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vîales ne présentent aucune règle de superposition constante, mais on a pu néanmoins établir qu'elles appartiennent à deux époques bien distinctes : les unes, déposées pendant l'époque quaternaire — V. Quaternaire {Terrain) — ont été désignées par les anciens géologues sous le nom de terrain diluvien ou de diluvium, parce qu'on attribuait leur production à de violents cataclysmes qu'on rattachait à la tradition d'un déluge universel ; les autres, plus récentes, ont reçu le nom de terrai7i posti/iluvien, ou terrain de transport de l'époque actuelle.
I. Terrain diluvien. — Les couches diluviennes, composées de fragments de roches de toute espèce mêlées à des sables, des argiles et des marnes, sont caractérisées par les énormes fragments de roches qui les accompagnent presque toujours, et qu'on nomme hlocs erratiques *. Les géologues qui attribuaient la formation des dépôts quaternaires à un déluge, avaient essayé d'expliquer le transport de ces blocs à la hauteur considérable où on les trouve par l'action de courants extrêmement rapides. Mais cette hypothèse a dû être abandonnée ; la plupart des blocs erratiques ont conservé des arêtes vives qui prouvent qu'ils n'ont pas été charriés par les eaux, il est. aujourd'hui reconnu que le transport des blocs erratiques, ainsi que le creusement de certaines vallées et le dépôt de la plupart des limons appelés iœ.^s sont dus à l'action des glaciers qui, durant l'époque quaternaire, ont couvert une gramie partie de l'Europe (V. Illocs erratiques et Glaciers). On a également renoncé à l'hypothèse d'un cataclysme pour expliquer les autres phénomènes de cette époque : la science moderne admet que les mêmes causes qui agissent encore aujourd'hui sous nos yeux pour modifier le relief de la surface terrestre ont sufli pour produire tous ces résultats. — V. Quateriiaire (Terrain).
C'est au terrain diluvien qu'on rapporte les gîtes stannil'ères du Cornouailles (minerai d'étain), les dépôts auro-platinifères exploités sur le versant occidental des monts Oural, et tous les dépôts gemmifères formés de cailloux roulés, dans lesquels on rencontre divers métaux précieux qu'accompagnent l'émeraude, la topaze, le corindon et le diamant.
Les alluvions anciennes renferment un grand nombre d'ossements fossiles appartenant à des espèces dont certaines ont disparu, tandis que d'autres sont encore représentées de nos jours, soit dans les mêmes contrées qu'elles habitaient p imitivement, soit dans des régions différentes.
En Europe vivaient des mastodontes, des éléphants, parmi eux le mammouth ou Elephas primigenius, animal remarquable par sa taille, la longueur de ses défenses et la toison dont il était recouvert; ce continent était également peuplé de rhinocéros,d'hippopotames et de nombreux carnassiers.
En Amérique, on a trouvé des ossements de grands édentés, le mégathérium, 'e mylodon, le mégalonyx et des tatous gigantesques.
Enfin, l'Australie a fourni des débris de marsupiaux bien supérieurs par la taille à ceux qui y vivent de nos jours. C'est encore aux alluvions anciennes qu'on rapporte une partie des dépôts ossifères que renferment certaines cavernes et certaines brèches, soit que ces ossements y aient été abandonnés par les eaux qui traversaient ces cavernes ou se précipitaient dans les brèches, soit que les cavernes aient été habitées par les animaux dont on retrouve les restes.
2. Terrain PosTDiLuvitN. — Le deuxième étage des couches alluviales, ou terrain postdiluvien, a pour origine, ainsi que le diluvium proprement dit, des actions érosives analogues à celles (|ue l'on constate de nos jours; il présente des produits très variés résultant, en général, de la désagrégation de toutes sortes de ruches.
L'atmosphère, la pluie, la gelée jouent le princi-
pal rôle dans cet incessant travail de désagrégation. C'est à l'action de ces agents que sont dus les éboulis qu'on remarque au pied des escarpements des montagnes et des falaises que bat la mer.
D'un autre côté, nous voyons les cours d'eau charrier et déposer des sédiments, soit sur le fond des vallées traversées par eux, soit à l'embouchure de ces cours d'eau, soit enfin dans la mer; c est ainsi que s'expliquent les deltas plus ou moins considérables et les îles nouvelles qui se forment.
Les mers,en déversant sur les plages basses qui les encadrent les sables qu'elles tiennent en suspension, ou en abandonnant sur certains points les amas de galets qu'elles roulent, donnent naissance aux dunes et aux écueils.
Parmi les dépôts marins, les plus remarquables sont ceux que I on désigne sous le nom de récifs, et qui sont le résultat des sécrétions calcaires de certains mollusques qui vivent en famille, et surtout de polypiers .
C'est encore à ce deuxième étage qu'on rapporte les dépôts de tufs calcaires ou travertins, les sécrétions calcaires ou siliceuses que déposent certaines sources minérales, ou celles qui se forment par suintement dans les grottes et cavernes et qu'on appelle stalactites. Enfin, c'est dans les eaux marécageuses et stagnantes de ce deuxième étage que nous voyons se former la.tuurlie.
Les cavernes de cet étage renferment souvent, comme celles du premier, des ossements de mammifères; beaucoup d'entre eux appartiennent h des des espèces aujourd'hui domestiquées, au nombre desquelles se place, en première ligne, le renne, qui habitait à cette époque l'Europe centrale.
La présence de l'homme, déjà indiquée dans le diluvium par les découvertes d'ossements humains trouves dans les couches de cet étage, se manifeste dans les alluvions récentes par de nombreux débris, soit de son squelette, soit de son industrie. -Jf-,
On a trouvé dans différentes stations des quantités prodigieuses de silex taillé, des pointes de flèches, des haches, des objets faits en os et des bois de renne, sur lesquels l'homme a gravé l'image des animaux au milieu desquels il vivait.
En remontant la série des couches, on trouve non plus des silex taillés à facettes, mais des pierres polies, et plus haut encore des instruments en bronze et en fer. — V. Pré/tistorujiic>\ {Populations). [R. Boulart.]
ALPES. — Géographie générale, VII et XV; Géographie de la France, I. — 'Étym. : du celtique alp, roche escarpée, d'après Littré.)
1. Coup d'oeil général. — Aspect des Alpes. — Les Alpes sont les plus hautes montagnes de l'Europe centrale, et la limite de sépai-ation entre l'Italie d'une part, la France, la Suisse et l'Autriche de l'autre. Leurs massifs puissants ne couvrent pas moins de 250 000 kilomètres carrés (c'est-àdire une surface égale à la moitié de la France), entre la Méditerranée et le Danube. Des centaines de cimes s'y dressent majestueusement à 3 et 4000 mètres d'altitude, et les nuages qui s'y précipitent y donnent naissance aux fleuves les plus importants et les plus grands de l'Europe, après ceux de la Russie. Leurs eaux, troublées par les débris qu'elles emportent au début de leur course torrentielle, s'épurent ensuite dans de magnifiques lacs, assez profonds pour ne rien perdre de leur limpidité par ces apports, et assez étendus pour constituer des réservoirs capables de régulariser en aval ces cours d'eaux jusque-là si capricieux. Et si les pluies et les neiges venaient à cesser, si les lacs qui baignent le pied des Alpes venaient à se vider, les glaciers suspendus à leurs flancs contiennent encore assez d'eau congelée pour alimenter pendant plusieurs années par leur fusion le débit de toutes ces rivières.
Les Alpes ne sont pas seulement un des plus
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grands réservoirs d'eau du moide ; c'est une limite entre deux climats bien opposés. Lorque. quittant les chaudes plaines de la Lombardie, où les vignes, pendues en festons aux arbres, se couvrent de fruits délicieux, où fleurissent les plantes les plus délicates, où les oranges même mûrissent dans quelques coins bien abrités du lac do Cûme ou du lac Majeur, on s'élève successivement à travers les vignes, les noyers, les châtaigniers qui garnissent les pentes de la montagne, on traverse une région qui n'a pas sa pareille sur le versant suisse. Aux châtaigniers succèdent les sapins et les hêtres, puis les ai'bres se rabougrissent sous un climat plus rigoureux et finissent par disparaître. Le sol porte encore des pâturages, grâce aux nuages qui. suivant les parois de la montagne, s'y condensent en mille ruisseaux. Plus haut on ne trouve que des mousses et des lichens pareils à ceux du Spitzberg ou du Groenland, puis tout s'efface sous un blanc linceul de neige qui ne disparaît jamais.
La vie renaît au fur et à mesure qu'on redescend la pente opposée. On revoit des pâturages, des sapins, puis des noyers. Mais la vigne ne mûrit au nord des Alpes que sur quelques coteaux particulièrement favorisés par leur exposition et, au lieu des riches guérets de la vallée du Pô, la Suisse ne produit même pas assez de céréales pour sa consommation.
Mais si les Alpes ont dans tous les temps formé une frontière entre des peuples différents par le climat où ils vivaient, par leurs races, leurs mœurs et leurs aptitudes, — autrefois les Romains, les Gaulois et les Germains ; aujourd'hui les Italiens, les Suisses, les Allemands, les Slaves de l'Autriche méridionale, — leurs cimes offrent des panoramas si merveilleux, leurs fraîches vallées, leurs lacs enchanteurs ont tant de charmes, que l'on s'y donne aujourd'hui rendez-vous de tous les points du monde : et nulle part ailleurs on ne saurait rencontrer autant de nationalités différentes réunies sous le môme toit.
Les trois zones des Alpes relativement à leur altitude. — Sur le versant méridional, la limite des Alpes est bien déterminée : elles se dressent sur la plaine du Piémont et de la Lombardie en escarpements assez raides pour que l'indécision soit impossible. Du côté suisse, au contraire, les pentes relalativement douces se prolongent de telle sorte qu'il n'y a pour ainsi dire aucun coin du pays qui soit plat.
La région inférieure. — En général, on fait commencer la montagne au point où cesse la culture de la vigne. Naturellement cette plante s'étend plus haut sur le versant méridional (7 ou 800 mètres) que sur le versant septentrional (5 ou 600 mètres). La montagne inférieure s'étend à partir de là sur toute la région susceptible de produire des céréales. Sila culture du sol ne suffit pas à y nourrir les habitants, ceux-ci trouvent d'importantes ressources dans l'hospitalité qu'ils ont à fournir aux étrangers ■et dans les établissements d'industrie à qui les chutes d'eau fournissent un moteur économique pour animer leurs machines.
La région moyenne. — Les « alpes. » — Au-dessus de la montagne inférieure, c'est-à-dire entre 1300 et 1500 mètres, commence la région moyenne, couverte de forêts de sapins et de pâturages naturels. Ce sont ces pâturages, auxquels les montagnards donnent le nom d'alpes, qui ont servi à designer toute la chaîne, dont elles sont un des caractères principaux. Sitôt que le soleil a fait reverdir l'alpe, avant même que la dernière couche de neige en ait partout disparu, les troupeaux quittent les étables de la plaine, et grimpent dans 1 herbage, où ils passeront tout l'été. En tête de la bande, les vieilles vaches font résonner fièrement les clochettes qui servent à les retrouver partout et qui entretiennent leur gaieté. Le berger se loge
dans une cabane formée de troncs de sapins grossièrement équarris et que de lourdes pierres servent à consolider contre les ouragans. C'est le cAo/e?, où les vaches viennent d'elles-mêmes se faire traire et où le fruitier fabrique ces fromages fameux sous le nom de gruyères, et qui doivent leur qualité aux herbes aromatiques dont se nourrit le bétail qui les produit. Les chèvres et les moutons seuls trouvent à paître au-dessus de la zone des forêts, tant l'herbe devient courte, à mesure que l'on s'élève dans une région plus froide ; puis entre 2500 et 3000 mètres, on entre dans une région sauvage, où l'agile chamois cherche à se dérober à l'atteinte du chasseur sur des rochers inaccessibles, et où l'aigle établit l'aire, d'où il plane sur les troupeaux pour y saisir sa proie.
La région supérieure. — Les neiges. — En passant sur les hautes montagnes, les vents chargés d'humidité la déposent sous forme de flocons de neige qui se réunissent sur les plateaux et daii^ les hautes vallées, dès que l'inclinaison est assez fa:ble pour les retenir. C'est ainsi que les plus hauts sommets sont souvent dépouillés de neige quand tout autour d'eux reste glacé .
Les diverses transformations que subit cette neige donnent naissance aux névés et aux glaciers*. Nous expliquons à ce mot quelques-uns des merveilleux phénomènes auxquels donnent lieu les glaciers. Bornons -nous à rappeler ici qu'ils couvrent dans la chaîne des Alpes une surface de plus de 3000 kilomètres carrés, c'est-à-dire une étendue comparable à celle de la moitié de l'un de nos départements moyens. Le glacier d'Aletsch, qui descend des Alpes Bernoises, sur la rive droite du Rhône et en face du Simplon, a '^4 kilomètres de longueur. Celui de Gorner, qui descend du Mont- Rose, en a 15. Les divers glaciers groupés autour du Mont-Blanc couvrent près de 3u0 kilomètres carrés et on a récemment évalué leur masse à 14 milliards de mètres cubes de glace, de quoi alimenter à eux seuls la Seine pendant neuf années.
2. Géographie de la chaîne des Alpes. — A l'inverse des Pyrénées, qui ofl'rei^ une chaîne dune régularité parfaite, ou du Jura, qui se develippe en chaînes parallèles, les Alpes n'offrent d'abord que l'aspect confus d'une masse de cimes, de cliaînes, de chaînons et de contre-forts enchevêtrés les uns dans les autres, sans qu'il soit possible d'y dé mêler au premier examen une disposition régulière.
C'est qu'en réalité les Alpes forment une séri>j de massifs distincts, d'où divergent les rameaux secondaires comme les rayons d'une étoile. Sans cnumérer toutes les cimes, tous les cols qui les séparent, et les torrents qui y naissent, essayons de décrire les traits principaux de la grande chaîne qui commence sur les côtes de la Ligurie pour linir sur les bords du Danube, offrant ainsi un développement de 1000 kilomètres.
Elle change plusieurs fois de nom, et l'usage a consacré les désignations d'Alpes Maritimes, Cottiennes, Grées, Pennines, Lépontiennes, Rhétiques, Noriques, Carniques et Juliennes, bien que les géologues adoptent aujourd'hui un groupement plus rationnel, mais aijssi trop compliqué pour que nous puissions en exposer les détails.
Alpes Maritimes. — Elles forment la continuation occidentale des Apennins. On place la séparation entre les deux chaînes, tantôt au col d'Altare (500 mètres), sur la route de Savone à Turin, lantôt à celui de San Bemardo (lOOii mètres), d'où descend le Tanaro et où passe la route d'Albenga à Turin, tantôt enfin plus à l'ouest, au col de Tende (1800 mètres i. sur la route de Nice à Turin. Depuis le col de San Bernardo jusqu'au mont Vi<o (3840 mètres), à la source du fd, les Alpes Maritimes forment un arc de cercle long de 190 kilomètres environ, et atteignent luie altitude dt- pi us en plus grande.
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C'est de cette chaîne que se détachent au nœud
de l'Enchastraye (2970 mètres), situe à rextrcmitc nord du département des Alpes-Maritimes, les Alpes de Provence, qui délimitent les bassins des principaux affluents de la Durauce, le Verdon qui arrose Gastellane, la Bléoiine qui passe à Digne, et YUhaye qui traverse Barcelonnette. Ces montagnes offrent le triste aspect de montagnes déboisées couvertes de talus d'éboulement; mais en approchant de la Méditerranée, les vallons ouverts au midi sont embellis, partout où s'étend l'irrigation, par une végétation vigoureuse, où l'on distingue les plantes parfumées qui ont fait la réputation de Grasse. C'est à partir du Pic de l'Enchastraye que la chaîne principale des Alpes sert de limite entre le Piémont et la France ; elle garde ce rôle jusqu'au col Ferret, à l'est du Mont-Blanc, entre cette haute montagne et le passage bien connu du grand Saint- Bernard.
Avec les rivières déjà citées, les principaux cours d'eau qui naissent dans la chaîne des Alpes Maritimes sont s>ir le versant sud : la Roya qui marque aujourd'hui la frontière entre la France et l'Italie, et le Var qui l'a marquée longtemps ; et sur le versant nord, le Tanaro, la Stura et la Maira, affluents du Pô.
Alpes Cottiennes. — Elles s'étendent sur une longueur de 160 kilomètres entre le mont Viso et le mont Cenis. C'est dans cette section que se trouve le col du mont Ge?ièore, où Napoléon I" a fait ouvrir, à 1860 mètres de hauteur, la route de Briançon à. Turin. C'est également sous son règne que l'on fit entre Saint-Jean de Maurienne et Suse la )'Oute du mont Cenis, qui franchit la chaîne à 2100 mètres. Depuis 1871, on passe de Savoie en Piémont en chemin de fer par le tunnel percé sous le col de Fréjus et que l'on a improprement nommé tunnel du mont Cenis, à cause de la route située à, quelques kilomètres plus à l'ouest qu'il est destiné à remplacer.
Le mont Tabor (3200 mètres), situé un peu à l'ouest du tunnel, offre le centre de rayonnement le plus important des Alpes Cottiennes. C'est de là que partent les ^4//jes de Maurienne, où les Grandes Rousses atteignent 3600 mètres, et qui couvrent tout l'espace compris entre le cours de l'Arc au nord-est et celui de la Romanche au sud. Du Tabor partent aussi les Alpes du Dauphiné, où se distinguent plusieurs massifs importants.
Le groupe du Pelvoux, qui renfermait les cimes les plus hautes de France avant l'annexion de la Savoie, s'étend entre la Durance à l'est, la Romanche au nord, le Drac au sud et à l'ouest. Là s'élève, au centre de superbes glaciers, le pic des Ecrins (4l()0 mètres) et la Meije, gravie pour la première fois en 1877. A l'ouest du Drac, le mont Aurouze (2700 mètres) remplit les tristes vallées du Dévolu}' de ses débris croulants, et à l'extrémité des Alpes, presque sur les bords du Rhône, le mo?it Ventoux domine de près de 3000 mètres les riches campagnes du comtat Venaissin.
Les Alpes Cottiennes donnent naissance à d'importants cours d'eau. Du mont Genèvre descend la Durance, si terrible par les. caprices de ses crues, et du massif du Pelvoux le Drac non moins dévastateur, qui se joint à l'Isère à quelques kilomètres en aval de Grenoble, mais qui, à plusieurs reprises, a ravagé cette ville par ses inondations. La Romanche, qui arrose le Bourg d'O isans et Vizille, un peu au-dessus de son confluent avec le Drac, puise aussi ses eaux d'un bleu intense dans les glaciers du Pelvoux. Les orages qui éclatent sur le Dévoluy alimentent le Buech, le principal affluent de droite de la Durance, qu'il rejoint au pied du rocher de Sisteron. Et des montagnes plus à l'ouest dans le département de la Drôme sortent la rivière de ce nom, et l'Aygues qui, avant de se jeter dans le Rhône près d'Orange, arrose Nyons, renommée
pour la douceur de son climat. Enfin sur le veraant italien, c'est un peu au nord du mont Viso que naît la Doire Ripai/e, qui baigne les murs de Turin au moment d'atteindre le Pô.
Les Alpes Grées. — Elles ont environ 100 kilomètres de longueur entre le mont Cenis et le Mont- Blanc (48 10 mètres). Leur centre de rayonnement ost au mont Levanna (3700 mètres;, voisin de la source do l'Isère, où l'on a longtemps place par erreur un mont Iséran, qu'il faut rayer de la nomenclature géographique. A l'est, le massif dominé par le grand Paradis (4000 mètres) couvre de ses rameaux l'espace compris entre la Doire Baltes et l'Orco (la Doire Baltée descend du val d'Aoste, et rOrco se jette dans le Pô à Chivasso). A l'ouest, les mo)2tagnes de la Tarentaise dressent entre l'Arc et l'Isère plusieurs cimes hautes de 3500 à 4000 mètres. Au nord, les montagnes de Savoie couvrent tout le pays entre l'Isère, le Rhône et l'Arve. Nous avons nommé les principaux cours d'eau nés dans cette région des Alpes : la Doire Baltée, VArc, qui arrose la Maurienne et dont le chemin de fer et la route du mont Cenis remontent la vallée ; VIsère, dont il est tributaire. Aucune route carrossable ne traverse cette partie de la chaîne. Le col principal, celui du petit Saint-Bernard '2175 mètres), conduit de la vallée de l'Isère dans le val d'Aoste.
Alpes Pennines ou Valaisanes. — Elles s'étendent sur un espace de 160 kilomètres entre le Mont-Blanc et le Saint-Gothard. Le Mont-Blanc forme à lui seul un massif circonscrit au sud-est par le petit Saint-Bernard, au nord-est par le col du grand Saint-Bernard (2475 mètres), au nord-ouest par le col de Balme qui conduit de Martigny (au grand ccude de la vallée du Rhône) à Chamonix, puis par la vallée de l'Arve jusqu'à Sallanches, et enfin par la vallée de Mégève entre Sallanches et Albertville. C'est du Mont-Blanc que descend YArve, née au col de Balme et qui finit, à quelques kilomètres en aval de Genève, dans le Rhône, dont elle trouble au loin les belles eaux bleues. Elle commence par arroser Chamonix, ce séjour cosmopolite d'où les grimpeurs intrépides parlent pour une foule d'ascensions intéressantes, tandis queles gens plus tranquilles et plus délicats, placés devant le plus beau panorama qu'on puisse rè ver, y respirent l'air pur des hautes montagnes embaumé par le parfum des mélèzes et des sapins, où les abeilles cueillent un miel délicieux.
Au nord-ouest du Mont-Blanc, les Alpes du Châtiais se ramifient entre l'Arve, le Rhône et le lac de Genève. Elles ont leur point culminant dans la Dent du Midi (3i80 mètres), dont les cimes dentelées s'élèvent sur la rive gauche du Rhône audessus de Saint-Maurice. Entre la-Dent du Midi et Chamonix, le Biiet (3100 mètres) est le point d'où l'on contemple le mieux l'ensemble du Mont-Blanc et des monts qui lui font cortège. A l'est du grand Saint-Bernard, ce passage célèbre qui conduit les piétons de Martigny à Aoste, et où l'hospitalité des pères s'exerce sous la forme la plus charitable, les Alpes Pennines prennent la direction de l'est nordest. Là se trouve le massif du Mont-Rose, qui porte la plus grande étendue de glaciers et le plus grand nombre de cimes élevées des Alpes, le mont Cervin (4iS0 mètres) qui dresse au fond de fa vallée de Zermatt sa fière pyramide si longtemps inaccessible, et le Mont-Rose (4630 mètres), pour ne citer que les plus célèbres. Les Alpes Pennines forment la linîite entre la Suisse et l'Italie depuis le grand Saint-Bernard jusqu'au col de Gries , un peu à l'ouest du passage du Saint-Gothard.
Le Simplo'i. — La route du Simplon, que fit ouvrir Napoléon P', franchit le col du même nom à une hauteur de 2000 mètres et off're la voie la plus directe de Paris à Milan. On y a pas encore fait passer de chemin de fer comme au mont Cenis, ou plus à l'est, sur le Brenner ; mais on se propose
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de percer la montagne h une hauteur de 6 ou 700 mètres seulement, de sorte que le pr,s=;age serait plus aisémont abordable en toute saison, et le Simplon reprendrait ainsi l'importance que lui valait sa position géographique sur la route directe de Calais à Brindisi, la grande route de Londres à i'isthme de Suez.
Des Alpes Pennines descendent la Dranse, qui qui tombe dans le Rhône à Martigny, au pied du passage du grand Saint-Bernard ; la Viége, qui sort des glaciers du Mont-Rose : et sur le versant méridional la Sésia. qui baigne Verceil, avant de s'unir au Pô; enfin la Toce, qui arrose le val d'Ossola et tombe dans le golfe nord-ouest du lac Majeur, a sa source au col de Gries, qui mène de Domo d'Ossola au Saint-Gothard.
Le Saint-Gothard. — Les Alpes Lêpontiennes. — Ce massif forme le véritable centre de toutes les Alpes, car si on n'y rencontre plus les sommets les plus élevés, le socle sur lequel il repose est la masse montagneuse la plus considérable de toute l'Europe. De là descendent à la fois le Rhôrw et le Rhin, le Tessin et l'fnn, qui sont les branches principales du Pô et du Danube. Si l'on pouvait s'élever à quelques centaines de mètres au-dessus du col du Saint-Gothard (2000 mètres) sur la route de Milan à Lucerne, on verrait en face de soi au nord une vallée étroite et sauvage par où la Reuss, tombant de cascade en cascade, s'écoule dans le lac des Quatre-Cantons ; sur sa gauche, la vaste mer de glace d'où sort VAor, qui va arroser la verte et riante vallée de Hasli, avant de traverser les lacs de Brienz et de Tliun si aimés des touristes ; en avant des glaciers de l'Aar, le col du Grimsel, qui mène de la vallée de Hasli au pied du beau glacier du Rhône. La vallée de ce fleuve forme un énorme sillon dirigé à l'est-sud-est et semble le prolongement de celle du Rhin antérieur qui descend du Saint- Gothard en sens opposé. En se tournant du côté du sud, on verrait le val d'Airolo parcouru par le haut Tessin, et à l'est le massif glacé de l'Adula (3300 mètres) où naissent les principales branches du Rhin, et enfin à quelques lieues plus loin le commencement de la longue vallée de VEngadine, où coule l'Inn.
Les neiges qui tombent dans la région du Saint- Gothard se dispersent donc du côté de la mer du JNord, de la Méditerranée, de l'Adriatique et de la mer Noire, et ce point appartient, par excellence, à la ligne de partage des eaux de l'Eui-ope, qui suit la haute chaîne depuis le mont Furca à la naissance du Rhône jusqu'à la Maloia à la naissance de rinn.
C'est aussi comme point de rencontre des cols et des routes fréquentées que le Saint-Gothard a une grande importance. La vallée de la Reuss et celle du Tessin sont parcourues par la route du Saint- Gothard, de Lucerne ii Bi'llinzona, ou d'Allemagne en Italie; elles sont maintenant réunies par le tunnel qui livre passage à la voie ferrée^^, de Côschenen à Airolo. La grande route de Genève à Coire remonte la vallée du Rhône, gravit en lacetsles flancs du beau glacier qui lui donne naissance, redescend du col de la Furka (2440 mètres) à Andermattdans la vallée de la Reuss, où elle croise la route du Saint-Gothard ; puis, franchissant le col de VOberalp, atteint à son origine la vallée du Rhin antérieur qu'elle suit désormais. Nous avons déjà nommé les passages du Grimsel et du Giies qui ne sont accessibles qu'aux piétons. Dans les Grisons, le col duLukmanier [V.)00 mètres,, où l'on a souvent parlé de construire un chemin de fer, à cause de sa faible altitude relative, réunit la vallée du Rhin à celle du Tessin. Plus à l'est, à quelques lieues en amont de Coire. on trouve à Reiclicnau la réunion des deux branches principales du Rhin, le RhiJi antérieur venudd'Ober-
alp et le Rhin postérieur descendu du mont Adula, Le long de ce dernier la route de Coire en Lom hardie remonte les imposants défilés de la Via Mala jusqu'au village de Splûgen, où elle se bifurque pour descendre d'un côté sur le lac Majeur par le passage du San Bernardino (20G0 mètres), et de l'autre sur le lac de Côme par le col du Splûgen (2100 mètres).
Le nom général d'Alpes Lêpontiennes s'applique au groupe de montagnes comprises entre la route du Simplon et celle du Splûgen.
Les Alpes Bernoises. — Au nord du Rhône et du Rhin se dressent encore de superbes cimes. Entre les vallées de l'Aar et du Rhône, les Alpes Bernoises portent une immense mer de glace que domine l^Finsteraarhorn (4275 mètres) et où la Jungfrau, presque aussi élevée, se distingue au loin par le dôme d'un blanc immaculé qui lui a valu son nom. Du côté du Rhône, les Alpes Bernoises s'abaissent en pentes escarpées, d'où l'on descend par l'escalier vertigineux de la Gemmi à Louèche, entre Sion et le Simplon. Du côté du nord au contraire, elles olTrent une foule de vallées délicieuses qui ont fait la réputation de VOberland bernois. La Lûtschine, la Kander et la Simme les parcourent et portent à l'Aar le tribut de leurs glaciers et de cascades qui jouissent d'une réputation universelle. Pendant l'été, des milliers de touristes de toutes langues et de toutes nations se plaisent à contempler le saut hardi du Staubaeh qui tonibe au-dessus de Lauterbrunnen en une blanche nappe poudreuse de 300 mètres de haut, ou les chutes brisées, mais non moins imposantes, du Gicsshach dans le lac de Brienz, ou du Reichenbach, dans la vallée de Hasli, non loin du point où l'Aar forme de sa masse entière la belle cascade de la H(mdeck. Lacs charmants de Thun et de Brienz, frais ombrages d'/wterlaken, panoramas splendides de la Jungfrau avec ses avalanches inoffensives, et ses glaciers facilement accessibles, tout se trouve réuni dans ce coin privilégié.
Au nord-est des Alpes Bernoises, entre l'Aar et la Reussj le pays des foi-êts d'Underwald est dominéparl'Lri-Rothstock (2930 mètres) et le mont Titlis ;22j0 mètres) principal nœud des Alpes d'Uri.
Au delà de la Reuss, le massif du Tôdi 3620 mètres) s'élève sur les confins des Grisons, de Claris et d'Uri. Mais, en avant de ces hautes montagnes, des chaînes secondaires couvrent la plus grande partie de la Suisse jusqu'à l'Aar et au Rhin.
Entre le Rhin, le lac de Constance et celui de Wallenstadt,les Alpes de Saint-Gall sont dominées par le Sunfis et la montagne des Sept-Electeurs qui plonge à pic dans la nappe du gracieux petit lac de Wallenstadt, formé par un ancien sillon qui livrait passage au Rhin entre Ragatz et le lac de Zurich , avant que le fleuve eût pris la route du lac de Constance. C'est du Santis que descend la Thur, affluent du Rhin au-dessous de Schaff'house et qui met en mouvement les usines de l'industrieux pays d'e Saint-Gall .
De même la Linth, descenaue du Tôdi, fait tourner les roues des manufactures de Claris avant de tomber dans le lac de Zurich.
Les Alpes de Schwytz, entre la Linth, les lacs de Zurich et des Quatre-Cantons, sont renommées pour la belle race de bétail qui s'y nourrit ; et celles de l'Emmenthal, entre la Reuss, au-dessous de Lucerne, l'Aar et les lacs de Thun et de Brienz, ])ar la qualité des fromages que l'on y fabrique, (^(•ux-ci ne sont pas moins recherchés que ceux (|ui viennent de Gruyères, dans le canton de Fribourg. C'est aux Alpes de Schwytz qu'appartient le Rigi, si fameux par le panorama dont on y jouit. Les lacs de Lucerne et de Zug en baignent les pieds, et un chemin de fer conduit maintenant au sommet de la montagne les touristes curieux de contempler de là le lever du soleil sur les plus beaux glacier»
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d'^s Alpes ou son coucher derrière la ligne bleue du Jura. L'Emme, qui parcourt la vallée du même nrm, se jette dans l'Aar à Soleure, et la Sorhie. la pittoresque rivière de Fribourg, rejoint l'Aar à quelques lieues en aval de Berne.
Du côté du midi, les Alpes Lépontiennes ont pour contre-fort les Alpes de Ltigano, qui envelopp- nt le lac du même nom et plongent dans le lac Majeur et le lac de Côme par les pentes déjà couvertes de la chaude végétation méridionale.
A partir du col de la Maloin (ls:O0 mètres) que fi'anchit la route de Chiavenna (Cliiavenna est en amont du lac de Côme, au pied du col du Spliigen au nord et de la Maloia à l'est) à Saint-Maurice de l'Engadine. la ligne de partage des eaux quitte la grande chaîne des Alpes pour décrire un grand demi-cercle qui enveloppe le coude du Rhin à Coire. Au pic Linard. la chaîne se bifurque : à l'ouest, If's Ahes Rhétiennes séparent le canton suisse des Gi'isons du Voralberg autrichien, avant de finir ïur la rive droite du Rliin, en face du lac de Wall^Mistadt, tandis qu'au nord-est une haute chaîne continue à suivre la rive gauche de l'Inn, en projetant au nord des rameaux qui couvrent tout le Vorarlberg et la Bavière méridionale. C'est de ces montagnes, connues sous le nom A' Alpes d'Allgau, que sortent Vlller, qui sert de limite politique entre le Wurtemberg et la Bavière, le Lech qui arrose Augsbourg. Ylsar qui passe à Munich, rivières qui forment toutes au débouché des montagnes des lacs charmants.
Alpes Rhétiqiies. — Elles s'étendent sur une longueur de a30 kilomètres, depuis la source de rinn jusqu'à celles de la Drave et de l'Adige. Leur crête forme d'abord la limite entre les Grisons suisses et la ValtcUne italienne, que parcourt VAclda, puis entre les deux parties du Tyrol, où l'on parle italien du côté du sud, et allemand sur le versant nord. Le premier massif important est celui du Bcniina (4000 mètres), à l'est duqu I une route de même nom (2300 mètres) fait communiquer l'Engadine et la Valteline.
Au fond "de la 'Valteline, la route du Stelvio ^5800 mètres) conduit dans la haute vallée de l'Adige, d'où une route ramène dans l'Engadine par le laas col de Rechen (14.50 mètres). La route du Stelvio, conduisant de Milan àinnsbruck et à "Vienne, avait la plus grande importance pour les Autrichiens, quand ils étaient maîtres de la Lombardie. Au delà du col de Rechen commence le haut massif de VŒtzthal, d'où VAdige s'écoule au sud et d'où d'autres torrents moins importants vont grossir l'Inn, au nord. Entre la Valteline et la rive droite de l'Adige, trois hauts massifs s'étagent du nord au sud-ouest. IJOrtles, couvert de glaciers, dresse sa magnifique pyramide (.3500 mètres) immédiatement au sud du passage du Stelvio; puis au delà du passage du Tonal (2ûi!0 mètres) que suit la route de Milan à Trente, le beau massif de VAdamello (3ôôC mètres) donne naissance à VOglio, qui forme le lac d'Iseo, et à la Chièse, qui alimente le lac d'Idro, avant de s'unir au Pô. Enfin, à l'ouest, entre l'Oglio et la Valteline, la Redorta couvre de ramifications nombreuses tout le pays de Bergame.
Si l'on quitte la vallée de l'Adige, à Botzen, pour remonter directement au nord, on trouve le passage du Brenner (1420 mètres), où passent à la fois la route et le chemin de fer de Vérone àinnsbruck. Enfin, au pic des Trois-Seigneiirs (3i)8ô mètres), qui se trouve au milieu de la chaîne dos Hohe Touern, sur le méridien de Venise, finissent les Alpes Rhétiques et commencent trois autres chaînes principales.
Alpes Noriques et voisines. — Au nord, les Alpes de Salzloiirg couvrent le pays, entre l'Inn et l'Enns, de gracieuses montagnes boisées, où les oaux se réunissent dans des lacs pittoresques, et
dont les principales rivières sont la Salzach et la Ti-aun. La première arrose Salzbourg et forme la limite entre la Bavière et l'Autriche. La seconde tombe dans hi Danube à Lintz.
Au centre, les Alpes Noriques (ainsi nommées du nom ancien de la contrée qu'elles occupent) dressent entre l'Enns et la Drave naissante l'énorme massif des Tauern, on l'on distingue le Grand Sonneur [Gross Glockner), la plus haute cime de l'Autriche (3800 mètres). La chaîne se continue entre la Mur, la plus importante rivière de la Styrie, qui arrose Grœtz, et VEnns ; puis, s'abaissant au col du Semmering pour laisser passer le chemin de for de Vienne à Trieste, elle vient finir sur les bords du lac Neusiedel, tandis qu'au nord ses ramifications couvrent toute la Basse-Autriche et forcent le Danube à faire mille détours entre Lintz et Vienne par les obstacles qu'elles opposent à son cours.
Alpes Carniques. — Du pic des Trois-Seigneurs se détachent encore vers le sud les Alpes Carniques, qui enveloppent la Vénétie d'un vaste demi-cercle. Presque à leur point d'origine, elles olTrent un col assez bas, celui de Toblach (1225 mètres), où passe la route de Trente à Vienne. A l'ouest et à l'est du col, les vallées, qui descendent d'un côté vers l'Adige et de l'autre vers la Drave, sont assez peu rapides pour qu'on ait donné à leur ensemble un nom unique , le Pusterthal, comme si leurs eaux coulant en sens inverse ne formaient qu'une seule et môme rivière.
Les Alpes Carniques descendent au sud jusqu'à Vérone, le long de l'Adige, qu'elles empêchent ainsi pendant longtemps de prendre sa course définitive à l'est, vers la mer Adriatique. Du côté du sud, elles donnent naissance à la Brenta, qui arrose Padoue, avant de finir dans les lagunes de Venise, à la Piave, qui arrose Bellune, au Tagliamento, fameux par le passage de Bonaparte avant le traité de Campo Formio, et à ïlsonzo, qui arrose Goritz. Au nord et près de la source de ce dernier fleuve, les Alpes Carniques donnent passage, au col de Trirvis (800 mètres j, à l'importante route de Trieste à Vienne, puis elles viennent finir sur les confins du Frloul, de la Carinthie et de la Carniole, au mont Terglou (2SG0 mètres), limite commune des trois nationalités distinctes, italienne, allemande et slavonne.
D'un développement total de 180 kiUm'f très, les Alpes Carniques ont leurs cimes les plus élevées dans la section plus spécialement nommée Alpes Cadoriques, entre l'Adige, la Piave et la Brenta, ou la Marmolata atteint 3500 mètres.
Alpes Juliennes et voisines. — A l'est du mont Terglou, les Alpes d'Esclavonie "ou Karawanka séparent la Carniole au sud de la Carinthie au nord, et s'étalent entre la Drave et la Save. Au sud du Terglou, les Alpes Juliennes dressent au nord-est de Trieste, entre la péninsule d'Istrie et la Carniole, le plateau dénudé du Carst, dont le sol calcaire laisse échapper l'eau par mille fissures, puis finissent au mont Bittoray, à l'est du golfe de Quarnero, près de la route de Fiume à Agram.
Là s'arrête la vraie chaîne des Alpes, bien qu'on appelle encore Alpes Dinar iques des montagnes qui se prolongent à travers la Croatie dans la péninsule des Balkans. [G. Meissas.J
OiivragoN il consulter. — De Saussure, Voyage dam les Alpes. — Tscluuli, Le monde des Alpes. Bàle, 1870. — Whymper, Escalades dans les Alpes. Traduction d'Ad. Joaniie. — Dup.iignc, Les montagnes. — Tœppfer, Voyages en zigzag ou Excursions d'un pensionnat en vacances en Suisse et sur le revers méridional des Alpes. — Zurcher et MarjçoUé, Les ascensions célèbres. — Rambcrt, Les Alpes suisses. — Durier, Le Mont-Blanc. — Annuaire du Club alpin français. — Lev.isseur, La France, p. 18-46. On trouveiM ilo ti-cs-uonibreux sujets de lectures et de diclcrs infér('?«:intcs dans tous ces ouvrages, notamment dans Tschudi, Ttrppfor et Kumbert.
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AMERIQUE. — Géographie générale, m et IV. — (Etym. : du nom du navigateur Florentin Améric Vespuce, dont les relations furent les premières à populariser en Europe la découverte du nouveaumonde). — V. Découvertes.
I. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE, COUP D'ŒIL GÉNÉRAL. Situation et configuration. — I. Forme générale. — L'Amérique forme à elle seule un continent, qui baigne à l'ouest dans l'océan Pacifique ou grand Océan, et à l'est dans l'océan Atlantique.
Le continent américain forme deux grandes îles triangulaires, réunies entre elles par un isthme montueux. L'île du nord porte naturellement le nom à! Amérique septentrionale et celle du sud celui A' Amérique méridionale; l'isthme qui les joint, c'est VAmérique centrale. Dans les deux triangles, la base est tournée vers le nord et le sommet vers le sud.
Dimensions et populations. — L'Amérique septentrionale est un peu plus grande que l'Amérique méridionale et surtout beaucoup plus peuplée. Les habitants y sont environ deux fois aussi nombreux que dans l'Amérique du sud. A elles deux elles ont de 75 à 80 millions d'habitants.
Au nord-ouest, l'Amérique se termine par le cap du Prince de Galles, qui n'est séparé de l'Asie que par le détroit de Behring. Au sud, elle aboutit au cap Horn, d'où l'on domine l'immensité de l'Océan austral. Il y a ISOOO kilomètres de l'un h l'autre en suivant l'axe de l'Amérique, autant que pour traverser l'ancien continent depuis Gibraltar jusqu'au détroit de Behring. Cependant l'Amérique est plus petite que l'Asie ; elle équivaut environ à quatre fois l'Europe.
Limites extrêmes. — Le cap Horn est par 55° de latitude sud environ. L'Amérique septentrionale s'approche beaucoup plus du pôle. Les' navigateurs se sont avancés de ce côté au delà de 82° de latitude, en voyant des terres s'étendre à l'ouest et à l'est de la route qu'ils avaient parcourue. A l'ouest. l'Amérique septentrionale s'étend jusqu'au 170° de longitude, et l'Amérique méridionale dépasse h l'est le A0° de longitude ouest de Paris.
Distance de l'Europe et de l'Asie. — Dix jours suffisent maintenant à un bateau h vapeur pour parcourir les 60u0 kilomètres qui séparent la France ou l'Angleterre des États-Unis. La distance serait moitié moindre du cap Vert d'Afrique à la côte du Brésil. Quant à la traversée du Pacifique, elle est beaucoup plus longue, et il faut bien 20 jours pour aller de Californie au Japon.
II. Côtes, golfes et îles. — En suivant les côtes de l'Amérique, on remarque : au nord, la baie d'Hudson qui entaille profondément l'Amérique septentrionale, puis les nombreuses îles qui s'étendent entre cette baie et le Groenland: à l'est, Vile de Ten'e-Neuve, en face du golfe de Saint-Laurent, puis les presqu'îles de la Floride et du Yucatan qui enveloppent le golfe du Mexique.
Entre l'Amérique centrale, la côte nord de l'Amérique méridionale et les Antilles s'étend la mer à laquelle ces belles îles ont donné leur nom.
Les côtes sont plus découpées dans l'Amérique septentrionale que dans l'Amérique méridionale. Il faut cependant citer dans cette dernière les estuaires du fleuve des Amazones et de la Plata sur l'océan Atlantique; les groupes d'îles qui avoisinent le cap ilorn, puis la côte du Chili, sur l'océan Pacifique. L'Amérique septentrionale forme sur cette mer la longue presqu'île de Vieille-Californie, qui est sél>arée du continent parle golfe de Californie, qu'on appelle quelquefois mer Vermeille. Plus au nord, \in remarque la longue île de Vancouver, et les archipels voisins que d'étroits canaux séparent de la terre ferme, et enfin la presqu'île à' Alaska, c\\x\ unit le continent américain aux îles Aléoutiennex au sud de la mer de Behring.
Relief du sol, aspect intérieur du continent. ^
I. Ohographie. — La chaîne littorale du Pacifique. — Une longue chaîne de montagnes qui suit de près le littoral du Pacifique sépare le bassin de cette mer de ceux de l'Atlantique et de l'océan Glacial du nord. Dans l'Amérique méridionale, elle porte le nom de Cordillères des Andes, et renferme plusieurs pics hauts de (! à 7000 mètres. Les volcans, nombreux dans l'Equateur, le Pérou, la Bolivie et le Chili, n'ont pas tous perdu leur funeste activité, et ces régions sont souvent bouleversées par leurs éruptions et les commotions souterraines.
Dans l'Amérique centrale, la chaîne est brisée à plusieurs reprises et offre plusieurs passages faciles pour aller d'une mer à l'autre. Les volcans y sont encore fort nombreux. Au Mexique, le soulèvement s'élargit en un large plateau de 2000 mètres d'altitude moyenne que dominent des cimes plus élevées. Aux États-Unis, entre la Sierra Nevada qui suit la côte et les montagnes Rocheuses qui dominent la prairie américaine, s'étendent plusieurs bassins fermés dont les eaux s'amassent dans des lacs sans écoulement ou s'échappent au dehors par des canons, défilés d'une sauvage grandeur. Les montagnes Rocheuses offrent encore des canons dans la Nouvelle-Bretagne, puis vont en s'abaisssant vers l'Océan glacial.
Autres chaînes de montagnes. — Du côté de l'Atlantique, les montagnes sont beaucoup moins importantes. Dans l'Amérique septentrionale, les Alleg/ianys, qui .réparent les États bordant l'Atlantique de ceux qui versent leurs eaux dans le Mississipi, sont des montagnes moyennes n'atteignant nulle part 2000 mètres.
Dans l'Amérique méridionale, on remarque la curieuse Sierra de Sainte-Marthe, qui se dresse à 4000 mètres sur le bord de la mer des Antilles entre l'embouchure de la Madeleine et le golfe de Maracaybo, puis les Sierras qui s'élèvent autour de Rio-de-Janeiro, au Brésil. Dans l'intérieur de ce pays et dans le Venezuela ou la Guyane, se trouvent de hauts plateaux plutôt que des chaînes caractérisées. Les rivières qui coulent vers des bassins différents n'y sont point nettement séparées près de leurs sources, mais s'échappent généralement par des cataractes des plateaux où elles se sont formées vers la mer qui doit les absorber.
Plaines. — L'Amérique renferme beaucoup plus de plaines que l'Europe occidentale et surtout de plus vastes. La Nouvelle-Bretagne et le bassin du Mississipi n'offrent presque aucune ondulation sur leur immense étendue. Il en est de même des llanos du Venezuela et de la Guyane et des pampas de la Plata.
IL Climat. — A latitude égale, l'Amérique septentrionale est soumise à un climat beaucoup plus froid que celui de l'Europe pendant l'hiver. Les vents froids du pôle soufflent sans obstacle jusqu'au golfe du Mexique, et du côté de l'Atlantique, un courant, qui vient aussi du nord, charrie des montagnes de glace, dont la fonte amène des brumes glaciales. Pendant l'hiver les ports restent bloqués par les glaces jusque vers le 50' de latitude. Du côté du Pacifique, les montagnes arrêtent au passage les vents du pôle, et le littoral est baigné par un courant chaud venu du Japon. Aussi le climat de la Californie est-il fort doux, même pendant l'hiver. Quant h. l'été, il est partout très-chaud. Dans l'Amérique méridionale, le climat est généralement fort beau. La plus grande partie en est comprise entre les tropiques et reçoit des pluies très-abondantes, qui donnent aux plantes un superbe développement. Le sol, abrité par d'épaisses forêts, arrosé par de nombreux et puissants cours d'eau, n'est pas brûlé par le soleil comme les déserts de l'Arabie ou du Sahara. Par un contraste singulier, le littoral du Pacifique, au midi du Pérou, ne reçoit jamais une goutte d'eau et est horri-
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Dlement aride partout où il n'est pas rafraîchi par des torrents venus des Andes.
Les Antilles sont soumises h de violents ouragans qui y causent de fréquents désastres.
III. Bassins et fleuves principaux. — Amérique septentrionale. — L'Amérique du nord partage ses eaux entre la mer de Behring, l'océan Glacial du nord, la baie d'IIudson, l'Atlantique, le golfe du Mexique, le Pacifique.
Le Jotikon porte à la mer de Behring les eaux de l'Alaska, l'ancienne Amérique russe. La Nouvelle-Bretagne envoie le Mackcnzie à l'océan Gla cial, et le Nelson à la baie d'Hudson. Cette contrée renferme de nombreux lacs, dont plusieurs sont immenses et dont les plus célèbres, le Supérieur, le Michigon, VHuron, VÉrié et \Ontario se déversent ensemble par le Saint-Laurent dans l'Atlantique. On remarque sur le littoral atlantique des États-Unis : YHudson, sur lequel est située New- York, la ville la plus peuplée et le port le plus commerçant du Nouveau Monde, et la Delaware, qui forme le port de Philadelphie, la seconde ville des États-Unis. Le golfe du Mexique reçoit le Mississipi, l'un des plus grands fleuves du monde par la longueur de son cours et l'abondance de ses eaux, et le Rio del Norte, qui sépare les États- Unis du Mexique. Du côté du Pacifique, citons le Colorado, qui débouche dans le golfe de Californie, la Colombia ou Orégon, tous deux appartenant aux États-Unis, et le Fraser, qui débouche de la Colombie anglaise en face de Vancouver.
Amérique méridionale. — Dans l'Amérique méridionale, la Madeleine porte à la mer des Antilles les eaux de la Colombie. Dans l'Atlantique débouchent VOrénoque, qui lui apporte les eaux du Venezuela, puis ïAmazoîie, le plus srrand fleuve du monde, le Tocantins, le San-Fra7icisco, qui renferment dans leurs bassins l'empire du Brésil presque tout entier, et enfin le fleuve considérable de la Plata.
Portages. — Plusieurs de ces cours d'eau sont navigables à une grande distance de leur embouchure. Ainsi on peut remonter sur le Missouri jusqu'à 7000 kilom. de l'embouchure du Mississipi. Souvent même, sur la limite de deux bassins différents, les eaux se confondent les unes avec les autres. Ainsi le Cassiquiaré met en communication les eaux de rOrénoque avec celles du Rio Negro qui coule au sud vers l'Amazone. Les sources du Paraguay sont alimentées par les marais de Xerayès, qui se déversent également au nord vers l'Amazone. Ailleurs ces rivières sont séparées par de faibles intervalles, appelés portages, parce qu'on y transporte les colis et les embarcations d'un cours d'eau à l'autre. La Nouvelle-Bretagne en présente un très-grand nombre d'exemples. Et dans nul pays au monde les voyages par eau ne sont aussi longs qu'en Amérique.
il. AiVIÉRIQUE DU NORD.
Groenland. — Le Groenland ne mérite plus aujourd'hui ce nom de Terre-Verte que les premiers navigateurs qui l'aperçurent lui donnèrent, sans doute avec raison, à en juger par les restes fossiles d'arbres et de plantes qu'on y retrouve enfouis jusque sous une latitude élevée. A la côte orientale est attachée, presque toute l'année, une hanquise de glaçons qui s'étend au nord de l'Islande et vers le Spitzberg; la côte occidentale est seule habitée dans quelques fiords abrités du froid. Le sol s'élève rapidement à l'intérieur, pour former un plateau de plusieurs centaines de mètres d'altitude, d'où descendent les plus grands glaciers du monde. Aussi le pays est-il fort peu peuplé et sans grandes relations avec le reste du monde.
Chaque année, le gouvernement danois, dont dépend ce pays , envoie un navire ravitailler les postes échelonnés depuis le cap Farcwell. qui
termine le Groenland au sud. jusqu'au delà du 70' de latitude. Quelques milliers d'Esquimaux, convertis au christianisme par les frères moravcs, entretiennent seuls quelque commerce. D'autres, restés païens, vivent jusque sous le SO^ de latitude. C'est une race de petite taille, dont on trouve des représentants sur toutes les côtes de l'océan Glacial et dont la pêche et la chasse aux phoques font la principale occupation. Canotiers intrépides, ils ont souvent fourni des auxiliaires fort utiles aux navires qui s'aventurent dans les mers arctiques. On ignore si le Groenland est une île, ou se rattache, au nord, à quelque continent encore inconnu.
Terres arctiques. — A l'ouest, un canal qui prolonge vers le nord la mer de Baffin, et par où les Américains Hayes et Hall et l'Anglais Nares ont en vain tâché d'atteindre le pôle, sépare le Groenland des archipels illustrés par les voyages de Mackenzie, de Parry, des deux Ross, de Franklin et de Mac- Clure. qui y découvrit, en 1850, le passage si recherché du nord-ouest, c'est-à-dire une voie navigable contournant au nord le continent américain. Toutes ces terres et les bras de mer qui les séparent sont recouverts de glace d'une manière presque continue.
Amérique anglaise ou Nouvelle-Bretagne. — Au sud de ces archipels, l'empire britannique possède la Nouvelle-Bretagne, terre immense de neuf millions de kilom. carres, dont la partie septentrionale est frappée de stérilité. Cette contrée renferme les territoires de la baie d'Hudson, la Colombie (sur le Pacifique), le Canada, le Labrador, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brun swick, les îles du golfe Saint-Laurent et Terre-Neuve, pays qui appartiennent tous, sauf Terre-Neuve, au gouvernement qui porte le nom de Dominion ou Puissance du Canada.
Territoire de la baie d'Hudson. — La baie d'Hudson est prise par les glaces pendant neuf mois de l'année, puis le dégel est si actif, qu'il engendre une masse énorme de vapeurs qui la recouvrent d'un brouillard impénétrable. Ce pays est par excellence le terrain de la chasse aux fourrures, et pendant longtemps une compagnie anglaise particulière a joui du monopole de ce commerce. Avant elle, les Français, maîtres du Canada, avaient répandu au loin leur religion, leur langue et aussi leur descendance. Les noms des rivières, des lacs, des cascades, des stations rappellent partout leur souvenir. Le pays est parcouru par quelques dizaines de milliers d'Indiens ou de métis ayant souvent du sang français dans les veines et restés fidèles au catholicisme.
Lacs et rivières. — Des lacs immenses, des rivières « aux eaux cristallines » sillonnent en grand nombre cette contrée. Le Mackenzie n'a pas moins de 4000 kilom. depuis la naissance de l'Athabasca au mont Brown, qui dresse sa cime de 5000 mètres dans les montagnes Rocheuses sous le 51' de latitude, jusqu'à l'emboiichure du fleuve dans l'océan Glacial, sous le G9<> de latitude. Le Mackenzie sert de déversoir au lac Athabasca, à celui des Esclaves, et au lac Grand-Ours , qui couvrent ensemble 100 000 kilom. carrés, la cinquième partie de la France, et il est grossi par les rivières de la Paix et aux Liards qui, nées à l'ouest des montagnes Rocheuses, les traversent par des canons d'une sauvage grandeur.
Le Nelson porte de son côté à la baie d'Hudson une masse énorme d'eaux qui s'est rassemblée dans le grand lac Winnipeg, où se réunissent le Saskatchouan venu des montagnes Rocheuses, la rivière Rouge du nord venue des prairies du Minnesota, au nord des États-Unis, et les eaux que la rivière Winnipeg ramasse dans une foule de petits lacs répandus entre le lac Supérieur et le lac Winnipeg.
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Le long de ces rivières on rencontre de distance en distance les anciens postes de la Compagnie. Ce sont des magasins où les agents de la Compagnie déposaient leurs marchandises et opéraient leurs échanges. Des palissades les entourent pour les mettre à l'abri des pillards. D'immenses intervalles séparent souvent les postes les uns des autres. Mais les portages rendent les transports par eau assez faciles, et les Indiens ne craignent point les rapides. Pendant l'hiver, quand tous les lacs et les cours d'eau sont gelés, et la terre couverte de neige, ces mêmes Indiens, chaussés de légères raquettes, parcourent à pied d'un pas rapide des distances considérables. Et leurs chiens, dévoués et infatigables, attelés aux traîneaux, traversent d'un bout à l'autre ce pays grand comme l'Europe. Ces longs voyages ne sont pas dépourvus de ciiarmes. Si le soleil n'apparaît plus qu'un instant chaque jour, on est dédommagé de la longueur des nuits par la pureté de l'atmosphère qui laisse voir dans tout son éclat la voûte céleste toute scintillante d'étoiles ou illuminée par la lueur des aurores boréales.
Plus on descend vers le sud, plus le pays devient susceptible de culture. Deux colonies ont déjà été fondées depuis quelques années sur le territoire de la baie dHudson. La plus importante, ■celle de ^ianitoba. est sur les bords de la rivière Rouge du Nord, affluent du fleuve Xelson, non loin de la frontière des Etats-Unis. La colonie de Kewatin . qui ne fait que naître, est plus au nord, le long de la Saskatchouan, du lac Winnipeg et du fleuve Nelson.
Le C.\xada. — La faible élévation qui porte le nom de Hauteur des Terres, sépare le bassin de la baie d'Hudson de celui du Saint-Laurent. Néanmoins il s'en écoule des masses d'eau considérables qui se réunissent en lacs dans des cuvettes de granit, au sein de forêts que n'a pas encore entamées la hache du bûcheron. De \h sortent l'Ottav^a. le Saint-Maurice, le Saguenay, dont les chutes mettent en mouvement une foule d'usines et de scieries. Le pays qu'ils arrosent, c'est le Canada, que la France a eu le malheur de perdre en 1763, mais où sa race et sa langue sont encore dominantes sur plusieurs points.
Hatit et Bas-Canada, les Canadiens anglais et les Franco-Canadiens. — Le Canada comprend deux provinces, celle de Québec ou Bas-Canada, et celle d'Ontario ou Haut-Canada. Les Franco-Canadiens, fidèles à la langue française, sont en majorité dans le Bas-Canada, qui occupe le bassin inférieur du Saint-Laurent et la rive gauche de l'Ottawa, tandis que la race anglo-saxonne et la langue anglaise l'emportent dans la province d'Ontario, limitée au nord par l'Ottawa, et au sud par le Saint-Laurent et les grands lacs. Ceux-ci modèrent les écarts de température tout autour d'eux,, et le Haut-Canada jouit aussi d'un climat plus égal que le Bas-Canada. jMais, dans ce dernier, la rigueur des hivers fortifie le tempérament des habitants, et la race franco-canadienne, beaucoup plus vigoureuse que l'anglo-saxonne, est en progrès et défriche de plus en plus la forêt pour s'y tailler des terres de labour. Cette province renferme les deux villes les plus populeuses du Canada, Montréal et Québec, dont la première compte déjà plus de cent mille habitants. La capitale du Dominion, Ottawa, s'élève sur la limite des deux provinces. Pays de culture et de forêts, le Canada n'a guère d'autres industries que celles qui ont trait à l'exploitation des forêts, à la construction des navires et à la pêche. Sa population n'atteint pas encore 3 millions d'habitants.
Le Saint-Laurent. — Le Saint-Laurent se forme d'abord des torrents qui alimentent le lac Supérieur, la plus grande masse d'eau douce qui existe à la surface de la terre. La superficie en équivaut à celle de 15 ou 16 départements français, sa pro-
fondeur va jusqu à 200 mètres, et sa surface est agitée par les vagues comme celle de l'Océan. Par le sault Sainte-Marie, les eaux du lac Supérieur s'écoulent dans le lac Huron, qui couvre encore plus de 5 millions d'hectares et qui communique au nord-ouest par un canal resserré avec le lac Michigan, vaste nappe sur les rives de laquelle s'élèvent deux grandes villes des États-Unis, Chicago et Milwaiikee. Du kic Huron, les eaux s'échappent par la rivière et le lac Saint-Clair, puis par la rivière Détroit, qui tombe dans un quatrième grand lac, le lac Érié. C'est entre celui-ci et le lac Ontario que les eaux forment la fameuse cataracte du Niagara, qui est la plus célèbre de tout l'univers, si elle n'en est pas la plus imposante. Le flot, d'un débit de 7ôOit mètres cubes par seconde, apiès avoir traversé de nombreux rapides, se précii)ite dune hauteur verticale de ôO mètres sur une largeur de près de OiU) mètres qu'une île partage on deux bras inégaux. En aval du lac Ontario, le fleuve prend le nom de Saint-Laurent. Tantôt élargi en lac, tantôt resserré entre des rives escarpées, se brisant plusieurs fois sur des rapides, et se grossissant de plus en plus par les affluents qu'il reçoit au nord et au midi, le Saint Laurent est un des plus beaux fleuves du monde à son embouchure : là il est à 4000 kilom. de sa source, et il y déverse en moj'enne 12 î 00 mètres cubes d'eau par seconde dans l'Océan. De grands navires en sillonnent les eaux, quand il n'est pas obstrué par les glaces, et tournant à laide de canaux les r;ipides qu'ils ne pourraient pas remonter, ou les descendant sous la conduite d'intrépides pilotes, ils viennent charger à Québec et à Montréal les bois du Canada, ou au fond du lac Michigan les blés et les viandes salées de Chicago.
Laùrador. — Au nord-est du Canada, le Labrador n'est pas une terre favorable aux laboureurs, comme son nom semble le faire croire. Le climat en est trop rude et les roches trop nues pour que les rares habitants y puissent subsister autrement qu'avec les ressources de la pêche.
Terre-Neuve. — En franchissant le détroit de, Belle-Ile, on passe du Labrador sur l'île de Terre- Neuve, dont les rivages sont fréquentés chaque année par les pêcheurs anglais, américains, français qui viennent y chercher la morue. C'est un rude métier où s'aguerrissent les marins au milieu des brouillards et des tempêtes. Les petites îles de Saiyit-Pierre et Miquelon, au sud de Terre-Neuve, sont les derniers restes des possessions françaises dans ces parages. A l'est s'étend le banc sur lequel se fait la pèche. La formation en est due à la rencontre du courant polaire froid et du courant chaud du Gulfstreani qui a lieu dans ces parages. En fondant, les montagnes de glace laissent tomber, au fond de la mer, les blocs et les graviers qu'elles tenaient emprisonnés dans leur masse et comblent ainsi de plus en plus les abîmes.
Iles du golfe Saint-Laurent. — La France a perdu au siècle dernier Vile du Prince-Edouard, et celle du cap Breton, qui possède de riches mines de houille, mais où les murailles de Louisbourg, élevées autrefois par nous à grands frais, ne renferment plus maintenant qu'un village. Dans toutes ces îles, la population clairsemée s'adonne à la pêche et à l'élevage du bétail plutôt qu'à la culture.
NouvELLE-ÉcossE OU AcADiE. — Sur le continent, la presqu'île de la Nouvelle-Ecosse rappelle la terre européenne dont elle porte le nom par son aspect et son climat. A l'ouest, la baie de Fundy, qui la sépare du Nouveau-Brunswick, est agitée par des marées très-violentes. A l'est, sur la côte de l'Atlantique, l'excellent port d'Halifax s'ouvre le premier aux navires arrivant d'Europe. Quand elle nous appartenait, la Nouvelle-Ecosse s'appelait Acadie, et Longfellow a poétisé les malheurs des infortunés Canadiens français que les Anglais
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chassèrent violemment de leurs foyers, quand la paix d'Utrecht les rendit maîlres de ce territoire.
Nouveau-Brunswick. — Le JNouveau-Brunswick ressemble au Bas-Canada par ses bois, ses lacs, ses cascades et ses rivières, dont la plus considérable, le Saint-Jean^ vient finir dans la baie de Fundy.
A eux deux, la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau- Brunswick ne renferment que 700 000 habitants. La population clairsemée ne dépasse pas 5 à 6 habitants par kilomètre. La race française en constitue une notable proportion.
Colombie. — A l'ouest des monta2;nes Rocheuses, la Colombie, abritée des vents froids du pôle, jouit d'un beau climat. Mais elle est trop couverte de montagnes pour offrir beaucoup de champs à défrichci". Les bois et les prairies y dominent. Ce sont les riches mines d'or du Caribou, dans le bassin du Fraser, qui ont fait la fortune de la Colombie. A cette colonie se rattache l'île de Vancouver, riche en mines de houille, en belles forêts, en pêcheries fructueuses. Victoria, sa capitale, s'élève sur le détroit de Juan de Fuca, qui sépare l'île du territoire de Washington, appartenant aux États-Unis.
États-IJnis. — Voir l'article spécial États-Unis.
Mexique. — Climat. Aspect général — Le long du golfe du Mexique, les Terres chaudes sont inondées par des orages diluviens, brûlées par un soleil ardent, mortelles pour les Européens à cause des ravages qu'y fait la fièvre jaune. A Fe?"a-C;'MZ,située sur le littoral, où viennent atterrir les paquebots transatlantiques, et où débarquaient les transports de l'expédition française, on avait été obligé, à l'époque de la guerre du Mexique, de former la garnison avec un bataillon do nègres du Darfour pour soustraire les soldats français à ce dangereux séjour.
Du côté du Pacifique, le climat est meilleur, surtout dans la Vieille-Californie ; cependant Acapulco, le port le plus important du Mexique sur le Pacifique, est un des points les plus chauds de la terre. Entre les deux mers, le sol s'élève pour former un plateau de 2000 mètres, dominé par le Popocatepetl. et autres volcans de 4 à 5000 mètres d'élévation. Depuis le littoral jusqu'à ces hautes cimes, on passe par tous les climats et par toutes les cultures, depuis la végétation des tropiques jusqu'aux sapins de nos Alpes. Le plateau s'abaisse dans Visthme de Téhuaiitépec, qui forme la limite physique entre rAmérique septentrionale et l'Amérique centrale. Mais la république mexicaine renferme encore les Etats de Yucatan et de Chiapas de l'autre côté de cet isthme.
Les anciens Mexicains. — Lorsque Cortez et ses Espagnols firent la conquête du Mexique, il y a de cela trois siècles et demi, ils y trouvèrent une race parvenue à un haut degré de civilisation. Les Aztèques, c'était leur nom, avaient succédé à d'autres peuples venus comme eux de l'Amérique du nord, de la Floride, dit-on, et dont l'origine commune était sans doute l'Asie. Ils avaient élevé des monuments, dont les ruines, retrouvées au Yucatan et ailleurs, nous frappent encore aujourd'hui d'étonnement. Ils avaient bâti des villes de plusieurs centaines de mille âmes, Mexico et d'autres sur les bords des lacs voisins. Le pays était mieux cultivé, mieux policé et beaucoup plus peuplé qu'il ne l'est aujourd'hui. Malheureusement la religion des Aztèques était souillée par de hideux sacrifices humains.
Etat actuel. — Par la richesse de ses mines d'or, d'argent, de mercure, et autres métaux plus usuels tels que fer, plomb, étain, le Mexique a fourni de grandes richesses à l'Espagne, sa métropole. Depuis 1821, il s'est affranchi et forme une république dont la situation est loin d'être prospère. On n'y compte que 9 millions d'habitants sur une surface de 2 millions de kilomètres carrés.
Les États-Unis lui ont enlevé ses plus belles provinces sur la côte du Pacifique. De fréquentes guerres civiles, entretenues par les rivalités de races et de partis, y sont une cause perpétuelle d'agitation. Blancs, Indiens et métis forment trois éléments jaloux les uns des autres et toujours prêts à en venir aux mains On estime à 5 millions environ le nombre des Indiens, à I million celui des blancs purs de mélange. Le reste est formé de métis et de nègres. Depuis leur soumission aux Espagnols, les Indiens ont embrassé le catholicisme, et portent sur leurs traits cet air de gravité et de résignation qui convient aux races déchues sans espoir. D'autres mènent la vie errante ; cavaliers infatigables, ce sont de dangereux ennemis pour les maisons isolées qu'ils attaquent par surprise et dont ils emportent au loin les objets volés. Les travaux publics sont nuls au Mexique, les routes y sont en moins bon état que sous les Aztèques, il n'y a pas une seule industrie importante en dehors de l'exploitation des mines, et Mexico est la seule ville dont la population dépasse cent mille âmes.
Amérique centrale. — L'Amérique centrale, qui continue le Mexique au sud, est encore un pays de terrasses élevées, arrosées par des pluies diluviennes et dominées par de nombreux volcans, dont les commotions ébranlent le sol et renversent les villes, quand les éruptions ne les ensevelissent pas sous la lave et les cendres. Le sol fertile y produit de l'indigo, du cacao et des bois précieux pour la teinture ou l'ébénisterie.
Divisions politiques. — Politiquement, l'Amérique centrale est partagée en cinq républiques indépendantes : le Guatemala, le Honduras, le San Salvador, le Nicaragua et le Costa Rica. Mais au point de vae géographique l'Amérique centrale s'étend jusqu'à Yisthme de Darien. sur le CO'' de longitude Est de Paris et comprend quelques provinces de la Colombie, au sud, de même qu'elle renferme deux États mexicains au nord.
La population d'origine indienne domine dans l'Amérique centrale, qui renferme en tout 2 millions et demi d'habitants, et les commotions politiques y sont fréquentes.
Isthmes de l'Amérique centrale. — Ce pays, situé entre deux mers voisines, jouit de cette heureuse fortune que les chaînes de montagnes, qui le parcourent d'une extrémité à 1 autre, sont brisées en face des isthmes les plus étroits de manière à offrir des sillons naturels qui ouvrent une voie facile entre la mer des Antilles et le Pacifique. Ainsi le fond du golfe de Honduras, au sud du Yucatan, sur la mer des Antilles, n'est pas éloigné de la baie de Fonséca, qui s'ouvre sur le Pacifique, entre les trois Etats de San Salvador, de Honduras et de Nicaragua. Plus au sud, les lacs de Managua et de Nicaragua tonchent de très-près le Pacifique et se déversent par le San-Juan dans la mer des Antilles. Le Costa Rica et l'état colombien de Panama ne forment qu'une étroite bande de terre entre les deux mers. C'est là que passe le chemin de fer de Panama, sur le Pacifique, à Colon ou Aspinwall, sur la mer des Antilles, qui a jusqu'à présent le monopole du trafic do transbordement. Aujourd'hui on projette d'ouvrir à la navigation maritime un canal comme celui de Suez. Et c'est dans le golfe de Darien qu'on le ferait probablement déboucher sur la mer des Antilles. Ce golfe reçoit le fleuve Atrato, dont les eaux sont fort abondantes, malgré la brièveté de son cours. Malheureusement on ne peut faire passer les navires de son bassin dans celui du Pacifique sans ouvrir un tunnel. Visthme de Nicaragua, de son côté, ne pourrait être traversé que par un canal à écluses.
Antilles. — Situation. — Les grandes Antilles s'étendent de l'ouest à l'est, au nord de la mer de même nom ; les petites Antilles sont au contraire
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orientées du nord au sud à l'est de cette mer. Cuba, la plus occidentale des grandes Antilles, est séparée du Yucatan par le canal de Yucatan, et de la Floride par le canal de Bahama. C'est par ce dernier que les eaux,écliauffées dans la chaudière que forme le golfe du Mexique, s'échappent dans l'Atlantique en formant le Gulf stream, ce fleuve aux eaux chaudes et abondantes, qui vient réchauffer les côtes de la France et des Iles Britanniques, et dont l'influence se fait sentir jusqu'au nord de la Norvège.
Climat. — Le climat des Antilles est généralement fort chaud comme le littoral qui leur fait face sur le continent. Les pluies j' sont très-abondantes et donnent à la végétation une vigueur incomparable ; mais en revanche le tempérament des hommes blancs en souffre considérablement, et la fièvre jaune y fait de cruels ravages. Le sol est généralement accidenté, car ces îles sont pour la plupart dues à des soulèvements volcaniques, et elles offrent à l'intérieur des plateaux élevés, qu'on appelle mornes, où les blancs affaiblis vont reprendre un peu de vigueur. Tant que l'esclavage a subsisté, c'étaient les nègres qui travaillaient dans les plantations de sucre, de café, de coton, de cacao, de vanille, de tabac. Aujourd'hui on supplée à l'insuffisance de leur travail, depuis qu'ils ont recouvré la liberté, en amenant des coolies chinois ou hindous.
Lorsque Colomb découvrit les Antilles, il crut être arrivé aux Lides ; de là l'usage d'appeler souvent les Antilles les Indes Occidentales, par opposition aux Indes Orientales, qui sont en Asie.
Géographie politique. Populations. Langues. — Les Antilles appartiennent pour la plupart aux Européens, Espagnols, Français, Anglais, Danois, Hollandais. Mais l'île d'Haïfi. qui appartenait autrefois à la France et à l'Espagne, forme aujourd'hui deux républiques indépendantes ; à l'est, l'ancienne colonie espagnole forme la république de Saint-Domingue; à l'ouest, la république d"Haïti comprend l'ancienne colonie française. L'Espagne a été menacée de perdre Cuba, la perle des Antilles, comme on l'appelle, où une terrible insurrection Aient de durer plusieurs années, et qui est un objet de convoitise continuel pour les Etats- Unis. Z,a Havane, capitale de cette île^ célèbre par ses cigares, est une ville de plus de 200 OuO âmes. L'Espagne possède en outre Porto-Rico; l'Angleterre, la Jamaïque et la plupart des petites Antilles ; les Danois, l'île de Snint-Thomas, où se croisent les paquebots transatlantiques. La France a conservé la Martinique, la Guadeloupe et quelques autres petites îles. Plusieurs de ses anciennes possessions, telles que la Dominique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent, ont gardé leur nom français, et notre race y est encore dominante. Après l'espagnol, le français est la langue qu'on parle le plus aux Antilles. La population de tous ces archipels réunis est de 4 millions d'habitants.
m. AMÉRIQUE DU SUD.
Colombie. — Divisions politiques. — Au point de vue politique, cette contrée, qui s'étend entre la mer des Antilles, les Guyanes, le Brésil et le Pérou, a plusieurs fois changé d'organisation depuis le commencement du siècle. Elle formait d'abord une capitainerie générale espagnole, puis s'insurgea contre sa métropole et forma une république qui se partagea en 1830 en trois républiques distinctes : celle du Venezuela à l'est, celle de la Nouvelle- Grenade au centre, et celle de l'Equateur au sud. Dans les deux premières, on a oscillé entre la forme unitaire et la forme fédérative, et actuellement elles sont composées chacune d'un certain nombre d'Etats indépendants qui ont un gouvernement distinct, mais sont réunis entre eux par le
lien de la fédération, comme les Etats-Unis de l'Amérique septentrionale ou les cantons suisses.
Nouvelle-Grenade, Colombie proprement dite. — Aspect phy>:ique. — L'isthme de Panama est recouvert d'une superbe végétation, dont les progrès sont si rapides, qu'il faut sans cesse défendre la voie ferrée contre les plantes qui menacent de la faire disparaître. Du côté do l'est, le terrain se relève rapidement, et on rencontre bientôt les Andes, dont les chaînes parallèles courent au nord-nord-est. On voit se découper sur l'azur du ciel leurs cimes hautes de 3 et quelquefois de 6000 mètres, ou bien la fumée des volcans qui y brûlent encore. La zone littorale est étroite, ce qui est heureux, vu son insalubrité. C'est par milliers que sont morts les malheureux ouvriers chinois qui construisaient le chemin de fer. Sur les plateaux, au contraire, les blancs s'accommodent aisément du climat et ils peuvent y cultiver des céréales. Il pleut dans ce pays autant que sur les flancs de l'Himalaya ; aussi les rivières y roulent-elles des flots abondants. La Madeleine et son affluent le Cauca se dirigent au nord vers la mer des Antilles. Le Meta et le Guaviare se déversent à l'est dans rOrénoque, tandis qu'au sud naissent le Yapure et le Rio-Negro, deux des grands affluents septentrionaux de l'Amazone. Le tabac, le café, le quinquina, le coton, l'indigo, le caoutchouc y poussent avec vigueur et forment les principaux objets du commerce d'exportation. On trouve dans la Nouvelle-Grenade de superbes émeraudes.
La Nouvelle-Grenade, qui porte aujourd'hui le nom officiel d'Etats-Unis de Colombie, comprend actuellement neuf Etats, dont celui de Panama.
Populatio7i. — On évalue leur superficie totale à 800 dOO kilomètres carrés environ, une fois et demie la France, et leur population à 3 000 000 d'habitants. Les Indiens y sont dominants, et appartiennent à l'ancienne race des Chibchas, qui étaient contemporains des Aztèques du Mexique'. C'est un fait qui distingue l'Amérique méridionale de l'Amérique septentrionale, que les races indigènes s'y maintiennent, au lieu de disparaître comme les Peaux-Rouges des Etats-Unis. Dans la Colon bi ■. ils forment la moitié de la population. Les blancs ne sont guère que 600 000. Le reste se compose dp nègres, de mulâtres, ou de métis de nègres et d'Indiens, qu'on nomme des Zambos.
La capitale fédérale, Bogota, située à 2600 mètres d'altitude, au pied de montagnes encore plus élevées, a 50 000 habitants. Panama en a une vingtaine de mille.
Équateih. — La république de l'Equateur est un peu plus étendue que la France et ne renferme qu'un million d'habitants, dont la moitié d'Indiens. Les Andes dressent là des volcans et des sommets fameux qui ont longtemps passé pour les plus élevés de la terre. Du côté du Pacifique, on ne rencontre que des torrents et d'étroites vallées. Sur le versant opposé, au contraire, le sol s'abaisse graduellement et les cours d'eau forment de larges nappes navigables qui s'en vont à l'Amazone. La capitale, Quito, est située presque sous l'équateur. Mais, grâce à son altitude de 3000 mètres, on y jouit d'un bon climat et d'un panorama splendide sur les montagnes qui l'entourent de tous côtés. Au sud-ouest, on aperçoit le Chimborazo, haut de plus de 6000 mètres, et au nord, le Pichincha, haut de 4800 mètres, comme notre Mont-Blanc, et dont le cratère descend à 750 mètres de profondeur. Sur la chaîne orientale, le Cotopaxi, haut de près de 6000 mètres, est le plus imposant des volcans en activité, et plus au sud, sur les flancs de l'Antisana, on visite à 4000 mètres une des maisons habitées les plus élevées du globe. L'Equateur ne renferme pas d'autre villo-importartc que Quito, qui a 80 000 habitants.' Guej/aquil est le principal port de commerce sur le Pa-
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cifique. Avec le cacao, la gomme et le café, le principal objet d'exportation est fourni par les forêts de quinquinas.
VENEZUELA. — Le Venezuela forme actuellement \ingt Etats, dont la superficie totale est double de •celle de la France, et la population de 1 800 000 liabitants. Sur la mer des Antilles, il offre une étroite bande de terres chaudes, dominée par une chaîne côtière qui est la partie la plus salubre et aussi la plus peuplée de toute la république. Là se trouve la capitale, Cai-ncas, que dominent des cimes de 3000 mètres, bien qu'elle ne soit qu'à 25 kilomètres de la Guayra, son port sur la mer <3es Antilles.
Les Uanos. — Au sud de la Sierra de Caracas s'étendent les Uanos, vastes plaines qu'inondent les pluies tropicales, et que les rayons du soleil équatorial dessèchent ensuite en les recouvrant d'une somptueuse végétation. Là pullulent malheureusement les crocodiles, les jaguars, les reptiles, les moustiques et les plantes vénéneuses; en outre, les miasmes paludéens et fiévreux s'opposent à la prospérité de l'homme dans cette région.
L'Orénoque. — Les Uanos du Venezuela déversent leurs eaux dans Y Orénoque. dont la rive droite baigne le pied des hautes sierras qui bordent les épaisses forêts de la Guyane et dont la source <?ncore inconnue doit se trouver sur les confins do la Guyane et du Brésil. L'Orénoque est un superbe cours d'eau, le plus grand tleuve de l'Amérique méridionale, après l'Amazone et le Rio de la Plata. La longueur de son cours dépasse 2000 kilomètres, et à 300 kilomètres de son embouchure, il commence à former un delta, où une dizaine de branches offrent un passage assez profond pour les grands navires. Dans le haut de son cours, le Cassiquiaré le fait communiquer avec le Rio Negro et le fleuve des Amazones, en offrant une des communications fluviales les plus curieuses du monde.
Comme les deux républiques voisines, le Venezuela est petiplé principalement dlndiens et de «ang-mêlé. Cependant sa situation maritime y attire depuis quelques années des immigrants européens, principalement des Allemands. La capitale Caracas, dont un tremblement de terre a fait périr ou disparaître la moitié de la population Tors le commencement de ce siècle, renferme aujourd'hui 50 000 habitants, ou à peu près. La Guayra et Puerto-Cabello, sur la mer des Antilles, et Ciudad Bolivar, sur l'Orénoque, senties principaux ports de commerce, qui exportent du café, du cacao, du coton, du sucre, de l'indigo, du tabac, des bois de teinture et des peaux.
Guyane. — Situation. Aspect général. — On donne géographiquement ce nom à tout l'espace insulab'e compris entre l'Orénoque, le Cassiquiaré. le Rio-Negro. l'Amazone et l'océan Atlantique. Des montagnes inexplorées, mais dont les plus élevées n'atteignent pas la moitié de l'altitude des grands sommets des Andes, y renferment de nombr- nso* sources; celles-ci, bientôt grossies parles pluies diluviennes, apportent à la mer des fleuves qui, malpré Ju brièveté ae leur cours et le peu de place qu'ils occupent sur la carte, roulent autant d'eau que le Rhône ou le Rhin. Des forêts vierges remplies de bois précieux, des cataractes qtii sont rangées parmi les plus imposantes du monde, le prestige d un eldorado introuvable, dont les fleuves entrai lient les paillettes qu'elles lui ont arrachées mystérieusement, auraient depuis Joriiîtemps fait fa richesse de ce pays, s'il n'offrait 'pas le climat le plus meurtrier sur ses rives où abordent les Européens. Des bancs de vase apportée par les cours d'eau, des marais pestilentiels peuplés de serpents, de crapauds et autres bêtes repoussantes, sont propres à se couvrir des plus riches cultures, mais rendent le séjour meurtrier pour les nègres cux- Qicmcs.
Étahlissemenis européens. — Trois peuples européens possèdent des établissements en Guyane, dont le reste appartient au Venezuela et au Brésil. De l'ouest à l'est, la Guyane anglaise occupe 220 000 kilom. carrés, peuplés de 2i.^ 000 habitants, la Guyane hollandaise, 120 000 kilom. carrés, peuplés de 70 000 habitants, et la Guyane française \ 20 000 kilom. carrés, peuplés de 25 000 habitants. On ne peut évidemment pas comprendre dans ces recensements les nègres marrons qui vivent au fond des forêts.
Des nègres, des Hindous, des Chinois, cultivent les plantations de sucre, de café, de cacao, de poivre, de coton, etc. Mais ce sont encore les Portuîrais, originaires de Madère ou des îles du Cap- Vert qui, parmi les Européens, s'accommodent le mieux du climat et qui s'adonnent au commerce.
Georgetown, la capitale anglaise, sur le fleuve Domérary, et Paramaribo, la capitale hollandaise, sur le fleuve Surinam, sont des villes de 20 à 2ô 000 habitants, entourées de belles plantations. Cayenne, !a capitale française, est moins peuplée et sert de lieu de déportation. C'est non loin de là. à Sinnamary, qu'ont péri bien des victimes des discordes politiques à la fin du siècle dernier. Depuis, on transportait à Cayenne les condamnés aux travaux forcés. Aujourd'hui ce séjour est affecté uniquement aux condamnés arabes ou de couleur.
Brésil. — Situation, superficie, population. — Dépassant l'équaieur au nord, et s'étendant au sud presque jusqu'à l'embouchure de la Plata, le Brésil forme après les empires britannique, russe, chinois et l'L'nion Américaine le plus vaste État du monde. Avec ses 8 millions de kilomètres carrés, il couvre près de la moitié de l'Amérique méridionale, 15 fois la superficie de la France, les quatre cinquièmes de celle de l'Europe, la seizième partie des terres émergées du globe. Sa population n'atteint que lO millions d'habitants, mais, avec la fertilité du sol, elle pourrait être presque centuplée.
Littoral et plateaux. — Situé presque en entier entre l'éqiiateur et le tropique du Capricorne, le Brésil reçoit des masses énormes de pluie, qui développent le long du littoral de l'Atlantique une végétation luxuriante. Le sol se relève rapidement en hautes sierras qui dominent la magnifique rade de Rio-de-Janeiro et forment le rebord du haut plateau qui occupe la plus grande partie de l'empire. Trop peu élevées pour que la neige y séjourne sous cette faible latitude, ces montagnes ont au moins l'avantage de fournir aux Européens des demeures salubres au lieu du séjour amollissant du littoral. On trouve dans la province de Minas- Geraes des mines de diamants et de métaux précieux, qui ont fait la réputation de richesse de cet empire, avant qu'on ne sût mettre à profit ses ressources agricoles.
Les nuages qui dépassant la baie de Rio vont s'abattre on pluie quelques heures plus tard sur les sommets voisins, donnent naissance à des cours d'eau qui, au lieu de revenir directement à l'Atlantique, s'écoulent en formant un grand détour au <ua, par le Parana, l'un des grands affluents do la Plata, ou au nord par le San Francisco, dont les eaux s'abîment en cataractes bruyantes comme le tonnerre avant de s'unir aux flots de l'Océan.
A l'ouest delà province de Minas-Gcraes, au sein des forêts épaisses du Jlatto-Grosso, le Paraguay, affluent de la Plata. le Guapore, affluent de 1« Madeira, et divers affluents de l'.Amazone entremêlent leurs sources sur les hauteurs des Campos Parexis, qui se transforment par moments en un immense marais spongieux. Sans les rapides de la ^ladeira. le long desquels on a projeté la construction d'un chemin de fer, les bateaux pourraient naviguer ainsi presque sans interruption depuis l'embouchure de la Plata jusqu'à celle de l'Amazone.
L'Amazone. —Par la longueur de son cours, qui
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atteint près de 6000 kilomètres, par la largeur de son lit qui est telle que souvent on n'aperçoit pas d'une rive la rive opposée, par sa profondeur qui le rend accessible aux plus granas navires jusqu'à mille lieues de son embouchure, l'Amazone est le premier fleuve du monde. La marée y remonte jusqu'à 750 kilomètres de l'Océan, les tempêtes y soulèvent des vagues énormes. Le flot qu'il déverse à son embouchure est de 100 millions de mètres cubes par seconde, et atteint quelquefois le double de ce volume. Et comme la pente est insensible depuis le pied des Andes jusqu'à l'Atlantique, c'est sa masse qui entraîne ce déluge, plutôt que l'inclinaison de son lit. Ses affluents sont eux-mêmes d'énormes fleuves, et venant les uns du nord, les autres du sud de l'équateur, ils passent à des époques différentes par leurs moments de crue, ce qui contribue à régulariser le débit de l'artère princicipale qui les reçoit. Changeant trois fois de nom, s'appelant Maranon dans le Pérou, Solimoes en amont de son confluent avec le Rio-Xegro, et Amazone près de son embouchure, ce fleuve se grossit de rivières plus puissantes que le Danube ou le Volga, dont les eaux sont bleues, laiteuses, vertes, noires, suivant les roches dont elles entraînent les débris, ou les végétaux dont la décomposition les altère.
Les Andes de l'Equateur envoient à l'Amazone le Xapo, le Putumayo et le Japure ; ce fleuve reçoit encore sur sa gauche le RioS'égro, qui s'alimente sur les Uanos de la Colombie, du Venezuela et des Guyanes. Sur sa rive droite, il reçoit l'Ucayalé, descendu des Andes de Cuzco, au Pérou ; le Yavari, qui forme la limite entre le Pérou et le Brésil, le Jutay, le Purus, le Madeira, le Tapajos et ie Xingu, qui parcourent du sud au nord les plateaux de ce grand empire.
Avec leurs branches principales et les mille ramifications qu'elles ont formées dans des moments d'inondation, ces rivières forment le plus vaste réseau de navigation du globe qui s'étend aux diverses extrémités d'un bassin grand douze fois comme la France. Des forêts superbes, dont les arbres se relient les uns aux autres par des lianes enchevêtrées dans leurs rameaux, y étendent partout leur ombrage et mettent le sol humide à l'abri du soleil desséchant de l'équateur. Des mjTÎades de poissons, d'espèces plus variées que dans l'Océan même, pullulent dans ces eaux, dénormes tortues enfouissent leurs œufs dans les grèves de l'Amazone. L'homme seul manque pour animer ces parages. Les villages qui bordent l'Amazone sont distants les uns des autres de 200 kilomètres ; les Indiens, qui les habitent, vivent indolents et tranquilles sous ce climat, qui fournit abondamment à leurs besoins, mais dont l'influence amollissante n'éveille chez eux aucune activité. Les vapeurs, qui sillonnent les eaux du fleuve en remomant jusqu'au Pérou, depuis que le grand fleuve a été ouvert au commerce de tous les pavillons, sont presque les seuls représentants de la civilisation dans ces parages.
Autj-es fleuves du Brésil. — Avec l'Amazone et le San Francisco, le plus puissant fleuve du Brésil est le Tocantins, qui descend des PjTénées de la prorince de Goyaz en chutes imposantes, se grossit à l'ouest de la grande rivière d'Araguay et roule dans l'Océan des flots assez forts pour soulever de gros navires. Son embouchure, voisine de celle de l'Amazone, est balayée comme elle par les courants cùtiers qui vont grossir les rivages de la Guyane des allumions qu'ils entraînent.
Rnces. — On évalue la population du Brésil à 11 millions d'habiunts. Les blancs issus des Portugais ou récemment arrivés des pays d'Europe, de l'Allemagne en particulier, ne sont pas 4 millions. Les noirs, importés d'Afrique par les vaisseaux négriers ou nés au Brésil de parents esclaves, sont
au nombre de 2 millions, dont les trois quart» environ n'ont pas encore recouvré la liberté. Lesmulâtres sont de 3 à 4 millions. On a recensé 4 ou ôOO 000 Indiens soumis, et on évalue à 1 million ceux qui vivent indépendants dans les forêts de l'intérieur. Tant que l'esclavage subsistait au Brésil, les Indiens et les nègres étaient chargés du pénible travail des mines et des plantations. Maintenant tout enfant naît libre, et d'ici à quelques annéesl'esclavage aura entièrement disparu de l'empire. Aussi le gouvernement du pays fait-il les plus grands efl'orts pour y attirer une population européenne de travailleurs.
Productions. — Pour le moment les principaux objets du commerce d'exportation sont : le café, le coton, le sucre, le cacao, le tabac, les peaux, les gommes, les diamants, les métaux précieux. Mais le sol est apte à produire toutes les céréales cultivées dans les pays tempérés : ses forêts, dont est sorti le bois de teinture, couleur de braise, qui a donné son nom au pays, renferment des richesses inépuisables.
Divisions et grandes villes. — L'empire qui s'est séparé du Portugal, dont il était une colonie, dans le premier quart de ce siècle, est divisé administrativement en 21 provinces. Sa capitale, Hio-de-Janeiro, qui est une des plus belles villes du monde, renferme près de 300 000 habitants; Bahia et Pernamhouc, rehées l'une et l'autre par une voie ferrée au Rio San Francisco, qui débouche sur le littoral à distance égale de ces deux villes, renferment chacune plus de cent mille âmes.
Pérou. — A l'ouest du Brésil et au sud de la république de l'Equateur se dressent les hauts plateaux du Pérou et de la Bolivie, que dominent encore des pics gigantesques des Andes.
Littoral du Pacifique. — Entre le Pacifique et ces montagnes, le littoral est étroit, refroidi, malgré la latitude, par un courant froid qui vient du pôle sud, et désolé par une sécheresse perpétuelle. On cite tel point sur cette côte qui deptiis trente ans n'a pas reçu une goutte de pluie ; l'atmosphère est tellement desséchée que les Andes elles-mêmes ne s'y couvrent pas de neiges, ne donnent naissance à aucune source, et que les rares habitants de ces parages, atiirés aux environs du tropique du Capricorne par des mines d'argent d'une richesse incroyable, ou par des dépôts de salpêtre ou de sels minéraux propres à porter la fertilité sur un sol moins desséché, sont obligés de distiller l'eau de mer pour se désaltérer. De terribles tremblements de terre apportent en outre trop souvent la désolation dans ces parages et viennent presque périodiquement renverser les villes qui essaient de s'y fonder. En s'élevant sur les plateaux des Andes, on trouve un climat moins énervant, des vallées fertiles, des forets où l'on récolte le précieux quinquina, des villes qui avaient atteint avant l'arrivée des Européens un haut degré de prospérité.
Les Incas. — Sous l'empire des Incas, la nation des Quitchouas avait élevé des temples et des monuriients magnifiques couverts de l'or de leurs mines et malheureusement trop propres à exciter l'envie des Espagnols pillards. Des routes magnifiques raj-onnaient autour de Cv.zco. leur capitale. Letu*s mœurs étaient douces, et aucun sacrifice humain ne ternissait les cérémonies de leur culte, comme chez les Aztèques du Mexique.
Versant de r Atlantique. — Après avoir franchi des cols hauts comme notre Mont-Blanc, on atteint les sources de 1 Amazone, que 200 kilomètres à peine séparent des rivages du Pacifique, tandis qu'en ligne droite il y a 15 fois plus de chemin pour atteindre l'Atlantique. Ce versant est couvert de forêts, les torrents y roulent de cascade en cascade, dont le nom d'Apurimac, le principal affluent du Maranon par rUcayalé. rappelle le tapage bruyant, et deviennent bientôt accessibles à la navigation. Les vapeurs-
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