HUMIDITE
les huiles grasses s'oxydeut peu à peu, s'épaississent quelquefois : ce sont les huiles siccatives ; telles sont les huiles de lin, de noix, de chènevis;. elles sont employées dans la fabrication des couleurs et des vernis h. l'huile. Les huiles non siccatives, comme l'huile d'olive, d'amandes douces, de faîne, de noisette, absorbent aussi l'oxygène, mais restent liquides et rancissent. Les huiles dissolvent le soufre, le phosphore, et se mélangent au sulfure de carbone et au protochlorure de phosphore (Wuriz).
Usages des huiles grasses. — Tout le monde connaît les usages domestiques des huiles d'olive, de faîne, de noix, de lin, etc. ; l'industrie des savons en consomme de prodigieuses quantités, ainsi que celle des conserves, la fabrication des vernis, etc.
Presque toutes les huiles sont employées en médecine; l'huile de croton, huile acre extraite de sraines de Tilly des Moluques, est employée à faire des vésicatoires à la dose dune ou deux gouttes ; elle est très dangereuse. L'huile de ricin s'emploie comme purgatif à la dose de 15 à ^0 grammes. L'huile de foie de morue, extraite du foie de morue en putréfaction, est un agent réparateur enijiloyé contre le scrofule, la phtisie, le rachitisme ; elle doit sans doute son efficacité aux 3 ou 4 dix-millièmes d'iode qu'elle renferme.
Huiles essentielles ou essences. — Elles se rencontrent dans les feuilles, les fruits, les tiges, les racines; souvent le même végétal en contient plusieurs. Elles sont quelquefois le produit d'une fermentation : ainsi l'essence de moutarde ne se développe que quand on met la graine de moutarde en contact avec l'eau.
Composition des huiles essentielles. — Un grand nombre sont des hydrogènes carbonés, ne contenant absolument que du carbone et de l'hydrogène ; celles-là sont très combustibles : telles sont l'essence de térébenthine, G-'^H'^: de citron, C'^H*. D'autres contiennent en outre de l'oxygène, comme le camphre de Bornéo, C-^HisQ^; l'essence de menthe, C^oH^OQ^; celle de cannelle, CiSR^O^; celle d'amandes amères, C'«H80-. D'autres enfin contiennent du soufre, par exemple les essences d'ail, de moutarde.
On donne encore le nom d'huiles essentielles à certains produits qui chimiquement rentrent dans la classe des alcools: ainsi l'alcool amylique s'appelle souvent huile de pomme de terrr, pour rappeler que cette substance prend naissance dans la fermentation des pommes de terre.
Extraction des huiles essentielles. — La plupart s'obtiennent par distillation dans un alambic de la substance végétale mélangée à l'eau. Le produit aqueux de la distillation est ensuite placé dans un récipient florentin; quand l'essence est moins lourde que l'eau, elle s'y condense par l'écoulement de celle-ci ; dans le cas contraire, on l'extrait par le col du récipient. Après la séparation, l'eau reste parfumée et peut encore entrer dans le commerce, comme l'eau de fleur d'oranger. L'essence de térébenthine s'obtient par la distillation en grand de la térébenthine ; il reste de la colophane comme résidu.
L'essence de citron s'obtient par la compression ou par la distillation de l'écorce de citron ; il en est de même des essences d'écorce d'orange, de bergamoile, de genièvre, de copahu. Certaines essences altérables s'extraient par des lavages à l'éther, à l'alcool ou même au sulfure de carbone.
Usages des huiles essentielles. — L'essence de térébenthine, do beaucoup la plus importante, est employée principalement dans la fabrication des vernis et des couleurs, puis dans le dégraissage des étoffes ; elle sert à détacher le bois et à proparer certaines substances qu'elle dissout.
Le camphre a de très nombreux usages, il est | an;i;)utride et antiseptique; on l'emploie comme i
tel en médecine ; en dissolution dans un mélange d'alcool, d'ammoniaque et de sel de cuisine, il forme Veau sédative, si préconisée par Raspail contre la migraine, les douleurs rhumatismales, les contusions, les entorses, etc. Dans l'économie domestique, le camphre est employé en poudre pour conserver les fourrures, la laine et la soie.
L'essence de citron est employée dans la parfumerie et la confiserie, dans l'économie domestique : c'est un vermifuge et un cordial. L'essence de carvi est un stomachique. L'essence de genièvre est employée comme diurétique ; dans l'industrie elle sert à parfumer certaines eaux-de-vie. L'essence d'anis est un stomachique et un digestif.
La plupart des liqueurs aromatiques s'obtiennent par la distillation de l'alcool avec la plante qui contient le parfum que l'on veut avoir. Dans la parfumerie, on se sert beaucoup de l'essence d'amandes amères, qui ne préexiste pas dans les amandes, mais qu'on obtient en distillant les tourteaux après qu'ils ont séjourné 10 à 12 heures au contact de l'eau. Ce qui passe à la distillation contient, outre l'essence, de Tacide benzoîque et de l'acide cyanhydrique tprussique), qui est un poison violent; on obtient l'essence pure par une nouvelle distillation avec de la chaux hydratée et du chlorure de fer. Cette essence tend à être de plus en plus remplacée par la nitro- benzine, qui a la mémo odeur et qu'on obtient facilement par l'action de l'acide azotique sur la benzine.
Huiles minérales. — On appelle ainsi un certain nombre de substances liquides noires, brunes ou jaunes, qu'on rencontre naturellement dans le sol, et qui sont formées d'hydrogènes carbonés mélangés à. des composés toujours riches en carbone et en hydrogène, mais contenant aussi de l'oxygène. On peut séparer ces dififérents produits par des distillations successives : tels sont les bitumes, l'asphalte, le pétrole, l'huile de naphte. On est d'accord pour considérer ces substances comme le résultat d'une distillation naturelle, et dans -des conditions plus ou moins connues, des produits houilliers; cependant on en rencontre dans des terrains plutoniens et par conséquent antérieurs au terrain houillier. Le pétrole est de beaucoup le plus important ; on en fait aujourd'hui partout une consommation prodigieuse comme combustible, depuis que l'on a découvert dans l'Amérique septentrionale des sources d'une abondance inépuisable. On en extrait en France près de Pézénas dans l'Hérault, au village de Gabian. L'huile de naphte provient surtout des bords de la mer Caspienne. [Alfred Jacquemart.]
HUMIDITÉ.— Météorologie, 111; Hygiène, VL
— L'humidité de l'air a pour mesure son état, ou son degré hi/grométrique, c'est-à-dire le rapport qui existe entre la quantité de vapeur d'eau réellement contenue dans l'air et la quantité de vapeur qui y serait contenue si cet air en était saturé. Ce rapport ou quotient s'appelle encore degré de saturation.
Le degré hygrométrique ou de saturation, par cela même qu'il n'est que le rapport de deux termes dont chacun peut varier d'une manière indépendante de l'autre, ne peut par lui-même fournir aucune indication précise sur la quantité de vapeur contenue dans l'air ; il y faut joindre une autre donnée : la température.
A égal degré hygrométrique, l'air contient beaucoup plus de vapeur d'eau en été qu'en hiver ; il est également capable d'en prendre plus en été qu'en hiver avant d'atteindre la saturation. Mais l'été n'agit ici que par sa chaleur, et une chaleur artificielle conduit au même résultat.
On a imaginé divers instruments pour mesurer la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air.
— 'V. Hygrométrie.
L'humidité agit sur nous de diverses manière».