie et le Hanovre, traverse un pays marécageux et tellement plat, qu'on a été obligé de l'endiguer sur une assez grande étendue. Il finit dans la mer duNord, sur la frontière des Pays-Bas.
Le Wéser se forme de deux branches : à l'est, la Werra, qui naît sur le revers méridional des montagnes de Thuringe, sur les confins de la Bavière et des duchés de Saxe; à l'ouest, la Fulda, qui prend sa source, au midi de la Hesse, dans un groupe de montagnes granitiques, le Rhôn, et
arrose Cassel, l'ancienne capitale du royaume éphémère de Westphalie, puis de l'électorat de Hcsse-Cassel, annexé aux États prussiens en 1866. Avant de se réunir, la Fulda et la Werra parcourent un pays pittoresque, accidenté, d'où le Wéser s'échappe auprès de Minden par un défilé qui porte le nom de porte Wesphalienne, pour déboucher dans la plaine du Hanovre. Il arrose ensuite Brème, le second port de l'Allemagne par l'importance de son commerce, où des milliers d'émigrants s'embarquent chaque année pour l'Amérique. Les navires qui ne peuvent remonter jusque-là s'arrêtent à l'embouchure du fleuve, à Bremerhafen, qui sert d'avant-port.
L'Elbe. — L'Elbe, né en Bohême sur le revers méridional des monts des Géants, entre en Saxe par des défilés pittoresques, qui ont valu à cette région le nom de Suisse saxonne; puis il passe à Dresde, la capitale du royaume. Il est dès lors navigable et peu rapide. Il traverse la grande forteresse de Magdebourg, puis arrive à Hambourg, la seconde ville de l'Allemagne par sa population, la première par son commerce maritime. Ancienne ville libre, comme Lubeck, Brème et Francfort, Hambourg est aujourd'hui un des plus grands ports de la terre. De nombreuses lignes régulières de paquebots partent de ses quais pour les différents pays du monde et ses riches armateurs monopolisent le commerce de quelques réglons de l'Océanie. A côté de Hambourg, Altona, qui en est presque le faubourg, fait aussi un grand commerce maritime.
C'est un peu en amont de Magdebourg que l'Elbe reçoit sur sa rive gauche la Saale, grossie de VElster, deux rivières dont les flots ont été plus d'une fois teints de sang: après avoir traversé léna, la Saale passe entre les champs de bataille de Rossbach et de Lutîen, et c'est sur les bords de l'Elster que s'est livrée la funeste bataille de Leipzig.
Par sa rive droite, l'Elbe reçoit le Havel, grossi de la Sprée. Celle-ci prend sa source sur les confins de la Silésie, de la Bohême et de la Saxe; traverse d'abord le joli pays boisé de la Lusace, puis débouche dans les sables du Brandebourg ; traverse Berlin, la capitale moderne de l'empire d'Allemagne, où ses eaux se ternissent d'une boue infecte, et tombe dans le Havel, au pied de la forteresse de Spandau.
L'Oder. — L'Oder prend sa source dans la Silésie autrichienne, sur le revers méridional des monts Sudètes; bientôt sorti des forets de sapins, il coule entre des rives basses et marécageuses : traverse Breslau, capitale de la Silésie ; reçoit Custrin la Wariha qui a traversé la' plaine de Posen; passe à Stettin, la capitale de la Poméranio, et finit dans le Haff. On nomme ainsi un golfe séparé de la mer par une étroite bande de sable, et que les alluvions du fleuve vont comblant peu à peu. Cette bande sablonneuse est percée par plusieurs canaux qui joignent le Haflf à la Baltique.
La Vistule. — La Vistule, qui est presque exclusivement un fleuve polonais, est déjà imposante quand elle entre à Thorn, sur le territoire allemand. Comme l'Oder, elle finit dans un Haff, situé au fond du golfe de Danzig, et détache une de ses branches à l'ouest vers ce dernier port.
Le Niémen. — Enfin le Niémen, sorti de Russie, passe àTilsitt et finit dans le KurischeHaff, le plus septentrional de la mer Baltique.
CÔTKS ET poaxs. — On a remarqué que sur la Baltique le rivage va en empiétant sur les flots, tandis que sur la mer du Nord les vagues étendent constamment leur domaine à la place de la terre ferme. Ni l'une ni l'autre n'offrent une grande quantité de ports. Le principal sur la mer Baltique est Stettin, la capitale de la Poméranie, qui »
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l'avantage de se trouver à l'embouchv ^^ de TOder. Mémel, à rextrémilé septentrionale do la Prusse ; Kœnigsberg , à, l'embouchure du Prégol ; / anzig, à Vembouclmre de la Visiule ; Sti-'lsund, en face de l'île de Rugen ; Waniemunde, près de Rostock, la ville la plus peuplée du Mecklembourg ; Lubeck, la célèbre ancienne ville hanséatique ; Ko l, récemment arraché au roi de Danemark, se partagent le reste du commerce de l'Allemagne avec la Russie, la Suède et le Danemark. Hambourg et Brème possèdent presque le monopole du commerce allemand avec lej autres pays étrangers.
C'est à l'ouest de l'embouchure du Wéser, au fond du golfe de Jade, que l'on a fondé depuis les agrandissements prodigieux du royaume de Prusse le port militaire de Wilhemshafai, où sont réunis les principaux arsenaux de la marine militaire naissante de l'empire d'Allemagne.
2. Géographie agricole et industrielle. — Agj'iculture. — L'Allemagne est beaucoup moins iTertile que la France. La vigne n'y mûrit ses fruits que sur les coteaux bien exposés des bords du Rhin, de la Moselle, du Main et du Xeckar. La bière est la principale boisson des Allemands et le houblon est une de leurs cultures importantes. C'est la Bavière qui tient le premier rang pour la fabrication de la bière : ses brasseries exportent au loin leurs produits. En fait d'eaux-de-vie, on ne distille guère que des grains. Le froment est aussi plus rare qu'en France et est remplacé par le seigle, l'orge, l'avoine, le sarrasin, qui conviennent mieux aux terrains maigres. La pomme de terre joue également un grand rôle dans l'alimentation.
On doit rendre cette justice aux Allemands qu'ils mettent tous leurs soins à tirer de leur siil ingrat le meilleur parti possible. Nulle part ailleurs les forêts ne sont aussi bien aménagées; les vallées sont généralement couvertes de belles prairie s. Les races de bétail sont bien entretenues; on cherche à en améliorer les qualités, et on y réussit. Les chevaux du Mecklembourg et du Holstein sont renommés, ainsi que les porcs de VV'estphalie; les moutons de la Saxe et de la Silé sie fournissent des laines particulièrement recherchées pour leur finesse. La pèche des lacs et des rivières, la chasse des forêts, les ruches d'abeilles, les fruits même les plus communs, tout est mis à profit pour augmenter le bien-être ou diminuer la misère des habitants. Les Allemands du nord parviennent, à force d'économie, à exporter, en dehors de leur consommation, des grains et du bétail.
Comme plantes industrielles, on cultive : le tabac dans les vallées fertiles du Weser, de l'Elbe et de l'Oder, et en Bavière, autour de Nuremberg et de Munich; — la betterave, qui occupe une assez grande étendue de terres dans la vallée du Rhin, en Saxe et en Silésie ; — le lin et le chanvre, qui servent à la fabrication du linge de Saxe, fort estimé à l'étranger.
Mines. — L'Allemagne a l'avantage de posséder de grandes ressources minérales. Les montagnes qui séparent le royaume de Saxe de la Bohême ont reçu à juste titre le nom de Erzgti/irge (montagnes des mines), à cause des métaux très-divers qui s'y rencontrent. La Saxe, la haute Silésie, la Thuringe renferment du fer, du plomb, de l'argent, du zinc, de l'étain, de l'arsenic, etc. Le Harz, sur les confins de la Saxe, du Brunswick et du Hanovre, renferme du plomb, du cuivre, de l'argent, du fer. Ces deux régions sont devenues classsiques par la variété des travaux d'exploitation qu'on y exécute.
Bassins houillers. — Après l'Angleterre et la Belgique, l'Allemagne tient en Europe le premier rang pour sa richesse en houille. La Prusse Rhénane possède deux bassins de premier ordre. Celui de la Ruhr, sur la rive droite du Rhin, auprès
de Dusseldorf, alimente les usines de cette région éminemment industrielle, et entre autres les célèbres forges dEssen, d'où sortent aujourd'hui les canons de la plupart des armées du monde. Le bassin de la Sarre, entre Jleiz et Mayence, de découverte relativement récente, avait contribué à donner un développement considérable aux établissements métallurgiques de la Lorraine française, si riche en minerais de fer. On trouve aussi de la houille auprès d'Aix-la-Chapelle, sur le prolongement du bassin de Liège, dans la Silésie, la Saxe et la Thuringe.
Eaux minérales. — Dans un pays aussi riche en minéraux et en montagnes d'origine volcanique, les eaux minérales abondent. Les plus célèbres sont celles de Wieshaden et d'^wîs dans le Nassau; de liade (Baden-Baden >, dans le grand-duché de Bade ; de Wildbad (Wurtemberg) ; d' 4 zx-/n-CA"pe//e.
Les sources salées et les mines de sel gemme sont également fort répandues, et la plus riche mine de la Lorraine, celle de Dieuze, s'est trouvée comprise dans l'annexion allemande.
Pierres lithographiques. — Ambre. — La Bavière a le privilège de posséder les plus belles carrières de pierres lithographiques de l'Europe, et dès l'antiquité la plus reculée on allait recueillir l'ambre sur les bords de la Baltique, dans les pays qui sont aujourd'hui devenus la Prusse et la Poméranie.
Manufactures. — La population très-dense sur certains points de l'Allemagne trouve dans l'industrie seule d(^ quoi subvenir à ses besoins. La Saxe, la Haute-Silésie, les environs de Dusseldorf, l'Alsace sont les grands centres de fabrication. Les industriels alsaciens ne craignent aucune concurrence pour la filature, le tissage et l'impression des étoffes élégantes en coton. Chemnitz, en Saxe, est le grand centre de la filature et du tissage de la laine et du coton
Elberfeld, dans le district de Dusseldorf, fabrique une énorme quantité de cotonnades. De l'autre côté du Rhin, Crefeld (ou Crevelt) fait une concurrence redoutable à nos soieries. Aix-la-Chapelle fabrique des draps ; les toiles de lin et de chanvre viennent principalement de la Haute-Silésie.
L'Allemagne possède encore de nombreuses verreries, des fabriques de porcelaine renommées en Saxe, des fabriques de produits chimiques, des raffineries de sucre. Les papeteries sont assez répandues et alimentent un grand nombre d'imprimeries. Leipzig est le grand centre du commerce de la librairie. Nuremberg a conservé la spécialité des jouets, de la bimbeloterie, et les objets en bois grossièrement sculptés de la Forêt- Noire sont exportés dans le monde entier.
3. Ethnographie. — Les Allemands ne forment pas un peuple homogène au point de vue de la race.
Races. — Sans doute l'élément germain domine dans l'ensemble de l'empire; mais les Slaves constituent un noyau considérable dans le duché de Posen, qui provient du démembrement de la Pologne et dans quelques parties de la Silésie. Sur les bords de l'Elbe et de l'Oder, où ils ont été autrefois dominants, ils ont été peu à peu absorbes dans l'élément germanique Les l'anois du Slesvig, annexés depuis 1866, appartiennent à la race Scandinave, et les habitants de Metz, par leur sang, leur langue et leurs sympathies ont toujours été Français.
Langues. — La langue allemande, qui est parlée dans tout l'empire, l'est en outre dans plusieurs pays étrangers: dans le nord et le centre de la Suisse, dans la plus grande partie de l'empire d'Autriche, dans les provinces dites Baltiques de l'empire de Russie. Et avant d'aller en foule peupler la fertile vallée de l'Ohio et d'autres parties des États-Unis, les Allemands ont été appelés à différentes reprises au dehors, dans la Russie méridionale notamment, ou dans la Hongrie, pour mettre en culture des
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